Le Conseil de sécurité constate sur place les progrès réalisés au Libéria, en Côte d’Ivoire et en Sierra Leone

31 mai 2012
CS/10661

Le Conseil de sécurité constate sur place les progrès réalisés au Libéria, en Côte d’Ivoire et en Sierra Leone

31/05/2012
Conseil de sécurité
CS/10661
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Conseil de sécurité

6777e séance – matin

LE CONSEIL DE SÉCURITÉ CONSTATE SUR PLACE LES PROGRÈS RÉALISÉS

AU LIBÉRIA, EN CÔTE D’IVOIRE ET EN SIERRA LEONE

Même si de nombreux défis persistent, le Conseil de sécurité, qui s’est rendu en mission en Afrique de l’Ouest du 18 au 24 mai, a pu constater les progrès réalisés au Libéria, en Côte d’Ivoire et en Sierra Leone, comme l’ont souligné, ce matin, devant leurs collègues, les différents chefs de la délégation.

La représentante des États-Unis, Mme Susan Rice, qui s’exprimait également au nom de son homologue du Maroc, M. Mohammed Loulichki, qui dirigeait conjointement avec elle la partie de la mission consacrée au Libéria, a affirmé que celle-ci avait pu noter sur place l’ensemble des « progrès considérables » réalisés par le pays depuis la fin de la guerre.

Mme Rice a souligné que la mission avait pu évaluer la coopération entre la Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL) et l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI).  Elle a précisé que les membres du Conseil de sécurité avaient rencontré la Présidente du Libéria, Mme Ellen Johnson-Sirleaf, ainsi que des responsables du Gouvernement. 

Mme Johnson-Sirleaf leur a ainsi exposé les priorités du Gouvernement, en particulier en matière d’accès à l’emploi et de renforcement des efforts de réconciliation et de coopération.  Cette dernière a aussi mis l’accent sur le développement économique du pays et s’est félicitée de la coopération entre l’ONU et le Libéria à plusieurs égards.  Mme Rice a précisé que la Présidente avait insisté sur le renforcement des capacités nationales qui devra être augmenté en vue du retrait progressif de la MINUL. 

Les membres du Conseil et les responsables libériens ont également discuté de la crise le long de la frontière, ainsi que de la situation au Mali et en Guinée-Bissau.

Au Libéria, le Conseil de sécurité a encore eu l’occasion d’entendre les difficultés particulières de ce pays en matière d’état de droit et de justice lors de rencontres avec des hauts responsable de la police ou du bureau de la naturalisation.  Ceux-ci ont, par exemple, insisté sur la nécessité de décentraliser la justice et de mettre en place des centres d’appui à la justice dans plusieurs régions du pays.  Un premier centre de ce type ouvrira d’ailleurs en juin. 

Les membres du Conseil ont aussi discuté des difficultés en matière de sécurité.  Des échanges ont eu lieu avec des responsables de la MINUL et de l’équipe de pays des Nations Unies.  Enfin, plusieurs réunions avec des responsables de la société civile ont porté sur la promotion de la réconciliation nationale, sur les efforts destinés à faire entendre la voix des femmes au Gouvernement, ainsi que sur la nécessité de traiter de la corruption et de la lutte contre l’impunité. 

Les membres du Conseil se sont rendus dans un centre d’aide aux femmes victimes d’actes néfastes et ont également visité une culture de caoutchouc, où ils ont pu discuter des enjeux des entreprises dans le pays. 

La question des réfugiés a ensuite été abordée avec des représentants du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et d’autres organisations sur place « qui méritent toute notre gratitude pour les efforts qu’ils entreprennent afin d’aider les réfugiés, en particulier dans l’ouest du pays », a souligné Mme Rice.

S’exprimant au nom du représentant de la France, M. Gérard Araud, lequel, avec son homologue du Togo, M. Kodjo Menan, était à la tête de la délégation du Conseil en Côte d’Ivoire, M. Martin Briens a fait état de « progrès très significatifs », en dépit de plusieurs défis persistants sur le plan de la sécurité aux frontières, de la réconciliation, de la lutte contre l’impunité et des causes profondes du conflit ivoirien, telle que la question foncière. 

Précisant que cette mission avait pour objectif premier d’évaluer le processus de stabilisation engagé en Côte d’Ivoire, le délégué de la France a souligné que cette visite était « très attendue », un an après la fin de la crise postélectorale qui a fait plus de 3 000 morts. 

Du 20 au 22 mai, les membres du Conseil de sécurité ont ainsi pu rencontrer les acteurs politiques ivoiriens, le Président Alassane Ouattara, son Premier Ministre et certains de ses ministres, le Président de l’Assemblée nationale et les groupes parlementaires, ainsi que l’opposition politique non parlementaire. 

Les membres du Conseil ont également pu se rendre dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, vers la frontière avec le Libéria, région qui porte encore les stigmates de la crise postélectorale.  Ils ont aussi saisi l’opportunité de leur passage à Abidjan pour avoir une réunion avec les membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). 

La délégation du Conseil s’est d’ailleurs entretenue à ce sujet avec le Président Ouattara et son gouvernement, qui lui ont fait part de leur confiance dans l’amélioration progressive de la situation sécuritaire.  La délégation a aussi mis l’accent sur plusieurs problèmes sur lesquels bute encore la réforme du secteur de la sécurité, comme le manque de moyens. 

Les membres du Conseil ont en outre pris note du fait que le processus de désarmement, démobilisation et réinsertion de milliers de combattants restait l’un des défis les plus complexes. 

M. Briens a indiqué que la délégation du Conseil, au cours de ses rencontres avec les associations et l’opposition, avait relevé que les « clivages au sein de la société et de la classe politique étaient apparus de manière nette » et relevaient l’« ampleur de la tâche de la réconciliation en Côte d’Ivoire ». 

Il a ajouté que la visite de terrain dans l’ouest de la Côte d’Ivoire avait constitué un « moment clef » et que le Conseil avait pu prendre la mesure des nouvelles menaces à la paix et sécurité qui justifient une présence renforcée de l’ONUCI dans cette partie du pays. 

La réunion avec la CEDEAO, le 21 mai, s’est concentrée, a-t-il précisé, sur la situation au Mali et en Guinée-Bissau.

Le représentant de l’Afrique du Sud, M. Baso Sangqu, qui codirigeait avec son homologue britannique, M. Mark Lyall Grant, la mission en Sierra Leone, s’est félicité des « progrès remarquables » accomplis dans ce pays depuis la fin de la guerre civile, il y a 10 ans, même si des défis demeurent en matière, notamment, de chômage, d’infrastructures et de ressources.

Le Conseil, qui cherchait à réaffirmer son appui aux efforts déployés par les autorités nationales et le peuple sierra-léonais pour consolider la paix, « continuera de jouer son rôle », a déclaré M. Sangqu.

Il a ainsi précisé que l’objectif de la mission était d’évaluer les progrès accomplis par les autorités nationales et le peuple sierra-léonais en matière de consolidation de la paix dans un certain nombre de domaines, notamment la réconciliation nationale, la promotion de l’égalité des sexes et la préparation des élections nationales et locales qui doivent se tenir le 17 novembre 2012.

Le délégué de l’Afrique du Sud a pu, en particulier, observer l’« appui conséquent » fourni à la consolidation de la paix en Sierra Leone.  « L’ONU est vraiment unie dans l’action », a-t-il dit.

Les discussions avec l’ensemble des partis politiques ont permis à la délégation de constater les progrès réalisés dans la préparation des élections de novembre, a-t-il expliqué, en mettant également l’accent sur la formation des forces de police.  De même, a-t-il insisté sur le rôle que peuvent jouer les femmes dans les systèmes d’alerte précoce.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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