Conférence de presse à l’occasion du lancement du Rapport sur la sécurité humaine pour 2012

10 octobre 2012
Conférence de presse

Conférence de presse à l’occasion du lancement du Rapport sur la sécurité humaine pour 2012

10/10/2012
Communiqué de presse
Conférence de presse
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONF ÉRENCE DE PRESSE À L’OCCASION DU LANCEMENT DU RAPPORT SUR LA SÉCURITÉ HUMAINE POUR 2012

« Les récentes données contredisent les idées bien établies sur la violence sexuelle en temps de guerre, y compris celle qui consiste à penser que le viol est une arme stratégique utilisée à grande échelle », ont déclaré des experts le 10 octobre lors d’une conférence de presse au Siège des Nations Unies.  Cette conférence de presse avait lieu à l’occasion du lancement du Rapport sur la sécurité humaine pour 2012.

Ce rapport intitulé « Violence sexuelle, éducation et guerre: au-delà du discours dominant », et réalisé par une équipe de recherche de l’Université Simon Fraser de Vancouver, au Canada, remet également en question les idées selon lesquelles la violence sexuelle serait nécessairement en hausse et constituerait la norme pour tous les pays affectés par un conflit.

La conception qui voit dans la violence sexuelle, non pas une violence opportuniste mais une stratégie délibérée, est discutée et mise en doute dans ce rapport.

« La communauté internationale doit collecter et utiliser les preuves de violence sexuelle avec davantage de rigueur et ne pas hésiter à remettre en question le discours dominant sur la violence sexuelle », a déclaré M. Sébastian Merz, Directeur adjoint du rapport, aux côtés de M. Andrew Mack, Directeur associé du Projet Rapport sur la sécurité humaine.

M. Merz a en outre indiqué qu’il y avait une grande variation dans la violence sexuelle d’un pays à un autre et d’un conflit à l’autre, ajoutant « que nous n’avons aucun élément de preuve indiscutable qui montrerait une augmentation de la violence sexuelle, contrairement à ce qui a souvent été dit ».

Soulignant les implications politiques importantes de ce rapport, M. Merz a invité à mieux comprendre les facteurs expliquant la diminution de la violence sexuelle afin d’élaborer des politiques de prévention plus efficaces.

« Nous ne disposons pas suffisamment de preuves montrant que l’utilisation du viol comme arme de guerre s’est faite à grande échelle », a affirmé, pour sa part, M. Mack.  S’il y a eu dans le passé de tels cas d’utilisation du viol, comme en Bosnie dans les années 1990, M. Mack a souligné que cette pratique était rarement une stratégie décidée au plus haut niveau.  « Les menaces de poursuivre en justice les dirigeants présumés coupables de telles violences ont donc peu de chance d’aboutir à une diminution de la violence sexuelle en temps de conflit », a-t-il indiqué.

« De fait, le rapport montre que la violence domestique était davantage répandue que celle qui était pratiquée du fait des combattants », a poursuivi M. Mack qui a indiqué que la communauté internationale, en ignorant cet état de fait, a ainsi ignoré le plus grand nombre de victimes.  Il a également affirmé que le discours dominant sur la violence sexuelle passait sous silence l’impact de ce type de violence sur les hommes, ainsi que les violences sexuelles commises par des femmes, bien que celles-ci demeurent les victimes les plus nombreuses de ce phénomène. 

M. Merz a tenu à préciser que les conclusions de ce rapport ne remettaient pas en cause la gravité des violences sexuelles, ni la nécessité de financer la lutte contre de telles violences.  Une compréhension plus fine de ces violences est cruciale, a-t-il indiqué.

Les deux experts ont indiqué que le rapport montrait également, contrairement aux idées reçues, qu’un conflit armé ne détruit pas nécessairement le système éducatif.  Les données recueillies dans 25 pays montrent en effet que le système éducatif a quatre fois plus de chances de s’améliorer au fil du temps que de se dégrader en période de conflit.

Cette amélioration a été constatée dans des pays comme le Sénégal, qui a connu un conflit de basse intensité, et la République démocratique du Congo, qui a été touchée par un conflit de haute intensité, a affirmé M. Merz.

Enfin, les deux experts ont indiqué que les guerres civiles dans lesquelles intervenaient les forces de pays étrangers en appui d’un des belligérants faisaient deux fois plus de victimes que les guerres intra-étatiques sans intervention étrangère.  Une telle intervention doit donc être considérée avec prudence, a conclu M. Merz.

*   ***   *

À l’intention des organes d’information • Document non officiel
À l’intention des organes d’information • Document non officiel.