Le Conseil de sécurité se déclare résolu à prendre des mesures efficaces pour resserrer encore les relations entre l’ONU et l’Union africaine

12 janvier 2012
CS/10519

Le Conseil de sécurité se déclare résolu à prendre des mesures efficaces pour resserrer encore les relations entre l’ONU et l’Union africaine

12/01/2012
Conseil de sécurité
CS/10519
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

6702e séance – matin & après-midi

LE CONSEIL DE SÉCURITÉ SE DÉCLARE RÉSOLU À PRENDRE DES MESURES EFFICACES

POUR RESSERRER ENCORE LES RELATIONS ENTRE L’ONU ET L’UNION AFRICAINE

Le Conseil de sécurité s’est déclaré aujourd’hui résolu à prendre des mesures efficaces pour resserrer encore les relations entre l’ONU et l’Union africaine, conformément au Chapitre VIII de la Charte.  Cette détermination est manifestée dans la résolution 2033 (2012), adoptée sans vote, à l’issue d’un débat convoqué par le Président sud-africain, dont le pays assure la présidence du Conseil pour le mois de janvier.

Il s’agissait pour M. Jacob Zuma d’examiner les moyens de renforcer la cohésion sur les plans stratégique et politique entre l’ONU et l’Union africaine, en particulier, dans les domaines de la prévention et de la médiation*.   « La diplomatie préventive est la plus rentable de toutes les opérations de maintien de la paix et parce qu’elle est moins chère et qu’elle permet d’éviter le recours aux armes, elle devrait être privilégiée », a par exemple souligné le représentant du Togo.

Dans ces domaines comme d’autres, le niveau de coopération entre les deux organisations a suscité quelques critiques, s’agissant par exemple, de la Libye ou de la Côte d’Ivoire.  Aussi, le Président sud-africain a-t-il rappelé que l’Union africaine avait élaboré une feuille de route politique pour la Libye « qui a été complètement ignorée à la faveur des bombardements de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) », dont les conséquences, a-t-il dit, se ressentent maintenant au niveau régional. 

Le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, a reconnu les divergences: « c’est naturel pour des organisations dotées de mandats, de membres et de perspectives différents ».  Ce qui importe, a-t-il encouragé, c’est la manière avec laquelle nous gérons ces différences et dont nous travaillons ensemble.

M. Ban a appelé à plus de souplesse et de créativité face à des situations complexes qui exigent une action conjointe.  « Nous devons maximiser nos efforts collectifs et nos ressources limitées et faire en sorte que chaque partenariat ait une division clairement définie du travail, du rôle et de la responsabilité de chaque organisation ». 

Prenant la balle au bond, le Ministre des affaires étrangères du Kenya et Président du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, M. Moses Wetang’ula, a proposé une interprétation plus innovante du Chapitre VIII de la Charte.   L’interprétation, a-t-il expliqué, se fonde sur les principes suivants: laisser à l’Union africaine la direction des affaires dont l’établissement des priorités; appliquer de manière souple et innovante le principe de complémentarité; promouvoir le respect mutuel et adhérer au principe des avantages comparatifs. 

Le Commissaire à la paix et à la sécurité de l’Union africaine, M. Ramtane Lamamra, a d’ailleurs rappelé l’appel qu’il a lancé hier visant à ce que le Conseil de sécurité approuve « le concept stratégique pour les futures opérations de la Mission de l’Union africaine en Somalie », adopté, le 5 janvier dernier, par son organisation.

L’ONU a besoin d’une Union africaine forte et inversement, a reconnu la représentante des États-Unis, en précisant tout de même que le Conseil de sécurité, qui a un mandat unique et universel de maintien de la paix et de la sécurité internationales, n’est pas assujetti à d’autres organes régionaux.  Si le Conseil de sécurité doit coopérer étroitement avec les organisations régionales, il ne doit pas pour autant donner de chèque en blanc sur les plans politique et financier. 

Comme pour répondre aux remarques de la représentante américaine sur les limites des missions à commandement conjoint, la résolution adoptée aujourd’hui prie le Secrétaire général de procéder à une analyse des enseignements tirés de l’Opération hybride Union africaine-Nations Unies au Darfour ainsi que de la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM) afin d’améliorer la coordination. 

En attendant, le Conseil décide, en consultation avec le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, de mettre au point de nouveaux moyens, notamment en accroissant l’efficacité des réunions consultatives annuelles, en tenant des consultations en temps opportun et en organisant des missions sur le terrain conduites en collaboration avec les deux Conseils en vue d’élaborer des cadres et des stratégies cohérentes.

Il souligne qu’il importe d’accélérer la mise en œuvre du Programme décennal ONU-Union africaine de renforcement des capacités de l’Union africaine et met l’accent sur la nécessité de rendre plus prévisible, durable et souple le financement des organisations régionales lorsqu’elles entreprennent des missions de maintien de la paix sous mandats des Nations Unies.  Le représentant du Royaume-Uni a expliqué sa position.  

*     S/2012/13

COOPÉRATION ENTRE L’ORGANISATION DES NATIONS UNIES ET LES ORGANISATIONS RÉGIONALES ET SOUS-RÉGIONALES AUX FINS DU MAINTIEN DE LA PAIX ET DE LA SÉCURITÉ INTERNATIONALES

Renforcement des relations entre l’Organisation des Nations Unies et les organisations régionales, en particulier l’Union africaine, aux fins du maintien de la paix et de la sécurité internationales

Texte du projet de résolution ( S/2012/25)

Le Conseil de sécurité,

Rappelant toutes ses résolutions antérieures et les déclarations de son président qui soulignent combien il importe d’établir des partenariats efficaces entre l’Organisation des Nations Unies et les organisations régionales, en particulier l’Union africaine, conformément à la Charte des Nations Unies et aux textes pertinents des organisations régionales et sous-régionales,

Réaffirmant la responsabilité principale qui lui incombe en matière de maintien de la paix et de la sécurité internationales,

Réaffirmant que la coopération avec les organisations régionales et sous-régionales pour ce qui concerne le maintien de la paix et de la sécurité, et conformément au Chapitre VIII de la Charte des Nations Unies, peut améliorer la sécurité collective,

Considérant que les organisations régionales sont bien placées pour appréhender les causes des conflits armés du fait de leur connaissance de la région qui peut être utile à la prévention ou au règlement de ces conflits,

Soulignant l’intérêt qu’il y aurait à nouer des partenariats efficaces avec les organisations régionales et sous-régionales, afin de pouvoir intervenir dès le début des différends ou dès qu’apparaissent de nouvelles crises, et à renforcer le rôle de l’Organisation des Nations Unies dans la prévention des conflits,

Rappelant ses résolutions 1325 (2000), 1820 (2008), 1888 (2009), 1889 (2009), 1894 (2009) et 1960 (2010) et le fait qu’il tient à ce qu’elles soient appliquées intégralement et effectivement, réaffirmant le rôle important que jouent les femmes en matière de médiation, de prévention et de règlement pacifique des conflits et de consolidation de la paix, ainsi qu’il ressort de la déclaration 2011/20 de son président en date du 28 octobre 2011, et réaffirmant également l’importance de la prévention de la violence sexuelle et de la protection contre ce type de violence,

Réaffirmant ses résolutions 1379 (2001), 1612 (2006), 1882 (2009) et 1998 (2011) relatives à la protection des enfants dans les conflits armés et encourageant les initiatives prises dans le cadre des organisations et des mécanismes régionaux et sous-régionaux pour assurer la protection des enfants touchés par les conflits armés, et encourageant également l’intégration continue de la question de la protection des enfants dans leurs activités de sensibilisation, politiques et programmes,

Se félicitant de la contribution croissante de l’Union africaine aux initiatives tendant à régler les conflits sur le continent africain, exprimant son soutien aux initiatives de paix conduites par l’Union africaine, et par l’intermédiaire des organisations sous-régionales africaines, et soulignant, conformément à l’Article 54 de la Charte des Nations Unies, que les organisations régionales et sous-régionales doivent, en tout temps, le tenir pleinement au courant de ces initiatives de manière globale et coordonnée,

Rappelant l’Acte constitutif de l’Union africaine et son protocole portant création du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, et exprimant son soutien à l’architecture de paix et de sécurité de l’Union africaine qui se met actuellement en place,

Constatant les progrès accomplis en matière de coopération entre l’Organisation des Nations Unies et l’Union africaine et soulignant qu’il importe de renforcer encore la coopération et de nouer, conformément au Chapitre VIII de la Charte des Nations Unies, un partenariat efficace avec le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine pour concourir à rendre celui-ci à même de faire face aux défis communs de la sécurité collective en Afrique,

Considérant qu’il importe de renforcer les moyens des organisations régionales et sous-régionales en matière de prévention des conflits, de gestion des crises et de stabilisation au lendemain de conflits,

Considérant également que l’un des principaux obstacles que rencontrent les organisations régionales, en particulier l’Union africaine, s’agissant de s’acquitter efficacement de leurs mandats en matière de maintien de la paix et de la sécurité régionales, est celui de la mobilisation de ressources prévisibles, durables et souples,

Notant avec satisfaction la collaboration entre le mécanisme des bons offices du Secrétaire général, notamment ses Représentants spéciaux, et l’Union africaine dans le domaine de la prévention des conflits,

Se félicitant de la contribution du Bureau des Nations Unies auprès de l’Union africaine au renforcement de la coordination et de la coopération entre l’Organisation des Nations Unies et l’Union africaine,

Prenant note avec satisfaction de l’action entreprise par le Secrétariat de l’Organisation des Nations Unies et la Commission de l’Union africaine pour élaborer des lignes directrices communes en vue de définir un cadre pour la médiation en Afrique, le but étant de rendre le partenariat entre l’Organisation et l’Union africaine plus cohérent lorsque celles-ci mènent des initiatives de médiation communes,

Se félicitant de l’appui que l’Organisation des Nations Unies fournit à l’Union africaine dans le domaine du maintien de la paix, notamment aux efforts faits par l’Union africaine pour formuler des politiques, définir une orientation et élaborer des programmes de formation en particulier dans les domaines de la réforme du secteur de la sécurité, de la reconstruction après les conflits et de la protection des civils, y compris le problème de la violence sexuelle en période de conflit armé,

Notant qu’il est nécessaire de procéder à une analyse détaillée des enseignements tirés de la coopération concrète entre l’Organisation des Nations Unies et l’Union africaine, en particulier en ce qui concerne l’Opération hybride Union africaine-Nations Unies au Darfour et la Mission de l’Union africaine en Somalie, conscient qu’il faut tirer parti de ces enseignements, et conscient aussi qu’il est utile qu’il coordonne avec le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine les politiques et stratégies en la matière,

Prenant note également du rapport du Président de la Commission de l’Union africaine sur le partenariat entre l’Organisation des Nations Unies et l’Union africaine dans le domaine de la paix et de la sécurité en Afrique pour une plus grande cohérence stratégique et politique en la matière,

Se félicitant du rapport du Secrétaire général sur la coopération entre l’Organisation des Nations Unies et l’Union africaine dans le domaine de la paix et de la sécurité (S/2011/805),

Se déclare résolu à prendre des mesures efficaces pour resserrer encore les relations entre l’Organisation des Nations Unies et les organisations régionales et sous-régionales, en particulier l’Union africaine, conformément au Chapitre VIII de la Charte des Nations Unies;

Encourage l’intervention continue des organisations régionales et sous-régionales dans le règlement pacifique des différends, notamment grâce à la prévention des conflits, à l’instauration de la confiance et aux efforts de médiation;

Encourage également les organisations régionales et sous-régionales à renforcer et accroître leur coopération, notamment pour renforcer leurs capacités respectives, en vue du maintien de la paix et de la sécurité internationales;

Réaffirme qu’il importe d’établir des relations plus efficaces entre le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine et lui-même, notamment dans les domaines de la prévention, du règlement et de la gestion des conflits, et des bureaux régionaux de prévention des conflits;

Prend note des conceptions stratégiques respectives du partenariat entre l’Union africaine et l’Organisation des Nations Unies telles qu’elles figurent dans le rapport du Secrétaire général de l’Organisation (S/2011/805) et du Président de la Commission de l’Union africaine, et souligne que l’action commune et concertée qu’il mène avec le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine en matière de paix et de sécurité devrait reposer sur leurs pouvoirs, leurs compétences et leurs capacités respectives;

Encourage l’amélioration de l’interaction, de la consultation et de la coordination régulières, selon que de besoin, entre le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine et lui sur des questions d’intérêt commun;

Souligne qu’il importe de mener une action internationale concertée face aux causes des conflits, est conscient de la nécessité de mettre au point des stratégies efficaces à long terme et souligne que tous les organes et institutions des Nations Unies doivent appliquer des stratégies préventives et prendre des mesures dans leurs domaines de compétence respectifs pour aider les États Membres et les organisations régionales à éradiquer la pauvreté, renforcer la coopération et l’aide au développement et promouvoir le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales;

Réaffirme qu’il incombe à tous les États Membres de régler les différends et les conflits par des moyens pacifiques, conformément à la Charte des Nations Unies, et demande à la communauté internationale d’appuyer les efforts engagés par l’Union africaine et des organisations sous-régionales en vue d’assurer le règlement pacifique des différends et de régler les conflits conformément à la Charte des Nations Unies;

Prie le Secrétaire général de tenir des consultations étroites avec l’Union africaine et les communautés économiques régionales, ainsi qu’avec des partenaires internationaux, sur les questions liées à la paix et à la sécurité en Afrique, en particulier dans le cadre de la prévention et du règlement des conflits;

Est conscient de l’importance du rôle des bons offices du Secrétaire général en Afrique et engage le Secrétaire général à continuer de recourir à la médiation aussi souvent que possible pour aider à régler les conflits de manière pacifique, en travaillant en étroite coordination avec l’Union africaine et les organisations sous-régionales à cet égard, selon que de besoin;

Demande au Bureau des Nations Unies auprès de l’Union africaine de poursuivre ses efforts visant à renforcer la coopération entre le Secrétariat de l’Organisation des Nations Unies et la Commission de l’Union africaine, y compris dans le domaine de la médiation, et souligne qu’il importe d’accélérer la mise en œuvre, en étroite consultation avec les autres partenaires internationaux, du Programme décennal ONU-Union africaine de renforcement des capacités de l’Union africaine de 2006 qui est principalement axé sur la paix et la sécurité, en particulier la mise en place de l’architecture de paix et de sécurité de l’Union africaine, à titre de contribution importante à la prévention des conflits sur le continent africain;

Réaffirme le rôle crucial joué par les femmes dans la prévention et le règlement des conflits, les négociations de paix, la consolidation de la paix, le maintien de la paix, l’action humanitaire et la reconstruction après les conflits, et souligne que l’Organisation des Nations Unies et l’Union africaine doivent veiller à ce que les questions liées à la participation des femmes et à la prise en compte de la problématique hommes-femmes soient pleinement intégrées dans tous les efforts menés par les deux organisations pour assurer la paix et la sécurité, notamment grâce à la création des capacités nécessaires;

Prie instamment le Secrétaire général de continuer à veiller à ce que le Bureau des Nations Unies auprès de l’Union africaine, la Commission économique pour l’Afrique et les organismes des Nations Unies qui travaillent avec le Mécanisme de coordination régionale pour l’Afrique apportent un appui coordonné à l’Union africaine;

Se félicite des contacts réguliers entre le Secrétariat de l’Organisation des Nations Unies et la Commission de l’Union africaine, dans le cadre de l’Équipe spéciale conjointe Organisation des Nations Unies-Union africaine chargée des questions de paix et de sécurité, encourage l’Équipe spéciale à continuer de mettre l’accent sur les questions stratégiques et les problèmes propres à divers pays du continent africain qui présentent un intérêt pour les deux organisations et demande à l’Équipe spéciale d’examiner les moyens de renforcer la coopération entre l’Organisation des Nations Unies et l’Union africaine en ce qui concerne la prévention des conflits en Afrique et de fournir au Conseil de sécurité, après ses réunions, des informations actualisées;

Appuie la poursuite de l’interaction entre le Secrétariat de l’Organisation des Nations Unies et la Commission de l’Union africaine pour promouvoir l’échange d’information et, si besoin est, la coordination de la préparation de recommandations, notamment par le biais d’évaluations conjointes, le cas échéant, afin d’aider le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine et lui-même  à élaborer des positions et des stratégies cohérentes;

Appuie également la tenue de réunions d’information régulières par des hauts fonctionnaires de l’Organisation des Nations Unies à l’intention du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine et par l’Union africaine à son intention, qui constituent une contribution importante au renforcement des consultations, des échanges d’information et de la communication entre les deux organes sur des questions d’intérêt commun;

Décide, en consultation avec le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, de mettre au point de nouveaux moyens de renforcer les relations entre les deux Conseils, notamment en accroissant l’efficacité des réunions consultatives annuelles, en tenant des consultations en temps opportun et en organisant des missions sur le terrain conduites en collaboration par les deux Conseils, selon qu’il conviendra, en vue d’élaborer des cadres et des stratégies cohérentes, au cas par cas, pour faire face à des situations de conflit en Afrique;

Décide également d’assurer le suivi des communiqués des réunions consultatives annuelles des deux Conseils, notamment dans le cadre du Groupe de travail spécial sur la prévention et le règlement des conflits en Afrique;

Souligne la nécessité de rendre plus prévisible, durable et souple le financement des organisations régionales lorsqu’elles entreprennent des missions de maintien de la paix sous mandat des Nations Unies;

Réaffirme qu’il appartient aux organisations régionales de mobiliser les ressources humaines, financières, logistiques et autres dont elles ont besoin, notamment grâce aux contributions versées par leurs membres et à l’appui de leurs partenaires, et se félicite de l’appui financier précieux fourni par les partenaires de l’Union africaine à ses opérations de maintien de la paix, y compris par le biais de la Facilité de soutien à la paix pour l’Afrique, et invite tous les partenaires à maintenir leur appui;

Prie le Secrétaire général, en consultation avec l’Union africaine, de procéder à une analyse détaillée des enseignements tirés de la coopération pratique entre l’Organisation des Nations Unies et l’Union africaine, en particulier en ce qui concerne l’Opération hybride Union africaine-Nations Unies au Darfour ainsi que la Mission de l’Union africaine en Somalie afin d’améliorer la coordination selon qu’il conviendra;

Prie également leSecrétaire général de lui faire, selon que de besoin, dans les rapports qu’il lui présente périodiquement, le bilan de la coopération entre l’Organisation des Nations Unies et les organisations régionales et sous-régionales concernées;

Décide de rester saisi de la question.

Rapport du Secrétaire général sur la coopération entre l’Organisation des Nations Unies et l’Union africaine dans le domaine de la paix et de la sécurité (S/2011/805)

Le présent rapport fait le point de l’action menée en coopération par l’ONU et l’Union africaine dans le domaine de la paix et de la sécurité, et plus particulièrement de la prévention des conflits, de la médiation, du maintien de la paix, de la consolidation de la paix, des droits de l’homme et des affaires humanitaires.

Dans ses observations, le Secrétaire général souligne qu’il est crucial qu’il y ait plus de communication informelle entre le Conseil de sécurité et le Conseil de paix et de sécurité et leurs États membres, afin qu’une perspective commune soit adoptée et que l’action soit coordonnée avant que chacun prenne ses décisions.

Il qualifie d’encourageant le débat de fond qui a eu lieu à Addis-Abeba le 21 mai 2011, lors de la dernière réunion des membres du Conseil de sécurité et du Conseil de paix et de sécurité, et estime qu’il serait bon que soient organisées, en plus de la réunion annuelle des deux organes, des consultations régulières des membres africains du Conseil de sécurité et des membres du Conseil de paix et de sécurité sur les questions inscrites à l’ordre du jour des deux organes.

Les réunions de haut niveau et les mini-réunions au sommet sur la Côte d’Ivoire, la Libye, la Somalie et le Soudan, ainsi que les réunions du « Groupe du Caire » sur la Libye auxquelles ont participé l’Union africaine, les communautés économiques régionales et d’autres organisations régionales et partenaires clefs se sont révélées être de bons moyens de consultation, de coordination et de mobilisation pour une action commune de la communauté internationale.

Pour le Secrétaire général, le Secrétariat de l’ONU et la Commission de l’Union africaine doivent collaborer de plus près, échanger des informations et arrêter des positions communes et des recommandations harmonisées afin d’aider le Conseil de sécurité et le Conseil de paix et de sécurité à formuler des positions et des stratégies cohérentes.  Pour tirer parti des meilleures pratiques et des leçons tirées de l’expérience, ajoute-t-il, il serait bon d’arrêter des modalités de consultation qui permettent au Secrétariat de l’ONU et à la Commission de l’Union africaine d’agir de concert quand une crise se déclenche.

Ces modalités, précise-t-il, doivent reposer sur une vision commune du processus politique et préserver l’unité du commandement et de direction stratégique, et garantir la disponibilité des ressources et moyens critiques.

Dans ce rapport, le Secrétaire général met également l’accent sur la nécessité de continuer de chercher des moyens d’assurer un financement prévisible et durable des opérations de paix de l’Union africaine, y compris de la Force africaine en attente.  Il exhorte notamment les États membres de contribuer davantage au financement des opérations de soutien à la paix de l’Union africaine et redemande aussi que tous les États membres qui le peuvent versent des contributions volontaires au Fonds africain pour la paix.

Déclarations

M. JACOB ZUMA, Président de l’Afrique du Sud, a rappelé que les rédacteurs de la Charte des Nations Unies ont prévu la coopération entre l’ONU et les organisations régionales en ce qui concerne le maintien de la paix et de la sécurité internationales, alors même que ces organisations n’existaient pas encore et que la plupart des pays africains étaient toujours sous la tutelle coloniale. 

Il a aussi souligné l’absence des pays africains à l’époque de la création de l’ONU, une absence qui se perpétue puisqu’aucun pays africain n’occupe un siège permanent au Conseil de sécurité, alors qu’environ 70% des questions à l’ordre du jour concernent l’Afrique et ses 54 Membres de l’ONU.  Il a ainsi souligné l’urgence qu’il y a à procéder à une réforme de fond du Conseil afin qu’il devienne plus représentatif et plus légitime.

L’Union africaine, qui a été créée il y a 10 ans, contribue grandement à l’amélioration de la paix et de la sécurité, ainsi qu’à la promotion de la démocratie et au respect des droits de l’homme en Afrique, a affirmé le Président sud-africain.  Soulignant le rôle premier du Conseil de sécurité de l’ONU dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales, il a tout de même souligné les avantages des organes régionaux qui sont plus proches des situations et des questions à résoudre.  Nous soutenons donc le principe de complémentarité entre l’Union africaine et l’ONU, ainsi qu’entre leurs conseils de sécurité respectifs, a-t-il dit.

M. Zuma s’est dit satisfait de la coopération qui existe depuis 10 ans entre les deux institutions et qui s’est renforcée au cours des ans.  Mais, a-t-il tempéré, une relation encore plus forte aurait permis d’éviter la situation qu’a connue la Libye l’année dernière, a-t-il estimé, rappelant que l’Union africaine avait élaboré une feuille de route politique qui aurait pu aider à la résolution du conflit politique.  « Le plan de l’Union africaine a été complètement ignoré à la faveur de bombardements par les forces de l’OTAN », a-t-il dénoncé, estimant que les conséquences de ce choix se ressentent maintenant au niveau régional. 

L’Union africaine estime que la résolution 1973 du Conseil de sécurité a fait l’objet d’abus, a expliqué M. Zuma, souhaitant tirer la leçon de cette expérience en vue d’arriver à une plus grande cohérence politique et à une vision commune entre l’Union africaine et l’ONU pour la résolution des conflits africains.  Il faut maintenant que l’ONU, l’Union africaine et la Ligue des États arabes travaillent de concert pour aider le peuple libyen. 

Le Président a demandé que « ceux qui mettent en œuvre les décisions du Conseil de sécurité de l’ONU les interprètent correctement ».  Se rappelant l’époque de la guerre froide, il a voulu que « l’Afrique ne soit plus le terrain de jeu des autres ».

Entre l’Union africaine et l’ONU, a-t-il préconisé, il faut une plus grande cohérence stratégique, grâce à une relation institutionnalisée entre le Conseil de sécurité de l’ONU et le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine.  Il faut aussi définir les modalités de la coopération et du processus de prise de décisions entre les deux institutions.  Il faut également définir un partage clair des tâches, a-t-il ajouté, en tenant compte des compétences et des avantages comparatifs.  Enfin, le Président a souligné l’importance de renforcer les capacités et d’allouer des ressources suffisantes.

Le Congrès national africain, plus vieux mouvement de libération en Afrique, vient de célébrer son centenaire, a souligné M. Zuma, avant de remercier les Membres des Nations Unies pour le soutien qu’ils ont apporté à la lutte du peuple sud-africain pour la liberté.  En déclarant que l’apartheid était un crime contre l’humanité, l’ONU avait mis une grande pression sur ses partisans, a-t-il rappelé.

M. BAN KI-MOON, Secrétaire général des Nations Unies, a affirmé que les efforts collectifs de l’ONU, de l’Union africaine et des organisations sous-régionales, en matière de prévention de conflit et de médiation, ainsi que de consolidation et de maintien de la paix faisaient une véritable différence pour le continent africain.  Il a convenu que des divergences se font jour.  « C’est naturel.  Des organisations dotées de mandats, de membres et de perspectives différents, auront parfois des différences d’approche. »  Ce qui importe, a-t-il ajouté, c’est la manière avec laquelle nous gérons ces différences, la manière dont nous travaillons ensemble.

Le Secrétaire général a ensuite indiqué que le partenariat avec l’Union africaine au niveau du Secrétariat avait été renforcé de plusieurs manières.  Il a notamment vu dans l’Équipe spéciale conjointe chargée des questions de paix et de sécurité un mécanisme de consultation effectif pour tout un éventail de questions allant de la Côte d’Ivoire à la Libye, en passant par la Somalie et le Soudan.  Il a expliqué que le Bureau de l’ONU à Addis-Abeba avait été réorganisé de manière à renforcer la coopération et ajouté que le Secrétariat appuie le projet de l’Union africaine pour l’élargissement des opérations de laMission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM).

M. Ban a aussi indiqué que les bureaux régionaux de l’ONU ainsi que ses opérations de maintien de la paix et ses missions politiques spéciales coopéraient de manière rapprochée avec l’Union africaine et les organisations sous-régionales.  Il a mentionné à titre d’exemple les efforts de médiation au Darfour, l’appui que l’ONU accorde à l’AMISOM ainsi que les efforts conjoints de lutte contre l’Armée de résistance du Seigneur (LRA). 

Il a aussi parlé du rôle joué par le Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest pour désamorcer les tensions dans la région et a estimé que le nouveau Bureau des Nations Unies pour l’Afrique centrale avait la capacité d’en faire autant.  Le Secrétaire général a également estimé que les missions d’évaluation conjointes s’étaient avérées essentielles pour garantir une compréhension commune des questions émergentes, et a annoncé dans la foulée qu’une mission conjointe venait d’être récemment déployée dans les quatre pays touchés par la LRA.

Encouragé par les progrès concrets réalisés ces dernières années, le Secrétaire général a néanmoins mis l’accent sur l’importance de mettre à profit les enseignements tirés, de créer de nouveaux outils et d’intensifier l’engagement avec la société civile et les organisations de femmes qui jouent un rôle actif dans les domaines de la médiation et de la prévention de conflit, au niveau local notamment. 

M. Ban a appelé à plus de souplesse et de créativité face à des situations complexes qui exigent une action conjointe.  Nous devons maximiser nos efforts collectifs et nos ressources limitées et faire en sorte que chaque partenariat ait une division clairement définie du travail, du rôle et de la responsabilité de chaque organisation.  Les organisations régionales, a-t-il observé, ont des avantages comparatifs, tout comme l’ONU, à commencer par le poids du droit international et la responsabilité première du Conseil de sécurité en matière de maintien de la paix et de la sécurité internationales.

M. RAMTANE LAMAMRA, Commissaire à la paix et à la sécurité de l’Union africaine, a estimé que ce débat se déroulait alors qu’il y avait une nouvelle prise de conscience quant à la nécessité de renforcer le partenariat entre l’ONU et l’Union africaine.  Il a parlé des troubles qu’avait connus ce partenariat au cours de l’année écoulée et a qualifié de pressante la nécessité de l’améliorer. 

Il s’est félicité du fait que les relations stratégiques entre l’ONU et l’Union africaine étaient en hausse constante et a salué les consultations régulières entre des hauts fonctionnaires des deux organisations ainsi que les efforts déployés par le Conseil de sécurité et le Conseil de paix et de sécurité pour renforcer leur partenariat.  Nous ne sommes qu’au début de notre parcours vers des relations plus stratégiques, a-t-il ajouté.

M. Lamamra a rappelé que le continent africain avait le nombre le plus important de conflits au monde.  Il a parlé des violences électorales qui, a-t-il relevé, risquent de nuire à l’établissement de la démocratie, ainsi que du terrorisme, aggravé par la prolifération d’armes, et de la piraterie.  Il a ajouté comme autre problème les différends frontaliers qui débouchent sur des zones non définies.  Il a également parlé des conséquences des changements climatiques sur le rendement agricole et les flux migratoires, entre autres.  Ces défis, a-t-il ajouté, exigent un partenariat beaucoup plus étroit entre l’ONU et l’Union africaine, fondé sur une interprétation créative du Chapitre VIII de la Charte.

Le Commissaire a estimé qu’il était essentiel de fournir un appui plus efficace au contient africain et à ses institutions, d’autant plus que le continent a, a-t-il affirmé, démontré une détermination renouvelée à répondre aux défis qu’il connait en matière de paix et de sécurité.  Il a évoqué la « ferme volonté » manifestée par l’Union africaine de prendre des risques pour faire avancer son programme de paix.  Il a donc regretté le manque de ressources fiables, prévisibles et durables.

Partisan d’un partenariat plus ferme entre l’ONU et l’Union africaine, M. Lamamra a estimé important de convenir d’un ensemble de principes pour préciser les relations entre les deux organisations et les ancrer plus solidement.  Selon lui, ces principes devraient se fonder sur l’appui à accorder à l’appropriation africaine et à l’établissement par le continent des priorités, ainsi que sur le partage du travail et les avantages comparatifs, entre autres.

Il a également appelé au renforcement de l’efficacité des réunions annuelles entre les deux organes et a cité les mérites des missions conjointes effectuées sur le terrain.  Il a estimé que le Conseil de sécurité devait prendre dûment en considération les demandes légitimes de l’Union africaine, notamment en ce qui concerne le financement de ses missions de maintien de la paix.

Il faut tirer les leçons de nos lacunes mais également de nos succès.  Le moteur de notre action doit être l’impératif de répondre à la situation sur le terrain, de consolider la paix et d’aider l’Afrique à exploiter pleinement son potentiel pour le bien de son peuple et de toute l’humanité, a lancé le représentant.  Il a exhorté l’ONU à appuyer « sans réserve » les efforts de l’Union africaine, en mettant ses experts à contribution.

M. MOSES WETANG’ULA, Ministre des affaires étrangères du Kenya et Président du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, a dénoncé quelques tendances « indésirables » dans les relations entre le Conseil de sécurité et les organisations régionales.  Il a rappelé la manière dont le Conseil ignore totalement ou partiellement la position ou les recommandations de l’Union africaine, en citant les cas de la Libye et de la Côte d’Ivoire, l’année dernière.  Il a aussi dénoncé le fossé entre les opérations et leurs financements comme c’est le cas pour la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM). 

Du point de vue institutionnel, le Ministre a estimé qu’il est temps de clarifier les rôles et les responsabilités des organes de l’ONU et de l’Union africaine.  Du point de vue opérationnel, il a appelé à l’abandon de la doctrine selon laquelle l’ONU n’intervient que lorsqu’il y a une paix à maintenir.  Une telle doctrine a fait que les situations les plus difficiles sont laissées aux organisations les moins financées et les moins équipées.

Le Ministre a rappelé que l’Union africaine vient de présenter au Conseil de sécurité le « concept stratégique pour les futures opérations de la Mission de l’Union africaine en Somalie », signe d’une coopération croissante entre les deux organisations.  Il a espéré que le Conseil de sécurité se prononcera rapidement sur ce concept. 

S’agissant de la médiation, il a estimé que le cas du Soudan a été une leçon vitale sur la complémentarité, les avantages comparatifs et la convergence stratégique entre l’Union africaine et l’ONU. 

Se fondant sur ces observations, le Ministre a présenté une interprétation plus innovante du Chapitre VIII de la Charte sur la coopération avec les organisations régionales.  L’interprétation se fonde sur les principes suivants: laisser à l’Union africaine la direction des affaires dont l’établissement des priorités; appliquer de manière souple et innovante le principe de complémentarité; promouvoir le respect mutuel et adhérer au principe des avantages comparatifs. 

Mme MARIA ÁNGELA HOLGUÍN CUÉLLAR, Ministres des affaires étrangères de la Colombie, a rappelé qu’elle soutient le rétablissement de mécanismes pacifiques de résolution des conflits, soulignant à cet égard l’importance du Chapitre VI de la Charte des Nations Unies.  Ce chapitre engage l’ONU et son Conseil de sécurité à rechercher des solutions durables par la voie de la négociation, de la médiation et d’accords.  Pour cela, le rôle, la vision et le leadership des organisations régionales sont cruciaux, a-t-elle précisé.  La Ministre a cité les cas du Kenya, du Darfour, de la Somalie et de la Guinée-Bissau.

Mme Holguín Cuéllar a rappelé que 25 opérations des Nations Unies ont été autorisées par le Conseil de sécurité depuis 1990.  Elle a soulevé la question de la présence prolongée de certaines de ces opérations sur le terrain, qui révèle un besoin d’évaluation des stratégies de sortie et du renforcement des capacités nationales.  L’expérience de l’Union africaine met en évidence l’importance d’une approche intégrée des conflits.  Enfin, la Ministre a estimé que les efforts de coopération doivent être constamment revus afin que cette coopération devienne une structure permanente et qu’elle ne serve pas qu’à résoudre des problèmes temporaires.

M. ELMAR MAMMADYAROV, Ministre des affaires étrangères de l’Azerbaïdjan, a affirmé que son pays, qui souffre de l’occupation de près de 20% de son territoire et du déplacement forcé de centaines de milliers de ses citoyens, avait pleinement conscience des menaces et des défis qui touchent les États en proie à des conflits non résolus, y compris en Afrique.  L’Union africaine, a-t-il dit, a réalisé des efforts importants en matière de paix, de sécurité et de stabilité sur le continent et a démontré sa capacité à assurer le leadership.  Le Ministre a jugé essentiel de solidifier les efforts conjoints visant à la prévention des conflits.  De même, a-t-il mis l’accent sur le rôle crucial des femmes dans le domaine de la prévention et de la résolution des conflits, des négociations de paix, de la consolidation et du maintien de la paix, de l’intervention humanitaire et de la reconstruction postconflit. 

Le Ministre a estimé qu’il était important que le Conseil de sécurité de l’ONU et le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, ainsi que les secrétariats des deux organisations, renforcent leurs relations, notamment par le biais de réunions annuelles et d’une plus grande communication entre elles.  Il a exprimé le plein appui de sa délégation au projet de résolution sud-africain visant à développer des relations de partenariat efficaces et la coopération entre les deux organisations.

M. HAROLDO RODAS MELGAR, Ministre des affaires étrangères du Guatemala, a affirmé que le débat actuel était particulièrement pertinent car la coopération régionale était un des piliers de la politique étrangère de son pays.  Il a estimé que la sous-région de l’Amérique centrale avait été un pionnier de la promotion d’un processus d’intégration plus élargi et plus approfondi. 

Il s’est félicité des progrès réalisés dans le partenariat entre le Conseil de sécurité et l’Union africaine, relevant néanmoins qu’on pouvait faire davantage en matière de médiation et de prévention de conflit.  Il a estimé que les mécanismes de renforcement du consensus devaient permettre de résoudre les divergences de point de vue.

Pour M. Melgar, le partenariat entre le Conseil de sécurité et les institutions régionales peut être productif.  Il s’est félicité à ce titre de la tendance croissante du Conseil à suivre les directives proposées par les entités régionales.  Il a cité en exemple la MINUAD et l’AMISOM.  Il a prévenu que la coopération entre l’ONU et les institutions régionales allait bien au-delà des mandats du Conseil de sécurité et devait viser le domaine du développement, une activité de prévention des conflits.

Mme SUSAN RICE (États-Unis) a estimé que les relations entre l’ONU et l’Union africaine sont importantes pour les deux organes.  Le moment est venu de tirer les enseignements pour voir ce qui peut être amélioré, a-t-elle dit.  Depuis 2002, lorsque l’Union africaine a succédé à l’Organisation de l’unité africaine (OUA), les gouvernements africains ont démontré qu’en agissant ensemble ils pouvaient prévenir des conflits.  Ce qui est courageux, a-t-elle estimé, c’est que la Charte de l’Union africaine reconnait qu’il peut être nécessaire d’intervenir dans les affaires d’un État Membre dans des cas très graves. 

Elle s’est souvenue de la première mission de l’Union africaine déployée au Burundi, en 2003, puis de la façon dont elle a agi avec responsabilité au Darfour, dès 2004, avec la Mission de l’Union africaine au Soudan (MUAS).  L’Union africaine a aussi été active dès le début pour insister sur la paix entre le Soudan et le Soudan du Sud, a rappelé la représentante, soulignant également qu’elle a accepté une mission très difficile en Somalie.

L’ONU a besoin d’une Union africaine forte et inversement, a-t-elle insisté.  Elle a cependant reconnu que les États africains se sentent parfois ignorés par les membres du Conseil de sécurité.  Mais, s’est-elle justifiée, le Conseil de sécurité, qui a un mandat unique et universel de maintien de la paix et de la sécurité internationales, n’est pas assujetti à d’autres organes régionaux.  Si le Conseil de sécurité doit coopérer étroitement avec les organisations régionales, il ne doit pas pour autant donner de chèque en blanc sur les plans politique et financier. 

La représentante américaine a demandé au Conseil de sécurité de définir ses relations avec l’Union africaine de façon plus précise afin de mieux relever les défis pressants.  Il faut faire plus qu’institutionnaliser les réunions entre le Conseil de sécurité et le Conseil de paix et de sécurité, a-t-elle dit, en suggérant notamment une collaboration soutenue sur les enseignements tirés et les pratiques optimales. 

Elle a souligné que, comme en Bosnie-Herzégovine, les opérations à commandement conjoint ne fonctionnent pas très bien et que les missions hybrides présentent des difficultés.  L’ONU pourrait être plus efficace à Addis-Abeba, a-t-elle estimé, évoquant des chevauchements inutiles.  Il faut, selon elle, que l’Union africaine recense ses priorités et que l’ONU y réagisse.  Elle a soutenu une plus grande coopération dans le domaine de la prévention des conflits et la médiation. 

Mme CORNELIA PIEPER, Ministre d ’État de l’Allemagne, s’est félicitée de ce que le partenariat entre l’ONU et l’Union africaine se soit « particulièrement bien développé ».  Elle a salué les réunions régulières entre le Conseil de sécurité et le Conseil de paix et de sécurité, estimant toutefois que davantage de progrès était possible.  Nous devons avoir recours à des moyens tant formels qu’informels pour intensifier la coopération, a-t-elle affirmé. 

L’Allemagne, a-t-elle ajouté, appuie l’idée d’inviter des représentants de l’Union africaine et d’organisations sous-régionales africaines aux sessions du Conseil de sécurité sur une base ad hoc.  Elle a également estimé que plus d’attention devait être accordée à la prévention de conflit et à la médiation, et a appelé les organisations sous-régionales africaines et les représentants spéciaux du Secrétaire général à travailler ensemble de manière plus systématique.

La représentante a mis l’accent sur la nécessité d’analyser constamment l’expérience tirée du partenariat entre l’ONU et l’Union africaine, notamment du travail des missions de l’AMISOM et de la MINUAD.  Mme Pieper a par ailleurs estimé que même si le Plan décennal de renforcement des capacités était un instrument utile, l’adoption de directives de mise en œuvre clairement définies permettrait de le rendre encore plus efficace.  Une coopération effective entre l’ONU et l’Union africaine pourrait également profiter des efforts d’autrui, notamment ceux de l’Union européenne et des partenaires bilatéraux, a-t-elle ajouté.  Elle a ensuite passé en revue les efforts d’appuis logistique et financier déployés par l’Union européenne en Afrique.

M. EDOUARD COURTIAL, Secrétaire d’État aux affaires étrangères et européennes de la France, a souhaité que le partenariat original entre l’ONU et l’Union africaine, pleinement inscrit dans l’esprit du Chapitre VIII de la Charte des Nations Unies, perdure et s’intensifie.  Il a rappelé la présence sur le terrain de l’ONU, grâce à ses bureaux régionaux à Dakar et à Libreville, qui a permis notamment une médiation en Guinée, au Niger et au Benin.  Les Nations Unies ont en outre renforcé les capacités de médiation de l’Union africaine en soutenant la mise en place d’une cellule au sein de la Commission de l’Union africaine.  M. Courtial a souligné l’importance de cette médiation actuellement en Somalie et au Soudan.

Le Secrétaire d’État a ensuite rappelé le soutien qu’apporte l’ONU aux missions de maintien de la paix de l’Union africaine, au Darfour et en Somalie.  Alors que l’Union africaine sollicite un renforcement de l’appui de l’ONU à l’AMISOM, il conviendra de veiller à ce que les options promues ne soient pas exclusivement sécuritaires, a-t-il demandé.  En ce qui concerne le financement des opérations, il s’est réjoui de la réforme entreprise par l’Union africaine pour améliorer ses méthodes de gestion et diversifier ses sources de financement. 

M. Courtial a aussi insisté sur la consolidation de la paix, indiquant à cet égard que la France soutient l’organisation d’élections libres, justes et pacifiques.  Il s’est aussi félicité de l’adoption récente d’uns stratégie contre la LRA par l’Union africaine.  M. Edouard Courtial a conclu en appelant de ses vœux une plus grande coopération entre l’ONU et l’Union africaine, ajoutant que l’Afrique doit occuper toute la place qui lui revient, y compris parmi les membres permanents du Conseil de sécurité.

M. LUIS BRITES PEREIRA, Secrétaire d’État aux affaires étrangères et à la coopération du Portugal, a remarqué qu’on ne peut pas arrêter le développement du rôle institutionnel et politique de l’Union africaine.  Le renforcement de la présence de l’ONU à Addis-Abeba est la preuve de l’affirmation progressive de l’Union africaine en tant que chef de file et acteur inconditionnel des processus de paix en Afrique, a-t-elle relevé.  Elle a souhaité que le dialogue entre le Conseil de sécurité et le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine soit plus substantiel et productif, en relevant les questions qui préoccupent les deux organes comme les droits de l’homme ou l’état de droit.

Pour Mme Pereira, un des aspects les plus importants dans les relations entre l’ONU et l’Union africaine est le renforcement des capacités de l’Union africaine, notamment dans les domaines de la médiation et de la prévention des conflits.  Elle a souhaité que l’ONU ainsi que d’autres partenaires internationaux, comme l’Union européenne, continuent à soutenir les capacités de l’Union africaine, citant à cet égard l’importance de la mise en œuvre du Programme décennal de renforcement des capacités.  La Secrétaire d’État a aussi  encouragé la coopération entre le Bureau des Nations Unies auprès de l’Union africaine et l’Union africaine lors de la planification et de la conduite des opérations de maintien de la paix en Afrique.

M. LIU GUIJIN, Représentant spécial du Gouvernement chinois pour les questions africaines, a déclaré qu’au cours de ces trois dernières années, grâce aux efforts concertés de toutes les parties, la coopération entre l’ONU et l’Union africaine a été considérablement renforcée, permettant ainsi la création de mécanismes d’échanges entre le Conseil de sécurité de l’ONU et le Conseil de paix et sécurité de l’Union africaine.  Les deux institutions ont réalisé des progrès en matière de coopération concernant la situation au Darfour et celle en Somalie et contribué à l’amélioration de la situation en matière de paix et de sécurité en Afrique.  Aider l’Afrique à faire face aux défis mondiaux n’incombe pas seulement à la communauté internationale mais également à toutes les parties concernées, a-t-il fait remarquer.  En tant qu’organisation universelle, l’ONU a un rôle unique à jouer en fournissant une assistance à l’Afrique et devrait travailler en étroite coopération avec l’Union africaine pour parvenir à de meilleurs résultats.  C’est dans ce cadre que nous devons prendre conscience de l’urgence à apporter des solutions aux questions africaines et continuer à soutenir les efforts en Afrique, a souligné M. Liu Guijin. 

Les Nations Unies et la communauté internationale devraient entendre les positions exprimées par les pays africains et répondre à leurs préoccupations, a-t-il insisté.  Les Nations Unies devraient continuer à mobiliser des ressources, tout en en assurant une utilisation optimale, et appuyer en priorité les efforts visant à instaurer la paix et la sécurité en Afrique.  Il faudrait appuyer fermement les efforts entrepris par les pays africains pour régler les problèmes auxquels ils sont confrontés.  En tant qu’organisation régionale, l’Union africaine est mieux placée pour comprendre ces problèmes, a estimé le représentant.  La communauté internationale doit, pour sa part, faire confiance dans la sagesse et l’expérience des peuples africains, entendre leur voix et appuyer tous les efforts de l’Union africaine en matière de médiation, de bons offices et de maintien de la paix.  Il faudrait également assister l’Union africaine à renforcer ses capacités.  Tout en rappelant qu’en dernier ressort, il incombe aux pays africains d’assurer leur stabilité et leur développement, il a estimé que les Nations Unies et la communauté internationale devraient répondre de manière sincère aux demandes de l’Union africaine et renforcer la coopération en matière de formation, de création des institutions, d’échange d’informations, de gestion des ressources et d’appui logistique, comme ce fut le cas avec l’AMISOM ou la MINUAD.

M. KOFFI ESAW, Envoyé spécial du Président du Togo, a constaté que les manques de coordination souvent apparus, la lenteur dans la mobilisation des moyens de soutien logistique et les ressources financières insuffisantes pour ce qui concerne l’AMISOM ont longtemps été à la base du succès « à demi-teinte » de cette mission.  L’idéal, a-t-il observé, serait que les Nations Unies travaillent à assurer un accroissement du financement de l’AMISOM à défaut de la transformer en une mission onusienne.

Il a estimé que la coopération dans la prévention des conflits et la médiation devait être priorisée et a vu dans la diplomatie préventive « de loin la plus rentable de toutes les opérations de maintien de la paix ».  Parce qu’elle est moins chère et parce qu’elle permet d’éviter le recours aux armes, a-t-il ajouté, elle devrait être privilégiée.  M. Esaw a par ailleurs estimé que la lutte contre les fléaux de la drogue, de la criminalité transnationale organisée et de la prolifération des armes, dans la région du Sahel notamment, devait être renforcée.

Le représentant a ensuite vu dans la protection des civils un autre volet important de la coopération ONU-Union africaine et a souligné que la formation des troupes dans la mise en œuvre des directives pertinentes devait être généralisée et financièrement soutenue.  M. Esaw a observé que la gestion des crises ivoirienne et libyenne était révélatrice des dysfonctionnements entre le Conseil de sécurité et le Conseil de paix et de sécurité.  Les tergiversations sur les actions à mener dans ces crises ont été très préjudiciables.  Il a estimé que les règles établies par les mécanismes de règlement de conflit des organisations sous-régionales devaient être observées en priorité. 

M.MARK LYALL GRANT (Royaume-Uni) a appuyé les efforts liés à la coopération entre le Conseil de sécurité et les organisations régionales.  Il a toutefois rappelé qu’il peut y avoir des divergences entre certaines organisations régionales, comme cela a été le cas récemment pour la Libye, ou encore pour la Côte d’Ivoire entre la CEDEAO et l’Union africaine.  Les organisations régionales ont des atouts comparatifs en ce qui concerne leurs connaissances de la région et leur capacité à se mobiliser, a tout de même reconnu le représentant.  Ces organisations ont déjà travaillé de façon efficace sur de nombreux pays, a-t-il expliqué, en notant en revanche, des cas, comme au Soudan, où leurs relations ont été plus difficiles.

En ce qui concerne les relations institutionnelles entre l’ONU et l’Union africaine, M. Lyall Grant s’est félicité notamment de l’intensification de la collaboration entre le Secrétariat de l’ONU et la Commission de l’Union africaine.  Il a réaffirmé le soutien de son pays au Programme décennal de renforcement des capacités et s’agissant de l’avenir de l’AMISOM, il a dit attendre les recommandations du Secrétaire général sur la question.  Cette mission a tiré parti des relations entre l’ONU et l’Union africaine, a-t-il relevé, l’ONU lui ayant porté une assistance en temps réel. 

Le représentant a recommandé que le Conseil de sécurité examine toutes les questions en jeu au cours d’une retraite et a plaidé en faveur d’une plus grande coopération en matière de diplomatie préventive et d’alerte rapide entre les organisations régionales et l’ONU.  Il faudrait aussi une meilleure coordination des donateurs pour le renforcement des capacités.  Il a encouragé les partenaires internationaux à renforcer la prévisibilité des ressources financières pour les organisations régionales qui mettent en œuvre un mandat de maintien de la paix confié par l’ONU.

M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) s’est dit satisfait de constater que le règlement diplomatique des conflits était privilégié sur le continent africain.  Il a estimé que le renforcement du partenariat entre l’ONU et l’Union africaine avait le potentiel d’améliorer les politiques de lutte anticrise, ajoutant qu’il était important de continuer d’encourager les initiatives de diplomatie préventive et de règlement pacifique des différends.  Il a notamment misé sur la bonne mise en œuvre du Programme décennal de renforcement des capacités et a appuyé la création d’une architecture panafricaine de renforcement de la paix.  Le représentant s’est félicité du mécanisme spécial pour la Somalie et a estimé que le Bureau de l’ONU auprès de l’Union africaine doit être un élément central de la coordination entre les deux organisations.  Le représentant a conclu en soulignant que de nombreux ressortissants africains étaient formés aux politiques de maintien de la paix dans des établissements russes.

M. ABDULLAH HUSSAIN HAROON (Pakistan) a estimé que l’accent doit être mis sur trois domaines clefs pour renforcer la coopération entre l’Union africaine et les Nations Unies.  Il a d’abord jugé essentiel que la réunion annuelle des deux Conseils aboutisse à des positions et stratégies cohérentes.  Pour ce faire, les deux organes doivent se voir plus souvent tout comme le Secrétariat de l’ONU et la Commission de l’Union africaine, entre autres organes des deux organisations.  M. Haroon a aussi prôné des interactions régulières entre les organisations sous régionales en Afrique pour développer des points communs et assurer ainsi une mise en œuvre sans heurt des décisions.  Enfin, le représentant a estimé que la coopération entre l’Union africaine et l’ONU pourrait être optimisée en donnant la priorité à des domaines tels que le renforcement des capacités.

Étant donné que le travail de l’Union africaine se fonde principalement sur le Chapitre VI de la Charte, le renforcement des capacités devrait porter sur des questions telles que la médiation, l’arbitrage et autres mesures de diplomatie préventive.  Une autre voie de coopération est la réforme du secteur de la sécurité, domaine pour lequel l’Union africaine a élaboré un cadre de politique qui doit être soutenu par l’ONU, a ajouté le représentant.  Il serait aussi utile, a-t-il conclu, d’élargir le champ de coopération à des questions telles que les pratiques commerciales, la sécurité alimentaire ou environnementale et les institutions publiques. 

M. HARDEEP. S. PURI (Inde) a jugé important que le Conseil de sécurité de l’ONU « écoute » l’Afrique, afin de compléter les activités des organisations africaines et de mieux comprendre la situation sur le terrain.  Il a rappelé que le Chapitre VIII de la Charte prévoit un cadre de coopération et s’est félicité de la mise en place du Bureau des Nations Unies auprès de l’Union africaine qui devrait faciliter une coopération systématique entre les deux organisations.

L’Union africaine a déjà prouvé sa capacité à traiter les questions africaines, a poursuivi M. Puri, faisant notamment référence au Panel de haut niveau sur le Soudan.  Il a plaidé en faveur d’une meilleure anticipation dans les domaines clefs comme celui des ressources financières.  En matière de coopération, il a appelé le Conseil de sécurité à ne pas se montrer sélectif.  Il a donné l’exemple de son pays qui a institutionnalisé sa coopération avec l’Union africaine et versé 2 millions de dollars pour le financement de l’AMISOM.  L’Inde a également promis 5 milliards de dollars pour les trois prochaines années afin d’aider l’Afrique à atteindre ses objectifs de développement. 

M. MOHAMMED LOULICHKI (Maroc) a fait part des nombreuses contributions de son pays à la transition démocratique en Afrique ainsi qu’au développement par le biais d’une coopération commerciale renforcée et de projets ciblés.  Il a dit l’attachement de son pays au projet du Grand Maghreb et a indiqué que, de concert avec d’autres États d’Afrique, le Maroc avait établi un groupe de mise en commun d’expertise pour lutter contre la criminalité organisée.  En matière de coopération avec les organisations régionales, le représentant a insisté sur l’importance des évaluations conjointes et des consultations.  Il faut également combattre les éléments perturbateurs et éviter les chevauchements.

M. KONGIT SINEGIORGIS (Éthiopie) a souligné que l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) se sentait encouragée par le niveau de coopération entre les Nations Unies et l’Union africaine, ainsi qu’avec les Organisations sous-régionales africaines.  Ces dernières années, d’importants progrès ont été faits en matière de résolution des conflits, de maintien et de consolidation de la paix, et de reconstruction postconflit, a-t-il dit, citant des succès comme l’Accord de paix global au Darfour, l’Opération hybride de l’Union africaine et des Nations Unies au Darfour (MINUAD) ou encore la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM).  L’IGAD est engagée de manière inébranlable à faire tous les efforts possibles de coordination des efforts sous-régionaux et régionaux, a-t-il assuré, rappelant qu’aucune réunion de l’IGAD ne se tenait sans la présence de l’Union africaine. 

Toutefois, malgré de nombreux développements positifs, les défis demeurent en matière de clarté des mandats et de financement, a rappelé M. Sinegiorgis. C’est pourquoi il a plaidé pour un soutien du Conseil de sécurité à l’Union africaine et aux organisations sous-régionales comme l’IGAD, sur la base de la complémentarité et de la subsidiarité, comme tenu de leur positionnement privilégié, à la fois géographiquement, politiquement et culturellement.  Sans porter atteinte au mandat global du Conseil de sécurité, un soutien de la communauté internationale à ces institutions serait bénéfique, a-t-il assuré.

Le représentant a estimé que les résultats de l’IGAD, en partenariat avec l’Union africaine, au Soudan et en Somalie notamment, illustraient les potentialités d’un tel soutien.  Il a donc appelé les Nations Unies à intensifier les initiatives régionales et à accélérer les efforts de mise en œuvre du Programme de renforcement des capacités de l’Union africaine sur 10 ans, tout en travaillant à la pleine opérationnalisation de l’architecture de paix et de sécurité de l’Union africaine, notamment la force en attente et le mécanisme continental d’alerte rapide. 

Enfin, la coopération doit être renforcée entre le Conseil de sécurité de l’ONU et le Conseil de paix et sécurité de l’Union africaine, a-t-il jugé, ainsi qu’entre le Secrétariat et la Commission de l’Union africaine.  Nos meilleures intentions n’aboutiraient toutefois à rien sans le financement adéquat, flexible et prévisible des opérations de maintien de la paix en Afrique, a-t-il enfin souligné, appelant à tourner le dos aux vieilles habitudes de protectionnisme institutionnel et à adopter une approche ouverte et flexible sur ces questions.

Mme JOY OGWU (Nigéria), fervent défenseur de la coopération entre l’ONU et l’Union africaine, a apprécié à cet égard la constitution de l’Équipe spéciale conjointe de l’ONU et de l’Union africaine sur la paix et la sécurité, en 2010, ainsi que l’ouverture d’un Bureau de l’ONU auprès de l’Union africaine à Addis-Abeba.  La représentante a insisté sur la nécessité d’une coopération empreinte de clarté, en tenant compte de la complémentarité des mandats des organisations.  Le Nigéria, en tant que pays membre du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, reconnait le rôle central de cet organe ainsi que celui du Conseil de sécurité de l’ONU dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales.  La représentante a souligné le caractère essentiel des réunions communes et a espéré que les prochaines iront au-delà des questions de procédure.

En ce qui concerne la Somalie, elle a salué l’installation du Bureau des Nations Unies à Mogadiscio, en estimant en outre qu’une mission de maintien de la paix de l’ONU dans ce pays serait la meilleure solution pour combattre l’insécurité, la piraterie et pour faire face aux défis humanitaires.  Elle a par ailleurs espéré que la signature du Document de Doha pour la paix au Darfour inciterait le Conseil de sécurité à organiser le Processus politique du Darfour, comme le demande l’Union africaine. 

Mme Ogwu a également sollicité le Conseil pour qu’il trouve une solution sur le plan financier qui remplisse les conditions de prévisibilité, de durabilité et de souplesse nécessaires au financement des opérations de maintien de la paix de l’Union africaine.  Elle a apprécié à cet égard la création du Panel de haut niveau sur les sources alternatives de financement, mis en place par l’Union africaine en juillet 2011 sous la présidence de l’ancien Président du Nigéria, Olusegun Obasanjo.

Explication de vote

Le représentant du Royaume-Uni, convaincu du rôle important que peuvent jouer les organisations internationales en Afrique et ailleurs, a reconnu en particulier la contribution de l’Union africaine dans le maintien de la paix en Afrique.  Il a cependant estimé que sa coopération avec l’ONU ne doit pas se faire soit aux dépens du rôle principal du Conseil de sécurité, c’est-à-dire, aux dépens de sa capacité pratique à réagir à toute menace à la paix et à la sécurité.  La façon hâtive dont le texte a été négocié a laissé certaines ambiguïtés, selon le représentant. 

Citant à cet égard le paragraphe 6 du dispositif qui encourage la coordination entre le Conseil de sécurité de l’ONU et le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, il a rappelé la primauté du Conseil de sécurité dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales.  Une coopération efficace entre l’ONU et les organisations internationales doit éviter toute procédure qui manque de souplesse face à des défis urgents, a-t-il ajouté. 

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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