Quatrième Commission: le maintien de la paix, qui est un arrangement financier efficace, reste tributaire d’un partenariat mondial

1 novembre 2012
CPSD/516

Quatrième Commission: le maintien de la paix, qui est un arrangement financier efficace, reste tributaire d’un partenariat mondial

01/11/2012
Assemblée générale
CPSD/516
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Quatrième Commission                                       

14e séance – matin                                         

QUATRIÈME COMMISSION: LE MAINTIEN DE LA PAIX, QUI EST UN ARRANGEMENT FINANCIER EFFICACE, RESTE TRIBUTAIRE D’UN PARTENARIAT MONDIAL

C’est un vecteur polyvalent et financièrement efficace de l’action

politique et opérationnelle de la communauté internationale, souligne M. Ladsous

La Commission des questions politiques spéciales et de la décolonisation (Quatrième Commission) a entendu ce matin le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, M. Hervé Ladsous, et la Secrétaire générale adjointe à l’appui aux missions, Mme Ameerah Haq, brosser un tableau des développements survenus récemment en matière d’activités de maintien de la paix de l’Organisation des Nations Unies.  M. Ladsous et Mme Haq ont également fait des  observations sur le contexte stratégique de ces activités à court et moyen termes.  Les exposés des deux officiels du Secrétariat de l’ONU ont été suivis d’un débat à huis clos avec les membres de la Commission.

Dans son exposé, M. Ladsous a fait valoir que le maintien de la paix des Nations Unies demeurait un arrangement financier efficace et unique pour le partage de cette tâche collective entre États, et qu’il restait tributaire d’un partenariat mondial.  Pour le Secrétaire général adjoint, le maintien de la paix représente un vecteur polyvalent et essentiel de l’action politique et opérationnelle de la communauté internationale.  Dans son intervention, M. Ladsous a mis l’accent non seulement sur les exigences de formation du personnel en uniforme, mais aussi sur celles du personnel civil déployé par les Nations Unies sur le terrain, et a évoqué d’autres priorités qui se posent au Département comme notamment l’élaboration et l’application des normes de conduite du personnel. 

M. Ladsous a fait état des différentes actions menées en ce sens depuis l’année dernière et a également expliqué le mérite qu’ont les évaluations périodiques du personnel de maintien de la paix.  Ces évaluations vont permettre de redimensionner correctement les missions dans le but d’optimiser l’utilisation du personnel et des ressources dont dispose le Département des opérations de maintien de la paix (DOMP), a-t-il expliqué.  Par ailleurs, a-t-il indiqué, le Département des opérations de maintien de la paix s’attache à développer de nouveaux concepts et options pour répondre aux défis à venir.  En conclusion, le Secrétaire général adjoint a dit avoir besoin de la bonne approche stratégique pour pouvoir faire face à l’évolution des besoins des pays concernés, mais également de la collaboration, des conseils et du soutien des États Membres pour réussir dans sa mission.

Pour Mme Haq, le cœur du travail du Département de l’appui aux missions (DAM) se situe dans le partenariat existant entre le DAM et les États et d’autres départements impliqués dans le maintien de la paix.  Elle s’est dite convaincue que les deux ou trois années à venir offrent une occasion de se pencher sur les défis qui pèsent sur les opérations de maintien de la paix (OMP), notamment en termes d’efficacité, de coût, d’évaluation ou de personnels.  Les facteurs économiques, technologiques et de gestion constituent des impératifs qui devraient conduire les OMP à la prochaine étape de leur évolution, notamment en termes d’économies d’échelle et de gains d’efficacité, a-t-elle relevé.  Dans ce contexte, elle a mis en avant la validité de la Stratégie globale d’appui aux missions qui a été développée par Mme Susana Malcorra, qui l’a précédée, dans les fonctions de Secrétaire générale adjointe à l’appui aux missions.  La Stratégie continue d’être appliquée, a relevé Mme Haq, en faisant état de progrès réalisés à ce stade, notamment la signature d’un contrat de location à long terme d’un avion à long rayon d’action pour le transport des troupes.  Elle a cependant reconnu que certains défis restaient à relever, comme par exemple la participation des femmes aux effectifs des missions de maintien de la paix, soulignant qu’elles ne représentent à ce jour que 13% des dirigeants d’opération de maintien de la paix (OMP).

La Quatrième Commission se réunira demain, vendredi 2 novembre, à 10 heures, pour commencer son débat général sur l’étude d’ensemble de toute la question des opérations de maintien de la paix sous tous leurs aspects.

ÉTUDE D’ENSEMBLE DE TOUTE LA QUESTION DES OPÉRATIONS DE MAINTIEN DE LA PAIX SOUS TOUS LEURS ASPECTS

Rapport du Secrétaire général ( A/67/312–S/2012/645 )

Ce rapport indique que les événements de l’année écoulée ont montré qu’il était essentiel de développer les capacités civiles pour sortir des conflits.  Si les pays ne prennent pas en main la transformation des institutions qui assurent aux citoyens une représentation politique, la sécurité, la justice et une perspective économique, il ne peut y avoir de redressement durable après un conflit.

Le présent rapport décrit les progrès réalisés dans le cadre de l’initiative de renforcement des capacités civiles depuis le précédent rapport du Secrétaire général en la matière.  Au niveau des pays, les organismes du système des Nations Unies ont collaboré pour soutenir la prise en main par les pays de leurs priorités dans les situations de transition après un conflit ou une crise.  Ce travail, au niveau des pays, fait ressortir que les capacités civiles et les modes de renforcement ne peuvent être imposés de l’extérieur et que les meilleurs résultats sont obtenus lorsque les programmes sont conçus pour soutenir un processus national solide de prise de décisions.

Le rapport indique que l’initiative de renforcement des capacités civiles a, certes, pour ultime objet de fournir un appui plus solide sur le terrain, mais qu’il faut, pour cela, mettre en place les dispositifs systématiques appropriés.

Le rapport précise également que, conformément à la résolution 66/255, dans laquelle l’Assemblée générale l’a encouragée à élargir et étoffer la réserve d’experts civils, l’Organisation des Nations Unies a collaboré étroitement avec les États Membres et des organismes de la société civile pour la mise en place d’une nouvelle plate-forme en ligne (CAPMATCH) qui offre un dispositif simple pour mettre en relation ceux qui recherchent expérience et capacités, et ceux qui peuvent éventuellement les fournir.  Cela offre la possibilité de renforcer les partenariats mondiaux dans lesquels la coopération Sud-Sud complète le soutien technique et financier Nord-Sud, mais ne s’y substitue pas.  Le rapport indique que l’utilisation de compétences plus solides ne fonctionnera que si elle s’accompagne d’un financement suffisant et durable, notamment grâce à des modalités novatrices de financement volontaire.

Dans ce rapport, le Secrétaire général souligne que les activités menées au cours de l’année écoulée on fait ressortir combien il est important de s’adapter à l’évolution des besoins nationaux et opérationnels et d’accroître encore la rapidité d’action dans le cadre réglementaire en vigueur. 

Enfin, il précise que l’initiative de renforcement des capacités civiles a bénéficié des consultations étroites menées avec les États Membres dans le cadre de réunions régionales, d’échanges thématiques et de discussions au sein de la Commission de consolidation de la paix.

Déclarations liminaires

M. HERVÉ LADSOUS, Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, a souligné que les opérations de maintien de la paix (OMP) restent la partie la plus visible et critique des activités de l’ONU.  Elles sont de plus en plus variées, ce dont témoigne la nature souple de cet outil indispensable du point de vue politique et opérationnel, a-t-il constaté.  Il a assuré que plus que jamais le Département des opérations de maintien de la paix (DOMP) et le Département de l’appui aux missions (DAM) travailleront main dans la main afin d’appuyer les 97 000 personnels de maintien de la paix exerçant sur le terrain.  Il a brossé un tableau de la situation des différentes missions sur le terrain, avant de faire des observations sur le contexte stratégique des OMP.

Commençant par la situation en Syrie, M. Ladsous a rappelé qu’en avril dernier le Conseil de sécurité avait demandé, avec un préavis très court, qu’une mission y soit déployée.  La réaction au défi posé a démontré que les opérations de maintien de la paix (OMP) pouvaient être mises en place de manière extrêmement rapide.  En moins d’un mois, des observateurs de plus de 60 pays ont pu être déployés sur le terrain, ce qui prouve que le déploiement rapide est possible.  M. Ladsous a expliqué que le mandat n’avait pas été reconduit, compte tenu des conditions sécuritaires extrêmement difficiles sur le terrain, et il s’est dit prêt à soutenir les efforts du Représentant spécial conjoint des Nations Unies et de la Ligue des États arabes pour la Syrie, M. Lakhdar Brahimi.

Abordant la situation au Soudan, au Soudan du Sud et à Abyei, où près du tiers du personnel de maintien de la paix est déployé, il a noté qu’au Darfour la criminalité et le banditisme ont augmenté et que les progrès dans la mise en œuvre du plan de paix de Doha ont été lents.  Toutefois, compte tenu des projections concernant la situation sécuritaire sur le terrain, le Conseil de sécurité appuie l’idée de la réduction des effectifs de l’Opération hybride Union africaine-Nations Unies au Darfour (MINUAD).  S’agissant du Soudan du Sud, après deux ans d’indépendance, le pays connaît toujours des défis sérieux notamment en matière de sécurité interne et de construction des institutions locales.  M. Ladsous a expliqué que la Mission des Nations Unies au Soudan (MINUS) est sur place pour aider le Gouvernement sud-soudanais dans cette tâche.  Il a noté l’absence d’un accord entre Khartoum et Juba sur les questions concernant le pétrole et les finances.  Cependant la Force intérimaire de sécurité des Nations Unies pour Abyei (FISNUA) a réussi à restaurer la sécurité dans la zone d’Abyei, a indiqué M. Ladsous en évoquant la question de la démarcation des frontières contestées.  Il a rappelé que le 27 septembre dernier à Addis-Abeba, neuf accords avaient été signés et ratifiés et qu’il s’agissait maintenant de les appliquer dans le but de bâtir deux États viables.  La FISNUA est prête à soutenir les arrangements en matière de sécurité des frontières.

M. Ladsous a également fait le point sur la situation en République démocratique du Congo (RDC), en Afrique de l’Ouest, et plus particulièrement en Côte d’Ivoire.  Dans le cas de la Côte d’Ivoire, il a noté que, malgré les progrès accomplis vers le rétablissement d’une situation normale, les principales causes d’instabilité n’ont pas pu être adressées et que la situation sécuritaire se dégradait.  Rappelant que des discussions sont en cours, il a insisté sur le fait qu’il fallait accélérer ces efforts.  En attendant, le Secrétaire général adjoint a proposé de reporter la réduction des effectifs militaires de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (UNOCI) à l’année prochaine.

En Afghanistan, M. Ladsous a indiqué que la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) préparait la phase de l’après-2014 en soutenant une transition politique pacifique, y compris la tenue des élections présidentielles et celle du processus de réconciliation approprié conduit par les Afghans eux-mêmes.  Pour ce qui est de la situation en Haïti, il a noté les progrès réalisés dans les domaines du maintien de la sécurité dans le pays et le rétablissement des institutions assurant l’état de droit.  Cela devrait, selon lui, se traduire par un retrait progressif de 1 000 personnes parmi les effectifs de la mission de l’ONU opérant sur place.  De même, au Timor-Leste, suite à l’organisation pacifique des élections présidentielles et parlementaires, et après l’inauguration du cinquième Gouvernement, le retrait progressif des effectifs de maintien de la paix devrait aboutir à la fermeture de la mission onusienne le 31 décembre prochain.

Pour ce qui est de l’avenir, M. Ladsous a expliqué que le Département des opérations de maintien de la paix (DOMP) devait être prêt éventuellement à déployer des missions au Mali, en Syrie, en Somalie ou ailleurs.  Si le DOMP ne peut pas prévoir où, et quand, la prochaine mission à déployer recevra un mandat, sa mission est d’être proactif dans la planification des situations difficiles de manière à pouvoir assurer un déploiement rapide et efficace en cas de besoin et à la demande du Conseil de sécurité, a indiqué M. Ladsous.  À ce titre, le DOMP est déterminé à poursuivre ses partenariats avec les organisations régionales, notamment avec l’Union africaine, a indiqué le Secrétaire général adjoint en qualifiant cette organisation régionale de « partenaire stratégique vital ».  Il s’est engagé à être novateur et à utiliser de manière optimale les ressources dont dispose son Département.

Le Secrétaire général adjoint a ensuite abordé le contexte stratégique des opérations de maintien de la paix (OMP) qui est en pleine évolution.  L’une de ses priorités concerne la mise en place d’évaluations périodiques (au moins une fois tous les deux ans) afin d’assurer un bon dimensionnement des missions.  Lorsque les circonstances d’une mission l’exigeront, le Département fera appel aux ressources et capacités supplémentaires nécessaires.  M. Ladsous a indiqué que, depuis l’année dernière, le DOMP avait évalué le personnel en uniforme de plusieurs missions, ce qui a révélé la possibilité d’une réduction de ce personnel à l’échelle mondiale.  Le Département est en train de mener une évaluation similaire du personnel civil des missions.  Ces évaluations périodiques permettent de s’assurer que le personnel déployé est suffisant, mais également qu’il dispose des compétences et capacités qui correspondent aux évolutions des mandats ainsi qu’aux besoins changeants sur le terrain, a encore précisé le Secrétaire général adjoint.  Il a ajouté que le maintien de la paix des Nations Unies demeurait un arrangement financier efficace et unique pour le partage de la tâche collective, et qu’il restait tributaire d’un partenariat mondial.  Il a également évoqué les progrès qu’il a été possible de réaliser suite aux travaux du Groupe consultatif de haut niveau chargé d’examiner le taux de remboursement des frais engagés par les pays contributeurs de troupes et a espéré que ces travaux ont contribué à la création de la base nécessaire dans la recherche d’un consensus.  Il a insisté sur le fait que les 116 pays qui fournissent le personnel en uniforme des 16 missions de maintien de la paix sont des acteurs centraux, et que son Département, ainsi que le DAM, travaillent à renforcer leur engagement à l’égard de leurs capitales.

En ce qui concerne les priorités politiques et de réforme, l’intervention de M. Ladsous a porté sur cinq domaines dans le contexte de l’ordre du jour ayant trait aux réformes de 2009 (Nouvel Horizon).  Le premier domaine concerné est celui des capacités militaires et de police des OMP.  M. Ladsous a mis l’accent sur les efforts de formation de ce personnel en uniforme en citant notamment les formations d’officiers, de personnel médical et de personnel d’infanterie.  De plus, le Département cherche à définir des formations spécifiques pour chaque mission.  À ce titre, le matériel de formation du personnel d’infanterie a été récemment approuvé, a-t-il indiqué.  De même, le DOMP a offert des formations dans 158 États Membres pour y former les unités de police.  S’agissant de l’application de nouvelles technologies, notamment les systèmes aériens non armés, le Département est conscient de la nature délicate de cette question et a assuré que l’utilisation de ces technologies se ferait systématiquement avec l’accord du pays hôte et des parties concernées.  Il a également mis en place une « cartographie systématique des lacunes des missions ».  Il est, par exemple, nécessaire de pouvoir disposer du personnel policier ayant les compétences linguistiques appropriées, mais ceci reste un défi à relever, a noté M. Ladsous.  S’agissant des lacunes en matériel, l’année écoulée a permis au DOMP d’améliorer sa situation en ce qui concerne les hélicoptères.  Le Département des opérations de maintien de la paix (DOMP) souhaite améliorer ses capacités de réaction rapide, en s’appuyant entre autres sur la coopération entre missions ou encore sur des approches régionales pour la résolution des problèmes régionaux.  Par exemple, à cet égard, les moyens d’aviation sont partagés entre l’Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) et la Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL).  M. Ladsous a toutefois souligné qu’il n’était pas réaliste de vouloir résoudre des problèmes à long terme avec des solutions à court terme et que la coopération entre missions ne peut apporter qu’une solution ponctuelle aux situations.

Le deuxième domaine identifié par le Secrétaire général adjoint a été celui des capacités civiles des missions de maintien de la paix.  Il a expliqué que le renforcement des structures en matière de police, de justice et d’institutions correctionnelles, d’activités de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR), ainsi que le soutien aux secteurs nationaux de sécurité, sont des aspects prioritaires dans ce domaine.  De plus, la protection des civils et du personnel de l’ONU ainsi que le déminage sont également des éléments essentiels.  Le DOMP travaille également à définir de nouveaux indicateurs pour mesurer les progrès en matière d’état de droit et de sécurité.

Le troisième domaine porte, quant à lui, sur le travail continu destiné à améliorer la formation et les priorités des missions.  Au niveau de la protection des civils, il existe désormais des formations adaptées ainsi que des stratégies de protection qui ont été développées et conduites en Amérique latine et en Asie, et la Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL) et la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (UNIFIL) sont sur le point de développer de telles stratégies dans les mois à venir, a indiqué M. Ladsous.

Le quatrième domaine porte sur la Stratégie globale d’appui aux missions qui sera présentée par Mme Ameerah Haq, Secrétaire générale adjointe à l’appui aux missions, et le cinquième domaine est relatif aux normes de conduite exigées du personnel de maintien de la paix.  Dans ce contexte, les efforts collectifs du DOMP et des pays fournisseurs de contingents et de police font toute la différence dans ce domaine pour pouvoir éviter des incidents et agir rapidement en cas de problèmes.

Mme AMEERAH HAQ, Secrétaire générale adjointe à l’appui aux missions de maintien de la paix, a déclaré que le cœur du travail du Département de l’appui aux missions de maintien de la paix (DAM) est le partenariat avec les États et avec d’autres départements impliqués dans le maintien de la paix.  C’est dans ce cadre qu’elle s’est félicitée de l’adoption du rapport du Comité des opérations de maintien de la paix et de l’accord qui en a découlé.  Cet accord passé entre les États Membres souligne l’universalisme qui sous-tend la Charte des Nations Unies et démontre que les efforts consacrés au maintien de la paix dans le monde, commencés il y a un demi-siècle, se poursuivent encore aujourd’hui, a encore déclaré Mme Haq.

Pour la Secrétaire générale adjointe, les deux ou trois années à venir offrent une occasion de se pencher sur les défis qui pèsent sur les opérations de maintien de la paix (OMP), notamment en termes d’efficacité, de coût, d’évaluation ou de personnels.  Les facteurs économiques, technologiques et de gestion constituent des impératifs qui devraient conduire les OMP à la prochaine étape de leur évolution, a-t-elle estimé.  « Nous avons une obligation d’apprendre des leçons du passé.  Austérité ou non, nous devons utiliser les ressources de manière responsable », a poursuivi Mme Haq, déplorant, par ailleurs, que trop souvent les ressources soient considérées comme acquises d’avance, ce qui conduit à l’adoption d’approches poussées par l’offre, sans pour autant améliorer la vie des personnels ou des populations sur le terrain.  En conséquence, elle a estimé que les prochaines années doivent voir se produire des améliorations, des économies d’échelle et des gains d’efficacité.

C’est dans ce contexte que la Stratégie globale d’appui aux missions développée par mon prédécesseur, Mme Malcorra, est déjà mise en œuvre et continuera à l’être, a indiqué Mme Haq.  Cette Stratégie permet de définir les fondements du travail du Département de l’appui aux missions (DAM).  Le Centre global de service de Brindisi et la Base de soutien logistique des Nations Unies de Valence ont dans ce domaine joué un rôle majeur, a-t-elle indiqué.  Ces dernières années, cette stratégie a été en mesure de renforcer l’appui en Syrie, en Somalie, ou encore en Libye, ce qui a permis au DAM de réaliser des économies de l’ordre d’un million de dollars.  Concernant les centres de service régionaux, Mme Haq a indiqué que le Centre d’Entebbe a fonctionné comme un véritable centre intégré, et elle a plaidé pour la mise en place de centres similaires.  La priorité est d’intégrer les personnels et les fonctions des missions pour que chaque fonctionnaire puisse servir toute une série de missions et non pas seulement sa mission d’origine, a-t-elle ajouté. 

Mme Haq a ensuite informé les États Membres de la signature d’un contrat de location à long terme d’un avion à large rayon d’action pour le transport des troupes.  Cet accord permettra d’économiser 8 millions de dollars la première année.  Cet avion servira non seulement au transport de personnels militaires, mais aussi de police.  Des innovations ont en outre été réalisées sur les rations alimentaires, permettant par exemple de réduire de 30% leur coût avec un accroissement de la qualité.  Cependant, malgré ces progrès, d’autres domaines requièrent une attention particulière, notamment la fourniture de soins de santé, le génie civil ou encore les transports.  L’absence de diversité dans la composition du personnel est aussi un des défis à relever.  Ainsi, le nombre de femmes présentes dans les OMP reste faible, même si des progrès ont été réalisés ces cinq dernières années: on compte seulement 13% de femmes parmi les dirigeants des OMP, a déploré Mme Haq.

La Secrétaire générale adjointe est également revenue sur le principe de responsabilité nécessaire pour assurer l’efficacité et la crédibilité des OMP.  Pour sa part, le DAM prend des mesures pour responsabiliser à tous les niveaux les hauts cadres du Département, a assuré Mme Haq.  La Secrétaire générale adjointe s’est néanmoins déclarée préoccupée par les nombreuses allégations de viols, y compris de mineurs, commis par les personnels de maintien de la paix.  Dans ce contexte, elle a demandé aux États Membres d’appliquer la politique de tolérance zéro voulue par le Secrétaire général et de continuer à travailler avec les départements pertinents dans le but de faire face à ces allégations et de prendre des actions à l’encontre de ceux qui commettent ces crimes.  Concluant son intervention, Mme Haq a insisté sur le fait qu’il faut anticiper les évolutions des OMP et considérer en cela les progrès accomplis dans la mise en œuvre de la Stratégie globale d’appui aux missions.  Les années à venir offrent également l’opportunité de renforcer les liens avec les organisations sous-régionales et régionales comme l’Union africaine, a-t-elle noté.  Dans tous ses efforts, le DAM pense en premier à l’assistance aux pays et aux personnels, a-t-elle conclu.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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