Rio+20: les chefs d’État et de gouvernement de la planète renouvellent leur engagement politique en faveur du développement durable

22 juin 2012
ENV/DEV/1310

Rio+20: les chefs d’État et de gouvernement de la planète renouvellent leur engagement politique en faveur du développement durable

22/06/2012
Couverture des réunions
ENV/DEV/1310
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Conférence des Nations Unies

sur le développement durable « Rio+20 »

5e et 6e séances plénières                                  

matin et après-midi

RIO+20: LES CHEFS D’ÉTAT ET DE GOUVERNEMENT DE LA PLANÈTE RENOUVELLENT

LEUR ENGAGEMENT POLITIQUE EN FAVEUR DU DÉVELOPPEMENT DURABLE

« Le travail commence maintenant », affirme M. Ban Ki-moon,

pour qui la Conférence de l’ONU sur le développement durable est un succès

RIO DE JANEIRO, BRÉSIL, 22 juin -- Réunis pendant trois jours à Rio de Janeiro, « avec la participation pleine et entière de la société civile », pour ce qui est considéré comme la plus grande Conférence de l’ONU de l’histoire, les dirigeants mondiaux ont, aujourd’hui, renouvelé leur engagement politique en faveur de la promotion d’un « avenir durable sur les plans économique, social et environnemental, pour notre planète comme pour les générations actuelles et futures ».

« Le travail commence maintenant », a déclaré le Secrétaire général, M. Ban Ki-moon, dans son discours de clôture de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable (Rio+20), laquelle, a-t-il dit, fut « un succès ».

Présidente du pays hôte de Rio+20, le Brésil, Mme Dilma Rousseff, a affirmé que le Document final* de la Conférence traduisait l’évolution d’une conception partagée du développement durable et représentait le fondement de l’Agenda pour le développement durable du XXIe siècle.  « Rio+20 est un point de départ.  Ce n’est ni une limite ni un plafond.  C’est une nouvelle épopée qui doit au contraire être guidée par l’ambition d’édifier une nouvelle société durable qui sera léguée aux enfants d’aujourd’hui et de demain. »

Dans ce document final d’une soixantaine de pages, intitulé « L’avenir que nous voulons », adopté par acclamation dans la soirée, les chefs d’État et de gouvernement, qui se déclarent « déterminés à affranchir d’urgence l’homme de la faim et de la pauvreté », conviennent d’établir des objectifs de développement durable « concrets », « ambitieux » et « d’envergure mondiale », tout en demeurant « résolument attachés » à la réalisation « intégrale et rapide » des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).

En vue de formuler ces objectifs de développement durable qui devront être adoptés par l’Assemblée générale des Nations Unies, ils préconisent la mise en place d’un « mécanisme intergouvernemental transparent et participatif » et « ouvert à toutes les parties prenantes ». 

De même, ils affirment l’importance de l’autonomisation des femmes, du droit à l’eau et à l’alimentation, adoptent un cadre décennal de programmation concernant les modes de consommation et de production durables et reconnaissent le potentiel de l’économie verte.

Le texte qui, au terme de longues négociations, avait été finalisé à la veille de l’ouverture de la Conférence, le 19 juin, réaffirme les principes énoncés en 1992 dans la Déclaration de Rio sur l’environnement et le développement et les plans d’action passés, tels Action 21 ou le Plan de mise en œuvre du Sommet mondial pour le développement durable de Johannesburg.

Les dirigeants mondiaux y plaident pour un renforcement des trois dimensions -économique, sociale et environnementale- du développement durable.  Réaffirmant le rôle du Conseil économique et social (ECOSOC), ils décident également de créer une « instance politique de haut niveau », qui remplacera à terme la Commission du développement durable, et qui sera chargée d’assurer le suivi des activités de développement durable.

S’agissant du pilier « environnement » du développement durable, ils se disent déterminés à renforcer le rôle du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) en tant qu’autorité mondiale reconnue en la matière.

Pour ce qui est du financement du développement durable, ils se sont entendus pour mettre en place un « processus intergouvernemental sous les auspices de l’Assemblée générale » chargé d’en mesurer les besoins et d’examiner l’efficacité, la cohérence et les synergies des instruments et cadres existants, tout en évaluant d’autres initiatives.

« Ici, à Rio, vous avez reconnu les défis », a lancé le Secrétaire général à l’adresse des dirigeants du monde.  « Et vous avez renouvelé votre engagement à les relever, pour le bénéfice de l'humanité tout entière, maintenant et à l’avenir. »

Vingt ans après le Sommet Planète Terre à Rio, la Conférence des Nations Unies sur le développement durable aura compté plus de 45 000 participants.  Pas moins de 188 délégations d’États Membres, dont une centaine étaient conduites par des chefs d’État et de gouvernement, mais aussi des organisations non gouvernementales, des dirigeants d'entreprise, des élus, des groupes de la société civile, des jeunes, des représentants de populations autochtones, se sont retrouvés dans la cité brésilienne pour tenter de déterminer les moyens visant à réduire la pauvreté, promouvoir la justice sociale et assurer la protection de l’environnement sur une planète de plus en plus peuplée.

« Vous avez tendu la main à la société civile et au secteur privé pour qu’ils collaborent avec vous.  Et ils ont répondu », s’est félicité M. Ban.

De fait, près de 700 engagements d’un montant total de 513 milliards de dollars ont été annoncés pendant la Conférence, non seulement par des gouvernements, mais aussi par des banques multilatérales de développement, des entreprises, la société civile pour financer des initiatives en faveur du développement durable dans des domaines tels que ceux de l’énergie, des transports, de la réduction des catastrophes, de la désertification, de l’eau, des forêts ou de l’agriculture.

« Ces chiffres énormes donnent une idée de l’ampleur et de la croissance de l’investissement dans le développement durable », a commenté le Secrétaire général.  « Ils font partie d’un mouvement mondial croissant pour le changement. »

« Le développement durable est la seule option pour l’humanité », a observé, de son côté, le Secrétaire général de la Conférence Rio+20, M. Sha Zukang, pour qui les résultats « très importants » obtenus vont jeter « les bases permettant d’appliquer l’économie verte et d’éliminer la pauvreté ».

Le Président de l’Assemblée générale, M. Nassir Abdulazziz Al-Nasser, a mis en avant le « rôle central » de celle-ci pour « stimuler le débat et encourager une prise de conscience du grand public. »

« Le plus grand acquis reste la réhabilitation de la diplomatie multilatérale en tant que meilleur outil pour garantir un avenir meilleur pour tous », a relevé le représentant de l’Algérie, au nom du Groupe des 77 et la Chine. 

Dans une autre explication de position, son homologue du Danemark, au nom de l’Union européenne, a regretté que le Document final ne fût pas plus ambitieux, par exemple en prévoyant une date butoir pour la réalisation des objectifs fixés.  Il s’est cependant félicité que le texte reconnaisse le rôle de premier plan que joue l’économie verte dans la lutte contre la pauvreté.

Auparavant, tout au long de la journée, s’étaient exprimés une cinquantaine d’États Membres dans le cadre du débat général.  « Il est temps d’être pragmatique mais aussi optimiste », avait déclaré la Secrétaire d’État américaine, Mme Hillary Rodham Clinton, qui a assuré qu’un avenir plus prospère était « à portée de main ».  Il ne faut pas, a-t-elle dit, se limiter à travailler à une planification à long terme du développement durable.

« Notre avenir est un péril que nous avons créé nous-mêmes », s’est alarmé le Ministre du développement durable, de l’énergie, des sciences et de la technologie de Sainte-Lucie, M. James Fletcher, qui a mis en garde contre l’adoption de mesures graduelles.  « Ce sont des politiques d’urgence qui s’imposent, a-t-il dit, en faisant part, comme beaucoup d’autres intervenants, de son attachement au principe de responsabilité commune mais différenciée.

Le Président Macki Sall, du Sénégal, a pour sa part insisté pour que la notion d’économie verte ne se limite pas à une simple déclaration d’intentions mais se traduise plutôt par une réelle modification de nos modes de consommation et de production.

Par ailleurs, depuis mercredi à RioCentro, le site de la Conférence, quatre tables rondes de haut niveau dont chacune avait réuni plus d’une quarantaine de chefs d’État et de gouvernement, ministres ou responsables d’organisations intergouvernementales, d’entités du système des Nations Unies et de la société civile, ont permis de débattre, déjà, de « l’après-Rio+20 », en anticipant les difficultés qui se présenteront dans la mise en œuvre des résultats escomptés dans quatre domaines clefs.

*A/CONF.216/L.1

CONFÉRENCE DES NATIONS UNIES SUR LE DÉVELOPPEMENT DURABLE (RIO+20)

Suite et fin du débat général

MSWATI III, Roi du Swaziland, a souligné qu’il était essentiel de réaffirmer le principe de responsabilité commune mais différenciée, afin d’assurer l’équité dans toutes les initiatives orientées vers le développement  durable.  Il s’est particulièrement inquiété des conséquences négatives des changements climatiques sur la productivité agricole et la suffisance alimentaire.  Il a estimé que le transfert de technologies était indispensable pour aider les économies en développement à faire face aux impératifs et objectifs du développement.  Le Swaziland, a-t-il assuré, s’est engagé à créer des emplois dans de nombreux secteurs et à assurer l’accès à l’éducation et aux services de santé. 

Le Roi Mswati III a insisté sur la nécessité de s’appuyer sur les conventions et accords déjà conclus et de renforcer les institutions multilatérales qui existent pour progresser dans la voie du développement durable.  « Alors que la crise économique a mis à mal nos efforts de promotion d’un développement durable, il est essentiel pour les pays en développement, en particulier les pays enclavés comme le sien, de recevoir une aide de la communauté internationale pour que les efforts entrepris ne soient pas réduits à néant », a déclaré le Roi Mswati III.  Dans un pays où 52% de la population a moins de 20 ans, le secteur de l’éduction constitue la plus importante part du budget national, a précisé le Roi Mswati III, qui s’est dit conscient du potentiel que représentent les jeunes de son pays.

M. ARMANDO EMÍLIO GUEBUZA, Président du Mozambique, a estimé que les défis de l’avenir exigent des solutions structurelles allant au-delà de la seule question de l’environnement.  Il a évoqué notamment les problèmes de la pauvreté et des effets des changements climatiques.  Il a aussi indiqué que le Mozambique avait reculé dans les progrès réalisés dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le développement, en particulier à la suite des différents phénomènes météorologiques.  Le Président Guebuza a cependant estimé que l’économie verte offrait à son pays la possibilité de surmonter les divers défis auxquels il est confronté, même si elle comporte certaines « difficultés de réalisation ».  Il a fait part de la volonté de son pays de jouer son rôle dans le cadre des efforts collectifs et a appelé à la mise en place d’un dispositif institutionnel pour veiller à la réalisation du développement durable.  M. Guebuza a par ailleurs indiqué que les zones protégées représentent 24% du territoire mozambicain.

M. TEODORO OBIANG NGUEMA MBASOGO, Président de la Guinée équatoriale, a fait remarquer qu’il était devenu évident, face à la surexploitation des ressources naturelles, que les habitants de la planète étaient aujourd’hui confrontés à des difficultés qui mettent en danger leur existence.  Il a rappelé qu’à Rio, en 1992, les pays riches s’étaient engagés à aider le continent africain et les pays les moins avancés à faire face aux difficultés liées aux conséquences des changements climatiques.  La Guinée équatoriale, a-t-il dit, appuie la proposition visant à créer, en Afrique, une institution qui s’occupera exclusivement du développement durable. 

Après 20 années d’efforts en vue d’offrir une sécurité sur la planète terre, le Président Obiang Nguema Mbasogo a émis l’espoir que la Conférence Rio+20 soit « la rencontre de l’homme avec lui-même ».  Il a également prévenu que la crise et la situation des pays en développement ne pourront être résolues sans le concours des pays développés.  « L’accès aux technologies, par exemple, ne se fera qu’avec la bonne volonté des pays qui disposent de ces technologies », a-t-il dit.  Dans ce contexte, il a appelé la communauté internationale à agir de manière solidaire.

M. MACKY SALL, Président du Sénégal, s’est inquiété que malgré les cris d’alarme des pionniers de l’écologie en 1972 et les mises en garde des scientifiques, l’état de la planète n’a cessé de se détériorer en mettant en péril la vie de millions de personnes.  Il a estimé que le temps était venu de surmonter nos divergences et nos intérêts particuliers dans l’intérêt de tous.  Il a souhaité que les objectifs d’économie verte ne se transforment pas en de nouvelles entraves aux efforts de développement des pays en développement.

Le Président Sall a également insisté pour que la notion d’économie verte ne se limite pas à une simple déclaration d’intentions mais se traduise plutôt par une réelle modification de nos modes de consommation et de production.  Il a rappelé que l’aide pour permettre aux pays en développement de faire face aux changements climatiques et pour bénéficier des technologies doit être adaptée aux besoins des pays bénéficiaires.  Il a jugé indispensable que le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) soit transformé en une véritable organisation mondiale de l’environnement.  Le Président a parlé également des efforts du Sénégal pour substituer le gaz butane au charbon de bois et protéger sa biodiversité.  Parmi les autres mesures prises, il a cité la protection d’aires marines, le développement d’une muraille verte, l’électrification des zones rurales.

M. TOMISLAV NIKOLIĆ, Président de la Serbie, a constaté qu’une croissance fondée sur l’exploitation intensive des ressources ne pouvait continuer.  Il a réclamé un programme clair et bien ciblé pour l’avenir et a vu dans l’économie verte un moyen d’atteindre un développement durable capable, entre autres, de créer des emplois et de valoriser le capital naturel.  Mais pour relever tous les défis actuels, a-t-il souligné, il faut une meilleure coordination et revoir les cadres institutionnels existants de manière à éliminer les doubles emplois et à utiliser au mieux les ressources financières.  L’organisation de réunions de haut niveau contribuera, a-t-il estimé, à trouver des solutions à ces questions.

Le Président Nikolić a ensuite souligné le rôle que les institutions régionales seront amenées à jouer.  De l’avis du Président Nikolić, le moment est venu d’opérer une transition dans les modes de production et de consommation, mais également de créer des objectifs pour assurer un véritable changement vers le développement durable.  Des solutions financières innovantes s’imposent également.  Pour le Président de la Serbie, la Conférence Rio+20 doit être l’occasion de changer les habitudes.

Mme HELLE THORNING-SCHMIDT, Premier Ministre du Danemark, a estimé que la croissance verte et les emplois verts étaient des outils essentiels pour pouvoir sortir de la crise actuelle.  Rappelant que le Danemark assurait actuellement la présidence du Conseil de l’Union européenne, elle a assuré que l’Union européenne avait multiplié les efforts pour préparer sa contribution à la Conférence Rio+20, en établissant des mesures concrètes avec un échéancier.  « Nous appuyons la transformation du PNUE en institution spécialisée », a-t-elle dit.  Mme Thorning-Schmidt a aussi plaidé en faveur d’une économie verte inclusive, qui place l’être humain au cœur des efforts.  Elle a également souligné l’importance de l’égalité entre les hommes et les femmes, ainsi que le caractère crucial de la participation de la société civile et des entreprises au processus de développement.  Le Premier Ministre danois a regretté que l’importance des droits reproductifs ne soit pas assez reconnue dans le projet de document final de Rio+20.

Le Danemark a été parmi les tous premiers donateurs à consacrer 0,7% de son PIB à l’aide publique au développement, a rappelé Mme Thorning-Schmidt.  Elle s’est aussi prononcée en faveur d’une taxe planétaire sur les transactions financières.  D’ici à 2050, le Danemark devrait atteindre l’objectif de ne plus dépendre des énergies fossiles comme source d’énergie.  Son pays a aussi lancé, conjointement avec la République de Corée et le Mexique, le Forum mondial sur la croissance verte.  Mme Thorning-Schmidt a enfin mentionné une nouvelle loi européenne qui vise à améliorer l’efficacité énergétique de 20% d’ici à 2020.  Cette loi devrait permettre de faire de grandes économies et, dès lors, d’augmenter considérablement le revenu national brut.

M. FREDERIK REINFELDT, Premier Ministre de la Suède, rappelant que la mondialisation a créé des défis mais a également offert des opportunités, a fait observer que la croissance de ces 15 dernières années avait permis à 400 millions de personnes de sortir de la pauvreté.  Il a déclaré que le respect des droits de l’homme et de la bonne gouvernance était un élément essentiel de la mise en œuvre du développement durable, en soulignant tout particulièrement les droits économiques et sociaux de 3,5 milliards de femmes et de filles.

Le Premier Ministre de la Suède a indiqué que des mesures incitatives prises par son gouvernement avaient contribué à une meilleure croissance, tout en veillant à réduire les émissions de gaz à effet de serre.  Il a souligné qu’il était essentiel d’assurer l’accès à l’énergie, à l’eau et à l’assainissement aux populations.  La Suède est convaincue, a-t-il dit, que la notion de développement durable doit devenir plus concrète et plus facile à mesurer.

M. TUILAEPA SAILELE MALIELEGAOI, Premier Ministre de Samoa, a noté que des divergences subsistaient en ce qui concerne le projet de document final, certains estimant qu’il s’agit d’un document sélectif et d’autres un grand pas en avant.  Mais malgré ses lacunes, a-t-il assuré, Samoa estime qu’il est équilibré.  Pour le Premier Ministre, le succès de la Conférence Rio+20 ne doit pas être mesuré à l’aune de ce projet de document final mais dans la manière dont les objectifs seront intégrés au niveau local, avec l’aide des partenaires pour le développement.  M. Malielegaoi a ensuite indiqué que son pays accordait une grande importance à l’agriculture biologique pour mieux respecter l’environnement et a précisé que des femmes, chefs d’entreprises, fournissaient désormais des huiles biologiques à de grandes sociétés cosmétiques. 

Samoa s’est en outre engagé dans un programme ambitieux en matière d’énergie renouvelable et devrait devenir carbone neutre d’ici à 2020.  Le pays a cependant besoin d’expertise supplémentaire dans ce domaine, a indiqué le Premier Ministre.  Il a également fait remarquer que l’exploitation des ressources minérales des fonds marins offrait de nouvelles perspectives économiques pour les pays comme le sien.  Avant de conclure, M. Malielegaoi a annoncé que Samoa sera prochainement retiré de la liste des pays les moins avancés.  Il a aussi souligné le rôle que jouent les partenariats pour accélérer les progrès en matière de développement dans son pays.

Mme HILLARY RODHAM CLINTON, Secrétaire d’État des États-Unis, a déclaré qu’il ne faudrait pas se limiter à travailler pour une planification à long terme du développement durable, mais se concentrer plutôt sur des mesures immédiates.  « Il est temps d’être pragmatique mais aussi optimiste », a-t-elle dit, en assurant qu’un avenir plus prospère est à portée de main.  Elle a appelé à prendre des décisions en se basant sur la recherche scientifique et sur des partenariats innovants.  Mme Clinton a relevé que le projet de document final de la Conférence Rio+20 reprenait beaucoup de propositions et de principes importants.  Mais cette Conférence va surtout nous amener à adopter une nouvelle façon de penser, a-t-elle dit.   « Il faut penser grand et de manière différente » pour utiliser au mieux le potentiel du marché, a-t-elle précisé.

Dans les années 1960, l’aide au développement représentait 70% des flux vers les pays en développement, contre 13% aujourd’hui.  Mme Clinton a expliqué cette évolution par le fait que les investissements du secteur privé ne sont pas parvenus à une croissance équilibrée.  Elle a indiqué que les États-Unis s’étaient engagés à consacrer 20 millions de dollars à des projets sur les ressources énergétiques propres en Afrique et au-delà de cette région, dans le cadre de l’initiative de l’énergie propre pour tous.  Les cuisines propres permettent notamment d’améliorer la santé des femmes et des enfants, a-t-elle fait observer.  La Secrétaire d’État américaine a aussi rappelé les efforts à mener collectivement dans une série de domaines, comme la gestion des déchets, la déforestation et l’adaptation aux changements climatiques.  Tout en poursuivant l’objectif de réduire la quantité de polluants de l’air, nous devons continuer à travailler de concert pour résoudre la question du CO2, a-t-elle averti.

« Nous devons aussi penser différemment en ce qui concerne le développement des villes, là où se trouve l’essentiel de la croissance », a insisté Mme Clinton, en se félicitant de l’initiative de la durabilité urbaine lancée l’an dernier aux États-Unis.  Elle a également invité à intégrer les travailleurs du secteur informel dans l’économie nationale, ainsi que les femmes qui sont, a-t-elle rappelé, des « moteurs essentiels du développement durable ».  La Secrétaire d’État américaine s’est félicitée, à cet égard, de l’appel lancé par ONU-Femmes à la Conférence Rio+20 et des mentions sur ce sujet figurant dans le projet de document final de la Conférence.  Elle s’est félicitée de ce que le projet de document final ait parlé des droits reproductifs de la femme, mais elle aurait souhaité un appui plus vigoureux sur cette question.  Elle a assuré que les États-Unis continueraient à travailler pour que ces droits soient respectés dans les décisions internationales.  Enfin, Mme Clinton a souhaité que les entreprises veillent à ce que leurs chaînes d’approvisionnement et d’emballage soient respectueuses de l’environnement.

M. NVEN MIMICA, Vice-Premier Ministre de la Croatie, a rappelé que le Sommet Planète Terre, qui s’était tenu à Rio en 1992, était la première conférence à laquelle avait participé la Croatie après son accession à l’indépendance.  Même si le projet de document final ne répond pas à toutes nos attentes, il contient cependant des éléments qui permettront d’élaborer des stratégies pour traduire les engagements de la Croatie en actions concrètes à tous les niveaux.  Il a salué l’accent mis sur la notion d’économie verte et l’importance d’une croissance inclusive favorable à la création d’emplois décents.  En temps que pays méditerranéen possédant plus de 1 000 îles, la Croatie se félicite qu’ait été reconnue l’importance de protéger la mer et les zones côtières.  Il a estimé que la création d’un forum de haut niveau pour le développement durable sera de nature à promouvoir des actions plus coordonnées et cohérentes aux niveaux international, régional et national.  

Mme CHULABHORN MAHIDOL, Vice-Premier Ministre de la Thaïlande, a indiqué que le développement durable avait été mis en œuvre dans son pays depuis « très longtemps » et que le Gouvernement thaïlandais avait pour objectif principal de satisfaire les besoins de la population en harmonie avec l’environnement.  Elle a souligné le rôle central que joue la santé humaine dans le développement durable.  Mme Mahidol a vu dans la tenue de Rio+20 la possibilité de prendre des décisions audacieuses pour les générations présentes et à venir.  Elle a par ailleurs souligné que le renforcement des capacités, les technologies et l’innovation ainsi que le transfert d’énergies propres sont les fondements essentiels du développement durable.  Mme Mahidol a aussi estimé que les pays devraient pouvoir mettre en place leurs propres politiques pour réaliser le développement durable.  La Thaïlande appuie l’idée d’adopter un processus pour définir des objectifs du développement durable, complétant les Objectifs du Millénaire pour le développement après 2015.

LE CARDINAL ODILO PEDRO SCHERER, observateur du Saint-Siège, Envoyé spécial du pape Benoît XVI, a invité à s’engager envers une distribution plus juste des biens de ce monde.  La personne humaine doit aussi être placée au cœur des efforts de développement durable, comme le prévoit le premier principe de Rio.  Chaque vie humaine, de la conception jusqu’à la mort naturelle, a la même valeur et la même dignité, a-t-il affirmé.  Insistant sur l’importance du respect de la dignité humaine, le cardinal Scherer a demandé de promouvoir des modèles de production et de consommation responsables, le partage des biens communs et l’accès aux biens de base.  Mgr Scherer a aussi plaidé en faveur de la destination universelle des biens et du principe de subsidiarité.  Dans les relations internationales, il a demandé de pratiquer le transfert de technologies, la promotion d’un système commercial mondial juste, le respect des engagements pris au titre de l’aide au développement et l’élaboration de nouveaux instruments financiers qui placent la dignité humaine et la préservation de l’environnement au cœur des activités économiques.

Le cardinal Scherer a ensuite rappelé que le droit à l’eau, à l’alimentation, à la santé et à l’éducation sont intrinsèquement liés au droit à la vie et au droit au développement.  Il a averti contre le risque de promouvoir une conception du droit à la santé qui menace gravement la dignité de la personne humaine.  « Imposer la mort aux vies humaines les plus vulnérables, dans le sanctuaire le plus sûr que constitue le ventre d’une mère, ne devrait jamais être présenté comme relevant des soins de santé ou de la santé », a-t-il dit.  Mgr Scherer a enfin appelé à affronter les crises économique et financière avec honnêteté et courage.  Il faut réfléchir au sens de l’économie et à ses objectifs, a-t-il dit, en appelant à passer à un modèle de développement économique humain.  Ce sont des êtres humains qui sont chargés de veiller sur la nature, responsabilité qui a une dimension éthique.  Cela implique une solidarité entre les êtres humains, y compris envers ceux qui ne sont pas encore nés.

M. PETER ŽIGA, Ministre de l’environnement de la Slovaquie, a mis l’accent sur la nécessité de s´attaquer aux difficultés des pays les plus vulnérables.  Il s’est prononcé en faveur de la création d’une institution internationale qui pourra régler les problèmes les plus graves auxquels les pays se heurtent dans la mise en œuvre du développement durable.  En même temps, il a invité les pays donateurs à utiliser leurs ressources de la manière la plus efficace possible en évitant les doubles emplois.  Le Ministre a souhaité la transformation du Programme des Nations Unies pour l’environnement en une organisation chargée de tous les aspects du développement durable avec pour mission d’améliorer le partenariat avec le secteur de la recherche scientifique, d’évaluer la mise en œuvre des instruments internationaux et de fournir aux pays les plus vulnérables les capacités et technologies nécessaires.  M. Žiga a estimé que la reconnaissance du concept d’économie verte « nous invite à trouver un équilibre entre la croissance économique et la préservation de nos ressources naturelles ».

M. PETER KENT, Ministre de l’environnement du Canada, a estimé que les succès réalisés jusqu’à présent n’étaient qu’un prologue au règlement de problèmes d’envergure.  Il a estimé que le meilleur moyen d’aller de l’avant était de s’entendre sur des cibles mondiales afin de permettre à tous d’atteindre un « parfait équilibre » en croissance économique, société et protection environnementale.  Le Ministre a ensuite passé en revue les différentes mesures lancées au Canada en matière de développement durable.  Il a notamment évoqué les programmes de lutte contre la pollution atmosphérique et de règlementation de l’usage de produits dangereux.  Des réglementations sectorielles ont également été imposées en ce qui concerne les émissions de gaz à effet de serre et le pays veille à la protection de l’eau, du sol et de la biodiversité.  M. Kent a également évoqué la gestion du Grand Nord du Québec, qui est, a-t-il dit, le « projet de conservation le plus important créé à ce jour ».

M. TOMAS CHALUPA, Ministre de l’environnement de la République tchèque, a expliqué que le projet de document final de Rio+20 tenait compte d’une « mosaïque de perspectives ».  Il a appelé à mettre l’accent sur les « trois C », à savoir la coopération, la créativité et la cohésion.  En ce qui concerne la créativité, le Gouvernement tchèque entend mettre en place un cadre propice à l’investissement et au secteur privé.  Le Ministre a souligné qu’il était important de renforcer la cohésion dans les efforts menés aux plans national, régional et international.  Le Ministre a aussi insisté sur l’importance de développer davantage la coopération internationale.  La République tchèque, a-t-il indiqué, a mis en place des projets visant une utilisation viable des ressources et une économie d’énergie.

M. ALI YOUSIF ABDULNABI ALSHUKRI, Ministre de la planification de l’Iraq, a déclaré que les Iraquiens se sont toujours préoccupés de l’utilisation responsable de leurs ressources, en rappelant que le « Code de Hamurabi » de 1790 avant Jésus Christ contenait les premières lois de protection de l’environnement de l’histoire de l’humanité, qui prévoyaient de sévères peines pour ceux qui négligent les rives du Tigres et de l’Euphrate.  Il a rappelé que le régime de Saddam Hussein a mis au second rang les questions environnementales au profit de la militarisation.  L’Iraq, a indiqué son Ministre de la planification, a établi un plan national de développement pour les périodes 2007–2010, 2010-2014 et 2013–2017, ainsi que la stratégie de réduction de la pauvreté, qui avait été lancée 2009.  Illustrant les efforts de son pays, il a cité la baisse du taux de chômage de 28% à 11% entre 2004 et 2011, alors que le niveau de pauvreté est passé de 23% à 16% entre 2004 et 2010.  Il a souhaité que l’on respecte les spécificités des pays dont l’économie est basée sur l’exportation d’hydrocarbures, en rappelant que la notion d’économie verte ne se traduise pas par de nouvelles contraintes commerciales ou technologiques pour les pays en développement. 

M. JAMES FLETCHER, Ministre du développement durable, de l’énergie, des sciences et de la technologie de Sainte-Lucie, a estimé que les réponses apportées en matière de développement durable devaient être urgentes et décisives.  « Notre avenir est un péril que nous avons créé nous-mêmes », s’est alarmé M. Fletcher qui a, par ailleurs, mis en garde contre l’adoption de mesures graduelles.  Ce sont des politiques d’urgence qui s’imposent, a-t-il rappelé.

Le Ministre a fait part de son attachement au principe de responsabilité commune mais différenciée, et a souscrit à la position selon laquelle les changements climatiques posent le plus grand défi pour le développement durable.  Il a notamment indiqué que l’intensification des intempéries aura une incidence sur le tourisme de son pays, principal moteur de l’économie nationale.  Sainte-Lucie, a-t-il poursuivi, s’était engagée à assurer un avenir plus sûr pour ses citoyens, et accorde une attention particulière aux énergies renouvelables.  M. Fletcher a également qualifié d’essentiel le transfert de technologies vers les pays en développement.

Mme SVANDIS SVAVARSDOTTIR, Ministre de l’environnement de l’Islande, a déclaré que « le développement durable était un appel à la justice et à l’inclusion ».  Se disant modérément satisfaite des résultats de la Conférence Rio+20, elle a reconnu que ce n’était qu’une étape vers le but ultime de développement durable.  L’Islande, qui était encore un petit État insulaire en développement il n’y a pas si longtemps, a réussi à se développer en prenant le contrôle de ses ressources marines, a-t-elle expliqué.  À cet égard, la Ministre a insisté sur l’importance de la préservation des océans, en appelant les États à prendre un engagement politique fort.  Les océans ne connaissent pas de frontières, a-t-elle fait remarquer. 

La Ministre islandaise de l’environnement a soutenu l’initiative du Secrétaire général intitulée « Énergie durable pour tous », mais aurait aimé que le projet de document final exprime un appui plus fort à ces efforts.  Elle a annoncé la conclusion d’un accord entre l’Islande et la Banque mondiale qui vise le développement géothermique en Afrique.  La Ministre a aussi plaidé en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes en tant que condition essentielle du développement durable.  Elle a cependant exprimé sa déception que la vision commune formulée à Rio+20 n’inclue pas les droits reproductifs, alors que ces droits ont déjà fait l’objet d’accords sous l’égide des Nations Unies.  « Nous ne pouvons pas accepter un recul en matière de droits des femmes », a-t-elle insisté.

M. DOUGLAS UGGAH EMBAS, Ministre  des ressources naturelles et de l’environnement de la Malaisie, a rappelé que son pays s’était engagé à assurer une couverture forestière d’au moins 50%.  Il a précisé que 44 îles étaient protégées.  La Malaisie, a-t-il assuré, est déterminée, à réduire ses émissions de CO2 de 40% entre 2005 et 2020 à condition de pouvoir bénéficier de transferts des technologies nécessaires de la part des pays développés.  Le Ministre a réaffirmé l’engagement de la Malaisie en faveur du développement durable, lequel, a-t-il dit, s’est traduit par l’adoption de plans de développement, notamment le dixième plan pour la période 2011-2015.  Il a indiqué que son pays œuvrait pour atteindre les Objectifs de Millénaire pour le développement bien avant la date butoir de 2015.  Le taux de pauvreté est passé de 17% en 1990 à 3,6% en 2010. 

M. SALEH AMNISSI, Ministre de l’environnement de la Libye, a souhaité que la Conférence Rio+20 débouche sur des résultats concrets pour répondre aux défis qui se posent à l’heure actuelle.  Il a souhaité la réalisation d’un développement durable capable de régler les problèmes de la génération présente sans préjudicier les besoins des générations à venir, tout en déplorant le peu de progrès réalisés jusqu’à présent.  Le Ministre libyen de l’environnement a ensuite regretté que le régime précédent n’ait pas mis ses importantes recettes pétrolières au service du développement d’infrastructures nationales.  Il a comparé la dépendance économique de son pays envers « une seule ressource épuisable » à un cheminement dans une voie sombre.  Le Gouvernement actuel entend développer d’autres secteurs économiques.  Il a expliqué que la Libye connaissait une pénurie d’eau et faisait face au phénomène de la sécheresse. 

M. Amnissi a par ailleurs appelé à l’adoption de politiques d’appui pour aider les pays en développement à atténuer les effets des changements climatiques.  Il faut également limiter l’utilisation d’énergies non renouvelables.  Mais, a-t-il ajouté, il ne faut pas nous voiler la face.  Les énergies fossiles demeurent le principal moteur économique du monde, et la plupart des pays en développement n’ont pas les moyens de financer les technologies nécessaires pour utiliser des énergies propres.  Le Ministre a ensuite appelé au renforcement du PNUE et exhorté à une véritable définition de la notion d’économie verte.

Mme ROVANA PLUMB, Ministre de l’environnement et des forêts de la Roumanie, a salué les efforts menés pour concilier les intérêts divers lors des négociations du projet de document final de Rio+20.  Les deux thèmes de cette Conférence -économie verte et renforcement du cadre institutionnel du développement durable- sont d’une importance égale, a-t-elle estimé.  Le cadre institutionnel du développement durable doit permettre une mise en œuvre efficace des priorités que nous aurons définies, a-t-elle expliqué.  Elle s’est aussi félicitée des objectifs de développement durable qui ont été fixés dans le projet de document final.  Le cœur même du développement durable c’est le développement humain et le progrès, a souligné la Ministre.  Mme Plumb a également insisté sur les droits des femmes, en mettant l’accent sur la nécessité de promouvoir l’égalité entre les sexes dans tous les secteurs de la société.  «  Nous devons aussi encourager la création d’emplois et stimuler le secteur privé afin qu’il génère des emplois verts », a-t-elle ajouté.  Avant de conclure, la Ministre a assuré que la Roumanie avait été très active dans les efforts de développement durable, notamment au cours de sa présidence de la session 2011 de la Commission du développement durable des Nations Unies.

M. MARIO DE MARCO, Ministre du Tourisme, de la culture et de l’environnement de Malte, a rappelé que la population de Malte présentait la plus haute densité du monde avec une des plus petites réserves en eau par habitant.  Il a fait remarquer que Malte, au cours des millénaires, avait appris à survivre et prospérer au milieu de forces externes, indépendantes de son contrôle.  Fort de cette histoire, Malte a un intérêt particulier pour la protection des océans et pour la prévention de toutes les pressions sur les ressources en eau, résultant des changements climatiques.  L’économie bleue est aussi une voie vers le développement durable, a insisté M. de Marco, en souhaitant que l’on accorde plus d’attention à la protection de la biodiversité marine.  Il a indiqué que Malte produisait 65% de son eau douce en dessalant l’eau de mer, pour un coût équivalent à 5% de la consommation nationale d’électricité. 

Mme LISEL ALAMILLA, Ministre des forêts, des pêches et du développement durable de Belize, a qualifié le développement durable d’impératif moral, tout en constatant qu’il pouvait revêtir différentes significations pour différents États.  Elle a expliqué que Belize accordait une attention particulière au renforcement économique, à la fourniture de services sociaux de qualité, à la modernisation de l’État et de la gouvernance ainsi qu’à la protection de l’environnement.  Belize, a rappelé Mme Alamilla, a été confronté à de nombreux défis en matière de lutte contre la pauvreté et de développement durable, notamment à cause de la limite de ses capacités humaines et de son cadre institutionnel.  La Ministre s’est inquiétée du taux de chômage élevé que connaît Belize et de l’augmentation des homicides et du trafic de drogues.  La pêche et la collecte illégale de bois posent également problème.  Mme Alamilla a ensuite expliqué que son pays s’était doté d’une vision à long terme pour assurer son développement durable d’ici à 2030, ainsi que d’une stratégie de lutte contre la pauvreté et de développement des zones rurales.  Elle a également souhaité des interventions spécifiques et l’adoption de nouvelles modalités capables de privilégier la coopération.

M. ARSENIO BALISACAN, Ministre de la planification économique et sociale des Philippines, a estimé que le projet de document final de Rio+20 était « le texte minimum qui pouvait être accepté par toutes les parties prenantes du développement durable dans le monde ».  Les Philippines, qui demeurent engagées en faveur du développement durable, estiment que les populations doivent être placées au centre des efforts, a indiqué M. Balisacan.  Son gouvernement, a-t-il poursuivi, a établi un programme d’application d’Agenda 21, qui a permis la création d’un Conseil du développement durable.  Mais il reste encore beaucoup à faire, a-t-il reconnu, en mettant notamment l’accent sur la nécessité de créer un fonds de développement vert.  Les caractéristiques géologiques des Philippines rendent le pays vulnérable aux changements climatiques, a-t-il dit, en plaidant en faveur de mesures d’adaptation pour augmenter la résilience de la population.

Le Ministre a estimé que l’économie verte était une option utile.  Parmi les mesures à prendre pour y parvenir, il a souhaité que des efforts soient menés en vue d’arriver à un financement à long terme du développement durable, notamment par la création d’un fonds de développement vert qui aidera les pays à réhabiliter leur capital naturel.  L’égalité entre les sexes, l’autonomisation des femmes, les droits reproductifs et les droits de succession sont également des domaines où les efforts doivent être renforcés, a-t-il insisté.  Avant de conclure, le Ministre s’est prononcé en faveur du renforcement du PNUE, afin de continuer à intégrer le pilier environnemental dans les processus de développement.  Il a aussi demandé que des objectifs clairs de développement durable soient fixés.

M. NARIMAN UMAROV, Ministre de la protection de la nature de l’Ouzbékistan, a précisé que les dépenses annuelles en matière d’éducation constituaient 10 à 12% du PIB.  Il a précisé que des réformes radicales et le développement des soins de santé avaient permis de réduire de moitié la mortalité maternelle et de deux tiers la mortalité infantile. « Grâce à nos réformes économiques, nous bénéficions d’un taux de croissance moyen de 7 à 9% par an.  Le Ministre a indiqué que l’Ouzbékistan avait mis en œuvre avec succès un programme de modernisation économique basée sur la réduction de l’intensité énergétique et l’utilisation croissante des sources d’énergies renouvelables.

En conséquence, les quantités d’eau utilisée pour l’irrigation ont été diminuées de 30 à 20%. L’Ouzbékistan, pays d’Asie centrale qui compte 30 millions d’habitants, accorde la priorité à la sécurité alimentaire, a-t-il dit, en rappelant que l’Ouzbékistan était dépendant des politiques des pays voisins pour ses ressources en eau.  Soulignant l’importance déterminante de l’eau pour les objectifs de développement durable, la sécurité alimentaire, la santé, l’agriculture, et le développement rural, M. Umarov a insisté sur l’importance de garantir une utilisation raisonnable et équitable des sources d’eau transfrontalières, en se basant sur les normes et principes du droit international relatif aux cours d’eau internationaux à des fins autres que la navigation.  

M. PETER ALTMAIER, Ministre fédéral de l’environnement, de la protection de la nature et de la sûreté nucléaire de l’Allemagne, a estimé que l’économie verte devrait combiner la croissance économique avec une gestion efficace et durable des ressources de la planète.  Elle doit créer des millions d’emplois et donner un nouvel élan au développement des pays, a-t-il ajouté.  Le Ministre a assuré que l’Allemagne était prête à s’engager dans un partenariat avec tous les pays qui emprunteront cette voie.  L’Allemagne entend également fermer toutes ses usines nucléaires d’ici à 2022.  Elle envisage de produire, d’ici à 2050, au moins 80% de l’électricité consommée dans le pays à partir des sources d’énergies renouvelables.  La transformation des systèmes énergétiques de la planète est particulièrement importante, a par ailleurs souligné M. Altmaier.

Le Ministre a ensuite fait savoir que sa délégation aurait préféré que le projet de document final contienne des objectifs plus ambitieux, notamment en ce qui concerne la protection des océans.  On ne peut se permettre d’attendre 2025, a-t-il dit, en rappelant que des mesures concrètes s’imposaient dès maintenant.  Après avoir évoqué l’impact des villes sur le développement durable, le Ministre a appelé à la transformation du PNUE en une institution mondiale de plein droit.  Il s’est par ailleurs félicité de la décision du Secrétaire général de nommer un représentant spécial pour les jeunes.

M. HASAN MAHMUD, Ministre de l’environnement et des forêts du Bangladesh, a estimé que des progrès durables ne seront possibles que si on assure le développement durable, la croissance économique et la protection de l’environnement.  « Nous devons également mettre en valeur les ressources humaines », a-t-il aussi indiqué.  Au Bangladesh, le Gouvernement œuvre pour éliminer la pauvreté tout en protégeant l’environnement.  « Nous avons fait des progrès significatifs », a-t-il dit, tout en expliquant les difficultés rencontrées sur cette voie du fait, notamment, de catastrophes naturelles.  Le Ministre a demandé un engagement fort au niveau international pour atténuer les conséquences dévastatrices des changements climatiques.  Le Ministre a aussi suggéré de donner accès aux pays en développement aux marchés internationaux.  Le texte du projet de document final de la Conférence Rio+20 n’a pas répondu à toutes les attentes, a noté le Ministre, qui a souhaité que de nouveaux engagements soient pris après cette Conférence dans le but de poursuivre la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Enfin, il s’est félicité de ce que le projet de document final donne une place aux objectifs du développement durable.  Il a estimé cependant que les questions des ressources en eau et des changements climatiques n’ont pas été suffisamment traitées à la Conférence Rio+20.

Rappelant que la communauté internationale s’était réunie à Rio pour surmonter la dichotomie entre la préservation et le développement économique et social, M. MARCIN KOROLEC, Ministre de l’environnement de la Pologne, a expliqué que son pays avait acquis une certaine expérience dans ce type de transition.  Il y a 20 ans, la Pologne s’est lancée dans la voie du développement durable et ce choix s’illustre, aujourd’hui, par une croissance du produit intérieur brut (PIB) de 200%, tandis que ses émissions de gaz à effet de serre ont diminué de 30%, a-t-il dit.  En outre, le taux d’efficacité d’utilisation des ressources naturelles nationales a augmenté de 15%.  « Cela démontre qu’une croissance économique et une croissante verte sont possibles conjointement si des outils efficaces et des politiques adéquates sont mises en place », a-t-il ajouté. 

Au nombre des outils innovants en faveur du développement durable, le Ministre a cité la mise en place du « Fonds national pour la gestion de l’environnement et de l’eau » qui apporte un soutien financier à des projets dans ces deux domaines et qui est approvisionné par des taxes et des amendes imposées sur l’utilisation des ressources environnementales.  Chaque année, environ 250 millions de dollars sont ainsi accordés à des projets sous la forme de prêts préférentiels et la Pologne a pu rapidement observer les résultats spectaculaires de projets financés par ce Fonds national, a-t-il expliqué.  Avant de conclure, il s’est dit convaincu du succès de Rio+20 et a estimé que les résultats de la Conférence aideraient l’humanité à faire face aux défis de la manière la plus innovante possible.

M. VIVIAN BALAKRISHNAN, Ministre de l’environnement et de l’eau de Singapour, a estimé que la poursuite du développement social et économique devrait se faire de manière équilibrée.  Les solutions miracles applicables à tous n’existent pas en ce qui concerne l’économie verte, a-t-il indiqué.  Le Ministre a expliqué que le plan de planification intégrée à long terme de Singapour mettait l’accent sur la protection de l’environnement et privilégiait la dimension holistique.  La bonne gestion des déchets, a-t-il ajouté, a été possible grâce à l’emploi de technologies appropriées.  M. Balakrishnan a, par ailleurs, insisté sur la nécessité de coordonner à l’échelon international l’ensemble des efforts déployés en matière de développement durable.  Il a également engagé l’ONU à fixer une direction claire pour la communauté internationale.

Mme CATHERINE GOTANI HARA, Ministre de l’environnement et de la gestion des changements climatiques du Malawi, a indiqué que son pays avait adopté sa vision du développement durable pour 2020, ainsi qu’une stratégie de croissance et de développement qui fournit un cadre visant à intégrer les trois dimensions -économique, social et environnementale- du développement durable.  Elle a appelé à renforcer la productivité et la diversification pour arriver à éliminer la pauvreté.  Pour la Ministre, toutes les initiatives prises dans le cadre du développement durable n’ont aucun sens si la communauté internationale ne prend pas en compte les lacunes d’Agenda 21 et n’arrive pas à conclure rapidement le Cycle de négociations de Doha.  La transition vers l’économie verte doit être appuyée par un train de mesures appropriées et, notamment, un appui financier, a-t-elle estimé.  La Ministre a souligné également la nécessité de coordonner la mise en œuvre des mesures visant le développement durable, grâce à un cadre institutionnel fort.  À cet effet, elle a voulu que la Conférence Rio+20 encourage le renforcement des institutions de développement durable.  Mme Gotani Hara a souhaité, avant de conclure, que le PNUE garde son siège à Nairobi, y compris pendant la mise en œuvre de sa transformation.

M. CORRADO CLINI, Ministre de l’environnement de l’Italie, a appuyé le projet de document final de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable.  Son pays qualifie ce texte de « nouveau chapitre dans les efforts communs en faveur du développement durable », a-t-il ajouté.  En ce qui concerne la transition vers une économie verte, il a cependant précisé que l’Italie aurait souhaité que cette notion soit adoptée avec un appui plus large et a mis l’accent sur le rôle du secteur privé en la matière. 

Le Ministre s’est ensuite félicité du Cadre décennal d’action sur les modes de consommation et de production durables et a également rappelé quelques engagements importants de son pays dans les domaines de l’eau, de la sécurité alimentaire, de la nutrition et de l’assainissement.  L’Italie a d’ailleurs fait le choix de consacrer l’Expo 2015 de Milan à la question de « l’alimentation de la planète et de l’énergie pour la vie », a-t-il dit, avec l’ambition d’y fournir une plateforme pour les technologies dans ces deux domaines.  Il a aussi, à cet égard, réaffirmé les engagements de l’Italie en faveur de la coopération internationale et le transfert de connaissances et il a annoncé une contribution de 6 millions de dollars de la part de l’Italie pour des projets et des activités consacrés, en particulier, aux questions des changements climatiques.

M. STANISLAS KAMANZI, Ministre des ressources naturelles du Rwanda, a rappelé qu’il y a 20 ans, lors du Sommet Planète Terre à Rio, le développement durable n’était pas une priorité du Gouvernement rwandais.  Celui-ci, a-t-il expliqué, était plutôt concentré sur la mise en œuvre de programmes d’exclusion politique, sociale et économique qui ont culminé avec le génocide de 1994.  Le nouveau Gouvernement, a ajouté le Ministre, est résolument engagé en faveur du développement durable et l’a placé au cœur de sa stratégie nationale de développement.  Une évaluation récente a montré que les efforts engagés ont contribué à diminuer de 12% le taux de pauvreté jusqu’en 2012.  Avec l’appui de ses partenaires, le Gouvernement rwandais a cherché à faire en sorte que les efforts en vue du développement reposent sur des principes promouvant la bonne gouvernance, la participation aux processus de prise de décisions, l’égalité entre les sexes, en insistant sur le rôle clef de l’autonomisation des femmes et le partenariat avec le secteur privé.

M. ZALMAI RASSOUL, Ministre des affaires étrangères de l’Afghanistan, a rappelé que 20 années de querelles et de conflits internes avaient provoqué d’importantes souffrances au peuple afghan et que les lacunes en matière d’égalité, tout comme le terrorisme, demeuraient des difficultés de taille.  Malgré ces obstacles, il a cité plusieurs progrès réalisés sur la voie du développement durable, notamment en matière d’éducation, d’infrastructures, d’agriculture, en ce qui concerne l’autonomisation des communautés locales et la place des femmes dans l’économie. 

Pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), a assuré le Ministre, l’Afghanistan entend gérer ses ressources naturelles de manière durable tout en créant des emplois.  Il a également précisé que la pleine transition du leadership afghan demeurait une priorité de son gouvernement, ainsi que la pleine sécurisation du territoire d’ici à la fin 2014, et le développement social et économique à long terme.  Pour faire face à ces ambitions et, en tant que pays enclavé en développement, l’Afghanistan a besoin de l’appui de la communauté internationale, a indiqué son Ministre des affaires étrangères.  « Ces tâches ne pourront être réalisées sans des moyens de mise en œuvre consistants », a-t-il ajouté.

Mme ROXANA SOBENES, Ministre de l’environnement et des ressources naturelles du Guatemala, a expliqué que son pays souffrait gravement des catastrophes naturelles qui, a-t-elle dit, sont la cause des changements climatiques.  Le Guatemala, a-t-elle souligné, est un des pays les plus vulnérables de la planète à ce phénomène.  Les changements climatiques et économiques au niveau mondial rendent plus difficiles encore les efforts du Guatemala pour relever les défis liés à la lutte contre la pauvreté.  Il est ainsi nécessaire, a estimé le Ministre, de pouvoir compter sur la coopération internationale.  La Conférence Rio+20 est une occasion pour réaffirmer notre engagement en faveur du développement durable, a poursuivi Mme Sobenes. 

M. KOSSIVI AYIKOE, Ministre de l’environnement et des forêts du Togo, a regretté le fait que, malgré les nombreux efforts déployés dans le cadre des diverses conventions des Nations Unies pour la protection de l'environnement, le réchauffement climatique n’ait pas reculé.  Il a rappelé que le Togo, tout comme le reste du monde, était durement affecté par ce fléau qui met notamment en péril ses efforts de développement.  Les inondations et les sécheresses récurrentes provoquent ainsi, chaque année, des pertes en vies humaines et des dégâts matériels importants et détruisent les infrastructures économiques et sociales, a-t-il dit. 

Le Ministre a ensuite mis l’accent sur les difficultés que rencontre le Togo dans la mobilisation des ressources financières pour l’exécution de son programme d'investissement agricole et pour la mise en valeur et la gestion de ses ressources naturelles, en particulier les énergies renouvelables.  Dans ce contexte, il s’est interrogé sur la comptabilité des modèles de financement de l'économie classique avec les exigences et les réalités de l'économie verte.

M. FRANCISCO ALVAREZ DE SOTO, Vice-Ministre des affaires étrangères du Panama, s’est félicité que tous les pays aient pu discuter et se mettre d’accord sur des objectifs mondiaux de développement durable.  Il faut, a-t-il souligné, que la Conférence Rio+20 réaffirme l’engagement en faveur du développent durable.  Le Panama est venu à Rio avec un message positif, a-t-il assuré.  Le Ministre a mis l’accent sur la nécessité de renforcer le mandat du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et de lancer un forum politique de haut niveau pour un suivi des progrès réalisés.  Le Panama, qui occupe le huitième rang dans le monde en matière de biodiversité, a notamment mis en œuvre un programme de travail visant à préserver l’environnement tout en créant des emplois a-t-il ensuite dit. 

Mme CLAUDIA SARLENO, Vice-Ministre des affaires étrangères du Venezuela, a d’abord souligné qu’il n’y avait pas de développement sans démocratie, en appelant la communauté internationale à exprimer son appui au Président paraguayen victime, a-t-elle dit, d’un coup d’État au moment où se tient la Conférence Rio+20.  Elle a ensuite fustigé « un capitalisme marqué par une relation erronée entre la Terre nourricière et l’être humain ».  C’est un capitalisme qu’elle a jugé « pervers » et « qui s’est déguisé en vert avec l’intention de s’imposer dans cette Conférence ».  Vingt ans après le Sommet Planète Terre à Rio, les problèmes ne cessent de s’aggraver, a-t-elle regretté.  L’appel lancé, à l’époque, par Fidel Castro pour éliminer la faim en payant la dette écologique est toujours en vigueur, a-t-elle dit.   

« Ce sont les mêmes pays capitalistes qui, avec leurs modes de consommation destructeurs et irrationnels, ont perpétué la violation la plus flagrante contre l’écologie et les droits de l’homme », a-t-elle poursuivi.  Elle a ensuite estimé que le Nord capitaliste avait essayé, durant la Conférence Rio+20, de trouver un nouvel accord en vue de « se décharger sur le Sud ».  Elle a affirmé que, dans la lutte contre les changements climatiques, les mesures et les promesses demeuraient insuffisantes.  « L’État du Texas, avec ses 23 millions d’habitants, a une empreinte écologique plus profonde que toute l’Afrique subsaharienne.  L’empreinte de New York et celle de ses habitants équivalent à celles des populations de l’ensemble des 50 pays les moins avancés du globe », a-t-elle soutenu.  Dans ce contexte, elle a encore fustigé le non-respect des obligations des pays développés au titre de l’aide publique au développement (APD) et le fait qu’ils aient rejeté la proposition de créer un fonds destiné à appuyer la transition des pays en développement vers le développement durable.

Mme SILVIA REVORA, Sous-Secrétaire d’État à l’environnement et au développement durable de l’Argentine, a engagé les États Membres à adopter des mesures claires pour tracer la voie vers le développement durable.  Elle a rappelé que le principe de responsabilité commune mais différenciée avait été décidé lors du Sommet Planète Terre et a estimé que les États devraient exercer leur souveraineté sur leurs ressources naturelles.  Mme Revora a ensuite rejeté les « activités unilatérales » dans les « îles Malvinas » par le Royaume-Uni qui, a-t-elle affirmé, exploite des ressources non renouvelables.   La Sous-Secrétaire d’État a par ailleurs mis en garde contre la tentation d’imposer des modèles de développement, en arguant que lorsqu’ils sont mis en œuvre de manière irresponsable, ceux-ci peuvent causer de nombreux dommages.  L’Argentine, a-t-elle aussi fait savoir, ne souhaite pas non plus que la notion d’économie verte devienne une forme de protectionnisme vert.  L’économie verte, a-t-elle estimé, ne doit pas se substituer aux autres priorités en matière de développement mais servir d’outil pour réaliser un développement durable.  Mme Revora a ensuite appelé au renforcement du PNUE et à une meilleure coordination des différents organes pertinents en matière de développement durable.  En outre, il faudra veiller à ce que les objectifs du développement durable viennent compléter les OMD, a-t-elle ajouté.

M. YAGUB EYYUBOV, Vice-Premier Ministre de l’Azerbaïdjan, a indiqué que son pays avait adopté une stratégie de développement durable qui vise à éliminer la pauvreté, à protéger l’environnement et à garantir une économie verte.  « Nous avons ainsi adopté la Stratégie Azerbaïdjan 2020 qui contient tous les éléments du programme de développement.  Le Vice-Premier Ministre a aussi parlé des activités de l’organisation azerbaïdjanaise IDEA qui œuvre en faveur de la protection de l’environnement et mène, à ce titre, des projets dans ce domaine et dans celui de l’éducation.  Énumérant les progrès accomplis par son pays, M. Eyyubov a indiqué que le niveau de pauvreté avait baissé de 50%, que le taux de croissance avait été multiplié par 3 et que des millions d’emplois avaient été créés.  Il s’est aussi prévalu d’une bonne note par plusieurs agences de notation.

M. Eyyubov a ensuite averti des risques que représente l’énergie nucléaire dans les zones sismiques actives, en citant notamment le cas d’une centrale nucléaire, particulièrement dangereuse, située en Arménie.  En réponse aux « provocations proférées contre son pays par l’Arménie », il a expliqué que ce pays avait tenté de justifier l’occupation des terres de l’Azerbaïdjan.  Plus d’un million d’individus ont ainsi été chassés de leur foyer en Azerbaïdjan, a-t-il déploré.  Il a indiqué que, au lieu de retirer ses forces d’occupation, l’Arménie continue à exploiter les ressources azerbaïdjanaises.  Il a donc demandé que l’Arménie retire ses troupes d’occupation de son pays, comme l’ont déjà exigé plusieurs résolutions.

SHEIKHA LUBNA AL QASSIMI, Ministre du commerce extérieur des Émirats arabes unis, a indiqué que l’économie de son pays avait connu une croissance de 400% depuis le Sommet Planète Terre de 1992 et avaient réussi à diversifier leur base économique.  Désormais, a-t-elle notamment fait savoir, le pétrole ne représente qu’un quart du PIB des Émirats.  Elle a également parlé des avancées réalisées en matière de parité entre les hommes et les femmes.  Aujourd’hui, a-t-elle précisé, 60% des femmes font partie de la population active, y compris dans le secteur judiciaire et des forces armées.  Elle a indiqué par ailleurs que les Émirats disposent de zones protégées et veillent à une utilisation efficace de l’énergie et de l’eau.

Diverses initiatives ont également été lancées dans le domaine de l’économie verte, notamment l’imposition de normes pour l’utilisation de l’air conditionné et la promotion d’énergies renouvelables.  La Ministre a également indiqué que Dubaï s’était doté d’un système de métro propre et qu’Abu Dhabi consacrera le mois de janvier 2013 à la durabilité.  Elle a toutefois reconnu qu’il était difficile pour les Émirats de baisser, de manière significative, leurs émissions de gaz de carbone car la climatisation y est nécessaire, de même que les systèmes de désalinisation de l’eau.  Mme Al Qassimi a souhaité qu’il y ait une meilleure définition du système mondial de gouvernance des ressources hydrauliques.

M. MOHAMMED ALTOBI, Ministre de l’environnement et des affaires climatiques d’Oman, a indiqué que le Sultanat d’Oman portait un grand intérêt à la question du développement durable.  La mise en œuvre du plan quinquennal pour le développement du pays tient compte de la protection de l’environnement, de la croissance économique et de la justice sociale, a-t-il assuré.  Le Ministre a expliqué que son pays cherchait aussi à combiner les exigences du développement dans tous les domaines avec celles de la protection de la nature et des ressources naturelles, en conformité avec les efforts internationaux entrepris dans ce sens.  Il a précisé que son gouvernement œuvrait aussi pour éviter que le développement des projets industriels ait un impact négatif sur les écosystèmes, notamment en utilisant les énergies renouvelables et des techniques respectueuses de l’environnement.  Le Ministre a enfin déclaré appuyer les objectifs de développement durable, qui sont définis par la Conférence Rio+20, et qui, selon lui, représentent le meilleur moyen de préparer un avenir pour l’être humain.

Mme MARIA MUTAGAMBA, Ministre de l’eau et de l’environnement de l’Ouganda, a estimé que le projet de document final de la Conférence Rio+20 représentait la promesse d’un avenir meilleur pour les générations à venir.  Elle a noté qu’en 20 ans, et malgré des réalisations considérables en matière de développement durable, les progrès enregistrés avaient été très inégaux entre les régions, les secteurs et les groupes sociaux.  L’Afrique accuse notamment un retard sur de nombreux plans en raison, entre autres, de l’absence de moyens de mise en œuvre, a-t-elle souligné. 

La Ministre a ensuite présenté plusieurs progrès réalisés par son pays en deux décennies.  Celui-ci a notamment réduit de moitié la pauvreté et doublé le financement national de son budget.  Toutefois, l’Ouganda demeure marqué par un taux de chômage élevé et un accès très inégal aux ressources.  Elle a rappelé que l’élimination de la pauvreté en Afrique dépendait de la possibilité de produire à long terme et d’opérer des échanges commerciaux tant au sein du continent qu’avec le reste du monde.  « Le moment est venu d’éliminer les modèles de croissance dépassés et d’améliorer les conditions de vie des populations, tout en réduisant les risques et les difficultés écologiques », a-t-elle dit.  En ce qui concerne l’accès aux ressources, elle a remercié le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, d’avoir inclus l’Ouganda parmi les pays qui pourront bénéficier de l’initiative « Énergie pour tous ».

M. JOSEPH SAMESAY, Ministre de l’agriculture, des forêts et de la sécurité alimentaire de la Sierra Leone, a réclamé l’adoption de mesures concertées à long terme afin de maintenir l’aptitude de la planète à supporter la population humaine, tout en atténuant les risques environnementaux et la paupérisation des ressources, et ce, sur la base du principe de responsabilité commune mais différenciée.  Il a ensuite expliqué que la Sierra Leone avait récemment mis sur pied un cadre de développement social sur cinq ans.  Quinze zones protégées ont été établies dans le pays et un programme de santé a par ailleurs permis de réduire de 50% le taux de mortalité maternelle et infantile, s’est-il félicité.  Le Ministre a cependant indiqué que des défis persistaient en ce qui concerne le renforcement des secteurs public et privé.  M. Samesay a ensuite salué l’initiative « Énergie durable pour tous » lancée par le Secrétaire général de l’ONU, et a par ailleurs plaidé pour l’adoption de mesures d’atténuation des risques destinées à promouvoir l’investissement.  Il a en outre estimé que le transfert de technologies vers les pays en développement devrait se faire sur la base de termes favorables.  Enfin, le Ministre a dit appuyer le renforcement du rôle du PNUE.

M. MOK MARETH, Ministre de l’environnement du Cambodge, a indiqué que son pays avait établi un plan-cadre national pour la croissance économique qui a fixé sept priorités de développement, dont l’écotourisme, la production d’énergie renouvelable et la gestion des ressources axées sur les communautés.  Le Cambodge prend également des mesures en vue de faire face aux conséquences des changements climatiques, a-t-il dit.  Le Ministre cambodgien de l’environnement a appelé les pays développés à augmenter le niveau de leur aide publique au développement et à assister les pays en développement à développer leurs capacités de résilience.  Il faut aussi une meilleure coopération entre les pays en développement et les pays développés pour assurer une économie verte, a-t-il estimé.  M. Mareth a aussi précisé que son gouvernement continuait à mettre en œuvre sa politique de décentralisation en faveur du développement durable.  Il a également appuyé la transformation du PNUE en institution spécialisée de l’environnement.

M. JUMA BIN AHMED ALKAABI, Ministre pour la municipalité et de la planification urbaine de Bahreïn, a estimé que la Conférence Rio+20 représentait une « nouvelle étape dans laquelle s’est engagée l’humanité pour protéger la planète et mettre en place une coopération internationale au service du développement ».  Il a cependant estimé que de nombreux efforts demeuraient nécessaires dans plusieurs domaines, en particulier en faveur de la protection de l’environnement.  Il a, à cet égard, rappelé que les principes verts constituaient les fondements du développement durable.

Le Ministre a ensuite présenté un certain nombre d’initiatives mises en place dans son pays en faveur du développement durable et de la lutte contre la pauvreté.  Il a notamment cité l’adoption de différentes lois spéciales et la création d’institutions gouvernementales chargées de la mise en œuvre des politiques et stratégies en faveur du développement durable.  Le Bahreïn est ainsi parvenu à améliorer plusieurs indices nationaux, notamment pour améliorer l’accès à l’éducation et aux soins de santé.

M. RAYBURN BLACMOORE, Ministre des travaux publics, de l’énergie et des ports de la Dominique, a assuré que son pays était attaché aux objectifs du développement durable et de l’économie verte.  Il a souligné la vulnérabilité croissante de la Dominique face aux catastrophes naturelles, dont les ouragans, les inondations et glissements de terrain.  Il a exprimé sa gratitude au Gouvernement du Danemark et au Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) pour l’assistance technique dont son pays bénéficie afin de répondre aux besoins de la population en matière énergétique.  Il a ensuite exhorté la communauté internationale à soutenir la mise en œuvre de la Déclaration de la Barbade pour l’énergie pour tous.  Il a cité un projet de développement de la géothermie avec la coopération de l’Union européenne qui, a-t-il dit, permettra de répondre non seulement aux besoins de la Dominique, mais aussi à ceux des îles de la région. 

M. ALFRED LADU-GORE, Ministre de l’environnement du Soudan du Sud, a rappelé que la guerre qui a frappé son pays avait non seulement fait de nombreux morts parmi la population mais avait aussi décimé le bétail.  Certains pensent que nous allons faire faillite ou connaître le même sort que la Somalie, a-t-il dit, en invitant la communauté internationale à mieux s’informer de la situation dans laquelle se trouve son pays.  « Il est important, a-t-il souligné, de préserver l’environnement pour permettre à notre pays de connaître la prospérité ».  Il a rappelé que des forêts très denses, des montagnes et la savane, mais aussi des zones marécageuses très étendues, composaient le paysage de son pays.  Notre population vit des ressources de ces zones, a-t-il indiqué, tout en attirant l’attention sur les difficultés pour son pays d’assurer à la fois le développement et la protection de l’environnement.

Le Ministre a ensuite dénoncé l’agression du régime de Khartoum sur son pays à Abyei et à Panthou qui entrave son développement et porte atteinte à l’environnement, en appelant la communauté internationale à prendre des mesures concrètes pour éviter une escalade de la violence.  La contamination des sources d’eau souterraines par le pétrole, qui cause la perte d’un important bétail, est une autre grave préoccupation pour son pays, a indiqué M. Ladu-Gore.  Avant de conclure, le Ministre a appuyé le renforcement du rôle du PNUE en le dotant de fonds qui lui permettraient de mener des projets d’envergure. 

M. MIGUEL D’ESCOTO BROCKMANN, Ministre des relations internationales et des frontières du Nicaragua, a regretté que la Conférence Rio+20 n’ait pu parvenir à un accord sur des mesures héroïques et généreuses qui sont pourtant indispensables pour sauver l’humanité.  Les ressources et les technologies disponibles doivent être mieux réparties, a-t-il insisté.  Le Ministre a félicité le Brésil pour avoir su mener des négociations qui ont permis d’inclure dans le projet de document final le principe de responsabilité commune mais différenciée.  Il a estimé que la notion d’économie verte n’est qu’un nouvel outil capitaliste visant à privatiser les ressources naturelles et maintenir la pauvreté. 

M. d’Escoto Brockmann a regretté que la communauté internationale ne soit pas parvenue à un document contraignant.  Après Copenhague, Cancún et Durban, la Conférence Rio+20 sera une nouvelle occasion manquée, a dit M. d’Escoto Brockmann en appelant les dirigeants à s’inspirer des valeurs des peuples originaux et de leurs capacités à vivre en harmonie avec leur environnement.  Il a félicité le Président Hugo Chavez pour avoir fait de son pays, le Venezuela, un centre névralgique de la révolution écologique et humanitaire en Amérique du Sud et Eva Morales, d’avoir fait adopter en Bolivie le principe de la protection de la Terre nourricière.  Par ailleurs, il a demandé que la langue portugaise devienne la septième langue officielle de l’ONU.  

M. JOSÉ RAMOS-HORTA (Timor-Leste) a déclaré que le projet de document final est encore loin de refléter l’ampleur du problème, en particulier pour faire face à l’importance des conséquences dévastatrices des changements climatiques.  Il a donc suggéré la création de plans au niveau régional comme, par exemple, un fonds asiatique pour le développement durable qui fonctionnerait sur le modèle de la Banque asiatique pour le développement et serait habilité à octroyer des ressources financières aux pays qui sont exposés à de grandes difficultés.

M. Ramos-Horta a ensuite indiqué que son pays s’était doté de divers plans d’action pour faire face aux changements climatiques, préserver les ressources naturelles du pays et protéger l’environnement en général.  Il a également précisé que le plan stratégique de développement du Timor-Leste avait été lancé en 2011.

M. MARTIN FRICK, Directeur du Bureau des affaires étrangères du Liechtenstein, a souligné la nécessité de garantir une qualité de vie pour tous, tout en respectant les limites de la planète.  Il nous faut des mesures communes et visionnaires, a-t-il déclaré, en rappelant qu’il n’existe pas d’alternatives aux accords multilatéraux pour avancer dans le domaine du développement durable.  Il a ajouté que le Liechtenstein consacre déjà 0,67% de son PIB à l’aide publique au développement avec l’objectif d’atteindre le niveau de 0,7%. 

M. Frick a souligné l’importance fondamentale du Pacte international pour les droits économiques sociaux et culturels (PIDESC) pour permettre à chaque personne de réaliser son plein développement.  Il a regretté que les délégations participant à la Conférence Rio+20 aient manqué l’occasion de s’entendre sur la création d’un mécanisme robuste pour assurer le suivi de la mise en œuvre des objectifs de développement durable.  La création d’un organisme qui garantirait le meilleur équilibre entre les trois piliers du développement durable est indispensable, a-t-il estimé avant de conclure.

« C’est de l’avenir dont on a besoin et non pas de l’avenir que nous voulons qu’il faut parler », a lancé d’emblée M. SEBASTIAN MARINO, Planificateur national pour l’environnement de Palaos.  Ce dernier a indiqué que son pays avait adopté de nombreuses mesures pour privilégier l’usage d’énergies renouvelables et réduire le taux de ses émissions de gaz de carbone.  Il a également souligné le rôle essentiel que jouent les océans et l’économie bleue, notamment pour les petits États insulaires comme le sien.  Il a notamment expliqué que Palaos avait décidé de limiter la pêche dans ses eaux territoriales, mis sur pied un plan de contrôle des navires et créé le premier sanctuaire de requins au monde.  M. Marino a ensuite appelé les navires de pêche à respecter les lois de Palaos, en précisant que la pêche, tout en étant nécessaire pour la survie des populations, doit se faire de manière durable et responsable.  Il a souhaité que l’on mette fin à la pêche pour les ailerons de requins, avant de rappeler que de nombreux stocks de poissons avaient atteint des niveaux critiques.

Tout en s’associant aux objectifs de développement durable agréés à Rio, M. ROBERT AISI (Papouasie-Nouvelle-Guinée) a exhorté la communauté internationale à ne pas perdre de vue les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Il a déclaré que pour des pays comme la Papouasie-Nouvelle-Guinée qui dépend des ressources marines, la notion d’économie bleue vient compléter celle d’économie verte.  Il a souligné la difficulté de traduire les bénéfices de la croissance économique par l’amélioration des indicateurs socioéconomiques, en rappelant que la Papouasie-Nouvelle-Guinée n’était qu’au 148e  rang sur 182 pays de l’Indice de développement humain (IDH) du PNUD.  Son pays, a-t-il dit, entend protéger la diversité et les spécificités culturelles de la population de la Papouasie-Nouvelle-Guinée tout en s’ouvrant au monde.  M. Aisi a indiqué que son gouvernement avait mis en place un programme national de développement des mangroves pour protéger les côtes et atténuer, ainsi, les effets des changements climatiques.   

Mme MARLÈNE MOSES (Nauru) a indiqué qu’au cours des 10 dernières années, son pays avait dû faire face à l’impact du déclin économique mondial, avant de dénoncer l’absence d’une répartition équitable des richesses.  Elle a estimé que la crise la plus grave à laquelle est confronté le monde était sans doute la crise de la gouvernance.  Elle a notamment pointé du doigt le manque de confiance dans le système de gouvernance international.  On ne peut plus se permettre d’attendre que les plus privilégiés d’entre nous passent enfin à l’action, a-t-elle déclaré.  Il faut bâtir un système économique juste et insuffler un nouvel élan à la gouvernance mondiale.  La représentante a ensuite appelé à la mise en œuvre de l’économie bleue, convaincue que cela contribuera à prévenir la rupture des stocks des ressources halieutiques des mers et océans dans le monde.

M. SONATANE TAUMOEPEAU-TOPOU (Tonga) a mis l’accent sur les attentes particulières des petits États insulaires en développement (PEID) dont l’existence est menacée par les conséquences dévastatrices des changements climatiques, dont l’élévation du niveau de la mer.  Après le Plan d’action de la Barbade, adopté en 1994 et celui de Maurice en 2005, il a espéré que le troisième Sommet des PEID en 2014 sera l’occasion d’accorder une attention particulière au développement durable de cette catégorie de pays.  M. Taumoepeau-Topou a souligné qu’il était impératif de renforcer l’ONU pour répondre aux attentes des PEID et prendre en compte l’économie bleue.  Il a cité l’objectif de Tonga de parvenir d’ici à 2020 à assurer que 50% de la consommation d’énergie proviennent de sources d’énergies renouvelables. 

M. ELMI DUALEH (Somalie) a demandé que le développement soit juste, équitable et inclusif.  La situation de la Somalie s’est détériorée ces deux dernières années, arrivant ainsi en queue de liste des pays les moins avancés selon l’Indice de développement humain du PNUD.  Le pays a souffert d’instabilité à cause de l’organisation terroriste Al Chabaab, qui est liée à Al-Qaida, et à cause de la piraterie au large des côtes somaliennes.  Le représentant a aussi parlé de la désertification et des effets de la sécheresse, qui entraînent la raréfaction de l’eau, la faim et l’exode des populations.  Le représentant a remercié ceux qui sont venus en aide à son pays pendant la sécheresse qui avait duré huit ans, notamment le Brésil.  Il a aussi apprécié tous ceux qui luttent contre la piraterie au large de ses côtes, ainsi que les forces de l’AMISOM, la Force de l’Union africaine en Somalie.

Tout n’est cependant pas perdu, car il y a « une lumière au bout du tunnel », a déclaré M. Dualeh, en évoquant la tenue, ces derniers jours, d’une réunion à Nairobi pour les signataires du processus visant à mettre fin à la période de transition en Somalie.  Les signataires ont convenu d’un projet de constitution qui sera adopté et promulgué prochainement, ainsi que de la création de plusieurs comités importants pour mener à bien la fin de la période de transition d’ici au 20 août 2012.  Le représentant a conclu son intervention en demandant à toutes les personnes présentes de prier pour l’avenir de la Somalie.

Explications de position

Au nom du Groupe des 77 et la Chine, le représentant de l’Algérie a déclaré que l’équilibre qui caractérise ce document ouvrait de nouveaux horizons pour s’entendre sur les divers volets de la mise en œuvre du développement durable.  Le plus grand acquis reste la réhabilitation de la diplomatie multilatérale en tant que meilleur outil pour garantir un avenir meilleur pour tous.  Le représentant du Groupe des 77 et la Chine a remercié l’efficacité du Brésil pour l’organisation de cet événement, ainsi que les fonctionnaires du Secrétariat de l’ONU et tous ceux qui ont contribué de près ou de loin au succès de cette Conférence. 

Le représentant de la Bolivie a rejeté la notion d’économie verte comme nouvel outil de privatisation de la nature et de la société sous couvert d’objectifs de développement durable.  Il a rejeté tout recours à cette notion comme moyen de justifier la privatisation de la nature et de ses ressources.  Faisant sien le paragraphe 56 du document, il a insisté pour que chaque pays dispose, en fonction de ses circonstances et de ses priorités nationales, d’une diversité d’approches, de visions, de modèles et d’outils pour parvenir au développement durable, en mettant l’accent sur le droit souverain des pays de choisir leur propre approche du développement durable. 

Il a insisté sur la nécessité de rappeler les droits de la Terre nourricière et des peuples autochtones.  Il a espéré que les États Membres respecteront l’engagement pris aux termes du paragraphe 56 sans essayer d’introduire de nouveaux éléments non agréés à Rio.  Il a indiqué que la mise en place de mécanismes novateurs de financement ne pouvait pas être interprétée comme un feu vert à des marchés carbones ou à la commercialisation de fonctions et cycles de la nature.  S’agissant du renforcement des capacités scientifiques et technologiques nationales aux fins du développement durable mentionné au paragraphe 272 du document, le représentant de la Bolivie a souhaité que ce renforcement concerne aussi les savoirs ancestraux et les connaissances traditionnelles des peuples autochtones. 

Le représentant du Danemark, s’exprimant au nom de l’Union européenne, a indiqué que l’Union aurait préféré un document final plus ambitieux, contenant notamment une date butoir pour la réalisation des objectifs fixés.  Il s’est cependant félicité que le document final de Rio+20 reconnaisse le rôle de premier plan que joue l’économie verte dans la lutte contre la pauvreté.  Il a également apprécié que le document reconnaisse la nécessité d’adopter des instruments de mesure qui ne se limitent pas au PIB.  Il a aussi dit attendre avec impatience la mise en œuvre des objectifs du développement durable et s’est félicité du renforcement du PNUE qui aura désormais une composition universelle.  « Nous continuerons à travailler en vue de créer une organisation des Nations Unies sur l’environnement », a-t-il ajouté.  « Nous sommes convaincus que la bonne gouvernance et l’autonomisation des femmes sont des conditions sine qua non pour le développement durable », a ajouté le représentant.  Il nous incombe maintenant de relever le défi en appliquant les mesures prévues dans le document final, a-t-il dit.

Le représentant de l’Équateur s’est rallié au consensus sur le document final de la Conférence Rio+20.  Il a néanmoins signalé ses réserves sur le paragraphe 225 qui fait référence à la rationalisation des subventions sur les combustibles fossiles.  Il a signalé que l’Équateur ne peut prendre aucune mesure qui soit contraire aux dispositions de sa Constitution.  Il a également indiqué que sa délégation ne pouvait accepter de mécanismes d’évaluation et d’examen des politiques nationales.  Par ailleurs, le représentant a réaffirmé la notion de développement défini par l’Équateur ainsi que le respect des droits de la nature tels que cela figure dans sa Constitution. 

La représentante du Venezuela a également émis plusieurs réserves sur certains paragraphes du document final qui, de par leur nature, a-t-elle précisé, sont contraires à la Constitution de son pays.

Elle a ensuite expliqué que, dans la matinée du 19 juin, la Vice-Ministre des affaires étrangères vénézuélienne avait été victime d’une agression par un représentant de l’ONG Greenpeace.  Elle a demandé que cet incident fasse l’objet d’une enquête de la part de l’ONU, conformément aux règles qui régissent la participation des ONG aux travaux de l’Organisation des Nations Unies.  Notant que son pays avait toujours plaidé en faveur de la participation de la société civile aux instances multilatérales, elle a qualifié cette agression d’acte inacceptable.  

Le problème qu’elle a soulevé fera l’objet d’une enquête en bonne et due forme de la part des Nations Unies, lui a ensuite assuré le Président de la Conférence.

La représentante de l’Islande, qui s’exprimait également au nom de la Norvège, a regretté l’absence, dans ce texte, de libellés rappelant l’engagement collectif en faveur des droits reproductifs des femmes.  Elle a fait observer que ceux-ci avaient été inclus dans le Programme d’action du Caire et le Programme d’action de Beijing et étaient, par conséquent, « non négociables ».

Le représentant du Pérou a salué l’accord intervenu sur la création de mécanismes de nature à favoriser la mise en œuvre urgente du développement durable.  Cet accord démontre qu’il n’y a pas de crise, ni de difficulté qui pourraient nous faire reculer, a-t-il dit.  Dans un contexte de crise économique et environnemental, Rio+20 a été l’occasion de nous rappeler l’importance du renforcement du pilier environnemental du développement durable, a-t-il ajouté.

Le représentant du Canada a estimé que les engagements pris en faveur du droit à l’eau potable et à l’assainissement, qui doit être réalisé progressivement pour nos peuples, tels qu’ils figurent au paragraphe 121 étaient conformes à l’article 11 du Pacte international sur les droits économiques, sociaux et culturels, relatif à l’amélioration des conditions d'existence.  Néanmoins, il a fait remarquer que ce droit ne pouvait inclure les questions liées aux sources d’eau transfrontalières.

Tout en saluant l’intégration de référence à la santé sexuelle et génésique, la représentante des États-Unis a regretté qu’il n’y ait pu y avoir de consensus sur la question des droits reproductifs des femmes.  

Le représentant du Kenya a jugé équilibré le résultat de la Conférence Rio+20, malgré les difficultés rencontrées au cours des négociations.  Il a appelé à transformer ce document en mesures concrètes, souhaitant que chacun joue son rôle.

Le représentant de la Suisse a estimé qu’il faudrait faire preuve d’ambition pour prendre des engagements forts, notamment pour renforcer le cadre institutionnel du développement durable et le cadre de sa gouvernance.  « Nous avons raté une chance historique », a-t-il dit, en estimant que le document final reflétait un compromis mais ne constituait pas l’engagement dont nous avons besoin.  Il a enfin exprimé l’espoir que les délibérations serviront de catalyseur pour des actions allant au-delà du document final.

L’observateur du Saint-Siège a réaffirmé sa position selon laquelle la personne humaine est au centre même du développement durable, comme le prévoit le premier principe issu du Sommet Planète Terre de 1992.  Il a ajouté que la famille était indispensable pour jouir du développement, en précisant qu’elle était fondée sur le mariage entre un homme et une femme et qu’elle constituait la cellule fondamentale de la société.  C’est en son sein que les valeurs sont apprises et transmises.  Sur le chapitre santé, population et autonomisation des femmes, l’observateur du Saint-Siège a réitéré ses réserves qui figurent dans le rapport de la Conférence internationale sur les femmes et la Déclaration de Beijing.  Il a réaffirmé la position du Saint-Siège en ce qui concerne les termes « santé reproductive » et « santé sexuelle », en rappelant que l’avortement et l’accès à l’avortement ne font pas, selon lui, partie de ces notions.  L’observateur du Saint-Siège a aussi réaffirmé le rôle indispensable des parents dans l’éducation des enfants.  En ce qui concerne la planification familiale, il a dit ne pas accepter ses méthodes ni ses services, en estimant qu’ils ne respectent pas la liberté et les droits des personnes concernées.  Enfin, il a espéré que les gouvernements chercheront à promouvoir une plus grande solidarité avec les plus pauvres.

Le représentant du Congo a tenu à souligner que les pays africains s’étaient engagés en vue d’assurer le succès de la Conférence Rio+20, en estimant que celle-ci constituait une « étape cruciale qui doit conduire vers un développement durable véritable ».  Il a considéré que la consolidation et le renforcement du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), qui a réuni les délégations autour d’un consensus, devrait naturellement conduire celles-ci vers la mise en place d’une organisation qui puisse renforcer les deux autres piliers du développement que sont le développement économique et le développement social.

Le représentant du Chili a estimé que le document adopté aujourd’hui était « un texte significatif qui présente avec précisions les éléments essentiels d’un avenir prospère et durable ».

Son homologue du Nicaragua a, pour sa part, suggéré que les pays ne devraient pas revenir sur des thèmes centraux qui avaient été débattus lors du Sommet Planète Terre, en 1992 à Rio, en citant notamment l’économie verte, les droits reproductifs ou les institutions pertinentes des Nations Unies.

Déclarations de clôture

M. SHA ZUKANG, Secrétaire général de la Conférence Rio+20, s’est dit fier de cette grande réalisation et a remercié le Brésil pour son leadership.  « Nous allons entrer dans la phase suivante de nos travaux en utilisant le cadre d’action », a-t-il souligné.  Le processus de lancement des objectifs de développement durable est le témoignage concret de notre engagement envers l’avenir que nous voulons. »  Rio+20 a donné des résultats très importants, jetant les bases permettant d’appliquer l’économie verte et d’éliminer la pauvreté, a-t-il ajouté.  « Vous avez aussi décidé de renforcer le PNUE et de créer un forum de haut niveau pour traiter des questions de développement durable », a résumé M. Zukang.  « Vous avez donné pour tâche aux Nations Unies la mission d’explorer les différentes options possibles pour le transfert des technologies », a-t-il ajouté.  Il s’est aussi réjoui des 692 contributions volontaires annoncées en faveur du développement durable, qui viendront compléter le document final.  Le développement durable est la seule option pour l’humanité, a-t-il conclu.

M. NASSIR ABDULAZZIZ AL-NASSER, Président de la soixante-sixième session de l’Assemblée générale des Nations Unies, a estimé qu’un long chemin a été parcouru depuis 1992 pour arriver à une apogée historique à Rio en 2012.  Il a rappelé le rôle central de l’Assemblée générale pour stimuler le débat et encourager une prise de conscience du grand public, tout en mettant l’accent sur la nécessité de préserver le pilier environnemental du développement durable.  Il s’est dit conscient des déceptions des uns et des autres, en rappelant que la « distribution équitable » de celles-ci était une constante des négociations multilatérales ».  Il s’est dit persuadé que dans les années à venir, les décisions et les efforts pour promouvoir le développement durable et l’économie verte se baseront sur les résultats de Rio+20.  Il a salué la contribution du Gouvernement du Brésil et de la ville de Rio pour le succès de cette Conférence en se disant impatient d’y revenir pour la coupe du monde de football, en 2014, et les Jeux olympiques de 2016.  

M. BAN KI-MOON, Secrétaire général des Nations Unies, a affirmé, dans son allocution de clôture, que la Conférence Rio+20 avait été un succès.  « Les discours sont terminés.  Maintenant, le travail commence », a-t-il déclaré.  « Vous, les États Membres, les dirigeants du monde, avez renouvelé votre engagement en faveur du développement durable », a-t-il dit, en notant que le document final offrait une « base solide pour le bien-être social, économique et environnemental ».  Il est désormais de notre responsabilité de s’en inspirer, a-t-il ajouté.

Pour M. Ban, « la Conférence Rio+20 a réaffirmé les principes fondamentaux et les engagements essentiels, et nous a donné une nouvelle direction ».  Il a souligné que les dirigeants mondiaux avaient « convenu d’établir des objectifs universels de développement durable en vue de créer une architecture internationale plus forte pour soutenir le développement durable ».  De même, ils ont « affirmé l’importance de l’autonomisation des femmes, le droit à l’eau et à l’alimentation, et la nécessité de lutter contre la pauvreté », adopté un cadre de 10 ans sur la consommation et la production durables, et reconnu le potentiel des économies vertes.

« Vous avez tendu la main à la société civile et au secteur privé pour qu’ils collaborent avec vous.  Et ils ont répondu », a déclaré le Secrétaire général à l’adresse des participants à la Conférence, en précisant que près de 700 engagements d’une valeur totale de centaines de milliards de dollars avaient été annoncés publiquement à Rio par les gouvernements, les banques multilatérales de développement, le secteur privé et la société civile.  « Ces chiffres énormes donnent une idée de l’ampleur et de la croissance de l’investissement dans le développement durable.  Ils font partie d’un mouvement mondial croissant pour le changement », a-t-il commenté.

Le Secrétaire général, qui a estimé que « notre tâche est maintenant de créer une masse critique » et « un élan irrésistible », a rappelé que « le chemin à parcourir est long et difficile ».  En effet, a-t-il expliqué, « trop de gens demeurent pauvres, affamés et vulnérables aux maladies facilement évitables », tandis que la base environnementale qui permettrait d’améliorer leurs chances de prospérité est l’objet d’une « menace sans précédent ».  « Nous ne pouvons plus nous permettre de consommer des ressources rares par imprudence », a-t-il dit.  « Nous ne pouvons plus polluer par négligence les écosystèmes fragiles.  Nous ne pouvons plus hypothéquer notre avenir pour nos besoins à court terme. »

« Ici, à Rio, vous avez reconnu les défis », a poursuivi le Secrétaire général.  « Et vous avez renouvelé votre engagement pour y faire face, dans l’intérêt de l’humanité tout entière, maintenant et à l’avenir. »

Pour M. Ban, « Rio+20 nous a donné une plateforme solide sur laquelle il faut bâtir ».  « Le travail commence maintenant », a-t-il répété, en conclusion.

« Le Document final est devenu un nouveau cadre pour le développement durable », a déclaré Mme DILMA ROUSSEFF, Présidente du Brésil et Présidente de la Conférence Rio+20, pour qui, avec l’adoption de ce texte, un « pas historique » a été franchi vers un monde plus juste, plus équitable et plus prospère.

Pour Mme Rousseff, le Document final n’est pas en deçà de celui adopté en 1992 lors du Sommet Planète Terre, ni des conclusions adoptées en 2002 à Johannesburg, ni, a-t-elle enchaîné, de toutes les autres négociations de l’ONU.  Ce Document final, a-t-elle affirmé, traduit l’évolution d’une conception partagée du développement durable et représente le fondement de l’Agenda pour le développement durable du XXIe  siècle.

Par ce Document, a-t-elle poursuivi, la lutte contre la pauvreté figure au centre des ambitions pour l’avenir que nous voulons.  Des objectifs du développement durable ont été fixés et un forum de haut niveau conduira les travaux de l’ONU dans le domaine de la durabilité et assurera la mise en œuvre de ces objectifs. Mme Rousseff a également indiqué que le PNUE sera désormais capable d’aider les pays les plus pauvres à mettre en œuvre leur politique de développement durable.  La Présidente du Brésil a aussi évoqué le plan décennal de production et de consommation, avant d’indiquer qu’un traité spécifique sera en outre négocié pour veiller à la protection des espèces marines.

Mme Roussef a ensuite salué les pays en développement qui ont pris des engagements concrets en faveur du développement durable, et ce, malgré l’absence des ressources financières que devaient verser les pays développés.  Dans la foulée, elle a également annoncé, sous une salve d’applaudissements que le Brésil contribuera à hauteur de 10 millions de dollars à la lutte contre les effets des changements climatiques dans les pays d’Afrique et les États insulaires les plus vulnérables.

La Conférence « Rio+20 » a connu la plus importante participation de l’histoire, avec 12 000 représentants de 200 pays qui ont répondu présent et près de 30 000 personnes se sont rendues au Sommet des peuples.  Elle a également expliqué qu’au cours des Dialogues sur le développement durable, une initiative originale organisée par le Brésil, 1 300 000 votes avaient été reçus par Internet.  Ces recommandations de la société civile ont ensuite été retransmises aux participants des quatre tables rondes de la Conférence. 

La Présidente a également évoqué les manifestations populaires qui se sont déroulées dans les rues de Rio, y voyant le « portrait de la participation citoyenne à la Conférence ».  « Rio+20, a-t-elle poursuivi, c’est aussi un legs intangible, celui de la mobilisation de toute une génération.  Comme en 1992, a-t-elle soutenu, cette Conférence aura un effet de transformation sur les générations ».  « On prétendait que le multilatéralisme agonisait, mais « Rio+20 » a démontré que le système multilatéral est irremplaçable », s’est félicitée la Présidente du Brésil.  « Il faut maintenant donner un véritable effet à ce qui a été décidé.  L’heure, a-t-elle souligné, est maintenant à l’action ».

« Rio+20 est un point de départ.  Ce n’est ni une limite ni un plafond.  C’est une nouvelle épopée qui doit au contraire être guidée par l’ambition d’édifier une nouvelle société durable qui sera léguée aux enfants d’aujourd’hui et de demain. »

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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