Commission du développement social: les délégations plaident pour l’intégration des personnes handicapées, des personnes âgées et des jeunes dans le développement social

3 février 2012
SOC/4790

Commission du développement social: les délégations plaident pour l’intégration des personnes handicapées, des personnes âgées et des jeunes dans le développement social

03/02/2012
Conseil économique et social
SOC/4790
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Commission du développement social

Cinquantième session

6e & 7e séances – matin & après-midi      

COMMISSION DU DÉVELOPPEMENT SOCIAL: LES DÉLÉGATIONS PLAIDENT POUR L’INTÉGRATION DES PERSONNES HANDICAPÉES,

DES PERSONNES ÂGÉES ET DES JEUNES DANS LE DÉVELOPPEMENT SOCIAL

Le développement social d’un pays se mesure au niveau

des ressources nationales investies, estime le représentant du FMI au cours d’une table ronde

Les délégations ont débattu aujourd’hui, devant la Commission du développement social, de la situation des personnes handicapées dans le monde, dont on estime le nombre à plus d’un milliard de personnes, soit environ 15% de la population mondiale.  Elles se sont également penchées sur les questions concernant les autres groupes sociaux comme les jeunes et les personnes âgées.  Une manifestation spéciale sur le financement du développement social a conclu la journée.

Le Rapporteur spécial chargé d’étudier la situation des personnes handicapées, M. Shuaib Chalklen, s’est dit encouragé par le nombre important d’États qui ont ratifié la Convention relative aux droits des personnes handicapées et son Protocole facultatif et a salué les efforts menés par les gouvernements et la société civile pour promouvoir ces droits.  Il s’est aussi réjoui de l’organisation d’une Réunion de haut niveau intitulée « La voie à suivre: un programme de développement qui tienne compte de la question des personnes handicapées pour 2015 et au-delà » aura lieu le 23 septembre 2013.

Dans son rapport* sur l’intégration de la question des personnes handicapées à l’ordre du jour du développement, le Secrétaire général de l’ONU rappelle que « le handicap est l’affaire de tous ».  Si l’on inclut les familles des personnes handicapées, force est de constater que le handicap touche une forte proportion de la population, souligne M. Ban Ki-moon.

Il observe aussi que le handicap frappe de manière disproportionnée les populations des pays en développement et que les personnes handicapées risquent plus que les autres de connaître la pauvreté.  Elles sont en outre en butte à l’exclusion sociale et à des discriminations qui les empêchent d’exercer pleinement leurs droits fondamentaux.

Après un échange de vues avec le Rapporteur spécial, une vingtaine de délégations ont exposé les mesures prises sur le plan national, tant pour élaborer des lois que pour mettre en œuvre des programmes et des mesures concrètes visant à améliorer la vie des personnes handicapées.

La Norvège a promulgué une loi visant à garantir l’égalité des chances des personnes handicapées en 2009 et a adopté récemment une stratégie pour l’emploi des personnes handicapées âgées de moins de 30 ans, a indiqué son représentant.

En Fédération de Russie, le programme « environnement accessible » pour la période 2011-2015 vise à intégrer sur le plan social 12,5 millions de personnes handicapées, a assuré le Ministre adjoint russe à la santé et au développement social.  C’est en application des mesures envisagées par ce programme que le nombre d’écoles totalement accessibles aux enfants handicapés devrait augmenter de 2% d’ici à 2015.

Par ailleurs, un sénateur thaïlandais non-voyant a annoncé que son pays accueillerait, du 8 au 18 novembre prochain, la toute première assemblée générale mondiale de l’Union mondiale des aveugles et du Conseil international pour l’éducation des personnes atteintes de cécité.

En ce qui concerne la Chine, son représentant a indiqué que son gouvernement avait lancé un plan quinquennal pour améliorer les systèmes de protection des personnes handicapées et des personnes âgées.  Il a souligné en particulier le rôle positif de la famille dans le développement de la société et a invité les gouvernements à intégrer une perspective familiale dans leurs processus de prise de décisions.

Également sensible à la valeur de la famille, qu’il a qualifiée d’« épine dorsale de la société », le représentant de Malte s’est montré très préoccupé par le vieillissement dans son pays.  Plus de 23% de la population de Malte sont âgés de plus de 60 ans, a-t-il expliqué, avant de donner des détails sur les mesures adoptées pour y faire face, comme la création de systèmes de pension et de logement dont bénéficient les personnes âgées.

La délégation de l’Autriche a, pour sa part, appuyé l’initiative de l’Union européenne faisant de 2012 l’Année européenne pour le vieillissement actif et la solidarité entre les générations.

Parallèlement, les délégations ont exposé les mesures prises en faveur du développement et de l’autonomisation des jeunes, notamment pour leur donner accès à un emploi.  À cet égard, le représentant de l’Argentine a mentionné la tenue du cinquième Congrès mondial pour les droits de l’enfant et de l’adolescent, qui aura lieu à San Juan, du 15 au 19 octobre 2012.

« Les jeunes ne doivent pas être considérés comme un fardeau mais plutôt comme des acteurs du processus de développement, des porteurs de nouvelles idées et des créateurs de solutions adaptées au XXIe siècle », a déclaré pour sa part une représentante de la jeunesse roumaine. 

La journée s’est achevée par une manifestation spéciale sur le thème du « Financement du développement social », qui a été l’occasion, pour le représentant du Fonds monétaire international (FMI) auprès des Nations Unies, d’expliquer l’importance des ressources nationales.  On peut considérer qu’un pays a fait des progrès en matière de développement social lorsqu’il peut financer ce développement par ses propres ressources, a-t-il dit, tout en reconnaissant que ces ressources ne sont pas suffisantes.

La Commission du développement social poursuivra ses travaux, lundi 6 février à 10 heures.

* E/CN.5/2012/6

SUITE DONNÉE AU SOMMET MONDIAL POUR LE DÉVELOPPEMENT SOCIAL ET À LA VINGT-QUATRIÈME SESSION EXTRAORDINAIRE DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE (E/CN.5/2012/2)

Examen des plans et programmes d’action pertinents des organismes des Nations Unies concernant la situation de certains groupes sociaux (A/67/61–E/2012/3, E/CN.5/2012/5, E/CN.5/2012/6 et E/CN.5/2012/7)

i) Programme d’action mondial concernant les personnes handicapées

ii) Programme d’action mondial pour la jeunesse

iii) Plan d’action international de Madrid sur le vieillissement, 2002

iv) Questions, politiques et programmes relatifs à la famille

Exposé du Rapporteur spécial

M. SHUAIB CHALKLEN, Rapporteur spécial de la Commission chargé d’étudier la situation des handicapés, a émis l’espoir de voir de nombreuses personnes handicapées participer à la prochaine Réunion de haut niveau sur le handicap qui aura lieu en septembre 2013 et à la Conférence des Nations Unies sur le développement durable (Rio+20) en juin prochain.  Il a pour mandat, a-t-il précisé, d’examiner la situation des personnes handicapées et de suivre l’application des Règles pour l’égalisation de leurs chances.

M. Chalklen a indiqué avoir participé à plusieurs conférences internationales et rencontré des représentants de gouvernements et d’organisations de la société civile.  En mars 2011, il a tenu des consultations avec des membres du Ministère des affaires étrangères de la Finlande pour discuter de la promotion d’une approche visant à la fois l’autonomisation des personnes handicapées et les progrès à accomplir dans la coopération internationale intégrant la question du handicap.

Le Rapporteur spécial s’est dit encouragé par le nombre important d’États qui ont ratifié la Convention relative aux droits des personnes handicapées et son Protocole facultatif et a salué les efforts menés par les gouvernements et la société civile pour promouvoir ces droits.  Il s’est aussi réjoui que le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) aient désormais un personnel à plein temps assumant le rôle de point focal sur cette question.

En juin 2011, la Banque mondiale et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) avaient lancé le rapport mondial sur le handicap qui souligne notamment le nombre croissant de personnes handicapées dans le monde.  Alors que cette population représentait dans le passé 10% de la population mondiale, ce chiffre atteint maintenant 15%, soit plus d’1 milliard de personnes, a fait observer M. Chalklen. 

En Afrique, a poursuivi le Rapporteur spécial, la Commission du développement social de l’Union africaine, réunie à Harare en Zimbabwe, en septembre 2011, a discuté des moyens de renforcer les institutions étatiques chargées de la question du handicap.  La Commission de l’Union africaine a intégré en son sein l’ancien Institut africain de la réhabilitation, a-t-il également signalé.  La création d’un conseil consultatif dont le secrétariat de la Décennie africaine des personnes handicapées fera partie est envisagée, a-t-il ajouté.

M. Chalklen s’est par ailleurs réjoui que les pays africains appliquent de plus en plus la Convention, en citant le cas de la Zambie dont la Cour suprême avait été saisie par des personnes handicapées sur le manque d’accessibilité des centres de vote pendant les élections présidentielles.  Il reste cependant beaucoup de défis à relever en Afrique en matière de droits des personnes handicapées, a reconnu le Rapporteur spécial.  Il a enfin souligné l’importance des réunions de septembre 2013 sur le handicap et la Conférence Rio+20, en émettant l’espoir que la question du handicap sera pleinement intégrée aux principes de Rio et dans le futur programme d’action sur le développement durable. 

Débat interactif

Dans le cadre du dialogue interactif avec les délégations, le Rapporteur spécial chargé d’étudier la situation des handicapés, M. Shuaib Chalklen, a donné quelques détails supplémentaires, à la demande, par exemple, de l’Union européenne, sur la double approche privilégiée par les Nations Unies pour promouvoir la prise en compte du handicap et l’autonomisation des personnes handicapées.  La représentante de l’Union européenne avait également, au préalable, souligné que les personnes handicapées étaient plus durement touchées par la crise, et de façon disproportionnée, aggravant ainsi leur exclusion sociale.

Aux représentants du Mexique et de l’Australie, M. Chalklen a également livré quelques précisions sur les préparatifs de la Réunion de haut niveau du 23 septembre 2013, avant le débat général de la soixante-huitième session de l’Assemblée générale, avec pour thème principal « La voie à suivre: un programme de développement qui tienne compte de la question du handicap pour 2015 et au-delà ».

Le Rapporteur spécial a ainsi indiqué qu’il comptait consulter pleinement les structures régionales, en particulier les instances africaines.  Il a en outre souhaité que le point de vue de la société civile puisse être pris en compte dans les préparatifs. 

De son côté, le délégué de l’Égypte a affirmé qu’un projet de loi sur le handicap avait été examiné récemment par le Parlement nouvellement élu.  Les personnes handicapées, a-t-il ajouté, ont ainsi pu participer aux élections qui ont eu lieu le mois dernier.  Toute personne disposant d’une carte d’identité pouvait prendre part au scrutin, a-t-il précisé.

Le Rapporteur spécial a enfin observé, à la suite d’une remarque du délégué australien, une plus grande prise de conscience de la vulnérabilité des personnes handicapées confrontées, notamment, à des catastrophes naturelles ou à des situations postconflit. 

D ébat général

M. CARSTEN STAUR (Danemark), parlant au nom de l’Union européenne, a concentré son discours sur la famille, la jeunesse, et les personnes handicapées et les personnes âgées.  Pour beaucoup d’Européens, a-t-il dit, leurs familles constituent le plus important filet de sécurité.  La crise actuelle a confirmé une fois encore l’importance vitale des mesures en faveur de la famille pour renforcer la solidarité générationnelle et combattre la pauvreté.  Le plus grand défi posé à l’Europe, a-t-il poursuivi, est de maintenir une économie durable marquée par l’État-providence et l’arrivée à l’âge de la retraite des enfants nés après la Deuxième Guerre mondiale, que l’on appelle les « baby boomers ».

Concernant la jeunesse, M. Staur a fait remarquer que les jeunes subissaient la crise à travers le problème de l’emploi.  Le chômage touche plus particulièrement ceux qui cherchent un premier emploi.  Pour renverser la situation, la politique de l’emploi pour la jeunesse de l’Europe prévoit l’amélioration du système éducatif et de formation professionnelle à tous les niveaux pour qu’il réponde aux besoins du marché du travail; faire des efforts dans la politique de l’emploi visant particulièrement les jeunes qui n’ont ni apprentissage, ni formation professionnelle, ni même éducation; et promouvoir la mobilité des jeunes à travers l’Europe dans les domaines de la formation, de l’éducation et du travail.

S’agissant des personnes vivant avec un handicap, la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées est entrée en vigueur dans l’Union européenne le 22 janvier 2011, a rappelé M. Staur.  En septembre 2011, l’Union européenne avait participé, au Siège de l’ONU à New York, à la quatrième session de la Conférence des États parties à la cette Convention pour présenter les mesures prises au sein de l’Union européenne afin de mettre en œuvre la Convention, notamment par le biais de la Stratégie européenne pour les personnes handicapées pour la période 2012-2020.  L’Europe fait aussi la promotion des personnes handicapées dans ses actions extérieures, notamment dans les programmes de développement.  Pour l’Union européenne, la mise en œuvre effective de la Convention requiert sa propre structure de gouvernance qui est déjà prévue par l’article 33.   

M. YURY VORONIN, Secrétaire d’État et Ministre adjoint de la santé et du développement social de la Fédération de Russie, a mentionné le Programme spécial mis en place dans son pays pour 2011-2015, intitulé « environnement accessible », qui vise à intégrer sur le plan social 12,5 millions de personnes handicapées.  Pour la période 2011-2012, des travaux législatifs sont entrepris pour améliorer les lois pertinentes, en se fondant sur la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées, a-t-il indiqué.  M. Voronin a aussi parlé de deux projets pilotes, l’un qui cherche à fournir un environnement accessible en définissant les priorités des personnes handicapées, l’autre qui veut rendre la médicalisation et les expertises médicales disponibles aux personnes handicapées.

Le Ministre adjoint a aussi expliqué les efforts entrepris pour améliorer l’accessibilité des handicapés aux infrastructures, notamment aux moyens de transport.  Le nombre d’écoles totalement accessibles doit augmenter de 2% d’ici à 2015, a-t-il ajouté.  M. Voronin a aussi indiqué que près de 47 milliards de roubles avaient été consacrés à ces programmes en faveur des personnes handicapées.  Sur la question du vieillissement, il a assuré que la Fédération de Russie tenait compte des pratiques optimales internationales.  Il a notamment parlé de programmes régionaux visant à améliorer les conditions de vie de 30,7 millions de personnes âgées. 

M. MONTHIAN BUNTAN, Sénateur et Président de l’Association thaïlandaise des aveugles, lui-même non-voyant, (Thaïlande) a indiqué que son pays était en train de passer d’une approche caritative à une approche plus respectueuse des droits de l’homme et plus inclusive des personnes handicapées.  La Thaïlande procède actuellement à la mise en œuvre de son quatrième plan d’action pour l’égalité des personnes handicapées, lequel accorde une attention particulière à leur autonomisation ainsi qu’à celle de leur famille.  Elle travaille aussi avec d’autres pays de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) pour promouvoir une ratification effective de la Convention relative aux droits des personnes handicapées.  Le dix-neuvième Sommet de l’ANASE a adopté la proposition thaïlandaise de faire de la décennie 2011-2020 la décennie du handicap, s’est félicité le représentant.  Il a aussi annoncé que du 8 au 18 novembre prochain, la Thaïlande accueillerait la toute première assemblée générale mondiale de l’Union mondiale des aveugles (UMA) et du Conseil international pour l’éducation des personnes atteintes de cécité.  M. Buntan a regretté que malgré les avancées réalisées, les personnes handicapées continuent de faire face à des difficultés importantes en cas de catastrophe et dans les situations d’urgence.  Il n’existe aucune solution d’ensemble à ce problème, a-t-il dit.  C’est pourquoi, les États Membres doivent prendre les mesures nécessaires pour tenir compte des besoins des personnes handicapées dans les mesures de prévention et de gestion des catastrophes.

M. SIDNEY MHISHI (Zimbabwe) a indiqué que son pays avait entrepris d’harmoniser tous les programmes de sécurité sociale dans son pays, afin de fournir une couverture maximale et atteindre 300 000 foyers qui vivent dans des conditions en dessous des niveaux acceptables.  Il a expliqué que les efforts se concentrent sur l’amélioration de l’accès à l’éducation qui permet de réduire la pauvreté intergénérationnelle.  Un train de mesures, telles que la gratuité de la scolarité, a ainsi été mis en place.  Le représentant a également mentionné le programme d’assistance médicale qui doit donner aux foyers pauvres et vulnérables un accès aux services de santé.  Il a aussi cité les mesures prises par son pays en faveur de l’intégration des personnes âgées, comme le versement de pensions mensuelles.  S’agissant des personnes handicapées, une loi promeut leur autonomisation et leur participation active.  M. Mhishi a enfin indiqué que son gouvernement avait adopté une approche pour accentuer le développement des jeunes et favoriser leur participation dans le développement social, économique et politique du pays.  Le Zimbabwe cherche à augmenter les chances de travail des jeunes, tout en améliorant la productivité industrielle et la croissance économique.

Mme SHOKO HARUKI (Japon) a axé sa déclaration sur la jeunesse, les personnes handicapées, les personnes âgées ainsi que la contribution de son pays pour qui « il était temps de créer une société où tous les droits de l’homme et les libertés fondamentales individuelles sont respectées ».  Le Japon, a-t-elle développé, fait la promotion du développement effectif sur la base de la notion de la sécurité humaine.  Cette notion se concentre sur la protection et l’autonomisation de l’individu en Afrique, en Asie et en Amérique latine.  Ce projet est mené par le Fonds des Nations Unies pour la sécurité humaine, qui est financé à hauteur de 10 millions de dollars par le Japon.  Mme Haruki a invité les États Membres à revoir leur contribution au Fonds.

Le Japon salue l’initiative du Secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki-moon, d’inscrire dans l’agenda de son deuxième mandat le projet d’autonomisation de la jeunesse car, a fait remarquer Mme Haruki, il est temps pour la communauté internationale de créer une société où la jeunesse pourrait exploiter sa potentialité et participer à la vie de la société.  Pour sa part, le Gouvernement du Japon a adopté des mesures visant la jeunesse, les personnes âgées et les personnes handicapées dans les secteurs de l’emploi et de l’intégration.      

M. DANIEL HORACIO MOLINA (Argentine) a donné quelques détails sur l’organisation, par son pays, du cinquième Congrès mondial pour les droits de l’enfant et de l’adolescent, qui aura lieu du 15 au 19 octobre prochain à San Juan.  La désignation de l’Argentine comme pays organisateur résulte de l’engagement du pays en faveur des droits des enfants et des adolescents et des transformations qui ont été réalisées dans ce domaine depuis 2003.  Le délégué a souhaité une forte participation des États et des organisations internationales, afin de faire de cet événement une véritable tribune où les délégations pourront montrer et échanger leurs expériences, leurs politiques et les progrès accomplis dans le domaine des droits des enfants et des adolescents.  L’Argentine maintiendra l’élan des efforts entrepris depuis le quatrième Congrès mondial, a-t-il dit.

M. WANG GANG (Chine) a rappelé qu’environ 1 milliard de personnes dans le monde vivaient avec un handicap.  La Chine a lancé une stratégie de développement qui tient compte des incapacités physiques, a-t-il dit.  Il a aussi souligné l’importance des efforts visant à assurer le développement des jeunes, afin de favoriser leur intégration sociale, et à protéger les personnes âgées.  Soulignant le rôle positif de la famille, « noyau de la société » qui contribue à l’élimination de la pauvreté et au maintien de la stabilité sociale, il a invité les gouvernements à intégrer une perspective familiale dans leurs processus de prise de décisions.

La Chine appuie un développement à visage humain, a poursuivi M. Wang.  Nous avons lancé en Chine un plan quinquennal qui vise à améliorer les systèmes de protection des personnes handicapées et des personnes âgées, a-t-il dit.  Le représentant a aussi indiqué avoir soumis le rapport de la Chine, conformément à la Convention des Nations Unies relative aux personnes handicapées.  Le Rapporteur spécial chargé d’étudier la situation des handicapés s’est rendu en Chine, s’est prévalu M. Wang.

Mme ERIKA WINKLER (Autriche) a affirmé que son pays avait pris diverses mesures en vue de relever le défi du vieillissement de la société, par exemple en matière de soins de santé préventifs sur le lieu de travail et de réformes sur le système de retraites afin de permettre au plus grand nombre d’actifs possible de demeurer plus longtemps sur le marché du travail et d’éviter une retraite précoce.  Elle a également indiqué que son pays appuyait l’initiative de l’Union européenne faisant de 2012 l’Année européenne pour le vieillissement actif et la solidarité entre les générations.

Mme ALEXANDRA NASTASE, Représentante de la jeunesse roumaine, a estimé qu’il était désormais obligatoire pour les universités d’adapter leur programme d’études aux demandes du marché du travail par l’intermédiaire de partenariats avec des entreprises privées.  Elle a également estimé que les répercussions liées au problème de la fuite des cerveaux rendaient d’autant plus pressante la nécessité d’investir dans les jeunes et d’accorder la plus haute priorité à leurs initiatives.  Commentant ensuite le problème du chômage chez les jeunes, la représentante a estimé qu’outre les divers programmes et politiques lancés, il importait avant tout de cesser de considérer les jeunes comme un fardeau mais au contraire de voir en eux des acteurs actifs du processus du développement, des porteurs de nouvelles idées et les créateurs de solutions adaptées au XXIe siècle.  Les initiatives entrepreneuriales doivent être encouragées, surtout lorsqu’elles impliquent des jeunes, a-t-elle ajouté.  À titre d’exemple, elle a indiqué qu’une initiative roumaine dotée d’un budget de 3 millions d’euros avait débouché sur la création de 4 300 entreprises et 9 000 nouveaux emplois en seulement six mois de temps.  Elle a par ailleurs avancé qu’au niveau international, les initiatives lancées par les jeunes avaient la capacité d’apporter une nouvelle approche pour accélérer la lutte contre la pauvreté et la faim.

M. VUNGWAN PARK (République de Corée) a souligné que son pays, dont la population est l’une de celles au monde qui vieillit le plus rapidement, avait pris une série de mesures importantes.  Un plan quinquennal établissant des priorités et des calendriers précis a été mis en œuvre.  De même, s’agissant de la mise en commun des idées aux niveaux régional et international, qu’il a jugée essentielle, la République de Corée s’efforce de jouer un rôle central.  Les Gouvernements de la République de Corée, du Japon et de la Chine ont ainsi signé en 2010 un Mémorandum de coopération sur la promotion de la santé familiale et l’appui aux services publics pour les personnes âgées, a-t-il précisé.  Le représentant a également évoqué les mesures prises par son gouvernement en faveur des droits des personnes handicapées.

Mme ANN MARIT SAEBONES (Norvège) a indiqué qu’une loi visant à garantir l’égalité des chances des personnes handicapées était entrée en vigueur dans son pays en 2009.  Elle a insisté sur l’importance de faire participer les personnes handicapées au marché de l’emploi, en observant dans un deuxième temps que les jeunes handicapés étaient confrontés à des défis notables pendant le passage de l’école au marché du travail.  Pour y remédier, la Norvège a récemment adopté une stratégie pour l’emploi des personnes handicapées âgées de moins de 30 ans.  Passant ensuite à la Stratégie mondiale pour la santé des femmes et des enfants, la représentante a estimé que les activités qui ciblent les femmes et les filles devraient également inclure celles d’entre elles qui sont handicapées.  Mme Saebones a par ailleurs indiqué que la Norvège participait au financement de l’éducation primaire dans les zones de conflit et postconflit ainsi que dans les situations de crises humanitaires.  La Norvège continuera à apporter son assistance dans ce domaine, a-t-elle assuré, en faisant remarquer qu’un tiers des enfants non scolarisés sont des enfants handicapés.  La représentante s’est ensuite félicitée du fait que l’UNICEF ait renforcé ses capacités relatives aux enfants handicapés.

M. BERNARD HAMILTON (Malte), soulignant que la famille est « l’épine dorsale de la société », a indiqué que la société maltaise était fondée sur les liens familiaux.  Il s’est félicité à cet égard de la reconnaissance, par le Secrétaire général dans son rapport, des différentes catégories de familles, comme les familles monoparentales, les familles autochtones ou celles qui prennent en charge les membres de la famille qui sont handicapés.  Il a dit attendre avec intérêt la célébration du vingtième anniversaire de l’Année internationale de la famille, en 2014, en soulignant le rôle important de la famille dans le développement social.  Malte a lancé une série d’initiatives visant à mieux concilier le travail et la famille, a-t-il ajouté.  En ce qui concerne les personnes âgées, le représentant a indiqué qu’à Malte, plus de 23% de la population étaient âgés de plus de 60 ans.  C’est pourquoi la question du vieillissement est prioritaire pour le pays, a-t-il expliqué, avant de donner des détails sur les mesures adoptées sur cette question, comme les systèmes de pension et de logement offerts aux personnes âgées.

Mme NANCY DZAH (Ghana) a déclaré que le Ghana, comme la plupart des pays en développement, était le témoin de changements importants dans ses institutions sociales, en particulier celles liées à la famille.  Le Gouvernement du Ghana, a-t-elle ajouté, manifeste ainsi de diverses façons depuis longtemps son engagement en faveur des questions qui touchent les personnes âgées et les handicapés.  Après avoir fait état des différents plans et programmes mis en œuvre ces dernières années dans ce domaine, elle a précisé que le Ghana examinait un projet visant à aligner sa politique actuelle sur les recommandations du Plan d’action de Madrid.

M. RAFFAELE TANGORRA (Italie) a indiqué que la Convention des Nations Unies relative aux personnes handicapées, ratifiée en 2007 par l’Italie, a été transcrite en droit national.  Un observatoire sur cette question a été mis en place, a-t-il ajouté, dont 30% des membres proviennent d’associations représentant les personnes handicapées.  Cet organe a défini une stratégie exhaustive pour assurer la jouissance des droits des personnes handicapées, a-t-il expliqué.  M. Tangorra s’est félicité de la nature unique de cet organe qui, conformément à l’article 4.3 de la Convention, permet à l’État de consulter activement les personnes handicapées.

Mme BIENCE GAWANAG, de l’Union africaine, a affirmé que des efforts étaient actuellement entrepris en vue de créer une véritable architecture africaine pour le handicap.  Elle a ainsi fait état de l’Institut africain de réhabilitation, établi en 1998, dont une plus grande efficacité est recherchée pour mieux réagir aux besoins des défis que connaissent les personnes handicapées.  Elle a par ailleurs observé que l’accent porté sur les jeunes avait occulté l’attention qui devrait être accordée à la question du vieillissement de la population.  Elle a cité quelques-uns des défis à relever dans ce domaine, en précisant que les personnes âgées font partie des plus pauvres sur le continent et qu’elles sont souvent victimes d’abus et de pratiques discriminatoires. 

La représentante de la Congrégation du Bon Pasteur, œuvre qui s’occupe des femmes et des filles vivant dans la pauvreté, s’est élevée contre les discriminations qui touchent les jeunes femmes des pays en développement.  Celles-ci risquent notamment d’être exploitées sexuellement, d’être victimes de la traite et elles sont dévalorisées sur le plan social, a-t-elle noté.  Bien souvent, elles n’ont pas le droit de vote, ne peuvent pas hériter des terres ou autres biens immobiliers et subissent des mutilations génitales.  La représentante a donc lancé un appel en faveur du développement des jeunes filles âgées de 10 à 24 ans, en mettant notamment en œuvre l’initiative du plancher de protection sociale.

Mme PHAN THI KIM HONG (Viet Nam) a affirmé que la paix et la stabilité étaient des préalables au développement.  De même, la communauté internationale devrait continuer d’élargir sa coopération et créer des conditions plus favorables aux efforts des pays en développement, en formulant et en mettant en œuvre des politiques de développement social.  La représentante a ainsi demandé aux pays développés d’assumer leurs responsabilités à cet égard en vue de contribuer au développement.  Enfin, elle a mis l’accent sur la nécessité d’élaborer des plans d’action nationaux et internationaux pour mettre en œuvre des mesures visant à réaliser les objectifs du développement social. 

La représentante du Diocèse orthodoxe grec a insisté sur l’importance de la famille, qui est le noyau essentiel de la société et a droit, à ce titre, à la protection de l’État.  Les enfants contribuent au capital humain de la société grâce à leur éducation, a-t-elle observé, en appelant à renforcer la protection sociale qui bénéficie aux familles.  En Namibie, les personnes âgées investissent leurs pensions dans le domaine agricole, a-t-elle fait remarquer.  Elle a aussi cité le cas, en Amérique latine, des programmes de transferts de liquidités aux familles qui ont grandement amélioré le développement social des familles et des jeunes.

Mme ELSA MUTTATHU de l’Association internationale des Sœurs de la Vierge Marie, a en particulier plaidé en faveur de la mise en œuvre d’un réseau de protection qui donne un visage humain au développement, d’une éducation obligatoire universelle, de la mise en place de coopératives dans les quartiers, de l’égalité entre les hommes et les femmes.  Elle a également souligné l’importance d’encourager les jeunes à se lancer dans l’économie agraire.  Elle a mis l’accent sur la nécessité de prendre des décisions politiques et budgétaires en vue d’appuyer l’esprit d’entreprise et d’offrir des opportunités d’emploi aux jeunes.

La représentante de plusieurs organisations membres de l’Alliance mondiale pour les droits des personnes âgées a fait remarquer que souvent les personnes âgées, surtout les femmes âgées, vivent dans une situation de pauvreté chronique.  Le fait de ne pas disposer de connaissances et d’information est une forme de pauvreté, a-t-elle dit.  Les personnes âgées sont également exclues des processus décisionnels, a-t-elle ajouté.  Le Plan d’action de Madrid ne suffit pas pour assurer la protection des personnes âgées, a-t-elle déclaré, en insistant sur la nécessité pour les gouvernements de prendre des mesures concrètes pour améliorer leurs conditions de vie.  Dix ans après l’adoption du Plan d’action de Madrid, a-t-elle regretté, peu de choses a été fait en leur faveur.  Leurs droits sont souvent ignorés, a-t-elle ajouté.

Manifestation spéciale sur le thème « Financement du développement social »

Quels sont les défis majeurs auxquels les États font face dans la mobilisation des ressources destinées à financer le développement social et de quelle façon ceux-ci répondent-ils?  Les conférenciers qui ont participé, cet après-midi, à une manifestation spéciale sur le financement du développement, se sont essentiellement attachés à échanger leurs vues et leurs expériences sur les différents aspects du financement du développement social, en particulier en cette période de crise.

Dans ses remarques introductives, le modérateur, M. ALEX TREPELKOV, Directeur du Bureau du financement du développement du Département des Nations Unies des affaires économiques et sociales (DAES), a mis l’accent sur l’importance pour de nombreux États d’intensifier les réformes fiscales, en parvenant à établir des systèmes fiscaux équitables, transparents et à moderniser des institutions adéquates, et de lutter contre l’évasion fiscale.  De même, il existe, dans certains pays, des possibilités de générer des revenus à partir des ressources naturelles et des industries qui y sont liées.

M. Trepelkov a en outre souligné la nécessité d’accorder la priorité au financement de la protection sociale afin de constituer des socles de protection sociale de base et de renforcer le financement inclusif pour contribuer à améliorer les conditions sociales.

M. ELLIOT HARRIS, Représentant spécial du Fonds monétaire international (FMI) auprès des Nations Unies, qui a estimé que le développement social devrait être une priorité nationale, a présenté les avantages et les inconvénients des ressources internes et externes destinées à financer le développement social.  On peut considérer qu’un pays a fait des progrès en matière de développement social lorsqu’il peut financer ce développement par ses propres ressources, a-t-il notamment expliqué.  Les ressources nationales sont privilégiées mais ne sont pas suffisantes, a-t-il dit, en ajoutant que celles-ci devraient être soumises à l’examen des autorités nationales. 

Par ailleurs, le type de régime fiscal en place peut être considéré comme un élément contribuant, directement ou indirectement, au développement social.  Un système d’imposition efficace et transparent est, en lui-même, un indicateur de développement social et du niveau de démocratie dans le pays concerné.  Il est nécessaire et urgent, a poursuivi M. Harris, d’insister sur la mobilisation des ressources par la création et le maintien d’un système approprié d’imposition.

Mme CHRISTINE BOCKSTAL, du Département de la sécurité sociale de l’Organisation internationale du Travail (OIT), a notamment mis l’accent sur les moyens de mettre en place l’initiative pour un socle de protection sociale et d’en assurer le financement.  Cette initiative vise à promouvoir un accès aux services essentiels et aux transferts sociaux pour les plus pauvres et les plus vulnérables en adoptant une approche détaillée en faveur de la protection sociale.

Deux composantes constituent ce socle de protection sociale, a-t-elle rappelé.  Elle a ainsi mentionné, d’une part, un ensemble de droits, de transferts et de moyens, financiers ou en nature, pour assurer une garantie de revenu minimum et des moyens de subsistance pour tous et pour faciliter une demande effective et un accès aux biens et aux services essentiels, puis, en second lieu, l’offre d’un niveau essentiel de biens et de services sociaux tels que la santé, l’eau et les installations sanitaires, la nourriture, le logement et d’autres services sociaux concernant l’épargne et l’assurance vie pour tous.

Mme EVA-MARIA HANFSTAENGL, Directrice de Social Justice in Global Development, s’est déclarée profondément préoccupée de constater que les pays du G-20 continuent de diriger les principales institutions financières ou commerciales mondiales dans la mauvaise direction, en rendant les gens très vulnérables aux crises actuelles, en réduisant leur protection sociale, en favorisant les inégalités et en limitant l’accès aux services publics essentiels.

Mme Hanfstaengl a, en particulier, mis l’accent sur la nécessité de renforcer la mobilisation des ressources de financement internes, de réguler les investissements étrangers directs, d’établir des règles commerciales internationales justes, de mettre en place de nouveaux instruments internationaux de financement du développement, d’appliquer des solutions durables aux problèmes de la dette et de réformer les systèmes de gouvernance.

M. ELLIAS ELJURI ABRAHAM, Président de l’Institut national de la statistique du Venezuela, a affirmé que depuis ces dernières années, les pays d’Amérique latine avaient considérablement augmenté leurs dépenses sociales.  Dans un contexte de crise, il a ensuite évoqué l’expérience de son pays qui, a-t-il dit, a connu un changement de paradigme concernant les droits sociaux.

Quelques délégations des États Membres et de la société civile ont ensuite pris la parole pour apporter leurs commentaires et interroger les experts sur différentes questions liées au financement du développement.

La déléguée de l’Union européenne s’est interrogée sur les moyens que les États pourraient mettre en œuvre en vue de lancer des partenariats entre les secteurs public et privé pour le financement du développement.  La représentante de la France a, quant à elle, insisté sur le caractère novateur de l’initiative du socle de protection sociale.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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