Le renforcement des institutions et, en particulier, de la Police nationale, est au cœur de la stabilisation durable en Haïti, déclare le Représentant spécial devant le Conseil

3 octobre 2012
CS/10780

Le renforcement des institutions et, en particulier, de la Police nationale, est au cœur de la stabilisation durable en Haïti, déclare le Représentant spécial devant le Conseil

03/10/2012
Conseil de sécurité
CS/10780
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

6842e séance – matin

LE RENFORCEMENT DES INSTITUTIONS ET, EN PARTICULIER, DE LA POLICE NATIONALE, EST AU CŒUR

DE LA STABILISATION DURABLE EN HAÏTI, DÉCLARE LE REPRÉSENTANT SPÉCIAL DEVANT LE CONSEIL

« Les progrès réalisés dans la stabilisation et dans l’instauration de l’état de droit en Haïti sont réels », a déclaré, ce matin, devant le Conseil de sécurité, le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour Haïti, M. Mariano Fernández Amunátegui, en saluant la nomination du nouveau Premier Ministre haïtien, M. Laurent Lamothe.

Venu présenter le rapport du Secrétaire général sur la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), M. Fernández Amunátegui, qui est également Chef de la Mission, a indiqué que « l’état de la sécurité dans le pays était relativement stable ».  Il a cependant insisté sur la nécessité de renforcer la Police nationale pour le relèvement du pays.

Le Représentant spécial a salué, à cet égard, les mesures prises par le Gouvernement haïtien pour renforcer la Police nationale haïtienne, notamment l’adoption d’un plan quinquennal afin de parvenir d’ici à 2016 à constituer une police forte de 15 000 hommes. 

« C’est un engagement considérable que le Gouvernement d’Haïti a pris », a affirmé le Représentant spécial, qui a également salué la décision de mettre fin aux activités de 79 policiers déclarés responsables d’actes de corruption.

Il avait auparavant invité à lever les obstacles à la consolidation du pays, tels que les divergences sur la composition du Sénat haïtien ou bien encore l’impasse dans laquelle se trouve le Conseil électoral permanent pour désigner trois de ses membres.

Le Représentant permanent d’Haïti auprès de l’ONU, M. Jean Wesley Cazeau, qui participait au débat, a précisé que le Gouvernement, le Parlement et les différents acteurs haïtiens avaient entrepris un dialogue afin de résoudre le contentieux relatif au Conseil électoral permanent.

Ce Conseil devra, en premier lieu, organiser les élections législatives partielles, a-t-il affirmé, en indiquant que les préparatifs étaient engagés pour assurer la crédibilité de ces élections.  M. Cazeau a ensuite déclaré que la nomination, en août 2012, d’un nouveau Directeur par intérim de la Police nationale haïtienne témoignait de la volonté de son gouvernement de prévenir toute vacance institutionnelle au sein de la Police.

Si la trentaine de délégations, qui ont pris la parole au cours de ce débat, ont unanimement salué les progrès institutionnels enregistrés en Haïti, de nombreux intervenants ont également insisté sur la reconfiguration en cours de la MINUSTAH à l’aune des défis qui demeurent en Haïti.

Dans son rapport, le Secrétaire général recommande en effet la réduction des effectifs militaires de la Mission en les faisant passer de 7 340 à 6 270 hommes et des effectifs de police en les faisant passer de 3 241 à 2 601 d’ici à juin 2013.  Le représentant d’Haïti a accueilli favorablement cette recommandation, au cours de son intervention.

Le renforcement de la Police nationale haïtienne doit être la priorité de la MINUSTAH, a insisté le délégué du Royaume-Uni, M. Philip Parham, qui a invité la Police haïtienne à respecter pleinement les droits de l’homme.

Pour sa part, le représentant de la France, M. Gérard Araud, a mis l’accent sur l’appropriation nationale du processus d’instauration d’une sécurité durable en Haïti et souhaité que la Mission puisse avoir un « horizon temporel crédible ».

S’il a invité à faire fructifier les dividendes de la stabilité en œuvrant au développement économique et social d’Haïti, le Représentant spécial a cependant estimé que la MINUSTAH avait vocation à devenir une mission politique.

LA QUESTION CONCERNANT HAÏTI

Rapport du Secrétaire général sur la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (S/2012/678)

Ce rapport, qui porte sur la période allant de mars à août 2012, est soumis en vertu de la résolution 2012 (2011) par laquelle le Conseil de sécurité a prorogé jusqu’au 15 octobre 2012 le mandat de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH).  Le Secrétaire général de l’ONU constate que la période considérée a été marquée par plusieurs grands tournants politiques attendus de longue date, signe que la stabilisation se poursuit en Haïti, notamment l’approbation par le Sénat de la nomination d’un nouveau Premier Ministre, en la personne de M. Laurent Lamothe.

Dans l’ensemble, fait observer M. Ban Ki-moon, la situation en matière de sécurité est demeurée relativement stable durant toute la période à l’examen, bien qu’elle fût ponctuée de troubles civils sporadiques dus principalement à des revendications socioéconomiques et à l’instabilité causée par des éléments des anciennes forces armées et des « nouvelles recrues ».  Les chiffres de la criminalité recueillis par la Police nationale et la MINUSTAH témoignent d’une forte augmentation du nombre d’homicides, avec une moyenne de 99 meurtres par mois contre 75 au cours de la même période en 2011.  En revanche, le nombre d’enlèvements est en diminution.  La Police nationale continue de gagner en efficacité mais elle n’est pas encore à même d’assurer pleinement la sécurité intérieure sur tout le territoire.  Les militaires et les policiers de la MINUSTAH ont donc continué de jouer un rôle essentiel dans le maintien de la sécurité et de la stabilité générales.

Au cours de la période considérée, Haïti a continué de faire face à d’importantes difficultés sur le plan humanitaire et beaucoup des personnes déplacées vivant dans des camps à cause du tremblement de terre dépendent toujours de l’aide fournie pour survivre.  En juin 2012, plus de 390 000 d’entre elles vivaient dans 575 camps, soit une baisse de 73% par rapport aux chiffres de juillet 2010.  Par ailleurs, l’épidémie de choléra a tué plus de 7 440 personnes.  Une initiative binationale visant à éradiquer le choléra de l’île d’Hispaniola a été lancée en janvier 2012.

La MINUSTAH, qui a continué de retirer les renforts déployés après le tremblement de terre, a commencé à réfléchir à un plan de concentration des activités adaptable en fonction de la situation.  Ce plan prévoit que les activités de la MINUSTAH seront réduites à un petit nombre de tâches essentielles réalisables dans un délai raisonnable -de quatre à cinq ans- et ayant pour objet de stabiliser suffisamment la situation pour que la présence d’une importante opération de maintien de la paix ne soit plus nécessaire.

En conclusion, le Secrétaire général recommande au Conseil de sécurité de ramener l’effectif militaire autorisé de la Mission de 7 340 à 6 270 hommes.  De plus, la Mission devant concentrer ses activités sur la formation et l’encadrement de la Police nationale, il recommande que l’effectif de police autorisé soit ramené de 3 241 à 2 601 membres d’ici à juin 2013.  Le renforcement de la Police nationale, souligne M. Ban, demeure une condition essentielle pour que la MINUSTAH puisse quitter le pays le moment venu.  Il se félicite, à cet égard, de ce que le Président ait annoncé son intention d’axer son action sur la poursuite du renforcement de cette institution pour que la sécurité soit assurée dans tout le pays.  Dans cette optique, il l’exhorte, ainsi que les États Membres, à prendre l’engagement de dégager les fonds nécessaires au bon fonctionnement d’une force de police professionnelle, fiable et responsable.

Déclarations

M. MARIANOFERNÁNDEZ AMUNÁTEGUI, Représentant spécial du Secrétaire général et Chef de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), a indiqué que les progrès dans la stabilisation et dans l’instauration de l’état de droit en Haïti étaient manifestes.  Il s’est notamment félicité de l’annonce par le Président d’Haïti de la publication de la version révisée des amendements constitutionnels, parmi lesquels figurent la création d’un Conseil électoral permanent et d’un Conseil constitutionnel et l’imposition d’un quota de 30% de femmes au sein de la fonction publique.  Il a également salué la nomination, par le Président, du nouveau Premier Ministre, Laurent Lamothe, en mai, ainsi que la création officielle du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire le 3 juillet dernier.  Le Premier Ministre, a affirmé M. Fernández Amunátegui, a adopté des mesures dans divers domaines tels que la création d’emplois et la lutte contre la contrebande qui vont dans la bonne direction.  La stabilisation politique du pays se heurte encore à des obstacles, comme les divergences sur la composition du Sénat haïtien ou bien encore l’impasse dans laquelle se trouve le Conseil électoral permanent.  C’est pourquoi, a insisté le Représentant spécial, il est crucial de renforcer la légitimité de la composition de ce Conseil.

L’état de la sécurité en Haïti est relativement stable, bien qu’il fût ponctué par des troubles civils sporadiques résultant principalement de revendications de nature sociale et économique et de l’instabilité causée par des éléments des anciennes forces armées et des « nouvelles recrues », a fait remarquer M. Fernández Amunátegui.  Il s’est félicité que le Premier Ministre ait récemment pris des mesures fermes contre ces éléments, la Police nationale haïtienne, avec l’aide de la MINUSTAH, en ayant fait évacuer sans incident, en mai dernier, les 10 principaux sites occupés dans tout le pays par ces éléments.  Le Représentant spécial a détaillé les mesures prises pour renforcer la Police nationale haïtienne, dont le rôle, a-t-il dit, est crucial au relèvement du pays.  Il a cité en particulier l’adoption d’un plan quinquennal pour arriver d’ici à 2016 à une police forte de 15 000 membres.  C’est un engagement considérable pris par le Gouvernement d’Haïti, a affirmé le Représentant spécial, qui a également salué la décision de mettre fin aux activités de 79 policiers responsables d’actes de corruption.  Dans ce contexte, et dans le droit fil du rapport du Secrétaire général, il a recommandé la réduction des effectifs militaires de la Mission de 7 340 à 6 270 hommes et des effectifs de police de 3 241 à 2 601 d’ici à juin 2013.  Il a ensuite rappelé qu’en juin 2012, plus de 390 000 personnes déplacées vivaient dans 575 camps, soit une baisse de 73% par rapport aux chiffres de juillet 2010, date à laquelle 1 555 camps en accueillaient 1,5 million.  À ce rythme, on estime à plus de 230 000 personnes déplacées à la fin de 2012, a-t-il précisé.

M. Fernández Amunátegui a ensuite détaillé les nombreux défis qu’Haïti doit encore relever, citant notamment l’amélioration des perspectives d’emplois pour les jeunes.  Après huit ans de présence de la MINUSTAH, les progrès réalisés sont considérables, a-t-il soutenu.  Il faudrait désormais faire fructifier les dividendes de la stabilité en œuvrant au développement économique et social du pays, a préconisé le Représentant spécial, avant de préciser que la MINUSTAH avait vocation à devenir dans les années à venir une mission politique.

M. HAROLD CABALLEROS, Ministre des affaires étrangères du Guatemala, a tout d’abord souligné que, pour la première fois dans l’histoire de l’ONU, son pays présidait le Conseil de sécurité.  Comme vous le savez, a-t-il observé, les pays de la région s’identifient de près à la MINUSTAH.  Une douzaine de pays latino-américains y contribuent en fournissant des contingents militaires et de police.  Il a précisé que leur commandant a toujours été issu de la région, et, dans la majorité des cas, également le Représentant spécial du Secrétaire général.  M. Caballeros a indiqué qu’il s’était rendu brièvement à Port-au-Prince, il y a quelques semaines, pour rencontrer le contingent du Guatemala.

Le rapport du Secrétaire général, a observé le Ministre, brosse un tableau encourageant de la situation.  Le Ministre a notamment félicité Haïti pour la formation du nouveau Gouvernement, ainsi que pour la création du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire.  Il a assuré que son pays demeurerait engagé au sein de la Mission pendant le temps nécessaire.  Le Guatemala, a-t-il ajouté, appuie le processus de reconfiguration et de consolidation de la MINUSTAH et attend avec intérêt le nouveau plan de restructuration en cours d’élaboration.  La mise en œuvre de ce plan de restructuration exigera une coordination extensive entre les différents acteurs, nationaux et internationaux, a estimé le Ministre des affaires étrangères du Guatemala.  Son pays, a-t-il assuré, appuie entièrement l’élaboration d’un pacte de transition qui puisse mesurer les progrès réalisés dans le processus de stabilisation et qui transcende l’action de la MINUSTAH dans les domaines du développement et de la consolidation institutionnelle.  M. Caballeros s’est félicité du récent lancement à New York du Mécanisme de coordination de l’aide présenté par Haïti.  Avant de conclure, le Ministre a rendu hommage au Représentant spécial du Secrétaire général et Chef de la MINUSTAH, M. Fernandez, qui s’acquitte de son mandat dans une période caractérisée, a-t-il dit, par des défis et des difficultés.

Mme SUSAN RICE (États-Unis) a rappelé les difficultés, voire la détérioration de la situation qui prévalait lors du dernier examen de la situation en Haïti par le Conseil de sécurité.  Sept mois plus tard, la situation se révèle plus prometteuse et les autorités semblent placer l’intérêt de la population au premier plan, a-t-elle noté.  Mme Rice s’est notamment félicitée de la création du Conseil du pouvoir judiciaire et de la mise sur pied de la Commission électorale.  Au nombre des mesures positives, a-t-elle dit, le quota de 30% accordé aux femmes dans la fonction publique ainsi que la priorité budgétaire accordée à la police vont dans le bon sens.  Celle-ci joue un rôle essentiel dans la protection de la population, a souligné Mme Rice, en insistant sur la formation des policiers.  Au bout du compte, les améliorations en matière de sécurité et d’état de droit sont susceptibles de permettre la relance économique.  C’est pourquoi, les États-Unis appellent les bailleurs à tenir leurs engagements.

La représentante a indiqué que son pays appuyait le renouvellement du mandat de la Mission pour une année supplémentaire, celle-ci ayant amplement démontré son utilité.  Sa reconfiguration est un exercice d’équilibre délicat et nous n’avons pas le droit à l’erreur, a-t-elle commenté.  Mme Rice a mis en garde contre les risques d’une réduction trop rapide de ses effectifs qui pourrait remettre en cause les progrès accomplis.  Elle a émis l’espoir que très bientôt, sa présence ne serait plus nécessaire.  Mme Rice a évoqué par ailleurs la situation économique, en mettant l’accent sur la nécessité d’investir en particulier dans le nord du pays.  En outre, le relogement des personnes déplacées demeure une priorité.  Elle a constaté que les institutions démocratiques se renforçaient et que le sort de la population s’améliorait, en assurant Haïti du soutien constant des États-Unis.

M. MOHAMMED LOULICHKI (Maroc) a félicité le Guatemala pour son accession à la présidence du Conseil de sécurité, en le complimentant d’ores et déjà pour son action.  Il a constaté que des progrès significatifs avaient été accomplis par Haïti, après une période difficile.  Il a souligné la nécessité des réformes institutionnelles qui vont dans le sens du renforcement d’un état de droit.  Le représentant du Maroc s’est également félicité de la présence de femmes à deux postes importants au sein du Gouvernement, ainsi que du quota de 30% en leur faveur dans la fonction publique.  Il a toutefois constaté que les besoins humanitaires issus du tremblement de terre demeuraient « gigantesques », plus de 400 000 personnes continuant à vivre dans des conditions précaires.

Le Maroc, a-t-il dit, félicite la MINUSTAH pour son action.  Celle-ci doit pouvoir poursuivre son action, le Maroc étant favorable au renouvellement de son mandat.  La réduction des effectifs, a-t-il estimé, s’inscrit dans le cadre d’un retrait progressif.  Il appartient aux autorités de redoubler d’efforts, de renforcer la gouvernance et de favoriser l’investissement étranger.  À ce stade, a déclaré le représentant, l’engagement de la communauté internationale demeure indispensable.  Les Forces armées marocaines ont contribué à permettre le retour à la paix civile et à atténuer les conséquences du séisme, a-t-il rappelé, en disant sa confiance en un avenir paisible et prospère pour ce pays s’il persévère dans la même voie.

M. MANJEEV SINGH PURI (Inde) s’est dit encouragé par les progrès accomplis en Haïti, notamment la nomination du nouveau Premier Ministre ainsi que les mesures prises pour attirer les investissements étrangers nécessaires au développement du pays, résoudre les questions institutionnelles en suspenset lutter contre la contrebande.  Il a ensuite exhorté la communauté internationale à continuer de fournir son appui pour reconstruire le pays, en rappelant que le développement économique et social dépendait de l’instauration d’une sécurité durable.  Rappelant que la Police nationale haïtienne avait vocation à endosser les tâches de maintien de la sécurité assurées par la MINUSTAH, il a assuré du soutien de son pays aux recommandations du Secrétaire général visant la réduction des effectifs autorisés de la Mission.  Cette réduction doit être basée sur l’évolution du pays et ne pas être imposée de manière arbitraire, a-t-il rappelé.

M. PETER WITTIG (Allemagne) s’est félicité des progrès accomplis même si les défis demeurent importants.  Tout en notant les progrès institutionnels, il s’est inquiété des difficultés rencontrées dans la formation du Conseil électoral.  Mais l’Allemagne, a-t-il dit, est encouragée par les progrès accomplis en matière de sécurité, notamment dans le renforcement de l’efficacité de la police; l’augmentation de ses effectifs est fondamentale.  Son pays se félicite aussi de la présence de femmes au sein de la police.  Le représentant a estimé que la MINUSTAH a un rôle clef à jouer dans le renforcement du rôle de la Police nationale haïtienne.  Avant de conclure, le représentant a remercié les pays contributeurs pour leur appui aux efforts de la Mission.

M. AGSHIN MEHDIYEV (Azerbaïdjan) s’est félicité des avancées enregistrées dans le processus de stabilisation en Haïti, notamment la nomination du nouveau Premier Ministre.  Après avoir rappelé qu’une stabilisation politique durable était essentielle au développement économique du pays, il s’est félicité des mesures prises par le Président haïtien, M. Michel Martelly, pour attirer les investissements étrangers.  La tenue d’élections crédibles est fondamentale, a-t-il affirmé, en appelant à éliminer les divergences concernant le Conseil électoral permanent.  Il a ensuite salué les améliorations apportées au fonctionnement de la Police nationale haïtienne, qu’il a félicitée pour les mesures énergiques qu’elle a prises pour démanteler les groupes armés dans le pays.  En conclusion, il a apporté le soutien de son pays aux recommandations du Secrétaire général relatives à la MINUSTAH.

M. TAHIR HUSSAIN ANDRABI (Pakistan) a déclaré que le peuple courageux et résilient d’Haïti avait énormément progressé, en estimant que le pays semblait être en voie de se relever après le terrible coup porté à son développement par le séisme.  Le Pakistan espère que le nouveau Mécanisme de coordination de l’aide allait renforcer son efficacité.  Les progrès et les développements en Haïti peuvent également être attribués à l’action de la MINUSTAH, notamment en ce qui concerne les droits de l’homme.  Le pays ne peut plus connaître de recul, a estimé le représentant du Pakistan, en rappelant que les développements politiques devraient être consolidés.  Une police nationale digne de ce nom est indispensable afin de permettre le retrait progressif de la MINUSTAH, a-t-il dit.  Des mesures encourageantes ont été prises en termes de renforcement des capacités, a-t-il noté, en se félicitant de la place accordée aux femmes dans la fonction publique.  Le représentant a exhorté à davantage de coordination entre tous les acteurs humanitaires, en constatant une certaine lassitude de la part des donateurs.  Le Pakistan, qui a vécu lui-même un terrible séisme, a fait preuve de solidarité, de manière active, avec Haïti dès le lendemain du tremblement de terre et l’assure qu’il continuera de le faire, a indiqué le représentant.

M. GÉRARD ARAUD (France) a salué les progrès institutionnels accomplis en Haïti et souligné que la Police haïtienne avait montré sa capacité de mener des actions de sécurité complexes.  Il s’est également félicité de ce quele pays ait renoué avec la croissance économique.  Au nombre des défis que doit encore relever le pays, M. Araud a cité la tenue d’élections locales et législatives partielles qui passent par l’instauration du Conseil électoral permanent.  La Police nationale haïtienne, a-t-il estimé, n’est pas en mesure d’assurer la sécurité sur tout le territoire.  C’est pourquoi, il s’est félicité du plan de renforcement des effectifs de police adopté par le Gouvernement haïtien pour les porter à 15 000 hommes d’ici à 2016.  Les mesures quantitatives ne sauraient suffire, a-t-il fait valoir, en plaidant pour une amélioration de l’image de la police auprès de la population.

M. Araud a ensuite affirmé que le développement économique d’Haïti ne pouvait uniquement reposer sur la seule communauté internationale, en saluant les mesures prises par le Président de Haïti, M. Michel Martelly, pour attirer les investissements étrangers.  En ce qui concerne la MINUSTAH, il a estimé que les effectifs actuels de la Mission ne correspondaient plus aux besoins sur le terrain.  La priorité, a-t-il souligné, est l’appropriation nationale du processus d’instauration d’une sécurité durable.  Il faut redonner à la Mission un horizon temporel crédible, a-t-il insisté, en appuyant le plan de consolidation sur cinq ans présenté par le Secrétaire général.

M. JOSÉ FILIPE MORAES CABRAL (Portugal) a constaté l’énormité de la tâche restant à accomplir en Haïti.  C’est un processus long et encore plein d’embûches dont l’objectif plus large est de doter le pays d’institutions démocratiques, tout en le mettant sur la voie du progrès économique et social.  Sans sécurité et bonne gouvernance, il n’y aura pas d’avancées dans ce domaine, a estimé le représentant du Portugal.  Aujourd’hui, il semble que l’instabilité politique ait été surmontée, a-t-il constaté.  Il a appelé les autorités haïtiennes à poursuivre sur la voie de la consolidation des institutions.  À terme, les Haïtiens seront appelés aux urnes, ce processus devant bénéficier de toutes les garanties nécessaires si l’on ne veut pas créer de frustrations.

S’agissant du rôle de la MINUSTAH, force est de constater qu’il reste un long chemin face notamment à une criminalité croissante, a déclaré le représentant du Portugal.  C’est pourquoi, a-t-il dit, le renouvellement de son mandat s’impose, tout comme sa reconfiguration et son retrait progressif.  Le Portugal est convaincu que la priorité doit être accordée exclusivement au renforcement de la Police nationale haïtienne, afin de ne pas disperser les efforts.  Il est aussi convaincu qu’Haïti saura surmonter les difficultés.  Il a félicité les hommes et les femmes de la Mission pour le travail accompli depuis huit ans.

M. SUN XIAOBO (Chine) a souhaité qu’une solution soit trouvée aux questions institutionnelles en suspens en Haïti.  Il a ensuite estimé que l’accélération du redressement économique du pays était la question majeure, en soulignant à cet égard la lenteur des progrès accomplis.  Le représentant de la Chine a ensuite exhorté la communauté internationale à respecter ses engagements à l’égard d’Haïti et à continuer de lui apporter un soutien résolu.  Concernant la MINUSTAH, il a appuyé le plan de concentration sur cinq ans, présenté par le Secrétaire général, et le renouvellement du mandat de la Mission.

M. KODJO MENAN (Togo) a constaté que le rapport du Secrétaire général permettait de mesurer le chemin parcouru par la classe politique et le peuple haïtien dans la poursuite du processus de stabilisation et de la création d’un État de droit.  Toutefois, a-t-il précisé, le Togo regrette que la mise en place du premier Conseil électoral permanent du pays prenne encore du temps du fait de controverses sur l’intégrité de ses membres et de sa capacité à organiser des élections crédibles et acceptables par tous.  Le représentant a exhorté tous les acteurs politiques à poursuivre dans la dynamique consensuelle qui leur a permis d’obtenir des avancées notables afin que les élections se déroulent dans de bonnes conditions d’ici à la fin de l’année.

Le représentant du Togo a rappelé que le secteur de la sécurité continuait d’être l’un des défis les plus importants d’Haïti.  Son pays, a-t-il dit, est préoccupé par les violations des droits de l’homme mentionnées dans le rapport du Secrétaire général.  En ce qui concerne le relèvement et la reconstruction d’Haïti, le représentant a alerté contre la dégradation des conditions de vie dans les camps de personnes déplacées, alors que les organismes humanitaires se retirent progressivement, notamment, en raison du manque de financement.  Il ne fait aucun doute pour lui que, pour relever les défis qui demeurent devant lui, Haïti aura encore besoin d’une assistance internationale soutenue et qu’il devra engager des efforts importants de la part de son gouvernement et de sa population pour y faire face.  Enfin, le Togo appuie le plan de restructuration et de réorganisation des activités de la MINUSTAH ainsi que son retrait progressif, a indiqué le représentant. 

M. NÉSTOR OSORIO (Colombie) a souligné les progrès très nets réalisés dans la consolidation d’Haïti et salué le plan de renforcement de la police nationale pour la période 2012-2016.  Estimant que la MINUSTAH accomplissait un travail remarquable, le délégué a ensuite détaillé l’appui fourni par la police colombienne aux autorités du pays pour l’élaboration de programmes de lutte contre la drogue et la traite des personnes notamment.  Il a ensuite indiqué que le renforcement du secteur agricole était la clef du développement à long terme du pays, en ajoutant que son pays coopérait étroitement avec Haïti pour développer la production de café.

Le représentant a ensuite jugé très préoccupant le nombre de décès causés par l’épidémie de choléra, qui est estimé à 7 440.  Le nombre de personnes touchées par l’épidémie est estimé à plus de 500 000, s’est-il inquiété.  Le représentant a ensuite invité les parties prenantes à redoubler d’efforts afin de résoudre le contentieux relatif au Sénat et de pourvoir les 10 sièges vacants de sénateurs.  Convaincu que la MINUSTAH devrait continuer de fournir un appui opérationnel sur place, il a plaidé pour la prorogation de son mandat. 

M. BASO SANGQU (Afrique du Sud) a déclaré qu’Haïti continuait de progresser de façon significative, plusieurs jalons ayant été posés depuis le précédent rapport.  Il s’est dit impressionné par le fait que sept postes de ministres sur 22 soient occupés par des femmes.  Toutefois, le retard dans la mise en place du Conseil électoral permanent demeure préoccupant, d’autant que cette difficulté a empêché la tenue des scrutins aux dates prévues.  Le renforcement des capacités de la police nationale est essentiel, a-t-il dit, en assurant le Gouvernement haïtien de l’appui de l’Afrique du Sud.

Le représentant a fait observer que les troubles sociaux étaient le symptôme d’une situation qui demeure difficile.  C’est pourquoi, l’Afrique du Sud, a-t-il dit, appuie pleinement l’action de la MINUSTAH, notamment par l’installation de logements provisoires pour reloger les sinistrés.  La communauté internationale doit participer plus activement pour contenir l’épidémie du choléra dans le pays, a-t-il estimé.  Le représentant a également souligné l’importance de l’appropriation nationale, en faisant remarquer qu’à ce jour, seulement 10% de l’aide avait été administré directement par les autorités nationales.  En dépit des progrès notables réalisés sur la voie de la paix et de la sécurité, Haïti continue d’être confronté à des défis importants et c’est pourquoi, a souligné le représentant de l’Afrique du Sud, la communauté internationale doit maintenir son engagement.

M. PHILIP PARHAM (Royaume-Uni) a indiqué que l’inertie politique qui entravait les efforts de consolidation en Haïti, il y a encore sept mois, avait été surmontée, en citant notamment la nomination du nouveau Premier Ministre.  Saluant l’appui fourni par la MINUSTAH aux autorités du pays, et soutenant la réduction envisagée de ses effectifs, le représentant a souligné la nécessité de préserver les gains de sécurité enregistrés jusqu’à présent.  Le renforcement de la police nationale doit être la priorité de la MINUSTAH, a insisté le délégué du Royaume-Uni, qui a estimé que la police nationale devrait respecter pleinement les droits de l’homme.  Il a ensuite appelé de ses vœux l’établissement rapide du Conseil électoral permanent et la tenue d’élections locales.  Avant de conclure, il a rappelé que la MINUSTAH avait une obligation d’efficacité et que ses soldats devaient être irréprochables.

M. NIKITA ZHUKOV (Fédération de Russie) a déclaré que son pays partageait les conclusions du Représentant spécial du Secrétaire général pour Haïti, M. Mariano Fernandez.  Malheureusement, la situation demeure difficile, en raison des difficultés économiques et sociales.  La MINUSTAH joue, par conséquent, un rôle essentiel et sa reconfiguration, ainsi que la réduction progressive de ses effectifs, doivent se faire avec le plus grand soin et la plus grande prudence.  La Mission doit progressivement être déchargée des tâches liées aux conséquences du séisme au profit d’une meilleure implication des institutions spécialisées des Nations Unies.  En outre, la coordination entre bailleurs de fonds doit être renforcée.  Sans renforcement de l’état de droit et de la sécurité, le pays ne pourra continuer sur la voie du progrès, a observé le représentant de la Fédération de Russie.  Les efforts visant à renforcer les structures de l’État doivent se poursuivre afin que la population puisse progressivement prendre son destin en mains, a-t-il conclu.

M. JEAN WESLEY CAZEAU (Haïti) a rappelé les importantes réalisations politico-juridiques et socioéconomiques de ces six derniers mois, telles que la nomination d’un nouveau Premier Ministre et la mise en place du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire.  Il a indiqué que le Gouvernement, le Parlement et les différents acteurs haïtiens avaient entrepris un dialogue afin de résoudre la question relative à la désignation de trois représentants au sein du Conseil électoral permanent (CEP).  Les premiers actes de ce Conseil consisteront à organiser des élections législatives partielles, a-t-il affirmé, en indiquant que les préparatifs se déroulaient bien.  Il a ensuite déclaré que la nomination, en août dernier, d’un nouveau Directeur par intérim de la Police nationale témoignait de la volonté de son gouvernement de ne permettre aucune vacance institutionnelle au sein de la Police.  M. Cazeau a, en outre, indiqué que le Gouvernement haïtien s’employait à imposer le respect des lois de la République, « même s’il ne prétend pas y être parvenu de manière satisfaisante ».  Le Gouvernement s’efforce de répondre progressivement aux revendications d’ordre économique et social, y compris celles des anciens militaires réclamant à juste titre une indemnité de licenciement, a-t-il dit.

Le rôle de la MINUSTAH sera partiellement accompli lorsque que la Police nationale haïtienne aura été renforcée, a assuré M. Cazeau.  La Police d’Haïti souffrait encore d’un manque d’effectifs, a-t-il fait remarquer, en précisant que le Gouvernement, de concert avec la MINUSTAH, s’employait à y remédier.  Le représentant s’est félicité de l’idée d’établir un projet de plan de transition, doté de critères spécifiques permettant d’évaluer notamment l’action menée par la police et le Conseil électoral permanent.  Il a indiqué que l’appui de la MINUSTAH diminuera au fur et à mesure que les institutions nationales s’avéreront aptes à assurer la relève.  En conclusion, il a accueilli favorablement le plan de concentration de la MINUSTAH, selon lequel la composante militaire cède progressivement la place à la composante de police, ainsi que les recommandations faites par le Secrétaire général pour réduire les effectifs militaires et de police de la MINUSTAH.  Ces recommandations, a-t-il assuré, sont en accord avec le plan de développement quinquennal (2012-2016) visant à porter l’effectif de la police à 15 000 hommes d’ici à 2016.

Mme MARIA LUIZA RIBEIRO VIOTTI (Brésil)a réaffirmé la volonté de son pays de mener à bien les objectifs de réduction progressive et concertée des effectifs de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH).  Après avoir reconnu les progrès institutionnels réalisés par le Gouvernement haïtien deux ans après le tremblement de terre dévastateur qui a frappé le pays, Mme Ribeiro Viotti a insisté sur la nécessité pour les autorités haïtiennes de poursuivre sur la voie du dialogue et de l’unité.  La tenue prochaine d’élections législatives et municipales constituera, selon elle, un « signal fort en direction de la communauté internationale, des investisseurs potentiels et de la population haïtienne » de la marche du pays vers la stabilité et le développement.  Le Brésil encourage à cette fin la constitution, dans les plus brefs délais, d’un Conseil électoral permanent jouissant d’une représentativité et d’une légitimité suffisantes afin d’inclure les principales forces politiques haïtiennes, a indiqué Mme Ribeiro Viotti.  La prise en charge accrue des affaires par les autorités du pays, a-t-elle souligné, est une condition préalable indispensable à l’amélioration effective et durable des conditions de vie des Haïtiens et au premier chef des plus pauvres.

Mme Ribeiro Viotti a également souligné l’importance d’accompagner la réduction progressive de ses effectifs militaires déployés dans le cadre de la MINUSTAH par la mise en œuvre de projets concrets de réduction de la violence et par l’allocation de ressources dans le domaine du génie civil.  Le retrait d’un des deux bataillons brésiliens engagés dans la Force des Nations Unies est, à ce titre, un indicateur des progrès accomplis par le Gouvernement haïtien.  Elle a néanmoins insisté sur la nécessité d’améliorer les conditions économiques et sociales de la population.  Sans une réduction de la pauvreté et une amélioration des infrastructures sanitaires et éducatives, a-t-elle soutenu, les efforts de la communauté internationale et des autorités haïtiennes ne pourront apporter de solutions satisfaisantes à long terme.  Elle a rappelé le maintien de l’engagement du Brésil dans la construction d’une centrale hydroélectrique et les conséquences positives de ce projet en matière de création d’emplois, de fourniture d’énergie propre et d’investissements futurs.  En guise de conclusion, Mme Ribeiro Viotti a réaffirmé la détermination de son pays à accompagner le Gouvernement d’Haïti dans ses efforts en vue de mener à bien les objectifs politiques, économiques et sociaux qu’il s’est fixés.

M. JOSÉ LUIS CANCELA (Uruguay), s’exprimant au nom du Groupe des amis d’Haïti, a salué les progrès politiques et institutionnels accomplis récemment par ce pays, notamment l’approbation par le Sénat de la nomination d’un nouveau Premier Ministre, la création du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire et la publication de la version révisée des amendements constitutionnels.  La mise en place du Conseil électoral permanent constituera un pas en avant dans le processus de consolidation démocratique du pays, a-t-il estimé.  M. Cancela a appelé tous les acteurs politiques d’Haïti à continuer de coopérer en vue de la consolidation des institutions démocratiques et de l’état de droit.  Le Groupe des amis d’Haïti note par ailleurs que la situation en matière de sécurité est restée relativement stable.  Cela a permis à la MINUSTAH d’adapter sa configuration sans incidence négative sur la sécurité du pays.

Le représentant a en outre salué l’engagement du Gouvernement haïtien à renforcer l’état de droit et à faire avancer la réforme du secteur de la sécurité.  Il a, à cet égard, exprimé son soutien au Plan de développement de la Police nationale haïtienne (PNH) pour 2012-2016 présenté par la MINUSTAH et la PNH.  M. Cancela s’est par ailleurs inquiété des allégations de mauvaise conduite de la part de membres du personnel de la MINUSTAH.  Il s’est en revanche dit satisfait de la réduction importante du nombre de personnes déplacées.  Mais, a-t-il relevé, il reste encore de grandes difficultés à résoudre sur le plan humanitaire, de même que le problème de la violence faite aux femmes et aux enfants.  Enfin, M. Cancela a lancé un appel à la coopération entre la communauté internationale et le Gouvernement haïtien.  Il a aussi demandé aux donateurs de tenir leurs promesses.  Conformément au projet de résolution que le Groupe des amis d’Haïti a présenté, il a demandé que le mandat de la MINUSTAH soit prorogé d’un an.

M. GUILLERMO RISHCHYNSKI (Canada) a indiqué qu’en dépit d’un nombre important de développements positifs en Haïti, au nombre desquels des amendements constitutionnels, la création du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire et l’adoption d’un nouveau plan de développement pour la Police nationale haïtienne, son pays restait préoccupé quant aux incertitudes planant sur la tenue des élections sénatoriales et locales.  Il a, à ce sujet, souligné que l’occasion s’offrait au Gouvernement haïtien de réaffirmer notamment son respect aux principes démocratiques.  Évoquant le partenariat soutenu du Canada avec Haïti, M. Rischynski a insisté sur le fait que l’accent était mis sur la promotion de la primauté du droit, les débouchés économiques, ainsi que les raisons de l’insécurité persistante dans le pays.  S’agissant du renouvellement du mandat de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), il a déclaré que le Canada appuyait cette initiative dans la mesure où la MINUSTAH demeurait un acteur pour l’amélioration sécuritaire dans le pays.

M. OCTAVIO ERRAZURIZ (Chili), se ralliant à la déclaration du représentant de l’Uruguay, faite au nom du Groupe des Amis d’Haïti, a souligné que l’état de droit restait essentiel pour la sécurité, la stabilité, la gouvernance et le développement économique et social de ce pays.  Il a salué les progrès accomplis par les autorités haïtiennes, notamment la mise en œuvre du « Plan stratégique pour le développement d’Haïti » et le « Nouveau mécanisme de coopération ».  Il a espéré également que le nouveau Comité électoral permanent sera en mesure d’organiser des élections parlementaires et municipales avant la fin de 2012.

Soulignant l’appui « crucial » de la MINUSTAH aux activités de la Police nationale haïtienne (PNH), M. Errazuriz a souhaité que celle-ci assume progressivement ses fonctions en matière de sécurité, conformément à son Plan de développement 2012-2016.  Pour sa part, le Gouvernement chilien poursuivra ses projets de coopération bilatérale en matière de formation politique.  Le Chili estime que « les modifications de la composition et de la taille de la MINUSTAH doivent être compensées par un renforcement de la présence de la composante développement à travers les institutions des Nations Unies présentes en Haïti », a poursuivi le représentant du Chili.  En outre, la MINUSTAH doit continuer à lutter contre l’épidémie de choléra et intensifier sa politique de « tolérance zéro » contre les abus sexuels et la mauvaise conduite dans lesquels certains de ses membres ont été impliqués. 

M. THOMAS MAYR-HARTING, Chef de la délégation de l’Union européenne, a mis l’accent sur trois domaines prioritaires que sont la situation politique, la sécurité et le rôle de la MINUSTAH et l’aide au développement.  Il a souligné qu’un contexte politique stable et une situation sécuritaire contrôlée demeuraient des conditions préalables à tout appui au processus de reconstruction et de redressement économique.  L’Union européenne, a assuré M. Mayr-Harting, compte continuer son soutien financier et son assistance technique pour améliorer les capacités de l’administration, y compris sa capacité de promouvoir et de protéger les droits de l’homme, et pour avancer dans le processus des réformes portant sur la gouvernance, la sécurité et le renforcement du système démocratique.

M. Mayr-Harting a constaté ensuite que la présence de la MINUSTAH restait fondamentale pour assurer la stabilité et la sécurité du pays.  L’Union européenne et ses États membres se félicitent des propositions du Secrétaire général visant le renouvellement du mandat de la Mission, sa restructuration et le retrait progressif sur la base de mesures de stabilisation.  « Il s’agit d’un défi difficile et ambitieux, mais à notre avis réalisable », a-t-il dit.  Ce retrait devrait aller de pair avec le renforcement de la Police nationale haïtienne.  Enfin, s’agissant de l’aide à long terme de l’Union européenne, 85% des 522 millions d’euros promis lors de la Conférence de New York en 2010 avaient déjà été versés, a rappelé le représentant.  Il a espéré qu’il y aura l’année prochaine une accélération des dépenses, ce qui devrait permettre à l’Union européenne de s’acquitter de l’engagement pris à New York, d’ici à la fin de 2013.

M. ENRIQUE ROMAN-MOREY (Pérou) a rappelé que son pays participait activement à la MINUSTAH depuis 2004 avec la présence de 330 militaires et officiers de police.  Il ne peut y avoir de développement durable sans institutions solides pour le promouvoir, comme le renforcement de l’état de droit, la consolidation démocratique et la création des capacités nationales, a-t-il souligné.  Le représentant du Pérou a estimé qu’à ce stade, le maintien de l’assistance aux autorités haïtiennes était indispensable.  Cette assistance doit être subordonnée à la reconfiguration et à la réorganisation des activités de la MINUSTAH.

La situation est encourageante, a considéré le représentant, en passant en revue les derniers développements intervenus.  Il a appelé toutes les forces politiques haïtiennes à faciliter la mise en place du Conseil électoral permanent.  Le moment est venu d’assurer une transition graduelle afin d’entamer une nouvelle phase du processus de stabilisation.  Le représentant du Pérou a lancé un appel aux institutions des Nations Unies ainsi qu’aux bailleurs de fonds pour qu’ils apportent leur concours au nouveau mécanisme de coordination de l’aide.  S’il s’est félicité du plan quinquennal de développement de la police, il s’est dit cependant préoccupé par la situation alimentaire et sanitaire que vit actuellement la population haïtienne.  La communauté internationale, en particulier l’ONU, doit y apporter une réponse.  On ne doit pas avoir la fausse impression que la tâche est terminée ou qu’elle est près de l’être.  Il ne faut pas reproduire l’erreur d’un retrait prématuré qui avait été commise dans d’autres pays, a mis en garde le représentant du Pérou.

M. KAZUO KODAMA (Japon) a rendu hommage aux hommes et aux femmes de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) pour leur engagement et leur endurance pendant une période difficile.  Il a salué le fait que la MINUSTAH recentre ses efforts sur la stabilisation à long terme et le développement du pays.  M. Kodama a souligné que, plus de deux années et demie après le séisme dévastateur qui avait secoué Haïti, le rôle de la Mission demeurait essentiel, tout en notant que les besoins de la population haïtienne avaient changé.  Le Japon, a rappelé son représentant, avait contribué, en 2010, à hauteur de 100 millions de dollars au titre des secours d’urgence et des efforts de reconstruction.  Depuis cette date, Haïti a accompli des progrès remarquables, a-t-il commenté, en précisant que son pays avait d’ores et déjà dépassé le montant de cette annonce initiale.  Il a rappelé qu’à la lumière des progrès cités, le Japon avait décidé, en juillet dernier, de réduire la présence de son unité d’ingénieurs de Force d’autodéfense.  Le contingent japonais, qui est composé de 2 200 personnes, a participé aux efforts de relèvement, a-t-il rappelé.

Son pays, a assuré le représentant, s’orientera vers l’appui à long terme, notamment par l’aide à la formation aux services sociaux de base comme la santé, l’hygiène et l’éducation.  En dépit des progrès sur le chemin de la reconstruction, il ne fait aucun doute qu’Haïti devra encore veiller à l’amélioration de ses services d’infrastructure de base comme le réseau routier, l’électricité et l’eau potable, ainsi que les services sociaux, y compris l’accès à l’éducation et à la santé.  M. Kodama a également souligné le taux élevé de chômage et les problèmes liés à la délinquance dans le pays.  À cet égard, il s’est félicité des efforts visant à renforcer l’état de droit et l’amélioration de la situation en matière de sécurité, tout en recommandant de poursuivre les efforts visant à la réduction de la pauvreté et à garantir le bien-être de tous les Haïtiens.  

M. MATEO ESTREME (Argentine) a pleinement souscrit à la déclaration faite par l’Uruguay, au nom du Groupe des Amis d’Haïti.  Il a réaffirmé l’attachement de son pays à la stabilité institutionnelle et au développement d’Haïti, comme le montre sa contribution, depuis 18 ans, à la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) et par le biais de la coopération technique bilatérale.  Coïncidant avec le Secrétaire général, il a estimé que la MINUSTAH demeurait un facteur décisif pour créer, une fois pour toute, un climat propice à la sécurité et à la stabilité dans ce pays, compte tenu du fait que la Police nationale haïtienne n’est toujours pas en mesure d’assumer l’entière responsabilité de protection de la sécurité intérieure.  C’est pourquoi, l’Argentine appuie la prorogation, pour une année, du mandat de la Mission, dont la présence est encore souhaitée par le Gouvernement haïtien.

Le représentant a salué la mise en place du mécanisme de coordination de l’assistance qui, a-t-il dit, lui permettra de participer pleinement à la prise de décisions sur les fonds et autres aspects relatifs aux projets de coopération.  Au plan national, il importe également de renforcer les institutions du secteur public de sorte à ce que les efforts de développement soient durables et que la population puisse bénéficier de services de base.  L’Argentine a ensuite plaidé en faveur d’une analyse approfondie concernant l’avenir de la MINUSTAH en vue d’établir une stratégie de retrait progressif susceptible de répondre aux intérêts des autorités et du peuple haïtiens, de même qu’à la situation du pays en matière de sécurité et de son interaction avec le développement durable.  La participation d’Haïti à la prise de décisions sur les questions relatives à une opération de maintien de la paix est indispensable, a-t-il souligné.  Enfin, le renforcement des capacités institutionnelles, entre autres, dans les domaines de l’administration de la justice, de la promotion et la protection des droits de l’homme et du développement économique et social, est la clef de voûte du mandat de la MINUSTAH.  La présence des Nations Unies en Haïti ne serait plus nécessaire lorsque les autorités haïtiennes, après avoir renforcé leurs institutions politiques, judiciaires et de police, seraient en mesure de prendre en charge le développement économique et social du pays.

M. FERNANDO ARIAS (Espagne) a déclaré que son pays demeurait fermement engagé en faveur de l’appui aux efforts d’Haïti pour lui permettre de se relever des destructions causées par le séisme de 2010.  Il a rappelé, à cet égard, que l’Espagne, troisième donateur bilatéral en Haïti, avait contribué à hauteur de 225 millions de dollars, soit 65% des 346 millions promis à la Conférence de New York en 2010.  Ces sommes avaient servi à financer principalement des projets dans les secteurs de l’eau et de l’assainissement, de l’éducation, du secteur productif et du développement rural ainsi qu’en matière de lutte contre la faim.

L’Espagne se félicite de l’amélioration de la situation politique en Haïti depuis le dernier débat sur la question au Conseil, en mars 2012.  L’Espagne, a-t-il dit, réaffirme son engagement en faveur du renforcement de la Police nationale haïtienne en vue d’assurer la sécurité sur l’ensemble du territoire.  Son pays, a-t-il ajouté, appuie la prorogation du mandat de la MINUSTAH car il estime que son rôle en Haïti demeure fondamental.  Le représentant de l’Espagne s'est félicité de la création du nouveau mécanisme de coordination de l’aide, en rappelant que la devise de la coopération espagnole avait toujours été: « Tout pour Haïti mais avec Haïti ».

Mme YANERIT MORGAN (Mexique) a reconnu que la stabilité politique était en progrès en Haïti, en se félicitant notamment de la transition pacifique du pouvoir.  Toutefois, des obstacles subsistent, ce qui souligne la nécessité pour la MINUSTAH de disposer des ressources nécessaires.  En matière de sécurité, la délégation espagnole est préoccupée par l’augmentation du nombre d’homicides, la prévalence du phénomène des bandes, ainsi que par l’absence d’une culture de respect de l’état de droit qui ont, a-t-elle fait remarquer, une incidence directe sur la situation des droits de l’homme en Haïti.

Ce sont les raisons pour lesquelles, il demeure nécessaire de continuer d’appuyer le renforcement des institutions de sécurité et, en premier lieu, de la Police nationale haïtienne.  Celle-ci ne dispose pas de la capacité d’assumer sa pleine responsabilité sur la sécurité interne du pays.  En ce sens, la présence des éléments militaires et de police de la MINUSTAH demeure nécessaire.  Le Mexique appelle la communauté internationale à concrétiser ses promesses de coopération envers Haïti, et pour qu’elle continue d’appuyer les institutions du système des Nations Unies œuvrant pour l’amélioration des conditions de vie de la population, notamment en matière d’éducation et de santé.

Mme JENNY LALAMA-FERNANDEZ (Équateur) a mis l’accent sur la coopération entre son pays et Haïti, qui a été considérablement renforcée après le tremblement de terre.  Elle a ensuite souhaité qu’une solution soit trouvée au contentieux relatif au Conseil électoral permanent afin de permettre la tenue d’élections législatives partielles crédibles.  Toutes les parties doivent participer au dialogue afin qu’il soit constructif, a-t-elle insisté.  La représentante a ensuite appuyé la prorogation du mandat de la MINUSTAH afin de répondre aux défis en matière de sécurité qui subsistent dans le pays.  En conclusion, elle a invité la communauté internationale à redoubler d’efforts afin d’œuvrer à la stabilisation durable du pays.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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