Conférence de presse de la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés

12 juin 2012
Conférence de presse

Conférence de presse de la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés

12/06/2012
Communiqué de presse
Conférence de presse
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE DE LA REPRÉSENTANTE SPÉCIALE DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL

POUR LES ENFANTS ET LES CONFLITS ARMÉS

La Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés a indiqué aujourd’hui que les Forces armées syriennes, les services de renseignement syriens et les milices Chabiha, figuraient désormais sur la « Liste de la honte » dans la dernière édition du Rapport du Secrétaire général sur le sort des enfants en temps de conflit armé*, laquelle a été publiée aujourd’hui.

La « Liste de la honte », qui est dressée en annexe du rapport, comprend 52 parties accusées des six violations graves identifiées par le Conseil de sécurité à savoir, tuer ou mutiler des enfants, recruter ou utiliser des enfants soldats, commettre des actes de violence sexuelle à l’encontre d’enfants, enlever des enfants, attaquer des écoles et des hôpitaux et entraver l’accès des enfants à l’aide humanitaire. 

Sur les 52 parties, les nouveaux inscrits sont le Mouvement populaire de libération du Soudan (Nord) (SPLM-N),les Forces armées yéménites et les Forces armées syriennes.  La Liste porte à 32 le nombre de « récidivistes », dont les Taliban, l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) ou encore les unités du Congrès national pour la défense de la démocratie (CNDP) intégrées aux Forces armées de la République démocratique du Congo (RDC). 

Pour la toute première fois, la Liste comprend des parties qui s’attaquent systématiquement aux écoles et aux hôpitaux, en Afghanistan, en RDC, en Iraq et en Syrie.

« Les enfants syriens sont victimes d’une violence extraordinaire », s’est indigné Mme Radhika Coomaraswamy qui intervenait, au cours d’une conférence de presse au Siège de l’ONU à New York.  « Non seulement ils sont tués ou mutilés, mais ils sont également utilisés comme bouclier humain, incarcérés, torturés et victimes d’exécutions sommaires. »

« Torturer un enfant incarcéré est un acte particulièrement horrible », s’est-elle émue, précisant que certains de ces enfants, qui n’ont pas plus de 14 ans, montrent des marques visibles de torture.  Ils sont fouettés avec des câbles électriques ou subissent des sévices sexuels.  Au cours d’un seul incident, s’est alarmée la Représentante spéciale, 49 enfants âgés de moins de 10 ans ont succombé à des exécutions sommaires.

Mme Coomaraswamy a confié que des informations crédibles avaient établi que l’opposition armée recrutait également des enfants.  Elle a cependant précisé que ces actes étaient commis malgré le mot d’ordre de l’Armée libre de Syrie.  Compte tenu de la volonté déclarée de cette Armée, par la voix du colonel Riad al-Asaad et de l’absence d’une tendance nette, l’Armée libre de Syrie ne figure pas sur la « Liste de la honte », a expliqué la Représentante spéciale.

Favorable à la saisine de la Cour pénale internationale (CPI), elle a indiqué que le Gouvernement syrien lui avait adressé une longue lettre pour nier les faits et contester la fiabilité des informations.

Mme Coomaraswamy a précisé qu’outre la Syrie, l’émergence des nouvelles crises en Libye et au Yémen avait eu un grave impact sur les enfants.  À ce jour, des violations graves ont cours dans 23 pays.  La Représentante spéciale s’est inquiétée de la tendance croissante à recruter des enfants pour commettre des attentats-suicide.  Elle s’est davantage inquiétée des 11 attaques commises au Pakistan et en Afghanistan où des bombes ont été placées sur des enfants à leur insu et activées à distance.

En revanche, s’est-elle félicitée, les plans d’action mis en œuvre au Népal et au Sri Lanka ont conduit au retrait des parties concernées de la « Liste de la honte ».  Le Gouvernement du Myanmar s’est engagé à mettre en œuvre un plan similaire.

*A/66/782-S/2012/261

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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