Conseil de sécurité: débat sur les perspectives de paix en Afghanistan à quelques jours du renouvellement du mandat de la Mission d’assistance de l’ONU dans ce pays

20 mars 2012
CS/10582

Conseil de sécurité: débat sur les perspectives de paix en Afghanistan à quelques jours du renouvellement du mandat de la Mission d’assistance de l’ONU dans ce pays

20/03/2012
Conseil de sécurité
CS/10582
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

6735e séance – matin


CONSEIL DE SÉCURITÉ: DÉBAT SUR LES PERSPECTIVES DE PAIX EN AFGHANISTAN À QUELQUES JOURS

DU RENOUVELLEMENT DU MANDAT DE LA MISSION D’ASSISTANCE DE L’ONU DANS CE PAYS


Alors qu’une décision sera prise concernant le renouvellement du mandat de la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) dans les prochains jours, le Conseil de sécurité a, ce matin, débattu des perspectives de paix et de réconciliation dans ce pays.  Dans leur ensemble, les 22 délégations intervenues ce matin au cours du débat public tenu par le Conseil sur la situation en Afghanistan, ont salué les engagements mutuels pris le 5 décembre 2011 à Bonn, par la communauté internationale et les Afghans, pour la décennie de la « Transformation » (2015-2024) qui suivra la transition au terme de laquelle, en 2014, les forces afghanes devraient être capables d’assumer les tâches relatives au maintien de la sécurité publique.  Les délégations ont aussi souligné l’importance du Processus sur la sécurité et la coopération régionales pour la paix et la stabilité en Afghanistan, lancé à Istanbul en novembre 2011, en rappelant que toutes les menaces auxquelles l’Afghanistan est confrontée sont d’ampleur régionale. 


Présentant la situation en Afghanistan, M. Jan Kubiš, Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Afghanistan, a rappelé que les récents événements, violences et tragédies qui se sont produits en Afghanistan ne doivent en aucun cas éclipser les évolutions et développements positifs que le pays a connus.  M. Kubiš s’est dit « impressionné » par la direction donnée par les Afghans au Processus d’Istanbul, dont les travaux reposent sur sept mesures de confiance, en précisant que ses récents déplacements au Turkménistan, au Pakistan, en Inde et en Iran lui ont permis de constater l’appui de ces pays au processus de paix en Afghanistan.     


Parmi les raisons d’être optimistes ont été mentionnés des contacts réguliers avec les composantes de l’insurrection et une transition sécuritaire qui est désormais une réalité pour 50% des Afghans et bientôt 80% d’entre eux, sans que l’on ne constate de dégradation de la sécurité dans les zones où ils vivent.  « Nous resterons aux côtés des Afghans tant qu’il le faudra et tant que le Gouvernement afghan nous le demandera, et c’est dans cet esprit que nous participerons au sommet de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) prévu au mois de mai prochain à Chicago et à la conférence économique sur l’Afghanistan qui va avoir lieu en juillet 2012 à Tokyo », a dit le représentant de la France.


S’agissant du retrait de la communauté internationale après la phase de transition, le représentant de la Fédération de Russie, appuyé dans ce sens par celui de la Chine, a jugé inadéquate la mise en place d’un échéancier artificiel de retrait en souhaitant que la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) respecte strictement le mandat qui lui a été confié par le Conseil de sécurité pour éliminer toute menace à la sécurité de l’Afghanistan avant tout départ de ses troupes du territoire de ce pays. 


« Nous avons besoin d’actions concertées pour isoler et déraciner le syndicat du terrorisme qui comprend des éléments d’Al-Qaida, des Taliban, des Lashkar e Toiba et d’autres groupes terroristes », a souligné le représentant de l’Inde.  Rappelant pour sa part que le Pakistan a établi plus de 1 000 postes de gardes frontière et affecté 150 000 soldats à la surveillance de sa frontière avec l’Afghanistan, le représentant du Pakistan a souhaité que la partie afghane déploie des efforts similaires.  « Nous voulons conclure la mission en Afghanistan de manière responsable en nous assurant que les autorités afghanes disposeront des moyens de prendre en charge les responsabilités qui leur incombent », a indiqué la représentante des États-Unis, qui a estimé que la contribution de la MANUA était essentielle dans l’aide apportée au peuple afghan pour qu’il prenne en charge son propre avenir.      


Illustrant d’un exemple concret la coopération au niveau régional, le représentant de l’Inde a dit que son pays s’est engagé à verser 2 milliards de dollars d’assistance pour les besoins humanitaires et de développement de l’Afghanistan après avoir supprimé en novembre 2011 les droits douaniers à l’importation de produits afghans.  Intervenant lui aussi sur la question du développement, le représentant du Canada a estimé qu’une croissance économique durable et une coopération régionale constructive sont toutes deux essentielles pour que l’Afghanistan et la région qui l’entoure connaissent un avenir sûr et prospère.


Alors que le nombre de victimes civiles a augmenté pour la cinquième année consécutive, des délégations ont souhaité le déploiement de nouveaux efforts pour réduire ce nombre, en rappelant combien ces pertes, en plus d’être une tragédie humaine, sapaient les efforts nationaux et internationaux.  De nombreuses délégations ont jugé indispensable que soit menée une lutte efficace contre le trafic de stupéfiants.  La représentante des États-Unis a, à cet égard, rappelé que l’appui international a permis de réduire la production afghane de pavot depuis 2009, grâce à des programmes d’éradication visant à substituer à cette culture celle d’autres cultures plus rentables pour la population. 


Trois pôles ont été identifiés comme étant le cœur de l’action de la MANUA au-delà de 2014: les bons offices politiques; les droits de l’homme; et la cohérence de l’aide internationale.  L’adaptation progressive de la présence de l’ONU en Afghanistan à ces missions sera le principal défi à relever en tenant compte de la mise en œuvre des réformes prévues par le processus de Kaboul, des avancées possibles dans la réconciliation interafghane, et de l’évolution du contexte régional et du dialogue politique entre les États voisins de l’Afghanistan, ont conclu des intervenants.



LA SITUATION EN AFGHANISTAN


Rapport du Secrétaire général sur la situation en Afghanistan et ses conséquences pour la paix et la sécurité internationales (S/2012/133)


Exposé liminaire


Présentant la situation en Afghanistan, M. JAN KUBIŠ, Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Afghanistan, s’est félicité que la stratégie politique prenait peu à peu le pas sur l’approche militaire, alors que la présence militaire internationale transfère progressivement la gestion de la sécurité aux Forces de sécurité afghanes.  Rappelant que ce transfert de gestion de la sécurité devra être complété en 2014, M. Kubiš a souligné les efforts continus menés par les institutions nationales, régionales et locales en matière de bonne gouvernance, de promotion de la primauté du droit et en matière de développement de services sociaux à la population.  Il a salué le soutien apporté par la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) au « Dialogue du peuple » qui a donné l’occasion à tous les Afghans de partager leur vision de la feuille de route élaborée pour le processus de paix et de réconciliation.  Le Dialogue du peuple a aussi révélé que la corruption, l’absence de justice et l’abus d’autorité sont vus par beaucoup comme les principaux problèmes auxquels fait face la population, sans oublier l’absence de perspectives pour les jeunes des zones urbaines.


Citant les récents drames qui ont frappé la population afghane, dont une série de tueries de civils afghans commis par des forces étrangères, il a appelé les Afghans à manifester de manière non violente, même quand sont commis des actes graves.  Il a exhorté les dirigeants religieux et communautaires à s’assurer que la colère des populations s’exprime de manière pacifique.  Il a dénoncé les attaques meurtrières dont ont été victimes des soldats de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS).  Il s’est particulièrement inquiété de la récente attaque des bureaux de l’ONU à Kunduz, qui ont rappelé les horribles attaques dont furent victimes les personnels humanitaires dans les bureaux de Mazar-e Charif.  Ces attaques avaient fait sept morts parmi le personnel des Nations Unies, a déploré M. Kubiš, tout en saluant la réaction rapide des forces afghanes à Kunduz, bien que ces violences aient, hélas, fait quatre morts parmi les manifestants afghans. 


M. Kubiš a rappelé que les récents événements et violences ne doivent en aucun cas éclipser les évolutions et les développements positifs que l’Afghanistan a connus.  Il a salué les objectifs fixés pour la transition entre la communauté internationale et l’Afghanistan en souhaitant que le futur sommet de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) à Chicago soit l’occasion de renforcer ces objectifs par de solides engagements.  Il a dit que la lutte contre le trafic de drogues devait être considérée comme un élément de l’approche sécuritaire, et comme un élément entrant dans le cadre du renforcement de la stabilité et de la bonne gouvernance.  Il a souhaité que le problème des déplacés internes, qui perdure depuis une décennie, bénéficie enfin de solutions durables.  Il a dit que les gains en matière de sécurité ne pourront être que renforcés par des progrès en matière de lutte contre le trafic de drogues et l’apport de bonnes réponses aux problèmes que posent les réfugiés et personnes déplacées. 


Le Représentant spécial du Secrétaire général a salué la tenue, l’année dernière, de la Conférence de Bonn, qui s’est traduite par un engagement pour un partenariat politique entre la communauté internationale et l’Afghanistan au cours de la décennie de transformation 2014-2024.  Il a dit que le défi qui se pose actuellement est celui de traduire les engagements politiques en financements prévisibles en faveur de la mise en œuvre des programmes nationaux prioritaires et de la définition d’un mécanisme de suivi des responsabilités mutuelles liant le Gouvernement afghan à ses partenaires internationaux au cours de la décennie 2014-2024.  


Le Représentant spécial du Secrétaire général a mis l’accent sur la valeur ajoutée de la MANUA en matière de droits de l’homme.  Il a précisé qu’une étude de la MANUA a montré que le nombre des victimes civiles avait augmenté pour la cinquième année consécutive en 2011.  Il a précisé que les attaques des insurgés et l’utilisation des engins explosifs improvisés étaient responsables de la majorité de ces victimes.  Il a jugé inacceptable cette situation en exhortant les forces antigouvernementales à respecter leur engagement de ne pas utiliser des mines antipersonnel.


M. Kubiš s’est félicité de l’amélioration des conditions de détention des prisonniers.  Mais il s’est particulièrement inquiété de la persistance des violences commises contre les femmes et les filles dans tout le pays.  Il a appelé à la mise en œuvre de lois qui érigent en infraction la violence à l’égard des femmes.  Il a jugé indispensable que la réduction du nombre de pertes civiles soit la première préoccupation de la communauté internationale en Afghanistan.


Il a ajouté que la promotion de la coopération régionale était critique pour parvenir à une stabilité, une sécurité et un développement durables à la fois en Afghanistan et dans toute la région qui l’entoure.  Il s’est félicité de l’évolution positive de l’activité diplomatique dans la région, comme en atteste la tenue du récent sommet trilatéral entre les dirigeants afghans, pakistanais et iraniens à Islamabad et d’autres efforts.  M. Kubiš s’est dit « impressionné » par la direction donnée par les Afghans au processus régional d’Istanbul, dont les travaux reposent sur sept mesures de confiance.  Mes récents déplacements au Turkménistan, au Pakistan, en Inde et en Iran m’ont permis d’entendre les préoccupations de ces pays et de constater leur appui au processus de paix en Afghanistan, a ajouté M. Kubiš, avant de saluer le travail de la MANUA et des 28 autres organismes engagés en Afghanistan.


Déclarations


M. ZAHIR TANIN (Afghanistan) a déclaré que son pays se trouve actuellement à un moment crucial de son histoire, avec la culmination des efforts menés au cours des 10 dernières années à la fois par l’Afghanistan et par les pays impliqués dans son processus de stabilisation.  Le processus de transition, qui a commencé il y a un an avec le transfert de responsabilités aux Forces de sécurité afghanes, se poursuit, a-t-il dit.  Il a précisé qu’à l’issue de la troisième phase, qui sera bientôt lancée, la majorité du territoire afghan sera sous le contrôle sécuritaire de Forces nationales afghanes.  Puis, d’ici à 2014, l’Afghanistan assumera la pleine responsabilité de sa propre sécurité et de sa gouvernance, a précisé M. Tanin.


Pour réussir cette transition, il faudra renouveler les partenariats entre l’Afghanistan et la communauté internationale, a poursuivi le représentant.  M. Tanin a souligné la nécessité de poursuivre le soutien militaire, politique et financier apporté à l’Afghanistan au cours de la période de transition et de la décennie 2015-2024 qui devrait marquer une transformation du pays, comme cela a été prévu à Bonn par les autorités de l’Afghanistan et par leurs partenaires de la communauté internationale au mois de décembre dernier.  Sur le long terme, a-t-il ajouté, il faudra que l’Afghanistan puisse compter sur des partenariats stratégiques durables.  « À cet égard, les États-Unis et mon pays œuvrent ensemble en vue de finaliser un accord de partenariat stratégique.  Ils ont signé le 9 mars un mémorandum d’accord portant sur le transfert du contrôle du centre de détention de Parwan aux autorités afghanes », a indiqué M. Tanin.


Le représentant a rappelé que la transition ne pourra se faire que si le processus de paix et de réconciliation se poursuit avec succès.  Il a apprécié, à cet égard, le nouvel élan donné aux pourparlers par l’ouverture d’un bureau des Taliban au Qatar.  Il a aussi indiqué que près de 3 500 éléments antigouvernementaux se sont inscrits pour participer au Programme afghan pour la paix et la réintégration.  Nous allons aussi continuer à travailler avec tous les partenaires régionaux et internationaux, comme les Nations Unies, les États-Unis, la Turquie, l’Arabie saoudite et le Pakistan, a indiqué M. Tanin.


Les Afghans sont bien conscients des difficultés à franchir sur la voie de la transition, mais les souvenirs amers de la guerre ne font que renforcer leur détermination à travailler ensemble en vue d’un avenir pacifique, a poursuivi M. Tanin.  Il a dénoncé le meurtre brutal de 16 civils innocents récemment commis par un soldat de la coalition internationale dans le district de Panjwayi, le feu mis à une pile d’exemplaires du saint Coran au nord de Kaboul, ainsi que d’autres atrocités du même genre, qui pourraient saper la confiance du peuple afghan envers les forces étrangères.  Il est nécessaire de mettre fin à ces incidents et d’en traduire en justice les responsables, a demandé M. Tanin.


Le représentant a ensuite exprimé sa reconnaissance aux Nations Unies qui ont soutenu les efforts du Gouvernement afghan.  Il a appuyé les conclusions émises par le Secrétaire général dans son rapport sur la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA), selon lesquelles la Mission devrait continuer à soutenir le processus politique dirigé par les Afghans eux-mêmes et le renforcement des capacités des institutions afghanes.  Il a pris note avec satisfaction de l’accent qui est mis sur les droits de l’homme pour tous les Afghans et de l’importance cruciale qui est accordée au programme de développement du pays.  Il a enfin appelé le Conseil de sécurité à adopter une vision stratégique sur le long terme pour déterminer le rôle politique des Nations Unies en Afghanistan, ainsi que pour mieux coordonner l’assistance pendant la période de transition. 


M. PETER WITTIG (Allemagne) a dit que les engagements mutuels fermes pris en faveur du processus de paix et la réalisation des objectifs fixés à l’horizon 2024 exigent que des pas concrets soient accomplis en accord avec les termes du suivi du processus d’examen de la Conférence de Bonn.  Le représentant a estimé que la viabilité fiscale de l’Afghanistan devait être au cœur des efforts conjoints déployés par la communauté internationale en Afghanistan.  Il a indiqué que l’Allemagne estime qu’une politique qui favoriserait la croissance en Afghanistan devait être la priorité des priorités.  Il s’est ensuite félicité de la qualité de l’examen interorganisations qui a permis de prendre en compte des préoccupations des Afghans en mettant l’accent sur l’importance d’assurer l’appropriation, par les dirigeants afghans, des différents programmes et processus mis en place pour résoudre les problèmes du pays.  Le représentant a souhaité que l’aide internationale à l’Afghanistan mette l’accent sur le renforcement du rôle des institutions afghanes.  Il a dit que le nouveau mandat de la Mission d’assistance des Nations Unies en l’Afghanistan représente une étape essentielle des relations entre l’Afghanistan et la communauté internationale.  Ce mandat tient compte des capacités des institutions afghanes et des avantages comparatifs dont bénéficient les Nations Unies, a-t-il indiqué.  


M. JOÃO MARIA CABRAL (Portugal) a exprimé l’accord de sa délégation avec les propositions essentielles concernant le renouvellement du mandat de la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan.  Les institutions afghanes sont sur la bonne voie pour accomplir le processus de transition, a-t-il estimé, expliquant que le renouvellement du mandat de la Mission devrait permettre d’atteindre l’équilibre nécessaire à cette transition.  Il a apprécié qu’une part importante du processus de transition soit basée sur le renforcement de l’état de droit et des droits de l’homme.  Il a, dès lors, exprimé la satisfaction du Portugal envers le renouvellement du mandat de la MANUA qui met l’accent sur le respect des droits de l’homme, en particulier au profit des femmes et des filles.


Les forces internationales et l’aide internationale font face à un environnement qui se dégrade en Afghanistan, a ensuite regretté le représentant qui a cité certains évènements récents qui auraient pu, à son avis, être évités.  Dans ces circonstances, il a souligné l’importance des sommets et conférences sur l’Afghanistan à venir, qui se tiendront à Chicago, en Suisse et à Tokyo.  Le Portugal, en tant que partenaire de l’Afghanistan, fait son possible pour que ces différents évènements soient couronnés de succès, a-t-il assuré.  Un large consensus en Afghanistan est essentiel pour assurer la viabilité du processus de transition, a-t-il enfin souligné, avant d’apporter l’appui de sa délégation au « mandat ambitieux » de la MANUA que le Conseil de sécurité devrait approuver aujourd’hui.


M. GERT ROSENTHAL (Guatemala) s’est dit très préoccupé par la persistance de problèmes sécuritaires en Afghanistan, et a regretté la fréquence d’incidents violents qui causent de nombreuses victimes civiles.  Il a exhorté la communauté internationale à tout mettre en œuvre afin que puisse se poursuivre le transfert progressif au Gouvernement afghan de la gestion de la sécurité.  Il s’est félicité du succès de la Conférence de Bonn, qui a eu lieu l’an dernier et a été l’occasion de confirmer les engagements pris en faveur de l’Afghanistan lors des Conférences de Londres et de Kaboul.  Le représentant guatémaltèque a souligné l’importance des prochaines conférences internationales de Tokyo et de Kaboul sur la situation qui prévaut au niveau régional autour de l’Afghanistan.  « Il faut veiller de près au problème transnational que représente le trafic de stupéfiants », a-t-il ajouté.  S’agissant de l’évolution du mandat de la MANUA, il a indiqué que sa délégation soutenait les recommandations faites par l’équipe de suivi du mandat, qui comprennent notamment la reconnaissance de l’ONU en tant que « facilitateur plutôt qu’exécuteur » de fonctions en Afghanistan.  Parlant des droits de l’homme, il a dit que malgré certaines avancées dans ce domaine, il était indispensable que des progrès supplémentaires soient faits concernant la protection des droits des femmes, des fillettes et des enfants.  Le représentant a dit que sa délégation attendait avec impatience l’évaluation qui doit être menée par le Représentant spécial du Secrétaire général, conformément au paragraphe 76 du rapport sur la présence future de la MANUA en Afghanistan au niveau local.


M. BASO SANGQU (Afrique du Sud) a souligné les progrès en matière sécuritaire accomplis en Afghanistan, ainsi que les avancées effectuées dans les efforts de réconciliation et d’intégration et dans le processus national et régional pour renforcer la paix en Afghanistan.  Malgré cela, des défis persistent pour parvenir à la stabilité et au développement, a cependant noté le représentant.  Pour les affronter, il a préconisé une stratégie englobant la sécurité, les efforts humanitaires, la bonne gouvernance et le développement socioéconomique.  À cet égard, la MANUA a un rôle à jouer en appuyant le Gouvernement afghan et en coordonnant l’assistance internationale au pays, a estimé M. Sangqu.  Il a souligné qu’il n’y a pas de solution militaire au conflit afghan.  Il a ainsi salué l’initiative du Gouvernement afghan d’engager des discussions avec l’opposition armée afin que celle-ci abandonne la voie des armes.  À cet effet, il a aussi souligné l’importance du programme de réinsertion et de paix qui a permis la réintégration de milliers d’anciens combattants. 


La sécurité au niveau national continue de s’améliorer grâce aux efforts régionaux, a ensuite constaté le représentant sud-africain.  Il a salué la coopération entre l’Afghanistan et ses voisins, mais a déploré les récents événements impliquant des militaires de la FIAS, tout en estimant que les autorités de la Force d’assistance et des pays de l’OTAN doivent faire des efforts pour atténuer les effets des incidents et des événements qui ont affecté récemment les Afghans, et qu’ils doivent aussi tout faire pour respecter l’héritage culturel et religieux de la population.  Le représentant a estimé qu’en dépit de la situation financière internationale actuelle, la communauté internationale doit continuer à soutenir l’Afghanistan conformément aux engagements pris à la Conférence de Bonn.  Les conférences de Tokyo et le sommet de l’OTAN de Chicago devraient être des occasions pour renouveler ces engagements.  L’Afrique du Sud appuie la recommandation du Secrétaire général de proroger de 12 mois le mandat de la MANUA en Afghanistan, a conclu M. Sangqu.


M. RAZA BASHIR TARAR (Pakistan) a souhaité que les efforts menés par les Afghans s’intensifient afin de consolider les institutions du pays et d’assurer une bonne transition dans tous les secteurs.  Il a aussi souhaité que la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan continue à mener des actions qui s’alignent sur les grandes lignes du processus de transition.  Le Conseil de sécurité doit donner à la Mission la capacité d’atteindre ses objectifs avec un mandat clair, a-t-il dit.  « La MANUA ne devrait pas être utilisée pour imposer des concepts et des valeurs étrangères à l’Afghanistan et à son peuple », a-t-il souligné, suggérant d’accorder une attention plus grande aux aspirations des Afghans.  Le Pakistan s’est engagé à respecter la paix et la stabilité en Afghanistan.  Les ministres des affaires étrangères des deux pays ont récemment exprimé leur désir d’établir une relation bilatérale forte, a indiqué le représentant.  Nous avons pour objectif de doubler notre aide bilatérale à l’Afghanistan, a-t-il également annoncé.  Nous avons aussi discuté de projets économiques transrégionaux et nous poursuivons les programmes de bourses universitaires pour les étudiants afghans, a-t-il ajouté.


En ce qui concerne la sécurité en Afghanistan, l’interdiction de certains mouvements transfrontaliers est essentielle, a-t-il poursuivi, indiquant que son pays a établi plus de 1 000 postes de gardes frontière.  Il a estimé que la question de la sécurité ne peut pas être résolue par les seules actions militaires menées en Afghanistan.  Le représentant a aussi insisté sur la nécessité d’un processus de réconciliation qui soit dirigé par les Afghans eux-mêmes.  Il a lancé un appel aux dirigeants des Taliban et à tous les groupes présents en Afghanistan afin qu’ils participent au processus afghan de réconciliation nationale et de paix.  Le Pakistan est prêt à soutenir ce processus, a-t-il assuré, appelant aussi la communauté internationale à le faire.  Il a enfin soulevé le problème « majeur » que pose le trafic de drogues en Afghanistan et a évoqué la nécessité d’éliminer totalement la culture du pavot en Afghanistan.  Le représentant a ensuite demandé à la communauté internationale d’accorder davantage d’attention à la question posée par le nombre très élevé de réfugiés afghans qui se trouvent en Iran et au Pakistan.


M. HARDEEP SINGH PURI(Inde) a souligné que les progrès sécuritaires restent fragiles et minces en Afghanistan.  La violence terroriste ne donne aucun signe de repli, et les violences contre les civils ont atteint un pic en 2011, a déploré M. Puri.  Le terrorisme trouve des supporters et se nourrit notamment de dangereuses idéologies.  « Nous avons besoin d’actions concertées pour isoler et déraciner le syndicat du terrorisme qui comprend des éléments d’Al-Qaida, des Taliban, des Lashkar e Toiba et d’autres groupes terroristes », a dit le représentant de l’Inde. 


Mais, a-t-il reconnu, l’Afghanistan continue d’avancer avec le processus de transition. « Nous devons désormais tenir compte des conditions sur le terrain et de la capacité des Forces de sécurité de l’Afghanistan à préserver la souveraineté, l’indépendance, l’unité et l’intégrité territoriales du pays », a-t-il déclaré.  S’agissant des différents sommets internationaux consacrés à ce pays, ils montrent, selon le représentant, un engagement sans faille de la communauté internationale sur le long terme pour le développement, la paix et la stabilité à long terme de l’Afghanistan.  Dans ce contexte, l’Inde apprécie la révision du mandat de la MANUA, a-t-il souligné.  Pour ce qui concerne le point de vue de l’Inde en particulier, M. Puri a fait savoir que son pays s’est engagé à verser 2 milliards de dollars pour l’assistance humanitaire et pour le développement de l’Afghanistan.  L’Inde a aussi signé un large partenariat stratégique avec ce pays en octobre 2011 qui va au-delà de 2014.  En novembre 2011, les barrières douanières ont été éliminées concernant les importations indiennes de produits provenant de l’Afghanistan et, en décembre 2011, un consortium de sept sociétés publiques et privées indiennes a obtenu l’exploitation des trois blocs de gisements d’or de Hajigak par appels d’offre, a indiqué M. Puri.  Le représentant a estimé que cette coopération ne devrait pas rester au niveau des deux Gouvernements indien et afghan, mais qu’elle devrait aussi impliquer la société civile, le monde des affaires et d’autres acteurs.  « Nous sommes prêts à faire des investissements à long terme en Afghanistan comme nous l’avons déjà fait à Hajigak », a conclu M. Puri.


M. NÉSTOR OSORIO (Colombie) a jugé important d’accroître la capacité et le professionnalisme des Forces de sécurité et de police afghanes et, à cette fin, d’augmenter la contribution à leur formation de la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS) et de l’OTAN.  Nous devons œuvrer en vue de parvenir à une pleine responsabilité afghane en matière de sécurité, en suivant le calendrier prévu jusqu’en 2014, a-t-il dit.  La confiance dans les institutions de l’État et la prospérité sont cruciales pour le renforcement de la stabilité, a-t-il aussi reconnu.  En ce qui concerne la violence, qui continue d’affecter le peuple afghan, il a appelé les parties à respecter leurs obligations en droit humanitaire et en matière de droits de l'homme.  M. Osorio a espéré que les difficultés récentes pourraient être surmontées et que les Taliban renonceraient au terrorisme.


Le représentant s’est prononcé en faveur du renouvellement du mandat de la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan, se disant aussi favorable à « une ONU unie dans l’action ».  Les Nations Unies doivent continuer à jouer un rôle central de coordination, en lien avec les autorités nationales, afin d’éviter tout double emploi, a-t-il aussi préconisé.  M. Osorio a par ailleurs salué les initiatives régionales qui ont pour but de résoudre les différents problèmes humanitaires et de sécurité qui touchent l’Afghanistan.


M. KODJO MENAN (Togo) s’est réjoui de l’amélioration de l’image de la police afghane auprès du public, notamment en raison de la plus grande place réservée aux femmes.  Il s’est dit aussi ravi que les autorités afghanes s’emploient à étendre leur autorité à l’ensemble du pays dans le contexte de la bonne gouvernance.  M. Menan a ensuite relevé les avancées accomplies dans la lutte contre la corruption grâce à la création d’un Comité de suivi et d’évaluation composé de représentants nationaux et internationaux.  Il a noté que ces « évolutions encourageantes » ont été possibles grâce à un contexte régional favorable caractérisé par une bonne coordination des actions en faveur de la paix et de la stabilité.  Pour cela, le Togo, a dit son représentant, espère que la conférence ministérielle prévue à Kaboul en juin prochain débouchera sur des conclusions susceptibles d’assurer une meilleure cohérence au sein des mécanismes régionaux existants.  Le Togo compte aussi sur le sommet de l’OTAN et la conférence de Tokyo prévus respectivement en mai et en juin, en termes de concrétisation des engagements mutuels définis à Bonn en décembre 2011, a dit le représentant. 


M. Menan a ajouté que le processus de paix en Afghanistan reste néanmoins confronté à de nombreux obstacles et défis, dont notamment la résolution de la question sécuritaire, le pays faisant face à des actes de terreur.  Les derniers événements malheureux survenus en Afghanistan, qui sont imputés à des militaires de la Force internationale d’assistance à la sécurité ne sont pas de nature à calmer l’hostilité ostensible de certains groupes organisés contre la présence internationale, notamment les Taliban, a rappelé M. Menan.  Il s’avère important qu’un dialogue franc et constructif s’instaure entre le Gouvernement et les représentants de ces groupes pour ramener la confiance afin de parachever l’œuvre entreprise, a préconisé le représentant.  Il a conclu son propos en déclarant que la lutte contre le terrorisme et les stupéfiants demeure un grand défi à relever sur le chantier de la pacification du pays, et que pour parvenir à son succès, l’Afghanistan a besoin de la collaboration de tous les pays voisins.  De ce qui précède, le Togo appelle le Conseil à proroger le mandat de la MANUA pour 12 mois supplémentaires « le moment venu », a dit M. Menan.


M. GÉRARD ARAUD (France) a salué les engagements mutuels pris à Bonn pour la décennie dite de la « Transformation » (2015-2024) qui suivra la transition en cours en Afghanistan, de même que le Processus d’Istanbul lancé en novembre 2011.  Il a souscrit aux trois pôles identifiés comme étant le cœur de l’action de la MANUA au-delà de 2014: les bons offices politiques, les droits de l’homme, et notamment les droits des femmes qu’il convient de garder en haut de l’agenda; et la cohérence de l’aide internationale.  L’adaptation progressive de la présence de l’ONU à ces missions sera le principal défi à relever en tenant compte de la mise en œuvre des réformes prévues par le processus de Kaboul, les avancées possibles dans la réconciliation interafghane, et l’évolution du contexte régional et du dialogue politique entre les États voisins, a indiqué M. Araud.


Malgré la volatilité de la situation sécuritaire en Afghanistan, M. Araud a cité des raisons d’être optimistes.  Il a mentionné les contacts réguliers avec les composantes de l’insurrection et une transition sécuritaire qui est désormais une réalité pour 50% des Afghans et bientôt 80%, sans dégradation de la sécurité dans les zones concernées.  Il a aussi cité la tenue à Vienne de la troisième Réunion ministérielle du Pacte de Paris, alors qu’une dynamique régionale a été lancée sur les questions de sécurité lors de la Conférence d’Istanbul du 2 novembre 2011.


Nous resterons aux côté des Afghans, tant qu’il le faudra et que le Gouvernement afghan nous le demandera, et c’est dans cet esprit que nous participerons au sommet de l’OTAN en mai 2012 à Chicago et à la conférence économique qui se tiendra en juillet 2012 à Tokyo, a dit M. Araud.  Il a indiqué que l’engagement de la France aux côtés des Afghans sera encadré par le traité d’amitié et de coopération signé par le Président Karzai et le Président de la France, à Paris, le 27 janvier.  Le succès de la « Transformation » dépend largement de la réussite de la MANUA, a-t-il insisté, en se disant convaincu que l’ONU et la MANUA, en particulier, auront un rôle majeur à jouer en Afghanistan dans les années à venir.


M. MOHAMMED LOULICHKI (Maroc) a noté avec satisfaction que des milliers de combattants ont quitté la lutte armée en Afghanistan, tout en reconnaissant que la situation sécuritaire reste une source de préoccupation.  Il s’est réjoui que plus de la moitié de la population afghane vive désormais dans des zones où la sécurité est assurée par les forces afghanes.  En outre, il a salué le rôle de la Force internationale d’assistance à la sécurité qui permet de consolider les efforts accomplis en matière de sécurité.  Le représentant marocain a assuré que son pays appuie le Gouvernement afghan au cours de la période de transition qui va jusqu’en 2014 et qui verra à terme les autorités afghanes exercer leur autorité souveraine sur tout le territoire national.


M. Loulichki a soulevé un certain nombre de problèmes qu’il reste à régler, comme la lutte contre le trafic de drogues, le terrorisme et la situation des réfugiés, espérant à cet égard qu’il y aurait un rapatriement volontaire des réfugiés afin qu’ils regagnent leur pays.  Enfin, il a dit attendre avec intérêt la conférence internationale de Tokyo, prévue en juillet prochain, qui devra renforcer l’engagement de la communauté internationale en faveur de la stabilité et d’un environnement économique durable en Afghanistan.  Il a aussi exprimé l’appui de sa délégation à la prorogation du mandat de la MANUA pour 12 mois.


M. Agshin Mehdiyev (Azerbaïdjan) a noté que, malgré les développements positifs de ces derniers mois, le rapport du Secrétaire général témoignait de la nécessité d’accroître les efforts déployés en Afghanistan, y compris par le biais d’une présence continue de l’ONU, afin de faire face aux nombreux défis qui demeurent dans le pays en matière de sécurité ou s’agissant de la situation économique et humanitaire.  Il a émis l’espoir qu’un renouvellement du mandat de la MANUA sur la base de la pleine reconnaissance de la souveraineté de l’Afghanistan et des progrès réalisés au cours de ces dernières années puisse assurer un travail plus coordonné, plus cohérent et plus efficace des Nations Unies en Afghanistan.  Il s’est, par ailleurs, dit satisfait des développements politiques positifs enregistrés, notamment dans la mise en œuvre du Programme afghan pour la paix et la réintégration. 


En ce qui concerne les efforts internationaux destinés à renforcer la sécurité, la stabilité et la prospérité du pays, le représentant a expliqué que l’Azerbaïdjan avait rejoint la Force internationale d’assistance à la sécurité dès ses prémices et avait ensuite considérablement accru sa contribution militaire.  Il a également noté qu’aujourd’hui 35% des cargaisons non létales destinées à la force sous commandement de l’OTAN transitaient par l’Azerbaïdjan.  M. Mehdiyev a encore noté que son gouvernement élargissait aussi son engagement à travers un certain nombre de projets axés sur la formation du personnel militaire afghan, sur la lutte contre le terrorisme, sur la surveillance des frontières et sur la promotion de l’état de droit ou de la bonne gouvernance.  Il a ensuite réaffirmé que la reconstruction des capacités des institutions devait demeurer au cœur de l’assistance internationale en Afghanistan.


M. LI BAODONG (Chine) a salué les objectifs agréés à Bonn en décembre dernier pour la mise en œuvre d’une décennie afghane de la transformation au cours de la période 2014-2024.  Il s’est félicité des résultats positifs obtenus en matière de reconstruction nationale et de la mise en œuvre de programmes de paix et de réintégration.  La consolidation de la paix ne saurait être atteinte sans l’appui de la communauté internationale, a insisté le représentant.  Il a souligné la nécessité de respecter la souveraineté et l’intégrité nationales et territoriales de l’Afghanistan.  Il a espéré que les plans de retrait de l’Afghanistan tiendront compte des réalités de la situation prévalant sur le terrain.  Il a demandé que l’on veille de plus près à la reconstruction économique de l’Afghanistan en souhaitant un plus grand soutien aux programmes nationaux prioritaires, afin de promouvoir un développement durable.  En tant que voisine et amie de l’Afghanistan, la Chine continuera à apporter son assistance à la reconstruction de ce pays aux cotés de la communauté internationale dans l’objectif d’une paix durable, a souligné le représentant. 


M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a noté les efforts entrepris par les Afghans pour donner à leur pays une base démocratique et pour assurer son développement économique, en le protégeant contre toute menace terroriste et contre le trafic de stupéfiants.  Malgré tout cela, la situation en Afghanistan n’est toujours pas stable, a-t-il regretté, se disant préoccupé par le redoublement de violence de la part d’Al-Qaida et des Taliban.  Il a aussi noté les incidents liés à la présence de militaires étrangers « qui ont jeté de l’huile sur le feu » en commettant des actes répréhensibles.  Il a rappelé que les contingents de la Force internationale d’assistance à la sécurité doivent remplir le mandat qui leur a été donné par le Conseil de sécurité.  Il a demandé à cet égard que soit présenté devant le Conseil de sécurité un rapport final, avant le retrait de ces forces.


Le représentant de la Fédération de Russie a invité le Conseil à adopter une approche très prudente pour le processus de transition, rappelant qu’il doit être dirigé par le Gouvernement afghan.  Il s’est dit préoccupé par la production et le trafic de drogues, qui menacent directement la paix et la stabilité internationales.  Nous ne pouvons lutter contre cette menace que tous ensemble, a-t-il souligné, appelant à détruire les cultures et les infrastructures de la drogue.  Ceci, a-t-il estimé, doit être une priorité absolue de la FIAS.  M. Churkin a jugé « inacceptables » les actes de violence commis contre les civils et les infrastructures de l’Afghanistan.  Il s’est étonné que le rapport du Secrétaire général laisse pratiquement de côté la menace terroriste et ne mentionne pas une seule fois Al-Qaida.  Il a demandé que soit fournie au Conseil une analyse objective de la situation dans le pays.  Enfin, il a assuré que la Fédération de Russie est prête à apporter son aide à la construction d’infrastructures afghanes, notamment dans le domaine pétrolier.


Mme ROSEMARY A. DICARLO (États-Unis) a salué les progrès des autorités afghanes en précisant que 50% de la population afghane vivent dans des zones où la gestion de la sécurité est en train d’être transférée aux forces nationales.  Elle s’est félicitée des succès diplomatiques obtenus à l’issue des Conférences d’Istanbul et de Bonn qui ont été l’occasion pour la communauté internationale de s’engager à appuyer le processus de réconciliation en Afghanistan.  Elle a parlé de l’importance qu’auront le futur sommet de l’OTAN de Chicago, qui s’ouvrira le 20 mai prochain, et la conférence de Tokyo sur l’Afghanistan, prévue au mois de juin.  Ces deux rencontres seront déterminantes pour appuyer les objectifs de la communauté internationale en Afghanistan.  « Nous voulons conclure la mission en Afghanistan de manière responsable en nous assurant que les autorités afghanes disposeront des moyens de prendre en charge leurs responsabilités », a dit la représentante. 


Elle a mis l’accent sur le problème du trafic de stupéfiants, en rappelant que la discussion tenue à Vienne en février 2012 a permis de débattre du contrôle des flux d’opiacés en provenance de l’Afghanistan.  Le problème est extrêmement compliqué et empêche la population de mener une vie normale, a-t-elle reconnu en évoquant la responsabilité de la communauté internationale, qui doit libérer les populations afghanes de leur dépendance à ce trafic.  Elle a rappelé que l’appui international a permis de réduire la production de pavot depuis 2009 avec des programmes d’éradication visant à substituer cette culture par celle d’autres cultures rentables pour la population.  Cet effort s’est étendu à ce jour à 18 provinces afghanes, a précisé la représentante.  Elle a dit que le rétablissement de la sécurité et la lutte contre le trafic de stupéfiants ne sont que deux obstacles sur la voie de la construction d’une économie forte.  Elle a déclaré le soutien des États-Unis au renouvellement du mandat de la MANUA, en ajoutant qu’il ne faisait aucun doute que la contribution de la MANUA est essentielle pour aider le peuple afghan à prendre en charge son avenir.      


M. MARK LYALL GRANT (Royaume-Uni) a souhaité que, lors du prochain sommet de l’OTAN, qui se tiendra à Chicago au mois de mai, un accord soit trouvé sur un plan de financement à long terme des Forces de sécurité afghanes.  La communauté internationale doit aussi accompagner le peuple afghan dans son développement économique en veillant à la fourniture de services de base en Afghanistan, a-t-il ajouté.  Ceci fera l’objet des discussions qui auront lieu lors de la prochaine conférence de suivi de la Conférence de Bonn, qui se tiendra à Tokyo en juillet 2012.  Il a aussi espéré que les discussions prévues à Kaboul en juin prochain feront avancer la question de la stabilité.


Le Royaume-Uni se félicite de l’appui que fournit la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan au processus de transition, a poursuivi M. Lyall Grant.  Il s’est félicité des efforts dirigés par les Afghans et menés en vue du renforcement du processus politique et de la création d’un bureau des Taliban au Qatar en vue de la réconciliation.  La MANUA a encore un rôle crucial à jouer pendant et après le processus de transition, a-t-il dit, avant d’appuyer une présence ferme de la Mission en Afghanistan.  Le moment est venu pour la communauté internationale d’honorer les engagements qu’elle a pris lors de la Conférence de Bonn, a-t-il dit.


M. GUILLERMO E. RISHCHYNSKI (Canada) a dit que la Canada continuait à investir dans l’avenir des jeunes afghans par l’intermédiaire de programmes de développement dans le domaine de la santé et de l’éducation, de la sécurité et de la primauté du droit.  Le représentant du Canada a estimé qu’une croissance économique durable et une coopération régionale constructive sont toutes deux essentielles pour que l’Afghanistan et sa région connaissent un avenir sûr et prospère.  Il a ajouté que cette croissance économique ne pourra se poursuivre que si l’Afghanistan déploie des efforts concertés afin de créer un environnement propice aux affaires et prendre des mesures visant à renforcer une gouvernance économique efficace et transparente.  Il a ajouté qu’un des éléments importants des efforts visant à instaurer une paix durable en Afghanistan réside encore dans la poursuite d’un processus de réconciliation mené par les Afghans eux-mêmes.  Les résultats de ce processus devront être conformes aux principes confirmés à la Conférence de Bonn, a-t-il dit.  Il a plaidé pour la tenue d’un dialogue national sur la paix ouvert à tous, et qui favorise la participation de la société civile afghane, notamment des femmes, afin de déterminer la forme que prendra un Afghanistan pacifique et stable.   


M. THOMAS MAYR-HARTING, Chef de la délégation de l’Union européenne, a rappelé que la Conférence de Bonn, tenue en 2011, avait confirmé l’engagement à long terme de la communauté internationale en Afghanistan, et ce, au-delà de la transition, par le biais de la « Décennie de la transformation » qui couvrira la période allant de 2015 à 2024.  Il a aussi rappelé que les engagements définis à Bonn avaient été bilatéraux et a estimé que, si la communauté internationale voulait être prête pour le sommet de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) prévu à Chicago en mai prochain, et pour la Conférence internationale sur l’Afghanistan, prévue à Tokyo, en juillet, elle devait s’assurer que ces engagements soient rapidement mis en œuvre.  Il a ensuite salué les avancées qui sont produites dans le secteur de la sécurité.  La deuxième phase de la transition progresse bien, a-t-il noté. 


S’agissant de la MANUA, M. Mayr-Harting a souligné combien ses bons offices -y compris ses efforts en faveur du processus de paix et de la réconciliation nationale, ainsi qu’en faveur de la promotion des droits de l’homme et de la coopération régionale- demeurent des pierres angulaires de l’action internationale en Afghanistan.  M. Mayr-Harting a notamment mis l’accent sur le soutien qu’apporte la Mission au Gouvernement afghan dans la coordination et la gestion de l’assistance internationale.  À cet égard, il a plaidé pour que cette assistance soit menée de manière encore plus cohérente avec les actions menées par les programmes prioritaires nationaux identifiés par le Gouvernement afghan.  Le représentant de l’Union européenne a, d’autre part, noté combien une implication continue de l’ONU dans le processus de réforme électorale afghan pourra contribuer au renforcement du rôle des institutions afghanes et du Gouvernement du pays, rappelant que l’amélioration et le renforcement du système électoral demeuraient au cœur du processus menant vers la démocratie en Afghanistan. 


En conclusion, M. Mayr-Harting a rappelé qu’une paix ne saurait être durable que si elle est inclusive, tient compte de l’égalité des sexes, représente les différents statuts sociaux et implique aussi en son cadre la société civile.  À cet égard, il a souligné que l’Union européenne demeurait attentive à la pleine mise en œuvre de la résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité, ainsi qu’à celle de toutes les résolutions du Conseil ayant trait aux femmes, à la paix et à la sécurité.   


M. DAMIAN WHITE (Australie) s’est réjoui que plus de la moitié de la population afghane vive désormais dans des provinces ou des districts passés dans la phase de transition, c’est-à-dire sous la sécurité qu’assument les forces et les autorités afghanes.  L’Australie soutient l’objectif d’un pays dirigé par les Afghans et encourage le Conseil de sécurité à faire passer clairement ce message en renouvelant le mandat de la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan, a souligné le représentant.  Il a apporté l’appui de son pays au rôle que joue la MANUA, en particulier dans le renforcement des capacités électorales en Afghanistan, insistant sur l’importance de la séparation des pouvoirs et de la promotion et du respect de l’état de droit.  Il a invité la communauté internationale à soutenir l’Afghanistan dans ses préparatifs en vue d’élections présidentielle et parlementaire en 2014 et en 2015, comme le fait déjà son propre pays, l’Australie.


Sans un soutien constructif et solide de la part de ses voisins et de ses partenaires régionaux, les perspectives d’un avenir stable pour l’Afghanistan sont très diminuées, a-t-il poursuivi.  Il s’est félicité à cet égard du Processus d’Istanbul qui permet de renforcer les liens économiques en Asie centrale.  L’Australie est en passe d’établir un partenariat bilatéral avec l’Afghanistan bien au-delà de 2014, a-t-il annoncé.  Il a aussi indiqué que son pays contribue au programme de développement de l’Afghanistan à hauteur de 165 millions de dollars pour 2011 et 2012, notamment pour renforcer la capacité du Gouvernement afghan à fournir les services essentiels à sa population.


M. TSUNEO NISHIDA (Japon) a souligné l’importance du rôle de la MANUA en Afghanistan.  Il s’est ensuite dit « choqué » par les récents incidents impliquant des militaires de la FIAS.  « Ceci ne doit plus se répéter et nous devons arrêter le cycle de la violence », a-t-il dit.  Il appartient aux Afghans et aux partenaires internationaux d’affronter ensemble les défis, d’améliorer la sécurité et de consolider le processus politique conduit par les Afghans eux-mêmes, a dit M. Nishida.  À cet effet, le Japon poursuit son assistance à l’Afghanistan, notamment en matière de sécurité, a-t-il indiqué, en précisant que le Japon a donné des formations de renforcement de capacité à la police afghane et appuie le processus de réintégration des anciens combattants.  Au mois de février dernier, le Japon a octroyé une assistance de 585 millions de dollars à l’Afghanistan, dont 231 millions pour la police et 5 millions pour promouvoir la réintégration. 


Le Japon va organiser, avec l’Afghanistan, le prochain sommet international sur l’Afghanistan au mois de juin.  Il compte faire de cette conférence une réussite, a déclaré M. Nishida.  Ce sera une occasion de jeter les bases du développement économique durable de l’Afghanistan après la période de transition, a poursuivi le représentant japonais.  Il appartient aussi aux Afghans de faire les efforts nécessaires, dont la promotion de la bonne gouvernance, la conduite de la lutte contre la corruption, et de faire preuve d’engagement lors de la conférence de Tokyo, a souligné M. Nishida.  Nous saluons l’organisation d’un forum sur la gouvernance par le Gouvernement afghan, a dit le représentant.  Il a ajouté qu’il était indispensable que les efforts visant à établir la bonne gouvernance dans le pays à long terme soient couronnés de succès.  Dans cet esprit, le Japon soutient la prorogation du mandat de la MANUA, a-t-il indiqué. 


M. ERTUĞRUL APAKAN (Turquie) a rappelé que la Turquie a été affectée, il y a quelques jours, par la mort de 12 de ses soldats dans un accident d’hélicoptère à Kaboul.  Il a particulièrement souligné l’importance du « Processus d’Istanbul », qui réengage les partenaires régionaux de l’Afghanistan dans un nouveau partenariat.  Il a dit que la réunion de hauts fonctionnaires de la région à Kaboul, le 29 février, s’est déroulée dans une atmosphère très constructive.  Cette façon de voir les choses au niveau régional permettra à l’Afghanistan de jouer son rôle de pôle régional pour le transit et les activités commerciales régionales, s’est félicité M. Akapan.  Il a dit que le sommet de l’OTAN à Chicago et la prochaine conférence internationale de Tokyo sur l’Afghanistan sont des rencontres essentielles pour répondre aux attentes de la population afghane.  Nous pensons que l’appropriation par les Afghans et la nécessité pour eux d’assumer la direction des efforts qui leur sont destinés devraient être au centre de nos efforts collectifs, a-t-il estimé.  En outre, il a salué le travail remarquable accompli par la MANUA pour honorer son mandat dans un environnement particulièrement difficile.  


Mme Tine Mørch Smith (Norvège) a rappelé que l’essence du mandat de la Mission d’assistance de l’ONU en Afghanistan était politique et non technique.  La MANUA sert à la fois le Gouvernement afghan et l’autonomisation de la population afghane dans les efforts menés en vue de construire un futur pour l’Afghanistan qui s’inscrive dans la paix et la démocratie, a-t-elle déclaré.  Elle a ensuite souligné combien la mise en place d’institutions robustes, capables de gérer des élections qui respectent les standards internationaux en la matière, demeurait l’un des principaux domaines de réforme à mettre en œuvre.  Outre ses efforts en vue de renforcer les capacités et la cohérence de l’assistance internationale, la MANUA devrait aussi aider le Gouvernement afghan à devenir plus responsable, transparent et inclusif, a suggéré la représentante.  Elle a ajouté que des progrès en matière d’état de droit, de bonne gouvernance et de protection des droits de tous les Afghans demeuraient vitaux pour une transition dans la sécurité et une paix durable. 


S’agissant de la promotion des droits de l’homme, Mme Mørch Smith a rappelé qu’elle incluait aussi la lutte contre l’impunité.  Dans ce contexte, elle a jugé vital que les fonctions d’observation et de « chien de garde » qui incombent à la Commission indépendante des droits de l’homme en Afghanistan (AIHRC), à des groupements de la société civile et à des médias indépendants ne soient pas minées.  Elle a émis l’espoir qu’intervienne rapidement la nomination d’un nouveau commissaire à la tête de la ladite Commission des droits de l’homme, et que le processus de sélection puisse être inclusif et transparent.  La représentante a ensuite encouragé toutes les parties afghanes à respecter les progrès réalisés au cours de la dernière décennie, en particulier en matière de protection des droits des femmes.  Ceux-ci doivent être un élément clef du processus de paix et doivent demeurer à l’ordre du jour des priorités, a-t-elle conclu.


M. JARMO VIINANEN (Finlande) a jugé essentiel d’améliorer la situation en Afghanistan en matière de droits de l'homme, notamment pour protéger les femmes dans le processus de réconciliation.  Il a plaidé pour la participation pleine et entière des femmes à tous les niveaux de la société, estimant qu’elles constituent la pierre angulaire du développement social de l’Afghanistan.  Le représentant a regretté qu’elles continuent à être marginalisées dans les décisions politiques.  La protection contre la violence domestique n’est pas non plus satisfaisante, a-t-il noté.  M. Viinanen a rappelé que son pays et l’Afghanistan coopèrent sur la question des femmes et sur celle de la sécurité, grâce à la conduite d’un programme commun en la matière.


M. Viinanen a ensuite indiqué que la Finlande allait augmenter son aide à l’Afghanistan en la faisant passer de 15 à 21 millions d’euros, pour arriver à 30 millions d’euros en 2014.  Il a insisté sur trois domaines d’action que sont la bonne gouvernance, les droits de l'homme et la croissance économique afghane, en particulier dans le secteur minier.  Il a enfin appelé la communauté internationale à soutenir l’Afghanistan au-delà de la période de transition.


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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