La défense des libertés et l’expérience en matière de règlement des conflits, priorités de la présidence irlandaise en exercice de l’OSCE

9 février 2012
CS/10540

La défense des libertés et l’expérience en matière de règlement des conflits, priorités de la présidence irlandaise en exercice de l’OSCE

09/02/2012
Conseil de sécurité
CS/10540
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

6715e séance – après-midi

LA DÉFENSE DES LIBERTÉS ET L’EXPÉRIENCE EN MATIÈRE DE RÈGLEMENT DES CONFLITS,

PRIORITÉS DE LA PRÉSIDENCE IRLANDAISE EN EXERCICE DE L’OSCE

La défense des libertés et le partage d’expérience en matière de résolution des conflits constitueront en 2012 les priorités de la présidence irlandaise de l’Organisation de sécurité et de coopération en Europe (OSCE), a affirmé devant le Conseil de sécurité, cet après-midi, le Vice-Premier Ministre de l’Irlande, M. Eamon Gilmore.

M. Gilmore, qui est également Ministre des affaires étrangères et du commerce, a ainsi annoncé la tenue à Dublin de deux conférences. 

La première aura lieu le 27 avril, avec pour objectif de partager avec les États de l’OSCE l’expérience de l’Irlande en matière de résolution des conflits, à partir de l’exemple de l’Irlande du Nord. 

M. Gilmore a estimé que cela pourrait permettre de dégager plusieurs aspects applicables aux conflits qui perdurent dans la zone de l’OSCE, au Moldova et en Transnistrie, en Géorgie et au Nagorno-Karabakh.  Cette espérance a été également exprimée par le représentant du Royaume-Uni, qui a souhaité que ce partage d’expérience contribue à donner une impulsion nouvelle à la résolution de ces conflits.

La deuxième conférence organisée par la présidence irlandaise en exercice de l’OSCE aura lieu au mois de juin sur le thème de la liberté d’Internet, que M. Gilmore a jugée « de plus en plus menacée, y compris dans les États participants de l’Organisation ». 

Sur ce point, il a été rejoint par le représentant de la France qui a estimé « particulièrement préoccupant » que les libertés fondamentales soient toujours remises en cause au cœur même de l’Europe, alors que les révolutions dans les pays arabes ont rappelé l’universalité de ces principes. 

La priorité accordée par la présidence irlandaise à la dimension humaine a été saluée par de nombreux membres du Conseil de sécurité.  M. Gilmore a néanmoins assuré que l’équilibre et la cohérence de sa présidence avec les autres dimensions du travail de l’OSCE, à savoir sa dimension politico-militaire et sa dimension économique et environnementale, seraient maintenus.

Dans le domaine politico-militaire, l’OSCE va poursuivre et renforcer ses activités de prévention, de médiation et de résolution des conflits.  À cet égard, le représentant de l’Azerbaïdjan, qui participe au Groupe de Minsk de l’OSCE sur la question du Nagorno-Karabakh, a souhaité qu’en tant que mécanisme régional, l’OSCE joue un rôle plus cohérent en incitant les États Membres à s’acquitter de leurs obligations en vertu de la Charte des Nations Unies et des résolutions adoptées par le Conseil de sécurité. 

Le manque d’accord sur les questions politiques ne peut pas être utilisé comme excuse pour ignorer le droit international, a-t-il insisté.

De son côté, le représentant de la Fédération de Russie a souligné que le règlement à long terme des conflits ne pouvait se faire que par le compromis.  Il a estimé que la présidence de l’OSCE devrait prendre en compte la nouvelle donne géopolitique concernant certains vieux conflits « qui n’en sont plus ».

« Nous espérons que la philosophie de travail exposée aujourd’hui par M. Gilmore permettra de mieux adapter l’OSCE à cette nouvelle donne et d’éviter les crises du passé », a-t-il déclaré.

Enfin, dans le domaine économique et environnemental, M. Gilmore a annoncé que le thème central de sa présidence serait la promotion de la sécurité et de la stabilité à travers la bonne gouvernance, afin de soutenir et d’encourager la mise en œuvre de la Convention des Nations Unies contre la corruption.

Dans une période où les ressources s’amenuisent et où les menaces transnationales sont de plus en plus complexes, un partenariat étroit entre l’OSCE et les Nations Unies est indispensable, a conclu M. Gilmore, se félicitant de l’action conjointe des deux organisations au Kosovo et en Afghanistan.

Tous les membres du Conseil de sécurité ont aussi plaidé pour une collaboration renforcée entre les deux organisations, ainsi qu’avec les autres organisations régionales et sous-régionales, tout en insistant sur le rôle premier du Conseil de sécurité dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales.

L’OSCE regroupe 56 États, ainsi que six partenaires méditerranéens pour la coopération et cinq partenaires asiatiques.  Sa présidence change tous les ans, la fonction de Président en exercice étant assumée à tour de rôle par les ministres des affaires étrangères des différents États participants.  Le Président en exercice est assisté dans sa tâche par son prédécesseur et par son successeur.

EXPOSÉ DU PRÉSIDENT EN EXERCICE DE L’ORGANISATION POUR LA SÉCURITÉ ET LA COOPÉRATION EN EUROPE

En sa qualité de Président en exercice de l’Organisation de sécurité et de coopération en Europe (OSCE), le Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères et du commerce de l’Irlande, M. EAMON GILMORE, a souligné la convergence de vues entre l’OSCE et les Nations Unies pour une approche globale de la sécurité.  Les priorités de la présidence assurée par l’Irlande garantissent une approche équilibrée et cohérente des trois dimensions de l’OSCE, politico-militaire, économique et environnementale, et humaine, a-t-il dit.

L’Irlande a toujours attaché une grande importance à la dimension humaine et aura un ordre du jour ambitieux à cet égard, a expliqué M. Gilmore, avec une priorité accordée à la liberté d’Internet, de plus en plus menacée.  Une conférence sur le sujet sera organisée au mois de juin à Dublin, avec les États participants de l’OSCE, a-t-il annoncé.  En outre, des réunions sur la liberté d’association et d’assemblée, la liberté de religion et de croyance, le trafic des êtres humains, et le racisme et l’intolérance et le sport, sont prévues, tout en maintenant les normes les plus hautes dans les activités d’observations électorales de l’OSCE.

Sur le plan politico-militaire, M. Gilmore a souhaité la poursuite des progrès pour établir des mesures de confiance et de sécurité, et renforcer les capacités de l’OSCE en matière de prévention et de résolution des conflits.  La question du contrôle des armes et des menaces transnationales sera également à l’ordre du jour.  Un défi commun aux deux organisations est de garantir une coopération étroite et efficace contre des menaces transnationales complexes, a souligné M. Gilmore, à la fois dans la lutte contre le terrorisme et à travers la coopération avec l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC).

Le thème central de la présidence irlandaise de l’OSCE dans le domaine économique et environnemental sera la promotion de la sécurité et de la stabilité à travers la bonne gouvernance, a-t-il poursuivi, soulignant qu’une gouvernance faible sapait le développement économique.  La Convention des Nations Unies contre la corruption a été ratifiée l’année dernière par l’Irlande, et le pays va donc promouvoir le dialogue au sein de l’OSCE afin de soutenir et d’encourager la mise en œuvre de cette Convention, en prenant également des mesures contre le blanchiment d’argent.

Les conflits du Moldova et de la Transnistrie, ainsi que de la Géorgie sont également des objets de préoccupation pour l’OSCE, a-t-il dit, saluant en outre les efforts du Groupe de Minsk de l’OSCE sur le conflit au Haut-Karabakh.  Une Conférence sur l’Irlande du Nord comme étude de cas sera organisée le 27 avril pour partager l’expérience de l’Irlande en matière de résolution des conflits, a aussi annoncé M. Gilmore.

Enfin, le Président en exercice de l’OSCE pour 2012 a rappelé que dans une période où les ressources s’amenuisent et où les menaces transnationales sont de plus en plus complexes, un partenariat étroit entre l’OSCE et les Nations Unies était indispensable.  L’action conjointe au Kosovo est un exemple du rôle intégré de l’OSCE au sein d’une mission dirigée par les Nations Unies, a-t-il estimé, et en Afghanistan, l’OSCE va mener des projets concrets, avec l’ONU et d’autres acteurs internationaux dans la région.  Enfin, sur la question des femmes, de la paix et de la sécurité, il a salué la direction forte donnée par les Nations Unies, indiquant que l’Irlande avait lancé au mois de novembre dernier un Plan d’action national, témoin de l’engagement de son pays pour les droits des femmes touchées par les conflits.  De nombreuses tâches nous attendent en 2012, et l’Irlande assumera l’importante responsabilité multilatérale qui lui incombe, a conclu M. Gilmore.

Déclarations

M. MICHAEL TATHAM (Royaume-Uni) a appuyé les priorités présentées par le Président en exercice de l’OSCE car elles sont les pierres angulaires de l’OSCE, a-t-il souligné.  Il a estimé que les libertés dans les médias devaient être mieux reconnues pour refléter les grands changements intervenus dans ce domaine au cours des dernières années.  À cet égard, il s’est félicité de la référence à la liberté d’expression en ligne énoncée lors de cet exposé.  Il a ensuite salué l’intention de l’Irlande de faire avancer le règlement des conflits dans les régions citées.  Il a repris à son compte les espoirs fondés dans le partage de l’expérience de l’Irlande en matière de résolution des conflits, souhaitant qu’il puisse donner une impulsion nouvelle dans ce domaine. 

Le délégué s’est, en outre, dit prêt à participer au plus haut niveau à la Conférence de Dublin en avril sur l’expérience en Irlande du Nord.  S’agissant des armes conventionnelles, il a regretté que le travail dans ce domaine ne soit pas encore achevé et a estimé qu’il fallait revitaliser les instruments clefs à cet égard.  Dans ce contexte, il a salué les efforts qui seront déployés par le Président en exercice au cours de son mandat et a engagé tous les États participants à redoubler d’efforts pour renouveler également leurs engagements à l’égard de la dimension humaine de l’organisation.  Notant les changements politiques considérables survenus sur le continent européen au cours des 30 dernières années, il a estimé que tous les États avaient le devoir de contribuer aux changements voulus par leurs peuples.

M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a assuré que tous souhaitaient une OSCE plus efficace.  La Fédération de Russie est favorable à une coopération renforcée avec toutes les organisations régionales et sous-régionales, a-t-il dit, en prenant dûment en compte les avantages comparatifs entre l’ONU et ces organisations.  Un principe fondateur de cette coopération est la garantie du rôle premier du Conseil de sécurité dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales, a-t-il rappelé.  Toutefois, il a souligné que l’OSCE pouvait avoir un rôle important dans la lutte contre les menaces transnationales et a estimé important de prendre des mesures de confiance sur l’utilisation des technologies de l’information et des communications.

La dimension humaine de l’OSCE doit être revue et il ne faut pas être sélectif dans l’examen de certaines questions dans certains États, a aussi déclaré le représentant.  En outre, il a rappelé que le règlement à long terme des conflits ne pouvait se faire que par le compromis.  Il a estimé que la présidence en exercice de l’OSCE devait tenir compte de la nouvelle donne géopolitique concernant certains vieux conflits « qui n’en sont plus », et a souhaité plus largement que le document fondateur de l’OSCE soit revu.  Il a souhaité que la philosophie de travail exposée aujourd’hui par M. Gilmore permette de mieux adapter l’OSCE aux nouvelles donnes et d’éviter les crises du passé.

Mme ROSEMARY DICARLO (États-Unis) a fait remarquer que l’OSCE avait des capacités uniques pour venir en aide à ses 56 États participants et 11 États partenaires.  Elle est également partenaire dans le respect des normes internationales comme le prévoit le Conseil de sécurité, et les États Membres apprécient son rôle dans l’édification de sociétés démocratiques, notamment à travers l’engagement de la société civile, a-t-elle ajouté.  Elle s’est ensuite félicitée de la coopération étroite entre l’ONU, l’OSCE et d’autres organisations régionales pour accompagner cette transition.  L’OSCE appuie un grand nombre de priorités et d’institutions des Nations Unies, comme ce fut le cas notamment lors de la création de son centre en Asie centrale et au Caucase.  Elle a également cité, en exemple de cette coopération, le rôle de la Mission d’administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK), qui, entre autres, a permis la création de bâtiments pour protéger les droits des personnes rapatriées. 

La représentante a encore salué le rôle de l’OSCE dans l’avancement de la promotion des droits de l’homme, notamment à travers son appui à la résolution 1325 (2000) sur les femmes, la paix et la sécurité.  Sa délégation attend avec intérêt les conclusions de la Conférence de Dublin en juin sur la liberté d’expression sur Internet, a-t-elle ajouté, et encourage les efforts au sein du Groupe de Genève pour régler les problèmes toujours en suspens entre la Fédération de Russie et la Géorgie.  Elle a également ajouté que les États-Unis restaient attachés à un règlement durable du conflit au Nagorno-Karabakh.  Notant que l’OSCE poursuivait son rôle de plaidoyer dans la lutte contre les menaces transnationales et que son pays avait fourni des ressources extrabudgétaires à cet effet, elle a émis l’espoir que l’OSCE puisse poursuivre cette tâche.  Elle a encouragé aussi ses efforts en vue de promouvoir la coopération entre l’Afghanistan et les États de l’Asie centrale.  Elle a conclu en déclarant que les États-Unis étaient un membre fier de l’OSCE, qui a toujours fourni de la clarté sur ses engagements aux États participants, et ce, depuis plus de 35 ans.

M. NÉSTOR OSORIO (Colombie) a estimé que la coopération avec les organisations régionales et le Conseil de sécurité devait faire l’objet d’une réflexion.  Le dialogue et la coopération doivent être encouragés, a-t-il dit, soulignant le rôle très important de l’OSCE dans le monde, notamment dans la défense des valeurs fondamentales de la liberté et des droits de l’homme.  Les relations fluides entre l’ONU et l’OSCE permettent d’échanger des points de vue de manière franche et de travailler ensemble, comme le montrent les actions menées au Kosovo et en Afghanistan notamment, a-t-il dit. 

Le représentant a rappelé la nécessité que les deux organisations se complètent mutuellement, notamment dans la médiation, la prévention et la résolution des conflits, afin d’accompagner les efforts faits par le principal organe en matière de maintien de la paix et de la sécurité internationales, le Conseil de sécurité. 

M. AGSHIN MEHDIYEV (Azerbaïdjan) a estimé que, en tant que mécanisme régional, l’OSCE pouvait jouer un rôle plus cohérent en incitant les États Membres à s’acquitter de leurs obligations en vertu de la Charte des Nations Unies et à l’égard des résolutions adoptées par le Conseil de sécurité, notamment s’agissant du conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan « qu’on appelle parfois à tort le différend ou le conflit au Haut-Karabakh », a-t-il déclaré.  Il a souligné que l’utilisation de la terminologie était importante pour sa délégation, en particulier dans des situations qui impliquent le non-respect du droit international.  Notant que les efforts devaient encore porter leurs fruits, il a réaffirmé que l’Azerbaïdjan était en faveur d’un règlement du conflit mais que pour régler celui-ci, il fallait d’abord mettre un terme à l’occupation du territoire ou garantir le retour des personnes.  « Le manque d’accord sur les questions politiques ne peut être utilisé comme excuse pour le non-respect du droit international, du droit humanitaire et des droits de l’homme », a-t-il estimé. 

Le représentant s’est ensuite félicité de la mission d’établissement des faits qui s’est rendue en Azerbaïdjan.  Celle-ci a notamment établi des faits illégaux, a-t-il ajouté, s’inquiétant que ses recommandations soient restées lettres mortes.  Dans ce contexte, il a estimé qu’une attention croissante aux sujets liés à la médiation au sein des Nations Unies, ainsi que son rôle dans le règlement des différends, devaient former une base solide pour l’OSCE au cours des prochains mois.  Il a ensuite insisté sur le volet particulier de la sécurité environnementale où les efforts doivent encore être coordonnés, a-t-il dit.  À cet égard, les débats sur des normes plus strictes de sécurité nucléaire constituent un élément essentiel de l’ordre du jour sur la bonne gouvernance dans le domaine de la sécurité, a-t-il conclu.

M. HARDEEP SINGH PURI (Inde) a salué le travail de l’OSCE en matière de contrôle des armes, de droits de l’homme et de lutte contre le terrorisme, en particulier chez certains de ses voisins, estimant que l’OSCE avait contribué à gérer des problèmes importants du monde de l’après-guerre froide.  « Ces dernières années, l’OSCE a grandement élargi ses activités de manière significative dans notre région, notamment en matière de diplomatie préventive, de sécurité aux frontières de l’Afghanistan et d’assistance électorale », a-t-il expliqué.

M. GERT ROSENTHAL (Guatemala) a estimé que l’OSCE pouvait grandement contribuer au renforcement du système multilatéral et qu’elle jouait un rôle constructif en étroite collaboration avec les Nations Unies et l’Union européenne dans des environnements qui posent de nombreux défis.  Il a salué les efforts de l’OSCE en vue de renforcer l’état de droit et a pris bonne note de ses priorités pour 2012.  Il s’est en outre félicité de la prochaine Conférence de Dublin, rappelant l’expérience de l’Irlande en matière de règlement des conflits.  « Chaque situation est différente, mais il y a toujours des enseignements à tirer », a-t-il ajouté.  Il s’est associé à tous les pays qui appuient cette vision des priorités et a émis l’espoir d’une coopération fructueuse maintenue entre l’OSCE et les Nations Unies. 

M. MIGUEL BERGER (Allemagne) a affirmé que son pays se félicitait de la décision récente du Conseil des ministres de l’OSCE de renforcer la capacité de l’organisation en matière de gestion des conflits.  Ce domaine, ainsi que les capacités nouvellement renforcées concernant le traitement des menaces transnationales, constitueront des paramètres clefs du travail de l’OSCE dans les mois à venir, a-t-il dit.  Le représentant s’est, de même, réjoui de la participation active de l’OSCE dans le processus politique visant à régler le conflit en Transnistrie, et de la reprise, en particulier, des pourparlers 5+2.  Il s’est en outre félicité du rôle de l’OSCE dans le processus de règlement de la question du Nagorno-Karabakh et a souligné que son pays continuait d’appuyer l’engagement actif de l’OSCE dans les discussions internationales de Genève visant à réduire les tensions en Géorgie et à établir la confiance parmi les communautés affectées.

Le délégué s’est également déclaré préoccupé par les restrictions des libertés fondamentales dans de nombreux pays membres de l’OSCE, notamment de la liberté de la presse et des libertés d’expression et de réunion.  Sur le chapitre économique et environnemental, l’Allemagne, a-t-il dit, approuve la promotion par la présidence irlandaise de la sécurité et de la stabilité grâce à la bonne gouvernance.  Une bonne gouvernance environnementale sera un élément capital de la prochaine Conférence Rio+20 sur le développement durable des Nations Unies, a-t-il estimé.  Sur le plan politico-militaire, l’Allemagne attache une grande importance au développement de synergies entre l’OSCE et les Nations Unies, a ajouté M. Berger.

M. EMMANUEL BONNE (France) a estimé que l’OSCE constituait un modèle unique de coopération, fondé sur la conviction que la sécurité du continent européen devait aller de pair avec la promotion des droits de l’homme, de la démocratie et de l’état de droit.  « Les menaces aux libertés fondamentales sont une réalité qui nous préoccupe et nous mobilise », a-t-il déclaré, estimant que les révolutions dans les pays arabes avaient rappelé l’universalité de ces principes.  Il est donc particulièrement préoccupant que ces valeurs soient toujours remises en cause au cœur même de l’Europe, a-t-il dit, saluant le choix de la présidence irlandaise de mettre l’accent sur la dimension humaine, particulièrement le respect des libertés fondamentales sur Internet.

De l’Asie centrale à l’Afghanistan, en passant par les Balkans, l’OSCE a aussi démontré qu’elle jouait un rôle essentiel dans la résolution des conflits et la promotion de la paix, a ajouté le représentant, appelant à poursuivre les avancées en matière de renforcement des capacités dans le domaine des conflits.  Il a notamment rappelé le soutien de la France aux efforts pour régler les situations concernant la Transnistrie, le Haut-Karabakh et la Géorgie.  S’agissant de la dimension politico-militaire, il a jugé important que la modernisation du Document de Vienne se poursuive, et que l’OSCE reste engagée dans la lutte contre les menaces transnationales.  Dans une perspective plus longue, il a rappelé que la France avait annoncé le lancement d’une initiative consistant en la mise en réseau d’instituts de recherche français, allemand, polonais et russe, pour l’organisation de séminaires sur la mise en œuvre d’une communauté de sécurité euro-atlantique et eurasiatique.

M. YANG TAO (Chine) a souligné que l’OSCE demeurait cruciale pour le maintien de la paix et de la sécurité en Europe, mettant notamment l’accent sur son rôle en matière de prévention des conflits.  Le représentant a ensuite rappelé que la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales incombait au Conseil de sécurité, et ce, en coopération avec les organisations régionales.  Il a conclu en plaidant pour une plus grande coopération entre les deux institutions.

M. JOÃO MARIA CABRAL (Portugal) a salué l’intention du Président en exercice de maintenir une approche équilibrée entre les différents domaines d’action de l’OSCE, jugeant que le programme de travail de l’Organisation était pertinent pour les Nations Unies.  En effet, s’agissant de la dimension humaine au cœur de ce programme, il a rappelé que le Conseil de sécurité avait récemment été confronté à des violations massives de droits de l’homme par des gouvernements, en Libye ou en Syrie notamment.  Le Portugal salue en outre la mise à jour du Document de Vienne et espère la fin de l’impasse sur la question des forces conventionnelles.  Enfin, le représentant a souligné que la coopération entre les Nations Unies et l’OSCE pouvait être renforcée dans la médiation et la résolution des conflits qui touchent toujours la zone.

M. RAZA BASHIR TARAR (Pakistan) a appuyé le rôle des organisations régionales dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales, car, a-t-il estimé, elles peuvent contribuer au règlement des conflits régionaux et au renforcement du multilatéralisme.  À cet égard, le représentant a salué les initiatives prises par l’OSCE dans les domaines du renforcement de la paix, de la prévention des conflits et de l’accroissement de la capacité des États, citant à titre d’exemple le travail accompli en Afghanistan.

M. LOTFI BOUCHAARA (Maroc) a rappelé que son pays accordait une grande importance au rôle des organisations régionales et sous-régionales, ainsi qu’à leur coopération avec l’ONU conformément à la Charte des Nations Unies et suivant les paramètres établis par les résolutions du Conseil de sécurité, à qui revient la responsabilité première en matière de paix et de sécurité internationales, a-t-il ajouté.  Il a considéré que les priorités présentées, lors de cet exposé, s’inscrivaient dans la continuité de la présidence lituanienne et consolidaient les avancées réalisées. 

Le représentant a salué l’identification de domaines prioritaires tels que la dimension humaine, la maîtrise des armes, les menaces transnationales ou la promotion de la paix et de la sécurité à travers la bonne gouvernance.  Rappelant les efforts que mène le Maroc au sein du Groupe de contact méditerranéen de l’OSCE, il a ajouté que sa délégation suivrait avec intérêt les efforts de la présidence irlandaise.  Il a ensuite réitéré l’appel de son pays à repenser le statut des Partenaires méditerranéens pour la coopération afin de renforcer ce partenariat et de le rendre plus substantiel.  Il s’est dit convaincu que l’ONU pourra profiter de l’expérience et des capacités de l’OSCE dans plusieurs domaines, y compris la maîtrise des armes, la non-prolifération et la lutte contre les menaces transnationales.

M. ZAHEER LAHER (Afrique du Sud) s’est dit convaincu que l’expérience dont bénéficie l’Irlande dans la résolution des conflits aurait une influence positive durant sa présidence en exercice de l’OSCE.  Il a pris note des défis qu’elle comptait relever au Kosovo, en République de Moldova ou dans le conflit au Nagorno-Karabakh ou en Géorgie.  Il a salué la décision prise par l’OSCE, à Vilnius, en décembre dernier, d’augmenter son engagement en Afghanistan en étroite coopération avec les Nations Unies et d’autres acteurs internationaux dans la région.  Soulignant que la coopération entre l’ONU et les organisations régionales et sous-régionales dans les domaines de la paix et de la sécurité internationales demeurait l’une des priorités de sa délégation, il a salué les efforts réalisés en vue de renforcer cette relation. 

Le représentant a toutefois estimé que chaque organisation régionale était unique, à la fois en ce qui concerne les défis auxquels elle se confronte mais aussi quant à la manière dont elle les aborde s’agissant des menaces à la paix et à la sécurité internationales.  Dans ce contexte, il a jugé que les efforts des organisations régionales ne pouvaient cependant absoudre le mandat conféré au Conseil de sécurité en vertu de la Charte en matière de maintien de la paix et de sécurité internationales.  Rappelant que le Conseil de sécurité avait adopté, le 12 janvier dernier, la résolution 2033 (2012) qui portait toute l’attention sur la coopération entre l’ONU et les organisations régionales dans le domaine de la prévention, du règlement et de la gestion des conflits, il a estimé que celles-ci étaient bien placées pour apporter des conseils sur la situation et les défis à surmonter sur le terrain.

M. KODJO MENAN (Togo) a souligné que les questions auxquelles allait se consacrer l’OSCE en 2012 se recoupaient avec les questions à l’ordre du jour du Conseil de sécurité.  Il s’est en particulier réjoui de l’attention portée au racisme et à l’intolérance dans le sport.  Saluant les succès de l’Organisation dans la défense des minorités ethniques, il a aussi rendu hommage à son implication sur les questions de la Géorgie et du Nagorno-Karabakh.  Son expertise doit être mise à profit avec les organisations régionales et sous-régionales, particulièrement en Afrique, a-t-il plaidé.

Reprenant la parole en fin de séance, lePrésident en exercice de l’OSCE, Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères et du commerce de l’Irlande a insisté sur le nécessaire équilibre à maintenir entre les différentes activités de l’OSCE et la coopération avec les Nations Unies.  L’OSCE intervient dans le cadre des longs conflits et va s’inspirer de l’expérience de l’Irlande du Nord, qui a montré que même les plus longs conflits pouvaient être résolus, a-t-il dit. 

Enfin, en tant que Ministre des affaires étrangères de l’Irlande, il a souhaité exprimer sa condamnation des actions du Gouvernement en Syrie et a appelé à une véritable transition politique, souhaitant que le Conseil de sécurité puisse convenir de mesures à prendre concernant la situation dans ce pays.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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