«2012 pourrait être l’année du changement pour la Bosnie-Herzégovine », affirme le Haut-Représentant devant le Conseil de sécurité

15 mai 2012
CS/10650

«2012 pourrait être l’année du changement pour la Bosnie-Herzégovine », affirme le Haut-Représentant devant le Conseil de sécurité

15/05/2012
Conseil de sécurité
CS/10650
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

6771e séance – après-midi

«2012 POURRAIT ÊTRE L’ANNÉE DU CHANGEMENT POUR LA BOSNIE-HERZÉGOVINE »,

AFFIRME LE HAUT-REPRÉSENTANT DEVANT LE CONSEIL DE SÉCURITÉ

Le Haut-Représentant pour la Bosnie-Herzégovine a affirmé, cet après-midi, devant le Conseil de sécurité que l’année 2012 pourrait être « l’année du changement » pour l’intégration euro-atlantique de ce pays.

« En Bosnie-Herzégovine, il y a maintenant, pour la première fois depuis longtemps, un processus politique fondé sur le dialogue et une disposition au compromis.  Si les dirigeants de la Bosnie-Herzégovine honorent les engagements pris, l’année 2012 pourrait être l’année du changement pour l’intégration euro-atlantique », a notamment affirmé M. Valentin Inzko, qui était venu présenter son rapport biannuel*.

L’année 2012 a bien commencé, a assuré M. Inzko, qui a rappelé la désignation, le 10 février, d’un président croate du Conseil des ministres, « plus de 16 mois après les élections », puis, le 9 mars, la signature par les dirigeants des six partis politiques dans la coalition au pouvoir d’un accord sur le règlement des problèmes de propriété et l’utilisation des biens militaires et publics.

M. Inzko a également évoqué l’adoption de la loi relative à l’aide de l’État et de celle relative au recensement, en précisant qu’elles étaient toutes deux importantes pour le processus d’adhésion à l’Union européenne.

Le Haut-Représentant a estimé qu’il était essentiel de poursuivre les efforts en faveur de l’intégration européenne car, a-t-il soutenu, « l’avenir euro-atlantique est le seul avenir possible pour la Bosnie-Herzégovine ».

Plusieurs délégations, dont celles de l’Azerbaïdjan ont également salué la signature, au mois de novembre dernier par la Bosnie-Herzégovine, la Croatie, le Monténégro et la Slovénie, de la déclaration conjointe sur le retour des réfugiés et des personnes déplacées, qu’il a qualifiée de mesure positive. 

Au titre des défis qui persistent, le Haut-Représentant a indiqué qu’à ce jour, le pays n’a toujours pas été en mesure d’adopter un budget pour l’année 2012.

Il a également évoqué l’existence de difficultés « troublantes » liées à la mise en œuvre des Accords de Dayton et à l’intégrité territoriale et à la souveraineté nationale de la Bosnie-Herzégovine. 

« Les efforts entrepris sont entachés par de réelles menaces, comme le séparatisme, qui risque de porter atteinte à l’intégrité territoriale de la Bosnie-Herzégovine et aboutir à sa désintégration », a averti le représentant du Maroc, tandis que son homologue de l’Afrique du Sud a dénoncé l’existence d’une « rhétorique nationaliste, provocatrice et réfractaire ».

« Il est contreproductif, a réagi le représentant de la Serbie, de critiquer l’une des entités et de qualifier d’« anti-Dayton » les réactions des représentants de ce peuple à des situations qu’ils jugent contraires aux droits de leur peuple ». 

De son côté, le représentant de la Fédération de Russie a dénoncé la critique partiale des Serbes de Bosnie-Herzégovine contenue dans la présentation du Haut-Représentant.  La Republika Srpska, a-t-il fait remarquer, a accompli des progrès en matière de développement économique et de respect des droits de l’homme, plus rapidement que d’autres régions du pays.

Nombre des membres du Conseil de sécurité ont par ailleurs pointé du doigt le fait qu’aucun des cinq objectifs et des deux conditions nécessaires à la fermeture du Bureau du Haut-Représentant pour la Bosnie-Herzégovine, n’avaient été réalisés. 

Les cinq objectifs ont trait au statut de Brčko, au règlement des problèmes de propriété et l’utilisation des biens militaires et publics, au renforcement de l’état de droit, notamment en matière de crimes de guerre, et à un accord sur le budget, tandis que les deux conditions tiennent à la signature d’un accord de stabilisation et d’association, acquise depuis le 16 juin 2008, et à une certaine stabilité politique.

*S/2012/307

LA SITUATION EN BOSNIE-HERZÉGOVINE

Lettre datée du 3 novembre 2011, adressée au Président du Conseil de sécurité par le Secrétaire général (S/2011/682)

Déclarations

M. VALENTIN INZKO, Haut-Représentant pour la Bosnie-Herzégovine, a tout d’abord indiqué que le 22 mai 2012 marquait le vingtième anniversaire de l’adhésion de la Bosnie-Herzégovine à l’ONU.  Personne ne peut contester que la Bosnie-Herzégovine avait depuis cette date parcouru un long chemin, mais on ne peut pas non plus contester le fait qu’il reste encore beaucoup à faire, a-t-il fait remarquer.  M. Inzko a néanmoins indiqué que l’année 2012 avait bien commencé, en évoquant notamment la nomination le 10 février, « plus de 16 mois après l’élection », d’un président croate du Conseil des ministres.  Il a indiqué être particulièrement satisfait de cette évolution en raison de son attachement au respect du principe de la rotation de l’ethnicité du Premier Ministre d’État.  Il a également estimé qu’il incombait aux six partis qui constituent le Conseil des ministres de former un nouveau gouvernement et de permettre au pays de progresser.

M. Inzko a également évoqué l’adoption de la loi relative à l’aide de l’État et de la loi relative au recensement, en précisant qu’elles étaient toutes deux importantes pour le processus d’adhésion à l’Union européenne.  En outre, le 9 mars, les dirigeants des six partis politiques ont signé un accord sur le règlement des problèmes de propriété et l’utilisation des biens militaires et publics.  Cet accord laisse espérer de véritables progrès, s’est-il félicité.  Le Haut-Représentant a précisé que l’application de l’accord sur les biens militaires ouvrirait la voie à une pleine participation de la Bosnie-Herzégovine au Plan d’action pour l’adhésion à l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN).  Ce qui importe maintenant, c’est l’empressement des autorités à mettre en œuvre leur accord, a-t-il ajouté.

Le Haut-Représentant a ensuite indiqué que le Comité directeur du Conseil de mise en œuvre de la paix étudie actuellement la question de la supervision internationale du district de Brčko.  Cette question, a-t-il notamment indiqué, représente l’un des cinq objectifs et des deux conditions nécessaires à la fermeture du Bureau du Haut-Représentant.  Il a ensuite indiqué que la mise en œuvre de l’arrêt Sejdic-Finci, rendu par la Cour européenne des droits de l’homme, nécessitait un changement dans l’élection des membres de la présidence et des délégués de la Chambre des peuples.  Cette question, a-t-il fait savoir, est importante pour tracer la voie de l’intégration de la Bosnie-Herzégovine à l’Union européenne.  En Bosnie-Herzégovine, il y a maintenant un processus politique fondé, pour la première fois, sur le dialogue, de même qu’une disposition au compromis.  Si les dirigeants de la Bosnie-Herzégovine honorent les engagements pris, l’année 2012 pourrait être l’année du changement pour l’intégration euro-atlantique, a-t-il affirmé.

M. Inzko a aussi attiré l’attention sur les difficultés « troublantes » auxquelles se heurte encore la mise en œuvre des Accords de Dayton, en particulier celles liées au respect de l’intégrité territoriale de la Bosnie-Herzégovine.  Il a également indiqué qu’il surveillait de près le budget de l’État.  Le budget 2011 n’a pas été adopté avant 2012 et on attend toujours l’adoption du budget 2012 et du cadre fiscal pour la période 2012-2014, a-t-il indiqué.  Il a rappelé que 2012 était une année électorale et que les lois électorales de Mostar et de Srebrenica faisaient l’objet d’un vif débat.  Le Haut-Représentant a par ailleurs estimé qu’il était essentiel de continuer de renforcer les efforts en faveur de l’intégration à l’Union européenne car, a-t-il soutenu, convaincu que « l’avenir euro-atlantique était le seul avenir possible pour la Bosnie-Herzégovine ».

L’évolution récente sur le terrain donne espoir, mais il faut pouvoir constater beaucoup plus de résultats concrets, a-t-il poursuivi.  M. Inzko a par ailleurs estimé qu’on ne pouvait ignorer le fait que l’on continue d’agir en violation des Accords de paix.  La Bosnie-Herzégovine, a-t-il ajouté, peut tout à fait devenir un model, un exemple du bon travail de la communauté internationale.

Mme ROSEMARY DI CARLO (États-Unis) a affirmé que son pays demeurait engagé en faveur du succès de la Bosnie-Herzégovine.  L’adoption de deux lois, l’une sur l’assistance de l’État, l’autre relative au recensement, sont des jalons pour l’intégration européenne, a-t-elle ajouté.  Les États-Unis, a-t-elle dit, sont engagés à préserver la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Bosnie-Herzégovine.

La représentante des États-Unis s’est dite en outre profondément préoccupée par la persistance de la rhétorique mettant en cause la souveraineté du pays et affichant la volonté de revenir sur les réformes, espérant que les partis politiques continueront à œuvrer en faveur des besoins de la population.  Elle a mis l’accent sur l’importance des élections municipales du 7 octobre, en espérant qu’elles contribueront à la réconciliation et à renforcer les assises démocratiques du pays.

Mme BÉATRICE LE FRAPER DU HELLEN (France) a affirmé que la constitution d’un gouvernement conduit par le Premier Ministre Vjekoslav Bevanda le 10 février, l’adoption des lois sur le recensement et les aides de l’État ainsi que l’accord conclu le 9 mars sur la répartition entre l’État central et l’entité chargée du domaine de l’État et de la défense étaient autant de décisions qui remettaient le pays sur la voie de l’intégration euro-atlantique.  Elle a invité les autorités bosniennes à poursuivre leurs efforts en vue de mettre en conformité leur Constitution avec la Convention européenne sur la sauvegarde des droits de l’homme.  De même, elle les a encouragées à préparer dans les meilleures conditions possibles les élections municipales du 7 octobre 2012 et à trouver des compromis durables concernant les situations locales spécifiques telles que Srebrenica.

Le constat d’une situation de sécurité calme sur le terrain depuis plusieurs années, les progrès dans le dialogue politique et les réformes justifient, a estimé la représentante, l’engagement renforcé de l’Union européenne depuis 2011 et plaident en faveur de la poursuite de la reconfiguration de la présence internationale en Bosnie-Herzégovine.  La mission et les moyens du Haut-Représentant doivent évoluer, a-t-elle ajouté, en espérant que lors de la réunion, la semaine prochaine à Sarajevo, du Comité directeur du Conseil de mise en œuvre de la paix, une décision sera prise pour déterminer la fin de la supervision internationale du district de Brčko.

M. ZAHEER LAHER (Afrique du Sud) s’est félicité de la nomination, le 10 février, d’un Conseil des ministres, ainsi que de la signature, le 9 mars dernier, de l’accord sur le domaine de l’État et la défense.  Il a appelé les dirigeants politiques et la présence internationale à continuer de reconnaître l’équilibre contenu dans les Accords de Dayton.  Il a par ailleurs estimé que les Accords de paix de Dayton devraient être remplacés par une Constitution permanente dans le but, notamment, d’établir des structures étatiques fortes et représentatives.  Il a également insisté sur l’importance du dialogue interethnique, en ajoutant que seul le dialogue politique pouvait résoudre les problèmes liés à la réforme constitutionnelle et à l’adoption du budget 2012.  Passant ensuite à la question de la réconciliation, le représentant a engagé le Gouvernement de la Bosnie-Herzégovine à fournir des ressources au Comité directeur pour la mise en œuvre des crimes de guerre nationaux.  Il s’est aussi inquiété de l’existence d’une « rhétorique nationaliste, provocatrice et réfractaire ».

M. WANG MIN (Chine) s’est félicité des progrès réalisés par la Bosnie-Herzégovine pour sauvegarder la paix, parvenir à la réconciliation nationale, rétablir son économie et restaurer l’état de droit.  Le représentant de la Chine a mis l’accent sur l’importance du respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la Bosnie-Herzégovine.  Il a également espéré que la Force européenne accroîtrait son appui aux forces armées de la Bosnie-Herzégovine pour que celles-ci puissent assumer elles-mêmes de bonnes conditions de sûreté et de sécurité.

M. SULJUK MUSTANSAR TARAR (Pakistan) a insisté sur l’importance de respecter le cadre de division du pouvoir.  Il a exhorté les autorités de la Bosnie-Herzégovine à se concentrer sur le développement économique du pays qui, a-t-il fait observer, a été freiné en raison des retards dans l’adoption du budget.  Une réaction sérieuse s’impose pour faire face au problème du chômage, a-t-il ajouté.  Le représentant s’est par ailleurs préoccupé des déclarations qui remettent en cause les Accords de Dayton ainsi que les institutions de l’État.  Cela pourrait envenimer l’atmosphère et saper les perspectives de paix, a-t-il averti avant d’insister sur l’importance du dialogue.  Même si des progrès ont été réalisés sur deux questions, aucune des autres conditions nécessaires à la fermeture du Bureau du Haut-Représentant n’a été remplie, a-t-il par ailleurs regretté.

M. JOÃO MARIA CABRAL (Portugal) a affirmé que la Bosnie-Herzégovine avait surmonté des obstacles considérables, en particulier pour sortir de l’impasse politique à la suite des élections d’octobre 2010.  La communauté internationale, en particulier l’Union européenne, doit continuer à être pleinement engagée en faveur de la Bosnie-Herzégovine.  Le représentant du Portugal s’est, de même, félicité du renforcement du rôle du Haut-Représentant en Bosnie-Herzégovine.

M. MOHAMMED LOULICHKI (Maroc) s’est réjoui des nombreuses réalisations faites depuis le dernier rapport du Haut-Représentant telles que la formation d’un gouvernement au niveau de l’État, l’adoption du budget 2011, les progrès réalisés dans la mise en place d’un régime fiscal pour la Fédération, ainsi que l’adoption de deux lois importantes, l’une se rapportant à l’aide publique et l’autre relative au recensement.  Néanmoins, a-t-il estimé, les efforts entrepris sont entachés par de réelles menaces, comme le séparatisme, qui risque de porter atteinte à l’intégrité territoriale de la Bosnie-Herzégovine et aboutir à sa désintégration, ou encore l’annulation de lois et règlements qui ont été adoptés au niveau fédéral et la non-reconnaissance par certaines régions de son autorité, affaiblissant de facto la souveraineté de l’État bosniaque.

Le représentant a ainsi lancé un appel aux différents acteurs de la vie politique bosniaque, ainsi qu’aux voix dissidentes à l’intérieur de la Fédération, en vue de s’abstenir de tout discours, agissement ou comportement qui risquent de saper le processus de réconciliation nationale en cours et les efforts que fournissent les autorités bosniaques tendant à construire un pays viable vivant en paix.

M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a estimé que la présentation du Haut-Représentant, comme ses précédentes, ne se caractérisait pas par l’objectivité, en notant, par exemple, une critique partiale des Serbes de Bosnie-Herzégovine.  Il lui a suggéré la lecture, pour un meilleur équilibre, de rapports portant sur la Republika Srpska, en soulignant que celle-ci avait effectué des progrès plus rapides en matière de développement économique et de respect des droits de l’homme que d’autres régions.  La priorité devrait être désormais la gouvernance du pays par les Bosniens eux-mêmes, a-t-il dit.

La situation de sécurité est restée stable en Bosnie-Herzégovine, ce qui, a-t-il dit, montre la détermination des autorités du pays.  Il a rappelé que son pays était hostile à toute ingérence de la communauté internationale dans le processus de négociation au sein de la Bosnie-Herzégovine.  Il a notamment dénoncé l’utilisation arbitraire par le Haut-Représentant des pouvoirs de Bonn, en ajoutant que des décisions devraient être prises prochainement sur la supervision internationale du district de Brčko.

M. GERT ROSENTHAL (Guatemala) a affirmé que son pays était engagé en faveur des Accords de Dayton et de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la Bosnie-Herzégovine.  Il s’est félicité de l’achèvement de la formation du gouvernement, même si celle-ci a pris 15 mois.  Il a salué l’adoption des lois relatives respectivement à l’aide publique et au recensement.  Le représentant a encouragé toutes les parties à redoubler d’efforts en vue de la réconciliation nationale.  Le représentant a souligné que son pays suivrait avec intérêt la réunion du Comité directeur du Conseil de mise en œuvre de la paix, prévue la semaine prochaine à Sarajevo, au cours de laquelle une décision sera prise pour déterminer la fin de la supervision internationale du district de Brčko.

M. NÉSTOR OSORIO (Colombie) s’est félicité de l’existence d’un dialogue politique entre les parties et de la constitution, le 10 février, d’un Conseil des ministres.  Il a également évoqué l’adoption de la loi sur les avoirs militaires.  Le représentant a néanmoins regretté que certaines entités régionales prennent des initiatives politiques au mépris des Accords de paix de Dayton et du respect de la compétence des institutions de l’État.  Il a lancé un appel pour que cessent les rhétoriques agressives.  Le représentant a par ailleurs estimé que la détérioration de la situation financière et la prévalence du chômage, entre autres, exigeaient une attention particulière de la part des dirigeants.  En faisant preuve de leadership, a-t-il soutenu, les autorités de la Bosnie-Herzégovine pourront relever ces défis.

M. VINAY KUMAR (Inde) s’est félicité de l’évolution positive sur le plan politique en Bosnie-Herzégovine, en citant notamment la création d’un Conseil des ministres après presque 15 mois d’impasse.  Il a également salué les avancées sur le plan fiscal et l’adoption des lois sur l’aide de l’État et le recensement.  Le représentant a par ailleurs estimé que la déclaration conjointe des Ministres des affaires étrangères de la Bosnie-Herzégovine, de la Croatie, du Monténégro et de la Serbie sur la protection et la promotion des droits des réfugiés et des personnes déplacées était une importante mesure pour rétablir la confiance.  Il a toutefois observé qu’aucun des cinq objectifs et deux conditions nécessaires à la fermeture du Bureau du Haut-Représentant n’avaient été remplis.  M. Kumar a exhorté les autorités de la Bosnie-Herzégovine à poursuivre leurs engagements dans un esprit de compromis afin de renverser la détérioration actuelle des perspectives économiques.  Il n’est jamais facile d’édifier un pays multiethnique, multilinguiste, multiculturel et multireligieux, a-t-il soutenu.  Le règlement des problèmes auxquels est confrontée la population de la Bosnie-Herzégovine nécessite patience, détermination et une adaptation mutuelle, a-t-il rappelé avant de conclure.

M. MICHAEL TATHAM (Royaume-Uni) s’est félicité de la formation, au mois de février dernier, d’un nouveau gouvernement, orienté sur les objectifs communs d’adhésion à l’Union européenne et de stabilité économique.  Les résultats ne se sont pas faits attendre, a-t-il ajouté, en citant l’adoption d’une loi sur l’aide publique et d’une autre sur le recensement.  Il s’est joint au Haut-Représentant en encourageant les dirigeants politiques à démontrer leur engagement en faveur des réformes par le biais d’efforts difficiles et de compromis.

Le délégué a affirmé que son pays appuyait l’évaluation faite par le Haut-Représentant concernant le mandat exécutif de l’opération Althea de l’EUFOR en faveur du peuple de Bosnie-Herzégovine, et de son rôle central dans le soutien aux efforts de la Bosnie-Herzégovine en vue de maintenir un environnement sûr.

M. KOKOU NAYO MBEOU (Togo) a noté avec satisfaction les avancées politiques importantes réalisées en Bosnie-Herzégovine, notamment la formation, le 10 février 2012, d’un gouvernement central.  De l’avis de la délégation togolaise, les nombreuses actions entreprises par la Bosnie-Herzégovine, au rang desquelles l’adoption de mesures relatives au processus d’intégration à l’Union européenne, témoignent qu’une nouvelle dynamique est à l’œuvre et mérite d’être accompagnée.  M. Mbeou a invité les dirigeants politiques du pays à se départir de toute solution unilatérale et communautariste, à combattre l’extrémisme ainsi que la haine religieuse et la violence qui participent à la déstabilisation du pays.

M. CHRISTOPHE EICK (Allemagne) s’est félicité de l’amélioration significative du processus politique en Bosnie-Herzégovine, citant notamment la formation du Conseil des ministres et la capacité du pays à agir sur le plan fiscal.  Il a salué les dirigeants pour leur attitude constructive.  Il a cependant estimé que la mise en œuvre de l’arrêt Sejdic-Finci de la Cour européenne des droits de l’homme qui porte sur la représentation politique des minorités avait trop tardé.  Il a également estimé que la Bosnie-Herzégovine devrait demeurer fermement ancrée sur la voie de la réforme.  Pour pouvoir profiter de ce que l’Union européenne a à offrir, la Bosnie-Herzégovine doit lancer un processus de réforme politique spécial qui mènera progressivement le pays vers l’adhésion, s’est-il expliqué, et c’est pourquoi, les politiciens doivent s’efforcer de favoriser le compromis plutôt que des agendas nationalistes.  Le représentant a par ailleurs estimé que l’Union européenne étant désormais présente sur le terrain, elle pourrait s’acquitter de certaines des fonctions du Haut-Représentant.

M. AGSHIN MEHDIYEV (Azerbaïdjan) s’est félicité des progrès réalisés pendant la période à l’examen, notamment de la reprise du dialogue politique et des avancées réalisées pour remplir certains des objectifs nécessaires à la fermeture du Bureau du Haut-Représentant.  Il s’est cependant dit préoccupé par les défis dont sont l’objet les Accords de paix de Dayton et a condamné toutes les actions qui remettent en cause la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Bosnie-Herzégovine.  M. Mehdiyev a également constaté que la situation économique du pays demeurait complexe et a engagé les différentes factions politiques à accorder toute leur attention aux priorités économiques et de développement de la Bosnie-Herzégovine.  M. Mehdiyev a par ailleurs estimé que la déclaration conjointe sur le retour des réfugiés et des personnes déplacées, que la Bosnie-Herzégovine, la Croatie, le Monténégro et la Slovénie avaient signée en novembre 2011, était une mesure positive.  Avant de conclure, il a cependant insisté sur la nécessité de résoudre les questions en suspens liées à la propriété foncière.

M. THOMAS MAYR-HARTING, Chef de la délégation de l’Union européenne, s’est félicité de l’évolution positive en Bosnie-Herzégovine et a réaffirmé le soutien de l’Union européenne en faveur de l’intégration européenne du pays.  Il a félicité les autorités compétentes et les dirigeants politiques pour leurs efforts concrets en vue de prendre des décisions dans un esprit de compromis.  Le représentant a souligné qu’il était urgent pour la Bosnie-Herzégovine de s’assurer que sa Constitution soit conforme à la Convention européenne des droits de l’homme.  La mise en œuvre de réformes économiques est tout aussi urgente, a-t-il ajouté, en déclarant attendre avec impatience l’adoption du budget d’État 2012 et le Cadre fiscal général pour la période 2012-2014.

Le délégué a espéré, de même, que le Comité directeur du Conseil de mise en œuvre de la paix, lors de la réunion qu’il tiendra la semaine prochaine à Sarajevo, prendra une décision pour déterminer la fin de la supervision internationale du district de Brčko.  L’Union européenne, a-t-il dit, espère la poursuite des discussions avec la communauté internationale sur la reconfiguration de la présence internationale, y compris sa réduction et une possible relocalisation du Bureau du Haut-Représentant, dans l’instance appropriée.

M. FEODOR STARČEVIĆ (Serbie) a affirmé que sa délégation appuierait tout accord sur le changement du système interne tel que défini par les Accords de Dayton s’il était conclu de manière consensuelle par les deux entités et les trois peuples constitutifs.  Il s’est félicité des décisions récemment prises par la Bosnie-Herzégovine et qui, a-t-il estimé, représentent un pas important vers son adhésion à l’Union européenne.  Le représentant a par ailleurs estimé que la communauté internationale devrait examiner les relations entre les trois peuples qui constituent la Bosnie-Herzégovine de manière approfondie et en respectant leurs intérêts.  Il a estimé qu’il était contreproductif de critiquer l’une des entités et de qualifier d’« anti-Dayton » les réactions des représentants de ce peuple à des situations qu’ils jugent contraires aux droits de leur peuple. 

Une analyse plus détaillée de la situation est nécessaire afin d’y apporter des solutions idoines, a-t-il estimé.  Le recours unilatéral à de telles situations dans le but de l’éventuelle imposition de mesures punitives n’aidera en rien le rétablissement de la confiance, ni l’amélioration du fonctionnement des institutions de la Bosnie-Herzégovine.  M. Starčević a par ailleurs estimé que des mesures s’imposaient pour fermer le Bureau du Haut-Représentant et mettre un terme aux « pouvoirs de Bonn » car, a-t-il affirmé, les représentants légitimement élus de tous les peuples et entités ont à présent l’habilité et la capacité de gérer les affaires d’État de manière indépendante.  Il a ensuite fait savoir que si la Serbie développait ses relations avec la Republika Srpska sur la base de l’Accord sur les relations bilatérales spéciales, elle concentrait néanmoins ses efforts sur le renforcement de ses relations avec la Bosnie-Herzégovine.

M. RANKO VILOVIĆ (Croatie) a affirmé qu’il restait des raisons de préoccupation concernant le rythme des progrès de l’important processus économique et politique en Bosnie-Herzégovine, mais qu’il y avait également des développements encourageants.  Il s’est notamment félicité de l’accord signé à Banja Lula, le 9 mars, par les dirigeants des six partis politiques dans la coalition au pouvoir à l’échelle de l’État concernant les principes à suivre pour régler les problèmes de propriété et d’utilisation des biens militaires et publics, lequel ouvre la voie à une pleine participation de la Bosnie-Herzégovine au Plan d’action pour l’adhésion à l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN).

Les progrès du 9 mars, certes limités, créent un élan, a-t-il dit, en estimant que la communauté internationale devrait encourager fermement la Bosnie-Herzégovine à maintenir le niveau d’efforts et d’engagements ainsi démontrés.  Cet encouragement devrait, a estimé le représentant de la Croatie, prendre la forme d’une attention constante et d’un soutien, en particulier dans le processus d’intégration euro-atlantique, lequel constitue le cadre le meilleur pour un renforcement des institutions, de l’état de droit et de la vie démocratique elle-même.  Ce processus d’intégration, a-t-il ajouté, devrait prendre en compte toutes les spécificités de la Bosnie-Herzégovine et respecter le principe fondamental de l’existence politique du pays, à savoir l’égalité entre les trois peuples qui le constituent et tous ses citoyens.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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