Le consentement, l’impartialité et le non-recours à la force sont les trois principes régissant le maintien de la paix, rappelent les délégations

8 novembre 2012
CPSD/520

Le consentement, l’impartialité et le non-recours à la force sont les trois principes régissant le maintien de la paix, rappelent les délégations

08/11/2012
Assemblée générale
CPSD/520
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Quatrième Commission                                       

18e & 19e séances – matin & après-midi

L E CONSENTEMENT, L’IMPARTIALITÉ ET LE NON-RECOURS À LA FORCE SONT LES TROIS PRINCIPES RÉGISSANT

LE MAINTIEN DE LA PAIX, RAPPELENT LES DÉLÉGATIONS

Elles exigent plus de coopération entre Conseil de sécurité,

pays fournisseurs de troupes et Secrétariat pour une meilleure gestion des opérations

La Commission des questions politiques spéciales et de la décolonisation (Quatrième Commission) a conclu, aujourd’hui, son débat général sur les questions relatives au maintien de la paix.

Au cours de cette réunion, plusieurs délégations, à l’instar de celles de la République islamique d’Iran, du Venezuela ou de Fiji, ont rappelé le rôle primordial du Comité spécial des opérations de maintien de la paix –ou Comité des 34–, qui est le seul organe de l’Organisation des Nations Unies ayant les compétences pour examiner les questions liées au maintien de la paix et superviser la mise en œuvre des mandats.

Alors que 16 opérations de maintien de la paix sont toujours déployées par l’Organisation sur le terrain, les délégations ont unanimement réaffirmé la nécessité de respecter les trois principes de base du maintien de la paix, à savoir le respect du consentement des parties, l’impartialité et le non-recours à la force, sauf en cas de légitime défense.  « Il en va de la confiance des nations dans les activités de l’ONU, et du soutien mondial dont bénéficient les opérations de maintien de la paix », a estimé le représentant du Sénégal, concernant le respect de ces principes.  Pour son homologue de la République arabe syrienne, « les tentatives menées par certains États pour contourner ces trois principes sapent le travail de l’Organisation et augmentent la méfiance des États Membres à son égard ».

Face à la complexité croissante des opérations de maintien de la paix (OMP) et leur caractère multidimensionnel, plusieurs délégations ont insisté sur la nécessité de définir et de leur confier des mandats clairs, crédibles et réalisables.  Les OMP sont déployées avec trois principaux objectifs: stabiliser la situation, appuyer la mise en place des résolutions du Conseil de sécurité et fournir des informations sur les conditions de sécurité sur le terrain, notamment celles relatives aux droits de l’homme, a rappelé le représentant de l’Algérie.  Son homologue de l’Indonésie a estimé qu’il fallait « faire en sorte que les missions soient aussi bien équipées sur le plan logistique que sur le plan humain, et qu’elles opèrent sur la base d’une appréciation réaliste de la situation sur le terrain ».

Certains orateurs, à l’instar de celui de l’Érythrée, ont réaffirmé le rôle essentiel des opérations de maintien de la paix, estimant qu’elles ne devaient pas être un substitut censé répondre aux causes profondes des conflits.

Le représentant de la République islamique d’Iran a, quant à lui, estimé que la diplomatie préventive et la médiation devaient jouer un rôle significatif dans les efforts des Nations Unies pour maintenir la paix.  « Les opérations de maintien de la paix font partie d’une solution politique »; elles ne peuvent « s’y substituer ou en devenir une alternative », a-t-il souligné.  Elles sont un premier pas en faveur du règlement d’un conflit, ont ajouté les représentants du Liban et du Pakistan.

Les délégations ont par ailleurs plaidé en faveur d’une meilleure coopération triangulaire entre le Conseil de sécurité, les pays fournisseurs de contingents et le Secrétariat, comme l’a souligné le représentant du Bangladesh, « lorsqu’il s’agit de proroger ou d’abroger, de déployer ou de mettre fin à une mission ».

Elles ont également insisté sur la nécessité d’une meilleure coopération entre les Nations Unies et les organisations régionales et sous-régionales.  À ce titre, plusieurs représentants, comme ceux du Gabon, du Niger ou de l’Algérie, ont mis l’accent sur la synergie qui existe entre les Nations Unies et l’Union africaine, comme on a pu le constater lors du déploiement des missions conjointes au Darfour et en Somalie.  Le représentant du Liban a pour sa part estimé que « ces organisations avaient une meilleure compréhension des réalités culturelles des pays de leur région », alors que celui du Kirghizistan a pour sa part estimé qu’à la lumière de la coopération entre l’Union africaine et l’ONU, il serait bien de développer de nouveaux partenariats.

Les représentants de la République arabe syrienne, du Maroc et de l’Algérie ont exercé leur droit de réponse. 

La Quatrième Commission se réunira demain, vendredi 9 novembre, à 10 heures, afin d’entamer l’examen du point relatif au « Rapport du Comité spécial chargé d’enquêter sur les pratiques israéliennes affectant les droits de l’homme du peuple palestinien et des autres arabes des territoires occupés ».

ÉTUDE D’ENSEMBLE DE TOUTE LA QUESTION DES OPÉRATIONS DE MAINTIEN DE LA PAIX SOUS TOUS LEURS ASPECTS (A/67/312–S/2012/645)

Débat général

Pour M. YUSRA KHAN (Indonésie), le succès des opérations de maintien de la paix (OMP) dépend largement du respect des principes de base du maintien de la paix qui sont le consentement des parties, l’impartialité et le non-recours à la force sauf en cas d’autodéfense.  Il a également insisté sur l’importance de donner aux OMP des mandats clairs et réalistes et de faire en sorte que les missions soient bien équipées au plan logistique et humain et opèrent sur la base d’appréciations réalistes de la situation sur le terrain.  Abordant la question de la protection des civils, il a estimé que le mandat des OMP devait être exécuté sans porter atteinte à la responsabilité première qui revient au gouvernement du pays hôte en la matière.  Pour sa délégation, les efforts des OMP dans ce domaine doivent venir épauler et non pas se substituer à ceux des Gouvernements hôtes des OMP.  En tant que partenariat mondial, le maintien de la paix des Nations Unies doit se baser sur la coopération et la consultation entre le Conseil de sécurité, les pays contributeurs de troupes, le pays hôte, le Secrétariat et le Comité des 34 (C-34).  À ce titre, M. Khan a souhaité que l’on prenne en compte les recommandations du C-34, qui reste le plus grand forum intergouvernemental en matière de maintien de la paix.  Pour sa part, l’Indonésie continue de moderniser ses capacités de maintien de la paix, ce dont témoigne la mise en place du nouveau centre de maintien de la paix de Sentul, situé à Java, qui est un centre régional d’excellence pour des formations intégrées.  En tant que pays contributeur de troupes, l’Indonésie souhaiterait que le Département du maintien de la paix (DOMP) et le Département de l’appui aux missions (DAM) assurent une représentation équitable de ces pays dans leur personnel.  Il s’est dit préoccupé par le manque de transparence dans le processus de recrutement, de sélection et de nomination des responsables de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) et d’autres missions.

M. DOCTOR MASHABANE (Afrique du Sud) a estimé que le meilleur point de départ pour débattre et avancer sur la question des opérations de maintien de la paix était le rapport du Comité des 34.  Il a déploré que les contraintes économiques et financières pèsent sur les pays fournisseurs de contingents.  Il est urgent que la communauté internationale contribue mieux aux financements de ces opérations, a-t-il souligné.  Par ailleurs, il a souhaité que des mandats réalistes, bien définis et dotés des ressources nécessaires, soient donnés aux missions.  Le représentant a regretté la réduction des moyens aériens des missions et la réduction du budget attribué aux OMP.  Cette réduction, a-t-il dit, est inquiétante surtout lorsque nous attendons et demandons toujours plus aux opérations de maintien de la paix sur le terrain.  Le représentant a indiqué que sa délégation attachait une grande importance aux personnels des missions et à leur sécurité.  Il a souhaité que l’utilisation de nouvelles technologies dans le cadre des OMP se fasse avec l’accord des pays hôtes.

Pour M. MACHARIA KAMAU (Kenya), les missions de maintien de la paix des Nations Unies restent l’instrument par lequel la responsabilité de la communauté internationale, en termes de maintien de la paix, est réalisée.  Il a mis l’accent sur l’importance de mandats clairs et réalistes et sur le fait que les révisions de ces mandats doivent impérativement se faire en consultation avec les pays contributeurs de troupes.  Compte tenu du rôle central que les organisations régionales et sous-régionales sont en train d’assumer en matière de maintien de la paix, sa délégation apprécie le soutien que l’ONU apporte à l’Union africaine, en particulier dans le cas de la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM).  Le Kenya appuie les efforts régionaux de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) en vue de parvenir à un règlement pacifique des conflits dans la région.  Il insiste toutefois sur la nécessité du remboursement rapide des frais engagés par les pays contributeurs de troupes car il en va du succès des missions.  Fort de son expérience en la matière, le Kenya est convaincu que la médiation est une pierre angulaire du règlement durable de conflits, ce qui passe par le renforcement des capacités nationales et du principe de l’appropriation nationale.  À ce titre, il a souhaité que l’architecture de la paix et de la sécurité de l’Union africaine obtienne davantage de soutien, ainsi que son travail de médiation.

M. SERGIY KYSLYTSYA (Ukraine) a déploré la « procrastination » du Comité des opérations de maintien de la paix (C-34).  Celui-ci n’a pas pu, au bout de deux ans de travail, finaliser son rapport dans des délais acceptables, a-t-il regretté.  Pour l’Ukraine, il ne saurait y avoir de « mauvais sang » dans le partenariat stratégique entre les pays contributeurs de troupes, les pays contributeurs de police et le Conseil de sécurité.  Au contraire, une synergie entre ces différents acteurs est cruciale, a-t-il ajouté.  Dans ce contexte, le représentant a exhorté le Secrétaire général à mettre en œuvre les recommandations du rapport du C-34, et en particulier celles relatives aux mécanismes d’enquête et de poursuites des auteurs de crimes commis contre les personnels des opérations de maintien de la paix.  L’Ukraine prend en outre note des recommandations du Comité des sages et en particulier de celles relatives aux équipements militaires et au remboursement des frais engagés par les pays contributeurs de troupes et de police.  Pour l’Ukraine ces recommandations sont le seul moyen de combler les fossés existants et d’orienter une interaction entre ces pays et le Conseil de sécurité, a conclu le représentant.

Mme IDIT ABU (Israël) s’est dite encouragée par le progrès réalisé dans le cadre de l’initiative « Nouvel Horizon » en termes de partenariats pour le maintien de la paix.  Rappelant que le Département des opérations de maintien de la paix(DOMP) et le Conseil de sécurité avaient lancé un appel pour que plus de pays participent aux missions de maintien de la paix, elle a indiqué qu’Israël y avait donné suite par une « modeste participation » d’une unité de police à la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) de 14 personnes en 2010 et a l’intention de poursuivre cet effort dans d’autres missions.  Elle a fait part des préoccupations de son Gouvernement face à la situation en Syrie et de l’impact qu’elle a au Liban et dans d’autres pays voisins.  Dans ce contexte, Mme Abu a estimé que la présence des opérations de maintien de la paix(OMP) dans la région (Force intérimaire des Nations Unies au Liban(FINUL) et Force des Nations Unies chargée d’observer le désengagement(FNUOD)) est d’autant plus importante, et que leur rôle s’en trouve accru pour préserver la stabilité de la région.  Le Gouvernement israélien est déterminé à respecter pleinement la résolution 1701 de 2006 et à apporter son plein appui à la FINUL.  Cependant, la FINUL connaît toujours des défis à relever, a-t-elle noté, citant à titre d’exemples les attaques récentes sur les forces de la FINUL et la demande de relocalisation du siège de la FINUL pour des raisons sécuritaires.  Elle a invité la Quatrième Commission à envoyer un message clair pour dire que la violence à l’égard du personnel de maintien de la paix était inacceptable et ne serait pas tolérée.  Elle a également attiré l’attention sur les actions du Hezbollah « qui visent à entraver les travaux de la FINUL » et a demandé à la communauté internationale de dénoncer de manière non équivoque ces actes et tactiques dangereuses.  À la lumière des développements récents dans la région, Israël est d’avis qu’il faudrait renforcer la FINUL, bien l’équiper et maintenir un nombre de personnels en uniforme suffisant et bien formé.  La délégation israélienne est également convaincue du rôle primordial que joue la FNUOD dans la région et est préoccupée par l’impact de la situation en Syrie sur les opérations de cette force.

M. NAZARI ABDHADI (Malaisie) a indiqué que son pays fournit 1 265 personnels militaires et de police répartis dans huit opérations de maintien de la paix des Nations Unies dans le monde, montrant ainsi son attachement à cet instrument destiné à la résolution des conflits.  Tout en soulignant les responsabilités, attentes et espoirs placés dans les opérations de maintien de la paix, le représentant a estimé que la communauté internationale doit faire davantage pour garantir une paix durable dans les pays affectés par les conflits, en particulier, en matière de personnels, de financements ou encore de logistiques.  C’est dans ce contexte que la Malaisie, dans la mesure du possible, prend des initiatives pour « gagner les cœurs » des populations locales et pour créer des cadres de développement et de paix dans les pays qui accueillent les troupes qu’elle met à la disposition de l’ONU.

M. MUSTAFIZUR RAHMAN (Bangladesh) a rappelé que les besoins en maintien de la paix n’ont eu de cesse d’augmenter et que les OMP étaient aujourd’hui de plus en plus complexes.  Il a souhaité que les pays fournisseurs de contingents participent de façon plus étroite et plus active aux discussions relatives aux déploiements des opérations, notamment quand il s’agit d’une nouvelle mission, ou de l’abrogation ou de la prorogation du mandat d’une mission.  Il est temps, a-t-il dit, d’examiner toutes les propositions de réforme et d’y inviter les États Membres et les pays fournisseurs de contingents.  Il a également souhaité que les discussions se poursuivent entre les pays fournisseurs de contingents, le Secrétariat et le Conseil de sécurité.  Les questions de neutralité et de consentement doivent être également prises en compte, a-t-il estimé.  Le représentant a indiqué comprendre les difficultés économiques actuelles, mais a jugé que cela ne devait pas porter préjudice aux opérations elles-mêmes.

Abordant la question relative aux Casques bleus, M. Rahman a rappelé leur dévouement dans l’accomplissement de leurs missions et a regretté qu’au cours de l’année passée 73 d’entre eux aient perdu la vie.  Mettant en avant la contribution de son pays, M. Rahman a indiqué que depuis 1988, le Bangladesh avait participé à 45 opérations de maintien de la paix (OMP) et déployés quelque 120 000 personnels.  En tant que principal fournisseur de contingents, a-t-il poursuivi, mon pays est un partenaire actif et dévoué aux opérations de maintien de la paix.

M. PHAM VINH QUANG (Viet Nam) a déclaré que son pays soutenait tous les processus de réforme et de renforcement du maintien de la paix en cours, y compris les recommandations du rapport Brahimi, l’initiative « Nouvel Horizon », « la doctrine Capstone » ou encore tous les rapports appelant à un renforcement du partenariat dans le maintien de la paix, dont celui du Comité des opérations de maintien de la paix, le C-34.  Pour le Viet Nam, il est important que le maintien de la paix continue de respecter tous les principes et objectifs de la Charte des Nations Unies, y compris dans les processus d’élaboration ou de prolongation de mandat des missions, a dit le représentant.  Dans cette perspective, une coopération triangulaire entre les pourvoyeurs de troupes, le Conseil de sécurité et le Secrétariat est nécessaire, a encore plaidé le représentant, ajoutant aussi que la coopération entre l’ONU et les organisations régionales et sous-régionales apporterait une valeur ajoutée aux objectifs communs.  Reprenant un extrait du rapport du Secrétaire général, le représentant a estimé que « la construction de capacités civiles et institutionnelles ne peut pas être imposée de l’extérieur ».  Dans ce contexte, il a souligné la nécessité de respecter les cadres nationaux, et d’accroître l’inclusion et la coopération, y compris Sud-Sud.

Mme LALLA SOUMIA BOUHAMIDI (Maroc) a indiqué que le maintien de la paix était à la croisée des chemins.  Malgré la crise financière internationale actuelle, les missions et opérations de maintien de la paix (OMP) restent un outil utile et flexible, « une activité phare des Nations Unies », a-t-elle ajouté.  Elle a estimé qu’il n’était pas possible de tenir un débat sur cette question sans traiter de l’aspect financier des opérations et de discuter de la vision collective des États Membres sur la prochaine décennie du maintien de la paix.  Ainsi, la représentante a mis l’accent sur la nécessité d’une plus ample coopération triangulaire entre le Conseil de sécurité, le Secrétariat et les bailleurs de fond, ainsi qu’entre les Etats Membres eux-mêmes. 

Mme Bouhamidi a indiqué que les principales questions de ce débat venaient de la difficulté d’évaluer l’état du maintien de la paix en 2012.  « Sommes-nous dans une phase d’expansion ou de consolidation? », s’est-elle interrogée.  Dans les circonstances actuelles, il est important que le maintien de la paix passe d’une situation marquée par la division classique du travail à un véritable partenariat, a-t-elle estimé.  En tant que pays contributeur et actuel président du groupe de travail du Conseil de sécurité sur le maintien de la paix, le Maroc est convaincu de la nécessité de développer une coopération entre les OMP elles-mêmes.  Elle a également mis l’accent sur le partenariat entre les États Membres eux-mêmes dans le domaine du maintien de la paix, estimant que la coopération entre les pays contributeurs émergents et les pays qui disposent du savoir-faire et de l’expertise avait largement démontré son efficacité.  Enfin, Mme Bouhamidi a plaidé en faveur de l’élargissement de la base des donateurs.  Les anciens contributeurs ont besoin de retourner sur la scène et les nouveaux bailleurs de fond et contributeurs ont besoin d’être encouragés, a-t-elle conclu.

M. HASSAN ABBAS (Liban) a réaffirmé les conditions du succès des opérations de maintien de la paix (OMP), à savoir que le maintien de la paix n’est pas une solution en soi mais plutôt un premier pas dans le sens d’un règlement durable d’un conflit.  Il a également mis l’accent sur l’importance de la coopération triangulaire et la précision de la formulation des mandats des missions.  Par ailleurs, il semble nécessaire que les missions puissent disposer des moyens nécessaires à la réalisation de leurs mandats et cela indépendamment de la crise économique.  L’objectif fondamental des OMP doit être d’aider à traiter les causes des conflits, et d’y remédier en vue de mettre en place les conditions d’une paix durable et envisager une stratégie de sortie.  Pour le Liban, il faudrait que les aspects liés à la consolidation de la paix soient pris en compte dès les premières étapes du maintien de la paix, notamment pour ce qui est du renforcement des institutions locales et du démantèlement des milices.  De plus, la coopération entre les Nations Unies et les organisations régionales et sous-régionales devient de plus en plus cruciale, car ces organisations ont une meilleure compréhension des réalités culturelles des pays de leur région.  Le représentant a également plaidé en faveur du rôle central des femmes dans les OMP et a demandé qu’on leur garantisse une participation à tous les niveaux, y compris au niveau de la prise de décisions.  Pour le Liban, la création et le renforcement des capacités civiles va dans le sens de l’appropriation nationale de la consolidation de la paix.  En se basant sur sa propre expérience, en tant que pays hôte de deux missions de maintien de la paix, le Liban rend hommage au personnel et au commandement de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) et remercie les pays qui y ont contribué.

M. IHAB HAMED (République arabe syrienne) a estimé que les opérations de maintien de la paix (OMP) continuaient de jouer un rôle vital et efficace, en vue d’apaiser les tensions et d’assurer un climat propice à l’établissement de la paix après les conflits.  Il a clairement insisté sur le fait que les principes et les objectifs de la Charte des Nations Unies relatifs aux OMP devaient être respectés.  Premièrement, le respect de la souveraineté d’un pays et la non-ingérence dans les affaires d’un État figurent dans ces principes, ainsi que le consentement des parties, la neutralité, et le non-recours à la force, a-t-il énoncé.  Par ailleurs, le déploiement d’une OMP, selon les principes de la Charte, exige l’obtention préalable de l’acceptation des gouvernements concernés.  Il a saisi cette opportunité pour dénoncer les tentatives de certains États de contourner ces principes.  Ces tentatives sapent le travail de l’Organisation et augmentent la méfiance des Etats à son égard, a estimé M. Hamed.  Une opération de maintien de la paix (OMP) ne peut remplacer une solution durable à la paix, ce qui exige en premier lieu de résoudre les causes principales d’un conflit de façon sérieuse et objective, a-t-il souligné.  Il a ensuite estimé que même si un certain nombre de missions étaient chargées d’assurer la protection des civils, cette tâche incombait en premier au gouvernement du pays concerné.  Les missions doivent accomplir les mandats qui leur sont octroyés et seulement ces mandats, et la question relative à la « responsabilité de protéger » ne doit pas interférer dans la manière de gouverner d’un pays, a-t-il estimé.

S’agissant du Moyen-Orient, M. Hamed a rappelé que les Nations Unies y ont déployé leur première mission en 1948.  Dans cette région du monde, les opérations se sont étendues depuis plus d’un demi-siècle, a-t-il ajouté.  L’occupation par Israël des territoires arabes constitue un lourd fardeau pour les Nations Unies, notamment en ce qui concerne le budget des OMP.  Quatre opérations de maintien de la paix (OMP) sont déployées dans cette région du monde du fait de l’occupation israélienne, a-t-il insisté.

M. AMARSAIKHAN SERDARI (Mongolie) a exprimé sa déception face au manque de progrès sur la question des coûts des troupes de maintien de la paix, de l’usage des technologies de surveillance ou des indicateurs de prévention précoce.  En tant que pays contributeur de troupes à plusieurs opérations de maintien de la paix (OMP) des Nations Unies, la Mongolie note néanmoins avec satisfaction l’initiative « Nouvelle Horizon » et la Stratégie globale d’appui aux missions qui ont été mises en œuvre avec succès, même si des progrès sont encore possibles, a dit le représentant.

Mme FATOU ISIDORA MARA NIANG (Sénégal) a déploré que le consentement du pays hôte, l’impartialité et la non-utilisation de la force sauf en cas d’auto-défense, qui étaient les concepts de base régissant les opérations de maintien de la paix (OMP), sont devenus de plus en plus inopérants.  Dans ce contexte, la représentante a jugé nécessaire de forger une nouvelle approche de la doctrine d’intervention des Nations Unies qui tienne compte des problématiques posées.  Il faut en outre souligner l’importance de la participation de la femme à tous les efforts visant à maintenir la paix et mettre en œuvre les résolutions 1327 et 1353 du Conseil de sécurité afin de renforcer la coopération entre cet organe et les pays fournisseurs de contingents, a conclu la représentante du Sénégal. 

M. JORGE VALERO BRICEÑO (Venezuela) a réaffirmé l’importance du C-34 en tant que seul organisme de l’ONU ayant les compétences pour examiner les questions liées au maintien de la paix.  Il est nécessaire que le personnel des missions de maintien de la paix ait une conduite responsable et respecte sans faille la politique de tolérance zéro instituée par l’Organisation.  « Les tensions découlant de la mise en œuvre difficile du mandat de nombreuses OMP ne peuvent être niées », a remarqué le représentant, ce qui suppose, a-t-il suggéré, une discussion de principe sur le déroulement de ces missions.  Il faut se demander quelles sont les motivations réelles derrière les opérations  dites « robustes » qui se basent sur l’hypothèse qu’il est nécessaire de juger moralement l’une ou l’autre des parties au conflit et d’agir contre elle.  Il s’agit là d’un nouveau moyen pour les « puissances impériales » d’essayer de définir d’avance qui sont les perdants ou les gagnants des conflits, ceci dans une perspective qui sert leurs propres intérêts, a accusé M. Valero Briceño.  Au lieu de la paix, les pays touchés se voient souvent obligés de céder leur souveraineté, a estimé le représentant.  Fort de ce constat il est revenu sur la nécessité de respecter les principes de base du maintien de la paix, car ces opérations « robustes » ont contribué à l’impression que l’ONU a perdu sa neutralité.  « Cette voie erronée nuit à la capacité des Nations Unies de résoudre les conflits existants et a également mis en danger le personnel et le matériel des opérations de maintien de la paix de l’ONU », a-t-il souligné.

M. MOHAMMAD REZA SAHRAEI (République islamique d’Iran) a réaffirmé le rôle primordial du Comité des opérations de maintien de la paix (C-34) en tant qu’unique organe qui puisse définir les politiques des Nations Unies dans ce domaine.  Il a également réaffirmé les principes de base du maintien de la paix à savoir le consentement des parties, l’impartialité et le non-usage de la force sauf en cas de légitime défense, car il en va de la confiance des nations dans les activités de l’ONU et du soutien mondial dont bénéficient les opérations de maintien de la paix (OMP).  Pour l’Iran, la diplomatie préventive et la médiation devraient jouer un rôle plus significatif dans les efforts de maintien de la paix des Nations Unies, partant du principe que le maintien de la paix fait partie d’une solution politique et ne peut pas s’y substituer ou en être une alternative.  Il faudrait en outre « individualiser les approches » et avoir une stratégie de sortie bien définie pour chaque mission.  En tant que responsabilité partagée, le succès du maintien de la paix dépend en large partie de ressources adéquates sur le plan financier, humain, logistique et politique de manière à pouvoir accomplir les mandats qui sont fixés aux missions.  Pour cela, il faut pouvoir compter sur la coopération et la consultation de  toutes les parties prenantes.  La coopération triangulaire entre le Conseil de sécurité, les pays contributeurs de troupes et le Secrétariat revêt une importance capitale. Le représentant a également estimé qu’il fallait éviter que le maintien de la paix ne devienne « l’imposition de la paix », compte tenu du fait que l’usage de la force ne devrait en aucun cas mettre en péril la relation stratégique qui existe entre le pays hôte et la mission de maintien de la paix.  Il a également mis l’accent sur le fait que la responsabilité de la protection des civils revient en premier lieu au pays hôte.

Mme PHYO THU ZAR AUNG (Myanmar) a estimé que la protection des populations civiles, en particulier des plus vulnérables, doit toujours être la priorité dans les processus d’élaboration des mandats des opérations de maintien de la paix (OMP).  Dans le même temps, la protection des 110 000 personnels des OMP doit être aussi prise en compte, en particulier dans les zones les plus dangereuses, a poursuivi la représentante.  Avec la complexification des menaces et conflits, les mandats des missions devraient en outre être évalués, et des mécanismes de prévention et d’identification des causes profondes des conflits mis en place, a-t-elle encore plaidé.  En tant qu’un des derniers pays à avoir rejoint l’ONU, le Myanmar est résolu à continuer sa participation militaire et financière aux opérations de maintien de la paix. 

M. MAFIROANE EDMOND MOTANYANE (Lesotho) a déclaré que les opérations de maintien de la paix (OMP) doivent s’adapter aux changements politiques et sécuritaires d’aujourd’hui, ainsi qu’à l’accroissement des conflits dans le monde, tout en s’attaquant aux causes profondes de ceux-ci.  La planification à long terme des opérations, l’adoption de critères clairs dans les processus qui mènent à leur création ou encore la formation des personnels de ces missions sont toutes aussi nécessaires, a encore plaidé le représentant, saluant en cela les progrès réalisés par le Département des opérations de maintien de la paix (DOMP) de l’ONU.  Enfin, d’intenses consultations avec tous les acteurs et parties prenantes de ces missions, dont les pays contributeurs de troupes et de police, sont une des autres clefs du succès des missions, a conclu le représentant.

Mme REGINA MARIA CORDEIRO DUNLOP (Brésil) a rappelé que la Quatrième Commission se réunissait aujourd’hui pour débattre de la question des opérations de maintien de la paix à un moment extrêmement important.  L’orientation stratégique unifiée est fondamentale sur cette question alors que les missions sont de plus en plus complexes et que leurs déploiements requièrent des ressources de plus en plus importantes, a estimé la représentante.  À cet égard, Mme Dunlop a mis l’accent sur le rôle du Comité spécial des opérations de maintien de la paix (Comité des 34).  Il est important d’évaluer les travaux du Comité à la lumière des défis rencontrés sur le terrain, a-t-elle ajouté.  Le maintien du taux de remboursement très bas, concernant les dépenses engagées par les pays contributeurs de troupes, ne contribue pas à limiter le coût du maintien de la paix, a-t-elle dit.

M. KEITH TAN (Singapour) a estimé que le décès de plus de 100 personnes parmi les personnels des opérations de maintien de la paix souligne la nécessité de garantir leur sécurité dans les terrains d’intervention.  Leur formation, y compris l’apprentissage des langues locales, est en outre devenue une nécessité, compte tenu des nouvelles attentes à leur encontre.  Ces nouvelles capacités leur donneront de meilleures chances de survie, a encore dit le représentant.

M. JEFFREY DELAURENTIS (États-Unis) a émis le vœu de voir tous les gouvernements travailler ensemble pour trouver des solutions aux divergences persistantes sur les opérations de maintien de la paix (OMP).  Pour le représentant, les mandats spécifiques sont une des garanties de succès des OMP.  Il a souligné que les populations civiles doivent se sentir protégées par ces opérations.  Les OMP doivent par conséquent être efficaces autant que possible, a-t-il dit, saluant les efforts déployés par l’ONU et des États Membres pour la  formation des personnels des missions.  Il y a eu des progrès en la matière, mais beaucoup reste encore à faire, a-t-il ajouté. Concluant son intervention, il a estimé que la question des missions politiques spéciales évoquée par certaines délégations, au sein de la Commission des politiques spéciales et de la décolonisation, éloigne cette dernière de son travail de réflexion sur les OMP.

M. TEKEDA ALEMU (Éthiopie) a jugé « évident » que le maintien de la paix soit devenu plus complexe qu’il y a quelques années, soulignant que les missions sont désormais appelées à assurer la sécurité des civils.  En tant que pays contributeur de troupes, l’Éthiopie estime qu’il faut une approche globale aux défis transversaux que connaissent les Nations Unies, a dit le représentant.  Dans ce contexte, l’octroi de mandats clairs aux missions peut contribuer à réduire la possibilité de désaccord entre les parties, a estimé le représentant, qualifiant de « crucial » le rôle que peut et doit jouer la coopération triangulaire.  Des réunions régulières doivent en outre avoir lieu entre le Conseil de sécurité et les pays contributeurs de contingents.  Par ailleurs, l’ONU doit s’assurer que les pays qui désirent contribuer aux missions aient les capacités matérielles et la préparation nécessaire, a-t-il conclu.

M. MAMOUDOU MANA (Cameroun), a déclaré que les missions de maintien de la paix du XXIe  siècle exigent une compréhension bien plus profonde des indices de paix et des facteurs de conflit qu’auparavant, ainsi qu’un consensus beaucoup plus difficile à obtenir sur les initiatives autorisées par la communauté internationale.  Il ne s’agit plus uniquement de surveiller des cessez-le-feu, mais aussi de consolider des processus de paix et de contribuer au relèvement d’États, a-t-il souligné.  Cette approche plus ambitieuse du maintien de la paix a fait augmenter les attentes des populations des pays qui hébergent ces missions en termes de sécurité physique et de renforcement des capacités institutionnelles et des structures et autorités locales, a encore noté le représentant. 

Compte tenu de cette complexité croissante des missions, le Cameroun espère que le processus de réforme engagé aboutisse à des conclusions communes de manière à renouveler un partenariat efficace entre tous les acteurs du maintien de la paix.  Après avoir réaffirmé l’attachement de sa délégation aux principes de base du maintien de la paix, le représentant a regretté que les principes de l’accord des parties et d’un usage limité de la force et du respect de l’intégrité territoriale et de la souveraineté soient de plus en plus mis à mal par un usage abusif des technologies de collecte d’information et d’observation servant à d’autres fins que le maintien de la paix.  Pour sa part, avec les moyens limités dont il dispose, le Cameroun répond présent à l’appel des Nations Unies, de l’Union africaine ou de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), a précisé le représentant, en indiquant que son pays avait mis à la disposition des Nations Unies plus de 300 personnels, qui sont actuellement déployés.  De plus, le Cameroun a créé, en 2008, l’École internationale des forces de sécurité qui est une institution à vocation sous-régionale et continentale ayant pour mission de former et de recycler les forces de sécurité intérieures des pays africains qui envisagent de participer aux opérations de maintien de la paix (OMP) en Afrique, ou qui sont en situation de sortie de crise.  À ce titre, le représentant a demandé que les efforts méritoires des États africains soient reconnus à juste titre, ainsi que l’effort financier que constituent leurs contributions en troupes.

Pour M. PETER THOMSON (Fidji), il est important de faire la distinction entre ce qui relève du maintien de la paix proprement dit et ce qui relève des causes profondes des conflits et du développement dans les mandats du maintien de la paix.  Ces mandats doivent être clairs et réalisables, a-t-il dit, ajoutant à ce titre que les efforts de mise en place et de renforcement des institutions locales, même s’ils vont main dans la main avec le maintien de la paix, ne doivent pas être pris en charge par le personnel de maintien de la paix.  Il a demandé une plus grande transparence dans les arrangements proposés aux pays contributeurs de contingents qui participent aux opérations de maintien de la paix (OMP) et aux missions politiques spéciales.  À ce titre, la délégation des Fidji tient à réaffirmer l’importance du rôle du Comité des opérations de maintien de la paix (C-34) en tant que principal organisme intergouvernemental chargé de superviser la mise en œuvre des mandats de maintien de la paix.  Les Fidji estiment qu’il faut résister à la tentation de vouloir trop en faire à travers les OMP, car cela résulte en des missions qui sont sur « la corde raide en termes de ressources humaines et techniques ».  En tant que pays fournisseur de contingents (PFC) depuis 35 ans, les Fidji défendent le fait que les PFC doivent être associés et donner leur aval aux décisions qui touchent leurs propres forces ainsi que celles qui vont au-delà des responsabilités initialement fixées.  L’un des principaux soucis des PFC, y compris les Fidji, reste le taux de remboursement des coûts liés à ces troupes.  M. Thomson a, à cet égard, qualifié la situation actuelle de déséquilibrée et faisant porter le poids du financement des OMP de manière disproportionnée à ces pays.  « Nous subventionnons les efforts de maintien de la paix de l’ONU », s’est-il indigné.

M. WANG MIN (Chine) a souligné que les opérations de maintien de la paix (OMP) font aujourd’hui face à de nouveaux défis et a posé la question à savoir comment l’écart entre leur ressource et leur mandat pouvait être réduit.  Si les OMP restent un moyen important dont disposent les Nations Unies pour le maintien de la paix et de la sécurité dans le monde, la Chine estime toutefois qu’il faut accorder la priorité à la diplomatie préventive et à la médiation.  Par ailleurs, les OMP doivent strictement respecter les principes du maintien de la paix ainsi que la souveraineté du pays dans lequel elles sont déployées.  De plus, elles doivent avoir un appui logistique suffisant, sans quoi elles ne peuvent s’acquitter de leur mandat, a précisé le représentant.  La Chine pense qu’il faudrait que la planification des mandats des missions tienne compte des impératifs de la transition entre maintien de la paix et consolidation de la paix.  Elle espère que la communauté internationale appuiera la Commission de consolidation de la paix des Nations Unies et les organisations régionales, qui sont des acteurs clefs pour le maintien de la paix.

M. NEBIL SAID IDRIS (Érythrée) a indiqué que le maintien de la paix était l’un des outils à la disposition des Nations Unies pour maintenir la paix et la sécurité internationales.  Les opérations de maintien de la paix (OMP) sont multidimensionnelles et de plus en plus complexes, a-t-il indiqué.  Il a réaffirmé la nécessité de respecter les trois principes de base du maintien de la paix, à savoir le respect du consentement des parties, l’impartialité et le non-recours à la force, sauf en cas de légitime défense.  Les OMP ne sont pas un substitut pour répondre aux causes profondes des conflits, a-t-il estimé.  Une stratégie de sortie des conflits ainsi que la protection des civils doivent être au cœur de la stratégie de déploiement des missions, a-t-il dit.

Mme TINE MORCH SMITH (Norvège) a déclaré reconnaître que la question du coût des missions est un sujet de préoccupation pour les États Membres.  Cependant elle ne doit pas prendre en otage la question des réformes, a déclaré la représentante.  La Norvège salue les récentes évolutions sur la question des coûts des missions, même si elle constate le manque de consensus sur le sujet et le perçoit comme un mauvais signal.  Sur la question des réformes, la représentante a déclaré que des mandats réalistes correspondant aux ressources disponibles sont vitaux, surtout en ces temps d’austérité.  Il faut améliorer l’impact des missions à travers un développement des capacités, a encore plaidé la représentante, ajoutant que la Norvège supporte les projets pilotes en matière de maintien de la paix.  Dans la même veine, les femmes doivent être davantage intégrées aux processus de paix, et l’ONU devrait continuer d’explorer des approches novatrices en ce sens, a-t-elle conclu.

M. MANJEEV SINGH PURI (Inde) a déclaré qu’avec des mandats trop ambitieux, des ressources qui s’amenuisent, et un fossé entre le terrain où elles sont déployées et les centres de décision, les missions de maintien de la paix connaissent de nouveaux défis.  Dans ce contexte, des décisions orientées vers le terrain doivent être prises en priorité, avec la participation, la coopération et l’expertise des pays contributeurs de troupes.  De plus, l’altération des règles établies, en particulier celle de la non-ingérence dans les affaires des États hôtes des OMP ou celle du consentement des parties, ne doit pas être sous-estimée, car elle peut avoir de sérieuses conséquences sur le terrain, a dit M. Singh Puri.  Le principe qui consiste à agir d’abord et réfléchir ensuite doit en outre être abandonné, a plaidé le représentant, ajoutant que les priorités des missions doivent correspondre aux besoins locaux, et non être une  transplantation des priorités décidées ailleurs.

M. HASAN ABULHASAN (Koweït) a salué le rôle prépondérant du Département des opérations de maintien de la paix (DOMP) dans le raffermissement des performances du maintien de la paix, malgré les conditions de plus en plus difficiles et les difficultés inhérentes à la nature de son mandat.  Il faudrait définir les fonctions et les objectifs escomptés à travers les OMP dans toutes leurs activités humanitaires, a-t-il préconisé.  Il faudrait, en outre, renforcer la coopération triangulaire et élargir les consultations à tous les niveaux.  De plus, les opérations de maintien de la paix (OMP) devraient pouvoir bénéficier d’un plus grand appui financier et logistique et recevoir des équipements de pointe, a estimé le représentant.  Par ailleurs, le rôle des Nations Unies dans les domaines de la diplomatie préventive et de l’alerte rapide devrait être redynamisé.  Le Koweït a réitéré la position du Groupe des 77 et de la Chine qui rejette le critère du revenu par personne pour le calcul des contributions au budget du maintien de la paix, dans la mesure où cela ne tient pas compte des circonstances spécifiques de la réalité des pays en développement.

S’exprimant en tant que représentant d’un pays fournisseur de contingents (PFC), M. MOHAMMAD ABD ABD ELKARIM TAZAWNEH (Jordanie) a estimé indispensable que ceux qui fournissent des forces de police ou des troupes puissent participer à la prise de décisions lors du déploiement d’une opération de maintien de la paix (OMP).  Il est également nécessaire d’apporter une assistance financière et humaine à ces pays.  La consolidation de la paix doit se renforcer afin de permettre d’éviter les conflits.  Les mécanismes de consultation entre les États Membres, le Conseil de sécurité et les pays fournisseurs de contingents doivent également se renforcer, ainsi que la collecte des informations sur le terrain, afin de pouvoir définir des mandats les plus clairs possibles, a-t-il ajouté.

M. PETR V. ILIICHEV (Fédération de Russie) a souligné que les mandats des opérations de maintien de la paix (OMP) doivent rester réalistes et se limiter à restaurer la paix et à coopérer aux processus politiques.  Compte tenu du rôle primordial du Comité des OMP (C-34), qui est le seul organe intergouvernemental chargé de définir les orientations du maintien de la paix, il est important que le C-34 prenne ses décisions par consensus.  Notant que l’ONU a plusieurs formes de présence sur le terrain par les OMP ou les missions politiques spéciales, le représentant a demandé que soit établie une meilleure coordination entre ces instruments, en vue d’une utilisation optimale des ressources et pour éviter les doublons.  Il est contre-productif et parfois dangereux d’élargir à outrance le caractère des mandats des OMP, a-t-il prévenu.  À titre d’exemple, il a noté l’accent trop important qu’on a tendance à mettre sur la protection des civils, alors que cela ne constitue qu’un des aspects du maintien de la paix.  Il faut éviter d’invoquer les questions de protection des civils sous le couvert de l’ONU pour s’ingérer dans les affaires internes d’un État ou à des fins politiques, a-t-il averti.  La Fédération de Russie appelle en outre à la prudence dans la discussion des mandats dits « robustes », en faisant valoir à ce titre que la campagne militaire contre la Libye ne doit jamais être considérée comme un précédent.  Les Casques bleus ne devraient pas être appelés à laisser de coté leur neutralité en prenant partie avec l’une ou l’autre partie au conflit, a précisé le représentant, car il en va de la légitimité des OMP.  Il a également mis l’accent sur les opportunités de coopération entre l’ONU et les organisations régionales.

M. NURBEK KASYMOV (Kirghizistan) a estimé que l’un des principaux outils pour maintenir et assurer la paix et la sécurité internationales passait notamment par le déploiement et le succès des opérations de maintien de la paix (OMP).  Il a mis l’accent sur la nécessité de renforcer la coopération triangulaire entre le Conseil de sécurité, les pays fournisseurs de contingents et le Secrétariat.  Il a, par ailleurs, plaidé en faveur de meilleurs mécanismes de mobilisation des ressources, afin de permettre de meilleures opérations de maintien de la paix.  Il a également réaffirmé la nécessité de respecter les trois principes de base du maintien de la paix, à savoir le respect du consentement des parties, l’impartialité et le non-recours à la force, sauf en cas de légitime défense.  Le rôle croissant et l’ampleur des OMP nécessitent une meilleure coopération entre les Nations Unies et les organisations régionales et sous-régionales, a dit M. Kasymov.  Le représentant a souhaité que de nouveaux partenariats soient mis en place.  Enfin, il a indiqué que son pays continuait à apporter sa contribution aux efforts internationaux, notamment en envoyant des observateurs militaires en Syrie.

M. FRANCIS GEORGE NAZARIO (Soudan du Sud) a déclaré qu’alors que le Conseil de sécurité a prorogé le mandat de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) jusqu’au 15 juillet 2013, son gouvernement a lancé une opération de désarmement des civils, récoltant ainsi plus de 10 400 armes.  Ce processus de désarmement est toujours en cours, a assuré le représentant, citant la création d’une commission chargée du désarmement, de la démobilisation et de la réintégration.  Une coopération dans le domaine de la police et des droits de l’homme a également été mise en place entre le Gouvernement du Soudan du Sud et la MINUSS, a poursuivi le représentant, chiffrant à neuf le nombre d’accords de coopération similaires signés avec d’autres acteurs pertinents dans la région, dont la Force intérimaire de sécurité des Nations Unies pour Abyei (FISNUA).  Concluant son intervention, le représentant a remercié toutes les délégations et les autres acteurs qui assistent son pays dans son processus de construction. 

M. MASOOD KHAN (Pakistan) a déclaré que le Pakistan, qui contribue depuis longtemps aux opérations de maintien de la paix (OMP), connaît les défis auxquels elles sont aujourd’hui confrontées et, en particulier, celui de leur financement.  Dans ce contexte, la délégation a formulé quelques suggestions visant à améliorer la situation.  Il faudrait d’abord renforcer la coopération triangulaire, puis assurer la clarté du rôle et des mandats des opérations de maintien de la paix (OMP) et, enfin, reconnaître la portée politique de ces opérations, en rappelant qu’elles ne peuvent en aucun cas remplacer un processus politique.  Le représentant a souligné, en outre, qu’il faudrait s’assurer le personnel déployé soit formé et dispose de ressources et d’équipements adéquats, notamment les moyens de transport aérien.  La question du coût des opérations de maintien de la paix (OMP) doit être évaluée.  Par ailleurs, en ce qui concerne la Stratégie globale d’appui aux missions, le représentant a estimé que la décision d’ouvrir de nouveaux centres régionaux doit être prise dans le contexte des contraintes budgétaires et dans un souci d’efficacité.

M. GABRIEL ORELLANA ZABALZA (Guatemala) a rappelé que son pays fournissait des contingents aux opérations de maintien de la paix (OMP) et avait accueilli une mission de maintien de la paix, la Mission de vérification des Nations Unies au Guatemala (MINUGUA).  Faisant référence à la stratégie globale d’appui aux OMP, le représentant a indiqué que le Guatemala appuyait les objectifs visant à renforcer la logistique et la formation du personnel de ces missions.  Il est important de maintenir l’interaction avec les délégations à New York et les pays contributeurs de troupespour que tous les pays concernés puissent comprendre les changements en cours sur le terrain.  Il a également souhaité des mandats clairs et réalisables pour ces missions.  Tous les outils existants pour faire une évaluation des besoins, a-t-il insisté, doivent être pris en compte avant de décider de renouveler ou de modifier les mandats.  Le Guatemala demande en outre que la coopération triangulaire soit renforcée. 

Les capacités individuelles des pays fournisseurs de contingents doivent être encouragées, a estimé le représentant, en recommandant d’associer ces pays aux consultations à tous les niveaux du processus de prise de décisions.  En ce qui concerne la répartition de responsabilités entre les États Membres dans le maintien de la paix, il a noté que 90% du budget étaient fournis par moins de 10 pays industrialisés alors que 90% des troupes proviennent de pays en développement.  Un tel déséquilibre n’est pas viable et exige, selon lui, une rationalisation concernant le taux de remboursement des pays contributeurs de troupes.  Il a également souhaité que le barème des quotes-parts soit révisé.  Pour le Guatemala, il n’existe pas d’explication rationnelle sur les taux de remboursements actuellement en vigueur, a-t-il déclaré avant de conclure.

M. FILATIENI COULIBALY (Burkina Faso) a salué les réformes de ces dernières années visant à renforcer les capacités des opérations de maintien de la paix (OMP), notamment la Stratégie mondiale d’appui aux missions.  Toutefois la question du financement reste déterminante pour le succès des OMP, a-t-il ajouté, estimant aussi que l’octroi de mandats clairs aux missions y contribue aussi. En tant que pays contributeur de troupes, le Burkina Faso est d’avis que plus de femmes devraient être intégrées aux missions.  Pour sa part, le Burkina Faso a commencé à le faire au sein de son personnel déployé, a affirmé le représentant.  Par ailleurs, la sécurité des personnels des missions est une des préoccupations du Burkina Faso. Dans ce contexte, la délégation burkinabé appelle à l’identification puis à la traduction en justice des auteurs d’attaques à leur encontre.

M. RADISA GRUJIC (Serbie) a indiqué que les opérations de maintien de la paix étaient l’une des fonctions essentielles de l’Organisation des Nations Unies.  Aujourd’hui, ces opérations sont de plus en plus complexes, a-t-il fait observer.  C’est pourquoi, il faudrait les renforcer et leur permettre d’accomplir leur tâche.  Il a également expliqué qu’il était important que les missions soient équipées afin de pouvoir relever les défis du XXIème siècle.  Le représentant a plaidé en faveur de mandats mieux définis, ajustés à leur situation sur le terrain.  Une meilleure formation des militaires, des policiers et du personnel civil déployés dans les missions est également indispensable, a-t-il dit.  Le représentant a aussi mis l’accent sur une meilleure coopération entre le Conseil de sécurité, les pays fournisseurs de contingents et le Secrétariat.  Avant de conclure, M. Grujic a indiqué que la Serbie restait attachée aux opérations de maintien de la paix.  Elle est engagée à poursuivre ses efforts pour que les opérations de maintien de la paix soient couronnées de succès, a-t-il ajouté.

M. AUGUSTINE UGOCHUKWU NWOSA (Nigéria) a insisté sur l’importance d’assurer une bonne interaction en temps voulu entre le Conseil de sécurité, le Secrétariat et les pays contributeurs de troupes et de police afin de réaliser les mandats de maintien de la paix sur la base du rapport du C-34.  Le représentant a également souligné l’importance des initiatives régionales et sous-régionales, notamment dans les situations d’entrave à la paix, pour ensuite appeler les États Membres à accorder davantage d’attention à la prévention des conflits et à la gestion des crises.  M. Nwosa s’est par ailleurs félicité de l’achèvement des discussions sur la révision de la méthodologie destinée à l’établissement des taux de remboursement des frais liés aux troupes.

M. HECTOR VIRGILIO ALCANTARA (République dominicaine) a estimé que des efforts soutenus par les partenaires internationaux dans les domaines du développement économique, de la justice sociale, du renforcement des institutions nationales et de l’état de droit permettront de consolider la paix au lendemain d’un conflit.  Les efforts en faveur de la consolidation de la paix reposent sur un consensus entre de nombreux acteurs, dont les organisations internationales, les gouvernements, la société civile, le secteur privé, les organisations non gouvernementales et la diaspora.  De plus, il faut accepter le fait que la consolidation de la paix exige du temps.  Au sujet de l’efficacité des opérations de maintien de la paix (OMP), il a préconisé des mandats clairs et réalisables, la nécessité d’un déploiement opportun, de préférence en moins de six semaines, et la nécessité pour les responsables d’une mission de connaître la situation dans la région où la mission est déployée.  Il est également important que les États envisagent la possibilité de maintenir des troupes disponibles au niveau régional. 

Le représentant a aussi évoqué le cas de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), qui, selon lui, est un exemple historique et pourrait servir de modèle.  Pour la République dominicaine, qui partage la même île qu’Haïti, le rôle de la MINUSTAH est essentiel pour y assurer la stabilité politique et la consolidation de la paix.  « La MINUSTAH est la meilleure expression de la volonté internationale d’aider un pays à se relever » mais son travail ne pourra être achevé que si les citoyens haïtiens peuvent s’approprier le processus de reconstruction », a estimé le délégué.  Il faut qu’il y ait des progrès réels en termes de développement économique afin d’améliorer les conditions de vie des Haïtiens, a-t-il dit.  Sa délégation estime cependant que la MINUSTAH devrait davantage axer ses efforts sur la mise en oeuvre de programmes de développement.

M. AMADOU HASSANE MAI DAWA (Niger) a rappelé que l’Afrique constituait historiquement l’un des premiers théâtres des opérations de maintien de la paix sous mandat de l’ONU.  Sur 63 missions déployées depuis 1948,25 l’ont été sur le continent africain.  Le représentant a mis l’accent sur l’engagement croissant de l’Union africaine, mais aussi des organisations régionales et sous-régionales, comme la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) en faveur des opérations de paix.  Toutefois, a-t-il dit, les contraintes financières et logistiques de ces organisations limitent la concrétisation de cette volonté.  Par ailleurs, le représentant a fait savoir que son pays occupait un rang non négligeable parmi les pays contributeurs de contingents militaires, de police et d’observateurs représentant au total 1 116 hommes et femmes qui sont déployés dans sept opérations de maintien de la paix des Nations Unies.

M. CHARLES LEMBOUMA (Gabon) a estimé qu’il fallait renforcer le financement ainsi que l’apport technique et matériel fourni aux missions de maintien de la paix, compte tenu de leur complexité croissante et des difficultés de mise en œuvre des mandats qui peuvent en découler.  À ce titre, il a proposé un assouplissement des modalités de financement des OMP ainsi qu’une meilleure appréhension des questions liées aux remboursements des frais engagés par les pays contributeurs de troupes.  Il a également abordé la question de la collaboration des Nations Unies avec les organisations régionales et sous-régionales.  Le Gabon reste convaincu que le renforcement d’une coopération triangulaire en matière de maintien de la paix est essentiel pour optimiser l’efficacité dans la résolution des crises.  À ce titre, M. Lembouma a évoqué la synergie qui existe entre les Nations Unies et l’Union africaine notamment sur le conflit au Darfour et en Somalie.  Le Gabon met également l’accent sur l’importance du multilinguisme dans les missions de maintien de la paix.  La prise en compte du facteur linguistique, notamment dans le choix du commandement des troupes et à tous les niveaux de la chaine de commandement est importante.  Le représentant a indiqué que cela contribuerait non seulement à un dialogue constructif avec le pays hôte mais aussi à l’établissement d’un climat de confiance nécessaire à la mise en œuvre des mandats des OMP.

M. COLONEL DARA HIM (Cambodge) a salué les efforts du Département des opérations de maintien de la paix (DOMP) pour ce qui est de gérer la complexité croissante des missions, grâce en partie à l’appui des pays contributeurs de troupes.  Le Cambodge est aujourd’hui un pays contributeur de troupes, après avoir accueilli il y a une vingtaine d’années l’Autorité provisoire des Nations Unies au Cambodge (APRONUC), a-t-il précisé.  Il a également souligné l’importance de la participation des femmes aux opérations de maintien de la paix (OMP).  Pour sa délégation, le rôle des organisations régionales, en matière de maintien de la paix, doit respecter les principes directeurs des Nations Unies.  En tant que pays hôte, le Cambodge attache une grande importance à la question de la discipline du personnel de maintien de la paix et à l’application de la politique de tolérance zéro, a souligné le représentant. 

Mme SEWA LAMSAL ADHIKARI (Népal), s’alignant sur la déclaration du Mouvement des pays non alignés, a déclaré que son pays, en tant que contributeur de troupes, attachait une importance majeure aux questions liées à tous les aspects des opérations de maintien de la paix et, particulièrement, en ce qui concerne le renforcement de leur efficacité et la gestion des défis croissants dans des environnements complexes.  Bien qu’il enregistre autant de succès que d’échecs, le maintien de la paix donne à l’ONU le crédit le plus visible en comparaison à ses autres fonctions, a souligné Mme Adhikari.  Elle a estimé que l’augmentation des demandes faites aux Nations Unies en vue d’apporter une réponse à certaines situations de conflit étaient la preuve de la confiance que les États placent en cette Organisation internationale.

Alors que ces opérations sont devenues multidimensionnelles, impliquant également le personnel civil en plus des personnels militaires et de police, elles doivent œuvrer au maintien de la paix et de la sécurité.  Elles doivent faciliter, entre autres, les processus politiques, la réintégration des ex-combattants et fournir une assistance technique dans le cadre de l’organisation d’élections, a précisé la représentante du Népal.  Insistant sur le niveau de leur déploiement sur le terrain, ainsi que sur la complexité de leur mandat, elle a indiqué que cela exigeait une gestion efficace de leurs mécanismes, à la fois sur le terrain et au Siège à New York.  Par ailleurs, il est urgent de faire un usage approprié du personnel civil dont le travail en appui des contingents militaires aurait un impact des plus salutaires sur la mise en place d’institutions dans les pays affectés par un conflit.  Le Népal est fier d’être le sixième plus grand contributeur de troupes, a indiqué sa représentante.  En dépit des pertes enregistrées au sein de ses troupes, le Népal demeure déterminé à accompagner pleinement l’ONU dans sa mission de protection des vies à travers le monde, a-t-elle dit en conclusion.

M. IDRIS LATRECHE (Algérie) a estimé que les opérations de maintien de la paix continuaient à jouer un rôle important dans la paix et la sécurité internationales.  Ces opérations, a-t-il ajouté, sont souvent déployées avec trois objectifs principaux, à savoir stabiliser la situation, appuyer la mise en place des résolutions du Conseil de sécurité et fournir au Secrétariat, au Conseil de sécurité et à la communauté internationale des informations indépendantes des conditions sur le terrain, en particulier sur les conditions relatives aux droits de l’homme.  À cet égard, le représentant a souligné que certaines opérations de maintien de la paix qui étaient déployées ne disposaient toujours pas de mandats leur permettant de faire état des conditions relatives aux droits de l’homme.  Ainsi, a-t-il dit, la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) demeure l’une des rares missions de maintien de la paix qui ne comprenait pas une mission de surveillance des droits de l’homme.

M. Latrèche a indiqué que la complexité des opérations de maintien de la paix (OMP) ne cessait d’augmenter, notamment en raison des besoins croissants et des difficultés liées aux ressources financières et humaines.  Ce fossé, a-t-il ajouté, ne pourra être comblé que si les opérations déployées bénéficient de l’appui politique, humain et financier nécessaire au bon exercice de leur mandat.  Par ailleurs, il a estimé qu’il était important d’accorder davantage d’attention aux causes profondes des conflits.  Enfin, M. Latrèche a mis l’accent sur le rôle exercé par l’Union africaine et a rappelé, notamment, les contraintes financières de cette organisation régionale.

M. KAZUTOSHI AIKAWA (Japon) a déclaré que pour établir les fondations de futures capacités nationales, rôle premier des opérations de maintien de la paix (OMP), tous les types d’expertises, civiles, militaires, policières ou économiques doivent être déployées sur le terrain dans des délais appropriés.  Tous les efforts visant à maximiser les bénéfices des OMP par une optimisation des ressources disponibles deviennent par conséquent cruciaux, a ajouté le représentant, soulignant le contexte d’austérité économique qui frappe aujourd’hui plusieurs pays.  Pour le Japon, ce n’est qu’en travaillant ensemble, l’ONU, ses départements pertinents et les pays contributeurs de troupes, que les OMP satisferont aux exigences et attentes de la communauté internationale et contribueront au maintien de la paix et de la sécurité internationales, a conclu le représentant.

M. PIERRE DORBES (Comité international de la Croix-Rouge – CICR) a déclaré que les opérations de maintien de la paix (OMP) avaient évolué et dépassaient aujourd’hui leur rôle traditionnel de suivi des accords de paix.  Elles couvrent désormais des aspects tels que l’état de droit, l’aide humanitaire et la protection des civils, ce qui a créé un certain nombre de défis.  La protection des personnes doit être au cœur des priorités et c’est aux États parties à un conflit armé qu’il incombe au premier chef de protéger les civils, a-t-il réaffirmé.  Les forces de maintien de la paix peuvent apporter une contribution inestimable pour assurer la sécurité physique des civils, a-t-il ajouté.  S’il est possible de créer des synergies positives pour le renforcement de la protection des civils par le biais des missions intégrées, celles-ci comportent aussi en soi le risque que leur rôle et leurs responsabilités deviennent de plus en plus flous.  Les autorités locales, les acteurs armés et les communautés touchées doivent être en mesure de faire la distinction entre le rôle de chaque composante des missions intégrées des Nations Unies, a souligné le représentant.  C’est pourquoi le CICR se félicite de l’adoption d’un cadre conceptuel qui vise à préciser le rôle des différentes composantes d’une mission, a déclaré M. Dorbes.

Il est essentiel également que les forces de maintien de la paix reçoivent une formation et un équipement adéquat: c’est vital pour la réussite de leurs missions, a insisté M. Dorbes.  Le strict respect du droit international par les parties à un conflit armé, y compris par les forces des Nations Unies, contribuera grandement à améliorer la protection des civils, a-t-il poursuivi.  Les États Membres et, en particulier, les fournisseurs de contingents militaires et de forces de police doivent veiller à ce que les forces de maintien de la paix disposent des ressources adéquates suffisantes, notamment humaines, et possèdent une bonne formation et des compétences appropriées pour leur permettre de mener à bien leurs activités.  Le CICR reste déterminé à maintenir et à approfondir le dialogue déjà très constructif qu’il a engagé avec le Département des opérations de maintien de la paix et avec les États Membres qui participent activement aux opérations de paix, a conclu le représentant.

Droits de réponse

Le représentant de la République arabe syrienne a tenu à exercer son droit de réponse après les allégations formulées ce matin par le représentant d’Israël.  Le représentant d’Israël tente, par ces allégations, de cacher l’occupation continue par son pays des territoires palestiniens et ainsi d’empêcher le maintien de la paix dans la région.  Le représentant de la puissance occupante israélienne déclare que son pays appuie les opérations de maintien de la paix.  Le représentant de la Syrie a fait part de sa surprise, en soulignant qu’Israël avait le pire bilan d’actes d’agression.  Il a ajouté qu’il existait des preuves bien établies des violations flagrantes du droit international commises par Israël.

La représentante du Maroc a exercé son droit de réponse à la suite des propos de la délégation algérienne concernant la MINURSO, notant que ce pays prétend être un simple observateur du conflit du Sahara occidental.  Le fait de dire que la MINURSO est l’une des rares missions qui n’a pas de composante « droits de l’homme », elle a opposé le fait qu’il existe de nombreuses autres « missions à mandat simple ».  La délégation a également mentionné que l’Algérie n’avait pas de leçons à donner en matière de droits de l’homme.

Répondant à ces propos, le représentant de l’Algérie a estimé que la déléguée du Maroc devrait être rappelée à l’ordre dans la mesure où elle a abordé un thème qui n’est pas inscrit à l’ordre du jour de la Commission.  Il a fait remarquer qu’il avait parlé de la MINURSO dans le contexte de la « question des opérations de maintien de la paix sous tous leurs aspects », qu’examine aujourd’hui la Commission.  Le mandat de la MINURSO demeure du ressort du Conseil de sécurité.  Il a cependant estimé qu’il serait opportun de débattre de la question de la MINURSO et des principes et du fonctionnement des missions de maintien de la paix. 

Reprenant la parole, la représentante du Maroc a estimé que la Quatrième Commission n’est pas l’instance appropriée pour discuter des mandats des missions de maintien de la paix qui, a-t-elle rappelé, sont du ressort du Conseil de sécurité.  Elle a précisé que jusque-là, le Conseil de sécurité n’avait pas jugé utile d’inclure une composante droits de l’homme dans le mandat de la MINURSO.

Répondant à la délégation du Maroc, le représentant de l’Algérie a voulu savoir pourquoi la déléguée du Maroc cherchait à esquiver la question de la pertinence d’une composante droits de l’homme au sein de la MINURSO.  Il impute cela à la possibilité qu’elle n’a pas d’argument juridique pour le justifier.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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