Conférence de presse des Rapporteurs spéciaux sur les situations des droits de l’homme au Myanmar et dans les territoires palestiniens occupés

25 octobre 2012
Conférence de presse

Conférence de presse des Rapporteurs spéciaux sur les situations des droits de l’homme au Myanmar et dans les territoires palestiniens occupés

25/10/2012
Communiqué de presse
Conférence de presse
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE DES RAPPORTEURS SPÉCIAUX SUR LES SITUATIONS DES DROITS

DE L’HOMME AU MYANMAR ET DANS LES TERRITOIRES PALESTINIENS OCCUPÉS

Les Rapporteurs spéciaux sur la situation des droits de l’homme au Myanmar et dans les territoires palestiniens occupés ont confié aujourd’hui à la presse leurs préoccupations face aux violences communautaires dans l’État de Rakhine et à la construction des colonies de peuplement. 

MM. Tomás Ojea Quintana et Richard Falk sont au Siège de l’ONU à New York pour participer aux travaux de la Troisième Commission chargée des questions sociales, humanitaires et culturelles. 

Le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme au Myanmar a exhorté les autorités du pays, qui sont actuellement engagées dans une série de réformes « historiques », à inclure dans ces efforts le respect des droits de l’homme qui demeure une source de préoccupation, en particulier dans le contexte des violences intercommunautaires dans l’État de Rakhine.

Dressant un bilan des affrontements meurtriers qui opposent les musulmans et les bouddhistes, dans cet État situé dans l’ouest du Myanmar, M. Tomás Ojea Quintana a exhorté le Gouvernement à s’attaquer aux causes sous-jacentes de ces tensions. 

« Cela passe nécessairement par la lutte contre la discrimination des minorités ethniques et, en particulier, la communauté musulmane des Rohingya ». Le Rapporteur spécial a jugé impératif d’initier un processus d’intégration et de réconciliation à long terme entre les communautés musulmanes et bouddhistes.

En dépit des réformes « extraordinaires » engagées par les autorités du Myanmar, M. Ojea Quintana a demandé à ces dernières de mettre aussi l’accent sur la justice, la vérité et la responsabilité des personnes impliquées dans les violations commises dans le passé.

Il a salué les progrès « significatifs » matérialisés par les accords de cessez-le-feu entre les groupes ethniques armés mais s’est inquiété des allégations sur les graves violations des droits de l’homme contre des populations civiles, les exécutions extrajudiciaires, les violences sexuelles et l’enrôlement d’enfants par toutes les parties, notamment dans les États de Rakhine et de Kachin.

M. Ojea Quintana est revenu sur la mission qu’il a effectuée dans le pays en août dernier et a indiqué qu’il a pu rendre visite à des prisonniers de conscience.  Il a lancé un appel à leur libération.

Le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967, s’est quant à lui focalisé sur la construction des colonies de peuplement autorisée par Israël en violation du droit international.  Ces colonies, a-t-il accusé, profitent à des sociétés privées nationales et internationales sélectionnées par l’État hébreu lui-même.

M. Richard Falk a estimé indispensable de s’attarder sur la dimension économique de ces colonies compte tenu de leur extension, mais aussi sur les investissements « massifs » qu’elles exigent et qui confirment la volonté des autorités israéliennes de garder le contrôle sur la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est.

«  De telles pratiques violent l’Article 2 de la Charte des Nations Unies qui interdit l’acquisition d’un territoire par la menace ou la force », a-t-il rappelé.

Le Rapporteur spécial a insisté sur la responsabilité des sociétés impliquées dans une activité qui viole les droits des Palestiniens.  Lançant un appel au boycott des colonies, il a encouragé la société civile à se joindre au mouvement et à faire valoir la responsabilité pénale de ces sociétés.   « Il faut des initiatives juridiques et politiques aux niveaux national et international»,  a insisté le Rapporteur spécial, en évoquant la saisine de la Cour international de la Justice (CIJ).

M. Robert Falk s’est indigné de l’attitude d’Israël qui ne cesse de fouler du pied ses obligations internationales, en particulier vis-à-vis des résolutions de l’ONU.  Cela touche, a-t-il averti, à la viabilité du processus visant à créer deux États vivant à côte à côte, dans la paix et la sécurité et dans les frontières internationalement reconnues.  

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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