Le Président de la soixante-septième session de l’Assemblée générale de l’ONU exhorte à concilier liberté d’expression et respect de la foi

16 octobre 2012
AG/SHC/4041

Le Président de la soixante-septième session de l’Assemblée générale de l’ONU exhorte à concilier liberté d’expression et respect de la foi

16/10/2012
Assemblée générale
AG/SHC/4041
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Troisième Commission

10e et 11e séances – matin et après-midi

LE PRÉSIDENT DE LA SOIXANTE-SEPTIÈME SESSION DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE L’ONU

EXHORTE À CONCILIER LIBERTÉ D’EXPRESSION ET RESPECT DE LA FOI

Les délégations appellent à mettre un terme

aux violences sexuelles, « atteinte fondamentale aux droits de l’homme »

Le Président de la soixante-septième session de l’Assemblée générale, M. Vuk Jeremić, s’est exprimé aujourd’hui devant la Troisième Commission, chargée des questions sociales, humanitaires et culturelles, exhortant les États Membres, à la lumière des événements récents, à concilier liberté d’expression et respect de la foi.

M. Jeremić a déclaré que la Troisième Commission, qui poursuivait son débat général sur la promotion de la femme, jouait un rôle fondamental dans la promotion du développement social, des droits de la femme et des droits de l’homme.  Il l’a encouragée à œuvrer en pleine collaboration avec la Deuxième Commission, chargée elle des questions économiques et financières, en vue de favoriser une complémentarité en plénière. 

M. Jeremić a reconnu qu’il existait une série de questions brûlantes et malaisées au sein de la Troisième Commission.  « Vous parlerez de la peine de mort, de la Palestine, de la diffamation des religions et d’un autre sujet particulièrement brûlant qu’est la liberté d’expression, qui est sacro-sainte mais dont on abuse parfois », a-t-il affirmé.

Après les événements qui ont résulté de la diffusion d’un film sur Internet, ayant entraîné des violences et des morts, la Troisième Commission devrait envoyer un « message fort, moral et politique » affirmant que la liberté d’expression ne saurait être abusée, a souligné le Président de l’Assemblée générale. 

Les violences sexuelles commises contre les femmes ont été, en outre, au centre du débat sur la promotion de la femme, un fléau qui touche, précise le Secrétaire général dans son rapport*, une majorité de femmes dans le monde.  Sept femmes sur dix déclarent en effet avoir été victimes de violences sexuelles à des degrés différents.   

« L’élimination de la violence contre les femmes doit faire partie des indicateurs de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes, contenus dans les Objectifs du Millénaire pour le développement, pour la période après 2015 », a proposé la délégation du Pérou. 

La Tunisie, pour sa part, a invité les États Membres à consentir davantage d’efforts pour mettre fin à cette « pratique déshumanisante » qui constitue une « atteinte fondamentale aux droits de l’homme ».

Le représentant du Costa Rica a, lui, proposé d’incorporer, au cours de la présente session, un « texte robuste » qui orienterait les prochains débats sur cette question. 

Son homologue du Libéria a évoqué le cas particulier des violences sexuelles commises en temps de conflit armé.  Ce pays, qui se remet d’une guerre où le viol fut utilisé comme une arme par les belligérants, a entrepris de créer des outils législatifs permettant de réprimer et de poursuivre les auteurs de ces crimes.  La création de bases de données statistiques a permis d’améliorer, selon elle, la connaissance de la situation sur le terrain, qu’il s’agisse de violences domestiques ou de violences sexuelles. 

Plusieurs pays se sont également penchés sur le problème de la traite des femmes et des filles, un phénomène aux « conséquences sociales, économiques et émotionnelles totalement inacceptables », a dit la déléguée du Kenya.  Selon elle, du reste, le Plan d’action mondiale sur la traite des personnes, adopté il y a deux ans par l’Assemblée générale, a constitué un grand pas en avant, bien que son exécution laisse encore à désirer.

Cette préoccupation est partagée par l’Iran qui a exprimé l’impérieuse nécessité pour les États de mettre un terme à cette pratique.  Les représentants iraquiens et algériens ont expliqué avoir adopté des lois criminalisant la traite des personnes et notamment des femmes et des filles.

De même, l’autonomisation économique des femmes a été jugée par de nombreuses délégations comme un préalable indispensable à l’égalité des droits entre hommes et femmes.  La question des femmes vivant en milieu rural a, dans ce cadre, été longuement débattue. 

À l’instar d’autres pays en développement, le Zimbabwe a entrepris des initiatives visant à favoriser l’entreprenariat des femmes en milieu rural par le biais du microcrédit notamment. 

S’agissant de la condition des femmes en milieu rural, le Burkina Faso, les Îles Marshall et l’Angola ont considéré qu’une réforme des législations foncières et des héritages constituait des aspects essentiels de politiques efficaces de rééquilibrage des droits entre hommes et femmes. 

Israël et la République arabe syrienne ont exercé leur droit de réponse.

La Troisième Commission achèvera mercredi 17 octobre, à partir de 10 heures, son débat général sur la promotion de la femme.  Elle entamera, à 15 heures, ses travaux portant sur la promotion et la protection des droits de l’enfant.

* A/67/220

Allocution du Président

M. VUK JEREMIĆ (Serbie), Président de la soixante-septième session de l’Assemblée générale, a déclaré que la Troisième Commission jouait un rôle fondamental dans la promotion du développement social, des droits de la femme et des droits de l’homme.  M. Jeremić a insisté sur le soutien à l’objectif de l’égalité entre les sexes dans le monde entier et s’est félicité des travaux des organes et agences de l’ensemble du système des Nations Unies, en particulier de l’Entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes (ONU-Femmes). 

Le rapport du Conseil des droits de l’homme sera très important, a-t-il encore souligné, estimant que cet organe devait être attaché aux droits fondamentaux à la base de la Conférence mondiale des droits de l’homme et du Programme d’action de Vienne.  Le Conseil des droits de l’homme devrait aussi évoluer pour être mieux adapté à l’évolution et aux changements actuels dans le monde.  Il s’agit aussi de renforcer les traités relatifs aux droits de l’homme en consolidant les capacités nationales, dans le respect de la souveraineté nationale.

Cette session a commencé d’une manière très constructive, a-t-il remarqué, notant que tous les obstacles avaient été réglés d’une manière aisée et excellente.  Il a encouragé à œuvrer en pleine collaboration avec la Deuxième Commission pour favoriser une complémentarité en plénière.  M. Jeremić a reconnu qu’il existait une série de questions brûlantes et mal aisées au sein de la Troisième Commission.  « Vous parlerez de la peine de mort, de la Palestine, de la diffamation des religions et d’un autre sujet particulièrement brûlant qu’est la liberté d’expression, qui est sacro-sainte mais de laquelle on abuse parfois », a-t-il affirmé. 

Il a rappelé qu’au cours des dernières semaines, il y avait eu des blasphèmes à l’encontre de certaines croyances religieuses et qu’il fallait lutter contre cette tendance négative.  Il y a eu des morts à la suite de la projection d’un film, a-t-il dit.  À cet égard, la Troisième Commission devrait envoyer un message fort et politique affirmant que la liberté d’expression ne saurait être abusée, a souligné le Président de l’Assemblée générale.  « Il faut qu’il y ait une large majorité sur la base d’efforts collectifs aux fins de parvenir à une résolution qui exprime la manière dont tout un chacun peut exprimer sa foi tout en étant respecté. » 

Faisant allusion à la sensibilité de certains groupes, il a considéré que la Troisième Commission avait la possibilité d’exercer un rôle de chef de file au nom de toutes les autres grandes commissions de l’Assemblée.  Il a défendu la revitalisation de la Troisième Commission, en se déclarant prêt à faciliter ses travaux à titre personnel et par le truchement de ses collaborateurs.   

M. HENRY MAC-DONALD, Président de la Troisième Commission, a abondé dans le sens des propos de M. Jeremić au sujet de la liberté d’expression et de la lutte contre l’incitation à la haine.  L’ONU est le forum idoine pour agir contre les violations de cette liberté fondamentale.  

S’agissant des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), il a mis en exergue l’OMD 3, qui vise à l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, lequel, a-t-il dit, est du ressort de la Deuxième Commission.  À deux ans de la date butoir, il est temps de se concentrer sur l’effet de l’OMD 3 sur les autres.  Il a assuré le Président de l’Assemblée générale que la Troisième Commission ferait tout ce qu’elle pourra pour rendre le monde meilleur et prospère.

PROMOTION DE LA FEMME (A/67/220, A/67/227  et A/C.3/67/L.2)

Promotion de la femme (A/67/38, A/67/170, A/67/258 et A/67/261)

Suite donnée aux textes issus de la quatrième Conférence mondiale sur les femmes et la vingt-troisième session extraordinaire de l’Assemblée générale (A/67/185 et A/67/347)

Suite du débat général

Mme GAIL FARNGALO (Libéria) a détaillé les mesures prises par son pays pour mettre un terme aux violences sexuelles commises contre les femmes.  Le Libéria, qui se remet d’un conflit armé où le viol fut utilisé comme une arme par les belligérants, a entrepris de créer des outils législatifs permettant de réprimer et de poursuivre les auteurs de ces crimes.  La création de bases de données statistiques a permis d’améliorer la connaissance de la situation sur le terrain en matière de violences commises contre les femmes, qu’il s’agisse de violences domestiques ou de violences sexuelles. 

La représentante a noté que les femmes de son pays ressentaient moins de difficultés à témoigner des violences commises contre elles.  Ce changement est le résultat, selon elle, de la mise en place de programmes et de structures d’accueil dans le pays offrant aux femmes la possibilité de pouvoir témoigner sans craindre de représailles au sein de leur communauté.

Par ailleurs, elle a affirmé que cette question avait été incluse dans les programmes scolaires par le Ministère de l’éducation libérien afin de sensibiliser les enfants dès le plus jeune âge.  Elle a également souligné que le Ministère du genre et du développement avait entrepris des initiatives visant à améliorer la subsistance des femmes dans le secteur informel, notamment pour les femmes vivant en milieu rural.  Ces initiatives consistent en une facilitation de l’accès aux services financiers par le biais du microcrédit et en une amélioration de l’éducation des femmes et des filles.

Mme FATOU ISIDORA MARA NIANG (Sénégal) a jugé regrettable qu’à deux ans de la date butoir de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement, la réalisation de l’OMD 3 consacré à l’égalité des sexes et à l’autonomisation des femmes soit loin des attentes formulées, en dépit des avancées significatives enregistrées.

À la Conférence des Nations Unies sur le développement durable (Rio+20), le rôle vital des femmes et des filles a été réaffirmé, en particulier pour ce qui a trait à leur participation au processus de prise de décisions dans tous les domaines.  Elle a partagé l’assertion de la Directrice exécutive d’ONU-Femmes, Mme Michelle Bachelet, selon laquelle « les potentiels sous-exploités des femmes restent une grande perte pour l’humanité tout entière ».

Au Sénégal, les femmes ont décidé de prendre leur destin en main en se regroupant en associations et mouvements dans le but de participer activement au développement économique et social de leur pays.  Dans ce contexte, le Conseil sénégalais des femmes (COSEF), en partenariat avec toutes les parties prenantes, a décidé de mettre en synergie leurs efforts et leurs compétences pour le plaidoyer en faveur du renforcement des capacités féminines, par des stratégies de mise à niveau et de formation à la base. 

Dans la même dynamique, ont vu le jour d’autres regroupements, telle la plate-forme de veille des femmes pour des élections apaisées, laquelle a contribué à la pacification du processus de l’élection présidentielle des 26 février et 25 mars 2012.  D’autre part, le nouveau Gouvernement a intégré la dimension sexospécifique dans toutes ses stratégies de développement, en mettant l’accent sur la situation des femmes rurales, qui représentent une bonne partie de la population.

OCTAVIO ERRÁZURIZ GUILISASTI (Chili) a affirmé que, sur la question de l’inclusion sociale et de l'égalité, les hommes et les femmes devaient être considérés comme des personnes ayant les mêmes droits et opportunités.  Dans ce contexte, le Chili a conduit différentes réformes, programmes et actions dans différents domaines.  Il a amélioré les conditions de travail et les revenus pour les travailleuses et l’accès à l’éducation des filles.  Ainsi, 6 étudiants sur 10 dans la formation professionnelle sont maintenant des jeunes filles. 

Le Chili a aussi amélioré l’accès aux soins de santé pour les femmes.  Elles ont actuellement un libre accès aux soins concernant 60 pathologies.  S’agissant de la participation politique des femmes, le représentant a reconnu la nécessité de faire des progrès.  Dans le domaine de la lutte contre la violence faite aux femmes, une loi contre les meurtres des femmes est entrée en vigueur en 2010, réduisant de 57 (2008) à 40 (2011) le nombre de meurtres de femmes.

M. NÉSTOR OSORIO (Colombie) a souligné l’importance de le Déclaration et du Programme d’action de Beijing en matière de droits fondamentaux de la femme, avant de remercier l’Entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes (0NU-Femmes) pour son action positive en Colombie.  Le représentant a ensuite affirmé que la priorité du Gouvernement colombien était sa politique nationale publique d’égalité des genres pour les femmes dont les progrès sont issus d’un profond dialogue avec tous les acteurs pertinents.  Ce dialogue permettra au Gouvernement de formuler avant la fin de l’année, devant l’organisme de planification, tous les détails du plan ainsi que les ressources allouées pour garantir aux femmes une vie sans violence.

Le représentant a ensuite reconnu qu’en Colombie des disparités existaient bien entre hommes et femmes, notamment en termes de formation, d’emploi ou de violence.  Pour remédier à cette situation, chaque administration publique nationale ou locale compte en son sein une unité spécialisée, dans le but d’inclure une perspective des genres dans tous les différents plans, politiques et stratégies nationales et locales pertinentes.  

Parallèlement, le Gouvernement colombien promeut le travail des femmes, et en particulier celui des femmes victimes de la violence armée, celles vivant en milieu rural ou urbain, à travers notamment le système de microcrédit.  Sa priorité va également à la santé publique, à la diminution de la mortalité infantile et maternelle, à l’éducation sexuelle pour les adolescents, à la lutte contre les violences faites aux femmes par le biais de politiques et de mécanisme de coopération, a conclu le représentant.

Mme FOROUZANDEH VADIATI (République islamique d’Iran) a reconnu l’importance de l’institution familiale dans la promotion de la dignité de la femme.  Elle a demandé que, dans la définition des principes et objectifs d’ONU-Femmes, les particularités nationales, culturelles et religieuses de chaque pays soient prises en compte.

Mme Vadiati a rappelé que lors du seizième Sommet du Mouvement des non-alignés intitulé « Une paix durable par une gouvernance mondiale commune », récemment tenu en Iran, les chefs d’État et de gouvernement ont réitéré l’engagement du Mouvement à mettre en œuvre les recommandations de la quatrième Conférence mondiale sur les femmes.

S’agissant du trafic des personnes, en particulier des femmes et des enfants, Mme Vadiati a affirmé que « la prévention et la lutte contre le trafic humain est une obligation pour les États ».  Elle a en outre réaffirmé le soutien de l’Iran aux pays qui se battent contre ce fléau.

Revenant sur la question des femmes, Mme Vadiati a assuré que l’Iran accordait la priorité à leur autonomisation dans tous les secteurs.  « Aujourd’hui, en Iran, les femmes représentent l’un des meilleurs modèles de réussite dans les domaines de la science, de l’éducation, de la santé et de la médecine, de l’économie, du commerce et de la production.  Actuellement, quatre femmes, dont une ministre et deux vice-ministres, font partie des membres du Cabinet », a expliqué la représentante de l’Iran.

Mme YAEKO SUMI (Japon) a affirmé que, tout au long du processus de relèvement suite au séisme de mars 2011, le Japon avait accordé la plus haute importance à la participation égale des hommes et des femmes.  Il a en outre souligné que son pays avait présenté un projet de résolution intitulé « Égalité des genres et autonomisation des femmes dans les catastrophes naturelles » lors de la cinquante-sixième session de la Commission de la condition de la femme.  Le Japon estime que la promotion de l’autonomisation économique et sociale des femmes est indispensable dans le processus de relèvement, a dit la représentante. 

Rappelant que la communauté internationale poursuivait ses efforts pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement, y compris celui sur l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, d’ici à 2015, la déléguée a souligné que le Japon prenait part à ces efforts en offrant une assistance dans le domaine de l’éducation à hauteur de 3,5 milliards de dollars sur cinq ans, à partir de 2011. 

Elle a en outre affirmé que le Japon promouvait la sécurité humaine comme l’un des piliers de sa diplomatie.  L’adoption d’une résolution à la soixante-sixième session de l’Assemblée générale, qui a permis de rassembler les États Membres sur une compréhension commune de la notion de sécurité humaine, représente une avancée importante à cet égard.  Enfin, la représentante a jugé que la mise en œuvre de la résolution 1325 (2000) sur les femmes, la paix et la sécurité était l’une des questions les plus urgentes auxquelles était confrontée la communauté internationale. 

M. MOURAD BENMEHIDI (Algérie) a déclaré que l’ampleur des défis restait immense, la féminisation de la pauvreté devenant de plus en plus une réalité, les violences à l’égard des femmes persistant et les femmes demeurant sous-représentées dans les processus de prise de décisions politiques et économiques.  Comme le souligne le Secrétaire général, l’ampleur de tous ces défis est exacerbée par les difficultés induites par les effets adverses de la crise économique et financière mondiale, ainsi que la persistance de la crise alimentaire, qui ont accentué les inégalités et la discrimination auxquelles les femmes doivent faire face aujourd’hui, en particulier celles qui vivent en milieu rural. 

Il a dit son appréciation pour le travail remarquable d’ONU-Femmes, sous l’égide de Mme Michelle Bachelet, accompli pour renforcer la capacité des Nations Unies à accompagner l’autonomisation des femmes partout dans le monde.  Il a affirmé qu’une série de lois et de textes avaient été adoptés en Algérie pour éliminer toutes les dispositions discriminatoires à l’égard des femmes.  Le Code de la famille a ainsi connu, en 2005, des amendements substantiels visant plus d’égalité et d’équilibre dans les relations familiales et dans les responsabilités parentales.

Les autres réformes ont concerné plus particulièrement le Code de la nationalité, qui accorde désormais la citoyenneté algérienne aux enfants nés d’une mère algérienne, le Code pénal, qui pénalise la traite humaine, ainsi que la loi relative à l’organisation pénitentiaire.  Le pays a aussi procédé à la levée de la réserve sur l’article 9 alinéa 2 de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes. 

Au niveau international, M. Benmehidi a précisé qu’en septembre 2012, à l’occasion de la présentation du deuxième rapport au titre de l’examen périodique universel du Conseil des droits de l’homme, l’Algérie a accepté de mettre en œuvre la majorité des recommandations qui lui ont été adressées, entre autres, celles afférentes à l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes, ainsi qu’à la lutte contre toutes les formes de violence à leur égard. 

Mme SOMAIA BARGHOUTI (Palestine) a déclaré que les femmes étaient, comme toute la population palestinienne, les victimes de l’occupation israélienne.  « La situation des femmes palestiniennes a fait l’objet d’études et de nombreux rapports de l’ONU, en particulier dans la bande de Gaza et dans les camps de réfugiés », a-t-elle affirmé en déplorant les conséquences socioéconomiques et psychologiques de cette situation sur les femmes.  Elle a également évoqué le nombre de palestiniens détenus dans les prisons israéliennes.  Bien que ces détenus soient tous des hommes, elle a estimé que les femmes souffraient de cette situation en ce qu’elles doivent supporter la charge économique et sociale sous-tendue par l’absence de « ces pères, ces frères, ces fils ».

Elle a également affirmé que l’occupation israélienne entraînait une hausse de la violence domestique en raison de la pauvreté, du chômage et du désespoir causés par le maintien de la présence militaire israélienne.  De ce fait, a-t-elle dit, « les femmes palestiniennes sont non seulement victimes des violences dont souffrent toutes les autres femmes dans le monde, mais sont aussi les victimes de la violence politique des forces d’occupation ».

L’observatrice a par ailleurs déclaré que l’Autorité palestinienne avait, en coopération avec l’ONU, mis en œuvre des programmes d’autonomisation des femmes, d’assistance sociale et favorisant l’émergence d’un cadre législatif apte à faire reculer la violence.

Mme JOSEPHINE OJIAMBO (Kenya) a relevé que, près de 20 années après la tenue de la Conférence de Beijing, il existait une détermination accrue de tous en vue de l’autonomisation des femmes, de l’élimination de la violence à leur encontre et de la lutte en faveur de l’égalité entre les sexes.  Les différentes parties prenantes ont des rôles similaires et différenciés. 

Elle a ensuite centré son intervention sur le problème épineux de la traite des femmes et des filles car, selon elle, les conséquences sociales, économiques et émotionnelles de la traite sont totalement inacceptables.  Les mesures prises jusqu’à présent sont certes importantes, mais ne sont toujours pas à la mesure de l’enjeu.  À cet égard, le Plan d’action mondiale pour la lutte contre la traite des personnes, adopté il y a deux années par la Troisième Commission, a constitué un grand pas en avant, bien que son exécution laissât encore à désirer.

Il conviendrait, en conséquence, d’analyser de plus près la manière dont une collaboration inter-agences cohérente, qui réunirait toutes les parties prenantes, pourrait réduire les incidences de la traite, particulièrement dans les pays d’origine et de destination.  Il s’agit là d’un enjeu majeur du leadership des Nations Unies en matière de politique et de programmation.  Le Kenya, pour sa part, a adopté récemment une législation exhaustive contre la traite des personnes, visant l’amélioration de la prévention et la protection des victimes de ce fléau.

D’autre part, la violence à l’égard des femmes constitue l’un des crimes les plus odieux qui persiste dans le monde d’aujourd’hui.  Elle a fait état des complications issues des relations entre l’auteur et la victime, principal facteur poussant à l’inaction de la part de la victime.  Une étude détaillée a été conduite à l’échelle nationale, ce qui a permis de mieux appréhender ce crime.  Elle a relevé que cette dimension n’était pas assez prise en compte, y compris dans le rapport du Secrétaire général, et jugé que l’élaboration de plans ciblés s’imposait.  

La représentante a ajouté que les responsables des polices de l’Afrique de l’Est avaient tenu des réunions avec l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) et INTERPOL pour esquisser des stratégies de lutte contre la criminalité transnationale organisée.  Ces efforts portent d’ores et déjà leurs fruits et il convient d’encourager de telles initiatives afin de mettre fin à ce fléau transfrontière, a-t-elle dit.

Au sujet de la dernière session de la Commission de la condition de la femme, elle a dénoncé l’échec à atteindre un consensus sur la question des femmes rurales et exhorté à ne pas mettre en péril les acquis. Cet échec est catastrophique et intenable, a-t-elle estimé.     

M. ZAHEER A. JANJUA, Directeur des relations multilatérales au Ministère des affaires étrangères du Pakistan, a rappelé que le Pakistan fut le premier pays musulman à élire une femme à la tête de son Gouvernement.  Il a souligné que les femmes représentaient aujourd’hui 22% des députés de l’Assemblée nationale du pays.  Il a également fait état de mesures et de lois visant à faire reculer les agressions à l’acide, le harcèlement des femmes au travail et la violence domestique.  Il a, à ce titre, mis en avant le statut d’indépendance conféré à la Commission sur le statut de la femme créé en 2012. 

L’autonomisation économique des femmes est aussi un objectif des politiques du pays.  Le programme Benazir de soutien aux revenus vise à fournir aux femmes de meilleures opportunités économiques, une protection sociale, un accès facilité à l’éducation et consent des prêts sans intérêts aux femmes entrepreneurs.  Il a néanmoins reconnu l’ampleur de la tâche qui reste à accomplir en matière d’éducation et d’alphabétisation des femmes.  Le taux d’alphabétisation des femmes est de 45%, avec un taux de 70% dans les villes et 40% dans les campagnes. 

Le délégué pakistanais a également appelé les pays développés à maintenir leurs efforts de soutien aux pays en développement pour atteindre les objectifs que l’ONU s’est fixés en matière d’élimination des discriminations dont les femmes sont encore les victimes.

M. HÉCTOR VIRGILIO ALCÁNTARA (République dominicaine) a déclaré que depuis la ratification par son pays de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, et l’adoption des résolutions pertinentes de l’Assemblée générale, des mesures significatives avaient été adoptées pour favoriser la promotion de la femme et l’élimination de la discrimination fondée sur le sexe. Figurent parmi ces mesures, le Plan national d’équité entre les sexes 2007-2017, la Stratégie nationale de développement 2010-2030, et le Plan stratégique national de transversalisation du genre dans le secteur de la santé 2012-2017. 

Le pays a aussi mis en place un plan stratégique de prévention des grossesses des adolescentes et d’autres mesures relatives à l’éducation et à l’égalité des sexes.  Le représentant a précisé que la participation politique des femmes et leur participation à la prise de décisions s’étaient améliorées, avec 38 députées, ce qui représente un taux de 20,8% à la Chambre basse, et trois sénatrices, soit 9,4% des sièges du Sénat. 

Le délégué a également mis l’accent sur l’élection, en mai 2012, et pour la deuxième fois dans l’histoire nationale, d’une vice-présidente de la République, avant de rappeler les engagements pris par le nouveau Président, M. Danilo Medina Sánchez, lors de son discours d’investiture, le 16 août dernier.  Il y assurait les dominicaines d’une restructuration du système de formation technique dans le but de mettre l’accent sur les jeunes et les femmes, de convertir le système scolaire en un « niveleur social », qui aplanirait les disparités, et d’appliquer l’équité des sexes comme axe transversal dans toutes les politiques publiques. 

M. ANDRÉS FIALLO (Équateur) a estimé que la Conférence de Beijing avait été un point de départ pour la reconnaissance des droits de la femme.  « Nous avons défendu ces critères grâce à des mécanismes d’interdiction des discriminations contre les femmes, notamment par la promotion du respect des origines ethniques et de l’orientation sexuelle », a-t-il expliqué.  Il a également souligné que son pays avait fait participer à ces efforts les femmes équatoriennes d’ascendance africaine.

Le délégué a par ailleurs regretté qu’il n’y ait pas eu un accord lors de la dernière session de la Commission sur la condition de la femme en matière d’autonomisation des femmes.  Il a également fait état du lancement d’une campagne contre le machisme et la violence, tout en reconnaissant que son gouvernement devait faire davantage.  Il s’est réjoui de l’augmentation du nombre de femmes à des postes de décision et cité à cet égard la nomination de femmes à des fonctions ministérielles de premier plan aux ministères des affaires étrangères et de la défense.

Mme PRATANA UDOMMONGKOLKUL (Thaïlande) a salué les rapports du Secrétaire général qui montrent les difficultés qu’il y a à trouver des solutions durables en ce XXIe  siècle, qu’elle a qualifié d’âge de la femme.  La Thaïlande a retiré sa réserve sur l’article 16 de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, a-t-elle affirmé, avant de réclamer une protection sociale pour toutes les femmes et la fin de toutes formes de violence et d’exploitation, y compris des migrantes. 

L’approche de la prévention, la protection des victimes et la mise en place de centres d’accueil sont des facteurs clefs de la lutte contre la traite des femmes et des enfants.  En Thaïlande, une unité de crise existe maintenant dans les hôpitaux pour fournir des soins immédiats aux victimes.  Dans le domaine de la justice, un service d’enquête spéciale travaille avec les services de police pour détecter et agir rapidement dans les cas de traite, a en outre expliqué la représentante.

La déléguée a, par ailleurs, souligné l’importance de veiller aux conditions de vie des détenues, qui ont des besoins particuliers, conformément aux règles de Bangkok.  Il est temps d’éliminer les stéréotypes négatifs fondés sur le sexe, a-t-elle exhorté, en appelant à une attention spécifique aux filles en matière de santé et de santé génésique.  La Thaïlande, en coopération avec les pays de la région, œuvre à l’implication de tous les mécanismes pour libérer toutes les femmes de la violence et de la traite des personnes, a-t-elle assuré.

Mme MONIA ALSALEH (République arabe syrienne) a souligné que les femmes occupent dans son pays des postes clefs au sein de l’administration, dans l’armée et d’autres secteurs.  Elle a insisté sur la nécessité d’accorder aux femmes les mêmes droits que leurs homologues masculins.  La Syrie est considérée comme un pays pionnier au niveau mondial quant à l’autonomisation féminine, comme cela est inscrit dans les principaux textes constitutionnels et législatifs.  

Or, étant donné les événements qui persistent depuis quelques mois, des groupes armés visent à faire prendre du retard à la Syrie, à semer la terreur psychologique dans toute la société.  De ce fait les femmes ont peur de se rendre sur leur lieu de travail et les filles à l’école, a-t-elle regretté, en évoquant les abus dont sont victimes les Syriennes dans les camps de réfugiés dans le pays voisin.  Elle a affirmé que son pays avait dénoncé cette situation auprès des organismes concernés aux Nations Unies, et que ces abus avaient été rapportés également par les médias internationaux.

Se fondant sur la légalité internationale, elle a appelé à mettre fin aux souffrances des Syriennes et a lancé un appel au Secrétaire général pour qu’il inclut dans son rapport ces réalités douloureuses et les difficultés des femmes syriennes dans le Golan occupé.  Ces dernières sont assujetties, pour leur part, à des exactions incessantes et à des violations de tous leurs droits par l’occupant israélien.   Elle a également appelé le Secrétaire général à prêter plus d’attention aux dangers auxquels son pays est confronté.

M. AL MASHAN (Koweït) a déclaré que son pays avait adopté cette année, par décret, une stratégie de développement prévoyant des tribunaux spéciaux pour la famille, conformément aux textes législatifs relatifs à l’élaboration d’un code de la famille.  Le Koweït a également pris des mesures favorisant la participation sociale des femmes, par l’appui à ses droits politiques et à l’amélioration de sa participation aux postes de prise de décisions. 

Il a aussi veillé au renforcement des mécanismes institutionnels de soutien aux causes féminines et à la jeunesse.  Une aide au logement à certaines catégories de femmes a également été offerte, en particulier pour soutenir les veuves.

La femme koweïtienne, grâce à des efforts inlassables, s’est imposée comme acteur catalyseur de la société, a affirmé le délégué.  Rappelant une série d’instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme auxquels le pays a souscrit, il a indiqué que le Gouvernement s’efforçait d’aligner sa législation avec les normes internationales et réitéré la disposition de son pays à coopérer avec les organismes internationaux.

Mme YANA BOIKO (Ukraine) a affirmé que, pour son pays, assurer l’égalité des femmes et des hommes devant la loi, la santé, le travail décent et la propriété, ainsi que la participation à la prise de décisions à tous les niveaux était une condition préalable au progrès de la société tout entière.  La parité est fermement ancrée dans la législation de l’Ukraine.  La loi sur l’égalité des droits et des opportunités entre les hommes et les femmes a été adoptée en 2005.  Elle a servi de cadre légal pour l’intégration de l’égalité des genres dans les plans quinquennaux du pays.  Elle a conduit à l’établissement d’un mécanisme institutionnel de l’égalité des genres, d’un système d’éducation centré sur le genre. 

Le délégué a mis l’accent sur la nécessité de renforcer le rôle des femmes dans la participation aux décisions politiques et économiques et d’assurer un équilibre de représentation dans les postes élevés des pouvoirs exécutif et législatif.  À cet effet, un projet de loi a été soumis au Parlement.  En outre, l’Ukraine collabore étroitement avec ses partenaires internationaux, notamment le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) pour l’adoption et la mise en œuvre d’un programme national pour la période 2012-2016 visant à garantir l’égalité des sexes.  Il a également insisté sur la nécessité de protéger les droits des travailleuses migrantes qui font face à la discrimination, à la violence, à la difficulté de réunir leurs familles et aux bas salaires.

Mme GANKHUURAI BATTUNGALAG (Mongolie) a exprimé le profond attachement de son pays à la cause de l’égalité des sexes réaffirmée par la Déclaration et le Programme d’action de Beijing et mise en œuvre par l’Entité ONU-Femmes.  Elle a fait état de l’adoption d’une loi par son pays imposant des quotas de représentation des femmes jusque dans les positions les plus élevées de l’administration et garantissant aux femmes la possibilité d’être candidates aux différents scrutins organisés dans le pays.  Elle s’est réjouie des progrès réalisés par son pays en la matière, progrès qui se sont traduits notamment par un triplement du nombre de députées au Parlement mongolien. 

Elle a également affirmé que son gouvernement faisait de l’autonomisation économique des femmes une question centrale de sa politique.  La Mongolie est engagée dans des programmes de microcrédit tournés vers la promotion de l’entreprenariat des femmes urbaines et rurales.  Ces dernières font également l’objet d’une attention particulière en ce qu’elles sont des « actrices essentielles de la réduction de la pauvreté, de la sécurité alimentaire et d’un développement durable ».

M. YASSIN DAHAM (Iraq) a affirmé que, depuis 2003, son pays s’est efforcé d’adopter des mesures juridiques qui garantissent l’égalité des sexes dans tous les domaines, politique et administratif en particulier.  Un système de quota de 25% de femmes au Parlement a été établi et inscrit dans la Constitution de 2005.  Ainsi, aujourd’hui, depuis les élections de mars 2010, les députées occupent 27,3% des sièges, soit 80 sur 325.  Soucieux d’éliminer toute discrimination à l’égard des femmes en droit, le Gouvernement a procédé à une analyse de toutes les lois et a levé, entre autres, sa réserve à la Convention sur l’élimination de toutes les discriminations à l’égard des femmes relative à la citoyenneté des enfants nés de mère iraquienne et de père étranger. 

Il a également créé une autorité indépendante des droits de l’homme au sein de laquelle les femmes sont pleinement représentées.  D’autres textes législatifs interdisent toute discrimination fondée sur le sexe, notamment dans l’accès à l’éducation à tous les niveaux.  Une police communautaire a été créée et une loi contre la traite des personnes adoptée, a-t-il poursuivi, en expliquant que le pays continuait d’améliorer son cadre normatif, notamment pour inclure les répercussions préjudiciables de la période de guerre et des problèmes hérités de l’ancien régime. 

Quant à la province du Kurdistan, la lutte contre la violence à l’égard des femmes y a été appuyée par des mesures visant à réduire la polygamie et à l’interdiction de l’excision génitale des filles, à pénaliser les crimes d’honneur et à appliquer un quota de 25% de représentation des femmes au Parlement provincial.    

M. ANDY RACHMINATO (Indonésie) a affirmé que la Convention pour l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes ainsi que la Déclaration et le Programme d’action de Beijing renforçaient les efforts déjà déployés par les États Membres.  Alors que la Commission de la condition de la femme a échoué à adopter un accord sur les sujets pertinents pour les pays en développement, il est indéniable que les femmes à travers le monde continuent de souffrir de discrimination, d’inégalités et de privation, a encore déclaré le représentant, soulignant la déception qu’a représenté cet échec.

En Indonésie, la pleine jouissance des droits fondamentaux par les femmes est garantie par la Constitution et se manifeste, par exemple, par l’adhésion aux instruments internationaux pertinents.  En conséquence, des lois et programmes nationaux ont été adoptés, confirmant l’engagement de l’Indonésie à améliorer la vie, la participation et le rôle des femmes dans toutes les sphères, a-t-il dit.

Cependant et malgré ces efforts, seuls 18% des membres du Parlement sont des femmes, un quota en deçà de celui de 30% stipulé dans la loi générale électorale de 2008, a reconnu le représentant.  Dans le domaine de l’emploi, d’importantes mesures ont été adoptées en faveur des femmes, même si 70% des emplois informels restent occupés par elles, a encore dit le représentant.  Parmi d’autres efforts d’intensification en direction de la promotion des droits de la femme, dont l’adhésion à des partenariats internationaux, l’Indonésie axe sa politique non seulement sur la réforme de ses politiques, sur le renforcement de ses capacités mais aussi sur les mécanismes de mise en œuvre et d’évaluation, a conclu M. Rachminato. 

Mme AMIRA DALI (Tunisie) a déploré que, « malgré le ferme engagement de l’ONU », les femmes restaient les plus affectées par la pauvreté, l’analphabétisme, le chômage, les discriminations et les violences.  Elle a également affirmé que le Gouvernement tunisien avait œuvré depuis son élection à renforcer l’intégration de la femme dans les zones rurales, dans le circuit économique et à favoriser son accès aux postes de décision. 

La lutte contre les violences commises contre les femmes fait par ailleurs l’objet d’une stratégie spécifique s’articulant autour de quatre grands axes.  Ces axes sont la production de données sur la violence à l’encontre des femmes, l’amélioration et la création de services appropriés, la sensibilisation communautaire et l’application des lois en vigueur.  Par ailleurs, des structures d’accueil et de prise en charge ont été créées pour répondre efficacement à ce problème.

Mme MARIE-CLAIRE MILLOGO-SORGHO, Secrétaire permanente du Conseil National pour la promotion du genre du Burkina Faso, a déclaré que le Gouvernement de son pays avait mis en œuvre en 2009 la Politique Nationale Genre visant, à l’horizon de 2019, à la construction d’une société débarrassée de toutes les formes d’inégalités et qui assure à l’ensemble de ses citoyens et citoyennes les garanties d’un épanouissement social, culturel, politique et économique.  Elle a affirmé que cette politique s’accompagnait de l’établissement d’un cadre institutionnel comprenant des structures nationales et locales permettant de mener les efforts de promotion d’égalité des sexes de façon concertée et harmonisée dans tout le pays.

La représentante a par ailleurs détaillé les actions menées par son pays pour promouvoir l’autonomisation économique des femmes et des filles.  Une réforme de la législation foncière, une facilitation de l’accès au crédit et la promotion de l’entreprenariat des femmes par le biais de la mise à disposition d’équipements et de technologies de production sont autant de mesures faisant partie de l’arsenal déployé par le Gouvernement du Burkina Faso pour renforcer les conditions d’autonomisation des femmes. 

Elle a également réaffirmé que la lutte contre les violences commises contre les femmes était une dimension centrale de la politique de son gouvernement.  La création de centres d’accueil et d’écoute pour les femmes et les filles victimes de violences conjugales et familiales, ainsi que la prise en charge des femmes victimes de discrimination sont qualifiées par la représentante de moyens efficaces de protection des femmes.  Elle a conclu en se réjouissant de la soumission par le Groupe des États d’Afrique d’un projet de résolution visant à l’intensification des efforts pour éliminer les mutilations génitales féminines. 

Mme PASCALINE GERENGBO YAKIVU (République démocratique du Congo) a appuyé les recommandations du Secrétaire général visant à inciter les États à prendre de nouvelles mesures propres à renforcer l’exécution des activités prescrites en matière d’égalité des sexes.  Pour assurer le plein développement et le progrès des femmes, la RDC consacre dans sa Constitution de 2006 le principe de parité des sexes et dispose, depuis 2009, d’un Document de Politique Nationale Genre, tandis que le projet de loi sur la parité est en cours d’examen à la Chambre basse du Parlement.

L’intégration de cette dimension s’est concrétisée à travers les instruments juridiques au niveau national où la législation congolaise a subi d’importantes transformations par l’adoption de textes qui ont eu une incidence sur la protection des droits de la femme.  En matière d’éducation, elle a mentionné la campagne nationale RDC-UNICEF intitulée « Toutes les filles à l’école », en 2006, et l’élaboration d’une feuille de route sur le genre et l’éducation par le Ministère de l’enseignement primaire, secondaire et professionnel.  En 2008, le pays a adopté une stratégie nationale de l’intégration de la dimension sexospécifique dans les politiques, programmes et projets de développement.

Par ailleurs, depuis décembre 2008, le Gouvernement a établi des structures de mise en œuvre de la résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité, et dispose d’un plan d’action qui est une réponse au renforcement de la participation et de l’implication des femmes aux efforts de paix et de résolution pacifique des conflits. 

En ce qui concerne les violences sexuelles, le Gouvernement coordonne, avec les partenaires au développement, le Programme national de stabilisation et la reconstruction de la RDC (STAREC).  Il a également élaboré et mis en œuvre, depuis novembre 2009, la Stratégie nationale de lutte contre les violences sexuelles et basées sur le genre, accompagnée d’un plan d’action national opérationnel.  Cette stratégie est axée sur la lutte contre l’impunité, la prévention et la protection des personnes vulnérables et l’intégration de la dimension genre dans toutes les réformes publiques en cours dans les secteurs de la justice, de l’armée, de la police nationale, des services de sécurité et de l’administration publique.

La déléguée a déploré le fait que tous ces efforts sont insuffisants, en raison des « pesanteurs socioculturelles » et des conflits persistants dans l’est du pays, où les femmes et les enfants paient un lourd tribut.  La RDC a besoin de l’implication totale de la communauté internationale afin de mettre un terme à ce fléau qui ravage le pays depuis plus d’une décennie, a-t-elle conclu.

M. ERTUĞRUL APAKAN (Turquie) a remercié la Directrice exécutive d’ONU-Femmes, Mme Michelle Bachelet, pour ses efforts et pour son approche en matière de lutte contre les discriminations dont les femmes sont victimes.  Il a également souligné le fait que les rapports soumis par la Troisième commission seront la base de délibérations futures très importantes.  Il s’est à ce titre réjoui de l’adoption par la Turquie d’une loi spécifique définissant et criminalisant les violences physique, verbale et psychologique contre les femmes.  Il espère en outre que la Commission sur la condition de la femme saura s’exprimer de façon résolue et déterminée.

Par ailleurs, il s’est félicité des efforts ciblés entrepris pour la protection des droits des filles et a qualifié la première Journée internationale de la fille d’événement important pour la reconnaissance de ces enjeux spécifiques.  Il a cependant estimé que la protection des femmes et la protection des filles étaient les deux faces d’une même lutte et s’est prononcé pour que l’ONU unisse le concept de discrimination des femmes et des filles plutôt que de les séparer.

Pour M. Apakan, les personnes âgées sont un secteur vulnérable de la société qui ne reçoit pas l’attention méritée.  À cet égard, il a estimé qu’ONU-Femmes pouvait jouer un rôle.  Il a conclu en affirmant que la protection des femmes ne devait pas se limiter à la Troisième Commission mais faire l’objet des efforts de l’ensemble de l’Organisation.  

Mme CARMEN-ROSA ARIAS (Pérou) a fait savoir que son pays était doté d’une Constitution et d’une législation qui tendent à garantir l’élimination de toute sorte de discrimination à l’égard des femmes.  Ces outils permettent aussi de « lutter contre les stéréotypes liés au genre dans les domaines politique, économique, social et culturel », a précisé la représentante du Pérou.  Elle a également mis l’accent sur la loi sur l’égalité des chances entre hommes et femmes et le Plan national d’égalité des genres 2012-2017, qu’elle a présentés comme des instruments d’orientation de la politique du Pérou en matière d’égalité des sexes.

« L’élimination de la violence contre les femmes doit faire partie des indicateurs de l’égalité entre les sexes et de l’autonomisation des femmes, contenus dans les Objectifs du Millénaire pour le développement, pour la période après 2015 », a proposé la délégation du Pérou.  Elle a appuyé sa requête en attirant l’attention sur le fait que « la violence contre les femmes restreint, non seulement l’évolution de celle-ci, mais également celle de toute la société ».  C’est pourquoi, pour le Pérou, la suppression des inégalités hommes/femmes est une préoccupation nationale.

Présentant les actions qui ont été prises pour lutter contre ces inégalités, la représentante du Pérou a cité l’initiative « Cartes de femmes », qui vise à amener les autorités locales à augmenter le budget pour la prévention des violences faites aux femmes et le soutien aux victimes.

M. MOHAMED IBRAHIM MOHAMED ELBAHI (Soudan) a souligné que les progrès enregistrés en matière d’autonomisation des femmes avaient été historiquement déterminés par la signature de l’accord d’indépendance et, plus récemment, par des accords de paix.  Ces progrès résultent également des mesures solides prises par le Gouvernement en matière législative pour garantir l’égalité de fait des sexes, concernant notamment les salaires, l’emploi, la participation des femmes à la vie politique et le droit de vote. 

Depuis le début du Millénaire, le Gouvernement a élaboré une stratégie (2003-2028) en faveur de la promotion de la femme, assortie d’une stratégie nationale de la famille et d’une autre axée sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes.  Des politiques d’autonomisation socioéconomique, de lutte contre le VIH/sida et d’habitat sensibles aux besoins des femmes, et en faveur des personnes âgées, figurent parmi la série de dispositions prises à court, moyen et long termes.

Il a également fait état de la création d’une unité sociale au sein des services de police visant à la protection de la famille et de l’enfant et à mettre fin à la violence à l’encontre des femmes et des filles.  Une stratégie nationale de lutte contre l’excision génitale des filles a aussi été adoptée en 2007.  Sur la question du Darfour, le Gouvernement a procédé à une réforme du Code pénal en introduisant, dès 1991, des amendements relatifs aux crimes contre l’humanité et aux crimes de guerre.  Il a révisé l’article 149 traitant du viol et de l’adultère. 

Le représentant a rappelé que les institutions des Nations Unies continuaient d’apporter un soutien aux Palestiniennes et aux femmes sous occupation étrangère au Golan et au Sud-Liban.  Il a appelé à un réveil de la conscience internationale et à une action positive et concrète pour faire cesser les exactions à leur encontre par l’occupant israélien.  

M. MAFIROANE MOTANYANE (Lesotho) a regretté que des disparités importantes entre hommes et femmes subsistent sur le plan de l’éducation et de l’accès à l’emploi.  Le fait que les femmes n’occupent pas suffisamment de fonctions décisionnaires est un exemple, selon lui, des domaines sur lesquels des efforts doivent être réalisés.  L’imposition de quotas en matière d’emplois publics est un moyen incontournable pour parvenir à combler ce fossé d’opportunités.

Il a également évoqué les efforts de son pays pour promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes.  Le Programme d’égalité des sexes en matière de droits économiques est un programme mené en coopération avec les États-Unis, et qui entend créer des opportunités et des ressources pour les femmes.  Les efforts du Lesotho pour promouvoir l’égalité des femmes s’inscrivent dans les efforts globaux de réduction de la pauvreté.  Le représentant s’est réjoui du fait que son pays ait été classé en tête des pays de l’Afrique subsaharienne pour ses résultats en matière de promotion de l’égalité des sexes.

Il a par ailleurs évoqué la politique menée par son pays pour mettre fin aux violences commises contre les femmes et fait état de la création de centres polyvalents assurant des missions statistiques, de sensibilisation et d’accueil spécialisé pour les victimes de violences basées sur le genre.

M. NURBEK KASYMOV (Kirghizistan) a souligné que, pour la première fois en Asie centrale, une femme est à la tête d’un pays.  Au Kirghizistan, a-t-il dit, les femmes occupent des postes importants dans plusieurs services publics.  Les militantes du mouvement féministe ont organisé une campagne il y a quelques années qui a débouché sur l’établissement de quotas pour les femmes dans tous les secteurs politiques et économiques.  Il a appuyé la politique d’égalité des sexes et de l’autonomisation de la femme conformément à la stratégie recommandée par ONU-Femmes.  Le pays a ratifié un certain nombre de traités internationaux et pris des décisions juridiques pour présenter ses rapports aux organes conventionnels des Nations Unies.

La Stratégie nationale d’égalité pour tous vise au renforcement des droits des hommes et des femmes dans les secteurs de la justice, de l’éducation et de la prise de décisions.  La lutte contre la violence domestique est fondée sur la prévention et la protection des victimes.  La transition économique a causé des disparités, conduisant à des discriminations à l’égard des femmes, ce qui les rend vulnérables à l’exploitation et à la traite.  Les deux tiers des victimes de la traite sont des femmes et des fillettes et il est essentiel que la coopération internationale passe à la vitesse supérieure, par des campagnes d’information et de sensibilisation, la création de nouveaux partenariats et la participation active de toutes les parties prenantes.  

Mme SAFAA ALI HADI (Yémen) a déclaré que, partant de son héritage culturel et islamique, le Yémen avait jeté les bases d’une nouvelle société fondée sur l’égalité des droits entre les sexes en vue du développement politique, économique et social.  Dans ce contexte, le Gouvernement n’a pas ménagé ses efforts pour garantir les droits de la femme, en devenant l’un des premiers États à signer et à ratifier, en 1984, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, et en soumettant ses rapports périodiques au Comité chargé du suivi de cet instrument international. 

D’autre part, il a veillé à la mise sur pied de mécanismes visant à l’application des dispositions de ce traité ainsi que celle d’autres conventions pertinentes.  Des stratégies, programmes et plans ont aussi été élaborés dans des domaines divers, au nombre desquels la stratégie nationale pour le développement de la femme 2006-2015, celle du développement économique 2011-2015, et la stratégie relative à l’éducation 2003-2015.

En outre, la femme yéménite est une composante clef de la marche du pays vers la démocratie et le développement entamée récemment, puisqu’elle occupe désormais des postes de chef de file et de responsabilité à divers niveaux.  La représentante a mis l’accent sur le rôle qui échoit à la femme au sein des organisations de la société civile, conformément aux engagements pris par le Gouvernement.  Celui-ci s’attache en particulier à la prévention et à la lutte contre la violence à l’égard des femmes, et aurait besoin d’appui dans les domaines de l’éducation et la santé et dans d’autres secteurs afférents au bien-être de la femme et de la famille.

Mme Hadi a fait état, en conclusion, de la situation de la femme arabe sous occupation israélienne, qui pâtit encore de violations de tous ses droits élémentaires, et affirmé qu’il était de l’obligation de la communauté internationale d’assumer sa responsabilité en mettant fin à l’occupation et en appuyant la femme palestinienne jusqu’à ce qu’elle puisse enfin jouir de tous ses droits et vivre dans la paix. 

Mme ANDREA WILSON (Jamaïque) a relevé que le rapport sur le développement humain 2012 axé sur l’égalité des sexes avait identifié plusieurs domaines auxquels il conviendrait d’attacher plus d’attention, en particulier la nécessité de l’amélioration de l’accès des femmes aux opportunités économiques et des revenus, et de la réduction de l’écart en termes de productivité entre les hommes et les femmes.  La crise financière, conjuguée à la crise alimentaire, aux répercussions des changements climatiques et au fléau de la guerre, y compris civile dans certaines régions, ont sapé les efforts des États tendant à l’exécution de leurs politiques nationales de promotion de la condition et des droits des femmes, a-t-elle constaté.

Cette question demeure une menace imminente pour les droits de la femme, a-t-elle affirmé, en ajoutant que cela était encore plus vrai pour les petits États insulaires en développement et, parmi eux, ceux classés comme pays à revenu intermédiaire et qui courent le risque de perdre les financements destinés à la réalisation du troisième Objectif du Millénaire pour le développement, portant sur l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes. 

En effet, a-t-elle dit, ce classement a exacerbé les souffrances des femmes des pays concernés, dont la majeure partie sont des travailleurs pauvres, également chefs de famille.  En conséquence, elle a exhorté la communauté internationale à veiller à ne pas éroder les acquis des efforts mondiaux d’autonomisation des femmes en revoyant, d’urgence, les méthodes iniques utilisées dans le classement des États. 

Mme Wilson a aussi exprimé son inquiétude face à l’ampleur de l’exploitation et de la violence à l’égard des femmes, particulièrement la traite des femmes et des filles, considérées par les trafiquants comme des marchandises commerciales dans le marché illégal.  À cet égard, la Jamaïque a conçu un cadre législatif et administratif exhaustif pour se débarrasser de cette pratique inhumaine.  

Mme KAREN HOSKING (Afrique du Sud) a rappelé que, dans son pays, l’égalité entre hommes et femmes était une priorité nationale.  Elle a toutefois reconnu qu’il restait encore beaucoup à faire car les femmes sont toujours plus frappées par la pauvreté, le chômage et les inégalités.  Par conséquent, son gouvernement est déterminé à inscrire la promotion et l’autonomisation de la femme dans ses politiques et programmes.  À cet égard, elle a fait état des cinq priorités nationales que sont la création d’emplois, l’éducation, la santé, le développement rural, la sécurité alimentaire et la réforme foncière.  À cela s’ajoute la lutte contre la corruption et le crime.  Elle a précisé que la promotion des droits fondamentaux des femmes sud-africaines avait été mise au cœur de ces priorités.

Pour la représentante, la création d’ONU-Femmes a donné un nouvel élan à l’intégration d’une approche des genres au niveau de tout le système des Nations Unies.  Cela a également eu un effet positif sur l’ordre du jour du Conseil de sécurité en ce qui concerne le rôle des femmes dans la paix et la sécurité, ce dont témoigne notamment l’adoption de la résolution 1325 (2000).

En termes d’acquis nationaux, Mme Hosking a évoqué le cadre législatif progressif qui facilite la protection, la promotion et les progrès des droits de l’homme pour les femmes.  À titre d’exemple, elle a cité les taux de participation des femmes au processus de prise de décisions politiques, soulignant que 44% des membres du Parlement étaient des femmes et qu’elles occupaient 43% des postes ministériels. 

De plus, l’Afrique du Sud se situe à la cinquième place mondiale pour ce qui est de la présence de femmes au sein des conseils d’administration des grandes compagnies, après la Norvège, la Suède, la Finlande et les États-Unis.  D’ici à 2013, le Gouvernement s’est engagé à faire passer la loi sur l’égalité des sexes, en vue de parvenir à une représentation égale dans les secteurs public et privé, en particulier aux postes de responsabilité et de prise de décisions, a encore précisé Mme Hosking. 

Conscient de la vulnérabilité des femmes rurales, qu’elle explique par la pauvreté et le manque d’éducation, le Gouvernement sud-africain est en passe de mettre en œuvre sa stratégie globale de développement rural, dédiée tout particulièrement à l’autonomisation de la femme rurale.

M. NEGASH KEBRET (Éthiopie) a affirmé qu’en 1993, le Gouvernement avait engagé une politique nationale sur les femmes obligeant l’exécutif et les institutions à accélérer l’égalité des sexes dans les domaines politique, économique, foncier et en matière d’accès aux services de base.  Elle a également permis l’élimination de pratiques préjudiciables aux femmes.  En outre, le Gouvernement a établi un plan national d’action sur le genre et le développement et a inclus les questions de genre dans les différentes politiques et stratégies nationales en matière de santé, d’éducation et de formation, de lutte contre le VIH/sida et de population. 

La Constitution éthiopienne reconnaît les mêmes droits aux femmes et aux hommes sur les plans politique, social, économique et culturel.  Le taux du nombre de sièges détenus par les femmes au Parlement est de 22% en 2010 alors qu’il était de 2% en 1995.  La représentation féminine est de 13% au niveau ministériel (2012), 8,3% dans les « ministères » des administrations régionales, et de 12,7% au niveau des ambassadeurs. 

Pour éliminer la violence contre les femmes et pour faire respecter leurs droits, la loi sur la famille et le Code pénal ont été révisés.  Des unités spéciales de police et des magistrats ont été créées pour protéger les femmes.  Les tribunaux fédéraux ont mis en place des branches spéciales pour traiter des cas de trafics d’êtres humains et une émission radiophonique hebdomadaire a été lancée pour la sensibilisation du public sur ce problème.  D’après la loi fédérale sur la propriété foncière, les administrations régionales doivent assurer l’égalité des droits entre les femmes et les hommes dans la gestion et la transmission des terres.

En matière d’éducation et de santé, le Gouvernement a mis en œuvre des stratégies sectorielles depuis 1997.  Le taux des femmes alphabétisées est de 38% en 2011 (29% en 2005) tandis que le taux de contraception est passé de 4% en 1999 à 32% en 2011.  Le Plan quinquennal de transformation et de croissance a permis de s’attaquer notamment aux problèmes de la mutilation génitale des jeunes filles et a permis de traiter 3 000 cas de fistules par an.  Mais en dépit de ces réalisations, le représentant de l’Éthiopie a reconnu que les femmes continuent d’être marginalisées et vulnérables.      

Mme BYRGANYM AITIMOVA (Kazakhstan) a souligné la nécessité d’intégrer les considérations relatives à l’égalité des sexes et à l’autonomisation des femmes dans la définition du nouveau cadre pour le développement au-delà de 2015.  Elle a regretté que, 20 ans après l’adoption de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing, les progrès restent mitigés et qu’il existe encore des écarts significatifs.  La représentante a proposé une évaluation des progrès dans la mise en œuvre des principaux documents des Nations Unies ayant trait au genre.  Un tel exercice permettrait aussi d’identifier les obstacles actuels dans ce domaine. 

Le Kazakhstan estime que le vingtième anniversaire de l’adoption de cette Déclaration devrait également être l’occasion de réaffirmer la volonté politique d’accélérer la réalisation du Programme.  Dans cet esprit, il soutient les activités d’ONU-Femmes et, en tant que membre de son conseil d’administration, le Kazakhstan ne ménagera aucun effort pour que cette Entité soit en mesure d’obtenir des résultats concrets et rapides sur le terrain.

En ce qui concerne les mesures prises au niveau national, la représentante a rappelé que le Kazakhstan occupait la trente-troisième place sur 156 pays en termes d’indice d’activité des femmes.  De plus, le rôle des femmes ne cesse d’augmenter dans les sphères politiques et sociales, ce dont témoignent les propositions sérieuses qui ont été faites pour assurer la présence de femmes sur les listes de partis politiques.  Grâce aux efforts du Gouvernement, il a été possible de ramener le taux de chômage des femmes à 6,4%, a encore précisé la représentante, expliquant que le travail était le facteur clef de l’autonomisation des femmes, et que d’ici 2020, les salaires des femmes devraient correspondre à 80% de ceux des hommes.  De plus, un programme a été mis en place pour encourager les femmes à devenir entrepreneurs

Le Gouvernement du Kazakhstan est également conscient de la nécessité de renforcer le cadre juridique pour prévenir et punir les actes de violence domestique et offrir des services adéquats aux victimes de tels actes, ce qui suppose que les normes juridiques internationales soient incorporées dans la législation nationale.

M. ANANTH KUMAR, membre du Parlement de l’Inde, a réaffirmé l’attachement de son pays à l’égalité des droits pour les femmes comme le montrent, selon lui, la Constitution et les nombreuses lois adoptées en vue de garantir le plein exercice de la citoyenneté et des droits économiques et sociaux garantis par le système politique de la « plus grande démocratie du monde ».  Il a rappelé que son pays avait imposé des quotas de représentation des femmes dans les instances politiques et administratives, notamment au Parlement où les femmes doivent occuper la moitié des sièges. 

Il a également mentionné la politique nationale d’autonomisation et le onzième plan quinquennal comme des exemples parmi d’autres des mesures et outils de réduction des inégalités et d’amélioration des conditions de vie des femmes sur les plans sanitaire et éducatif.  Il s’est réjoui du fait que l’Inde ait vu son taux de mortalité infantile diminuer sensiblement et son taux de scolarisation des jeunes filles se rapprocher de 100%.

Il a par ailleurs déclaré que la violence domestique commise contre les femmes faisait l’objet de mesures spécifiques par le biais d’une loi criminalisant ces violences, qu’elles soient conjugales ou familiales.  Cette loi de protection des femmes contre la violence domestique prévoit un soutien aux femmes victimes de ces violences grâce à la création de refuges, d’aide médicale et de garde temporaire des enfants.

Mme MARY MORGAN MOSS (Panama) a déclaré que son pays avait consolidé l’intégration de la définition du « fémicide » dans la législation actuelle et créé des tribunaux spécialisés chargés d’enquêter et de pénaliser ce crime.  En outre, la politique publique d’égalité des chances pour les femmes cherche à asseoir les droits et les libertés fondamentales des femmes.  Cette politique repose sur 17 axes stratégiques qui traitent notamment de la violence, des droits de la femme et de l’égalité juridique, des peuples autochtones, des femmes rurales, des personnes d’ascendance africaine et de la santé.  Chaque axe examine les mesures et stratégies nécessaires en vue de la prévention et de l’octroi de la plus grande attention aux femmes, aux filles et aux adolescentes victimes de la violence.

D’autre part, un plan national contre la violence familiale a été mis en œuvre.  Ainsi, 26 réseaux locaux de prévention et de traitement de la violence domestique sont opérationnels, agissant en coopération avec les gouvernements locaux, la société civile et des organisations de base.  Avec des fonds provenant du Gouvernement de l’Espagne, un programme d’action intégrale pour les victimes de la violence fondée sur le sexe est en cours d’exécution.

Au plan régional, le projet d’intégration des politiques et programmes sur le VIH et la violence à l’égard des femmes à partir d’une perspective des droits de l’homme en Amérique centrale, avec l’appui de la Commission interaméricaine des femmes (CIM/OEA) et de l’Institut national de la femme, a permis au Panama de mener une étude intitulée « Modèles de politiques et de programmes intégrés sur le VIH et la violence à l’égard des femmes ».  Enfin, une Commission nationale contre la traite des personnes a été mise sur pied, tandis que le mois de septembre a été proclamé « mois contre la traite des femmes », avec l’objectif de sensibiliser à ce fléau et à mieux faire connaître la législation dans ce domaine.    

Mme ROFINA CHIKAVA (Zimbabwe) a souligné que les femmes, qui constituent 52% de la population du Zimbabwe, ont toujours été marginalisées par les gouvernements coloniaux successifs.  « Dès lors, il était impératif que l’amélioration de la condition des femmes occupe une place prioritaire dans les objectifs de développement du Zimbabwe indépendant », a estimé Mme Chikava.

Pour démontrer son engagement en faveur de l’évolution des femmes, la délégation du Zimbabwe a rappelé que le pays avait signé et ratifié plusieurs traités et déclarations régionaux et internationaux sur l’égalité des sexes.  Par la suite, le Zimbabwe a appliqué les recommandations de ces traités et déclarations en les adaptant à son contexte, en particulier les recommandations du Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes.

« La politique nationale de genre fixe les directives et le cadre institutionnel de l’équilibre hommes/femmes dans tous les secteurs, à tous les niveaux de la société et de l’économie », a précisé la représentante du Zimbabwe.  C’est ainsi qu’en 1995, le Zimbabwe a créé un Ministère de la condition féminine pour superviser la coordination de tous les programmes sur l’égalité.  Néanmoins, la délégation du Zimbabwe a invité à ne pas négliger « le rôle que doivent jouer les hommes dans la réalisation des objectifs d’égalité ».

Après avoir mis en exergue plusieurs initiatives du Zimbabwe dans la promotion de l’amélioration de la condition de la femme, la représentante du Zimbabwe a reconnu que son pays est encore confronté à plusieurs défis.  L’un de ces défis est l’inaccessibilité au crédit des femmes entrepreneurs en zones rurales.  Mme Chikava a alors plaidé pour un accès au crédit des femmes, ce qui leur permettrait de financer et de diversifier leurs activités.

Mme FATHIMATH LIUSA (Maldives) a affirmé qu’un Ministère du genre, de la famille et des droits de l’homme avait été créé au mois de mai aux Maldives dans le but d’harmoniser les activités de développement liées au genre dans le pays.  Une loi contre la violence domestique, adoptée au mois d’avril, assure en outre la bonne protection des victimes et a permis la création d’unités d’enquête.  L’adoption de cette loi est une avancée notable pour les Maldives où une étude a révélé qu’une femme sur trois a été victime d’abus, a signalé la représentante.

Mme Liusa a ensuite parlé de la loi de 2012 sur la décentralisation qui entend augmenter la représentation des femmes au sein de la gouvernance locale en créant dans chaque île du pays un comité pour le développement des femmes chargé de veiller au respect de leurs droits.  La représentante a souligné que de nombreuses femmes vivant en zones rurales continuaient de faire du travail domestique non rémunéré et que les stéréotypes et les changements socioéconomiques renforçaient davantage la « ségrégation » dans la répartition des tâches entre hommes et femmes. 

Mme Liusa a cité en exemple la modernisation de l’industrie de la pêche qui a eu pour conséquence de limiter le rôle joué traditionnellement par les femmes dans la préparation des poissons pour le marché.  Des attentes culturelles se font également ressentir sur l’éducation des femmes, et leur pleine participation au sein de la société a été remise en cause par une interprétation conservatrice des droits de la femme dans l’Islam, a-t-elle ajouté.

Préoccupée par la prévalence de la violence faite aux femmes, la représentante des Maldives a par ailleurs engagé les États Membres à adopter une approche complète, coordonnée et systématique pour faire face à ce fléau.

Mme ASMA AL-AMRI (Qatar) a rendu hommage au rôle crucial endossé par les Nations Unies dans la parité des sexes et l’émancipation des femmes.  La promotion de la femme est tributaire de la perpétuation de l’institution de la famille.  Le Qatar a ratifié bon nombre de conventions régionales et internationales.  Il s’emploie à moderniser l’éducation des femmes afin que celles-ci puissent participer à tous les domaines de la vie publique.

La Fondation nationale pour la promotion de la femme et de l’enfant joue un rôle dynamique.  La représentante a souligné que le pays évaluait les résultats en matière d’autonomisation des femmes et des filles, notamment dans le contexte des Objectifs du Millénaire pour le développement.  Elle a mis l’accent sur la nécessité de maintenir un dialogue international sur la promotion de la femme et de trouver des solutions appropriées.  Elle a rappelé la situation des femmes des territoires arabes occupés, qui ont des difficultés quotidiennes à jouir de leurs droits les plus élémentaires du fait de l’occupation israélienne.

Mme AMATLAIN E. KABUA (Îles Marshall) a reconnu que les Marshallaises, comme d’autres femmes à travers le monde, étaient confrontées à des défis majeurs, notamment la violence domestique, l’accès limité à l’éducation ou le manque d’opportunités économiques.  Ces questions étaient au cœur du quarante-troisième Forum des îles du Pacifique qui s’est tenu en août dernier et qui a conduit à l’adoption de la déclaration des dirigeants des îles du Pacifique sur l’égalité des genres.

La déclaration conjointe des dirigeants des îles du Pacifique et du Secrétaire général, publiée en septembre dernier, a en outre souligné les mesures à prendre pour répondre aux défis que rencontrent les femmes et demandé que celles-ci soient érigées en priorités, a-t-elle encore indiqué.  

En dépit des ressources limitées des Îles Marshall, des progrès sont faits en matière de promotion des femmes dans la société, a poursuivi Mme Kabua, citant l’adoption en septembre 2011 d’une loi sur la violence domestique.  Elle a également fait état des mesures relatives aux Objectifs du Millénaire pour le développement, incluant l’accès à l’éducation, le renforcement des législations existantes en matière de protection ou encore la participation économique et politique.  « Des défis demeurent, mais notre volonté est forte », a conclu la représentante.

Mme GRETA GUNNADOTTIR (Islande) a déclaré que le Comité pour l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes était la plus grande réalisation en matière de promotion des droits de la femme et a instamment invité tous les États qui ne l’ont pas encore fait à y souscrire pleinement et à ceux qui ont émis des réserves, à les retirer.  Elle a appelé à une promotion plus efficace et concrète de l’intégration d’une optique sexospécifique dans tous les organismes du système onusien.  Cela est d’autant plus important que l’on approche de la date butoir de 2015 pour les OMD et que les États s’apprêtent à la mise en œuvre du Document final issu de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable.  Elle a recommandé une tolérance zéro pour les reculs quant aux engagements pris.

L’Islande a aussi appuyé l’initiative du Groupe des États d’Afrique visant à l’intensification des efforts mondiaux en vue de l’élimination des mutilations génitales féminines.  Elle a fait état, en conclusion, du courage extraordinaire de la jeune pakistanaise Malala Yousafzai, qui a été gravement blessée « par des hommes mal informés et rétrogrades de sa société ».  Son exemple doit être suivi, a-t-elle dit: « parler haut et fort, quelles que soient les circonstances ».  Très jeune, elle a mis en pratique ce que Dag Hammarskjöld, ancien Secrétaire général de l’ONU, avait déclaré: « Au nom de la paix et de la tranquillité, il ne faut jamais renier sa propre expérience ou ses convictions ». 

M. ABDULKALAM ABDUL MOMEN (Bangladesh) a affirmé qu’en dépit des promesses globales faites sur la promotion des femmes, les violences contre celles-ci persistaient.  Il est horrifiant d’apprendre qu’aujourd’hui encore, 7 femmes sur 10 subissent des violences à un moment ou un autre de leur vie, a dit le représentant.  Pour le Bangladesh, un tel constat signe l’échec de la mise en œuvre de nombreux engagements pris par les États Membres depuis le Programme d’action de Beijing, en 1995.

Le représentant a ensuite souligné que le Bangladesh était engagé en faveur de la promotion des femmes par le biais de leur autonomisation politique et économique.  À cet effet, l’accent est mis sur l’éducation des filles, qui a été rendue gratuite jusqu’au niveau de l’enseignement secondaire supérieur, a-t-il poursuivi.  En conclusion, le représentant a affirmé que les lois et les règles ne pouvaient assurer la justice si tout cela ne s’accompagnait pas d’un changement de mentalité de leurs partenaires masculins.

M. MAHINDA SAMARASINGHE, Ministre des industries de plantation et Envoyé spécial du Président du Sri Lanka pour les droits de l’homme, a pris note du rapport du Groupe de travail sur la discrimination à l’égard des femmes dans la pratique et en droit, présenté devant le Conseil des droits de l’homme à sa session de juin 2012, qui souligne les progrès significatifs dans la condition de la femme au Sri Lanka, comme le montrent les réalisations remarquables en matière d’éducation, de santé et d’autonomisation économique. 

Pour ce qui de la violence à l’égard des femmes, il a indiqué que le Gouvernement a édicté une législation en la matière et pris des mesures en vue de son application.  Il a aussi souligné que le Sri Lanka s’appliquait à mettre en œuvre les recommandations formulées par le Comité pour l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et relatives à l’élaboration de cibles claires dans la formulation de la politique nationale et les plans d’action en faveur de la promotion de la femme.  Dans le domaine de la justice, il a estimé que des efforts supplémentaires s’avéraient nécessaires concernant la législation afférente à la communauté musulmane de manière à identifier les pratiques et procédures discriminatoires.  

Le Sri Lanka s’enorgueillit de son héritage multiculturel, ethnique, linguistique et religieux, a-t-il déclaré, ajoutant que le système judiciaire reflétait cette diversité, mais qu’un dialogue élargi entre les différentes communautés devrait conduire, au fil des ans, à l’acceptation des normes universelles relatives aux droits de l’homme par l’encouragement d’un changement d’attitudes.  

Au niveau économique, il a fait état de programmes de microcrédit, d’appui aux petites et moyennes industries et de collectivités de femmes, en mettant l’accent sur le rôle de nombreuses organisations de base et organisations non gouvernementales.  Dans la période post-conflit, a-t-il poursuivi, la résolution des problèmes afférents aux femmes est très importante car il s’agit en particulier de prévenir toute forme d’exploitation et d’abus.  

M. ISMAEL ABRAÃO GASPAR MARTINS (Angola) a estimé que la situation des femmes dans le monde restait préoccupante, notamment en ce qui concerne la féminisation de la pauvreté et l’augmentation des familles monoparentales due à la migration des hommes vers les villes.  L’égalité des sexes a toujours été une priorité du Gouvernement angolais, a-t-il affirmé.  Il s’est félicité de l’augmentation de la participation des femmes dans la sphère politique et a précisé que le Parlement était occupé par 35% de femmes, tandis que huit femmes ont été nommées Ministres. 

Il a par ailleurs détaillé des mesures prises pour répondre aux besoins particuliers des femmes vivant en milieu rural qui représentent 53,5% de la population rurale et sont responsables de 80% de la production agricole.  Les femmes vivant en milieu rural sont la priorité de l’exécutif angolais qui voit dans l’amélioration de leurs conditions de vie un aspect essentiel des efforts de reconstruction du pays.  Ces efforts sont d’abord constitués d’un programme de microcrédit, mis en œuvre depuis 1999, et dont près d’un demi-million de personnes ont bénéficié directement et plus de deux millions indirectement. 

En outre, un programme de soutien aux femmes des zones rurales a été lancé en 2007 et se concentre sur la fourniture de services dans les communautés, l’accroissement de la production et l’amélioration de la commercialisation.  La réforme des lois relatives à la famille et à la propriété foncière est mise en avant par le représentant comme des exemples de mesures permettant de traiter les causes profondes de l’inégalité économique entre hommes et femmes.

Le délégué a également évoqué la question de la fistule obstétricale, une complication de la grossesse qui peut entraîner la mort en l’absence de soins appropriés.  Cette maladie est un des facteurs d’augmentation de la mortalité infantile et maternelle.  Il a salué les progrès réalisés par le Gouvernement de son pays en la matière, tout en reconnaissant les carences des moyens mis en œuvre.  Il a appelé la communauté internationale à renforcer son assistance financière et technique afin de permettre à des pays en développement comme l’Angola de venir à bout de ce fléau qu’est la mortalité infantile.

M. CHARLES THEMBANI NTWAAGAE (Botswana) a salué les efforts de l’ONU et de ses États Membres pour tenter d’éliminer les discriminations à l’encontre des femmes tout en déplorant les défis qui restent à relever en la matière.  Il a fait état des violences commises contre les femmes et notamment les femmes handicapées, lesquelles, selon lui, demeurent particulièrement touchées par ces violences.  Il a affirmé que son pays procédait actuellement à des études et des campagnes d’analyse statistique qui permettront à terme de comprendre les tenants du phénomène des violences basées sur le genre dans le pays pour enfin se traduire par des mesures concrètes lorsque ces travaux auront abouti. 

Il en va de même à propos de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes qui devra être adaptée avant de pouvoir être intégrée dans la législation du pays.  Il a également exprimé l’engagement de son pays à lutter contre la traite des personnes et en particulier des femmes et des jeunes filles.  Il a affirmé que le Botswana continuait d’adhérer aux principes fixés par le Plan d’action mondial de lutte contre la traite des personnes et évoqué la coopération active de son pays avec l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) pour former les agents publics et finaliser des outils législatifs en cours de préparation.

M. KANYA KHAMMOUNGKHOUN (République démocratique populaire lao) a démontré que son pays avait fait de grands progrès pour réduire les disparités entre les hommes et les femmes, malgré les défis qui interpellent le Gouvernement.  Chiffres à l’appui, M. Khammoungkhoun a affirmé que la proportion de filles inscrites à l’école primaire avait considérablement augmenté, au point que pour l’année scolaire 2009-2010 les écolières avaient atteint un ratio de 91,5% par rapport aux garçons, « et elles continuent à être plus nombreuses » a-t-il ajouté.

De même, les femmes sont de plus en plus nombreuses à participer aux prises de décisions politiques, en particulier à l’Assemblée nationale où elles représentent plus de 25% des élus.  « Dans ce pourcentage, on compte la présidente de l’Assemblée », a précisé le représentant.  Poursuivant sa démonstration, il a affirmé que les femmes représentaient plus de 40% des membres de l’administration publique, tandis que le nombre de femmes aux postes de décision en tant que ministres ou vice-ministres ne cesse d’augmenter.

Si ces succès sont à mettre au compte du Gouvernement de la République démocratique populaire lao, M. Khammoungkhoun a reconnu que la Commission nationale pour l’évolution des femmes, créée en 2004, avait joué un rôle décisif dans la promotion de l’égalité.  De plus, l’adoption de la deuxième Stratégie nationale pour la promotion de la condition de la femme pour 2011-2015 témoigne de l’engagement du Gouvernement de la République démocratique populaire lao à continuer à assurer la promotion de l’égalité, et à préserver les droits de toutes les femmes et filles du Laos dans tous les domaines, a assuré M. Khammoungkhoun.

M. EDUARDO ULIBARRI-BILBAO (Costa Rica) s’est dit convaincu du fait que l’égalité entre les sexes et l’autonomisation des femmes étaient aussi bien des impératifs des droits de l’homme que des conditions nécessaires au développement.  La pleine participation des femmes est essentielle pour qu’une société puisse avancer dans les principaux piliers des droits de l’homme, a-t-il souligné, en faisant remarquer que les femmes qui avaient réussi sur le plan économique avaient tendance à réinvestir dans leurs enfants, leurs familles et leurs communautés.  

De leur côté, les femmes rurales et autochtones de la région détiennent un savoir endogène pour accroître la sécurité alimentaire, freiner la dégradation de l’environnement et contribuer à un développement durable.  En tant que chefs de file, les femmes apportent aux politiques de développement une vision d’équité et de durabilité et il est impératif d’intégrer cette perspective dans l’Agenda pour le développement au-delà de 2015. 

Abordant le thème de la violence à l’égard des femmes, le représentant a invité à incorporer, au cours de la présente session, un texte robuste qui orienterait les prochains débats sur cette question.  Il est en effet intolérable que 7 femmes sur 10, et une proportion encore plus élevée de jeunes femmes ou de handicapées, soient victimes de violences, en dépit de l’amélioration des cadres juridiques nationaux.  Il est tout aussi inacceptable que 3 personnes sur 100 soient soumises à des formes de travail forcé et que 55% du nombre total des victimes, et 98% des victimes de l’exploitation sexuelle, soient des femmes et des filles.  Enfin, il est intolérable qu’aujourd’hui, la prévalence d’homicides fondés sur le sexe ait atteint des taux alarmants, et que de telles manifestations soient encore tolérées et impunies.   

Mme DORA MSECHU, Directrice du Département Europe/Amériques au Ministère des affaires étrangères de la République-Unie de Tanzanie, a affirmé que son pays mettait la lutte contre la mutilation génitale féminine au centre de ses priorités, notamment par la mise en œuvre du Code pénal sur les crimes sexuels qui prévoit la poursuite des individus ayant commis cette pratique portant atteinte à « la dignité et à l’intégrité des femmes et des filles. » 

Elle a par ailleurs réaffirmé l’attachement de son pays à la création de conditions offrant aux femmes un accès à la santé maternelle.  « Trop souvent, en particulier pour les femmes les plus pauvres, accéder à un centre médical pendant sa grossesse est une question de chance.  Survivre à un accouchement ne devrait pas être une question de chance », s’est-elle émue, en affirmant que cela ressortait du droit fondamental d’accès à la santé. 

Elle a, à ce titre, indiqué que le Gouvernement tanzanien avait entrepris de créer dans tout le pays des centres de prise en charge maternelle et obstétrique offrant aux femmes les soins basiques dont elles ont besoin et qui pourront faire reculer la mortalité infantile et maternelle.  Elle a conclu en reconnaissant les limites de l’action de son gouvernement et appelé la communauté internationale à lui venir en aide par le biais de financements et de contributions techniques.

M. MWABA KASESE-BOTA (Zambie) a constaté que le monde se trouvait à nouveau à un carrefour du développement alors que la communauté internationale est aux prises avec une mauvaise performance économique mondiale, un taux de chômage sans précédent, une insécurité alimentaire et une hausse des prix des denrées de base, sans compter des changements climatiques aux répercussions néfastes.  Tout cela fait que les gouvernements se trouvent dans l’incapacité de fournir à leurs ressortissants des filets de sécurité adéquats et que les femmes et les filles se heurtent à des inégalités croissantes. 

Elle a souligné que, dans ce contexte, il importe plus que jamais de veiller à l’autonomisation des femmes dans le cadre de la vision inclusive et de croissance équitable contenue dans le Document final de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable « L’avenir que nous voulons ».  À cet égard, elle a mis l’accent sur la réalisation et l’interdépendance des huit Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).

Au cours de l’année écoulée, la Zambie a nommé un certain nombre de femmes à des postes à haute responsabilité dans plusieurs institutions, comme ceux de garde des sceaux, d’inspectrice générale de la police ou de directrice de la commission anticorruption, sans oublier celle de représentante permanente auprès des Nations Unies.  Dans les domaines où son pays devrait déployer davantage d’efforts, elle a cité la participation à la prise de décisions, la participation politique, l’accès et le contrôle des ressources productives.

Droits de réponse

La représentante d’Israël, réagissant aux déclarations des délégations palestinienne et syrienne, a déclaré qu’elle estimait surréaliste d’aborder la situation à Gaza sans parler du Hamas et de ses atteintes aux droits de l’homme et de la femme.  « Les femmes de Gaza ne peuvent se déplacer sans leurs maris ni faire du vélo.  Alors que 30% des femmes palestiniennes souffrent de violences domestiques, ce chiffre atteint 50% dans la bande de Gaza », a-t-elle expliqué. 

Pour les Palestiniens, il est beaucoup plus facile d’accuser Israël que de traiter les raisons profondes des atteintes aux droits de la femme, a-t-elle dit.  S’adressant à la délégation syrienne, elle a par ailleurs affirmé « qu’au lieu de parler de la situation sur le plateau du Golan, il eût été plus intéressant d’évoquer la situation des femmes à Homs, Hama et Damas ».

La délégation de la Syrie a répondu que les nombreuses accusations contre la « politique raciste israélienne » mettaient ce pays dans une situation peu enviable.  « Israël continue de commettre des actes de violence et ne devrait pas donner des leçons de morale et lancer aveuglément des accusations alors que les femmes et filles palestiniennes souffrent sous le joug de son occupation », a dit le représentant syrien.  

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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