Quatrième Commission: les délégations réaffirment le droit des peuples coloniaux à exercer leur droit à l’autodétermination

11 octobre 2012
CPSD/507

Quatrième Commission: les délégations réaffirment le droit des peuples coloniaux à exercer leur droit à l’autodétermination

11/10/2012
Assemblée générale
CPSD/507
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Quatrième Commission

5e séance – après-midi


QUATRIÈME COMMISSION: LES DÉLÉGATIONS RÉAFFIRMENT LE DROIT DES PEUPLES COLONIAUX

À EXERCER LEUR DROIT À L’AUTODÉTERMINATION


La Commission conclut l’audition des pétitionnaires sur la question du Sahara occidental


La Commission des questions politiques spéciales et de la décolonisation (Quatrième Commission) a achevé, cet après-midi, l’audition des pétitionnaires sur la question du Sahara occidental.  Elle a ensuite repris son débat général sur les questions de décolonisation.


Au cours du débat général, les délégations qui ont pris la parole ont unanimement réaffirmé le droit à l’autodétermination, non seulement du peuple sahraoui, mais aussi de tous les peuples vivant dans les 16 territoires non autonomes encore existants. 


À cet égard, le représentant du Royaume-Uni, seule « puissance administrante » à s’exprimer pour faire une déclaration formelle cet après-midi, a reconnu ce droit, tout en expliquant que son gouvernement maintenait sa position en ce qui concerne ses territoires d’outremer, à savoir que c’est aux peuples de ces territoires d’exprimer ou non leur volonté d’indépendance.  « Compte tenu du fait que tous les territoires d’outremer placés sous souveraineté britanniques ont choisi dans le passé de faire partie du Royaume-Uni », a-t-il indiqué, « nous sommes d’avis que le Comité spécial de la décolonisation, ou Comité des 24 n’a plus de rôle pertinent à exercer en ce qui les concerne ». 


De nombreux intervenants sont revenus sur la question du Sahara occidental, et sur l’urgence pour les parties à parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable.  Le représentant de la République démocratique du Congo (RDC)a plaidé en faveur d’une nouvelle dynamique lors des réunions futures entre les parties, et il les a encouragé à adopter des approches de dialogue novatrices.


Si certaines délégations se sont dites en faveur de l’initiative lancée par le Royaume du Maroc concernant la négociation d’un statut d’autonomie pour la « région du Sahara », d’autres ont milité en faveur du droit du peuple sahraoui à choisir son propre destin, un droit qui passe par la tenue d’un référendum lui offrant toutes les options, dont celle de l’indépendance.  Ainsi, le représentant du Nigéria a estimé qu’il n’existait pas de plus grande injustice que de refuser à un peuple colonial le droit à disposer de lui-même.  Fidèle à ce principe, il a expliqué que le Nigéria avait reconnu diplomatiquement la « République arabe sahraouie démocratique » au début des années 1980.  La représentante de la Zambie a rappelé que l’Union africaine, à l’époque Organisation de l’Unité africaine, l’avait également reconnue. 


Exerçant son droit de réponse sur la question des Îles Falkland/Malvinas, la représentante du Royaume-Uni a expliqué la position de son gouvernement « qui agit dans ces territoires avec l’assentiment de leur population ».  Le Royaume-Uni permettra au peuple des Îles « Falklands » de décider de son avenir politique par l’intermédiaire d’un référendum qui sera organisé en 2013, a-t-elle indiqué.  À cela, le représentant de l’Argentine, exerçant lui aussi son droit de réponse, a répondu que son pays entend exercer ses droits et sa souveraineté sur les îles « Malvinas » et les eaux qui les entourent et a appelé le Royaume-Uni à revenir à la table des négociations.


La Quatrième Commission poursuivra son débat général sur les questions de décolonisation, demain, vendredi 12 octobre, à partir de 15 heures.


Auditions de pétitionnaires sur la question du Sahara occidental


M. JOUDA EL OUALI, citoyen sahraoui de la ville d’Asmara, a abordé la question de l’attachement du citoyen sahraoui à sa « patrie marocaine ».  Il a expliqué que cet attachement se traduisait notamment par le fait que les provinces du sud du Maroc connaissent des taux de participation élevés aux élections locales et nationales, ce qui traduit, selon lui, la volonté de présence des Sahraouis dans les sphères politiques marocaines.  De plus les Sahraouis sont bien représentés dans les domaines législatif et syndical du Maroc et occupent des postes importants dans le monde politique marocain, a encore précisé le pétitionnaire.  En ce qui concerne les Sahraouis qui sont « rentrés de la mère-patrie des camps de Tindouf », M. Ouali a affirmé qu’ils ne rencontraient aucun obstacle à s’intégrer et s’impliquer activement dans la vie politique marocaine.


M. MOULAY SOUILKI BOUSAID, Président de la commune rurale de Haouza, a dénoncé « la manipulation des aides humanitaires internationales à l’attention des camps de Tindouf par le Front Polisario ».  Il a exhorté les organisations internationales à prendre en charge directement la distribution de cette aide humanitaire.


M. JOSÉ MARÍA GIL GARRE, pétitionnaire, a rappelé qu’il y a deux ans, il avait informé la Commission des résultats de son enquête sur le Front Polisario, notamment « sur les liens de ses membres avec des réseaux armés et terroristes dans la région du Sahel ».  À cet égard, il a rappelé « la collaboration des membres du Polisario dans les enlèvements de personnes » dans cette région.  Face à l’escalade de la menace terroriste dans la zone du Sahel, le pétitionnaire a annoncé une intervention militaire imminente de certains pays européens avec l’Union africaine dans le nord du Mali.  Pour lui, la meilleure issue possible du différend du Sahara occidental est « la régionalisation avancée et l’autonomie » que le Maroc avait proposées en 2007.  Après avoir indiqué qu’il a fait plusieurs interventions aux Nations Unies sur la question du Sahara occidental qui n’ont été suivies d’aucun effet, le pétitionnaire a dit « qu’il se demande à quoi sert réellement l’ONU ».


M. AHMED KHAR, Président de l’Association Alouahda pour la défense du droit de séquestrés au retour à la mère patrie, a expliqué avoir été fait prisonnier pendant près de 15 ans par les forces du Front Polisario.  Il a dénoncé les conditions de vie « inhumaines prévalant dans les camps de Tindouf », en Algérie.  Il a appelé la communauté internationale à « intervenir pour sauver les Sahraouis qui vivent toujours dans les camps de Tindouf ».


M. ERIC CAMERON de « World Action for Refugees » a énuméré les « conditions de vie inhumaines dans les camps de Tindouf », et ce, indifféremment des engagements pris par les Nations Unies.  Il a estimé que si l’Algérie ou la communauté internationale voulait vraiment trouver une solution à la question du Sahara occidental, le peuple sahraoui vivrait libre, et les pétitionnaires ne seraient pas là aujourd’hui.  Il a souhaité que le statut des réfugiés dans les camps soit précisé par l’ONU et que ces derniers soient recensés.  « La rhétorique doit cesser, il est temps de passer à l’action », a-t-il argué.


M. MANUEL OLLÉ SESÉ de l’« Association Pro Derechos Humanos de España » a souhaité « dénoncer l’impunité de ceux qu’il qualifie « d’agresseurs » contre le peuple sahraoui.  Il a dénoncé « les crimes commis par les autorités du Maroc » et qui font partie d’un plan systématique pour tenter d’éliminer sciemment le peuple sahraoui, et ce depuis novembre 1975.  Il a appelé la communauté internationale à agir et à punir les agresseurs qui commettent ces crimes en toute impunité.


M. CHARLES WILSON de l’Association « International Sahrawi Friendship » a axé son intervention sur « le vol des ressources naturelles et sur les abus des droits de l’homme du peuple sahraoui ».  Pour lui, ces deux questions sont intrinsèquement liées.  Elles reviennent à refuser systématiquement les bénéfices de l’exploitation des ressources naturelles à leurs propriétaires légitimes, ce qui équivaut à leur refuser l’exercice de leurs droits de l’homme les plus élémentaires.  Pour M. Wilson, l’unique façon de régler cette question passe par la tenue du référendum, maintenant.


M. JAVIER ANDRÉS GONZÁLEZ VEGA, Président de l’« Observatorio Asturiano de Derechos Humanos para el Sahara Occidental », a déploré qu’une fois encore la Commission de la décolonisation soit obligée de se réunir, pour la trente-septième année consécutive, pour examiner la question du Sahara occidental.  Le pétitionnaire a dénoncé les violations répétées par le Maroc du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, également accompagnées de violations civiques, politiques, économiques et culturelles à l’encontre de ce peuple.


Mme ALEXANDRA KAPITANSKAYA de « StrategicConflict Resolution Group » a rappelé que le Sahara occidental avait été déclaré territoire non autonome en 1965.  Depuis 1975, le Royaume du Maroc occupe ce territoire, et ce, en violation du droit international, et empêche la tenue d’un référendum qui permettrait au peuple sahraoui de décider de son avenir.  Le Royaume du Maroc parle d’une initiative d’autonomie du Sahara occidental, et ce, à l’encontre de la volonté du peuple sahraoui.  La pétitionnaire a dénoncé les violations dont est victime le peuple sahraoui, violations commises par le Royaume du Maroc.  « Si le plan d’autonomie est le plan du Maroc, pourquoi continue-t-il à commettre des exactions à l’encontre de ce peuple vivant sous occupation? » s’est-elle interrogée.  Elle a appelé les Nations Unies à agir et à respecter les promesses faites à ce peuple.


M. LAHCEN MAHRAOUI, Membre du Conseil royal consultatif pour les affaires sahariennes (CORCAS), s’est dit « préoccupé par la situation des populations sahraouies des camps du Polisario situés près de Tindouf en Algérie », dans une région particulièrement hostile et enclavée.  Ces camps militarisés sont une source de grande préoccupation, car ils échappent à tout contrôle, a-t-il dit.  La population y subit, a-t-il poursuivi, depuis 37 ans, des violations physiques, morales et psychologiques, et endoctrinement par les groupes séparatistes armés qui administrent ces camps.  « Face à la détérioration des conditions de vie dans les camps », le pétitionnaire a appelé la communauté internationale à faire face à ses responsabilités.  Elle doit faire pression pour que le Front Polisario et ceux qui le soutiennent s’engagent sérieusement dans les négociations à la recherche d’une solution juste et mutuellement acceptable.  Il a conclu son propos en indiquant que le peuple sahraoui appuie le projet d’autonomie proposé par le Royaume du Maroc, « projet qualifié par la communauté internationale de juste et crédible ».


Débat général sur tous les points relatifs à la décolonisation


M. MARTIN VIDAL (Uruguay) a réaffirmé le droit à l’autodétermination des pays et peuples coloniaux qui bénéficient d’un statut juridique de norme jus cogens auquel rien ne peut permettre de déroger.  Il a appelé à la promotion de l’exercice de ce droit par « une poignée de personnes qui n’ont pas encore pu le faire ».  L’Uruguay défend le droit du peuple sahraoui à disposer de lui-même et encourage la reprise du dialogue entre le Maroc et le Front Polisario, sur cette question, pour parvenir à une solution juste, durable et mutuellement acceptable à ce conflit.  Dans ce sens, il soutient les efforts du Secrétaire général et de son Envoyé spécial pour le Sahara occidental, M. Christopher Ross.  Le représentant a souligné que la résolution 1514 signale que toute tentative de miner l’unité nationale ou l’intégrité territoriale d’un pays est incompatible avec les principes de la Charte des Nations Unies.  C’est précisément ce principe, qui doit être appliqué au cas des îles Malvinas, que l’Assemblée générale a reconnu comme étant une « situation coloniale spéciale ».  L’Uruguay reconnaît les revendications légitimes de l’Argentine sur ces îles et souhaite une solution politique pacifique à ce conflit territorial qui tienne compte des intérêts de la population des iles.  Il salue les efforts de l’Argentine dans ce sens et souligne qu’il est primordial que les parties s’abstiennent de prendre des décisions unilatérales comme, par exemple, les activités militaires que mène le Royaume-Uni.


M. JIM McLAY (Nouvelle-Zélande) a commencé par indiquer que cette année marquait le cinquantième anniversaire du retrait de Samoa de la liste des territoires non autonomes des Nations Unies. Depuis son indépendance, le Samoa et la Nouvelle-Zélande sont liés par un traité d’amitié qui, aujourd’hui encore, leur permet d’entretenir d’étroites relations, a souligné le représentant.  M. McLay a ensuite apporté des informations complémentaires s’agissant des îles Tokélaou, dont la Nouvelle-Zélande est la puissance administrante.  La Nouvelle-Zélande a ainsi apporté son appui aux deux référendums d’autodétermination de 2006 et 2007, dans lesquels le peuple des Tokélaou a estimé que les conditions n’étaient pas encore réunies pour un changement constitutionnel.  En raison de sa situation géographique et des nombreux défis qui en découlent, la Nouvelle-Zélande continue d’aider le peuple de ces îles du Pacifique, notamment en matière d’infrastructures et de construction de capacités.  Cette année, le Gouvernement néo-zélandais a ainsi octroyé une aide de 25 millions de dollars aux secteurs de la santé, de l’éducation, des transports ou encore des énergies renouvelables des îles Tokélaou, a encore indiqué le représentant.  De leur côté, les Tokélaou ont réussi leur programme énergétique qui leur permet aujourd’hui de consommer une énergie à 90% d’origine solaire, a conclu le représentant, tout en reconnaissant les nombreux défis restant à relever dans ce territoire non autonome.


Mme MWABA PATRICIA KASESE-BOTA (Zambie) a commencé par exprimer l’attachement de son pays à la décolonisation, regrettant que 16 territoires soient encore concernés par ce statut, malgré les efforts du « Comité des Vingt-Quatre ».  Le Sahara occidental reste la dernière colonie d’Afrique en dépit des résolutions de l’Assemblée générale y appelant à la tenue d’un référendum d’autodétermination, a encore regretté la représentante, rappelant la position de l’Union africaine et de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), qui reconnaissent le Sahara occidental comme une entité souveraine.  Pour sa part, la Zambie réaffirme qu’en accord avec toutes les résolutions adoptées par l’Assemblée générale, elle continuera d’appuyer le processus qui mène à une autodétermination du Sahara occidental.  Dans cette optique, elle co-parrainera une résolution sur la mise en œuvre de le Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et pepules coloniaux, a conclu le représentant.  


Droits de réponse


Prenant la parole au cours du débat général, M. MOHAMMAD LOULICHKI, représentant du Maroc, a souhaité savoir si la représentante de la Zambie, qui venait de s’exprimer, avait parlé au nom de son pays où au nom de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC).  Il a estimé qu’elle s’exprimait probablement au nom de la Zambie, et certainement pas au nom de la SADC.


Le Président de la Quatrième Commission a indiqué que chaque État prenant la parole cet après-midi était inscrit en son nom propre et qu’aucun pays n’avait demandé à s’exprimer au nom d’un groupe d’États ou d’une entité régionale.


Répondant au représentant du Maroc, la représentante de la Zambie a indiqué que sa déclaration avait été faite au nom de la Zambie, tout en se référant à des documents provenant de l’Union africaine.


Le représentant du Maroc a alors souhaité que l’on ne fasse pas mention de la SADC dans le procès verbal des travaux de la Commission ce jour.


Suite du débat général


M. RAMADHAN MUOMBWA MWINYI (République-Unie de Tanzanie) a regretté que le Sahara occidental reste « la seule colonie existant sur le continent africain » et a indiqué que sa délégation encourage le Secrétaire général à continuer ses efforts de médiation afin d’aider le Gouvernement du Maroc et les autorités du Sahara occidental à trouver une solution à cette crise.  Il s’est félicité des résultats de la mission de l’Envoyé personnel du Secrétaire général, M. Christopher Ross, qui a obtenu un engagement pour l’approfondissement des discussions de la part des deux parties.  La délégation de la République-Unie de Tanzanie espère que la Quatrième Commission trouvera « une solution durable au problème des 16 colonies » existant encore dans le monde, partant du principe qu’une issue est toujours trouvable lorsque la volonté d’y parvenir existe.


M. LUIS-ALFONSO DE ALBA (Mexique) a demandé aux Nations Unies de rester pleinement impliquées dans les processus de décolonisation qui sont toujours en cours.  Le Mexique ne cessera d’appuyer le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.  S’agissant du Sahara occidental, il appuie les efforts pour arriver à une solution juste et durable et réitère son engagement en faveur du peuple sahraoui à disposer de lui-même.  Par conséquent, le Mexique est en faveur de la tenue d’un référendum qui comprend toutes les options, y compris celle de l’indépendance.  Par ailleurs, compte tenu des allégations de violations des droits de l’homme du peuple sahraoui, le Mexique souhaite que la Mission des Nations Unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO) puisse disposer d’un mandat de contrôle et de surveillance des droits de l’homme.  Il lance un appel aux parties afin qu’elles continuent de collaborer avec Christopher Ross, l’Envoyé personnel du Secrétaire général, pour parvenir à un accord sur le statut final du Sahara occidental.  Par ailleurs, le Mexique reconnaît la requête de l’Argentine en matière d’exercice de sa souveraineté sur les îles Malvinas et les espaces maritimes y relatifs.


M. MICHAEL TATHAM (Royaume-Uni) a expliqué que son gouvernement maintenait sa position sur ses territoires d’outre-mer, à savoir que c’est aux peuples de ces territoire d’exprimer ou non leur volonté d’indépendance.  Le livre blanc que son gouvernement a publié en 2011, pour expliquer sa position par rapport à ces territoires, stipule notamment que le Royaume-Uni aborde la situation de chaque territoire en fonction de ses spécificités.  Il travaille à doter chacun des ces territoires d’une constitution moderne et à y assurer la bonne gouvernance et le respect de l’état de droit.  Dans le cadre de ce processus, les dirigeants de ces territoires disposent de larges pouvoirs, a encore précisé M. Tatham, avant d’ajouter que le Gouvernement du Royaume-Uni tient à poursuivre le travail constitutionnel entamé avant d’en arriver à un processus de référendum dans ses territoires d’outre-mer.


Le Royaume-Uni considère que le Comité des Vingt-Quatre n’a plus de rôle pertinent à exercer en ce qui concerne ses territoires parce qu’ils ont tous choisi de rester sous sa tutelle, a indiqué M. Tatham.  Il continuera à soutenir le droit de ces territoires à décider de leur avenir.  Pour ce qui est de la bonne gestion des territoires, il a expliqué que ces territoires avaient des responsabilités en ce qui concerne le maintien de l’état de droit et de la bonne gouvernance.  À cet égard, il a cité l’exemple des progrès réalisés dans les Îles Turques-et-Caïques.  Il a annoncé que les prochaines élections y auront lieu le 9 novembre 2012.  Pour conclure, le représentant a insisté sur le fait que les relations entre le Royaume-Uni et ses territoires d’outre-mer sont basées sur le partenariat et que chaque territoire dispose du droit de décider s’il veut rester associé au Royaume-Uni ou non.


Mme LILLY STELLA NGYEMA NDONG (Gabon) a indiqué que sa délégation restait profondément attachée à la question du multilatéralisme dans les relations internationales.  Elle a salué les efforts et les succès remportés en matière de décolonisation, notamment en Afrique, mais a également rappelé que 16 territoires ne sont toujours pas autonomes.  Elle a souhaité que des efforts soient réalisés afin de mettre fin à cette situation.  Elle a saisi cette occasion pour réitérer l’appel lancé par son pays à toutes les puissances administrantes pour que ces dernières, dans le respect des résolutions pertinentes de l’Assemblée générale, prennent toutes les mesures nécessaires pour parvenir à la décolonisation.


S’agissant de la question du Sahara occidental, la représentante a mis l’accent sur « l’initiative d’autonomie marocaine », qui est une proposition appuyée par le Gabon.  Cette initiative a été qualifiée par le Conseil de sécurité de « sérieuse et de crédible pour aller de l’avant et parvenir à un accord », a-t-elle indiqué.  Elle a également souligné l’importance des rounds de négociations, aux termes desquels le Secrétaire général a recommandé aux parties de « négocier de bonne foi et sans conditions préalables », et de faire montre d’imagination et de créativité pour que des progrès puissent être réalisés.  Enfin, elle a rappelé la nécessité d’intensifier les efforts et d’insuffler une dynamique nouvelle aux négociations en cours sur le Sahara occidental.  Elle a conclu son propos en invitant les différentes parties à transformer leurs particularismes en rapprochement et en intégration, afin que la région du Maghreb toute entière puisse poursuivre ses efforts de développement économique dans la paix et la stabilité.


M. USMAN SARKI (Nigéria) a regretté d’emblée que, 50 ans après l’adoption de la résolution 1514 de l’Assemblée générale, et six décennies après la proclamation de la Déclaration universelle des droits de l’homme, il existe toujours 2 millions de personnes qui vivent sous occupation étrangère.  « Il n’y a pas de plus grande injustice que le déni du droit à l’autodétermination », a-t-il poursuivi.  Depuis 1960, le Nigéria a suivi ce principe et n’a pas hésité à aider d’autres pays africains dans leurs luttes d’indépendance contre les puissances coloniales.  En ce qui concerne le Sahara occidental, il a dénoncé le fait que le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui et sa possible indépendance à la suite d’un référendum d’autodétermination n’aient toujours pas été possibles, et que les progrès vers un État sahraoui démocratique, libre et indépendant soient si lents.  Il a appelé au respect de la résolution 34/37 de l’Assemblée générale de 1979, qui reconnaît ce droit du peuple sahraoui.  Le représentant a rappelé que le Nigéria avait reconnu dès 1982 la République arabe sahraouie démocratique ».


M. ARTHUR SEWAMKAMBO KAFEERO (Ouganda) a vivement regretté que la question relative à la décolonisation continuait d’être débattue par la Quatrième Commission.  Depuis 1961, dans cette enceinte, de nombreux progrès ont été réalisés, avec plus de 80 territoires décolonisés.  M. Kafeero a, à son tour, rappelé que 16 territoires ne sont toujours pas autonomes, notamment en Afrique, où la question du Sahara occidental reste dans l’impasse.  L’Ouganda est extrêmement préoccupé par les informations rapportées faisant état de violations flagrantes et continues des droits de l’homme au Sahara occidental.  Le représentant a saisi cette occasion pour réaffirmer l’appui de sa délégation au Secrétaire général et à son Envoyé personnel, afin qu’une solution juste et durable soit trouvée le plus rapidement possible.


M. JEROBEAM SHAANIKA (Namibie) souscrivant à la déclaration faite par l’Iran au nom du Mouvement des pays non alignés au début du débat général, a rappelé que l’octroi de l’indépendance aux peuples et pays coloniaux reste un engagement non rempli de la résolution 1514 de l’Assemblée générale des Nations Unies.  Le droit à l’autodétermination ne peut être considéré comme un acte de générosité de la part des puissances occupantes, mais comme un droit inaliénable reconnu par la Charte des Nations Unies, a déclaré le représentant.  « Si tous nous jouissons ici de la liberté et du droit de déterminer notre propre destin, pourquoi en débattrions nous encore? » s’est demandé M. Shaanika, ajoutant que, de son point de vue, l’occupation par la force d’un territoire est moralement condamnable et politiquement inacceptable.


En tant que pays ayant encore été récemment concerné par les débats actuels, et qui n’a que trop connu la domination étrangère et l’assujettissement colonial, et a appris les leçons de la liberté et de l’indépendance, la Namibie continuera à appuyer les luttes des peuples du Sahara occidental et de la Palestine qui demandent sans cesse leur liberté et réclament l’exercice de leur droit à l’autodétermination, a encore déclaré le représentant.  Dans ce contexte, la Namibie appelle à la poursuite des négociations sur la question du Sahara occidental, dans l’objectif de parvenir à la tenue par le peuple sahraoui, d’un référendum d’autodétermination libre et équitable, a-t-il conclu. 


M. JACKSON BUMBA VANGU (République démocratique du Congo - RDC) a expliqué que son gouvernement ne cessait d’exhorter les États Membres, ainsi que les dirigeants des territoires non autonomes, de continuer à coopérer pleinement avec les Nations Unies pour progresser dans le processus de décolonisation, et, selon le cas et la nécessité, d’imaginer de nouvelles approches vers une solution qui se conforme aux aspirations de la communauté internationale.  Revenant à la question du Sahara occidental, le représentant a appuyé les efforts des Nations Unies pour aider les parties à parvenir à une solution politique juste et mutuellement acceptable.  La RDC constate cependant une incapacité chronique des parties qui ne favorise pas le processus en cours tel qu’exigé par l’ensemble des dispositions de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité.  Faisant sienne la proposition de voir les parties réfléchir au moyen de créer une nouvelle dynamique, lors des réunions futures en envisageant spécialement des approches novatrices, la RDC est d’avis que l’initiative proposée par le Maroc en 2007 pour la négociation d’un statut d’autonomie pour la région du Sahara est susceptible de permettre aux parties d’aboutir à une solution politique juste et acceptable par tous.  Elle estime que les engagements pris par le Maroc consacrent une rupture avec les approches du passé et sont une avancée substantielle concernant le mécanisme devant mener vers une solution définitive.


M. KODJO MENAN (Togo) a regretté que depuis l’adoption de la résolution A/RES/66/86 sur le Sahara occidental lors de la soixante-sixième session de l’Assemblée générale, les négociations entre les parties se sont poursuivies avec des résultats mitigés.  Et malgré quelques avancées encourageantes observées, les négociations butent toujours sur le statut définitif de ce territoire, a-t-il dit.  Il a rappelé que le neuvième cycle de négociations, qui s’est achevé le 13 mars dernier à Manhasset, près de New York, est resté dans une impasse qu’il a qualifiée de « préjudiciable aux populations sahraouis ».  Cette impasse, a-t-il ajouté, peut constituer une source de déstabilisation des pays de la région.  À cet égard, M. Menan a appelé à poursuivre les négociations dans une approche pragmatique, d’ouverture, et de compromis, afin de favoriser l’obtention d’une solution consensuelle et définitive.  Le représentant a indiqué que sa délégation soutenait l’initiative du Royaume du Maroc, qui, à terme, doit privilégier une très large autonomie du territoire du Sahara.  Ce plan d’autonomie constitue une proposition réaliste pour ce qui est du processus de négociations en vue de trouver une solution politique négociée et mutuellement acceptable au différend du Sahara, a-t-il dit.  Concluant son propos, il a félicité, au nom de sa délégation, la disposition du Maroc à dialoguer avec toutes les parties prenantes et à inviter les autres parties à privilégier la voie de la négociation conformément aux dispositions internationales pertinentes.


Droits de réponse


Exerçant son droit de réponse, la représentante du Royaume-Uni, a expliqué que son pays n’avait aucun doute quant à sa souveraineté sur les Îles « Falklands ».  Le Royaume-Uni attache une grande importance au principe de l’autodétermination et permettra aux peuples des Îles « Falklands » de décider de leur avenir politique par l’intermédiaire d’un référendum qui sera organisé en 2013, a-t-elle indiqué.


Répondant à la représentante du Royaume-Uni, le représentant de l’Argentine a répété que les îles « Malvinas », Géorgie du Sud et Sandwich du Sud et les espaces maritimes environnants font partie intégrante du territoire argentin.  Ces territoires font l’objet d’un conflit de souveraineté et sont occupés illégalement par le Royaume-Uni.  Il a appelé le Royaume-Uni à revenir à la table des négociations avec l’Argentine pour trouver une solution juste et durable à la question de ces îles.


*   ***   *

À l’intention des organes d’information • Document non officiel
À l’intention des organes d’information • Document non officiel.