Conférence de presse sur « Fashion 4 Development », dispositif mondial pour faire avancer les Objectifs du Millénaire pour le Développement

28 juin 2012
Conférence de presse

Conférence de presse sur « Fashion 4 Development », dispositif mondial pour faire avancer les Objectifs du Millénaire pour le Développement

28/06/2012
Communiqué de presse
Conférence de presse
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE SUR « FASHION 4 DEVELOPMENT », DISPOSITIF MONDIAL

POUR FAIRE AVANCER LES OBJECTIFS DU MILLÉNAIRE POUR LE DÉVELOPPEMENT

Il faut donner à l’industrie de la mode en Afrique, qui a un grand potentiel, les moyens de se développer pour contribuer aux efforts de développement des pays concernés, ont plaidé ce matin Mme Franca Sozzani, Rédactrice en chef du magazine Vogue Italie, et la présidente de « Fashion 4 Development » (F4D), Mme Evie Evangelou, qui présentaient au Siège de l’ONU les mesures prises en ce sens dans le cadre de cette initiative.

Après une table ronde qui a eu lieu ce matin sur le thème « La mode pour le développement: Perspectives d’avenir », organisée conjointement par le Cabinet du Secrétaire général, la Mission permanente de l’Italie et « Fashion 4 Development », une conférence de presse organisée ce matin a été l’occasion de souligner la nécessité d’utiliser toutes les voies, y compris celle de la mode, pour accélérer les efforts en vue de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) d’ici à 2015.

Alors que chaque jour dans le monde une femme sur 1 000 meurt de complications de la grossesse ou de l’accouchement, et que 22 000 enfants de moins de cinq ans meurent de maladies que l’on pourrait facilement éviter, comme l’a rappelé M. Ray Chambers, Envoyé spécial du Secrétaire général pour le paludisme et Défenseur des OMD, l’initiative F4D a pour objectif d’aider les femmes et les entreprises du monde en développement.  L’industrie de la mode peut soutenir les économies des pays en développement, a assuré M. Chambers.  Pour plus d’efficacité dans ce domaine, il a signalé la possibilité que l’Union africaine élimine les taxes sur les importations de tissus vers l’Afrique.

M. Cesare Ragaglini, Représentant permanent de l’Italie auprès des Nations Unies, a rappelé que son pays est très actif depuis des décennies dans l’aide au développement en Afrique et ailleurs.  Il a aussi souligné que la mode est l’une des industries les plus importantes en Italie, avec 100 000 entreprises travaillant dans ce secteur, qui représentent 40% des exportations de produits italiens.

De son côté, la Rédactrice en chef de Vogue Italie et Ambassadrice de bonne volonté de « Fashion 4 Development », a expliqué comment le secteur de la mode pouvait se développer en Afrique et pourquoi cela était crucial à l’heure actuelle.

« L’Afrique a une longue histoire avec la mode », a souligné la journaliste italienne, qui figure parmi les personnes les plus influentes au niveau mondial dans le secteur de la mode.  Il y a quelques années, il y avait au Ghana 44 entreprises textiles, alors qu’il n’y en a plus que 4 actuellement.  C’est la même chose pour le Nigéria, a-t-elle indiqué.

Posant les problèmes qui se posent dans ce secteur, Mme Sozzani a relevé que si des matériaux bruts de qualité et les compétences sont disponibles en Afrique, il n’y a pas sur le continent suffisamment de moyens pour assurer la production, ce qui l’oblige à passer par la Chine.  En outre, les pays africains n’ont pas suffisamment de lieu de distribution des produits qu’ils créent, a-t-elle indiqué.  Elle a aussi soulevé la nécessité de mieux financer cette industrie.

Comme exemple de ce qu’il est possible de faire, Mme Sozzani a parlé d’une fondation au Ghana, dénommée « Global Mamas », qui aide les femmes à accéder au marché du travail.  Les produits textiles fabriqués par ces femmes sont vendus non seulement par le biais du commerce électronique, mais aussi dans les meilleures boutiques de Portofino, a-t-elle déclaré.  Les produits ne sont pas forcément folkloriques ou à connotation ethnique, et ils ont les caractéristiques qui leur permettent d’entrer sur le marché de la mode à l’étranger, a-t-elle souligné.  Mais, de l’avis de Mme Sozzani, l’industrie africaine de la mode doit également produire des vêtements qui correspondent au style et aux goûts africains afin de pouvoir vendre localement.

Elle a aussi donné des détails sur une association religieuse établie dans le nord de l’Ouganda, qui emploie une cinquantaine de femmes, certaines atteintes du sida, tandis que d’autres sont des anciennes combattantes.  Ces femmes produisent 1 000 chemises tous les 45 jours, a-t-elle précisé.

Vantant les grandes compétences professionnelles des femmes africaines, Mme Sozzani a encouragé à leur offrir du travail.  Mais, a-t-elle averti, nous devons aussi leur fournir les moyens de distribuer leurs produits car les marchés locaux sont limités.  L’étape suivante est de trouver des financements plus importants et notamment des avances, pour leur permettre de fabriquer davantage, a-t-elle préconisé.

« Maintenant, c’est à nous de croire que l’Afrique peut réussir dans ce domaine, tout comme la Chine, le Brésil et la Roumanie », a dit Mme Sozzani, en estimant que les difficultés actuelles sont juste dues à un problème d’organisation.  Il faut pouvoir fournir du travail sur la durée, a-t-elle relevé.  Elle a donc lancé un appel à trouver de nouvelles idées.  À cet égard, elle a suggéré de mettre à la disposition des femmes qui travaillent dans cette industrie des crèches pour leurs enfants.

La cofondatrice et présidente de « Fashion 4 Development », Mme Evie Evangelou, a précisé que cette initiative a pour objet d’éduquer, d’autonomiser et de créer des emplois dans la mode.  F4D s’est engagé cette année dans le cadre de l’’initiative des Nations Unies « Chaque femme, chaque enfant », lancée par le Secrétaire général pour soutenir la Stratégie globale pour la santé maternelle et infantile, a-t-elle annoncé.

Mme Evangelou a cité des grands noms de la mode, comme Fendi, qui participent à cette œuvre, ainsi que des organisations, comme « Fashion Designers Without Borders » et SUSTAINIA.  Elle a également présenté un foulard de la marque Alexandra Taylor, qui porte le label du commerce durable, ainsi que le Magazine L’Uomo Vogue qui s’intéresse à l’industrie de la mode en Afrique.

Enfin, Mme Evangelou a annoncé que, en parallèle de la session plénière de l’Assemblée générale de l’ONU, à l’automne prochain, F4D organisera un déjeuner de premières dames à l’hôtel Pierre, à New York, auquel assisteront notamment la princesse Mette-Marit de Norvège et l’acteur Colin Firth.

Fashion Week à New York coïncidera, en septembre, avec l’ouverture de la nouvelle session de l’Assemblée générale, a également signalé M. Chambers.

« Il nous faut prouver qu’il peut y avoir une nouvelle génération de designers en Afrique », a conclu Franca Sozzani.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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