L’ECOSOC examine le suivi de la Conférence d’Istanbul en faveur des pays les moins avancés et le programme d’aide à long terme à Haïti

24 Juillet 2012
ECOSOC/6542

L’ECOSOC examine le suivi de la Conférence d’Istanbul en faveur des pays les moins avancés et le programme d’aide à long terme à Haïti

24/07/2012
Conseil économique et social
ECOSOC/6542
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

L’ECOSOC EXAMINE LE SUIVI DE LA CONFÉRENCE D’ISTANBUL EN FAVEUR DES PAYS LES MOINS AVANCÉS

ET LE PROGRAMME D’AIDE À LONG TERME À HAITI


L’ECOSOC a examiné, aujourd’hui, la mise en œuvre du Programme d’action d’Istanbul en faveur des pays les moins avancés (PMA) pour la décennie 2011-2020, à l’occasion d’un débat sur l’application et le suivi des grandes conférences organisées par les Nations Unies.  En présence notamment de la Ministre de la planification et de la coopération externe d’Haïti, l’ECOSOC a fait un point sur le relèvement économique et social d’Haïti, pays qui fait partie de la liste des 48 PMA.  La Ministre a qualifié de « réaliste » l’objectif de faire d’Haïti, d’ici à 2030, un pays émergent.


La mise en œuvre du Programme d’action d’Istanbul, adopté en mai 2011 et qui vise à diminuer de moitié le nombre de PMA d’ici à 2020, a été détaillée par M. Cheick Sidi Diarra, Secrétaire général adjoint et Haut-Représentant pour les pays les moins avancés, les pays en développement sans littoral et les petits États insulaires en développement.  Présentant le premier rapport du Secrétaire général sur cette question1, il a indiqué que le groupe des PMA dans son ensemble avait vu sa croissance s’accélérer considérablement au cours de la dernière décennie, avec, en moyenne, un produit intérieur brut (PIB) qui a augmenté de 6,6% de 2001 à 2010.  « Toutefois, la moyenne décennale s’est établie au dessous de l’objectif de 7%, réaffirmé dans le Programme d’action », a-t-il fait remarquer.  M. Diarra a ensuite indiqué qu’un nombre croissant de PMA, bien qu’il soit encore limité, remplissait les critères requis pour être retiré de la liste des PMA.  Dans le droit fil du rapport du Secrétaire général, il a ensuite proposé des mesures de soutien aux PMA, telles qu’une meilleure reconnaissance du statut de PMA par les institutions financières internationales et une augmentation du volume et de la qualité des soutiens financiers.


Au cours du débat général qui a suivi, le délégué du Népal, s’exprimant au nom du Groupe des PMA, a indiqué que le manque de financement continuait d’être « la principale entrave aux efforts de développement » des PMA, en faisant observer que l’aide au développement destinée aux PMA avait baissé de 8,9% en 2011.  Faisant écho aux propos du délégué népalais, Mme Josefa Raymond Gauthier, Ministre de la planification et de la coopération externe d’Haïti, a déclaré, lors du débat qui a suivi sur le programme à long terme d’aide à son pays, « que l’accompagnement continu de la communauté internationale était une obligation afin de mettre Haïti sur la voie du développement durable ».  Estimant que « l’heure n’était plus au découragement », Mme Gauthier a indiqué que son gouvernement était résolu « à donner un meilleur visage à Haïti » en restaurant, notamment, l’état de droit et en facilitant l’accueil d’investissements.  « D’ici à 2030, Haïti devrait devenir un pays émergent avec un revenu par tête qui passerait de 780 dollars aujourd’hui à 3 200 dollars en 2030 », a pour sa part assuré M. Claude Grand Pierre, Directeur de la planification d’Haïti.


M. Guillermo Rishchynski du Canada, s’exprimant au nom du Groupe consultatif ad hoc sur Haïti, a présenté le rapport sur les travaux de ce Groupe2 chargé d’appuyer la coordination des programmes de développement à long terme du pays.  « Les efforts des partenaires internationaux ne sont pas suffisants », a-t-il dit, en rappelant que le Gouvernement haïtien doit, pour sa part, tenir ses propres engagements.  Intervenant par vidéoconférence en direct de Haïti, M. Nigel Fisher, Représentant spécial adjoint du Secrétaire général pour la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) et Coordonnateur résident et Coordonnateur de l’action humanitaire en Haïti, a, pour sa part, affirmé qu’il faudrait « accélérer le rythme de formation d’agents de police si l’on veut atteindre le nombre de 15 000 policiers formés d’ici à 2016 ».


Auparavant, le délégué du Canada avait présenté un projet de résolution3, qui proroge le mandat du Groupe consultatif ad hoc sur Haïti jusqu’à sa session de fond en 2013.  Par ailleurs, la délégation de l’Algérie, au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a présenté un projet de résolution sur le Programme d’action en faveur des pays les moins avancés pour la décennie 2011-20204, qui devrait être adopté plus tard dans la semaine.  Enfin, faisant suite au débat d’hier5, l’ECOSOC a adopté sans vote une résolution6, relative à la cohérence de la lutte contre le tabac à l’échelle du système des Nations Unies.  Par cette résolution, l’ECOSOCinvitenotamment tous les membres de l’Équipe spéciale interorganisations et des autres fonds, programmes et institutions spécialisées des Nations Unies à contribuer à la réalisation des objectifs de la Convention-cadre de l’Organisation mondiale de la Santé pour la lutte antitabac, « notamment en fournissant une aide multisectorielle et en menant des activités de sensibilisation et de communication ».


L’après-midi a été consacré aux pays africains qui sortent d’un conflit avec la tenue d’une table ronde sur le thème « La mise en œuvre d’un appui intégré, cohérent et coordonné au Soudan du Sud ».  À l’occasion de la présentation du premier rapport du Secrétaire général sur cette question7, Mme Shamshad Akhtar, Sous-Secrétaire générale aux affaires économiques et sociales, a indiqué que 85% de la population du Soudan du Sud ne savaient ni lire, ni écrire.  « Pour les entités du système des Nations Unies présentes au Soudan du Sud, la priorité absolue est de faciliter la phase de transition tout en protégeant la population et en aidant le Gouvernement sud-soudanais dans le processus d’édification de l’État », a-t-elle dit.  Mme Mary Jervas Yak, Vice-Ministre des finances du Soudan du Sud, a, pour sa part, déclaré que son gouvernement avait adopté une stratégie à long terme visant à mettre en œuvre un programme de réforme du secteur public.  « Le pays poursuit également ses négociations avec les donateurs, la Banque mondiale, le Fonds monétaire international et le système des Nations Unies pour déterminer les moyens de faire face à la situation économique et de préserver les acquis », a-t-elle poursuivi.


M. Mongi Hamdi de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) a ensuite présenté le rapport du Secrétaire général sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre et le suivi des résultats du Sommet mondial sur la société de l’information aux niveaux régional et international8.  L’ECOSOC a adopté sans vote, dans ce cadre, deux résolutions et une décision contenues dans le rapport de la Commission de la science et de la technique au service du développement9.


Il poursuivra ses travaux demain, mercredi 25 juillet, à partir de 10 heures.


1A/67/88–E/2012/75; 2E/2012/CRP.2; 3E/2012/L.16; 4E/2012/L.12; 5ECOSOC/6541; 6E/2012/L.18; 7E/2012/76; 8A/67/66-E/2012/49; 9E/2012/31


DÉBAT CONSACRÉ AUX QUESTIONS DIVERSES


APPLICATION ET SUIVI DES GRANDES CONFÉRENCES ET RÉUNIONS AU SOMMET ORGANISÉES PAR LES NATIONS UNIES


Examen et coordination de l’application du Programme d’action d’Istanbul en faveur des pays les moins avancés pour la décennie 2011-2020 (A/67/88–E/2012/75 et E/2012/33 (Supp. No 13))


Déclaration liminaire


M. CHEICK SIDI DIARRA, Secrétaire général adjoint et Haut-Représentant pour les pays les moins avancés, les pays en développement sans littoral et les petits États insulaires en développement, a présenté le premier rapport du Secrétaire général sur la mise en œuvre du Programme d’action en faveur des pays les moins avancés (PMA) pour la décennie 2011-2020 (Programme d’action d’Istanbul).  Il a indiqué que le groupe des PMA dans son ensemble a vu sa croissance s’accélérer considérablement au cours de la dernière décennie, avec, en moyenne, un produit intérieur brut (PIB) qui a augmenté de 6,6% de 2001 à 2010.


Toutefois, la moyenne décennale s’est établie au dessous de l’objectif de 7% fixé dans le Programme d’action de Bruxelles et réaffirmé dans le Programme d’action d’Istanbul, a-t-il fait remarquer.  M. Diarra a ensuite expliqué que les pays les moins avancés ont fait des progrès dans la voie de l’éducation primaire pour tous et de l’égalité des genres.  Les taux de mortalité maternelle et les taux d’infection par le VIH restent à des niveaux très élevés dans la plupart de ces pays, a-t-il déploré.  M. Diarra a ensuite détaillé les progrès qui ont été réalisés dans la lutte contre la corruption, ainsi que les avancées accomplies, afin de permettre aux pays les moins avancés de mieux se faire entendre dans la gouvernance mondiale.  L’aide bilatérale globale à destination des PMA, a-t-il regretté, a connu une diminution en termes réels pour la première fois depuis 10 ans.


Un nombre croissant, bien qu’encore limité, de PMA remplit les critères requis pour être retiré de la liste des PMA, a fait remarquer M. Diarra.  Le Samoa remplit toujours les critères fixés et sera retiré de la liste en 2014, a-t-il dit, en précisant que Kiribati et l’Angola atteignent, pour la première fois, les seuils de sortie de la catégorie des pays les moins avancés.  Il s’est ensuite félicité que les PMA et leurs partenaires de développement aient commencé d’intégrer le Programme d’action d’Istanbul dans leurs stratégies respectives de développement et de coopération au service du développement.  Il s’est également félicité de ce que d’autres acteurs concernés, comme les parlements, la société civile et le secteur privé, aient commencé d’appliquer le Programme d’action d’Istanbul dans leurs domaines de compétence respectifs.


Cette première année de la mise en œuvre du Programme d’action, a expliqué M. Diarra, a permis d’attirer l’attention sur les défis spécifiques des PMA et sur la nécessité partagée par les partenaires de développement des PMA, d’y apporter une réponse efficace.  Une meilleure reconnaissance du statut de PMA, notamment par les institutions financières internationales, serait aussi un facteur positif, a-t-il fait valoir.  Il a souligné que le renforcement des capacités productives, l’accès au savoir et aux technologies et l’amélioration de la gouvernance devraient être au cœur des stratégies de développement des PMA et facilités par leurs partenaires de développement.  En conclusion, M. Diarra a détaillé les mesures de soutien aux PMA qui pourraient être prises, telles que l’opérationnalisation du Fonds de Copenhague pour le climat, en prévoyant l’allocation d’un montant minimal aux PMA, une augmentation du volume et de la qualité des soutiens financiers et l’accomplissement des engagements pris en ce qui concerne l’accès aux marchés.


Suite du débat général


S’exprimant au nom du Groupe des pays les moins avancés (PMA), M. GYAN CHANDRA ACHARYA (Népal) a rappelé que les PMA sont « les plus pauvres, les plus faibles et les plus vulnérables » et qu’ils « continuent d’être confrontés à des contraintes structurelles et à des défis uniques ».  En raison des graves conséquences des différentes crises mondiales et des changements climatiques qu’ils subissent, la plupart des PMA sont « loin d’atteindre les objectifs de développement convenus au niveau international, notamment les OMD », a-t-il fait remarquer.  M. Acharya a ensuite indiqué que le manque de financement continue d’être « la principale entrave aux efforts de développement » des PMA.  Ces pays dépendent en effet lourdement du soutien international pour financer leur développement, a-t-il rappelé, en faisant observer que l’aide au développement destinée aux PMA avait baissé de 8,9% en 2011.  Dans ce contexte, il a réitéré l’appel aux pays développés pour qu’ils s’acquittent de leur engagement de consacrer 0,15 à 0,20% de leur PIB à l’aide aux PMA.  Pour les PMA, le commerce international est l’une des composantes centrales du développement durable et de la réduction de la pauvreté, a assuré M. Acharya.  C’est pourquoi, il a rappelé là encore les engagements pris par la communauté internationale pour renforcer l’accès aux marchés des PMA, réduire les barrières non tarifaires et soutenir leurs échanges internationaux.  Il a demandé que les décisions de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) dans ces domaines soient appliquées en priorité, et que le Cycle de négociations de Doha soit rapidement conclu.


Abordant ensuite les questions liées au financement des PMA, M. Acharya a appelé les institutions de Bretton Woods à maintenir leur soutien aux PMA pour la réduction de leur dette.  Regrettant également une baisse de 11% des investissements étrangers en 2011, il a insisté sur l’importance de développer le secteur privé dans les PMA.  L’accès aux connaissances et aux technologies reste, a-t-il dit, critique.  Il est donc important qu’une « banque des technologies » et des mécanismes de soutien aux sciences, aux technologies et aux innovations, soit mise en place.  Après avoir souligné « le besoin d’accorder une attention particulière aux problèmes et défis des PMA dans toutes les conférences internationales ou évènements majeurs des Nations Unies », M. Acharya a exhorté « les partenaires du développement, les institutions des Nations Unies et autres organisations multilatérales, ainsi que tous les autres acteurs concernés, à s’acquitter de leurs responsabilités dans le cadre d’un partenariat international renforcé.


M. WANG MIN (Chine) a déclaré que, depuis l’adoption en 2001 du Programme d’action de Bruxelles, les pays les moins avancés ont réalisé des progrès dans leur développement économique et social.  Leurs structures économiques fragiles, a-t-il dit, restent fondamentalement inchangées.  À cet égard, la communauté internationale devrait redoubler d’efforts pour appuyer ces pays dans leurs besoins spécifiques.  Le Programme d’action d’Istanbul a clairement défini les secteurs prioritaires et les actions spécifiques dont ont besoin les PMA.  La prochaine étape reste la mise en œuvre de ce Programme d’action et la transformation des engagements en actions.


La Chine recommande à cet effet le total respect du leadership des PMA en ce qui concerne leur développement; le renforcement des mesures d’appui pour les PMA, axé sur la capacité de production, le commerce, l’agriculture, les produits de première nécessité et les autres secteurs essentiels pour la restructuration et le développement durable; la réalisation des aides publiques au développement (APD) dans les temps étant donné qu’elles constituent les seules sources extérieures directes et effectives dont ont besoin les PMA; et le renforcement des mécanismes de mise en œuvre et de contrôle du Programme d’action d’Istanbul.  Les organisations internationales devraient en outre intégrer ce Programme sur la base de leurs avantages comparatifs et leurs spécialisations. 


Pour sa part, la Chine continuera d’assister les PMA dans le cadre de la coopération Sud-Sud et par le biais d’autres moyens.  Lors du récent Forum sur la coopération Chine-Afrique, le Président Hu Jintao avait déclaré que la Chine avait mis en œuvre deux séries de mesures pour le développement de l’Afrique.  Il a aussi annoncé que la Chine poursuivra son appui au développement et à la paix en Afrique dans cinq secteurs clefs, y compris les investissements, la finance et l’assistance pour le développement durable du continent.  La Chine augmentera ses investissements pour aider le peuple africain à atteindre leurs objectifs de développement, à aider à l’intégration africaine et à augmenter les capacités du continent à se développer.


M. YUSRA KHAN (Indonésie) a souligné que les PMA sont les pays les plus vulnérables et qu’en dépit des efforts et progrès qu’ils ont réalisés, notamment grâce au Programme d’action des Nations Unies pour les PMA lancé il y a trois décennies, ils continuent de se heurter à des problèmes structurels, obstacle majeur pour leur développement.  « Des forces extérieures, comme les crises financière, alimentaire et énergétique ont extrêmement ralenti leurs progrès », a-t-il déclaré, en expliquant que de nombreux PMA ne pourront ainsi réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) à l’échéance de 2015.  Dans ce contexte, le représentant a estimé que le Programme d’action d’Istanbul pour la décennie 2010-2020 montrait la détermination renouvelée des PMA à dépasser à terme leurs problèmes structurels.


Reconnaissant par ailleurs l’importance des partenariats régionaux et de la coopération Sud-Sud, le représentant a toutefois estimé que ceux-ci ne pouvaient pas « se substituer ou remplacer les partenariats internationaux et la coopération Nord-Sud ».  « Nous sommes fermement convaincus que lors de la prochaine décennie, les partenariats pourront contribuer à bâtir une croissance inclusive et productive des PMA », a-t-il ajouté.  Il a conclu en souhaitant « une proposition concrète » pour s’attaquer plus efficacement aux difficultés structurelles de chaque PMA, en particulier dans les domaines économique et environnemental.


Mme ALISON HELENACHARTRES (Australie) a relevé que la Conférence d’Istanbul a eu lieu à une période de grands changements, de perturbations économiques et des changements écologiques affectant les PMA.  « Le Programme d’action d’Istanbul a été à la hauteur pour équilibrer le développement humain et économique », a-t-elle dit, en se félicitant qu’il ait mis l’accent sur le renforcement des capacités de production et les emplois décents, notamment dans les microentreprises et le secteur scientifique.  La communauté internationale a pris trop de retard dans l’aide aux PMA visant à les faire profiter d’une économie mondialisée, a-t-elle estimé.


L’Australie est fermement engagée à la mise en œuvre du Programme d’action d’Istanbul par le biais de sa politique en matière d’aide au développement.  Cinq PMA de la région Asie-Pacifique sont les principaux partenaires de l’Australie, a indiqué la représentante.  Elle a ensuite appelé la communauté internationale à donner la priorité à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), en particulier dans les PMA.  Le Programme d’action d’Istanbul pourra nous permettre de bien cibler les questions de la réduction de la pauvreté et du développement après l’échéance de 2015.


M. RODRIGUES DOS SANTOS (Brésil) s’est dit préoccupé par les réalisations inégales dans la mise en œuvre du Programme d’action d’Istanbul.  Les progrès ont été retardés à cause de la crise financière mondiale, a-t-il expliqué.  Il s’est aussi inquiété de la baisse de l’aide publique au développement.  Si le secteur agricole dans les PMA ne joue plus le même rôle, il représente encore 60% des emplois dans ces pays.  Il a souhaité que des débouchés soient offerts aux produits des PMA, en les exemptant de droits tarifaires.  Le représentant du Brésil a aussi mentionné l’aide qu’il apporte à certains pays africains, comme le Ghana.  Ces PMA ont la plus forte prévalence du sida dans le monde entier, a-t-il aussi relevé.  À cet égard, le Brésil, a assuré son représentant, a remporté certains succès dans la coopération, notamment en établissant une usine de médicaments antirétroviraux au Mozambique.  Il a aussi prévenu que les PMA quittant cette catégorie risquent de connaître des revers dans leur processus de développement.


M. PETERSILBERBERG (Allemagne) a indiqué que la « clef de la lutte contre la pauvreté était détenue par les PMA ».  L’aide externe ne peut venir qu’en complément des efforts nationaux, a-t-il fait valoir.  Le représentant a ensuite souligné la nécessité d’impliquer toutes les parties prenantes, notamment la société civile, afin d’atteindre l’objectif d’une diminution de moitié du nombre des PMA d’ici à 2020.  Enfin, il a détaillé l’appui fourni par son pays aux PMA, avant d’annoncer une contribution de l’Allemagne de 380 000 euros au fonds qui œuvre à l’insertion des dispositions du Programme d’action d’Istanbul dans les stratégies de développement des PMA.


Le tabac ou la santé: adoption du projet de résolution L.18


L’ECOSOC a adopté sans vote une résolution (E/2012/L.18) relative à la cohérence de la lutte contre le tabac à l’échelle du système des Nations Unies.  Par cette résolution, l’ECOSOCinvitenotamment tous les membres de l’Équipe spéciale interorganisations et des autres fonds, programmes et institutions spécialisées des Nations Unies à contribuer à la réalisation des objectifs de la Convention-cadre de l’Organisation mondiale de la Santé pour la lutte antitabac, « notamment en fournissant une aide multisectorielle et en menant des activités de sensibilisation et de communication ».


Programme à long terme d’aide à Haïti (E/2012/CRP.21)


Déclarations liminaires


M. GUILLERMO RISHCHYNSKI (Canada), s’exprimant au nom du Groupe consultatif ad hoc sur Haïti, a présenté le rapport sur les travaux de ce Groupe ainsi que le projet de résolution pertinent (E/2012/L.16).  Après avoir rappelé le mandat de ce Groupe, il a expliqué que le rapport, qui donne un aperçu des progrès dans les domaines politique et social, couvre la visite de ses membres sur le terrain, du 21 au 24 mai, et plusieurs réunions organisées avec les partenaires d’Haïti.  Les efforts des partenaires internationaux ne sont pas suffisants, a-t-il dit, en rappelant que le Gouvernement haïtien doit, pour sa part, tenir ses propres engagements.  Le Gouvernement d’Haïti accepte qu’il doit assumer sa propre destinée, a-t-il précisé.  M. Rishchynski a cité les recommandations du Groupe qui sont adressées tant à Haïti qu’aux partenaires internationaux et aux entités des Nations Unies et autres organisations internationales.


Le Groupe, a-t-il précisé, continue d’insister sur la nécessité pour les partenaires au développement de reconfirmer les engagements qu’ils ont pris à la Conférence de New York, en mars 2010.  Il encourage les donateurs à utiliser le plan de développement d’Haïti comme cadre de coordination pour la délivrance de l’aide.  Le Groupe note les progrès du processus de redressement et l’évolution de la situation en Haïti.  Il met l’accent sur les activités essentielles à mener, notamment le renforcement des programmes conjoints et des capacités nationales.  M. Rishchynski a aussi souligné la nécessité de transférer certaines activités de la MINUSTAH à l’équipe de pays des Nations Unies.


Pour le Groupe consultatif, il incombe en premier lieu aux autorités nationales d’entreprendre les efforts de développement.  Il a cependant fait observer qu’il était nécessaire de mener une évaluation de la mise en œuvre de la politique de développement.  Enfin, le Groupe consultatif a été encouragé par les priorités données dans le plan de développement au renforcement de la Police nationale haïtienne.  Il a aussi conseillé de remplacer la Commission de reconstruction par des mécanismes qui permettent de bien coordonner les efforts des donateurs.  En ce qui concerne le secteur privé, il a estimé qu’il doit intervenir en tant qu’acteur principal du développement en Haïti.  M. Rishchynski a conclu son intervention, en appelant à adopter une vision à long terme pour le développement d’Haïti.  Les solutions durables ne seront ni rapides ni sans écueils, a-t-il averti, en insistant sur l’importance de continuer à mobiliser les partenaires pour le développement.


Mme JOSEFA RAYMOND GAUTHIER, Ministre de la planification et de la coopération externe d’Haïti, a assuré que la situation en Haïti ne cessait de s’améliorer, tout en reconnaissant qu’elle restait précaire et volatile.  Cette situation ne fera que s’aggraver si nos partenaires internationaux ne réalisent pas que l’heure n’est plus au découragement, a-t-elle dit.  Mme Gauthier a indiqué que son gouvernement était résolu « à donner un meilleur visage à Haïti » en restaurant, notamment, l’état de droit et en facilitant l’accueil d’investissements.  L’accompagnement continu de la communauté internationale est une obligation afin de mettre Haïti sur la voie du développement durable, a-t-elle affirmé.  Elle a ensuite précisé que, contrairement à ce qu’indique le rapport du Groupe consultatif ad hoc sur Haïti, il existait bel et bien un document étayant les progrès accomplis par son pays dans le domaine de l’éducation.  Des mécanismes de suivi ont également été mis en place, a-t-elle ajouté.


La Ministre a ensuite fait part de la volonté du Chef de l’État haïtien de lancer la réforme administrative du pays avec, notamment, la mise en place de bâtiments administratifs dans chacun des 10 départements haïtiens.  Jamais le partenariat public privé n’a été aussi efficace, a-t-elle dit, en précisant que son gouvernement travaillait avec le secteur privé pour augmenter de 30% les ressources fiscales.  Le plan visant à faire de Haïti, d’ici à 2030, un pays émergent est réaliste, a-t-elle conclu, avant de passer la parole à son adjoint.


M. CLAUDE GRAND PIERRE, Directeur et Conseiller spécial du Ministre de la planification d’Haïti, a détaillé le plan de développement d’Haïti, en indiquant d’emblée que le développement du pays était lié à l’aide internationale.  Une meilleure coordination de l’aide externe et une réaffirmation du leadership gouvernemental sont nécessaires afin que les projets financés par l’aide externe aboutissent, a-t-il indiqué, en précisant que ce n’était pas toujours le cas.  Il a ensuite détaillé les grands axes du plan haïtien de réduction stratégique de la pauvreté visant notamment à la satisfaction des besoins de base, tel que l’accès à l’eau et à un point d’assainissement.  « Nous étions dans la phase d’évaluation de cette stratégie lorsque le tremblement de terre a frappé le pays », a-t-il rappelé. 


D’ici à 2030, Haïti devrait devenir un pays émergent avec un revenu par tête qui passerait de 780 dollars aujourd’hui à 3 200 dollars en 2030, a-t-il assuré.  Il a ensuite détaillé la stratégie dite des « 5E » -Éducation, Énergie, État de droit, Emploi, Environnement– suivie par son gouvernement pour développer le territoire haïtien.  Il faut éviter la concentration de la population dans les villes côtières et répartir les infrastructures sur tout le territoire, a-t-il estimé, en ajoutant que des pôles de développement avaient été mis en place aux niveaux national, régional et local.  En conclusion, il a affirmé que les priorités nationales devraient être celles des partenaires internationaux d’Haïti afin de faciliter les investissements nécessaires au relèvement du pays.


Intervenant par vidéoconférence en direct de Haïti, M. NIGEL FISHER, Représentant spécial adjoint du Secrétaire général pour la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) et Coordonnateur résident et Coordonnateur de l’action humanitaire en Haïti, a souligné les signes encourageants sur le plan politique en Haïti.  Ainsi, le Président Martelly a présenté, le 19 juin, des versions révisées des amendements constitutionnels, ce qui ouvre la voie à la mise sur pied du Conseil constitutionnel, du Conseil du pouvoir judiciaire et du Conseil électoral permanent.  Cela devrait favoriser la tenue des élections avant la fin de l’année, a indiqué M. Fisher.  Il a ajouté que le Gouvernement haïtien avait annoncé qu’il avait déjà débloqué 12,5 millions de dollars pour financer les élections, couvrant ainsi un tiers des besoins.  « Nous observons en ce moment une augmentation des candidats pour la formation d’agents de police, mais il faut accélérer ce rythme si l’on veut atteindre le nombre de 15 000 policiers formés d’ici à 2016 », a-t-il dit.  M. Fisher a aussi indiqué que le débat quant à la création d’une deuxième force de sécurité continue.  Cette force pourrait être chargée en particulier de la défense civile, de répondre aux catastrophes naturelles et d’assurer la sécurité aux frontières.


Les incertitudes des dernières années ont ralenti les flux d’aide des pays étrangers vers Haïti, a poursuivi le Représentant spécial adjoint.  Il a cependant mentionné les progrès accomplis par le pays, dans le domaine de la création d’emplois dans les secteurs du tourisme et de la culture.  En outre, les réparations de maisons et la construction de nouveaux logements a permis d’accélérer la fermeture des camps.  Les investissements dans l’éducation augmentent, a également indiqué M. Fisher, qui a indiqué également que les subventions pour les familles avaient été majorées.  Rappelant la nouvelle architecture de coordination de l’aide, il a averti que sa mise en œuvre exigera un appui coordonné de la part de la communauté internationale.  Des discussions ont lieu pour résoudre les problèmes de réalisation des programmes de déboursement de l’aide, a-t-il indiqué.  Le renforcement des institutions haïtiennes est une des priorités du plan stratégique 2013-2016, a-t-il assuré.  M. Fisher a aussi indiqué que la MINUSTAH était engagée dans un processus de consolidation dont le cadre doit être approuvé par le Gouvernement haïtien.  Avant de conclure, il a souligné qu’Haïti devrait tirer ses ressources de ses investissements et de son capital humain, avec un soutien continu des partenaires internationaux.


Mme PAULETTE BETHEL (Bahamas), s’exprimant au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), a souligné l’importance que revêt la stabilité d’Haïti, en tant qu’État démocratique et économiquement viable, pour la région.  Elle s’est félicitée, à cet égard, des progrès accomplis par le pays au cours des deux dernières années, après le tremblement de terre dévastateur.  La CARICOM et Haïti ont signé un « Mémorandum d’accord » cette année, qui couvre notamment le renforcement des capacités des instances gouvernementales chargées des investissements, l’assistance technique dans les domaines de l’éducation de l’agriculture, de la santé publique, des transports et du tourisme.  Ce Mémorandum d’accord permet aussi à Haïti d’exporter des produits non taxés vers les pays de la CARICOM pendant trois ans.  La représentante a aussi signalé la création d’un groupe de travail Haïti-CARICOM qui doit mettre au point les moyens de mise en œuvre du Mémorandum d’accord.  Dans un communiqué publié à l’issue du sommet de la CARICOM au début du mois, les États Membres ont réaffirmé la souveraineté d’Haïti.


Sur le plan économique, Mme Bethel a cité les initiatives prises pour assurer un avenir économique durable à Haïti, notamment en aidant le pays à fonctionner dans l’économie et le marché unique de la CARICOM.  La région est également prête à partager son expertise technique dans les domaines de l’agriculture, de la gestion des ressources marines et du développement communautaire.  Les Bahamas et Trinité-et-Tobago sont membres du Groupe consultatif ad hoc sur Haïti, a indiqué la représentante pour démontrer l’implication de ces pays.  Elle a indiqué que la CARICOM partageait l’appel lancé par ce Groupe aux donateurs afin qu’ils travaillent avec les autorités haïtiennes pour soutenir les efforts du Parlement.  La CARICOM estime aussi qu’il faudrait soutenir les efforts du secteur judiciaire pour le renforcement de l’état de droit dans le pays.  Mme Bethel a appelé les États qui ne l’ont pas encore fait à honorer les promesses de contributions faites lors de la Conférence des donateurs en mars 2010.  Avant de conclure, elle a salué le travail de la MINUSTAH, en estimant, comme le Groupe consultatif, qu’il était nécessaire de maintenir une forte présence de l’ONU sur le terrain.


M. OCTAVIO ERRÁZURIZ (Chili) a indiqué que le peuple haïtien continuait d’affronter de graves défis en dépit des progrès enregistrés.  L’un de ses défis est l’instauration de l’état de droit, a-t-il déclaré, en indiquant que la tenue des élections législatives et des élections municipales partielles constituerait, à ce titre, un grand pas en avant.  Il a ensuite appelé la communauté internationale à canaliser son aide pour renforcer l’état de droit qui est la priorité du Gouvernement d’Haïti.  Le secteur privé doit devenir le moteur du développement du pays, a-t-il affirmé.  Tout en reconnaissant le travail fondamental accompli par la MINUSTAH, il a plaidé pour le renforcement des capacités nationales et appelé à une transition sans heurts au terme de laquelle les Forces de police haïtiennes assumeraient les diverses tâches du maintien de l’ordre.  Les acteurs locaux devront ensuite prendre en main leur destinée, a-t-il conclu.


M. YANERIT MORGAN (Mexique) a souligné que toutes les parties impliquées dans les politiques de développement doivent agir de façon coordonnée afin d’éviter tout double emploi.  À cet égard, il a reconnu l’ouverture du Gouvernement haïtien et ses efforts pour faciliter la coordination.  Le Mexique a lancé une stratégie de soutien à long terme en Haïti, dans le cadre bilatéral mais aussi triangulaire avec le Japon et l’Espagne, a-t-il indiqué.  Grâce aux efforts du Mexique, s’est-il félicité, des projets de programme de soins, de construction de marchés et d’une centrale d’approvisionnement ont pu être lancés.


M. RUBÉN ARMANDO ESCALANTE HASBUN (El Salvador) a partagé l’avis exprimé par le Groupe consultatif ad hoc sur Haïti dans son rapport selon lequel, dans un avenir proche, d’autres organes du système des Nations Unies, comme la Commission de consolidation de la paix, pourraient augmenter leurs efforts et compléter ceux déjà menés.  Il a soutenu le projet de résolution qui prévoit de proroger le mandat du Groupe jusqu’à la session de fond de l’ECOSOC de 2013, en estimant que cet organe est un outil important d’évaluation de la stratégie de développement d’Haïti.  Saluant les efforts menés par la communauté internationale en Haïti, par le biais de la MINUSTAH et de l’équipe de pays des Nations Unies, il a souligné en particulier l’alignement de l’assistance internationale sur les priorités définies par Haïti. 


M. RODRIGUES DOS SANTOS (Brésil) a noté qu’Haïti avait établi des priorités claires dans la coopération de l’aide internationale.  Le renforcement de l’aide doit aller de pair avec celui de l’état de droit, a-t-il dit.  Le représentant a félicité le Gouvernement haïtien pour la publication des amendements constitutionnels, ce qui devrait faire avancer les choses et notamment la préparation des prochaines élections.  Il l’a par ailleurs encouragé à progresser sur la base de ce qui a été accompli par la MINUSTAH, notamment à renforcer la Police nationale haïtienne afin de garantir la stabilité et la sécurité du pays.  Il a émis l’espoir qu’Haïti deviendra un pays émergent d’ici à 2030.  Le représentant a donné l’exemple des politiques d’émancipation des pauvres au Brésil qui ont été fructueuses.  Il a aussi souligné l’importance des projets d’infrastructures, surtout dans les domaines de la santé, de l’agriculture et de l’énergie, en ce qu’ils créent des conditions propices au développement durable.  Le Brésil, a-t-il précisé à cet égard, a contribué au financement d’une centrale hydroélectrique en Haïti.  Avant de conclure, il a rappelé la visite officielle qu’a effectuée la Présidente du Brésil en Haïti en janvier, l’occasion pour elle de réitérer l’engagement de son pays pour aider Haïti.


Mme ELIZABETH COUSENS (États-Unis) a indiqué qu’Haïti était à la croisée des chemins.  Elle a indiqué que les États-Unis avaient consacré 1 800 000 dollars au relèvement du pays.  L’accès à l’électricité, à l’eau et l’amélioration du système de santé sont quelques uns des axes qui doivent guider les stratégies de développement d’Haïti, a-t-elle précisé.  Sa délégation, a-t-elle dit, a noté les efforts du Gouvernement haïtien pour renforcer ses capacités de police et prendre le relais de la MINUSTAH.


M. RYAN NEELAM (Australie) a reconnu la vulnérabilité d’Haïti.  Le Groupe consultatif ad hoc sur Haïti doit poursuivre ses efforts pour œuvrer, avec toutes les parties prenantes, et au premier chef les autorités nationales, au redressement du pays, a-t-il conclu.


M. OLIVIOFERMIN (République dominicaine) a indiqué que le Président de son pays et celui d’Haïti ont récemment inauguré une université située dans le nord d’Haïti avec la participation de représentants du milieu des affaires américaines.  Il a souligné l’importance de la coopération internationale pour aider le pays à surmonter ses difficultés.  Il a aussi appuyé les recommandations du Groupe consultatif ad hoc sur Haïti et le projet de résolution pertinent.


Mme GORDANA JERGER (Programme alimentaire mondial) a rappelé la visite des membres du PAM au Cap-Haïtien et de la visite du Groupe consultatif ad hoc sur Haïti sur le terrain.  Elle a salué les efforts visant à assurer des repas aux enfants dans les écoles et pour soutenir le secteur agricole.


Pays africains qui sortent d’un conflit (E/2012/76)


Le Président de la Commission de consolidation de la paix, M. ABULKALAM ABDUL MOMEN (Bangladesh), a estimé que le renforcement du partenariat entre la CCP et l’ECOSOC représente « une étape cruciale » pour assurer un soutien « cohérent et coordonné » aux pays en situation postconflit.  Il a rappelé qu’en application du Dispositif de consolidation de la paix révisé en 2010 et des feuilles de route adoptées en 2010 et 2011, la CCP a pris des initiatives importantes pour mettre en œuvre les recommandations clefs issues du processus de révision.  Il a cité notamment le renforcement des relations et de la coordination avec les organes principaux des Nations Unies, ainsi que l’amélioration de ses méthodes de travail.  Pour accentuer son impact sur le terrain, la CCP travaille également à améliorer son rôle dans la mobilisation deS ressources, la création de partenariats et le soutien à l’appropriation et au renforcement des capacités nationales.


Soulignant par ailleurs que le succès des actions de la CCP continuera d’être évalué à l’aune de sa contribution aux succès des stratégies nationales de consolidation de la paix, M. Momen a passé en revue les efforts déployés dans les six pays inscrits à son ordre du jour.  Le Président de la Commission de consolidation de la paix a indiqué qu’en tant qu’organe intergouvernemental, la CCP travaille dur pour promouvoir une approche globale d’une consolidation de la paix qui soit durable.  Il a ajouté que compte tenu de la structure de la composition de la CCP, une telle approche sera générée par les engagements d’un large éventail d’acteurs parmi les plus pertinents à l’échelle mondiale, notamment les membres de la CCP qui siègent également dans les trois principaux organes des Nations Unies.  C’est dans ce contexte qu’il a appelé les membres de l’ECOSOC, qui sont aussi membres de la CCP, à encourager des relations plus étroites entre la CCP et le Conseil de sécurité.  Il a enfin défendu l’intégration d’acteurs non traditionnels, en priorité les organisations philanthropiques, les fondations et le secteur privé.


Débat


Répondant à une question du représentant de la République-Unie de Tanzanie, le Président de la Commission de consolidation de la paix a expliqué que, dans les pays sortant d’un conflit, les efforts sont axés, en priorité, sur la création d’emplois et sur le rétablissement de l’état de droit.  Il a regretté que les efforts ne bénéficient pas de l’appui financier nécessaire.  Il a annoncé qu’une campagne sera lancée prochainement pour stimuler les donateurs.  C’est pourquoi, a-t-il souligné, il est important de bien identifier les difficultés de chaque pays.


Table ronde sur le thème « La mise en œuvre d’un appui intégré, cohérent et coordonné au Soudan du Sud »


M. MOOTAZ AHMADEIM KHALIL(Égypte) a rappelé qu’immédiatement après l’indépendance du Soudan du Sud, l’ECOSOC, après avoir examiné la situation dans le pays, avait adopté la résolution 2011/43 demandant la mise en œuvre d’un appui intégré, cohérent et coordonné du système des Nations Unies au Soudan du Sud.  Aujourd’hui, en dépit des progrès réalisés, la pauvreté reste endémique dans le pays.  Moins de la moitié de la population a accès aux soins de santé de base.  En outre, des problèmes majeurs ne sont toujours pas résolus, comme le partage des revenus pétroliers. 


Cette situation n’affecte pourtant pas les activités de développement pour un pays qui a énormément besoin de la communauté internationale, a plaidé M. Khalil.  Dans ce contexte, les Nations Unies jouent un rôle crucial, en assurant de manière intégrée et coordonnée la mise en œuvre de programmes de développement et essaient de trouver de nouveaux outils pour améliorer la coordination des efforts avec leurs partenaires régionaux, comme l’Union africaine et l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD).  À cet égard, le renforcement des capacités des autorités du pays, y compris les autorités locales, en assurant le service public de base qui est la clef du succès, a soutenu M. Khalil qui est également Vice-Président de l’ECOSOC.


Mme SHAMSHAD AKHTAR, Sous-Secrétaire générale aux affaires économiques et sociales, a présenté le rapport du Secrétaire général sur l’apport d’un appui intégré, cohérent et coordonné au Soudan du Sud par les organismes des Nations Unies (E/2012/76), le tout premier rapport de l’ECOSOC sur ce pays.  Elle a indiqué que le processus de transition a été complexe, car il est intervenu après des décennies de conflit qui ont laissé de grandes cicatrices.  Le Soudan du Sud est l’un des pays les moins avancés au monde et le niveau des progrès qu’il a réalisés dans la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) reste le plus faible.  Les conditions de vie de la population sont également parmi les plus difficiles au monde, avec seulement 40% ayant accès aux soins de santé de base.


La Sous-Secrétaire générale a signalé que, malgré quelques progrès en matière de vaccination, seulement 6% des enfants sont immunisés.  De même, malgré l’augmentation de la fréquentation scolaire dans le primaire, la moitié des enfants ne vont pas à l’école.  On note aussi que 85% de la population du Soudan du Sud ne savent ni lire, ni écrire.  Le rapport mentionne aussi que les conditions sont particulièrement alarmantes pour les femmes, 92% étant illettrées et le taux de mortalité maternelle étant le plus élevé au monde.  La Sous-Secrétaire générale a également fait part de grandes difficultés sur le plan alimentaire et en ce qui concerne les transports routiers.


Le rapport souligne la nature imprévisible et changeante des évènements intervenus dans le contexte de la transition, qui est apparue clairement au début de l’année 2012.  Comme les Gouvernements soudanais et sud-soudanais n’ont pu parvenir à un accord sur le partage des revenus du pétrole, le Soudan du Sud a décidé d’interrompre sa production de pétrole le 20 janvier 2012.  En conséquence, des projets d’importance ont été reportés à plus tard et les dépenses opérationnelles ont été réduites de moitié, avec des incidences sur les programmes gouvernementaux dans tous les secteurs.


Pour les organismes, fonds et programmes du système des Nations Unies au Soudan du Sud, la priorité absolue pendant les premières années critiques d’existence est de faciliter la phase de transition, tout en protégeant la population et en aidant le Gouvernement sud-soudanais à se lancer avec succès dans le processus de l’édification de l’État.  Dans le cas du Soudan du Sud, les organismes, fonds et programmes des Nations Unies se sont efforcés avec leurs partenaires d’adopter une approche axée sur le passage progressif d’interventions directes permettant de sauver des vies à des efforts menés sous la direction des autorités nationales et, en partenariat avec elles, dès qu’elles auront renforcé les mécanismes sur lesquels elles s’appuient et leurs capacités.


Mme Akhtar a poursuivi sa présentation, en soulignant les efforts d’alignement des plans des Nations Unies sur les priorités nationales en matière de développement.  Dans le cadre du processus d’accession à l’indépendance, le Gouvernement sud-soudanais a coopéré étroitement avec ses partenaires pour le développement, notamment l’équipe de pays des Nations Unies, en vue d’établir le premier plan national de développement, qui couvre la période allant du 9 juillet 2011 à 2013.  Des grands objectifs de développement y sont fixés pour le nouveau pays dans quatre domaines prioritaires: la gouvernance, le développement économique, le développement social et humain, et la prévention des conflits et la sécurité. 


En ce qui concerne l’appui à la campagne gouvernementale des 100 jours, période pendant laquelle le Soudan du Sud s’employait à obtenir des résultats concrets, l’équipe de pays et d’autres partenaires ont aidé le Gouvernement à respecter pleinement ou à dépasser 70% des engagements pris.  Par ailleurs, conformément à une résolution du Conseil de sécurité, le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Soudan du Sud et la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) doivent collaborer avec le Gouvernement sud-soudanais, l’équipe de pays des Nations Unies, ainsi qu’avec les partenaires bilatéraux et multilatéraux, pour formuler un plan à l’appui de la consolidation de la paix.  Si les objectifs et besoins identifiés dans le plan restent pleinement pertinents, la situation sur le plan de la sécurité et dans le domaine économique est telle qu’il est apparu nécessaire de revoir le calendrier d’exécution.  C’est pourquoi, il faudrait réévaluer les priorités et les délais de mise en œuvre, indique le Secrétaire général dans son rapport.


Le rapport aborde aussi les questions de la coopération Sud-Sud et de la coordination au sein des organismes des Nations Unies.  Dans ses conclusions, le Secrétaire général invite la communauté internationale à appuyer davantage le renforcement des capacités gouvernementales.  Il suggère aux organismes des Nations Unies de concentrer leurs efforts sur les interventions qui permettront d’atténuer la fragilité du pays.  Il demande à l’équipe de pays des Nations Unies de continuer d’harmoniser ses processus en appliquant les aspects pertinents du programme « Unis dans l’action ».  Enfin, il est essentiel que les premiers succès enregistrés par les organismes des Nations Unies pour fournir un soutien intégré au Gouvernement sud-soudanais sur les plans technique et opérationnel soient complétés par des mesures de soutien et des directives intégrées au niveau intergouvernemental de la part des deux principaux organes, que sont l’ECOSOC et le Conseil de sécurité, dans le cadre des mandats et des compétences qui leur sont propres.


Mme MARY JERVAS YAK, Vice-Ministre des finances du Gouvernement du Soudan du Sud, est revenue dans un premier temps sur les étapes franchies par son pays depuis l’indépendance le 9 juillet 2011.  Des réalisations ont été faites en dépit des décennies de guerre et d’isolement.  Avec l’appui des partenaires du Soudan du Sud, des élections et un référendum ont été organisés et un État décentralisé à trois niveaux a été créé.  L’enseignement primaire et un embryon d’infrastructures routières ont été mis en place.  En dépit de ces réalisations, les défis restent énormes comme les taux élevés de mortalité maternelle, l’accès aux soins de santé de base, l’illettrisme dont souffrent 92% des femmes et le fait que 90% de la population vivent avec moins d’un dollar par jour.  Les objectifs restent pourtant les mêmes, à savoir la nécessité d’assurer une gouvernance démocratique, transparente et responsable des institutions du pays, qui soit gérée par un personnel professionnalisé, un pouvoir équilibré entre l’exécutif, le législatif et le judiciaire.  Pour y parvenir, le Gouvernement a adopté le plan de développement du Soudan du Sud.


Avec l’appui du système des Nations Unies, a indiqué Mme Yak, l’État a pu avoir la capacité de gérer les grandes fonctions régaliennes.  En outre, le Soudan du Sud et l’IGAD ont déployé 164 fonctionnaires compétents et qualifiés.  Leur nombre sera bientôt porté à 200.  Cent vingt autres volontaires des Nations Unies travaillent dans la gestion des finances publiques, l’état de droit, la paix et la sécurité.  Mme Yak a ajouté que le Gouvernement a adopté une stratégie à long terme visant à mettre en œuvre un programme de réforme du secteur public, a indiqué la Ministre.  À cette fin, il faut examiner les conséquences que pourraient engendrer les mesures d’austérité.  Le Soudan du Sud espère que ces mesures n’affecteront pas le travail réalisé et qu’elles devraient être une occasion de renforcer, notamment, la gestion des finances publiques et le développement des opportunités pour le secteur privé.  Anticipant la situation, l’Assemblée nationale a examiné les comptes publics et a adopté un budget d’austérité pour l’exercice 2012-2013.  Le pays poursuit également ses négociations avec les donateurs, la Banque mondiale, le Fonds monétaire international et le système des Nations Unies pour déterminer les moyens de faire face à la situation économique et de préserver les acquis. 


Mme AMANDA SERUMAGA, Chargée du programme sur la bonne gouvernance du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) au Soudan du Sud, a assuré que ce pays fait vraiment face à des défis énormes en matière de services publics de base.  Le PNUD contribue au renforcement des institutions et coordonne des initiatives de développement menées ensemble par le Gouvernement et les partenaires régionaux.  Les institutions de l’État doivent maintenant être dotées d’un personnel performant et disponible, surtout au niveau des États.  À travers l’Initiative « Rapid capacity », le PNUD a déployé des spécialistes pour appuyer les fonctions de l’État.  À titre d’exemple, le travail des spécialistes des finances publiques a permis de faire accroître de 138% les revenus dans cinq États pilotes.


Mme Serumaga a ensuite évoqué les deux défis auxquels le pays doit répondre.  Tout d’abord, il doit faire face à une forte demande, qui dépasse largement l’offre, en matière de capacités de développement, techniques et d’innovation.  À cet égard, la contribution des membres de la diaspora devrait être sollicitée, a-t-elle estimé.  Ensuite, le Soudan du Sud devrait développer une stratégie qui pourrait lui permettre d’avoir la capacité de fournir des services de base.  À cet égard, elle a souligné la nécessité de la rationalisation du service public à travers la révision de sa structure et des procédures pour tenir compte, notamment, du nombre insuffisant de personnel et de l’énorme demande.  En outre, la décentralisation et les structures, les rôles et les responsabilités des gouvernements locaux doivent être mieux définis.  Avant de conclure, Mme Serumaga a rappelé l’impact des mesures d’austérité budgétaire sur les efforts de développement dans ce pays, en soulignant qu’il était important de veiller à l’utilisation efficace des ressources.  En outre, ces mesures devraient aider à axer les efforts sur les priorités du moment que sont la gestion financière efficace et responsable, l'expansion des capacités de mobilisation des recettes d'État.  Les mesures d’austérité ne devraient pas éroder les efforts déjà réalisés.  Le Soudan du Sud est engagé, a-t-elle dit, à mettre en place des institutions démocratiques, transparentes, équilibrées et responsables.


Débat interactif


Au cours du débat qui a suivi ces interventions, les délégations ont chaleureusement salué les progrès accomplis par le Soudan du Sud grâce à des efforts soutenus au cours de ces derniers mois.  Les délégations ont aussi reconnu la nécessité de maintenir et même de renforcer le soutien à ce pays encore très faible sur tous les plans.  Ainsi, le représentant de l’Égypte a indiqué vouloir continuer d’appuyer le Soudan du Sud pour qu’il puisse relever les différents défis.  « Nous nous basons sur une relation de longue date entre nos deux pays », a-t-il expliqué.


Le représentant de la République-Unie de Tanzanie a encouragé la communauté internationale à appuyer le Soudan du Sud, comme elle l’a fait dans les années 60 lorsque les pays colonisés ont accédé à l’indépendance.  Il a demandé si le pays reçoit un soutien adéquat, en particulier, au niveau de la fourniture des services de base et de la coordination de l’aide.  Le représentant du Bangladesh s’est inquiété précisément de savoir si les promesses multilatérales et bilatérales à l’égard du Soudan du Sud étaient respectées.  Il a espéré que les deux Soudan pourraient établir à l’avenir des relations de bon voisinage.  Comment faire pour que la paix règne dans cette région? a-t-il demandé.


La représentante de la Zambie a rappelé que son pays avait joué un rôle important dans l’établissement du rapport du Secrétaire général sur le Soudan du Sud.  À l’instar d’autres délégations, elle a demandé si le Gouvernement sud-soudanais avait trouvé des moyens pour attirer la diaspora vivant au Kenya, en Ouganda et en Éthiopie pour qu’elle revienne au pays.  Dans sa réponse, la Vice-Ministre des finances du Soudan du Sud a admis que le pays comptait sur ces ressources humaines.  Mais les membres de la diaspora occupent souvent des emplois très bien rémunérés et il est difficile de les attirer.  Elle a cependant espéré que les possibilités économiques seraient plus grandes à l’avenir, avant d’inviter la communauté internationale à appuyer les efforts pour provoquer le retour de ces personnes vers leur pays.


Comment allez-vous construire des raffineries pétrolières qui appartiennent au Soudan du Sud, a ensuite demandé la représentante de la Zambie.  Le représentant des États-Unis, pays qui est un partenaire de longue date du Soudan du Sud, a espéré que la production pétrolière serait rétablie dans ce pays, en appelant à cet égard de ses vœux la reprise de pourparlers entre ce pays et le Soudan.  Quels sont les risques que présente la situation actuelle après la fermeture des exploitations pétrolières, a demandé pour sa part le représentant de l’Australie.


La représentante du Soudan du Sud a reconnu les problèmes de maintien de la paix que connaît son pays, notamment à cause du différend qui l’oppose au Soudan, tout en expliquant les négociations en cours entre les deux pays.


Sur le plan humanitaire, le délégué des États-Unis a rappelé qu’en juin dernier, le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés a lancé un appel pour obtenir une aide à l’intention des 186 000 réfugiés se trouvant dans ce pays.  Il a averti que l’aide humanitaire risquait d’être réduite du fait de la détérioration de la situation dans le pays.  La représentante de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a souligné que la FAO mettait en œuvre un plan intégré de développement agricole dans ce pays.  Le Soudan du Sud, pays ayant un grand potentiel agricole et de sylviculture, va cependant connaître, en 2012, un déficit alimentaire qui dépassera 70 000 tonnes, soit la moitié de la consommation alimentaire annuelle du pays.  Elle a donc prôné une augmentation de la productivité agricole.  La représentante a indiqué que la FAO intervient également conjointement avec le Programme alimentaire mondial (PAM).  Dans ce domaine, la représentante de la Norvège a insisté sur la nécessité de fournir une aide alimentaire au Soudan du Sud et de faire en sorte que le pays soit moins vulnérable.


La représentante du Cameroun a rappelé que le Groupe consultatif de haut niveau du Secrétaire général sur les moyens civils à mobiliser dans les pays sortant d’un conflit a fixé cinq domaines prioritaires.  Elle a noté le rôle joué par l’Autorité intergouvernementale sur le développement (IGAD) au titre du renforcement de la fonction publique au Soudan du Sud.  La représentante du Brésil s’est aussi félicitée des efforts Sud-Sud pour le renforcement des capacités, notamment ceux de l’IGAD.


Que peut faire l’équipe de pays et le système des Nations Unies en général pour appuyer le plan de développement du Soudan du Sud, a voulu savoir, quant à lui, le représentant de l’Ouganda.  Quelle sont les plus grandes priorités pour votre Gouvernement, a demandé la représentante du Mexique.


La représentante du PNUD au Soudan du Sud a indiqué qu’une autre phase d’appui au développement du pays était prévue cette année avec l’appui financier de la Norvège.  Pour répondre à la délégation de l’Australie, elle a indiqué que les projets des Nations Unies avaient prévu un appui aux niveaux des provinces et des États.


De nombreux intervenants à ce débat interactif ont présenté leurs condoléances au Gouvernement et au peuple du Ghana à l’occasion du décès, survenu aujourd’hui, du Président John Atta Mills.


Questions relatives à l’économie et à l’environnement: Science et technique au  service du développement (E/2012/31, E/2012/31/Corr.12, A/67/66-E/2012/49, A/67/66/Add.1–E/2012/49/Add.12 et A/67/65-E/2012/48)


M. MONGI HAMDI (Conférence des Nations Unies sur le développement durable, CNUCED), a présenté le rapport du Secrétaire général sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre et le suivi des résultats du Sommet mondial sur la société de l’information aux niveaux régional et international.  Il a relevé que depuis le Sommet mondial, le secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC) et le rôle des TIC dans le développement économique et social ont connu une formidable croissance.  Le nombre d’abonnements à la téléphonie mobile a presque triplé pour atteindre les 6 milliards, tandis que le nombre d’internautes a augmenté de plus du double depuis 2005 pour atteindre 2,5 milliards, a-t-il fait observer.  Il a néanmoins indiqué qu’il y avait un fossé numérique entre pays en développement et pays développés qu’il faudrait combler.


Le représentant a ensuite affirmé que les téléphones mobiles, les réseaux sociaux et blogs avaient beaucoup diversifié les sources d’information dont disposent les personnes ainsi que les moyens offerts à celles-ci d’exprimer leurs opinions et de coordonner leurs activités, y compris les manifestations politiques.  Ces faits nouveaux illustrent les profondes mutations de la société qui apparaissent en parallèle à la généralisation de la téléphonie mobile et d’Internet, a-t-il expliqué.  Enfin, il a déploré que le manque d’infrastructures d’un coût abordable empêche de nombreux pays de tirer le meilleur profit des TIC.  Les succès en matière de développement ne peuvent pas résulter de la seule technologie, mais de l’interaction entre la technologie et d’autres facteurs, dont la disponibilité d’énergie électrique, de compétences humaines et de cadres institutionnels et juridiques favorables, a-t-il fait valoir.


M. GARY FOWLIE (Union internationale des télécommunications) a souligné que l’année écoulée avait été féconde et que l’édification de la société de l’information avait progressé.  Il a rappelé que les technologies de l’information et de la communication étaient l’un des piliers du développement et de l’intégration sociale.  Il s’agit maintenant de combler le fossé numérique, a-t-il insisté avant de conclure.


M. FORTUNADO DE LA PENA, Président du Groupe de travail sur les améliorations à apporter au Forum sur la gouvernance d’Internet, présentant le rapport du Groupe de travail, a souligné le caractère non contraignant et non décisionnel du Forum sur la gouvernance d’Internet.  Il a souhaité que ce Forum exerce une plus forte influence sur la gouvernance mondiale d’Internet et sur les politiques générales dans ce domaine.  Le Forum devrait conserver, à cette fin, son système de compte rendu actuel et continuer d’améliorer ses rapports, notamment celui du Président, les comptes rendus intégraux des sessions et des débats, a-t-il préconisé.  De même, un ensemble de questions de politique générale devrait être élaboré avant chaque réunion du Forum en vue d’y être examiné.  Enfin, il a proposé d’améliorer la visibilité et la publicité des résultats du Forum, en renforçant les outils et la stratégie de communication de sorte que tous les documents utiles soient diffusés auprès des parties prenantes intéressées et des médias.


Débat


Mme OKSANA MELNIKOVICH (Bélarus) a jugé important de combler le fossé numérique entre les pays dans ce domaine.  À cet égard, elle a appuyé la création d’un mécanisme de transfert de technologies de pointe aux pays en développement.


M. MOLTZ (Royaume-Uni) a invité à encourager la coopération en favorisant la participation de toutes les parties prenantes des pays.  Il a donné l’exemple de l’initiative contre la cybercriminalité lancée par le Commonwealth, qui a été menée non seulement par des États, mais aussi par des entreprises de communication. 


Mme COURTNEY NEMROFF (États-Unis) a demandé des précisions sur des postes non pourvus qui sont mentionnés dans le rapport présenté.  Elle s’est félicitée de la coopération très étroite avec les pays en développement dans le domaine des sciences et techniques au service du développement.


M. MOHAMED ELKARASKY (Égypte) a souligné la nécessité de faire le point de la mise en œuvre des résultats du Sommet mondial sur la société de l’information et rappelé que son pays avait proposé d’accueillir la conférence d’examen.


Adoption de projets de résolution et d’une décision


L’ECOSOC a adopté, sans vote, une résolution, contenue dans le rapport E/2012/31, intitulée «  Bilan de la suite donnée aux textes issus du Sommet mondial sur la société de l’information », par laquelle il réaffirme qu’il importe de continuer à coordonner la mise en œuvre multipartite des textes issus du Sommet mondial au moyen d’outils efficaces, avec pour objectif de mettre en commun les informations des principaux organismes qui facilitent la mise en œuvre des grandes orientations, de repérer les questions à améliorer et de débattre des modalités relatives à l’établissement de rapports sur la mise en œuvre globale.


Il encourage aussi toutes les parties prenantes à continuer de contribuer à la base de données gérée par l’Union internationale des télécommunications sur la mise en œuvre des objectifs arrêtés au Sommet mondial, et invite les entités de l’ONU à mettre à jour les informations sur leurs initiatives qui sont enregistrées dans la base de données.  L’ECOSOC invite tous les pays à s’abstenir, dans le cadre des efforts qu’ils déploient pour bâtir la société de l’information, de prendre des mesures unilatérales qui seraient contraires au droit international et à la Charte des Nations Unies, ou entraveraient le développement économique et social des pays visés.


Il note avec une vive préoccupation que de nombreux pays en développement ne disposent pas d’un accès abordable aux technologies de l’information et des communications.  Le Conseil économique et social note aussi avec préoccupation que, pour ce qui est de la disponibilité et du caractère abordable du haut débit, ainsi que la qualité des accès et le taux d’utilisation, le fossé numérique se creuse entre les pays à hauts revenus et les autres régions.  Par ailleurs, l’ECOSOC réaffirme l’importance des indicateurs relatifs aux technologies de l’information et des communications en tant qu’outil de suivi et d’évaluation de la fracture numérique entre les pays et au sein des sociétés.


La résolution contient ensuite quatre chapitres relatifs à la gouvernance d’Internet, le renforcement de la coopération, le forum sur la gouvernance d’Internet et la voie vers l’avenir.  À cet égard, il formule un certain nombre de recommandations, notamment pour inviter toutes les parties prenantes à poursuivre, à titre prioritaire, les efforts qu’elles déploient pour réduire la fracture numérique.  Il prie aussi toutes les parties prenantes d’accorder la priorité au développement de démarches innovantes qui favoriseront l’accès universel à une infrastructure à haut débit, abordable pour les pays en développement.


L’ECOSOC demande au partenariat sur les statistiques relatives aux technologies de l’information et de la communication au service du développement de poursuivre ses travaux sur la mesure de l’impact de ces technologies.  Il demande aux partenaires de développement internationaux de fournir un appui financier afin de faciliter encore le renforcement des capacités et l’assistance technique dans les pays en développement.  Enfin, il constate qu’il faut nommer le Conseiller spécial du Secrétaire général sur la gouvernance d’Internet et le Coordonnateur exécutif du Forum sur la gouvernance d’Internet.


L’ECOSOC a adopté, sans vote, une autre résolution,contenue dans le même rapport, portant sur « lascience et la technique au service du développement  », aux termes de laquelle il encourage les gouvernements à promouvoir le développement de plateformes télématiques et des politiques nationales tendant à encourager l’utilisation des technologies de l’information et des communications, en particulier les politiques qui sont adaptées aux besoins locaux, et à établir des programmes d’amélioration des ressources humaines dans ce domaine.  Les gouvernements sont en outre invités à encourager les fondations et organismes nationaux de recherche à mettre dans le domaine public les résultats de la recherche et les données de façon que leur accès soit libre, ouvert et facile.


Aux termes de la résolution, la Commission de la science et de la technique au service du développement et la CNUCED sont, pour leur part, encouragées à mettre au point des indicateurs pour suivre les progrès accomplis par les pays dans l’application des recommandations consignées dans les examens des politiques de la science, de la technologie et de l’innovation.


Enfin, l’ECOSOC a adopté une décision relative au Rapport de la Commission de la science et de la technique au service du développement sur les travaux de sa quinzième session et ordre du jour provisoire et documentation de la seizième session de la Commission, par laquelle il prend note du rapport susdit et approuve l’ordre du jour provisoire et la documentation de la seizième session de la Commission.


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
À l’intention des organes d’information • Document non officiel.