L’ONU célèbre le cinquième anniversaire de la Déclaration sur les droits des peuples autochtones « triomphe de la justice et de la dignité humaine »

17 mai 2012
DH/5095

L’ONU célèbre le cinquième anniversaire de la Déclaration sur les droits des peuples autochtones « triomphe de la justice et de la dignité humaine »

17/05/2012
Conseil économique et social
DH/5095
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Instance permanente sur les questions autochtones

Onzième session

Réunion commémorative de haut niveau - matin

L’ONU CÉLÈBRE LE CINQUIÈME ANNIVERSAIRE DE LA DÉCLARATION SUR LES DROITS DES PEUPLES AUTOCHTONES

« TRIOMPHE DE LA JUSTICE ET DE LA DIGNITÉ HUMAINE »

« Triomphe de la justice et de la dignité humaine », c’est par ces mots que le Sous-Secrétaire général aux droits de l’homme a célébré aujourd’hui, au Siège des Nations Unies à New York, le cinquième anniversaire de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones –« Déclaration »- adoptée par l’Assemblée générale en 2007 après 20 ans de négociation.  Le Ministre des affaires étrangères de la Bolivie a qualifié le document de « meilleur moyen de corriger les déséquilibres nés des modes de consommation occidentaux » alors que le Président de l’Instance permanente sur les questions autochtones y a vu « un processus de guérison ».   

Parmi les organisations autochtones des sept régions du monde, certaines ont voulu passer à la vitesse supérieure, en avançant des idées dont celle d’un protocole facultatif à la Déclaration consacré spécifiquement aux ressources naturelles ou celle du lancement par l’ONU d’un véritable processus de décolonisation.

Célébration du cinquième anniversaire de la Déclaration

Si le Sous-Secrétaire général aux droits de l’homme, M. Ivan Šimonović, a qualifié la Déclaration de « triomphe de la justice et de la dignité humaine », le Ministre bolivien des affaires étrangères, M. David Choquehuanca, a carrément affirmé que la mise en œuvre de ce document était le meilleur moyen de corriger les déséquilibres et les crises qu’ont entrainées les modes de consommation occidentaux.  Il a confié qu’en 1992, les Lakota du Dakota sont venus en Bolivie expliquer que selon leurs croyances, le chaos et l’abîme seraient suivis par des « guerriers de l’arc en ciel » qui redonneront vie à la planète. 

La mise en œuvre de la Déclaration, a insisté le Ministre bolivien, est l’occasion de « revenir sur la voie de la complémentarité, de l’identité, de l’équilibre et du non-temps » car personne n’a plus le temps du « bien-vivre » et de « l’écoute ».  « Même le Secrétaire général n’a plus le temps d’être avec nous », a dénoncé le Ministre. 

Dans son message vidéo, M. Ban Ki-Moon a salué la Déclaration en tant que « résolution phare » pour protéger les grands savoirs des autochtones en matière de préservation et de gestion de l’environnement.

L’ensemble des intervenants -États Membres, organisations autochtones et représentants du système de l’ONU- ont souhaité que ce cinquième anniversaire soit l’occasion de renouveler les engagements de manière à ce que le dixième anniversaire de la Déclaration soit l’occasion de célébrer encore plus d’acquis dans l’intérêt des droits de l’homme mais aussi des objectifs de développement durable, qui doivent être affinés au mois de juin à la Conférence Rio+20.

Si le Grand Chef Edward John, Président de l’Instance permanente sur les questions autochtones, a associé la « Déclaration » à un processus de guérison, à un texte visionnaire donnant un nouvel élan aux droits des peuples autochtones, le Grand Chef Wilton Littlechild, Président du Mécanisme d’expert sur les droits des peuples autochtones, a rappelé que les services juridiques de l’ONU qualifient ce document « d’instrument solennel concernant des questions d’importance majeure qui nécessitent une attention soutenue ».  

Résumant les difficultés qui ont jalonné les 20 ans de négociation, M. Luiz Chavez, ancien Président du Groupe de travail sur les peuples autochtones, a rappelé que l’adoption de ce « document révolutionnaire » s’était heurtée à l’opposition de nombreux États qui refusaient de voir le mot « peuple » accolé à « autochtone ».  

Rapporteur spécial sur les droits des peuples autochtones depuis le 26 Mars 2008 et professeur de droit international et des droits de l’homme à l’Université américaine de l’Arizona, M. James Anaya, a parlé du chemin qui reste à parcourir car « les violations des droits des autochtones qui trouvent leur source dans un passé d’oppression reste une réalité partout dans le monde ».

Le représentant du « Caucus de l’Arctique » a suggéré la rédaction d’un protocole facultatif à la Déclaration, consacré spécifiquement à la protection des ressources naturelles sur les terres autochtones.  Celui du « Caucus du Pacifique » a appelé l’ONU à aller au-delà de la Déclaration et à travailler à « une décolonisation dans la dignité ».

D’autres Caucus ont préféré parler du présent.  Le Caucus de l’Asie a fustigé une situation dans les pays de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) où les droits des peuples autochtones se heurtent à l’industrie extractive et à la militarisation.  Les Caucus des « Jeunes » et des « Femmes » ont souligné le caractère essentiel de la Déclaration pour leur avenir.  Celui de l’Afrique a exhorté les pays du continent à harmoniser leur législation nationale avec les principes de la « Déclaration ».

« Régler les différends du passé est essentiel pour restaurer la confiance entre les gouvernements et les tribus », a prévenu Mme Jodi Gillette, Conseillère de la Maison blanche sur les questions autochtones et membre de la tribu Sioux Oglala Lakota.

Sont également intervenus pour illustrer leurs efforts et leur volonté de poursuivre la mise en œuvre de la Déclaration, les représentants de l’Union européenne, de l’Équateur, d’El Salvador, du Pérou, du Mexique, du Nicaragua, du Danemark, de l’Australie, de l’Allemagne, de la Slovénie, de la Norvège, de la Suède et de la Finlande, ce dernier mettant l’accent sur l’urgence de mobiliser les moyens pour sauver les langues autochtones qui disparaissent à un rythme inquiétant. 

Le Ministre bolivien des affaires étrangères a recommandé que la Conférence mondiale sur les peuples autochtones prévue en 2014, se tienne au niveau des chefs d’État les 22 et 23 septembre, avec la participation des autochtones de sept régions du monde. 

En début de séance, le Président de l’Assemblée générale, M. Nassir Abdulaziz Al-Nasser a remercié les participants pour s’être montré souples et avoir compris que la célébration du cinquième anniversaire de la Déclaration n’ait pu se faire dans la salle de l’Assemblée générale.  Ce changement de lieu a suscité un mouvement collectif de mauvaise humeur.  Beaucoup y ont vu une sorte de mépris à l’égard des peuples autochtones.

Outre un Fonds de contributions volontaires, créé en 1985, pour aider les représentants des peuples autochtones à participer aux réunions, l’ONU a trois structures consacrées à ces peuples à savoir l’Instance permanente sur les questions autochtones chargée de suivre la mise en œuvre de la Déclaration; le Rapporteur spécial sur les droits des peuples autochtones et le Mécanisme d’experts sur les droits des peuples autochtones qui, créé en 2007, dote le Conseil des droits de l’homme d’une compétence thématique.  

L’Instance permanente des questions autochtones débattra cet après-midi, à partir de 15 heures, de son programme de travail pour l’année 2013.  Elle devrait conclure ses travaux annuels demain, 18 mai.  

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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