Conférence de presse sur les conséquences potentielles d’une nouvelle stratégie de l’ONU face à l’Armée de résistance du Seigneur (LRA)

26 juin 2012
Conférence de presse

Conférence de presse sur les conséquences potentielles d’une nouvelle stratégie de l’ONU face à l’Armée de résistance du Seigneur (LRA)

26/06/2012
Communiqué de presse
Conférence de presse
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE SUR LES CONSÉQUENCES POTENTIELLES D’UNE NOUVELLE

STRATÉGIE DE L’ONU FACE À L’ARMÉE DE RÉSISTANCE DU SEIGNEUR (LRA)

Le Représentant spécial et Chef du Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale (BRENUAC), M. Abou Moussa, et l’Envoyé spécial de l’Union africaine pour l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), M. Francisco Madeira, ont livré à la presse, cet après-midi, les détails de la stratégie régionale de coopération conduite par l’Union africaine visant à éradiquer la menace posée par le mouvement de Joseph Kony.

« Il faut veiller à ce que ce phénomène ne se renouvelle pas; telle est notre philosophie », a déclaré, lors d’une conférence de presse conjointe, au Siège de l’ONU, à New York, M. Moussa, qui était accompagné, outre de M. Madeira, de M. Jan Egeland, de « Human Rights Watch »; M. Michael Poffenberger, de « Resolve »; de l’abbé Benoît Kinalegu, qui préside la Commission diocésaine pour la justice et la paix de Dungu-Doruma (République démocratique du Congo); et de la sœur Angélique Namaika, de « Dynamic Women for Peace » (République démocratique du Congo).

M. Moussa, qui présentera demain au Conseil de sécurité le rapport du Secrétaire général sur les activités du BRENUAC et sur la LRA*, a rappelé que cette initiative, actuellement au stade final de sa mise au point, avait été autorisée par le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine à sa réunion du 22 novembre 2011, puis lancée officiellement le 24 mars 2012.

Dans son rapport, le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, demande à la communauté internationale d’« appuyer la mise en œuvre d’une stratégie régionale coordonnée pour faire face à la menace et aux effets des activités de la LRA, notamment grâce aux initiatives de désarmement, démobilisation, rapatriement, réinstallation et réintégration ».

« C’est en fournissant les ressources nécessaires que nous pourrons assurer le succès de l’action menée par les autorités nationales, l’Union africaine et les autres partenaires internationaux », souligne M. Ban dans ce document.

Différentes entités composeront cette stratégie: un mécanisme conjoint de coordination dotée d’un secrétariat basé à Bangui, en République centrafricaine, présidé par le Commissaire à la paix et la sécurité de l’Union africaine et comprenant les ministres de la défense des quatre pays où sévit la LRA, à savoir l’Ouganda, la République démocratique du Congo, le Soudan du Sud et la République centrafricaine; une équipe spéciale régionale constituée de 5 000 soldats provenant des quatre pays touchés; et le quartier général de l’équipe spéciale régionale, doté d’un centre d’opérations conjoint situé à Yambio (Soudan du Sud).

Il est prévu que ces institutions soient étroitement rattachées à un centre de coordination du renseignement bénéficiant de l’appui de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation au Congo (MONUSCO) et basé à Dungu, dans le nord-est de la République démocratique du Congo.

« Les quatre pays affectés par les activités de la LRA ont décidé que les opérations menées individuellement devaient l’être désormais de façon complémentaire afin d’être plus efficaces », a expliqué, de son côté, M. Madeira.

Il a précisé que la Force régionale d’intervention mise en place par l’Union africaine, était « pratiquement opérationnelle ».  Son commandant en chef sera nommé par l’Union africaine, a-t-il dit, notant qu’une mission d’évaluation technique était déjà sur place pour « examiner la situation et étudier la mise en place d’un concept d’opération ».

« Il faut arrêter Kony, mettre fin à ses activités, le neutraliser et permettre aux personnes déplacées de regagner leurs foyers », a-t-il également déclaré.

M. Egeland s’est, quant à lui, dit « extrêmement reconnaissant » envers l’ONU, l’Union africaine et les pays concernés qui, avec ce nouveau programme régional, « semblent prendre ce problème très au sérieux ».  Il a mis l’accent sur la nécessité d’accroître les ressources nécessaires pour la lutte contre la LRA, et d’y apporter plus de cohérence.

L’ancien Secrétaire général adjoint des Nations Unies chargé des affaires humanitaires a rappelé qu’il avait porté cette situation d’urgence, qui est « la pire et la plus négligée qui soit », et « qui dure depuis 26 ans », à l’attention du Conseil de sécurité en 2004.

« Depuis lors, la situation a considérablement évolué », a-t-il estimé, exhortant à tout entreprendre pour arrêter et juger Joseph Kony et d’autres membres de la LRA.

L’abbé Benoît Kinalegu et la sœur Angélique Namaika ont tous deux demandé à la communauté internationale et aux donateurs d’appuyer cette stratégie, et, surtout, sa mise en œuvre, afin qu’elle ne demeure pas lettre morte. 

La sœur Angélique Namaika a particulièrement insisté sur l’importance de réintégrer socialement les victimes de la LRA.  « Si on ne les réintègre pas, nous ne pourrons pas éradiquer formellement le phénomène de la LRA », a-t-elle assuré.

*S/2012/421

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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