Le Conseil de sécurité décide que le Soudan et le Soudan du Sud prendront des mesures pour cesser immédiatement les hostilités

2 mai 2012
CS/10632

Le Conseil de sécurité décide que le Soudan et le Soudan du Sud prendront des mesures pour cesser immédiatement les hostilités

02/05/2012
Conseil de sécurité
CS/10632
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

6764e séance – matin

LE CONSEIL DE SÉCURITÉ DÉCIDE QUE LE SOUDAN ET LE SOUDAN DU SUD PRENDRONT

DES MESURES POUR CESSER IMMÉDIATEMENT LES HOSTILITÉS

Les deux pays sont également tenus de reprendre les négociations dans un délai de deux semaines

Le Conseil de sécurité, agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, a décidé, ce matin, que le Soudan et le Soudan du Sud prendront des mesures pour « cesser immédiatement toutes les hostilités, y compris les bombardements aériens », et « retirer sans condition toutes leurs forces armées de leur côté de la frontière ». 

De même, par sa résolution 2046 (2012), adoptée à l’unanimité, le Conseil a décidé que les deux pays doivent, dans un délai de deux semaines, « reprendre les négociations sans condition, sous les auspices du Groupe de mise en œuvre de haut niveau de l’Union africaine et avec le soutien du Président de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) ».

Ces négociations, dont la date sera fixée par le Groupe de mise en œuvre de haut niveau de l’Union africaine, en consultation avec les partenaires internationaux concernés, visent à parvenir à un accord sur les arrangements concernant le pétrole et les paiements y relatifs, le statut des ressortissants, le règlement du statut des zones frontalières contestées et revendiquées et la démarcation de la frontière, et le statut final de la zone d’Abyei.

Le Soudan et le Soudan du Sud devront, en outre, « cesser d’accueillir sur leur territoire ou de soutenir des groupes rebelles actifs contre l’autre État » et activer, dans un délai d’une semaine, les mécanismes de sécurisation de la frontière, à savoir le Mécanisme conjoint de vérification et de surveillance de la frontière et la Zone frontalière démilitarisée et sécurisée.

Le Conseil de sécurité a appuyé « sans réserve » la décision adoptée, le 24 avril dernier, par le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine en vue de réduire la tension actuelle entre les deux pays et de faciliter la reprise des négociations sur les questions postsécession et la normalisation de leurs relations.

Lors de la discussion qui a suivi l’adoption du texte, plusieurs délégations se sont félicitées de la détermination du Conseil de sécurité à régler ce conflit qui, ont-elles dit, constitue une menace à la paix et à la sécurité régionales.

Le délégué de l’Afrique du Sud a dit espérer que la résolution 2046 contribuera à alimenter les efforts entrepris par l’Union africaine et a demandé aux parties d’accepter la feuille de route établie par le Conseil de paix et de sécurité de l’organisation et à reprendre immédiatement les négociations sous ses auspices. 

Avec cette résolution, « les parties seront désormais jugées à partir de leurs actions et non sur leurs paroles », a estimé la représentante des États-Unis, qui s’est déclarée prête à l’adoption de mesures qui imposent, le cas échéant, des sanctions à l’une ou à l’autre.

Son homologue de la Chine a néanmoins rappelé que son pays demeurait toujours prudent lorsqu’il s’agissait de l’emploi ou de la menace de l’emploi de sanctions dans la région.  Il a souligné que la communauté internationale devrait éviter de prendre partie, de faire pression sur les parties ou de s’immiscer dans les affaires de l’Union africaine ou de toute autre organisation régionale. 

La Fédération de Russie a regretté que certaines de ses préoccupations n’aient pas été prises en compte dans le texte, mais a salué le fait que la résolution 2046 mentionne les dégâts causés aux infrastructures pétrolières de Heglig ou la paralysie de leur fonctionnement, en émettant l’espoir que ces dégâts soient évalués et que des indemnisations soient assurées.

      Le Ministre des affaires étrangères du Soudan du Sud, M. Deng Alor Kuol, a assuré que son pays respecterait toutes les dispositions de la feuille de route, en précisant que son gouvernement avait ordonné le retrait de ses forces de police dans la région d’Abyei, le 28 avril dernier.  Le Soudan du Sud, a-t-il insisté, s’est engagé à cesser les hostilités et à reprendre les négociations sous les auspices de l’Union africaine. 

Le représentant du Soudan a déclaré, pour sa part, que la paix entre les deux pays ne pourrait être obtenue que lorsque le Soudan du Sud mettra fin à tout appui aux groupes armés rebelles.  À cet égard, il a déploré le fait que la résolution adoptée aujourd’hui n’indique nullement la date à laquelle cette question devrait être réglée, contrairement aux échéances établies pour d’autres situations, a-t-il dit. 

RAPPORTS DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL SUR LE SOUDAN

Texte de la résolution ( S/RES/2046 (2012 )

Le Conseil de sécurité,

Rappelant ses résolutions et déclarations antérieures sur la situation au Soudan et au Soudan du Sud, en particulier ses résolutions 1990 (2011), 2024 (2011) et 2032 (2011) et les déclarations de son président en date des 6 mars et 12 avril 2012, et rappelant également le degré de priorité qu’il attache à ce que toutes les questions issues de l’Accord de paix global qui restent non réglées le soient d’urgence et complètement,

Réaffirmant la force de son attachement à la souveraineté, l’indépendance, l’unité et l’intégrité territoriale du Soudan et du Soudan du Sud, ainsi qu’aux buts et principes énoncés dans la Charte des Nations Unies,

Prenant note du paragraphe 7 de la décision prise le 24 avril 2012 par le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, à sa 319e réunion, et déclarant à nouveau que les frontières territoriales des États ne sauraient être modifiées par la force et que les différends territoriaux doivent être réglés exclusivement par des moyens pacifiques,

Rappelant l’importance des principes de règlement des différends internationaux par des moyens pacifiques, de bon voisinage, de non-ingérence et de coopération régionale,

Fermement attaché à l’idée de voir le Soudan et le Soudan du Sud devenir deux États économiquement prospères vivant côte à côte dans la paix, la sécurité et la stabilité, et soulignant combien il importe de créer un climat de confiance réciproque et des conditions propices à la stabilité à long terme et au développement économique,

Condamnant les incidents répétés de violence transfrontière entre le Soudan et le Soudan du Sud, notamment les mouvements de troupes, la prise et l’occupation de Heglig, le soutien à des forces supplétives et les bombardements aériens effectués par les forces armées soudanaises,

Condamnant les actes de tout groupe armé visant à renverser par la force le Gouvernement du Soudan ou celui du Soudan du Sud,

Se déclarant profondément préoccupé par la situation humanitaire créée par les combats entre le Soudan et le Soudan du Sud, ainsi que par la poursuite des combats dans les États du Kordofan méridional et du Nil bleu au Soudan,

Condamnant vigoureusement tout acte de violence commis contre des civils en violation du droit international humanitaire et du droit des droits de l’homme,

Se félicitant de ce que l’armée du Soudan du Sud se soit retirée de Heglig et demandant que cessent immédiatement les bombardements aériens du Soudan du Sud effectués par les forces armées soudanaises,

Condamnant vigoureusement les violations des droits fondamentaux des non-combattants dans la zone touchée, les dommages causés à l’infrastructure économique, en particulier aux installations pétrolières, ainsi que toutes les déclarations incendiaires, qui conduisent à une diabolisation réciproque et peuvent entraîner des actes hostiles de la part d’éléments extrémistes, y compris des attentats motivés par la xénophobie,

Demandant qu’une mission impartiale d’établissement des faits soit chargée d’évaluer les dommages et les pertes économiques et humanitaires, y compris les dégâts subis par les installations pétrolières et d’autres éléments clefs d’infrastructure, à Heglig et alentour,

Se disant profondément préoccupé par le sort des ressortissants de chacun des deux pays résidant sur le territoire de l’autre, après la fin, le 8 avril 2012, de la période de transition,

Rappelant l’Accord du 29 juin 2011 entre le Gouvernement du Soudan et celui du Soudan du Sud sur la sécurité des frontières et le Mécanisme conjoint pour les questions politiques et la sécurité, prenant note de l’engagement pris en son paragraphe 2 de créer une Zone frontalière démilitarisée et sécurisée, et rappelant également l’Accord du 30 juillet 2011 entre le Gouvernement du Soudan et le Gouvernement du Soudan du Sud sur la Mission d’appui au contrôle de la frontière, qui prévoit la création d’un Mécanisme conjoint de vérification et de surveillance de la frontière, dont la zone de responsabilité correspondrait à la Zone frontalière démilitarisée et sécurisée, et d’un Mécanisme conjoint pour les questions politiques et la sécurité,

Sachant qu’il est urgent que le Soudan et le Soudan du Sud entament le processus de démilitarisation de la frontière,

Déplorant que les forces de sécurité du Soudan et du Soudan du Sud ne se soient pas redéployées hors de la zone d’Abyei comme le prévoyaient leur accord du 20 juin 2011 et la résolution 1990 (2011),

Convaincu qu’il ne saurait y avoir de solution militaire au conflit dans le Kordofan méridional et dans le Nil bleu, et soulignant la nécessité et l’urgence d’un règlement politique et négocié, fondé sur le respect de la diversité dans l’unité,

Réaffirmant ses résolutions antérieures 1674 (2006) et 1894 (2009) sur la protection des civils en période de conflit armé, 1612 (2005), 1882 (2009) et 1998 (2011) sur les enfants dans les conflits armés, 1502 (2003) sur la protection du personnel humanitaire des Nations Unies et 1325 (2000), 1820 (2008), 1888 (2009), 1889 (2009) et 1960 (2010) sur les femmes, la paix et la sécurité,

Se félicitant que l’Union africaine continue de s’efforcer d’aider le Soudan et le Soudan du Sud à surmonter les conflits et l’amertume hérités du passé, notamment grâce à la conclusion de l’Accord de paix global de janvier 2005, à sa mise en œuvre, en particulier la tenue du référendum d’autodétermination du Soudan du Sud, et aux négociations sur les relations après la sécession,

Rendant hommage à l’action menée par le Groupe de mise en œuvre de haut niveau de l’Union africaine, notamment son président, le Président Thabo Mbeki, les anciens Présidents Abdulsalami Abubakar et Pierre Buyoya, le Président de l’Autorité intergouvernementale pour le développement, Meles Zenawi, Premier Ministre de l’Éthiopie, l’Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Soudan et le Soudan du Sud, Haile Menkerios, et la Force intérimaire de sécurité des Nations Unies pour Abyei (FISNUA),

Déclarant appuyer sans réserve la décision adoptée par le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine à sa trois cent dix-neuvième réunion, tenue au niveau ministériel, sur la situation entre la République du Soudan et la République du Soudan du Sud, en vue de réduire la tension actuelle et de faciliter la reprise des négociations sur les questions postsécession et la normalisation de leurs relations, y compris, en particulier,  la Feuille de route décrite dans cette décision,

Constatant que la situation actuelle le long de la frontière entre le Soudan et le Soudan du Sud constitue une grave menace contre la paix et la sécurité internationales,

Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies,

1.    Décide que le Soudan et le Soudan du Sud prendront les mesures suivantes avec effet immédiat, sauf stipulation contraire énoncée ci-après :

i)    Cesser immédiatement toutes les hostilités, y compris les bombardements aériens, les parties devant formellement exprimer leur engagement à cet égard au Président de la Commission de l’Union africaine et au Président du Conseil de sécurité, dans un délai de 48 heures à compter de l’adoption de la présente résolution;

ii)   Retirer sans condition toutes leurs forces armées de leur côté de la frontière, conformément aux accords adoptés précédemment, y compris l’Accord du 30 juillet 2011 sur la Mission d’appui au contrôle de la frontière;

iii)  Activer, dans un délai d’une semaine à compter de l’adoption de la présente résolution, les mécanismes nécessaires de sécurisation de la frontière, à savoir le Mécanisme conjoint de vérification et de surveillance de la frontière et la Zone frontalière démilitarisée et sécurisée, conformément à la carte administrative et sécuritaire présentée aux parties par le Groupe de mise en œuvre de haut niveau de l’Union africaine en novembre 2011, étant entendu que cette carte ne préjuge en rien du résultat des négociations en cours sur les zones contestées et la démarcation de la frontière;

iv)   Cesser d’accueillir sur leur territoire ou de soutenir des groupes rebelles actifs contre l’autre État;

v)    Activer le Comité ad hoc prévu dans le cadre du Mécanisme conjoint pour les questions de politique et la sécurité, afin de recevoir les plaintes et allégations formulées par l’une des parties contre l’autre et d’enquêter sur elles;

vi)   Mettre fin immédiatement à toute propagande hostile et aux déclarations incendiaires dans les médias, ainsi qu’à tous les attentats dirigés dans un des États contre les biens et les symboles religieux et culturels des ressortissants de l’autre État, étant entendu que chacun des deux gouvernements assumera pleinement la responsabilité de protéger les ressortissants de l’autre, conformément aux principes internationaux, et comme ils en sont convenus dans l’Accord-cadre sur le statut des ressortissants de l’autre État et les questions connexes qu’ils ont paraphé en mars 2012;

vii)  Mettre en œuvre les dispositions pendantes de l’Accord du 20 juin 2011 sur les arrangements administratifs et sécuritaires temporaires pour la zone d’Abyei, en particulier le redéploiement hors de la zone d’Abyei, dans un délai de deux semaines à compter de l’adoption de la présente résolution, de toutes les forces du Soudan et du Soudan du Sud;

2.    Décide que le Soudan et le Soudan du Sud doivent reprendre les négociations sans condition, sous les auspices du Groupe de mise en œuvre de haut niveau de l’Union africaine et avec le soutien du Président de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), dans un délai de deux semaines à compter de l’adoption de la présente résolution et à une date qui sera fixée par le Groupe de haut niveau en consultation avec les partenaires internationaux concernés, aux fins de parvenir à un accord sur les questions cruciales suivantes:

i)    Les arrangements concernant le pétrole et les paiements y relatifs;

ii)   Le statut des ressortissants qui résident dans l’autre pays, conformément à l’Accord-cadre sur le statut des ressortissants de l’autre État et les questions connexes paraphé en mars 2012;

iii)  Le règlement du statut des zones frontalières contestées et revendiquées et la démarcation de la frontière;

iv)   Le statut final de la zone d’Abyei;

3.    Décide que le Gouvernement du Soudan et le Mouvement populaire de libération du Soudan (Nord) (SPLM-N) doivent apporter leur entière coopération au Groupe de mise en œuvre de haut niveau de l’Union africaine et au Président de l’IGAD, afin de parvenir à un règlement négocié sur la base de l’Accord-cadre du 28 juin 2011 sur le partenariat politique entre le Parti du Congrès national (NCP) et le SPLM-N et des arrangements politiques et de sécurité dans les États du Nil bleu et du Kordofan méridional;

4.    Engage fortement le Soudan et le SPLM-N à accepter la proposition tripartite présentée par l’Union africaine, l’Organisation des Nations Unies et la Ligue des États arabes, consistant à ouvrir aux humanitaires l’accès aux populations touchées dans les deux zones, en garantissant au personnel humanitaire de l’ONU et aux autres humanitaires, conformément au droit international applicable, y compris les dispositions applicables du droit humanitaire, et dans le respect des principes régissant l’assistance humanitaire d’urgence, un accès immédiat et sans entrave aux populations touchées par le conflit et en autorisant l’acheminement de fournitures et de matériel, afin de leur permettre de s’acquitter de leur mandat efficacement et en toute sécurité;

5.    Décide que les négociations visées au paragraphe 2 ci-dessus doivent être conclues dans les trois mois suivant l’adoption de la présente résolution et, si elles n’aboutissent pas à un accord sur tout ou partie des points en question dans ce délai, prie le Secrétaire général, agissant en consultation avec le Groupe de mise en œuvre de haut niveau de l’Union africaine, le Président de l’IGAD et le Président de la Commission de l’Union africaine, de lui soumettre dans un délai de quatre mois à compter de l’adoption de la présente résolution, un rapport sur l’état des négociations, y compris des propositions détaillées sur toutes les questions en suspens;

6.    Prie le Secrétaire général de consulter l’Union africaine sur l’application de la présente résolution et des décisions du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, de collaborer étroitement à l’action de facilitation menée par le Groupe de mise en œuvre de haut niveau de l’Union africaine, et de l’informer dans un délai de 15 jours, et par la suite toutes les deux semaines, de la façon dont le Soudan, le Soudan du Sud et le SPLM-N se conformeront aux dispositions de la présente résolution, et déclare compter prendre des mesures supplémentaires en vertu de l’Article 41 de la Charte si l’une ou l’autre des parties ou toutes les parties ne se sont pas conformées aux décisions énoncées dans la présente résolution;

7.    Engage toutes les parties à défendre et promouvoir les droits de l’homme, y compris ceux des femmes et des membres des groupes vulnérables, à s’acquitter des obligations que le droit international, y compris le droit international humanitaire et le droit international des droits de l’homme, met à leur charge, et demande que les personnes responsables de graves violations de ces droits, notamment de violences sexuelles, soient tenues d’en répondre;

8.    Salue les efforts déployés par la Force intérimaire de sécurité des Nations Unies pour Abyei pour s’acquitter de son mandat, exprime sa profonde gratitude au commandant de la Force et aux pays qui lui fournissent des contingents, et entend examiner le mandat de la FISNUA en tenant compte de la manière dont le Soudan et le Soudan du Sud auront respecté les décisions énoncées dans la présente résolution et tenu les engagements qu’ils ont pris dans les accords du 29 juin et du 30 juillet 2011;

9.    Souligne combien il est nécessaire et important de rétablir une paix globale, juste et durable entre le Soudan et le Soudan du Sud;

10.   Décide de demeurer activement saisi de la question.

Déclarations

Mme SUSAN RICE (États-Unis) a affirmé que son pays se félicitait de l’adoption de la résolution 2046 qui souligne l’appui unanime du Conseil de sécurité à la feuille de route de l’Union africaine.  Le conflit actuel entre le Soudan et le Soudan du Sud est au bord d’une guerre complète et soutenue, a-t-elle dit, en précisant qu’il constituait clairement une menace à la paix et à la sécurité internationales.  Les deux pays sont près de revenir aux horreurs du passé, a-t-elle fait remarquer.  Les combats doivent cesser maintenant, a-t-elle insisté, en notant que les tensions étaient liées aux causes profondes du conflit. 

Avec cette résolution, les parties seront désormais jugées à partir de leurs actions et non sur leurs paroles, a expliqué Mme Rice, en énumérant certaines des dispositions du texte.  Le Conseil de sécurité est uni et déterminé, a-t-elle dit, en se déclarant prête à l’adoption de mesures qui imposent, le cas échéant, des sanctions à l’une ou l’autre des parties.  La représentante a souligné des rapports faisant état de bombardements aériens continus du Soudan contre le Soudan du Sud, les qualifiant d’inquiétants.  De même, le Gouvernement du Soudan du Sud devrait se retenir de mener toute attaque de représailles.  Les États-Unis demandent aux deux parties de mettre en œuvre sans délai et intégralement le communiqué du 24 avril du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, a déclaré Mme Rice avant de conclure.

M. LI BAODONG (Chine) s’est dit très inquiet de la détérioration récente de la situation entre les deux pays.  Il a émis l’espoir que les deux pays mettront fin à tout acte de violence et qu’ils respecteront l’intégrité territoriale de l’un et de l’autre.  Il a aussi émis l’espoir que les deux parties résoudront la question dans un dialogue de bonne foi et établiront des relations de bon voisinage dans leur intérêt mutuel.  Il a rappelé que la Chine avait toujours souligné que la communauté internationale devait éviter de prendre partie, faire pression sur les parties ou s’ingérer dans les affaires de l’Union africaine ou de toute autre organisation régionale. 

La Chine est par ailleurs toujours prudente lorsqu’il s’agit de l’emploi ou de la menace de l’emploi de sanctions dans la région, a-t-il dit.  Sa délégation, a-t-il indiqué, se félicite « des efforts inlassables » de l’Union africaine et de la feuille de route adoptée à cet égard.  Le représentant a émis l’espoir que les deux pays adopteront des mesures pratiques pour mettre en œuvre la feuille de route.  Il a souligné que son pays avait voté en faveur de la résolution 2046 car il continuera à jouer un rôle constructif pour promouvoir le bon règlement des questions entres les pays.

M. BASO SANGQU (Afrique du Sud) a affirmé que son pays était préoccupé par le conflit actuel entre le Soudan et le Soudan du Sud.  Le communiqué du 24 avril de l’Union africaine établit une feuille de route demandant aux deux pays de parvenir à un accord, a-t-il notamment précisé.  Il s’est dit heureux que le Conseil de sécurité ait adopté la résolution 2046, en espérant qu’elle contribuera à alimenter les efforts entrepris par l’Union africaine.  Le représentant de l’Afrique du Sud a demandé aux parties d’accepter la feuille de route de l’Union africaine et de reprendre immédiatement les négociations sous ses auspices. 

M. MANJEEV SINGH PURI (Inde) a considéré que les événements récents, y compris des opérations transfrontalières et les dommages causés aux infrastructures économiques et pétrolières, étaient très préoccupants.  Il a souligné qu’une guerre entre les deux pays serait un recul important alors qu’ils doivent œuvrer pour guérir les profondes blessures causées par de longues décennies de conflit.  Il a également noté que le Groupe de mise en œuvre de haut niveau de l’Union africaine facilite le dialogue entre les deux pays depuis plusieurs années et qu’il existe un calendrier raisonnable pour régler leurs différentes questions. 

Dans ce contexte, le représentant a souligné que des négociations sérieuses permettraient d’établir une relation durable entre les deux pays sur la base de leur indépendance et du respect de leur intégrité territoriale.  Il a noté que l’Inde a voté pour cette résolution car elle appuie les efforts de l’Union africaine et qu’elle est en accord avec son communiqué du 24 avril 2012.  Il a demandé aux deux pays de cesser toute hostilité par la force militaire ou par l’intermédiaire des différents groupes armés qui sont présents dans la région.

M. PETER WITTIG (Allemagne) a affirmé que la résolution 2046 que le Conseil de sécurité vient d’adopter adressait aux deux parties un message clair.  Le Conseil de sécurité réagit de manière opportune et appropriée pour faire face à une menace évidente à la paix et à la sécurité régionales, a ajouté le représentant.  Il incombe désormais aux gouvernements de saisir l’occasion qui leur est offerte de reprendre les négociations dans l’intérêt de leurs peuples respectifs, a-t-il conclu.

M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a déclaré que sa délégation avait voté en faveur de la résolution 2046, en tenant compte de la nécessité de surmonter les dangers actuels dans les relations entre le Soudan et le Soudan du Sud.  La Fédération de Russie est en faveur d’un règlement des problèmes en Afrique, par les organisations régionales, et avec l’appui de la communauté internationale, a-t-il souligné.  Il a toutefois regretté que certaines préoccupations exprimées par la Fédération de Russie n’avaient pas été prises en compte dans le texte.  En revanche, la résolution 2046 fait mention des dégâts causés aux infrastructures pétrolières de Heglig ou de la paralysie de leur fonctionnement, s’est-il félicité, en émettant l’espoir que ces dégâts soient évalués et que des indemnisations soient assurées. 

Il est inacceptable que, dans les États du Kordofan méridional et du Nil bleu, des groupes armés poursuivent des activités déstabilisatrices, a-t-il dénoncé, en se déclarant convaincu qu’ils bénéficient d’un appui extérieur.  Le représentant a estimé que la résolution adoptée aujourd’hui ne pouvait toutefois pas être élargie au règlement de la question dans ces deux États.  Il a ajouté que l’instrument politico-diplomatique était loin d’avoir été entièrement utilisé et que la possibilité de prendre des sanctions devrait être examinée attentivement.

M. NÉSTOR OSORIO (Colombie) a regretté que les premières mesures prises par la nouvelle République du Soudan du Sud aient été des actes de guerre et d’hostilité.  Il a estimé qu’il était impératif que les deux parties adoptent à nouveau la volonté politique et le compromis qui ont conduit à la signature, en 2005, de l’Accord de paix global.  Le Soudan et le Soudan du Sud doivent fonder leurs relations sur la base du respect mutuel, de la viabilité et de la prospérité des deux pays, a-t-il rappelé.  Le représentant a estimé qu’avec l’adoption de la présente résolution, le Conseil de sécurité avait pris une mesure claire en vue d’appuyer les efforts de l’Union africaine et d’encourager les deux pays à reprendre la voie de la paix.

M. MARTIN BRIENS (France) a estimé que l’Union africaine avait tout mis en œuvre ces dernières semaines pour éviter une escalade du conflit actuel entre le Soudan et le Soudan du Sud et pour permettre une reprise rapide des négociations entre les deux États sur les questions qui demeurent en suspens depuis l’Accord de paix de 2005.  Il a rappelé que le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine avait adopté, au niveau ministériel, un plan d’action de sortie de crise, qui s’adresse au Soudan et au Soudan du Sud, et qui leur fixe des échéances claires, et que l’Union africaine s’était ensuite adressée à ce Conseil pour qu’il endosse ce plan. 

Le représentant s’est ainsi félicité de l’adoption à l’unanimité de la résolution 2046 qui entérine le plan d’action de l’Union africaine.  Grâce au vote d’aujourd’hui, ce plan d’action bénéficie de l’autorité d’une résolution placée sous le Chapitre VII, comme le souhaitait l’Union africaine, a-t-il souligné.  M. Briens a notamment noté qu’avec cette résolution, le Conseil de sécurité souligne qu’il attend du Soudan, et du Soudan du Sud, qu’ils cessent immédiatement les hostilités, qu’ils mettent en place une zone démilitarisée le long de leur frontière commune, et qu’ils retirent leurs troupes de la région contestée d’Abyei.  Il a également souligné que cette résolution présentait une voie de sortie de crise claire et qu’il revenait, à présent, aux parties de la mettre en œuvre immédiatement.

M. KODJO MENAN (Togo) a souligné que le Conseil de sécurité avait pris la bonne décision en adoptant, aujourd’hui, une position ferme pour faire face à cette situation qui menace la paix et la sécurité dans la région.  Le règlement du conflit entre les deux pays ne saurait se faire qu’à travers le dialogue et la négociation, a-t-il estimé.  Le Togo, a-t-il dit, exhorte les deux pays à reprendre les négociations sereinement sous l’égide de l’Union africaine, a ajouté son représentant. 

M. MOHAMMED LOULICHKI (Maroc) a souligné que la résolution 2046 invitait les parties à arrêter immédiatement toute confrontation et à s’engager à mettre en œuvre tous les accords préalablement conclus.  Il a ensuite salué la décision prise par le Gouvernement du Soudan en vue de régler les questions en suspens entre les deux pays.  Il est essentiel qu’à ce stade, les deux pays s’abstiennent de recourir à la force et c’est pourquoi, le Maroc les invite à s’engager dans la voie du dialogue et à reprendre les négociations.  Avant de conclure, il a rappelé la position de principe du Maroc qui encourage toujours le dialogue et la négociation, a-t-il dit.

M. PHILIP PARHAM (Royaume-Uni) a affirmé qu’avec l’adoption de la résolution 2046, le Conseil de sécurité avait montré qu’il était déterminé à mettre fin à ce conflit.  Les parties, a-t-il dit, ont également des obligations contraignantes pour régler le conflit dans les États du Kordofan méridional et du Nil bleu.  Le représentant a dit espérer que le Soudan et le Soudan du Sud choisiront la voie de la paix, de la prospérité et de la stabilité pour le bien-être de leur peuple respectif.

M. SULJUK MUSTANSAR TARAR  (Pakistan) a estimé que la situation entre le Soudan et le Soudan du Sud s’était gravement détériorée avec l’occupation de Heglig.  Dans ce contexte, il a considéré que la communauté internationale devait encourager les deux pays à reprendre la voie du dialogue et de la paix.  Il s’est félicité que la résolution 2046 ait été adoptée à l’unanimité.  Le Pakistan appuie les efforts de l’Union africaine, a indiqué le représentant, en précisant que cet appui était basé sur la reconnaissance du rôle central de l’Union africaine en vue de résoudre les problèmes relatifs à l’Afrique. 

Le représentant a estimé que le Conseil de sécurité devrait jouer un rôle constructif pour faire face à la situation entre les deux pays et devait rester uni derrière l’Union africaine.  L’objectif général doit demeurer le dialogue, a-t-il ajouté, en regrettant que « certains membres du Conseil de sécurité aient choisi de s’engager vers une voie qui risque de créer des divisions au sein de cet organe ».  Il a également fait remarquer que des mentions du communiqué du 24 avril du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine n’avaient pas été reprises alors qu’elles étaient tout à fait pertinentes.  Il a aussi déploré le fait que ce communiqué ait été lu, par certains, de façon sélective.

M. GERT ROSENTHAL (Guatemala) s’est dit convaincu que les deux parties avaient chacune leur part de responsabilité dans cette succession de faits irrationnels qui se déroulent au détriment des intérêts des deux pays.  Le Conseil, en votant pour cette résolution, ne fait que répondre à l’appel lancé par l’Union africaine et se conforme à la Charte des Nations Unies.  Le représentant a dit espérer que la paix entre le Soudan et le Soudan du Sud aura, avec ce texte, une nouvelle chance de succès.

M. JOÃO MARIA CABRAL(Portugal) s’est dit très préoccupé par les tensions qui opposent actuellement le Soudan et le Soudan du Sud.  Le représentant du Portugal a demandé aux deux parties de répondre favorablement et immédiatement aux demandes du Conseil de sécurité et de l’Union africaine.  Avant de conclure, il a mis l’accent sur les dispositions de la résolution portant sur la démilitarisation et les droits de l’homme.

M. AGSHIN MEHDIYEV (Azerbaïdjan) a estimé que la résolution 2046 devrait pouvoir contribuer à la cessation des hostilités et faciliter la reprise des négociations entre le Soudan et le Soudan du Sud.  Il a pris note de « l’engagement fort et profond » du Conseil de sécurité qui souhaite que ces deux pays deviennent deux États stables et prospères, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité.  Il a souligné qu’il était essentiel que la résolution adoptée aujourd’hui soit basée sur le communiqué de l’Union africaine du 24 avril dernier et qu’elle réaffirme le ferme engagement du Conseil de sécurité vis-à-vis de l’intégrité territoriale et de l’indépendance du Soudan et du Soudan du Sud, en condamnant, a-t-il dit, les incidents répétés et les violences transfrontalières, en particulier l’« occupation » de Heglig et l’appui aux groupes armés.  Il a rappelé que l’utilisation de la force était inadmissible pour acquérir des territoires.

M. DENG ALOR KUOL, Ministre des affaires étrangères du Soudan du Sud, s’est félicité de la décision rapide du Conseil de sécurité de répondre à la demande de l’Union africaine d’approuver et de renforcer le communiqué du 24 avril de son Conseil de paix et de sécurité.  Le Ministre a affirmé que son pays s’engageait solennellement à respecter toutes les dispositions de la feuille de route établie par l’Union africaine.  Il a également assuré que son gouvernement avait ordonné le retrait de ses forces de police dans la région d’Abyei le 28 avril dernier.  Il a ajouté que le Soudan du Sud était engagé à cesser les hostilités et à reprendre les négociations sous les auspices de l’Union africaine. 

Le Ministre a dit espérer que la communauté internationale déploiera tous les efforts nécessaires pour obtenir le retrait immédiat et intégral des Forces armées soudanaises de la région d’Abyei.  Il s’est notamment félicité de l’engagement du Conseil de sécurité visant à renforcer le Groupe de mise en œuvre de haut niveau de l’Union africaine.  Il a, enfin, demandé à l’ONU et à ses États Membres de mobiliser, de façon urgente, une aide humanitaire pour les populations touchées par les bombardements aériens continus et les incursions terrestres du Soudan dans les États du nord du Soudan du Sud.

M. DAFFA-ALLA ELHAG ALI OSMAN (Soudan) a remercié les membres du Conseil de sécurité « qui ont insisté sur le fait que la résolution 2046 contient la condamnation de l’attaque de Heglig et qui l’ont décrite comme une violation de la souveraineté territoriale ».  Il a aussi salué les membres du Conseil de sécurité qui ont demandé qu’une enquête ou une mission d’établissement des faits soit menée pour évaluer les « destructions considérables causées à Heglig ».  Il a estimé que la déclaration du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine réaffirmait la confiance dans le Groupe de haut niveau pour régler les questions en suspend entre les deux pays.  Le représentant a toutefois déclaré que la paix entre son pays et le Soudan du Sud ne pourrait être obtenue que lorsque ce dernier mettra fin à tout appui aux groupes armés rebelles.  À cet égard, il a déploré le fait que la résolution adoptée aujourd’hui n’indique nullement la date à laquelle cette question devrait être réglée, contrairement aux échéances établies pour d’autres situations, a-t-il dit. 

Pour le Soudan, la résolution ne tient pas compte de l’agression continue du Soudan du Sud, a-t-il fait remarquer, en estimant que les questions de sécurité qui concernent les deux pays doivent être abordées, en priorité, lorsque les négociations commenceront.  S’agissant des États du Kordofan méridional et du Nil bleu, le représentant a fait observer que le communiqué de l’Union africaine n’avait pas demandé au Conseil de sécurité de placer ces questions sous le Chapitre VII de la Charte de l’ONU.  Le Conseil de sécurité, a-t-il souligné, devrait vérifier l’authenticité de cette affirmation.  Avant de conclure, le représentant a réaffirmé que la politique du Soudan se basait sur le respect de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale des États.

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