Conseil de sécurité: le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Kosovo appelle à un dialogue urgent et créatif entre Belgrade et Pristina

21 août 2012
CS/10746

Conseil de sécurité: le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Kosovo appelle à un dialogue urgent et créatif entre Belgrade et Pristina

21/08/2012
Conseil de sécurité
CS/10746
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité                                        

6822e séance – matin                                       


CONSEIL DE SÉCURITÉ: LE REPRÉSENTANT SPÉCIAL DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL POUR LE KOSOVO

APPELLE À UN DIALOGUE URGENT ET CRÉATIF ENTRE BELGRADE ET PRISTINA


Un engagement international « plus actif » est urgent en vue de relancer le dialogue entre les autorités de Belgrade et celles de Pristina, facilité par l’Union européenne, a estimé, ce matin, devant les membres du Conseil de sécurité, le Représentant spécial pour le Kosovo et Chef de la Mission intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK), M. Farid Zarif.  Celui-ci a appelé les membres du Conseil à user de toute leur influence pour aider les parties à adopter « une approche créative » centrée sur la recherche du compromis.


La préparation et la tenue des élections législatives et présidentielle, des 6 et 20 mai 2012, et la formation du nouveau Gouvernement de la Serbie, le 27 juillet dernier, ont durablement interrompu le dialogue coordonné par l’Union européenne entre les autorités de Pristina et celles de Belgrade, ainsi que la mise en œuvre des sept accords conclus précédemment entre la Serbie et le Kosovo.


Le nouveau Président serbe, M. Tomislav Nikolić, qu’il a rencontré à Belgrade, l’a assuré qu’il était engagé en faveur de la reprise du dialogue et de la mise en œuvre des accords conclus en matière de coopération régionale, de libre circulation des personnes et des biens, de certification des diplômes, des registres d’état civil et cadastraux et de gestion intégrée des points de passage, a indiqué M. Zarif.


Ce matin, le Premier Ministre de la Serbie, M. Ivica Dačić, a réaffirmé cet engagement devant les membres du Conseil de sécurité.  « Le règlement du statut du Kosovo, qui prendra en compte les attentes des Albanais et des Serbes du Kosovo, reste la priorité de son gouvernement », a-t-il déclaré.  Il a cependant réaffirmé que le Gouvernement serbe ne reconnaîtrait jamais la déclaration unilatérale d’indépendance du Kosovo.  À ce jour, a-t-il fait observer, le Conseil de sécurité n’a accepté aucune solution concernant le statut du Kosovo.


M. Dačić s’est aussi dit profondément préoccupé par le risque de « nettoyage ethnique » des Serbes au Kosovo, en affirmant que 200 000 non-Albanais avaient été expulsés du territoire du Kosovo et de Metohija depuis juin 1999.  « Des Serbes du Kosovo ont en outre subi, contre leur volonté, des interventions chirurgicales », a-t-il ajouté, en insistant sur la nécessité de faire toute la lumière sur les allégations de trafic d’organes.


De son côté, M. Hashim Thaci, du Kosovo, a fait remarquer que, depuis la déclaration d’indépendance, il y a cinq ans, le Kosovo avait entrepris d’importants efforts en matière de justice et d’état de droit, et que son gouvernement avait bâti « les fondements solides d’un État multiethnique basé sur les valeurs et les normes européennes ».  Il a ajouté que « près de la moitié des États Membres de l’ONU reconnaissaient, à présent, la République du Kosovo » et s’est dit convaincu que « la non-reconnaissance du Kosovo menaçait la stabilité dans les Balkans ».  S’agissant plus particulièrement du nord du Kosovo, il a rappelé que son gouvernement était opposé à toute idée de partition, de modification des frontières ou de la configuration du territoire.


Dans son rapport* sur la Mission d’administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK), dont étaient saisis ce matin les membres du Conseil de sécurité, le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, s’inquiète des conditions de sécurité dans le nord du Kosovo.  Il y fait notamment état d’une exacerbation des tensions, au cours des mois de juin et juillet, détaillant plusieurs incidents dans la région.


Le Secrétaire général met aussi en lumière les difficultés que continuent de rencontrer les minorités dans tout le Kosovo, et la nécessité d’améliorer les réponses qu’y apportent les services publics, et ce, afin d’augmenter le taux de rapatriement librement consenti au Kosovo.  Le total des retours volontaires pour le premier semestre de 2012 était de 406, tandis qu’il atteignait 603 pour la même période en 2011.


Au cours du débat, le représentant de la France, dont le pays assume la présidence du Conseil de sécurité pour le mois d’août, a estimé que l’absence de consensus de la part de la communauté internationale à l’égard du Kosovo ne pouvait pas devenir prétexte pour l’inaction.  Tous les membres du Conseil, sans équivoque, ont également appelé les autorités de Belgrade et celles du Kosovo à reprendre rapidement le dialogue.


« Ces trois derniers mois ont été marqués par des événements politiques majeurs au Kosovo et dans la région, dont les élections présidentielle et législatives en Serbie auxquelles ont pu prendre part les citoyens serbes au Kosovo », a souligné le représentant de l’Allemagne.  Il a estimé que ce dialogue sous l’égide de l’Union européenne demeurait le moyen le plus efficace pour pérenniser la paix et la stabilité dans la région. 


Pour sa part, le représentant de la Fédération de Russie s’est dit particulièrement préoccupé par la décision des autorités de Pristina de créer un nouveau bureau administratif du nord de Mitrovica.  Cette décision, a-t-il estimé, ne pourrait que conduire à une plus grande déstabilisation de la région. 


La représentante des États-Unis a, quant à elle, considéré que la communauté internationale ne pouvait pas empêcher le Gouvernement du Kosovo de mettre en place des services administratifs pour les populations du nord car, a-t-elle rappelé, cela relève de ses prérogatives.


*     S/2012/603



RÉSOLUTIONS 1160 (1998), 1199 (1998), 1203 (1998), 1239 (1999) ET 1244 (1999) DU CONSEIL DE SÉCURITÉ


Rapport du Secrétaire général sur la Mission d’administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (S/2012/603)


Dans ce rapport, soumis conformément à la résolution 1244 (1999) du Conseil de sécurité et couvrant la période allant du 16 avril au 15 juillet 2012, le Secrétaire général note que la Mission d’administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK) continue d’œuvrer à la réalisation de ses objectifs en intensifiant ses efforts pour nouer des relations constructives avec les autorités de Pristina et de Belgrade, avec les communautés kosovares, ainsi qu’avec les acteurs régionaux et internationaux.


Le Secrétaire général observe notamment que le déroulement pacifique et régulier des élections présidentielles et parlementaires serbes, des 6 et 20 mai 2012, en particulier le scrutin organisé au Kosovo avec l’aide de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), constitue « une avancée encourageante » et est à mettre au crédit de « la maturité des dirigeants politiques de toutes les parties ». 


Félicitant M. Tomislav Nikolić pour son élection à la présidence de la Serbie, il se réjouit que celui-ci ait réaffirmé sans ambiguïté la volonté de la Serbie d’honorer pleinement tous les engagements qu’elle a pris dans le cadre du dialogue engagé avec Pristina sous les auspices de l’Union européenne.  « Durant la période considérée, et du fait de la préparation et de la tenue des élections et de la formation du Gouvernement serbe, ce dialogue a en effet été durablement interrompu », rappelle-t-il, « tandis que des divergences liées à l’interprétation ou à la mise en œuvre des accords précédemment conclus ont accru les tensions sur le terrain ».


Le Secrétaire général rappelle aussi que le déroulement du scrutina toutefois été lourd de menaces et que, si celui-ci s’est finalement déroulé dans le calme dans les 90 bureaux de vote du Kosovo, ce n’est qu’à l’issue de longues consultations entre les autorités de Pristina et de Belgrade, qui ont fixé d’un commun accord la procédure de vote des électeurs du Kosovo, et grâce à l’appui essentiel fourni par la police kosovare, ainsi que par la Mission État de droit menée par l’Union européenne au Kosovo (EULEX) et par la Forcede maintien de la paix de l’OTAN au Kosovo (KFOR).


« En parallèle, les conditions de sécurité dans le nord du Kosovo sont restées précaires », constate le Secrétaire général, qui fait par ailleurs état d’une exacerbation des tensions en juin et en juillet, citant notamment des incidents en date du 1er et du 16 juin 2012, lorsque la KFOR a tenté de lever un barrage routier dans la municipalité de Zveçan/Zvečan ou lorsqu’elle a mené une opération visant à fermer une voie de passage non autorisée. 


« Des deux côtés, les autorités ont exprimé la volonté de reprendre les consultations une fois le nouveau gouvernement mis en place à Belgrade », et ce, « malgré certaines indications selon lesquelles l’une ou l’autre des parties pourrait fixer de nouvelles conditions à la reprise du dialogue, souligne encore le Secrétaire général.  Il cite ainsi, dans son rapport, les accords conclus, à ce jour, dans le cadre du dialogue entre Pristina et Belgrade, et sous les auspices de l’Union européenne, ainsi que l’état de leur application dans les domaines de la coopération régionale, de la libre circulation des personnes et des biens, de la certification des diplômes, des registres d’état civil et cadastraux et de la gestion intégrée des points de passage.


S’agissant de l’état de droit, le Secrétaire général constate que la MINUK a continué de recevoir des demandes d’entraide judiciaire de pays ne reconnaissant pas le Kosovo, tandis que le Ministère kosovar de la justice a généralement refusé de les accepter.  Pour sortir de l’impasse, la mission EULEX a accepté de s’engager dans des pourparlers avec cinq États membres de l’Union européenne ne reconnaissant pas le Kosovo afin de trouver des solutions, souligne-t-il.  La MINUK a également continué de faciliter l’interaction au quotidien entre le Kosovo et INTERPOL en délivrant des avis de recherche internationaux diffusés par INTERPOL.


Le Secrétaire général met encore en lumière les difficultés que continuent de rencontrer les minorités dans tout le Kosovo, et la nécessité d’améliorer les réponses qu’y apportent les services publics, notamment la police, afin d’augmenter le taux de rapatriement librement consenti au Kosovo.  Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a fait état de 131 retours volontaires de personnes survenus en avril et mai 2012 vers des régions où ils étaient minoritaires, constate le Secrétaire général.  Le total des retours volontaires pour le premier semestre de 2012 se montait à 406, contre 603 pour la même période en 2011.


Le rapport, présenté par la Haute-Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Mme Catherine Ashton, sur les activités de la Mission État de droit menée par l’Union européenne au Kosovo (EULEX), qui figure en annexe du présent document, couvre la période allant du 16 avril au 15 juillet 2012.


Déclarations


M. FARID ZARIF, Représentant spécial du Secrétaire général pour le Kosovo et Chef de la Mission intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK), a souligné le risque « d’une tendance dangereuse vers la complaisance ».  « Sur le terrain, les possibilités de relancer le processus politique sont minces », a-t-il dit, en estimant qu’un engagement international plus actif et délibéré avec les parties était urgent.  Il a rappelé que, durant la période considérée, les séances du dialogue entre Belgrade et Pristina avaient été suspendues du fait des élections en Serbie et du processus politique visant la formation d’un nouveau gouvernement au 27 juillet.


Le Représentant spécial a ensuite indiqué qu’il avait eu l’occasion de rencontrer les nouveaux dirigeants serbes à Belgrade, y compris le Président Tomislav Nikolić et le Premier Ministre Ivica Dačić.  Il s’est félicité des assurances et des engagements que ces derniers ont donnés concernant la mise en œuvre des accords conclus dans le cadre du dialogue conduit sous les auspices de l’Union européenne, et la reprise du dialogue.  « Ces retards liés à l’interprétation et à la mise en œuvre des engagements ne devraient pas servir de prétexte pour retarder le processus », a-t-il ajouté.  Dans ce contexte, M. Zarif a souligné que la première visite officielle du Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, à la fin du mois de juillet, soit juste après la période couverte par son rapport, avait contribué à encourager une approche plus positive aux diverses questions fondamentales en suspens.  Il a cependant estimé que la communauté internationale devrait renouveler ses engagements au cours de la prochaine période d’examen.


Le Chef de la Mission intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK) s’est félicité des échanges accrus entre la Mission, le Bureau de l’Union européenne au Kosovo, la Force de maintien de la paix de l’OTAN (KFOR) et la Mission État de droit menée par l’Union européenne au Kosovo (EULEX) sur un certain nombre de questions d’intérêt commun.  Il a noté que le Bureau de l’Union européenne au Kosovo avait continué à intensifier ses opérations, tandis que la mission EULEX avait effectué une restructuration interne considérable visant à rationnaliser ses opérations, notamment dans les régions où les progrès en matière d’état de droit demeurent inefficaces.  Il a également précisé que les activités opérationnelles de la MINUK avaient été limitées mais s’étaient concentrées sur l’amélioration de la vie quotidienne de la population.  À cet égard, il s’est félicité d’un sondage mené en juin dernier au sujet de l’image de marque de l’ONU au sein de la population kosovare.  Celle-ci a, pour les trois-quarts, une confiance positive en l’ONU, ce qui représente une augmentation de 15 points de pourcentage par rapport à un sondage qui avait été réalisé en 2010, a-t-il assuré.


S’agissant du nord du Kosovo, M. Zarif a noté que des efforts plus considérables seront nécessaires pour modifier « la gesticulation et la rhétorique habituelle émanant de Pristina, de Belgrade et du Nord du Kosovo.  Avant de conclure, il a lancé un appel aux membres du Conseil de sécurité pour qu’ils utilisent de façon positive leur pouvoir, leur autorité et leur influence, en août, afin d’aider les parties à adopter une approche créative centrée sur la recherche du compromis.


M. IVICA DAČIĆ, Premier Ministre de la Serbie, s’est félicité du déroulement d’un scrutin qu’il a qualifié de conforme aux normes internationales les plus rigoureuses, avant de mettre l’accent sur l’importance de la consolidation de la paix et de la stabilité régionales.  Il a déclaré que le règlement du statut du Kosovo restait la priorité du Gouvernement serbe.  Son gouvernement, a-t-il assuré, entend prendre en compte les attentes des Albanais et des Serbes du Kosovo.  M. Dačić a réaffirmé que le Gouvernement serbe ne reconnaîtra jamais la déclaration unilatérale d’indépendance du Kosovo.  Rappelant que le Conseil de sécurité n’avait, à ce jour, accepté aucune solution concernant le statut du Kosovo, le Premier Ministre serbe a estimé que le Kosovo ne pouvait devenir membre d’aucune institution internationale, puisqu’il n’était pas reconnu comme un État souverain.  Il a appelé à des efforts nouveaux et supplémentaires pour faire avancer un processus favorable à une paix durable entre Serbes et Albanais.  Il a indiqué que les nouvelles autorités serbes s’engageaient à appliquer tous les accords agréés jusqu’à présent.  Il faut un leadership ferme et la volonté des parties de faire des concessions, a insisté M. Dačić, en ajoutant que les autorités à Belgrade ne pouvaient continuer à faire des concessions si celles à Pristina n’en faisaient pas autant sur le statut définitif du Kosovo. 


Le Premier Ministre serbe s’est inquiété de mesures ou déclarations unilatérales qui, a-t-il fait remarquer, sapent la paix et la stabilité dans la région.  Il a appelé la mission EULEX à respecter pleinement la résolution 1244 (1999) du Conseil de sécurité.  Il a estimé que la volonté de priver les institutions internationales d’exercer leur rôle démontre le manque de volonté des autorités de Pristina d’avancer sur la question du statut du Kosovo.  M. Dačić a demandé que la Mission d’administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK) puisserevoir sa configuration et son niveau de présence au Kosovo, en souhaitant que la prochaine session de la Cinquième Commission de l’Assemblée générale soit l’occasion de s’entendre sur l’affectation de ressources supplémentaires pour le fonctionnement de la MINUK.  Il s’est dit particulièrement préoccupé par les menaces sécuritaires qui continuent de peser sur les Serbes du Kosovo, en citant à cet égard plusieurs cas d’incendie criminel, de vols et de pillages.  Il s’est dit également profondément préoccupé par le risque de « nettoyage ethnique » des Serbes au Kosovo, en affirmant que 200 000 non-Albanais avaient été expulsés du territoire du Kosovo et de Metohija depuis juin 1999.  Des Serbes du Kosovo ont subi, contre leur volonté, des interventions chirurgicales, a-t-il ajouté, en souhaitant que tout soit entrepris pour enquêter de manière approfondie sur les allégations de trafic d’organes.


M. HASHIM THACI, du Kosovo, a estimé que le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, en effectuant en juillet dernier sa visite au Kosovo, a réaffirmé l’engagement des Nations Unies en faveur d’un « Kosovo prospère ».  « Mon pays est un exemple de l’édification d’un État au cours d’un processus de consolidation de la paix pendant ces 10 dernières années et l’ONU peut s’en féliciter », a-t-il souligné.  Il a ensuite tenu à saluer « l’appui immense » fourni à son pays par la communauté internationale et qui a permis d’établir « un État moderne et viable, dont l’objectif principal, a-t-il fait remarquer, est l’intégration aux institutions euro-atlantiques ».


Rappelant les efforts réalisés par le Kosovo en matière de justice et d’état de droit depuis sa déclaration d’indépendance, il y a cinq ans, M. Thaci a souligné que son gouvernement avait construit les fondements solides d’un État multiethnique basé sur les valeurs et les normes européennes.  « Le mois dernier, 21 lois et amendements liés à cette question ont ainsi été adoptés », a-t-il dit.  Ces textes, a-t-il précisé, portent notamment sur la nomination d’un Commissaire linguistique ou la protection des églises et lieux culturels.  Il a également fait mention de la nomination d’un nouveau directeur pour la deuxième chaîne de radio destinée aux communautés serbes.  Sur le plan économique, le Kosovo prévoit, cette année, une croissance économique de 5%, a-t-il indiqué, tout en faisant observer que plusieurs pays européens sont aujourd’hui confrontés à une crise économique et financière.  Il a également précisé que le Kosovo était engagé à respecter l’état de droit et à lutter contre la corruption et qu’il reconnaissait entièrement le rôle joué par la mission EULEX dans ces domaines.  Il s’est d’ailleurs dit favorable à la prolongation de la mission EULEX menée par l’Union européenne jusqu’à la mi-juin 2014.


M. Thaci a ensuite mis l’accent sur l’importance de la reconnaissance de la République du Kosovo.  « Près de la moitié des États Membres de l’ONU reconnaissent aujourd’hui la République du Kosovo », a-t-il noté, en se déclarant convaincu que la non-reconnaissance du Kosovo menaçait la stabilité dans les Balkans, ainsi que les efforts et les perspectives économiques dans la région.  S’agissant du nord du Kosovo, il a affirmé que son gouvernement était opposé à toute idée de partition, de modification des frontières ou de la configuration du territoire et a annoncé la création d’un bureau administratif pour le nord de Mitrovica.  « Il s’agit là d’une mesure importante dans la direction de la création d’une municipalité dans le nord de Mitrovica », a-t-il dit, en expliquant que ce bureau offrirait des services de base à la population.


« Le Kosovo croit au dialogue entamé en mars 2011 et facilité par l’Union européenne », a-t-il ensuite assuré.  Notant que ce dialogue avait donné lieu à sept accords bilatéraux importants, il a toutefois regretté que la majorité d’entre eux ne soient encore que des documents.  À cet égard, il a lancé un appel à la Serbie pour qu’elle s’acquitte de ses engagements dans le cadre de ce processus.  « Le fait qu’il n’y ait pas de frontière clairement démarquée entre la Serbie et le Kosovo représente, à ce titre, un obstacle à la sécurité et la stabilité dans les Balkans », a-t-il ajouté.  Avant de conclure, il a souligné que la consolidation de l’État et le renforcement de la reconnaissance internationale demeuraient les priorités du Kosovo.


M. LOTFI BOUCHAARA (Maroc) s’est félicité que plusieurs accords aient été signés entre les parties portant sur des aspects importants dont la coopération régionale, la libre circulation, la certification des diplômes, les registres d’état civil, les registres cadastraux, la gestion intégrée des points de passage et la libre circulation des biens.  Il est certain qu’une mise en œuvre effective de ces accords, nécessitant un esprit de compromis de toutes les parties pour dépasser leurs divergences, aura un impact positif sur le quotidien des populations et contribuera à apaiser les tensions et à renforcer l’atmosphère de dialogue, en particulier pour ce qui est de l’examen des questions les plus épineuses, a estimé le représentant du Maroc.


M. Bouchaara  s’est félicité des progrès accomplis en ce qui concerne l’enquête sur les allégations du trafic d’organes, en espérant que le procès qui doit débuter le 3 septembre pour entendre sept personnes accusées de crime organisé, de trafic humain et d’exercice illégal de la médecine, permettra d’élucider ces allégations et de rendre justice.  Si beaucoup de progrès ont été réalisés dans l’amélioration des relations entre les parties, il faut continuer à progresser pour trouver des solutions de compromis à travers le dialogue et dans le respect des dispositions de la résolution 1244 (1999) du Conseil de sécurité, a également insisté le représentant du Maroc.


M. MICHAEL TATHAM (Royaume-Uni) a souligné qu’il était essentiel que les autorités de Belgrade appliquent les accords techniques déjà conclus et que celles de Pristina maintiennent leur engament à appliquer l’accord sur les registres cadastraux.  Il a déclaré que les tentatives d’empêcher la liberté de circulation des membres de la mission EULEX étaient inacceptables.  Il a salué les efforts du Représentant spécial du Secrétaire général qui visent à faciliter les retours, en précisant que le Royaume-Uni avait consacré, à cette fin, 400 000 livres sterling.  Il a souligné l’importance des travaux de l’Équipe spéciale d’enquête sur les allégations de trafic d’organes humains, en rappelant que sept personnes inculpées de traite d’êtres humains, de criminalité organisée, d’exercice illégal de la médecine et d’abus de l’autorité publique seront entendues le 3 septembre 2012, dans le cadre de l’affaire en cours « Medicus » sur le trafic d’organes.


M. HARDEEP SINGH PURI (Inde) s’est réjoui de ce que les élections législatives et présidentielle en Serbie se soient déroulées de façon pacifique, en particulier pour les serbes vivant au Kosovo, en mai dernier.  Il s’est également félicité de la volonté manifestée par les autorités de Belgrade et celles de Pristina en faveur de la reprise du dialogue, facilité par l’Union européenne.  Il a notamment insisté sur les déclarations faites par le nouveau Président serbe en faveur de la mise en œuvre des accords négociés dans le cadre de ce dialogue. 


La question des personnes disparues est un problème humanitaire important, a souligné par ailleurs le représentant de l’Inde, en émettant l’espoir que de nouveaux progrès seront réalisés en vue de trouver une solution.  Le représentant s’est également félicité de ce que la Mission État de droit menée par l’Union européenne (EULEX) puisse enquêter sur les allégations de trafic d’organes.  Pour faire face à la situation dans le nord du Kosovo qui demeure précaire, a-t-il estimé, toutes les parties concernées doivent faire preuve de vigilance et de retenue.


M. MIGUEL BERGER (Allemagne) a souligné qu’au cours de ces trois derniers mois, deux événements politiques majeurs sont intervenus au Kosovo et dans la région.  Il s’agit tout d’abord des élections présidentielles et législatives en Serbie de mai dernier, qui ont conduit à la formation d’un nouveau Gouvernement à Belgrade.  Il a noté qu’une très large majorité de Serbes (75%) ont apporté leur soutien à des partis souscrivant au renforcement de l’intégration de la Serbie dans l’Union européenne.  À cet égard, l’Allemagne restera un partenaire fiable, prêt à coopérer étroitement avec le Gouvernement serbe et à soutenir le processus de réforme nécessaire.  Il s’est félicité en outre du fait que les citoyens serbes vivant au Kosovo aient pu participer à ces élections sans rencontrer de grands problèmes de sécurité.  Pour M. Berger, le Gouvernement du Kosovo a saisi cette occasion pour démontrer qu’il prenait activement en compte les intérêts de la minorité serbe du pays et qu’il est possible de réaliser des compromis sur des questions pratiques.  Après la formation du nouveau Gouvernement serbe, a-t-il dit, nous espérons que le dialogue facilité par l’Union européenne entre les autorités de Belgrade et celles de Pristina reprendra rapidement.  Ce dialogue, a-t-il rappelé, reste le moyen le plus efficace pour contribuer à pérenniser la paix et la stabilité dans la région. 


Dans sa résolution 64/298 (2010), l’Assemblée générale avait indiqué que l’Union européenne restait le facilitateur approprié pour ce dialogue.  La mise en œuvre rapide et intégrale des accords existants en demeure la clef du succès, a rappelé le représentant de l’Allemagne.  Le deuxième développement majeur est la décision prise par le Groupe de pilotage international le 2 juillet pour mettre fin à la supervision de l’indépendance du Kosovo et de fermer en conséquence le bureau civil international au Kosovo.  Condamnant, par ailleurs, les actes de violence interethnique par toutes les parties, le représentant a assuré que l’Allemagne continuerait à coopérer, à cet égard, avec la police du Kosovo et la mission EULEX.  Les parties concernées doivent s'abstenir de toute violence et renforcer leur coopération avec la mission EULEX.  Il a aussi félicité la Mission d’administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK) qui a mis l’accent sur les défis auxquels font face les communautés minoritaires du Kosovo ainsi que sur la question des retours volontaires au Kosovo.  Toute analyse future de la question des retours volontaires devrait également tenir compte des facteurs économiques et démographiques, a-t-il ajouté.  Le représentant s’est dit très préoccupé par la situation qui prévaut dans le nord du Kosovo où la sécurité reste précaire.  Il a appelé une nouvelle fois toutes les parties et, en particulier, les autorités serbes d’user de leur influence sur les responsables au nord du Kosovo pour permettre à la mission EULEX de s’acquitter pleinement de son mandat.  Le problème dans le nord du Kosovo ne peut être résolu que par la voie politique, a-t-il souligné.  Il est indispensable, a-t-il dit, de rétablir la confiance entre la population locale et les autorités compétentes de Pristina.  C’est dans ce contexte que l’Allemagne salue la décision du Gouvernement de Kosovo d’établir un bureau administratif au nord de Mitrovica.


M. NIKITA Y. ZHUKOV (Fédération de Russie) a tenu à rappeler que la résolution 1244 (1999) du Conseil de sécurité était toujours pleinement en vigueur et représentait une base juridique contraignante pour tous en ce qui concerne le règlement de la question du Kosovo.  Il a exhorté la MINUK à jouer un rôle plus actif.  La Fédération de Russie, a-t-il dit, est très préoccupée par la décision de créer un nouveau bureau pour l’Administration de Mitrovica.  Cette décision, a estimé M. Zhukov, ne contribuera qu’à conduire à une plus grande déstabilisation de la région.  Il a regretté que ni les autorités du Kosovo, ni la mission EULEX n’aient enquêté, de manière appropriée, sur la quinzaine de meurtres commis en 2011 pour des motifs ethniques.  Il a également dénoncé le meurtre d’un dirigent serbe et de son épouse le 6 juillet dernier. 


Le représentant a indiqué que si l’Agence foncière du Kosovo reconnaît 20 000 cas d’usurpation de biens de serbes, notamment de maisons et de terrains, la réalité semble plus proche des 30 000.  Il a également dénoncé la volonté des autorités du Kosovo d’empêcher l’utilisation de plaques d’immatriculation serbes, ainsi que les actes de vandalisme visant les sites culturels et religieux orthodoxes.  Il a estimé que l’échec de la politique des retours de personnes appartenant à des minorités ethniques avait empêché le retour volontaire de 200 000 personnes depuis 1999.  Le représentant a insisté sur la nécessité de procéder à de véritables enquêtes sur les crimes commis contre les minorités nationales au Kosovo, en jugeant inacceptable que ces exactions continuent d’être passées sous silence.  Le processus mené par la mission EULEX est lent, a-t-il regretté.  Sa délégation, a-t-il poursuivi, souhaite que la MINUK ne se transforme pas en observateur passif des problèmes rencontrés par les minorités.


M. JOÃO MARIA CABRAL (Portugal) a tenu à souligner « la retenue et le pragmatisme constructif » manifestés par les interlocuteurs de toutes parts dans le cadre des élections en Serbie.  Il a ensuite estimé que le dialogue entre les autorités de Belgrade et celles de Pristina devrait être repris le plus rapidement possible.  C’est pourquoi, il a demandé aux parties de rapprocher leurs points de vue « en faveur du bien commun de tous ceux touchés par la situation au Kosovo ».  Notant que les progrès réalisés à ce jour avaient eu un impact sur la population, il a souligné qu’il était nécessaire pour les parties de reprendre le dialogue et de mettre en œuvre rapidement les accords conclus.


Le représentant a toutefois estimé que le potentiel d’instabilité demeurait réel au Kosovo et que la situation sur le terrain devait être envisagée par chaque partie concernée de façon prudente.  Il a, par ailleurs, condamné vigoureusement les différents incidents cités dans le rapport du Secrétaire général.  Avant de conclure, il a estimé que les prochains mois seraient essentiels au niveau politique et institutionnel et a demandé à toutes les parties de s’abstenir de toute action et de faire preuve de retenue face à des provocations « qui ne servent que des intérêts limités dans le nord du Kosovo ».  Il a également souligné que l’ONU, l’OSCE, la KFOR et la mission EULEX allaient devoir exécuter leur mandat dans un environnement changeant et difficile.


M. WANG MIN (Chine) s’est dit préoccupé par la situation tendue au nord du Kosovo.  Il s’est également inquiété de la baisse du nombre des retours.  Le représentant de la Chine a appelé au respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la Serbie.  Il a espéré que les autorités de Belgrade et celles de Pristina progresseront dans la voie du dialogue pour le bien-être de leurs populations et pour la paix et la stabilité dans les Balkans.  Le représentant a salué les efforts inlassables déployés par la MINUK pour promouvoir la paix et la stabilité en invitant la MINUK; EULEX et la KFOR à améliorer leur collaboration pour promouvoir le règlement des différentes questions.  Par ailleurs, il s’est dit extrêmement préoccupé par les allégations de trafic d’organes humains.  Sa délégation, a-t-il ajouté, appuie les efforts des Nations Unies visant à enquêter sur ces allégations.


Mme ROSEMARY A. DICARLO (États-Unis) a félicité les autorités de la République du Kosovo pour les progrès réalisés au cours de la période considérée dans le rapport du Secrétaire général, notamment la participation de Serbes du Kosovo aux élections, avec l’aide de l’OSCE.  Elle a cependant regretté que deux municipalités au Kosovo aient méprisé le droit des Serbes du Kosovo en mettant en place des structures parallèles et en organisant leurs propres élections.  Elle a émis l’espoir qu’avec un nouveau gouvernement en Serbie, les parties accepteront de reprendre la voie du dialogue.  Elle a rappelé le rôle clef que l’Union européenne joue pour faciliter ce dialogue.


La représentante s’est ensuite dite très préoccupée par le fait que des « extrémistes » dans le nord du Kosovo continuent de dresser des obstacles, que des restrictions à la liberté de mouvement soient encore imposées et que la KFOR fasse l’objet de menaces.  Elle a souhaité que les autorités de Belgrade encouragent les Serbes du Kosovo à coopérer.  Mme DiCarlo a en outre salué la décision des autorités de Pristina de créer un bureau administratif pour le nord de Mitrovica et a considéré que la communauté internationale ne devrait pas empêcher le Gouvernement du Kosovo de mettre en place des services administratifs pour les populations dans le nord du territoire car cela relève, a-t-elle rappelé, de ses prérogatives.  Tout en félicitant la police du Kosovo et la mission EULEX pour leurs efforts visant à protéger les populations, elle s’est dite préoccupée par les actes de violences inacceptables à l’encontre des personnes retournant au Kosovo.  Il faudrait, a-t-elle insisté, créer des conditions favorables aux retours volontaires.


M. RAZA BASHIR TARAR (Pakistan) a déclaré que sa délégation était préoccupée par la situation fragile qui prévaut dans le nord du Kosovo où des incidents risquent d’avoir des répercussions sur la stabilité de la région.  « Nous attendons avec intérêt la reprise du dialogue facilité par l’Union européenne », a-t-il dit avant de saluer les accords conclus par les parties, portant notamment sur la coopération régionale, la libre circulation, la certification des diplômes, les registres d’état civil, les registres cadastraux et la gestion intégrée des points de passage.  Le représentant a regretté que des incidents et des exactions continuent de décourager les retours volontaires des minorités.  Il a dénoncé les attaques perpétrées contre les sites culturels et religieux, en exhortant les institutions internationales à mener les enquêtes nécessaires pour mettre fin à ces actes. 


M. JUAN JOSE QUINTANA (Colombie) a estimé que la Mission d’administration intérimaire de l’ONU au Kosovo était essentielle pour persuader les parties de faire preuve de retenue et pour les convaincre de mettre en œuvre les solutions viables et précédemment négociées.  Il a également engagé toutes les parties à prendre des mesures en vue de réduire les tensions et d’éviter la résurgence de nouvelles crises.  Il a aussi condamné les divers incidents cités par le Secrétaire général dans son rapport, ainsi que les actions violentes visant à intimider les communautés, en particulier les Serbes du Kosovo.


Le représentant a ensuite salué les initiatives menées par le Haut-Commissariat aux droits de l’homme et ONU-Femmes qui fournissent, a-t-il dit, un appui à l’Agence pour l’égalité des sexes au sein du Cabinet du Premier Ministre pour mettre en place un plan d’action visant à assurer une participation active des femmes au rétablissement de la paix, conformément à la résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité.  Avant de conclure, il a salué les efforts déployés par la communauté internationale pour rapprocher les autorités de Pristina et de Belgrade.


M. BASO SANGQU (Afrique du Sud) s’est inquiété de la précarité de la situation qui prévaut actuellement au nord du Kosovo.  Il a appuyé le processus de dialogue entre les parties, facilité par l’Union européenne.  Il a salué la volonté affichée par le nouveau Président de la Serbie de renforcer le dialogue entre les autorités de Belgrade et celles de Pristina.  Il a estimé que le succès des élections serbes au Kosovo représentait un signe positif.  Il a estimé que la recrudescence des tensions interethniques était symptomatique et qu’elle démontrait la nécessité de régler des questions divergentes en suspens.  Face à l’insuffisance de protection des minorités, M. Sangqu a invité la communauté internationale à rappeler aux autorités du Kosovo leurs responsabilités pour assurer la protection de ces minorités, ainsi que celle des sites culturels et religieux.  Il a salué les mesures prises pour enquêter sur les allégations de trafic d’organes.  La résolution 1244 (1999) du Conseil de sécurité reste la base juridique pour le règlement de la question du statut du Kosovo, a rappelé le représentant de l’Afrique du Sud, en exhortant les parties à s’abstenir de toute initiative de nature à menacer la paix et la stabilité.  


M. GERT ROSENTHAL (Guatemala) s’est félicité de ce que le Président de la Serbie ait réaffirmé clairement les engagements pris par son pays en ce qui concerne l’application des accords précédemment conclus dans le cadre du dialogue facilité par l’Union européenne.  Il a également estimé que la MINUK continuait d’exercer des fonctions indispensables en tant que garante de la stabilité au Kosovo et dans la région. 


S’agissant de la situation dans le nord du Kosovo, le représentant a lancé un appel aux parties pour qu’elles agissent avec retenue et réduisent le risque de résurgence de la violence.  Le représentant s’est aussi dit préoccupé par l’intensification et l’aggravation des incidents dans la région.  Il s’est en outre inquiété de l’intention des autorités de Pristina d’octroyer des fonds de la MINUK pour financer le fonctionnement d’un bureau administratif local qui, a-t-il fait remarquer, ne jouit ni de la confiance, ni de l’appui de la population dans la région. 


M. TOFIG MUSAYEV (Azerbaïdjan) a rappelé que la résolution 1244 (1999) du Conseil de sécurité continuait d’être la référence juridique pour le règlement de cette question.  Il a salué les efforts qui ont permis aux Serbes vivant au Kosovo de participer pacifiquement aux élections présidentielle et législatives en Serbie, ainsi que la contribution de l’OSCE pour le succès de ces scrutins.  Même si la situation sécuritaire est restée relativement calme, des incidents se sont produits dans le nord du Kosovo, comme le meurtre d’un dirigeant serbe et de son épouse le 6 juillet dernier, a regretté le représentant de l’Azerbaïdjan.  Il a souligné qu’il était indispensable d’améliorer l’intervention des institutions publiques kosovares pour régler les difficultés auxquelles se heurtent les communautés minoritaires dans l’ensemble du Kosovo.  Le représentant a souhaité que l’Équipe spéciale de la mission EULEX, qui enquête actuellement sur les allégations de trafic d’organes, soit en mesure d’établir la vérité.  Il a noté par ailleurs que la question des personnes disparues demeurait l’un des principaux obstacles à la réconciliation.  La protection du patrimoine culturel et religieux doit être une priorité de la MINUK, a-t-il insisté, en regrettant la persistance d’actes de vandalisme ou d’intolérance religieuse.  


M. KODJO MENAN (Togo) s’est dit convaincu que le contexte postélectoral créé par le succès des élections des 6 et 20 mai était un moment privilégié pour ramener les parties prenantes au Kosovo à œuvrer à l’affermissement et à la consolidation des acquis.  Ces élections pacifiques, a-t-il ajouté, vont redonner confiance aux citoyens et aux citoyennes pour qu’ils surmontent les divergences et s’engagent dans l’édification des institutions démocratiques.  Le représentant a espéré que la constitution du nouveau gouvernement de la Serbie encourage la reprise, sous les auspices de l’Union européenne, des consultations mises en berne entre les autorités de Belgrade et celles de Pristina.  M. Menan a exhorté les autorités du Kosovo à établir les conditions nécessaires permettant d’assurer à chaque communauté de pratiquer librement sa religion, tout en respectant les droits des autres.  


M. GÉRARD ARAUD (France) a estimé que la fin de l’indépendance supervisée du Kosovo, le 10 septembre, était une chance à saisir, non pas pour nous ramener aux controverses juridiques du passé mais pour consolider un Kosovo souverain, pacifique, démocratique et multiethnique, vivant en paix avec ses voisins.  Cela passe dans l’immédiat par la reprise du dialogue entre la Serbie et le Kosovo, sous l’égide de l’Union européenne, a-t-il insisté, en se disant encouragé par les déclarations des nouvelles autorités serbes annonçant leur volonté d’aller de l’avant et de mettre rapidement en œuvre les accords déjà conclus.  Il a exhorté les autorités de Pristina à convaincre les Serbes du Kosovo que Serbes et Albanais ont un avenir commun et des intérêts partagés, au nord comme au sud de l’Ibar, et les autorités de Belgrade, de leur côté, à démanteler les structures parallèles mises en place dans le nord.  Il est fondamental de consolider les droits des minorités dans l’ensemble du Kosovo, de continuer de protéger leur patrimoine culturel et religieux, et de garantir le retour des réfugiés dans de bonnes conditions, a insisté M. Araud.


Précisant que « l’avenir des deux pays, la Serbie et le Kosovo, c’est l’Union européenne », M. Araud a rappelé que l’octroi du statut de candidat à la Serbie et le lancement d’une étude de faisabilité sont des éléments tangibles des progrès accomplis.  Ils ont été rendus possibles, a-t-il précisé, par les progrès de dialogue entre les autorités de Belgrade et celles de Pristina, qui a apporté des résultats concrets depuis mars 2011.  Tout en saluant le rôle de l’Union européenne, de la mission EULEX et de la KFOR, le représentant de la France a estimé que la présence internationale au Kosovo n’a pas vocation à se prolonger indéfiniment, alors que les institutions kosovares sont de plus en plus en mesure de garantir la sécurité et les droits politiques des minorités.  Par ailleurs, il a déclaré que l’absence de consensus de la communauté internationale ne doit pas devenir un prétexte pour l’inaction.  Il a noté que les binationaux kosovars serbes vivant au Kosovo ont pu participer pacifiquement aux élections législatives et présidentielles de la Serbie et que le transfert de la mission de sécurité du monastère de Devic à la police kosovare s’est fait de façon satisfaisante.  Lorsque la volonté politique des deux parties est au rendez-vous, des accords sont possibles et même rapides dans les domaines les plus sensibles, a souligné M. Araud, avant de conclure.


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