Le Conseil de sécurité informé des progrès considérables réalisés en Côte d’Ivoire et des nombreux défis en matière de sécurité et de réconciliation nationale

26 janvier 2012
CS/10531

Le Conseil de sécurité informé des progrès considérables réalisés en Côte d’Ivoire et des nombreux défis en matière de sécurité et de réconciliation nationale

26/01/2012
Conseil de sécurité
CS/10531
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Conseil de sécurité

6708e séance – matin

LE CONSEIL DE SÉCURITÉ INFORMÉ DES PROGRÈS CONSIDÉRABLES RÉALISÉS EN CÔTE D’IVOIRE

ET DES NOMBREUX DÉFIS EN MATIÈRE DE SÉCURITÉ ET DE RÉCONCILIATION NATIONALE

Le Conseil de sécurité a examiné ce matin l’évolution de la situation en Côte d’Ivoire depuis le mois d’octobre, une évolution marquée par le succès des élections législatives du 11 décembre, les premières depuis l’année 2000.  Sans cacher les nombreux défis en matière de sécurité et de réconciliation nationale, le Représentant spécial du Secrétaire général pour la Côte d’Ivoire, M. Albert Gerard Koenders, s’est félicité des progrès considérables sur la voie d’un retour à la normale depuis la violente crise qui a suivi l’élection présidentielle de 2010*.

Comme l’a dit le représentant ivoirien, M. Youssoufou Bamba: « La Côte d’Ivoire est de retour sur la scène internationale et prête à assumer de nouveau son rôle de pôle sous-régional de stabilité et de croissance, au service de la paix, de la sécurité et de la coopération internationales ».

« La situation en matière de sécurité se stabilise, les personnes déplacées commencent à rentrer et l’économie montre de nouveau une certaine résilience », a confirmé le Représentant spécial du Secrétaire général qui a estimé que pour se relever totalement, la Côte d’Ivoire aura encore besoin de l’appui du Conseil de sécurité et des autres partenaires internationaux.

Avec les poches de résistance, les questions de la sécurité nationale ne doivent pas être sous-estimées, a prévenu M. Koenders.  Il a jugé crucial que l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) aide le Gouvernement à garantir la stabilité, ce qui exige la réforme du secteur de sécurité et des organes de maintien de l’ordre, le désarmement, la démobilisation et la réintégration (DDR) des anciens combattants, la protection des civils et le retour des réfugiés et des personnes déplacées, la réconciliation nationale et la promotion des droits de l’homme. 

Globalement, la situation est restée relativement calme mais l’insécurité persiste dans l’ouest du pays ainsi que la menace des groupes armés aux frontières.  Le grand nombre d’armes en circulation à Abidjan et dans tout le pays a créé une situation qui a contribué à un taux élevé de crimes et d’incidents impliquant des éléments armés.  Le Gouvernement a pris des mesures et l’ONUCI discute actuellement avec les autorités ivoiriennes de l’appui que la communauté internationale peut apporter. 

Il est essentiel, a commenté le représentant de la Côte d’Ivoire, que les Ivoiriens eux-mêmes s’approprient la réforme du secteur de la sécurité (RSS), élément central de tout processus de normalisation.  Il a annoncé des « assises nationales de la sécurité et de la défense » pour favoriser un dialogue national entre les populations et l’armée ivoirienne.  Il s’est félicité de ce que la Commission Dialogue, vérité et réconciliation soit maintenant opérationnelle et, en matière de DDR, il a jugé contre-productif le regroupement des anciens combattants dans des centres.  L’identification, a-t-il estimé, semble être la clef du processus, car elle permet de sélectionner ceux qui sont aptes à intégrer la nouvelle armée, ceux qui devront suivre une formation et ceux qui devront être réintégrés à la vie civile.  Le représentant a dit l’intention de son pays de former une force de réserve pour des activités non combattantes.

S’agissant plus particulièrement de la situation dans la partie occidentale de son pays, M. Bamba a prévenu que la menace s’étend à toute la région du fleuve Mano et doit être traitée dans un contexte collectif intégrant la Côte d’Ivoire, le Libéria, la Sierra Leone et la Guinée.  Il a loué l’initiative de l’Afrique du Sud qui a convoqué un débat au Conseil de sécurité, sous la présidence de M. Jacob Zuma, sur l’« indispensable » coopération entre l’ONU et les organisations régionales comme l’Union africaine, dans le cadre du Chapitre VIII de la Charte des Nations Unies.

Sur le front politique, le Représentant spécial du Secrétaire général a indiqué que les élections législatives du 11 décembre ont connu un taux de participation de 36%, certes inférieur à l’élection présidentielle de 2010, mais à un niveau similaire des élections législatives de 1990 et de 1995.  L’ONU ne certifiera les résultats qu’après que les institutions nationales ont évalué le processus.  Le Conseil constitutionnel, qui examine 110 plaintes, a annoncé sa décision sur les recours introduits par un certain nombre de candidats.  Le représentant de la Côte d’Ivoire a fait part de l’intention de son pays de demander à l’ONU d’apporter son soutien aux prochaines élections municipales et régionales.

Si les processus électoraux sont importants, a souligné le Représentant spécial, il est tout aussi essentiel de se concentrer sur les racines de la crise, dont le problème de l’accès à la terre et un développement déséquilibré entre les régions.  La question de l’impunité est également une source de préoccupation.

Sur le plan humanitaire, « on compte aujourd’hui encore 186 000 déplacés et 161 000 réfugiés dans les pays voisins », a poursuivi le représentant ivoirien, avant de faire état des efforts déployés pour faire rentrer les Ivoiriens dans leur pays, grâce à des accords tripartites entre la Côte d’Ivoire, le pays d’accueil et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), comme c’est déjà le cas avec le Libéria, le Ghana, le Togo et la Guinée.  M. Bamba s’est aussi réjoui des 8 millions de dollars fournis par le Fonds central pour les interventions d’urgence (CERF) et a salué l’appel consolidé de 173 millions de dollars lancé par la Sous-Secrétaire générale aux affaires humanitaires.  Il a également noté la plus grande prise de conscience sur la question du genre et les violences basées sur le genre. 

Le représentant ivoirien, qui a rappelé la visite que les membres du Conseil de sécurité vont effectuer dans son pays du 22 au 31 mars 2012, a salué l’action de l’ONU qui a permis de sauver un nombre incalculable de vies.  « Avec 3 000 morts, nous étions au bord d’un génocide en Côte d’Ivoire pendant cette crise postélectorale », a-t-il affirmé, avant d’annoncer que son pays allait bientôt présenter une demande formelle de réexamen du régime des sanctions, en vue de leur levée partielle, voire totale. 

*S/2011/807

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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