Conférence de presse de la Représentante spéciale du Secrétaire général pour le sort des enfants en temps de conflit armé

3 December 2012
Conférence de presse

Conférence de presse de la Représentante spéciale du Secrétaire général pour le sort des enfants en temps de conflit armé

3/12/2012
Communiqué de presse
Conférence de presse
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CONFÉRENCE DE PRESSE DE LA REPRÉSENTANTE SPÉCIALE DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL

POUR LE SORT DES ENFANTS EN TEMPS DE CONFLIT ARMÉ

La nouvelle Représentante spéciale du Secrétaire général pour le sort des enfants en temps de conflit armé, Mme Leïla Zerrougui, a salué aujourd’hui le ferme engagement du Gouvernement du Yémen et du groupe armé Al Houthi, à lutter contre le recrutement et l’emploi d’enfants soldats.

Invitée du Point de presse, Mme Zerrougui, qui a été nommée en juillet 2012 pour remplacer Mme Radhika Coomaraswamy, a effectué une visite « très chargée et productive » au Yémen du 26 au 28 novembre, à l’invitation du Gouvernement yéménite, qui est en passe d’élaborer un plan d’action national conforme à la résolution 1612 (2005) du Conseil de sécurité sur les enfants et les conflits armés.

« Je suis encouragée par la promesse du Président Abdrabuh Mansour Hadi Mansour, et d’autres membres du Gouvernement, de mettre fin au recrutement d’enfants par les forces gouvernementales », a-t-elle déclaré, en ajoutant que la restructuration des forces de sécurité prévue pendant la période de transition « offrait une occasion d’en finir avec les violations des droits de l’enfant et de professionnaliser l’armée ».

Mme Zerrougui, qui a été le numéro 2 de la Mission de l’ONU pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), a précisé que, dans un pays dont la majeure partie de la population est âgée de moins de 18 ans, « les consignes publiques du Président à toutes les forces de sécurité de s’abstenir d’enrôler des mineurs constitue un premier jalon ».

Cela est également vrai, selon elle, pour le Premier Ministre, M. Mohamed Salem Mohamed Basendwah, qui a accepté et signé un engagement visant à la mise sur pied d’un mécanisme fondé sur les Principes directeurs relatifs aux enfants associés aux forces armées ou aux groupes armés dits Principes de Paris.

Mme Zerrougui a rappelé qu’au Yémen, quatre parties figuraient sur la « liste de la honte »* à savoir, les forces armées yéménites, la Première Division blindée de M. Ali Mohsen, la milice tribale progouvernementale et le groupe armé Al Houthi.

Durant sa visite, la Représentante spéciale a d’ailleurs rencontré, au plus haut niveau, des représentants de ces parties, que ce soit à Sana’a, ou dans le Governorat de Sa’ada, dans le nord, où elle s’est entretenue avec M. Abdul Malik Badraldeen Al Houthi, leader du groupe armé Al Houthi.  Elle s’est également entretenue avec le Comité pour la sécurité et la stabilité chargé des questions militaires établi par l’Initiative du Conseil de coopération du Golfe.

Soulignant la gravité de la situation des enfants dans toutes les régions du pays, où le tiers de la population souffrent de la pauvreté et de la malnutrition, elle a indiqué que la « pire des violations » résidait dans l’utilisation d’engins explosifs et le nombre de mines antipersonnel « partout, même dans les villes ».

Mme Zerrougui a indiqué qu’entre 2011 et 2012, en particulier pendant la période des troubles, des établissements scolaires et médicaux avaient été attaqués.  Quelque 253 écoles ont été détruites, condamnant les enfants au déplacement et à une scolarité chaotique aussi bien dans le nord que dans le sud du pays.  « Des enfants ne vont pas à l’école à cause de l’insécurité », a-t-elle poursuivi.

Au cours de sa visite dans « un climat encore très tendu et complexe, où les enfants continuent de payer un lourd tribut », Mme Zerrougui a également rencontré des enfants victimes du conflit, dont des enfants mutilés par des engins explosifs, des membres du Parlement des enfants et des représentants de la société civile.

La Représentante spéciale s’est félicitée de « l’excellent travail » d’une équipe de pays de l’ONU solide, notamment l’UNICEF, dans un pays, a-t-elle souligné, partie à la Convention relative aux droits de l’enfant et doté d’un cadre juridique fort.  « Il manque cependant la mise en œuvre », a-t-elle observé, en rejetant l’argument ou le prétexte « culturel » pour justifier certains agissements à l’encontre des enfants.

Bien que cela ne s’inscrive pas dans son mandat spécifique, la Représentante spéciale a avoué avoir soulevé la question de la traite des enfants yéménites en Arabie saoudite.

*     Annexe des rapports du Secrétaire général sur les enfants en temps de conflit armé dans laquelle figurent les parties à un conflit qui recrutent ou utilisent des enfants, les tuent ou les mutilent ou commettent des violences sexuelles contre eux.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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