L’ECOSOC place le renforcement du système des coordonnateurs résidents au cœur de l’amélioration du système des Nations Unies pour le développement

16 Juillet 2012
ECOSOC/6536

L’ECOSOC place le renforcement du système des coordonnateurs résidents au cœur de l’amélioration du système des Nations Unies pour le développement

16/07/2012
Conseil économique et social
ECOSOC/6536
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil économique et social

Session de fond de 2012

31e & 32e séances – matin & après-midi

L’ECOSOC PLACE LE RENFORCEMENT DU SYSTÈME DES COORDONNATEURS RÉSIDENTS AU CŒUR

DE L’AMÉLIORATION DU SYSTÈME DES NATIONS UNIES POUR LE DÉVELOPPEMENT

Le Conseil économique et social a poursuivi, aujourd’hui, son débat sur les activités opérationnelles du système des Nations Unies au service de la coopération internationale pour le développement, en engageant un dialogue avec les directeurs des institutions spécialisées, fonds et programmes des Nations Unies.

Faisant fond sur le rapport du Secrétaire général relatif à l’examen quadriennal complet des activités opérationnelles de développement (TCPR), les directeurs du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), d’ONU-Femmes, du Programme alimentaire mondial (PAM) et du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) ont notamment appelé de leurs vœux le renforcement du rôle du coordonnateur résident.

L’examen quadriennal complet des activités opérationnelles de développement est le mécanisme par lequel l’Assemblée générale (résolutions 62/208 et 64/289) évalue la pertinence, l’efficacité, la cohérence et l’impact des activités opérationnelles du système des Nations Unies au service de la coopération internationale pour le développement.

« Le système des coordonnateurs résidents doit être doté des outils nécessaires pour fournir une coordination efficace dans chaque pays concerné », a ainsi préconisé Mme Helen Clark, Administratrice du PNUD.

Souhaitant que l’examen quadriennal se concentre sur « les avantages comparatifs des Nations Unies dans le champ du développement », Mme Michelle Bachelet, Directrice exécutive d’ONU-Femmes, a plaidé pour une refonte du plan-cadre des Nations Unies pour l’aide au développement (PNUAD) et le renforcement « du rôle clef » des coordonnateurs résidents.

Mme Anne-Birgitte Albrectsen, Directrice exécutive adjointe du FNUAP, a pour sa part proposé que le système des coordonnateurs résidents soit renforcé à travers le processus de recrutement.

« Il faut faire preuve de créativité pour attirer et retenir des candidats talentueux », a-t-elle affirmé.

Réagissant, lors du débat interactif, à plusieurs interventions de la part des représentants des États Membres, dont celle du délégué du Cameroun qui a jugé « crucial » le choix du coordonnateur résident, Mme Clark a précisé que, lors du processus de recrutement des coordonnateurs résidents, la priorité était donnée à la recherche de personnes démontrant « d’excellents talents en matière de direction, ainsi que la capacité de gérer et de conduire une équipe ».

Pour sa part, la représentante des États-Unis a considéré qu’il faudrait fournir à celui-ci davantage d’appui et lui donner une plus grande autorité, ainsi qu’au Groupe des coordonnateurs résidents. 

Lors de leur intervention, les directeurs des fonds et des programmes des Nations Unies ont également mis l’accent sur la nécessité d’augmenter les ressources de base.

Un modèle de financement plus intégré est nécessaire pour appuyer nos efforts, a ainsi souligné M. Amir Abdulla, Directeur exécutif adjoint du PAM, qui a également plaidé pour un renforcement des capacités d’évaluation des bureaux de pays afin d’améliorer la qualité de l’information opérationnelle nécessaire à l’exécution du plan-cadre des Nations Unies pour l’aide au développement.

L’examen quadriennal complet doit faire en sorte que le système des Nations Unies pour le développement appuie la mise en place des nouvelles priorités de développement au niveau des pays, y compris celles découlant du Document final de la Conférence Rio+20, a affirmé Mme Clark.

Pour sa part, M. Anthony Lake avait estimé que cet examen quadriennal complet devrait mettre l’accent sur la fourniture de résultats.

L’après-midi, le Conseil économique et social a organisé deux tables rondes sur les enseignements tirés de l’initiative « Unis dans l’action », intitulées respectivement « Conclusions de l’évaluation indépendante de l’initiative ‘Unis dans l’action’ » et« Réussites et revers de l’initiative ‘Unis dans l’action’: réflexions en provenance de Tirana et de Montevideo ».

L’ECOSOC poursuivra ses travaux demain, mardi 17 juillet à 10 heures.

DÉBAT CONSACRÉ AUX ACTIVITÉS OPÉRATIONNELLES

Activités opérationnelles du système des Nations Unies au service de la coopération internationale pour le développement

Dialogue avec les directeurs des fonds et programmes des Nations Unies sur le thème « Le système des Nations Unies pour le développement est-il plus utile, plus efficace et plus efficient qu’il y a cinq ans?  Quelles seront ses priorités stratégiques pendant le prochain cycle quadriennal? »

Mme HELEN CLARK, Administratrice du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), a souligné les avantages que le système des Nations Unies offre aux pays en développement, y compris sa présence universelle, sa légitimité, son rôle opérationnel dans l’assistance aux programmes de développement, ainsi que son rôle moteur dans la promotion d’un développement durable et équitable. 

Elle a ensuite indiqué que les Nations Unies avaient accompli des progrès substantiels depuis 2007 et l’adoption de l’examen quadriennal complet, en rappelant dans le droit fil du rapport du Secrétaire général que près de 85% des gouvernements pensent que le système des Nations Unies pour le développement est devenu plus efficace dans leur pays ces quatre dernières années.  Elle a ensuite affirmé que l’examen quadriennal complet devrait faire en sorte que le système des Nations Unies pour le développement soit bien positionné pour appuyer la mise en place des nouvelles priorités de développement au niveau des pays, y compris celles découlant du Document final de la Conférence Rio+20 et garantisse que le système des coordonnateurs résidents soit doté des outils nécessaires pour fournir une coordination efficace dans chaque pays concerné.

L’examen quadriennal doit promouvoir la flexibilité et l’appropriation nationale des programmes de pays, tout en appelant à un financement stable et prévisible des activités opérationnelles des Nations Unies pour le développement, a-t-elle poursuivi.  Elle a indiqué que les États Membres devraient faire fond sur l’appui apporté par l’initiative « Unis dans l’action » dans le renforcement du leadership des pays et une programmation de plus grande qualité, tout en limitant les coûts.  Mme Clark a ensuite fait part de l’engagement du PNUD à intensifier ses efforts dans la prévention des crises, l’éradication de la pauvreté et l’appui apporté aux gouvernements pour la promotion de stratégies intégrées pour le développement durable.  Enfin, elle a plaidé pour la rationalisation des procédures de gouvernance, afin de réduire les doublons, et la garantie d’un financement pérenne et prévisible pour les activités opérationnelles des Nations Unies pour le développement.  En conclusion, Mme Clark a souligné que les États membres du PNUD devraient contribuer au financement du système des coordonnateurs résidents, tout en précisant que les modalités de ce financement devraient être flexibles et transparentes.

M. ANTHONY LAKE, Directeur exécutif du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), a expliqué que l’engagement de fournir des résultats durables, de manière équitable et en mettant l’accent sur l’égalité des sexes, demeurait au cœur des priorités de développement.  Dans ce contexte, il a considéré que l’examen quadriennal des activités opérationnelles de développement de l’ONU, ainsi que le prochain cycle de l’examen quadriennal complet, devraient mettre l’accent sur la fourniture de résultats de manière efficace.  « Le développement de nouvelles technologies et de nouveaux vaccins, par exemple, permettra de toucher les personnes qui n’y accèdent pas facilement et nous pourrons le faire de manière plus rapide et moins coûteuse », a-t-il expliqué. 

M. Lake a ensuite mis l’accent sur l’équité qui est, a-t-il dit, essentielle pour atteindre une croissance durable.  La Banque mondiale, a-t-il rappelé, a démontré que des investissements en faveur de la nutrition pouvaient contribuer à augmenter le produit intérieur brut (PIB) de 2 à 3%.  Il a également estimé qu’en maintenant les filles à l’école, au moins une année supplémentaire, pouvait leur permettre d’obtenir, sur le marché du travail, des salaires plus élevés, soit de 10 à 20% à ce qu’elles gagneraient avec une année scolaire en moins, et améliorer ainsi leurs conditions de vie.  « Dans le climat actuel, aucun pays ne peut se permettre de se priver de ce retour financier », a estimé le Directeur exécutif d’UNICEF. 

L’ONU, a-t-il ensuite souligné, devrait jouer un rôle clef dans la mise en œuvre de nouveaux cadres.  Il a souligné que les engagements pris dans le cadre de la coopération Sud-Sud et de la coopération triangulaire pourraient offrir des solutions inestimables pour les défis auxquels sont confrontés, chaque jour, des millions d’individus.  Il faudrait que de nouveaux partenariats soient établis, afin d’explorer de nouveaux domaines en matière de coopération et encourager le développement de l’économie verte.  Avant de conclure, M. Lake a noté que l’un des points positifs des mesures d’austérité mondiales était de poursuivre les efforts visant à assurer une meilleure efficacité et à obtenir des résultats.  Il a noté que le meilleur moyen pour y parvenir était de grouper les institutions par domaine de compétence pour qu’elles soient en mesure de réaliser des résultats concrets dans leur domaine d’expertise.

Mme MICHELLE BACHELET, Directrice exécutive de l’Entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes (ONU-Femmes), a souligné les nouveaux défis auxquels le monde est confronté depuis cinq ans, comme la crise économique.  Grâce à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), « un paysage nouveau » naîtra, a expliqué Mme Bachelet, avant de se féliciter du consensus atteint à Rio concernant l’agenda pour le développement après l’échéance de 2015.  L’examen quadriennal complet doit renforcer la cohésion du système des Nations Unies pour le développement, en se concentrant sur l’appui à fournir aux programmes clefs et en soulignant les avantages comparatifs des Nations Unies dans le champ du développement, a-t-elle expliqué.  Elle a ensuite affirmé que l’évaluation des projets s’était améliorée, avant d’indiquer que l’initiative « Unis dans l’action » avait permis un renforcement du leadership des pays, tout en promouvant une plus grande efficacité opérationnelle des Nations Unies.

Mme Bachelet a ensuite indiqué que la création d’ONU-Femmes avait permis une revitalisation de l’engagement des Nations Unies pour l’émancipation des femmes, tout en permettant une meilleure évaluation des actions entreprises par les Nations Unies dans ce domaine.  Des indicateurs de performance sur l’égalité des sexes sont de plus en plus largement intégrés dans l’action des institutions, fonds et programmes du système des Nations Unies, a-t-elle expliqué.  Mme Bachelet a ensuite plaidé pour une refonte du plan-cadre des Nations Unies pour l’aide au développement (PNUAD), avant d’insister sur le rôle clef des coordonnateurs résidents dans la cohérence du système des Nations Unies pour le développement.  Pour leur permettre de s’acquitter efficacement de ce rôle, il faudrait leur assurer des ressources adéquates et prévisibles, a-t-elle insisté avant de conclure.

Mme ANNE-BIRGITTE ALBRECTSEN, Directrice exécutive adjointe du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), a d’abord rappelé qu’il s’agissait, au cours de ce dialogue interactif, d’examiner, d’une part, si le système de développement de l’ONU s’était montré plus efficace qu’il y a cinq ans, et de discuter, d’autre part, des priorités stratégiques pour le nouveau cycle de l’examen quadriennal complet.  Elle s’est dite convaincue que le système était plus cohérent et efficace que dans le passé et elle a, par exemple, constaté que la santé maternelle et les droits de la santé génésique avaient trouvé une voix très forte grâce à l’initiative « Unis dans l’action ». 

Le renforcement de l’efficacité du système des coordonnateurs résidents, a estimé Mme Albrectsen, pourrait être renforcé à travers le processus de recrutement.  Elle a suggéré de faire preuve de créativité pour attirer et retenir des candidats talentueux.  Beaucoup de candidats internes, par exemple, sont découragés par le sentiment que leur carrière pourrait souffrir au sein de l’institution qui les emploie, car celle-ci n’est pas en mesure de maintenir, pour ce poste, le cadre qu’ils ont atteint.  Notant ensuite que le système de gestion et de responsabilité du Groupe des Nations Unies pour le développement avait accru les relations de travail entre le Coordonnateur résident et l’équipe pays, elle a souligné la nécessité de pleinement mettre en œuvre celui-ci et de réaffirmer son importance au sein de l’ensemble du système de l’ONU.  En ce qui concerne les procédures en vigueur, Mme Albrectsen a fait remarquer que leur simplification et leur harmonisation, tant au Siège de l’Organisation qu’au niveau du pays, amélioraient grandement les opérations sur le terrain.  Elle a salué les éléments identifiés, à cet égard, par le Comité de haut niveau sur la gestion.

M. AMIR ABDULLA, Directeur exécutif adjoint du Programme alimentaire mondial (PAM), a indiqué que les institutions spécialisées, les fonds et programmes des Nations Unies devraient établir des liens plus robustes entre les résultats atteints, les ressources allouées et le principe de responsabilité.  Chaque décision que nous prenons doit être évaluée à l’aune du bénéfice qu’elle apporte aux personnes que nous servons, a-t-il expliqué.  C’est pourquoi, il a plaidé pour un renforcement des capacités d’évaluation des bureaux de pays afin d’améliorer la qualité de l’information opérationnelle nécessaire à l’exécution du plan-cadre des Nations Unies pour l’aide au développement (PNUAD).  Il a également appelé de ses vœux la levée des barrières qui empêchent les institutions spécialisées, fonds et programmes de travailler ensemble au sein d’un système gouverné par l’évaluation de la performance.

M. Abdulla a indiqué que les principes d’efficacité, d’efficience, de responsabilité mutuelle et de transparence devraient être la base des activités des institutions du système des Nations Unies d’harmoniser leurs travaux et d’améliorer le compte-rendu de leurs performances.  Ces principes communs permettent d’assurer une meilleure compréhension des éléments contenus dans cette responsabilité horizontale que nous devons promouvoir à l’échelle du système des Nations Unies, a-t-il précisé.  Il a ensuite plaidé pour le renforcement des instruments à disposition pour la promotion de cette responsabilité horizontale, en faisant remarquer que les équipes de pays appliquant le PNUAD devaient pouvoir bénéficier des meilleures pratiques en la matière.

Le PAM, a assuré M. Abdulla, a adopté un cadre d’évaluation qui permet de mesurer les résultats obtenus et la manière dont ils ont été réalisés.  M. Abdulla a détaillé les défis représentés par la transition entre la fourniture d’une aide d’urgence et celle pour le développement, en ajoutant que 60% des dépenses totales du PAM pour 2011 concernaient les pays fragiles ou affectés par un pays.  Il a comparé cette transition à un mouvement pendulaire, avec des phases de progrès dans la voie du développement et de la paix et des phases de régression.  Dans un tel contexte, toute programmation doit avoir un effet incitateur pour les phases de progrès et un effet amortisseur lors des phases de régression, a-t-il dit, en ajoutant que cette transition se situait de plus en plus entre l’aide d’urgence et le développement.  Un modèle de financement plus intégré est nécessaire pour appuyer nos efforts, a-t-il affirmé.  En conclusion, il a déclaré que le prochain examen quadriennal complet devrait œuvrer au décloisonnement des différents types d’aide, en soulignant dans un second temps la nécessité d’intégrer la perspective sexospécifique à chaque phase du soutien apporté à un pays en transition.

M. JAN MATTSSON, Directeur exécutif du Bureau des Nations Unies pour les services d’appui aux projets, a fait part d’une certaine impatience face au rythme des réformes et des changements.  En ce qui concerne le financement, il a fait remarquer que la part de l’aide publique au développement (APD) avait été soit réduite, soit avait stagné car les donateurs entrevoient, à présent, d’autres canaux de financement comme des facilités en matière écologique ou des programmes en matière de santé, a-t-il souligné.  M. Mattsson a également fait remarquer que, parallèlement à cette baisse de l’APD, on constatait aussi, depuis la fin de la décennie, une augmentation de l’appui bilatéral, ainsi qu’un rôle accru des entreprises privées pour le financement de certains projets.  S’agissant de l’efficacité, il a considéré que le moment était venu d’étendre l’initiative « Unis dans l’action » afin d’y inclure le Secrétariat de l’ONU.  Il a souligné qu’il était parfois plus aisé pour les six institutions spécialisées, fonds et programmes d’être partenaires de l’Union européenne, par exemple, plutôt que de travailler avec le Secrétariat des Nations Unies.  « Il faut à présent passer des projets pilotes à la réalisation et à la mise en œuvre des décisions prises », a-t-il conclu.

Mme NOELEEN HEYZER, Secrétaire exécutive de la Commission économique et sociale pour l’Asie et le Pacifique (CESAP), a souligné la nécessité de renforcer les partenariats pour la coopération dans le domaine du développement, y compris la coopération Sud-Sud et la coopération régionale, et de promouvoir des approches multisectorielles.  Les acteurs régionaux sont les maillons essentiels d’un système multilatéral plus efficace, a-t-elle poursuivi, avant de mettre en exergue le rôle pivot des Nations Unies dans la recherche des synergies entre les niveaux international, régional et national et la promotion de l’approche intégrée de développement durable réaffirmée dans le Document final de la Conférence Rio+20.  Mme Heyzer a souligné les méthodes de travail des commissions régionales qui, a-t-elle dit, sont basées sur des partenariats étroits avec des réseaux d’experts et les gouvernements.  Ces commissions apportent un appui politique substantiel à des initiatives clefs, tout en amenant les Nations Unies et les partenaires régionaux à coordonner davantage leurs efforts, a-t-elle précisé.

Concernant les priorités du prochain cycle de l’examen quadriennal complet, Mme Heyzer a indiqué que la dimension régionale du développement devrait être pleinement intégrée dans la mise en œuvre des priorités des Nations Unies, les commissions régionales servant, à ce titre, de pont entre les agendas régionaux pour le développement et l’agenda international pour le développement.  Les plateformes intergouvernementales fournies par les commissions doivent être utilisées à plein pour identifier les besoins en constante évolution des pays en transition économique et promouvoir les échanges de bonnes pratiques entre pays confrontés aux mêmes défis, a-t-elle expliqué.  Mme Heyzer a ensuite plaidé pour le renforcement des structures déjà existantes de coordination régionale, telles que les mécanismes de coordination régionale mandatés par le Conseil économique et social et qui sont mis en mouvement par les commissions régionales.  Avant de conclure, elle a appelé de ses vœux l’établissement d’un cadre stratégique pour l’aide au développement au niveau régional, par le biais des mécanismes de coordination régionale et avec l’appui de l’Équipe des directeurs régionaux.

Dialogue interactif

Le système des Nations Unies pour le développement est-il plus utile, plus efficace et plus efficient qu’il y a cinq ans?  Et quelles seront ses priorités stratégiques pendant le prochain cycle quadriennal?  Autour de ces deux questions, plus d’une dizaine de représentants des États Membres ont ensuite partagé leurs vues avec les directeurs des institutions spécialisées, fonds et programmes des Nations Unies en mettant l’accent sur le financement et la nécessité d’améliorer la coordination.

Au nom des pays les moins avancés (PMA), le représentant du Népal a estimé que les efforts pour le développement durable ne devraient pas se faire au détriment du renforcement des capacités nationales.  Il a plaidé pour un système qui serait représenté par « un fonds, une responsabilité, un service d’achats », a-t-il dit, avant de plaider aussi pour un meilleur équilibre entre financement central et financement non central.  La représentante de la Norvège a également insisté, au cours de ce dialogue, pour que le nouveau cycle de l’examen quadriennal complet souligne les besoins particuliers des PMA en matière de développement.

Le représentant de l’Algérie, ainsi que son homologue du Cameroun, ont insisté sur la nécessité de maintenir les efforts de coordination dans des proportions raisonnables en ce qui concerne leurs coûts.  Le Cameroun a notamment fait observer, en matière de coordination, que les institutions spécialisées, fonds et programmes travaillaient dans des situations très diverses et que, dans de tels contextes aussi variés, « une chaussure ne saurait convenir à tous les pieds ».  La délégation du Cameroun a estimé que le choix du coordonnateur résident était crucial dans le cadre des efforts de coordination du système.  Toujours à propos du coordonnateur résident, la représentante des États-Unis a considéré qu’il faudrait fournir à celui-ci davantage d’appui et lui donner une plus grande autorité, ainsi qu’au Groupe des coordonnateurs résidents. 

Les représentants de la Fédération de Russie et de l’Allemagne ont souhaité entendre des pistes en vue de mieux structurer les mécanismes de coordination au cours des années à venir, tandis que la délégation de Cuba a mis l’accent sur le manque de ressources pour le développement et les activités opérationnelles. 

Le représentant de la France a estimé que les négociations en vue d’adopter le nouveau cycle de l’examen quadriennal complet représentaient aussi une opportunité de renforcer le plan-cadre des Nations Unies pour l’aide au développement (PNUAD) et le système des coordonnateurs résidents.  Il a souhaité des précisions afin qu’il soit possible d’évaluer l’ampleur des progrès pouvant être réalisés dans ces deux domaines.

Pour sa part, la représentante des Pays-Bas a souligné l’importance du rôle des femmes dans les différents processus intégrés, tandis que la délégation de l’Indonésie a interrogé la Directrice exécutive d’ONU-Femmes sur l’efficacité de la mise en œuvre de l’initiative « Unis dans l’action » en ce qui concerne l’égalité des sexes.  L’initiative « Unis dans l’action » a été très efficace pour l’autonomisation des femmes en général car elle a donné davantage d’importance aux questions transversales telles que l’égalité des sexes, a répondu Mme Bachelet.

Réagissant également à plusieurs interventions de la part des représentants des États Membres au sujet des coordonnateurs résidents, l’Administratrice du Programme des Nations Unies pour le développement, Mme Clark, a précisé que 40% de ceux-ci ne provenaient pas du PNUD et que, dans le processus de recrutement, la priorité était donnée à la recherche de personnes démontrant « d’excellents talents en matière de direction, ainsi que la capacité à gérer et à conduire l’équipe ».  Elle a considéré qu’il était peu probable que le coordonnateur résident se voit confier davantage de pouvoirs.

S’agissant du coût de la coordination, la Directrice exécutive adjointe du Fonds des Nations Unies pour la population a précisé qu’il s’agissait là de frais qui ajoutent une valeur stratégique et donnent plus de pertinence au système des Nations Unies. 

D’autres délégations, dont celles de la Chine, de la Suisse, du Bangladesh, de l’Égypte, de la République démocratique populaire lao se sont également exprimées au cours de ce dialogue.

Table ronde sur le thème « C’est en forgeant qu’on devient forgeron: enseignements tirés de l’initiative ‘Unis dans l’action’ »

Session 1: « Conclusions de l’évaluation indépendante de l’initiative ‘Unis dans l’action’  »

Le Vice-Président du Conseil économique et social (ECOSOC), M. DESRA PERCAYA (Indonésie), qui animait cette session, a rappelé que l’initiative « Unis dans l’action » avait été lancée au début de 2007 par ses huit pays pilotes.  L’évaluation, a-t-il précisé, est supervisée par le Groupe d’encadrement de l’évaluation, composé de neuf experts en évaluation issus des cinq régions, de pays pilotes, du Corps commun d’inspection (CCI) et du Groupe des Nations Unies pour l’évaluation (GNUE). 

La question de la cohérence d’ensemble du système a été lancée lors du Sommet mondial de 2005.  Une partie du Document final, adopté par les chefs d’état et de gouvernement, était consacrée à la « cohérence du système des Nations Unies » et abordait les domaines du développement, de l’aide humanitaire et de l’environnement. 

L’Assemblée générale invitait notamment le Secrétaire général à renforcer la gestion et la coordination des activités opérationnelles des Nations Unies de sorte qu’elles puissent contribuer à la réalisation des objectifs arrêtés au niveau international, dans ces trois domaines.

À la suite du Sommet mondial, le Secrétaire général a créé un groupe d’experts de haut niveau dont la mission était d’explorer les moyens d’améliorer la cohérence et l’efficacité des travaux menés par le système des Nations Unies partout dans le monde, dans les trois domaines du développement, de l’aide humanitaire et de l’environnement.

Cette étude était destinée à jeter les bases d’une restructuration fondamentale des activités opérationnelles des Nations Unies.  Elle a donné lieu à un rapport, paru en novembre 2006, intitulé « Unis dans l’action ».  Les Nations Unies ont alors lancé le programme éponyme « Unis dans l’action » pour analyser la façon dont l’Organisation pouvait apporter des solutions de manière plus coordonnée au problème de développement.

Huit pays pilotes (Albanie, Cap-Vert, Mozambique, Pakistan, Rwanda, République-Unie de Tanzanie, Uruguay et Viet Nam) se sont proposés pour coopérer avec les Nations Unies dans cette expérience qui vise à l’adoption de programmes uniques de pays, en appui des stratégies nationales de développement.

L’objectif était clair: les pays pilotes, œuvrant en coopération avec tous les organismes des Nations Unies qui s’occupent du développement, prépareraient le terrain pour concrétiser la vision du système des Nations Unies au niveau national.

L’objectif est de mobiliser les efforts, les moyens d’action et les contributions de chacun pour mener une action cohérente à l’appui des efforts déployés par les pays, en vue d’éliminer la pauvreté et de promouvoir la croissance économique et le développement durable.  Les pays pilotes de l’initiative sont convenus de relever ce défi par des moyens ambitieux et originaux.

La vision reposait sur quatre principes: un responsable unique, un programme unique, un cadre budgétaire unique et un bureau unique. 

La Présidente du Groupe d’encadrement de l’évaluation, Mme LILIAM FLORES, a, dans un premier lieu, présenté les détails techniques de l’évaluation indépendante de l’initiative « Unis dans l’action ».  Ainsi, entre octobre 2011 et janvier 2012, l’équipe d’évaluation a visité l’ensemble des huit pays pilotes, les pôles régionaux et les sièges des différentes entités de l’ONU à Genève, Rome, Vienne et New York.  L’évaluation, a-t-elle dit, se concentre sur les huit pays pilotes ainsi que sur les questions systémiques liées à l’initiative « Unis dans l’action ».

En présentant les conclusions et les recommandations du rapport, Mme Flores a en particulier noté que les quatre principes -un responsable unique, un programme unique, un cadre budgétaire unique et un bureau unique– étaient interprétés et appliqués de manière différente dans les huit pays pilotes.  Deux autres principes ont été développés, a-t-elle ajouté, en précisant: « une voix unique et un fonds unique ».

Mme BELÉN SANZ, Membre du Groupe d’encadrement de l’évaluation (Groupe des Nations Unies pour l’évaluation), s’est en partie attachée, dans son exposé, à présenter les conclusions de l’évaluation liées à ces deux derniers principes.  Si les stratégies du programme unique, du responsable unique, du cadre budgétaire unique et du fonds unique ont enregistré des progrès encore modestes, celle sur la voix unique a connu de fortes avancées, a-t-elle notamment expliqué.  Les progrès concernant la stratégie de bureau unique ont, quant à eux, été plus limités, a-t-elle ajouté.

Enfin, M. ISTVÁN POSTA, Membre du Groupe d’encadrement de l’évaluation (Corps commun d’inspection), a souligné que les progrès en faveur des trois résultats intermédiaires, que constituent une appropriation nationale renforcée, une meilleure fourniture de l’appui du système des Nations Unies aux pays et des coûts de transaction réduits, étaient également détaillés dans l’évaluation indépendante. 

M. Posta a expliqué que l’évaluation indépendante comprenait un total de 12 recommandations, qui visaient toutes à accroître l’appropriation nationale, à permettre au système des Nations Unies d’apporter un meilleur appui aux programmes de pays et à renforcer la simplification et l’harmonisation des modes de fonctionnement en vue de réduire les coûts.

Parmi les délégations des États Membres qui se sont exprimées, celle du Mexique a estimé qu’il n’était pas possible de tenir compte de toutes les problématiques nationales.  Elle a également mis l’accent sur la nécessité de préserver le principe d’appropriation nationale pour les stratégies de développement des pays.

Son homologue de la Fédération de Russie a estimé que le coordonnateur résident devrait avoir une fonction de médiateur susceptible d’élaborer des propositions communes.  La déléguée des États-Unis a, comme sa collègue du Canada, déploré le manque de données concrètes. 

Le représentant du Mozambique a observé, pour sa part, que l’initiative « Unis dans l’action » avait contribué à améliorer le leadership et l’appropriation des processus au niveau des pays, en harmonisant et en alignant les avantages comparés des interventions du système des Nations Unies sur les priorités nationales.

Session 2: « Réussites et revers de l’initiative ‘Unis dans l’action’: réflexions en provenance de Tirana et de Montevideo »

Animé par M. DESRA PERCAYA (Indonésie), Vice-Président de l’ECOSOC, cette deuxième table ronde a permis d’entendre les interventions liminaires de M. GAZMEND TURDI, Secrétaire général du Ministère des affaires étrangères de l’Albanie, et de M. DIEGO CÁNEPA, Secrétaire adjoint de la Présidence de l’Uruguay, Président de l’Agence uruguayenne de coopération internationale et Président de la quatrième Conférence intergouvernementale sur l’initiative « Unis dans l’action », qui s’était tenue en novembre 2011, à Montevideo, la capitale de l’Uruguay.

M. Percaya a rappelé que les deux Réunions de haut niveau qui ont eu lieu respectivement à Montevideo, en novembre 2011, et à Tirana (Albanie), en juin 2012, sont importantes.  Leurs résultats, a-t-il assuré, vont enrichir les délibérations des États Membres, en préparant l’examen quadriennal prévu à l’automne prochain.

« Jamais l’ONU n’a été plus proactive à l’égard des besoins des pays qu’en appliquant « Unis dans l’action », a estimé M. Turdi, en mettant l’accent sur les conclusions de la Réunion de Tirana de juin 2012.  Il a souligné qu’il était nécessaire de mieux harmoniser le cadre de développement de l’ONU avec celui des pays, en ajoutant que la fragmentation ne pourra être surmontée que par le biais d’une « démarche verticale ».  Si l’initiative « Unis dans l’action » a permis à l’ONU de mieux s’adapter aux besoins et priorités des pays à différentes étapes du développement, le document final souligne aussi la nécessité d’aller au-delà de la phase actuelle, a-t-il dit.  C’est pourquoi, il a appelé le Secrétaire général à désigner le président du Groupe de développement pour lancer un processus approfondi parmi les directeurs des institutions spécialisées, fonds et programmes de l’ONU, afin de créer un cadre approprié au Siège qui puisse permettre aux responsables des équipes de pays de mettre en œuvre l’initiative « Unis dans l’action ».

« Nous parlons d’une architecture nouvelle du développement », a insisté, M. cánepa, en s’appuyant sur les expériences de 12 institutions résidentes et non résidentes de l’ONU.  Il est nécessaire, a-t-il dit, de renforcer les responsabilités et pouvoirs du coordonnateur résident et de l’équipe de pays des Nations Unies afin d’améliorer l’efficacité des programmes de l’ONU dans le pays concerné.

Il faut aller au-delà de la phase pilote, ont insisté les deux intervenants en souhaitant que soient renforcés les pouvoirs des équipes de pays des Nations Unies en vue d’une meilleure cohérence et d’une plus forte cohésion du système de l’ONU dans tout le pays.  « Si nous ne réussissons pas, c’est la légitimité même de l’ONU en matière de développement qui sera remise en cause, a insisté M. Cánepa. 

« Même si nous représentons une diversité de pays qui se trouvent à des niveaux de développement, nous soulignons la nécessité d’une démarche unie qui tienne le plus grand compte des spécificités de chaque pays », a dit M. Cánepa.  De son côté, M. Turdi a indiqué que les huit pays pilotes et les 20 autres pays, qui ont suivi l’exemple, se sont félicités des résultats de l’initiative « Unis dans l’action », laquelle, estiment-ils, limite les interlocuteurs et, par conséquent, les coûts. 

« Il faut examiner la structure de gouvernance pour que la responsabilité soit partagée entre tous », a insisté le représentant de l’Australie, en souhaitant que l’objectif principal soit de répondre aux priorités des différents pays, sans imposer tous les outils de reforme à tous les programmes et à tous les pays. 

« Il ressort clairement que pour créer un cadre budgétaire au niveau du pays, il faut une coordination sur le terrain, mais aussi au siège entre les institutions spécialisées, fonds et programmes présents sur le terrain », a considéré le représentant de l’Indonésie.   

Rappelant que les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) post-2015 devront être intégrés dans les futurs objectifs du développement durables (ODD) visés dans le Document final de la Conférence Rio+20, le représentant du Maroc a jugé indispensable de définir les activités opérationnelles qui permettront d’assurer un processus harmonieux et cohérent de nature à définir clairement les ODD.  

En réponse à une question de la représentante de la Norvège sur les attentes des pays pilotes, M. Turdi a précisé que les fonds devaient être prévisibles, flexibles et pluriannuels. 

Réagissant à une question du représentant de l’Allemagne sur les frais de transaction aux fins des activités de développement, M. Cánepa a mis l’accent sur les oppositions et résistances à toute politique de changement qui, a-t-il prévenu, risquent de se traduire, au début, par une perte d’efficacité.  

« Si plus de 30 États Membres ont décidé d’adopter « Unis dans l’action » et de ne plus revenir en arrière, cela signifie que cette démarche a porté ses fruits », a conclu M. Turdi.

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