Le Secrétaire général préconise devant le Conseil de sécurité un renforcement de l’architecture de la consolidation de la paix de l’ONU

12 Juillet 2012
CS/10707

Le Secrétaire général préconise devant le Conseil de sécurité un renforcement de l’architecture de la consolidation de la paix de l’ONU

12/07/2012
Conseil de sécurité
CS/10707
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité                                        

6805e séance – matin & après-midi                          

LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL PRÉCONISE DEVANT LE CONSEIL DE SÉCURITÉ UN RENFORCEMENT

DE L’ARCHITECTURE DE LA CONSOLIDATION DE LA PAIX DE L’ONU

Le Secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki-moon, a estimé, aujourd’hui devant le Conseil de sécurité, que l’architecture de consolidation de la paix des Nations Unies, « arrivée à maturité », devait néanmoins être renforcée, en particulier sa Commission de consolidation de la paix (CCP), créée il y a un peu plus de six ans.

À l’ouverture d’un débat présidé par la Ministre colombienne des affaires étrangères, Mme Maria Ángela Holguín Cuéllar, et auquel ont participé une quarantaine de délégués, dont les présidents des formations pays de la Commission, M. Ban a recensé trois domaines où les outils de consolidation de la paix peuvent être améliorés.

Tout d’abord, a-t-il dit, la Commission de consolidation de la paix « doit faire plus pour améliorer la composition de ses membres et sa capacité collective unique à mobiliser ses ressources ».  Elle devrait ensuite « se concentrer sur la consolidation de la paix à long terme ».  Enfin, elle peut ajouter une valeur supplémentaire dans certains contextes où les autorités nationales et les coordonnateurs résidents bénéficieraient de l’appui intergouvernemental que la Commission est en mesure de fournir.  Par ailleurs, le Secrétaire général a mis l’accent sur la nécessité d’obtenir un appui de la part des États Membres, y compris pour le Fonds pour la consolidation de la paix.  

Instituée en fin 2005, la Commission de consolidation de la paix est un organe consultatif intergouvernemental de l’ONU qui appuie les efforts de paix dans les pays sortant d’un conflit.  Elle joue un rôle unique en rassemblant tous les acteurs concernés (donateurs, institutions financières internationales, gouvernements, pays qui fournissent des contingents), en mobilisant des ressources, en formulant des avis et en proposant des stratégies intégrées de redressement.

Son Président, M. Abdulkalam Abdul Momen, du Bangaldesh, a considéré que l’« Examen de 2010 du dispositif de consolidation de la paixde l’Organisation des Nations Unies »* avait contribué à renouveler les engagements à renforcer l’architecture de consolidation de la paix et à faire en sorte qu’elle puisse atteindre son plein potentiel.

M. Momen a, en particulier, plaidé en faveur d’un renforcement et d’une institutionnalisation des relations entre le Conseil de sécurité et les formations spécifiques de pays, en particulier dans le processus d’établissement ou de renouvellement des mandats pour un pays inscrit à l’ordre du jour de la Commission de consolidation de la paix.  De même, la Commission pourrait, a-t-il estimé, bénéficier d’éclaircissements sur la répartition des rôles et des responsabilités de la part de la haute direction de l’ONU sur le terrain.

Son prédécesseur, M. Eugène-Richard Gasana, du Rwanda, a souligné qu’il était nécessaire pour la Commission de consolidation de la paix de servir de plateforme onusienne centrale pour appuyer les pays émergeant d’une situation de conflit et qui sollicitent un engagement soutenu pour faciliter leur relèvement.  Son défi est de démontrer son potentiel tout en s’assurant que ses travaux ont le soutien au plus haut niveau des États Membres et des Nations Unies, a ajouté M. Gasana, qui présentait le rapport de la Commission sur les travaux de sa cinquième session**, qui couvre l’année 2011.

Cette période a coïncidé avec la première année de mise en pratique des recommandations formulées dans le cadre de l’Examen du dispositif de consolidation de la paixde l’ONU, conformément à la résolution 1947 (2010) du Conseil.  Les conclusions de cet examen ont confirmé la nécessité d’organiser les interventions de la Commission dans les six pays inscrits à son ordre du jour autour des trois principales fonctions que sont l’accompagnement politique, la sensibilisation et le soutien; la mobilisation des ressources; et l’amélioration de la coordination.

Ainsi, explique la Mission permanente de la Colombie auprès des Nations Unies dans son document de réflexion***, il a été recommandé que la Commission de consolidation de la paix accomplisse des progrès dans trois domaines principaux, à savoir: son impact sur le terrain; sa performance au Siège; et ses relations avec les acteurs clefs, dont les principaux organes, les entités opérationnelles des Nations Unies et les institutions financières internationales.

À l’instar de la Ministre colombienne des affaires étrangères, plusieurs intervenants ont assuré que l’appropriation nationale et le renforcement des capacités nationales étaient les clefs de la réussite des efforts de consolidation de la paix.  « La consolidation de la paix ne peut réussir sans appropriation nationale », a ainsi déclaré la représentante des États-Unis, pour qui la Commission doit également « faire participer les communautés à la consolidation de la paix » et « intégrer les jeunes et les femmes dans les efforts de redressement des pays concernés ».

Son homologue du Pakistan a observé que le travail accompli par les formations spécifiques de pays au sein de la Commission constituait un élément important de la consolidation de la paix.  Mais il est important, a-t-il précisé que leurs activités soient conformes aux objectifs d’ensemble de la consolidation de la paix et soient menées en respectant la pleine appropriation nationale.

Le délégué du Burundi a, ainsi, expliqué comment son pays avait bénéficié de l’apport de la CCP en matière politique et institutionnelle, de bonne gouvernance, des droits de l’homme et d’état de droit, de réintégration économique et sociale des groupes vulnérables, de mobilisation et de coordination des aides internationales et d’intégration régionale.

Nombre de délégations ont préconisé un renforcement des liens entre la CCP et d’autres organes, en particulier le Conseil de sécurité, un processus qui, a relevé la Tunisie, au nom du Mouvement des pays non alignés, pourrait être facilité par le fait même que 9 des 15 membres du Conseil siègent également au sein de la Commission.

Le représentant de la France a, quant à lui, jugé indispensable que la CCP agisse comme un « mécanisme souple et réactif » permettant de réunir tous les acteurs autour d’un plan d’action commun. 

* S/2010/393

 ** S/2012/70

  *** S/2012/511

CONSOLIDATION DE LA PAIX APRÈS LES CONFLITS

Rapport de la Commission de consolidation de la paix sur les travaux de sa cinquième session (S/2012/70)

Note verbale datée du 2 juillet 2012, adressée au Secrétaire général par la Mission permanente de la Colombie auprès de l’Organisation des Nations Unies (S/2012/511)

Déclarations

M. BAN KI-MOON, Secrétaire général des Nations Unies, a affirmé que deux ans après l’Examen du dispositif de consolidation de la paix de l’ONU, des signes sont visibles montrant que cette architecture est arrivée à maturité.  La différence est particulièrement évidente, lorsque des instances comme la Commission de consolidation de la paix (CCP), le Fonds et le Bureau d’appui, a-t-il fait remarquer, se renforcent mutuellement et travaillent main dans la main, avec la présence des Nations Unies sur le terrain.

Après avoir cité les exemples du Libéria, de la Sierra Leone ou de la Guinée, le Secrétaire général a estimé que beaucoup restait à faire.  M. Ban a ainsi souligné trois domaines où les outils de consolidation de la paix peuvent être renforcés. 

Tout d’abord, a-t-il dit, la Commission de consolidation de la paix doit faire plus pour améliorer la composition de ses membres et sa capacité collective unique à mobiliser ses ressources.  La Commission de consolidation de la paix devrait ensuite se concentrer sur la consolidation de la paix à long terme.  Enfin, elle doit pouvoir ajouter une valeur supplémentaire dans certains contextes où les autorités nationales et les coordonnateurs résidents bénéficieraient de l’appui intergouvernemental. 

De l’avis du Secrétaire général, le Conseil de sécurité devrait offrir une plus grande clarté concernant le type de conseils qu’il aimerait recevoir de la part de la Commission de consolidation de la paix dans ses délibérations et la définition de ses mandats.  Ceci contribuerait à aider les départements des Nations Unies et les acteurs sur le terrain à une meilleure coordination avec la Commission de consolidation de la paix et à réduire les risques de double emploi.  Avant de conclure, M. Ban a mis l’accent sur la nécessité d’obtenir un appui de la part des États Membres, y compris pour le Fonds pour la consolidation de la paix.

M. EUGÈNE-RICHARD GASANA (Rwanda), ancien Président de la Commission de consolidation de la paix, a indiqué que la Guinée était le sixième pays à être inscrit à l’ordre du jour de la CCP.  Cette inscription marque une nouvelle étape de l’évolution de la CCP puisque la Guinée ne sort pas d’une situation de conflit, n’est pas inscrite à l’ordre du jour du Conseil de sécurité et n’accueille aucune mission de maintien de la paix, a-t-il expliqué.  Il a ensuite mis l’accent sur trois éléments du rapport annuel de la CCP, le premier étant relatif aux activités accomplies par la CCP pour sensibiliser et engager un nombre d’acteurs au sein comme à l’extérieur des Nations Unies.  La nécessité de renforcer la coopération et les partenariats doit être rappelée, a poursuivi M. Gasana, qui a précisé que la CCP avait engagé les institutions financières internationales comme la Banque mondiale et la Banque africaine de développement.  Il a relevé que les bases d’un alignement des engagements de la CCP et de la Banque africaine de développement vis-à-vis des pays inscrits à l’ordre du jour de la CCP avaient été définies lors de la période considérée par le rapport.

M. Gasana a ensuite souligné les énormes capacités de la CCP dans le partage des bonnes pratiques.  Il a indiqué que la réunion, qui s’était tenue en novembre 2011 à Kigali avec la CCP, le Gouvernement rwandais et la Banque africaine de développement visant à tirer les leçons de l’expérience rwandaise, avait constitué un effort innovant de la part de la Commission afin de servir de plateforme de partage entre les pays inscrits à son ordre du jour.  Il y a un réel besoin de renforcer ce type de coopération entre les pays du Sud, et la CCP est outillée pour cela, a-t-il affirmé.

Enfin, M. Gasana a indiqué que la CCP avait continué de mettre l’accent sur la nécessité de renforcer la coopération avec les principaux organes des Nations Unies.  Les exposés des présidents des formations pays sont devenus plus systématiques avant l’examen par le Conseil des situations des pays inscrits à l’ordre du jour, a-t-il poursuivi.  Il a ensuite souligné, dans le droit fil du rapport, les effets vertueux d’un renforcement du lien dynamique entre la CCP et le Conseil, en relevant que 14 pays sur 15 membres du Conseil étaient également membres de la CCP sous diverses modalités, « ce qui offre un partenariat naturel pour que le Conseil sollicite davantage l’avis de la CCP ».  Il a ensuite appelé de ses vœux une clarification de la part du Conseil concernant les domaines spécifiques qui pourraient requérir un avis de la CCP.  M. Gasana a insisté sur la nécessité que la CCP devienne la plateforme onusienne centrale d’appui aux pays émergeant d’une situation de conflit et qui sollicitent un engagement soutenu pour faciliter leur relèvement.  Le défi de la CCP est de démontrer son potentiel tout en s’assurant que ses travaux ont le soutien au plus haut niveau des États Membres et des Nations Unies, a conclu M. Gasana.

M. ABULKALAM ABDUL MOMEN (Bangladesh), Président de la Commission de consolidation de la paix, a estimé que l’Examen de 2010 du dispositif de consolidation de la paix de l’ONU avait contribué à renouveler les engagements à renforcer l’architecture de consolidation de la paix et à faire en sorte qu’elle puisse atteindre son plein potentiel.  M. Momen a plaidé en faveur d’un renforcement et d’une institutionnalisation des relations entre le Conseil de sécurité et les formations spécifiques de pays, en particulier dans le processus d’établissement ou de renouvellement des mandats pour un pays inscrit à l’ordre du jour de la Commission de consolidation de la paix.  De même, la Commission de consolidation de la paix pourrait bénéficier d’éclaircissements sur la division des rôles et des responsabilités de la part de la haute direction des Nations Unies sur le terrain.  Une telle clarté faciliterait le renforcement de relations mutuelles permettant d’améliorer la mise en œuvre des mandats du Conseil de sécurité et de développer des messages et un engagement cohérents avec les acteurs nationaux.

Pour M. Momen, les conseils de la Commission de consolidation de la paix seraient d’autant plus pertinents lorsqu’il s’agit pour le Conseil de sécurité d’examiner la transition d’une forme d’engagement des Nations Unies vers une autre.  Ces conseils devraient ainsi se fonder sur une évaluation des progrès dans les efforts nationaux de consolidation de la paix, du niveau d’appui et de l’engagement de la communauté internationale et des capacités spécifiques requises permettant à l’Équipe de pays de poursuivre ses efforts de consolidation de la paix dans le pays concerné.  Enfin, le Président de la Commission de consolidation de la paix a mis l’accent sur l’importance d’un partage régulier des informations avec le Conseil de sécurité sur les opportunités spécifiques du pays et les risques.

M. JOACHIM VON AMSBERG, Vice-Présidentde la Banque mondiale, a réaffirmé le « New Deal pour l’engagement international dans les États fragiles », adopté par une quarantaine de pays et d’organisations lors de la Conférence de Busan en 2011.  Il a ensuite détaillé les changements majeurs mis en œuvre à la Banque mondiale afin de se moderniser et de renforcer sa complémentarité avec les Nations Unies dans les zones postconflit, en précisant que ces transformations affectaient quatre domaines principaux: les stratégies par pays, le financement, les opérations et les ressources humaines.  Insistant ensuite sur le partenariat entre la Banque mondiale et la CCP, il a rappelé les défis posés par la mise en œuvre du « New Deal » et de l’appel du G-7+ en faveur « de stratégies nationales de développement et de construction de la paix ».  Il a notamment souligné la nécessité d’une plus grande cohérence dans l’aide internationale aux pays sortant de conflit, en rappelant le rôle fondamental que peut jouer la CCP en associant les différents acteurs, en attirant l’attention et les ressources vers les pays et en soutenant les stratégies nationales de construction de la paix.

M. Von Amsberg a souhaité que les liens et partenariats entre la Banque mondiale et la Commission de consolidation de la paix soient davantage renforcés et que leurs activités respectives soient mieux coordonnées, en particulier pour ce qui est des stratégies de réduction de la pauvreté.  Estimant aussi que la mise en œuvre du « New Deal » offre de nouvelles occasions de renforcer la coopération avec les États Membres à l’ordre du jour de la Commission de consolidation de la paix, il a appelé cette dernière à assurer la cohérence de l’assistance internationale dans cette perspective.  Il a enfin estimé qu’elle représentait un « forum utile pour passer en revue et identifier les défis spécifiques des pays affectés par des conflits, et les refléter dans le cadre du travail de l’ONU après 2015 ».

Mme MARIA ÁNGELA HOLGUÍN CUÉLLAR, Ministre des affaires étrangères de la Colombie, a plaidé pour le renforcement de la Commission de consolidation de la paix avant de souligner que l’appropriation nationale et le renforcement des capacités nationales étaient les clefs de la réussite des efforts de consolidation de la paix.  La Ministre a affirmé que six ans après l’établissement de la CCP, les notions fondamentales de son mandat représentaient toujours une nouveauté pour la communauté internationale qui raisonne encore, et presque exclusivement, en termes de conflits et de résolution de ces conflits.  Ces notions invitent également le Conseil à s’orienter vers une vision par laquelle les contributions demandées seraient axées sur le renforcement des capacités nationales et l’établissement des paramètres du développement durable.

La Ministre colombienne des affaires étrangères a ensuite souligné le rôle essentiel que doivent jouer les organisations régionales et sous-régionales dans le processus de relèvement des pays.  La CCP a le potentiel pour mettre en place les modalités et les mécanismes permettant de tirer le meilleur profit des expériences acquises et des offres d’assistance technique et de promouvoir la coopération Sud-Sud, a-t-elle affirmé.  Elle a exprimé sa satisfaction devant l’utilisation de critères souples et réalistes par les formations pays inscrites à l’ordre du jour de la CCP.  De tels critères offrent aux institutions existantes le temps et la possibilité d’atteindre les objectifs qu’elles se sont fixées, a déclaré la Ministre, qui a indiqué que les visites des présidents des formations pays de la CCP dans les pays concernés permettaient d’alimenter le dialogue entre les différents acteurs nationaux et le système des Nations Unies.  Mme Holguín a ensuite plaidé pour le renforcement de la coopération entre l’Assemblée générale et la CCP, avant d’annoncer que son pays allait tenir un dialogue interactif entre le Conseil, la CCP et les pays inscrits à son ordre du jour, afin de permettre un échange d’opinions et de fixer des objectifs réalistes.  Enfin, la Ministre a indiqué que les efforts de consolidation de la paix devaient tendre à la mise en place de mécanismes de réparation pour les victimes et de modalités efficaces pour la promotion d’un développement économique qui profiterait d’abord aux populations les plus vulnérables.

Mme SUSAN RICE (États-Unis) a estimé que la fin d’un conflit ne signifiait pas que la paix restait présente.  Elle a mis l’accent sur la nécessité d’un engagement national, d’un large appui et d’une expérience sur la base des enseignements tirés, insistant sur le rôle à cet égard de la Commission de consolidation de la paix.  La consolidation de la paix ne peut réussir sans appropriation nationale.  La réalisation de cet objectif est indispensable, a-t-elle jugé.  La représentante des États-Unis a encouragé la Commission de consolidation de la paix à faire partager les communautés à la consolidation de la paix et à intégrer les jeunes et les femmes dans les efforts de redressement des pays concernés. 

La Commission de consolidation de la paix peut aider à renforcer les stratégies nationales et à faire en sorte que tous les acteurs participent au même effort, a-t-elle notamment expliqué.  Mme Rice a également appelé la Commission de consolidation de la paix à élargir son dialogue avec les institutions financières internationales et les acteurs régionaux essentiels.  De même, elle a estimé que la mobilisation des ressources pour la consolidation de la paix demeurait un défi de taille.  Elle a cependant ajouté que la Commission de consolidation de la paix pouvait, dans ce domaine, jouer un rôle considérable.

M. KODJO MENAN (Togo) a relevé que de nombreux secteurs des pays inscrits à l’ordre du jour de la CCP avaient connu un développement accéléré, grâce aux initiatives des formations pays qui ont su insuffler un dialogue entre les divers acteurs concernés.  Il a ensuite estimé que l’accent devrait être mis sur le dialogue politique entre les différents acteurs du pays, en ce sens que le règlement des questions politiques ouvre la voie à l’instauration de la démocratie et à l’édification de l’État de droit.  Pour assurer le succès à long terme des actions de reconstruction, il importe de continuer à privilégier la participation des femmes et des jeunes à toutes les initiatives, a précisé M. Menan.

Au sujet de la criminalité transnationale organisée en Afrique de l’Ouest, le délégué du Togo s’est félicité de la collaboration entre les quatre formations pays qui ont décidé d’unir leurs efforts pour combattre le problème de manière globale.  L’appel à la collaboration entre la CCP, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Organisation internationale de police criminelle (INTERPOL) mérite d’être soutenu en vue de la mise en œuvre du Plan d’action de la CEDEAO en la matière mais aussi l’Initiative côtes de l’Afrique de l’Ouest, a ajouté M. Menan.  Le représentant a ensuite estimé que la Commission apporterait une plus-value, qui serait davantage appréciée, si elle renforçait sa coopération et des échanges directs avec les acteurs locaux.  En se rendant plus fréquemment sur le terrain et en discutant davantage avec toutes les parties prenantes, la CCP jugerait d’elle-même les actions nécessaires à entreprendre pour consolider son action sur le terrain, a-t-il affirmé.  M. Menan a aussi souhaité que l’occasion soit donnée au Président de la CCP de s’associer aux missions que le Conseil effectue souvent sur le terrain.  La CCP devrait également s’appuyer sur les organisations sous-régionales qui connaissent les besoins fondamentaux des populations, a-t-il déclaré.  Soulignant que la reconstruction repose sur l’application de la justice, M. Menan a appuyé le rôle des commissions « vérité-justice-réconciliation » qui, a-t-il dit, offrent le gage d’une réconciliation véritable.

M. ALEXANDER PANKIN (Fédération de Russie) a affirmé que les activités de consolidation de la paix constituaient l’un des facteurs clefs pour régler les conflits, et éviter que les crises ne recommencent.  Ceci est particulièrement évident, a-t-il dit, à la lumière des événements récents au Moyen-Orient et de la nouvelle vague de crises sur le continent africain.  La coopération internationale dans ce domaine demeure toutefois fragmentaire, a-t-il estimé. 

Le représentant a ainsi mis l’accent sur la nécessité de la part des États Membres d’accorder une attention accrue, de systématiser les processus de consolidation de la paix et de rationaliser ses activités.  Il a souligné, de même, l’importance de préserver la composition unique intergouvernementale et la structure de la Commission de consolidation de la paix.  En outre, a estimé le représentant, les formations pays sont une plateforme unique pour assurer une interaction avec les acteurs sur le terrain et le Siège à New York.  Il a insisté aussi sur l’importance du dialogue dans un cadre intergouvernemental.  Il a, par ailleurs, mis l’accent sur le rôle du Fonds pour la consolidation de la paix, en précisant que son pays y contribuait chaque année à hauteur de 2 millions de dollars.

M. AGSHIN MEHDIYEV (Azerbaïdjan) a indiqué que le processus de consolidation de la paix ne devait pas viser à entériner des situations illégales ou promouvoir des solutions découlant d’une politique du fait accompli.  Appelant la communauté internationale à respecter la souveraineté des pays concernés, il a indiqué que le succès à long terme de la consolidation de la paix dépendait du renforcement des capacités des institutions nationales et de l’appropriation des efforts menés.  Le délégué a aussi indiqué que son pays, dont certaines zones sont affectées par un conflit, avait depuis longtemps élaboré des stratégies pour le relèvement économique et social de ces parties du territoire lorsque l’occupation étrangère qui y a cours aura cessé.

En raison de la complexité des activités de consolidation de la paix et de l’évolution rapide des réalités mondiales, la Commission de consolidation de la paix ne peut atteindre la totalité de ses objectifs, a-t-il affirmé.  Il a néanmoins ajouté que la feuille de route établie par la Commission de consolidation de la paix en 2011 fournissait une approche structurée pour le renforcement de l’impact de la Commission sur le terrain et l’amélioration de sa coopération avec les interlocuteurs clefs au Siège des Nations Unies.  Il a ensuite noté que la CCP reconnaissait la nécessité de mettre l’accent sur l’amélioration de l’efficacité de ses formations pays.  Le succès à long terme de la CCP sera en effet évalué à l’aune des résultats atteints sur le terrain par les formations pays, a conclu M. Mehdiyev.

M. ABDULLAH HUSSAIN HAROON (Pakistan) a rappelé que l’Examen de 2010 du dispositif de consolidation de la paixde l’ONU avait permis d’accroître l’attention sur trois concepts clefs de la consolidation de la paix: la priorité de domaines liés à la réforme du secteur de la sécurité, la consolidation des capacités locales et la revitalisation économique; le renforcement de l’aspect développement de la consolidation de la paix; l’ajustement des liens entre maintien de la paix et consolidation de la paix. 

Le représentant a également estimé que le travail accompli par les formations spécifiques de pays au sein de la Commission de consolidation de la paix constituait un élément important de la consolidation de la paix.  Il est important, a estimé le représentant, que ce travail soit conforme aux objectifs d’ensemble de la consolidation de la paix et soit mené en respectant la pleine appropriation nationale.  M. Haroon a souligné qu’une interaction régulière des présidents des formations pays avec le Conseil de sécurité et le Comité d’organisation de la Commission de consolidation de la paix était essentielle pour assurer la transparence et la responsabilité des travaux de la Commission de consolidation de la paix.

M. MARK LYALL GRANT (Royaume-Uni) a indiqué que la communauté internationale avait un rôle important à jouer dans le relèvement des pays émergeant d’une situation de conflit, en faisant notamment fond sur l’agenda mis au point par un certain nombre de pays affectés par des conflits et qui est intitulé « New Deal ».  Les principes de ce « New Deal », a-t-il précisé, posent notamment le rôle premier joué par les gouvernements des pays concernés dans le relèvement, la préservation de leur leadership et la reddition de comptes vis-à-vis de leurs engagements pour la consolidation de la paix.  Il a précisé que la CCP devrait être à cette fin un partenaire solide qui ne devrait pas régler les questions difficiles telles que les modalités de la réconciliation nationale ou les droits de l’homme.

M. Lyall Grant a ensuite plaidé pour une cohérence des efforts de la communauté internationale, en soulignant qu’il était nécessaire d’établir des liens forts entre les missions des Nations Unies et les équipes de pays.  La CCP a, à cet égard, un rôle vital à jouer en aidant les pays à identifier leurs besoins d’une assistance internationale ainsi que les éventuelles lacunes, a-t-il poursuivi.  Il a mis l’accent sur le rôle critique que joue la CCP pour faire participer activement la Banque mondiale et le Fonds monétaire international dans le relèvement économique des pays.  Enfin, le délégué a indiqué que la CCP pourrait fournir au Conseil une évaluation de l’efficacité du soutien international apporté aux pays inscrits à son ordre du jour.  La CCP pourrait avantageusement compléter les exposés des représentants du système des Nations Unies lorsque le Conseil discute de la situation des pays inscrits à son ordre du jour, a-t-il affirmé.  Le Conseil pourrait, pour sa part, être plus « direct » dans sa requête d’éléments spécifiques auprès des présidents de formations pays, en ce qui concerne notamment le renouvellement des mandats, a-t-il conclu.

M. LI BAODONG (Chine) a rappelé que tous les acteurs de la consolidation de la paix devraient respecter pleinement l’appropriation nationale des pays concernés.  Il a aussi mis l’accent sur la nécessité pour la Commission de consolidation de la paix de respecter ses partenariats de façon constructive.  La Commission de consolidation de la paix doit, a-t-il ajouté, contribuer à mobiliser les ressources nécessaires en fonction des priorités nationales établies. 

Le représentant de la Chine a, en outre, espéré que le Fonds pour la consolidation de la paix appuierait davantage le travail de consolidation de la paix après les conflits.  La Commission de consolidation de la paix doit renforcer sa coopération avec les grandes entités de l’ONU, les institutions financières internationales et les organisations régionales, a-t-il ajouté.  La Commission de consolidation de la paix doit continuer à mener des efforts pour renforcer ses méthodes de travail et améliorer son efficacité, a-t-il souligné avant de conclure. 

M. JOSÉ FILIPE MORAES CABRAL (Portugal) a souligné que les missions de la Commission de consolidation de la paix (CCP) réunissaient les dimensions du développement et de la sécurité qui doivent être associées le plus tôt possible dans les efforts de consolidation de la paix.  Il a plaidé pour une implication précoce de la CCP dans ces efforts de consolidation, afin que la CCP puisse combler les lacunes dans la coopération menée par tous les acteurs concernés.  Il s’est ensuite félicité du partenariat noué avec la Banque africaine de développement.

Le délégué du Portugal a ensuite plaidé pour un approfondissement du dialogue entre les présidents des formations pays et les envoyés ou représentants spéciaux des Nations Unies.  Il faut également éviter les doublons entre les efforts de la Commission de consolidation de la paix et ceux des missions des Nations Unies concernant les programmes de désarmement, démobilisation et réintégration, a-t-il précisé.  Le représentant a ensuite encouragé les formations pays à coopérer plus étroitement avec les organes des Nations Unies concernés en vue d’élaborer des réponses à apporter à la criminalité organisée en Afrique.  Le Conseil devrait réformer ses méthodes de travail pour tirer davantage profit des conseils de la Commission de consolidation de la paix, notamment lors de l’examen du renouvellement des mandats, a-t-il conclu.

M.DOCTOR MASHABANE (Afrique du Sud) s’est interrogé sur la valeur ajoutée, la pertinence et le rôle de la Commission de consolidation de la paix, sept ans après sa création.  La Commission de consolidation de la paix, a-t-il dit, reste un instrument essentiel en matière de prévention et de consolidation de la paix, mais qui n’a pas encore atteint son potentiel.  L’Examen de 2010 du dispositif de consolidation de la paix de l’Organisation des Nations Unies représente un élément indispensable visant à proposer des moyens concrets de renforcer la Commission de consolidation de la paix.  Davantage pourrait être fait, a-t-il estimé.  Le représentant a, par exemple, souhaité une plus grande cohérence et coordination entre les organes de l’ONU sur le terrain.  De même, les relations avec le Conseil de sécurité doivent-elles être renforcées.  Il a en outre estimé que l’appropriation nationale constituait un élément essentiel à toutes les étapes de la consolidation de la paix.

M. MOHAMMED LOULICHKI (Maroc) a indiqué que la Commission de consolidation de la paix (CCP) ne pourrait réaliser pleinement son potentiel si elle ne disposait pas de moyens financiers nécessaires à son action.  Jusqu’à présent, les fonds à sa disposition restent en deçà des besoins urgents des pays inscrits à son ordre du jour, a-t-il déploré, en précisant que la CCP gagnerait à renforcer sa coopération avec les institutions financières internationales et les banques de développement régionales.

Constatant l’insuffisante reconnaissance du concours apporté par la CCP, le représentant a estimé indispensable de mener un travail de communication afin de donner plus de visibilité au rôle de la CCP et à son bilan dans les pays bénéficiaires.  Le délégué du Maroc a affirmé que la CCP pourrait bénéficier de la contribution des organisations régionales ou sous-régionales lors de l’élaboration et l’exécution des stratégies.  La coopération triangulaire est une approche qui devrait être explorée plus avant par la Commission, notamment dans le cadre de la coopération Sud-Sud, a-t-il dit.  Le représentant a ensuite plaidé pour la création de configurations à caractère régional, compte tenu de la proximité géographique de nombreux États sortant de conflits et de la similitude des défis économiques et sociaux.  La création de ces pôles, par exemple pour la région du bassin du fleuve Mano, permettrait une harmonisation des efforts de consolidation de la paix au niveau de ces sous-régions, a conclu le délégué.

M. GERT ROSENTHAL (Guatemala) a affirmé que la principale conclusion du rapport des cofacilitateurs pouvait se résumer en une phrase: « Les espoirs qui prévalaient au moment de la création de la Commission de consolidation de la paix ne se sont pas concrétisés ».  Le représentant a, en particulier, mis l’accent sur la nécessité pour la Commission de consolidation de la paix d’améliorer sa capacité à créer des partenariats, au sein des Nations Unies et à l’extérieur.  En outre, le Conseil de sécurité et la Commission de consolidation de la paix doivent comprendre ce qui permet l’exécution des mandats de l’un et de l’autre sur le terrain.  Il faut désormais passer à une véritable alliance, a-t-il dit. 

Le représentant a aussi appelé l’ensemble des bailleurs de fonds à reconstituer le Fonds pour la consolidation de la paix avec des ressources nouvelles, car, a-t-il dit, en reprenant les propos du Secrétaire général, il constitue un des éléments qui ont fait le succès des Nations Unies en matière de consolidation de la paix.

M.VINAY KUMAR (Inde) a souligné que la consolidation de la paix était le chaînon manquant entre la recherche de la paix et l’instauration d’une paix durable.  Compte tenu des tâches qui sont les siennes, il est prévisible que la Commission de consolidation de la paix (CCP) connaisse des difficultés, a-t-il ensuite expliqué, en ajoutant que lesdites difficultés ne pourraient être surmontées que par un engagement résolu de la communauté internationale et une coopération accrue entre tous les acteurs concernés.

Le délégué de l’Inde a déploré la dispersion des efforts entre la CCP, le Département des opérations de maintien de la paix et les coordonnateurs résidents.  Il a ensuite rappelé que la gouvernance des pays concernés devait répondre aux aspirations de la population et que les institutions ne sauraient être imposées.  La Commission de consolidation de la paix doit aligner ses objectifs avec les priorités des pays inscrits à son ordre du jour, a-t-il insisté, tout en plaidant pour une meilleure mobilisation des ressources financières en appui des efforts de consolidation de paix.

M. GÉRARD ARAUD (France) a constaté qu’en dépit de l’Examen de 2010, le rôle de la Commission de consolidation de la paix était encore en définition.  Tout d’abord, a-t-il dit, le rôle premier de la Commission de consolidation de la paix est, en lien avec l’État concerné, d’identifier les besoins sur le terrain et les acteurs déjà impliqués.  De même, une fois le travail d’identification des besoins effectué, il est important, a estimé l’Ambassadeur Araud, que la Commission de consolidation de la paix puisse jouer son rôle d’accompagnement politique. 

Le représentant de la France a estimé que la coordination était l’élément clef du rôle de la Commission de consolidation de la paix.  Il a ainsi souligné que la question du développement des partenariats était au cœur de la revue sur les capacités civiles et que résidait là le meilleur espoir d’un engagement dans la durée.  En conclusion, M. Araud a jugé indispensable que la Commission de consolidation de la paix agisse comme un mécanisme souple et réactif permettant de réunir tous les acteurs autour d’un plan d’action commun.  Il faut être particulièrement vigilant au risque de bureaucratisation de cette jeune institution, a-t-il dit.

M. PETER WITTIG (Allemagne) a estimé que l’engagement de la Commission de consolidation de la paix (CCP) avec les pays inscrits à son ordre du jour devrait être souple et fondé sur la définition d’objectifs réalistes.  Le succès de la CCP ne peut s’évaluer uniquement à l’aune de la mobilisation des ressources, a-t-il expliqué, en expliquant que cette mobilisation devrait aller de pair avec un processus politique robuste.  Il a rappelé que l’engagement des pays concernés était la clef du succès des efforts de consolidation de la paix.  Il a ensuite plaidé pour une coopération accrue entre les formations pays et les envoyés ou représentants spéciaux des Nations Unies et pour qu’un meilleur profit soit tiré de la nature intergouvernementale de la Commission.  Un grand nombre de membres du Conseil de sécurité participent aux activités de la CCP, a-t-il fait remarquer.

Le délégué de l’Allemagne a insisté sur le renforcement des liens de la Commission de consolidation de la paix avec les principaux bailleurs de fonds internationaux.  Enfin, il a souhaité que le Conseil invite les présidents des formations pays à prendre part à ses consultations concernant la situation dans ces pays.  Les modalités pour une interaction accrue entre ces derniers et le Conseil au-delà des consultations doivent être également recherchées, a indiqué le représentant, qui a rappelé les échanges fructueux sur la situation au Burundi, qui avaient récemment eu lieu.

Mme MARIA LUIZA RIBEIRO VIOTTI (Brésil) a affirmé que la Commission de consolidation de la paix jouait un rôle unique de conseil auprès du Conseil de sécurité, notamment en ce qui concerne les pays figurant à l’ordre du jour des deux organes.  Elle a espéré ainsi que la synergie entre le Conseil de sécurité et la Commission de consolidation de la paix sera renforcée, notamment par le biais de dialogues interactifs plus fréquents et de la participation des présidents des formations pays aux discussions qui intéressent les deux organes.  Le Brésil, qui assure la présidence de la formation Guinée-Bissau de la Commission de consolidation de la paix et siège au sein du Comité d’organisation de la Commission de consolidation de la paix, réaffirme son engagement à aider les pays sortant d’un conflit pour leur permettre de parvenir à réaliser la paix, la stabilité et le développement économique et social, a-t-elle assuré.

Mme SYLVIE LUCAS (Luxembourg) a déclaré que s’il est vrai que la consolidation de la paix ne donne pas de résultats immédiatement quantifiables, il n’en reste pas moins que les efforts mis en œuvre dans ce cadre sont essentiels en vue d’inscrire la paix et la sécurité dans la durée et d’ouvrir la voie au développement.  Une des forces de la Commission de consolidation de la paix (CCP) réside dans sa nature intergouvernementale et dans son potentiel de mobilisation, a-t-elle ajouté, en citant l’exemple de la Guinée où la formation Guinée rassemble 46 États Membres sans compter les autres acteurs régionaux et internationaux.  Elle a poursuivi en disant que « la CCP n’est pas et n’a pas vocation à devenir un organe opérationnel: elle est une plateforme devant permettre au pays en question d’attirer le soutien international nécessaire pour mener à bien ses priorités de consolidation de la paix et de l’État ».  La CCP doit être l’espace où des obstacles profonds de consolidation de la paix peuvent être abordés et combattus comme les blocages politiques, les difficultés structurelles ou des défis régionaux comme l’impact de la criminalité transnationale organisée.

Toutefois, Mme Lucas a fait savoir que « des améliorations en termes de fonctionnement sont indispensables à la CCP, notamment une plus grande appropriation de la CCP par les États Membres, une meilleure compréhension et une meilleure appropriation du rôle de la Commission par les acteurs du système des Nations Unies pour éviter toute forme de concurrence entre les représentants du système des Nations Unies et les formations spécifiques par pays ».  Avant de conclure, Mme Lucas a rappelé l’importance des trois principes qui guident la coopération de son pays avec la CCP, à savoir l’appropriation nationale, les partenariats et la responsabilité mutuelle.

M. GUILLERMO E. RISHCHYNSKI (Canada) a estimé que les difficultés qui avaient entraîné la création de la Commission de consolidation de la paix existaient encore.  Le Canada, qui préside la formation Sierra Leone, a-t-il dit, dispose ainsi d’une expérience directe.  La CCP, a noté le représentant, connaît plusieurs difficultés qui sont étroitement liées entre elles.  « On lui a confié un objectif ambitieux mais des pouvoirs limités », a-t-il d’abord déclaré, avant de souligner que la consolidation faisait aussi « intervenir une vaste gamme d’acteurs » avec lesquels la CCP devait être « plus en synergie », à l’instar des entités du système des Nations Unies ou des institutions internationales comme le Fonds monétaire international, la Banque mondiale ou la Banque africaine de développement.

Le représentant a ensuite formulé des suggestions pour améliorer le travail de la CCP.  Il l’a d’abord appelé à « continuer de s’intégrer aux politiques et pratiques émergeantes en matière de consolidation de la paix », en adaptant notamment « au cas par cas les approches stratégiques et les modalités pratiques qu’elle développe », afin d’offrir « une valeur ajoutée, plutôt que de chercher à combler ses propres besoins bureaucratiques et de visibilités ».  Il a également demandé un engagement « plus résolu » de la part des États Membres, au Siège de l’ONU à New York mais aussi sur le terrain, en appelant la CCP à « trouver des occasions de faire participer concrètement un plus large éventail d’acteurs ».  En conclusion, M. Rishchynski a estimé que la CCP avait « le potentiel d’offrir une contribution plus grande » aux Nations Unies, notamment en approfondissant son partenariat avec le Conseil de sécurité.

M. STAFFAN TILLANDER (Suède), Président de la formation Libéria, a indiqué que l’engagement de la Suède, qui assure la présidence de la formation Libéria depuis avril 2012, serait robuste et axé sur le long terme dans ce pays.  En ce qui concerne la valeur ajoutée que peut apporter la Commission de consolidation de la paix (CCP), il a indiqué que le manque d’un mandat opérationnel de la CCP pourrait en réalité constituer son plus grand atout.  La CCP peut en effet promouvoir une cohérence d’ensemble, faciliter la coopération et la coordination et jouer un rôle catalyseur afin de maximiser les efforts des Nations Unies, a-t-il expliqué.  Il a ensuite indiqué qu’une visibilité accrue de la CCP, souhaitée par certains, n’était pas l’objectif recherché et ne saurait constituer une évaluation satisfaisante du succès de la CCP.  Un meilleur critère du succès de la CCP est le changement concret apporté sur le terrain et qui découle d’efforts conjoints, a-t-il affirmé.  L’identification de domaines d’action spécifiques de la Commission de consolidation de la paix améliorerait, a-t-il dit, l’appui de la CCP au principe d’appropriation nationale des efforts de consolidation de la paix.

L’un de ces domaines est la police, a-t-il estimé, qui est un élément clef d’un retrait de la Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL).  Il a ensuite précisé que la communauté internationale devait maintenir son engagement au Libéria dans un futur immédiat, tout en renforçant sa coopération avec les partenaires bilatéraux, afin d’assumer le rôle de chef de file dans certains domaines spécialisés.  Enfin, il a affirmé que la défense d’un processus inclusif sera au cœur de la mission qu’il doit bientôt effectuer au Libéria.  La réconciliation nationale est l’un des autres domaines où la CCP doit jouer son rôle d’appui, a-t-il poursuivi.  Affirmant qu’il veillerait à créer un partenariat fort avec le nouveau Représentant du Secrétaire général, M. Tillander a indiqué en conclusion de son intervention que la CCP bénéficierait d’une interaction accrue avec le Conseil.

M. PAUL SEGER (Suisse) a estimé que la Commission de consolidation de la paix (CCP) faisait toujours face à des défis « considérables », avant de partager les enseignements et l’expérience tirés de la présidence de la formation Burundi dont son pays assure la présidence.  Se concentrant sur les relations entre la CCP et le Conseil de sécurité, il a rappelé que la CCP n’avait aucun pouvoir de décision puisqu’elle ne pouvait pas adopter de résolutions, ni imposer de sanctions aux pays sous considération.  Il a cependant souligné le travail « de conseil et de persuasion » qu’elle fournissait et qui a porté ses fruits au Burundi.

Estimant ensuite que la valeur ajoutée de la CCP résidait « dans le fait qu’elle parlait au nom des États », le représentant a rappelé que « la force et la conviction des paroles » des présidents des différentes formations de la Commission « dépendaient du soutien des autres membres de la formation » et, plus généralement, des États Membres.  Le représentant a défendu le rôle que pourraient jouer les formations pour « alléger et suppléer le travail du Conseil de sécurité ».  « À travers ses formations, la CCP peut le décharger d’une partie de son travail en accompagnant et en encadrant des États sortant d’un conflit », a-t-il déclaré, en appelant au renforcement des interactions entre les deux entités.  Il a notamment souhaité que le Conseil invite « systématiquement les présidents de formations aux réunions et consultations qui traitent de leur pays ».  Avant de conclure, le représentant a défendu la place que doivent jouer les formations pays dans la coopération indispensable entre la CCP et les pays inscrits à son ordre du jour.  « Elles peuvent non seulement soutenir le travail des gouvernements concernés, mais aussi celui des missions des Nations Unies sur place », a-t-il indiqué, avant d’encourager aussi une plus forte coopération entre les présidents de formations pays et les représentants spéciaux ou exécutifs du Secrétaire général.

Tout en reconnaissant le caractère prioritaire de l’appropriation nationale de la reconstruction de la paix, M. JUN YAMAZAKI (Japon) a insisté sur l’importance cruciale de la coopération régionale et internationale.  Saluant « l’impact concret » du travail de la Commission de consolidation de la paix (CCP) ces six dernières années, il a avancé deux propositions faites dans le cadre du Groupe de travail sur les enseignements de l’expérience que le Japon préside depuis 2011 et qui sont destinées à renforcer les relations et la coordination entre la CCP et le Conseil de sécurité: le recours plus fréquent du Conseil au dialogue interactif informel avec les présidents des configurations spécifiques de pays et l’adaptation du modèle des réunions avec les pays contributeurs de troupes aux interactions avec la CCP.

Le représentant a par ailleurs appelé à une réflexion collective sur les moyens de renforcer la contribution des configurations spécifiques de pays au travail du Conseil de sécurité, en soutenant aussi une amélioration des méthodes de travail de la Commission de consolidation de la paix « pour que chaque État Membre puisse prendre part activement à ses actions ».  En conclusion, il a souligné l’importance de renforcer les synergies entre la CCP et l’ensemble du système des Nations Unies, « sans oublier que la CCP est une entité qui évolue » et qui doit par conséquent « apprendre et s’adapter pour parvenir à ses objectifs ». 

M. EMMANUEL NDABISHURIYE (Burundi) a déclaré que son pays avait bénéficié de l’apport de la Commission de consolidation de la paix dans cinq domaines que sont les questions politiques et institutionnelles, la promotion de la bonne gouvernance, des droits de l’homme et de l’état de droit, la réintégration socioéconomique des groupes vulnérables, la mobilisation et la coordination des aides internationales et l’intégration régionale.  Grâce à ces appuis, le Burundi a promulgué la loi sur l’organisation et le fonctionnement des partis politiques, le Code de l’administration communale et la loi sur les partis de l’opposition politique ont été mis sur pied.  Le représentant a aussi signalé que la CCP avait assisté le Burundi à mettre en place la Commission nationale des droits de l’homme et de la question genre.  Le Burundi compte aujourd’hui 50% de femmes au Parlement et 43% de femmes au Gouvernement.  Par ailleurs, le Code pénal a été révisé en vue de bien prendre en compte les violations des droits de l’homme et de la protection des groupes vulnérables.  Enfin, au Burundi, la CCP s’est également impliquée dans la conception et le financement du programme pour la mise en œuvre de la stratégie nationale de réintégration économique et sociale des personnes affectées par le conflit en contribuant à hauteur de 9,2 millions de dollars. 

M. DENNIS REMONGAR (Libéria) a exprimé sa gratitude à la Commission de consolidation de la paix (CCP) pour son engagement dans la consolidation de la paix dans son pays.  Rappelant que le déploiement de forces de maintien de la paix avait un effet stabilisateur crucial dans les pays en situation de conflit ou postconflit, il a souligné que la consolidation d’une paix durable nécessitait ensuite « d’immenses efforts humains et des ressources financières massives ».  Dans ce contexte, il a insisté sur l’importance de s’attaquer en priorité aux racines des conflits et d’intégrer, avant toute action, des stratégies adaptées à la création d’une paix durable, soutenues par une volonté politique et inclusives des priorités nationales.

Le représentant a ensuite mis en avant le rôle de la coopération entre partenaires nationaux, institutions internationales, États Membres et organisations régionales, en soulignant également la place de la communauté internationale pour le financement des actions de consolidation de la paix.  M. Remongar a salué l’action des bureaux d’appui à la consolidation de la paix et leur synergie avec les acteurs et dirigeants nationaux.  « L’engagement de la CCP auprès des pays inscrits à son ordre du jour a produit des résultats concrets », a-t-il déclaré, avant de saluer « l’engagement très constructif de la CCP au Libéria » dans des domaines comme la construction de l’état de droit, la réconciliation nationale, le renforcement du secteur de la sécurité ou encore du système judiciaire.

M. OSMAN KEH KAMARA (Sierra Leone) a salué le soutien de la Commission de consolidation de la paix à son pays qui a été l’un des premiers inscrits à son ordre du jour.  Il a appelé la CCP à poursuivre son interaction avec les institutions financières internationales, les organisations régionales et les acteurs opérationnels du système des Nations Unies afin de développer des partenariats, d’adapter et de coordonner ses activités avec les priorités nationales, de renforcer la promotion du dialogue politique et les efforts de mobilisation de ressources.  Soulignant le rôle de plateforme de la CCP pour les pays sortant de conflits, le représentant a plaidé pour une plus grande prise en compte des phases transitionnelles de la consolidation de la paix, en appelant la CCP à adopter « des formes d’engagement plus adaptées » à chacune de ces étapes et « en identifiant des moyens plus clairs pour contribuer concrètement à la reconstruction de la paix dans les pays inscrits à son agenda ».

Rappelant ensuite les avancées réalisées par son pays grâce au soutien de la CCP, M. Keh Kamara a souligné l’importance de l’Agenda pour le changement qui garantit à son pays un partenariat solide avec les Nations Unies et la communauté des donateurs.  Il a également salué le rôle crucial des bureaux d’appui à la consolidation de la paix, en complément de la Commission de consolidation de la paix, pour éviter aux pays de retomber dans des conflits.  En conclusion, il a estimé que le « New Deal », adopté à Busan, et le Rapport 2011 sur le développement dans le monde offraient une occasion aux pays sortant d’un conflit de mieux faire entendre leur voix, leurs perspectives et leurs besoins.  Dans ce contexte, il a appelé la CCP à servir de véritable « plateforme mondiale pour ces discussions » tandis que les formations spécifiques de pays « offrent un soutien politique pour la mise en œuvre sur le terrain ».

M. OCTAVIO ERRÁZURIZ (Chili) a estimé qu’il y avait matière à progresser dans l’architecture de consolidation de la paix de l’ONU.  Il a souligné, notamment, l’importance de mettre en place une pratique institutionnelle, en appuyant ainsi la recommandation de l’Examen de 2010 qui préconise des relations plus fluides et informelles avec le Conseil de sécurité.  Le représentant du Chili a également mis l’accent sur la nécessité d’intégrer les jeunes et les femmes dans les efforts de redressement des pays concernés.  Il a prié la Commission de consolidation de la paix de développer une stratégie de communication permettant de sensibiliser un plus grand nombre de personnes aux objectifs de la Commission.

S’exprimant au nom de l’Union européenne, M. Thomas MAYR-HARTING a souligné les progrès réalisés via le mécanisme des configurations spécifiques à un pays.  Il a estimé qu’elles avaient permis aux six États Membres inscrits à l’ordre du jour de la Commission de consolidation de la paix de bénéficier de conseils politiques destinés à renforcer la cohérence entre les acteurs clefs qui mettent en œuvre des priorités nationales de reconstruction de la paix dans ces pays.  Se penchant ensuite sur les défis à relever pour la CCP, il a insisté sur le rôle central qu’elle aura au cours des échéances tests à venir, en citant notamment les élections en Sierra Leone en novembre prochain et la réconciliation nationale en œuvre au Libéria.  Qualifiant par ailleurs la situation en Guinée-Bissau d’« extrêmement précaire », il a appelé au renforcement des efforts, pour faciliter le retour à l’ordre constitutionnel.

Six ans après sa création, la Commission de consolidation de la paix est « entrée dans une deuxième phase nécessitant de revivifier l’engagement politiques » des États Membres, a souligné M. Mayr-Harting.  À cet égard, il a salué la tenue récente d’une réunion entre le Groupe des Présidents de la CCP et les Envoyés ou Représentants spéciaux du Secrétaire général dans les six pays inscrits à l’ordre du jour de la Commission, en considérant qu’elle avait permis de donner un nouvel élan à leurs relations.  Il a également salué la contribution du Royaume-Uni visant à renforcer le rôle de la CCP.  En conclusion, le Chef de la délégation de l’Union européenne a rappelé que « l’aspect le plus important » était « l’appropriation nationale ».  La consolidation de la paix ne sera un succès que si elle est le résultat d’initiatives locales et qu’elle est menée à l’échelle nationale, a-t-il indiqué, en ajoutant que « le devoir de la communauté internationale » était « de soutenir ces stratégies nationales ». 

M. JAN GRAULS (Belgique) a indiqué que la relation entre le Conseil de sécurité et la Commission de consolidation de la paix pourrait être enrichie par l’intérêt que le Conseil pourrait porter aux activités de la Commission.  La CCP devrait avoir l’opportunité de convaincre les membres du Conseil de sa valeur ajoutée, a-t-il affirmé, en précisant qu’elle est un organe du Conseil.  Cette plus grande attention du Conseil pourrait concerner la phase préparatoire de ses délibérations consacrées à un pays inscrit à son ordre du jour, a poursuivi M. Grauls.  Il a ainsi suggéré que le Conseil adresse des demandes d’avis aux présidents des différentes formations sur des sujets tels que la réforme du secteur de sécurité, le développement économique et social et les manques à combler sur le plan de l’agenda de la consolidation de la paix.  Il a aussi proposé que la formation pays effectue une visite dans le pays en question, quelques semaines avant une délibération du Conseil.  Une telle visite permettrait à une formation d’être à même d’informer le Conseil de la manière la plus précise possible sur les questions que le Conseil lui aurait demandées d’examiner plus avant, a-t-il précisé.

Citant son expérience en tant que Président de la formation République centrafricaine, le délégué de la Belgique a plaidé en faveur de références plus fréquentes dans les décisions du Conseil à des aspects de consolidation de la paix.  Les présidents des formations peuvent se faire l’écho des décisions du Conseil lors de leurs visites dans les pays concernés, a-t-il affirmé.  M. Grauls a également indiqué que l’expérience lui avait appris que les responsables des Nations Unies sur le terrain ne partageaient pas les mêmes points de vue que les membres des formations.  

M. RANKO VILOVIĆ (Croatie) a salué les travaux importants menés par le biais du mécanisme des formations spécifiques à certains pays, en estimant qu’il avait permis des progrès considérables dans le domaine du rapprochement politique, des processus électoraux, des capacités de développement et de la construction des institutions.  Il a également insisté sur le rôle de plateforme politique central de la CCP, pour l’élaboration des priorités nationales, la mobilisation des soutiens indispensables et le maintien de l’attention internationale sur les objectifs nationaux de construction de la paix.  Soulignant ensuite l’importance attachée par son pays à la mise en place de nouveaux partenariats globaux, inclusifs et rassemblant des donneurs traditionnels et nouveaux, le représentant a soutenu les initiatives naissantes et les projets pilotes faisant la promotion d’une coopération triangulaire ou Sud-Sud. 

Le représentant a défendu une interaction plus forte entre ces initiatives et les activités de la CCP, afin « d’offrir un nouvel enthousiasme et une nouvelle vitalité aux efforts en cours et futurs de construction de la paix ».  À titre d’exemple, il a notamment cité la création récente de « CAPMATCH », une plateforme globale destinée à offrir des mécanismes plus souples et plus efficaces de transferts des compétences et des connaissances civiles aux acteurs nationaux des États.  En conclusion, M. Vilović a déploré le manque de coordination entre les travaux de la Commission de consolidation de la paix au Siège des Nations Unies et ceux des différents acteurs clefs de la construction de la paix, dont les entités opérationnelles de l’ONU.  Il a souhaité que la CCP prenne des positions et donne des avis sur la hiérarchisation des priorités dans les pays à l’ordre du jour de la CCP, afin de contribuer plus directement aux analyses, délibérations et décisions finales du Conseil de sécurité.  Dans ce contexte, il a soutenu la proposition visant à organiser des réunions trimestrielles d’informations communes aux deux entités pour renforcer leurs relations et l’efficacité de leurs travaux.

M. GARY FRANCISQUINLAN (Australie) a affirmé que l’objectif d’un renforcement de la Commission de consolidation de la paix sur le terrain, s’il est aisé à exprimer, est plus difficile à mettre en œuvre pour une organisation dont le Siège est à New York.  Établir de meilleures relations avec des acteurs sur le terrain est une partie importante de la solution, a-t-il dit.  Le représentant a également souligné la nécessité, à cet égard, de faire en sorte que les discussions politiques à New York soient traduites en mesures pratiques de coordination, de coopération et de cohérence sur le terrain et reflètent les réalités de la situation.  Le représentant a également insisté sur l’importance d’assurer un appui à l’appropriation nationale.  Celle-ci est, et devrait continuer d’être, le principe central définissant le travail et les activités de la Commission de consolidation de la paix dans les pays à son ordre du jour, a-t-il déclaré.  Enfin, il a plaidé en faveur d’un renforcement des relations entre le Conseil de sécurité et la Commission de consolidation de la paix.

M. OTHMAN JERANDI (Tunisie), s’exprimant au nom des pays membres du Mouvement des pays non alignés, a déclaré qu’aux côtés des importants progrès réalisés, la Commission de consolidation de la paix (CCP) reste toujours confronté à des défis importants en vue d’intensifier le lien entre la paix et le développement par la priorisation de la dimension économique et sociale, la revitalisation de la dimension économique et sociale du développent, l’appropriation nationale et le développement des capacités nationales; et la nécessité d’avoir des impacts tangibles sur le terrain des programmes.  À cet égard, le Mouvement salue le fait que les États Membres ont graduellement accru leur intérêt pour le travail de la CCP. 

Cet intérêt croissant devrait être plus dynamique et plus profond, notamment avec le Conseil de sécurité, l’Assemblée générale et l’ECOSOC.  Cet intérêt devrait permettre d’éviter toute défaillance dans la mobilisation des ressources.  En outre, le fait que 9 des 15 membres du Conseil de sécurité soient membres de la CCP doit renforcer les liens entre la Commission et le Conseil.  Le représentant de la Tunisie a réitéré que le Mouvement des pays non alignés mettait l’accent sur le rôle que doit jouer la Commission de consolidation de la paix, en attirant l’attention du Conseil de sécurité sur les situations qui pourraient constituer des menaces à la paix et à la sécurité et sur la prévention qui devrait être, selon lui, un des piliers des activités de la CCP. 

M. DONGIK SHIN, (République de Corée) s’est aussi fait l’écho des réalisations de la Commission de consolidation de la paix (CCP) depuis sa création.  Puis, il a dit que les programmes de consolidation de la paix devraient conduire à l’appropriation nationale du processus en respectant les priorités de chaque pays.  L’objectif ultime n’est pas seulement de parvenir à la stabilité des pays mais aussi à établir les bases d’un développement durable.  À ce sujet, la Commission de consolidation de la paix a vu ses efforts couronnés de succès au Libéria et aussi en Guinée-Bissau, malgré le récent coup d’État militaire dans ce pays.  Le partenariat entre la CCP et le Conseil de sécurité devrait renforcer le rôle de facilitateur de la Commission, a ajouté M. Shin. 

Les partenariats stratégiques entre les Nations Unies et les institutions internationales et régionales comme la Banque mondiale et la Banque africaine de développement sont aussi très utiles pour garantir des ressources financières et budgétaires aux pays concernés.  La finalisation récente des Stratégies de réduction de la pauvreté au Burundi et en République centrafricaine offre une opportunité de renforcer ce partenariat entre les Nations Unies, la Banque mondiale et la Banque africaine de développement.  Le Conseil de sécurité et la CCP doivent établir des échanges et coordonner leurs efforts pour l’exécution des mandats de la Commission et pour aider les pays à faire face aux multiples demandes sur le terrain.  Avant de conclure, le représentant a rappelé que son pays avait contribué à hauteur de 4 millions de dollars au budget de la Commission de consolidation de la paix depuis 2006.    

Mme YANERIT MORGAN (Mexique) a affirmé l’importance de l’appropriation nationale pour tout processus de consolidation de la paix.  En tant que cofacilitateur du processus d’Examen 2010 de l’architecture de la consolidation de la paix de l’ONU, le Mexique, a-t-elle dit, accueille avec satisfaction les progrès enregistrés dans la mise en œuvre des recommandations figurant dans le rapport du Secrétaire général.  La représentante a en outre mis l’accent sur la nécessité de promouvoir la participation des présidents de formations pays aux délibérations du Conseil de sécurité.  De même, a estimé la représentante, la Commission de consolidation de la paix doit disposer des ressources financières nécessaires par le biais du Fonds pour la consolidation de la paix. 

Mme ANNE ANDERSON (Irlande) a rappelé les préoccupations des organisations non gouvernementales concernant le manque d’efficacité de la CCP ainsi que le temps considérable qu’il faut parfois pour pourvoir les présidences des formations pays.  « Nous ne devons en aucun cas faire preuve de suffisance lorsqu’il s’agit du travail de maintien et de consolidation de la paix des Nations Unies », a-t-elle dit, en précisant que la CCP n’était pas un rouage déficient dans une machinerie qui fonctionnerait sinon de manière satisfaisante.

Le caractère intergouvernemental de la CCP la distingue des autres acteurs opérant dans le champ de la consolidation de la paix en lui conférant un poids politique, a estimé Mme Anderson.  Elle a cependant déploré que les États Membres ne reconnaissent pas suffisamment ce caractère intergouvernemental, en ajoutant que les présidents des formations pays se sentaient souvent isolés dans l’exercice de leurs responsabilités.  La déléguée de l’Irlande a ensuite plaidé pour que le Secrétariat mette davantage l’accent sur la consolidation de la paix.  Avant de conclure, elle a déploré qu’une frustration persistante, mutuellement partagée, continuait de caractériser la relation entre le Conseil et la Commission de consolidation de la paix, et ce, au détriment de la qualité des délibérations des deux organes.

Mme JULIET HAY (Nouvelle-Zélande) a indiqué que 5 des 6 États inscrits à l’ordre du jour de la Commission de consolidation de la paix étaient de petits États qui, souvent, manquent de capacités pour coordonner efficacement l’assistance internationale.  Elle a affirmé que la CCP avait évité le piège de la politisation en mettant l’accent sur l’appropriation nationale des efforts de consolidation de la paix et en engageant les États hôtes sur la base de réalités locales.  Le Conseil pourrait s’inspirer de la CCP pour adopter des méthodes de travail  plus inclusives et flexibles, a-t-elle suggéré.

La Nouvelle-Zélande, a assuré sa représentante, appuie l’idée d’explorer de nouvelles formes d’engagement de la CCP, plus variées, susceptibles de renforcer l’utilité et l’attrait de la CCP, et qui ne conduiraient pas à la création d’autres formations pays.  Elle a ensuite plaidé pour l’adoption de nouvelles méthodes de travail du Conseil afin de traiter de manière plus satisfaisante les situations où des efforts de maintien et de consolidation de la paix sont nécessaires mais où la CCP n’est pas capable de jouer un rôle de chef de file.  Elle a enfin déploré les lacunes des Nations Unies dans l’utilisation et le déploiement de l’expertise civile, pourtant cruciale dans le renforcement des capacités nationales. 

M. SAIFUL AZAM MARTINUS ABDULLAH (Malaisie) a affirmé que les liens entre la Commission de la consolidation de la paix, les autres organes des Nations Unies et les organisations régionales devraient être promus.  Le rôle joué par l’ONU dans le maintien de la paix et la consolidation de la paix est double, a-t-il dit.  Le représentant a expliqué que la consolidation de la paix était un système complet de résolution des conflits, et englobait toute une série de questions comme le secours humanitaire ou la reconstruction après les conflits.  M. Martinus Abdullah a également souligné que son pays, dans le cadre de son appui aux efforts de consolidation de la paix et humanitaires, abritait le plus important dépôt de l’aide humanitaire des Nations Unies, accueillant ainsi 40 organisations internationales opérant dans la région. 

M. GAREN NAZARIAN (Arménie) a plaidé pour une coopération accrue entre la CCP et le Conseil afin qu’ils puissent tirer profit de leur expertise respective et identifier plus clairement les priorités dans le champ de la consolidation de la paix.  Ces deux organes doivent faire montre de plus de flexibilité dans la réponse à apporter aux conséquences des conflits, a-t-il insisté, en faisant observer que chaque conflit appelle à des solutions spécifiques.

Discutant la validité d’une stratégie de consolidation de la paix alors que les négociations entre les parties sont encore en cours, le délégué a indiqué que la coopération économique pouvait être un instrument précieux dans l’instauration de la confiance et ouvrir la voie à un règlement politique.  La région du Caucase du Sud-Est est dans l’attente d’un appui coordonné et de la mise en œuvre des différentes initiatives régionales qui ont été prises, a-t-il affirmé en conclusion.

M. YUSRA KHAN (Indonésie) s’est dit heureux que la Commission de la consolidation de la paix, les formations pays et le Fonds pour la consolidation de la paix aient donné de bons résultats dans un délai relativement court.  Il s’est également réjoui que le Conseil de sécurité implique plus fréquemment les présidents des formations pays de la Commission de consolidation de la paix lorsqu’il examine les situations de ces pays.  Le représentant de l’Indonésie a, en outre, jugé essentielle l’appropriation nationale.  À cet égard, il est important, a-t-il estimé, que les cadres d’engagement et d’appui par la Commission de consolidation de la paix, le Fonds pour la consolidation de la paix, ainsi que les institutions financières internationales s’alignent sur les besoins nationaux identifiés et les priorités définies par les pays en situation postconflit. 

M. MORTEN WETLAND (Norvège) a rappelé que l’une des principales recommandations de l’Examen de 2010 consistait en un renforcement de l’interaction entre la Commission et les pays concernés, afin d’accroître l’impact sur le terrain.  Il a indiqué que les formations pays pourraient avantageusement fonctionner comme groupe d’appui aux envoyés ou représentants spéciaux du Secrétaire général et aux équipes de pays, en évitant ainsi l’addition d’une nouvelle strate administrative.  Il a ensuite appuyé les initiatives, discutées par la CCP lors d’une récente réunion avec ONU-Femmes, visant à la tenue de discussions par pays sur la participation des femmes au processus de consolidation de la paix.

M. Wetland s’est ensuite félicité de l’élargissement de la base des donateurs au Fonds pour la consolidation de la paix ainsi que des progrès considérables apportés au fonctionnement de ce Fonds.  Soulignant l’importance pour son pays de ces améliorations, il a annoncé que la Norvège allait contribuer à ce Fonds à hauteur de 5 millions de dollars en 2012, après avoir engagé la même somme en 2011.

M. MOOTAZ AHMADEIN KHALIL (Égypte) a indiqué que le renforcement des capacités des pays émergeant d’une situation de conflit devrait être au cœur des efforts de consolidation de paix.  Le lien entre la paix et le développement, a-t-il dit, doit être pérennisé par la consolidation d’une culture de paix.  Le délégué a ensuite appelé de ses vœux le renforcement du principe d’appropriation nationale afin de garantir que les programmes de consolidation de la paix sont adaptés aux besoins de chaque pays.

Soulignant l’intérêt croissant de l’Assemblée générale, du Conseil de sécurité et du Conseil économique et social pour les travaux de la CCP, M. Khalil a plaidé pour le renforcement du rôle de liaison joué par la CCP entre les entités précitées et les institutions financières internationales.   

M. EMMANUEL OKAFOR (Nigéria) a estimé qu’après six années d’existence, la Commission de consolidation de la paix restait une entreprise fragile, mais pleine de promesses.  L’engagement individuel et collectif en faveur des activités de la Commission de consolidation de la paix, en particulier au sein des configurations de pays, doit être orienté vers les résultats, a-t-il préconisé.  Le représentant a affirmé que l’engagement des membres de la Commission de consolidation de la paix devrait aller au-delà de leurs simples intérêts et refléter leur désir de partager leurs expériences et d’apporter leur contribution technique et financière.  Il a en outre mis l’accent sur le principe de l’appropriation nationale, lequel, a-t-il dit, devient de plus en plus important dans les débats sur la consolidation de la paix.

M. FRANCIS GEORGENAZARIO (Soudan du Sud) a mentionné les défis auxquels fait aujourd’hui face son pays, tels que les négociations en cours avec le Soudan et les épisodes de conflits intertribaux que le Soudan du Sud connaît, certains de ces conflits étant d’ailleurs « politiquement motivés ».  Réaffirmant l’engagement de son gouvernement pour la recherche d’un accord durable avec le Soudan, il s’est félicité du récent renouvellement du mandat de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS).  Il a ensuite appelé de ses vœux l’établissement d’un dialogue avec la Commission de consolidation de la paix afin de déterminer dans quelle mesure les efforts de consolidation de paix menés par son pays ne mériteraient pas d’être davantage coordonnés.  Il a déclaré que la décision prise récemment par son gouvernement de mettre un terme, de manière temporaire, à la production de pétrole était nécessaire afin de préserver les intérêts financiers de long terme du peuple du Soudan du Sud.  S’agissant de la réforme du secteur de sécurité, il a indiqué que son gouvernement mettait l’accent sur la professionnalisation de la justice et de la police et sur un meilleur accès au système judiciaire.  En conclusion, M. Nazario a affirmé qu’aucun conflit ne pouvait être réglé sans un processus inclusif.

M. GYAN CHANDRA ACHARYA (Népal) a affirmé qu’il était essentiel de bâtir et de promouvoir l’appropriation nationale.  La paix ne peut être durable que si on la construit et on la renforce, a-t-il dit.  C’est pourquoi, il faut utiliser pleinement le potentiel de la consolidation de la paix pour la rendre plus efficace, a-t-il suggéré.  Le représentant a également mis l’accent sur la nécessité d’établir des consultations plus élargies et plus en profondeur avec les organisations régionales et sous-régionales.  Le Conseil de sécurité, a-t-il ajouté, devrait avoir des consultations plus systématiques et institutionnalisées avec la Commission de consolidation de la paix et les pays inscrits à son ordre du jour. 

M. MATEO ESTRÉMÉ (Argentine) a rappelé que le principe d’appropriation nationale devait être le fondement des efforts de consolidation de la paix.  La communauté internationale a un rôle d’appui et doit veiller à associer le pays concerné à toutes les étapes de son soutien à la consolidation de la paix, a-t-il affirmé.

Le représentant a ensuite souligné le rôle crucial des Nations Unies en matière de coordination dans le succès à long terme des stratégies de consolidation de la paix.  Faisant référence à la situation en Haïti, il a souligné que l’ONU devrait prendre en compte les priorités locales dans le soutien qu’elle apporte tout en préparant son retrait.  Le rôle que jouent les organisations régionales dans le relèvement d’un pays est essentiel, a-t-il également souligné.  C’est dans la mobilisation des ressources et la promotion de la cohérence que repose la valeur ajoutée des Nations Unies, a-t-il estimé avant de conclure. 

M. DAFFA-ALLA ELHAG ALI OSMAN (Soudan) a déclaré que les efforts de consolidation de la paix étaient les seuls moyens pour que les pays en développement émergeant d’une situation de conflit ne connaissent une résurgence de ce conflit.  Il a cité l’absence d’un appareil judiciaire et de bonne gouvernance, ainsi que les contentieux relatifs aux ressources naturelles, comme étant les principaux facteurs pouvant expliquer une telle résurgence.  La corruption, a-t-il fait remarquer, est un autre de ces facteurs.

Le délégué du Soudan a ensuite indiqué qu’il n’était pas acceptable qu’un pays prenne une décision mettant à mal les intérêts de sa population, tout simplement parce qu’il ne veut pas respecter ses obligations internationales.  Faisant part de l’engagement de son gouvernement à parvenir à un règlement pacifique avec le Soudan du Sud, il a rappelé que l’acheminement du pétrole sud-soudanais avait pu se faire grâce à des installations soudanaises.  « Ce n’est que lorsque le Soudan du Sud a refusé de s’acquitter de droits qui étaient, pourtant, internationalement reconnus que mon pays a dû prendre les décisions qui s’imposaient », a-t-il conclu.

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