Conférence de presse du Directeur exécutif de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, M. Yury Fedotov

26 juin 2012
Conférence de presse

Conférence de presse du Directeur exécutif de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, M. Yury Fedotov

26/06/2012
Communiqué de presse
Conférence de presse
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE DU DIRECTEUR EXÉCUTIF DE L’OFFICE DES NATIONS UNIES

CONTRE LA DROGUE ET LE CRIME, M. YURY FEDOTOV


Les tendances mondiales de la production et de la consommation de drogues illicites sont restées « largement stables », à l’exception de l’Afghanistan, où la production d’opium est repartie à la hausse, et de l’Afrique de l’Ouest, où le nombre de consommateurs de cocaïne atteint un niveau sans précédent, selon l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC).


« Deux cent trente millions de personnes à travers le monde ont consommé, au moins une fois en 2010, une drogue illicite, ce qui représente 5% de la population adulte mondiale âgée de 15 à 64 ans », a expliqué, cet après-midi, à New York, le Directeur exécutif de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, M. Yury Fedotov, lors de la présentation du « Rapport mondial sur les drogues 2012 ».


Si la tendance que l’on observe en matière de consommation reste stable dans la plupart des pays industrialisés et des pays à moyens revenus, l’UNODC constate toutefois une hausse du nombre d’usagers dans les pays en développement, en particulier en Asie et en Afrique de l’Ouest « où les principales routes du trafic de drogues génèrent une hausse du marché local de la consommation », a noté M. Fedotov. 


« Nous observons cette situation, par exemple, en Afghanistan, au Pakistan et en Iran, trois pays qui enregistrent un taux de prévalence élevé de la consommation d’opium dans le monde », a-t-il précisé.  « L’Afrique de l’Ouest, pour sa part, compte environ 2,3 millions de consommateurs de cocaïne, soit un niveau jamais atteint précédemment », a-t-il poursuivi.


En ce qui concerne la production d’opium au niveau mondial, celle-ci a atteint 7 000 tonnes en 2011.  « Cela représente une hausse significative par rapport à 2010, année au cours de laquelle une maladie végétale avait détruit presque la moitié de la récolte », a-t-il rappelé.  L’Afghanistan, avec 90% de la production mondiale, demeure le principal pays producteur d’opium, suivi par le Myanmar.


Entre 2007 et 2010, la superficie totale des zones consacrées à la culture de la cocaïne a connu une chute de 18%, note encore le Rapport 2012 de l’UNODC.  La publication montre également une tendance inquiétante en ce qui concerne la consommation de désomorphine, ou « drogue du crocodile », aux conséquences mortelles, ainsi qu’une augmentation dans l’abus de « substances psychoactives » qui échappent au contrôle en matière de drogues fixé par les conventions internationales.  « Ces dernières sont parfois vendues comme substituts à la cocaïne et à l’ecstasy, ou comme plante végétale », a expliqué le Directeur exécutif de l’UNODC.


S’agissant du trafic de drogues dans certaines régions, en particulier entre l’Amérique centrale et les États-Unis, M. Fedotov a précisé que l’Office renforçait sa présence et ses partenariats à Panama City (Panama) et Mexico City (Mexique), deux zones particulièrement touchées par les violences liées à la drogue. 


« Bien que le rapport observe une baisse des quantités de cocaïne entrant au États-Unis depuis le Mexique, ainsi qu’une diminution de la consommation de cocaïne sur le territoire américain, une part de ces déclins contribue à l’augmentation de la violence, étant donné que les groupes qui y sont impliqués luttent entre eux pour le contrôle du trafic », a, de son côté, expliqué M. Thomas Pietschmann, chercheur à l’Office.


Chaque année le 26 juin, à l’occasion de la Journée internationale de la lutte contre l’abus et le trafic de drogues, l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime fournit à travers son « Rapport mondial sur les drogues » une image très détaillée de la production, de la consommation et des conséquences sanitaires des drogues.


Les années de référence de ce Rapport sont 2010 et 2011, selon les domaines abordés.  Cette année, la volonté de l’UNODC a été de faciliter la lecture de ce Rapport, ainsi que la consultation de ses chiffres et graphiques.  « La présentation a été réduite à 100 pages, contre 273 l’an dernier, et la publication est accompagnée d’un CD qui reprend en détails les données analysées », a précisé son Directeur exécutif.


C’était la première fois que ce Rapport était présenté, à New York, dans le cadre d’un débat thématique de l’Assemblée générale, animé par le Chef de l’UNODC puis, dans l’après-midi, au cours d’une conférence de presse.  « Cela illustre à quel point la question des drogues illicites est un problème d’ordre multisectoriel et demeure à l’ordre du jour des Nations Unies », a souligné M. Fedotov.


Le « Rapport mondial sur les drogues 2012 » peut être consulté en ligne sur le site Web de l’UNODC à l’adresse www.unodc.org.


Le communiqué de presse du débat thématique de l’Assemblée générale sur le thème « Les drogues et le crime comme menace au développement » peut être consulté sur le site Web de l’ONU à l’adresse: www.un.org/fr/unpress/.


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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