Deuxième Commission: les délégations demandent un meilleur financement des activités opérationnelles de développement de l’ONU qui doivent répondre aux réalités des pays

15 octobre 2012
AG/EF/3339

Deuxième Commission: les délégations demandent un meilleur financement des activités opérationnelles de développement de l’ONU qui doivent répondre aux réalités des pays

15/10/2012
Assemblée générale
AG/EF/3339
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Deuxième Commission                                        

7e & 8e séances – matin & après-midi                        


DEUXIÈME COMMISSION: LES DÉLÉGATIONS DEMANDENT UN MEILLEUR FINANCEMENT DES ACTIVITÉS OPÉRATIONNELLES

DE DÉVELOPPEMENT DE L’ONU QUI DOIVENT RÉPONDRE AUX RÉALITÉS DES PAYS


L’ONU doit repenser la conception et la mise en œuvre de ses activités opérationnelles de développement pour réagir de manière stratégique dans un contexte international de promotion dont les réalités ont dramatiquement évolué et changé, ont estimé de manière unanime les délégations de la Commission économique et financière (Deuxième Commission) qui ont entamé aujourd’hui leur deuxième semaine de travaux.  « Le système de développement des Nations Unies aspire à répondre aux besoins qu’ont en la matière les pays en développement », a assuré le Vice-Secrétaire général de l’ONU, M. Jan Eliasson, en présentant quatre rapports du Secrétaire général sur les activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies.


Ces activités représentent 63% de toutes les activités menées par les organes, fonds et programmes du système de l’ONU.  Il est donc crucial de démontrer que ces activités fonctionnent correctement, efficacement, et avec cohérence, a estimé la délégation de l’Union européenne. 


Si les intervenants ont reconnu, au cours de cette journée de débats, que les activités de développement menées par les différents fonds et programmes des Nations Unies œuvrant en faveur du développement ont un net avantage comparatif par rapport à d’autres initiatives, ils ont néanmoins exhorté le système onusien à en perfectionner la conception et la mise en œuvre, en réformant la gouvernance du système de développement des Nations Unies.  Dans ses rapports sur la question, le Secrétaire général a identifié les principales améliorations qui seraient utiles pour garantir un meilleur impact de ces activités, par exemple donner plus de poids au rôle joué par les entités des Nations Unies dans le renforcement des capacités nationales des pays récipiendaires.


L’examen quadriennal complet des activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies, auquel doit se livrer la Deuxième Commission au cours de cette session, constitue « une opportunité unique pour l’Assemblée générale d’évaluer l’efficacité, la cohérence, et l’impact sur le terrain des activités opérationnelles de développement des Nations Unies », a estimé le représentant du Chili, parlant au nom de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC).  Beaucoup de délégations ont espéré que cet examen donne lieu à un résultat ambitieux pouvant guider la conduite de ces activités au cours des quatre prochaines années. 


En ce qui concerne le financement du développement, l’examen quadriennal complet 2012 devrait trouver en priorité une solution aux questions en suspens depuis trois ans, comme la définition de la « masse critique » de ressources de base, ont espéré plusieurs délégations, comme celle du Bélarus.


La baisse des ressources de base dans le financement de ces activités, par rapport aux financements volontaires, a inquiété les délégations.  Le Secrétaire général indique à ce propos que les ressources budgétaires de base ont diminué de 3% en valeur réelle depuis 2010.  Le représentant d’Antigua-et-Barbuda, parlant au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), a souligné, à l’instar de la plupart des intervenants, le problème que pose ce déséquilibre, au vu du caractère imprévisible des financements volontaires.  Les délégations ont donc appelé les États donateurs et l’Organisation à garantir un financement stable et prévisible des activités de développement de l’ONU, en recherchant notamment d’autres sources de financement afin de diversifier la base de ces ressources.  Seul un budget reposant sur des ressources de base prévisibles peut permettre de respecter le caractère neutre, équitable et dénué d’arrière-pensées politiques, qui doit caractériser les activités opérationnelles de développement du système de l’ONU, ont souligné de nombreuses délégations.


Dans les recommandations qu’il formule en vue de l’examen quadriennal complet, le Secrétaire général propose à l’Assemblée générale d’organiser en 2014 un dialogue de haut niveau sur le financement de ces activités, ceci dans le cadre des débats intergouvernementaux sur le programme de développement des Nations Unies pour l’après-2015.  La coordination des activités de développement est apparue comme un autre élément à renforcer dans le système actuel de l’ONU, les délégations passant en revue les mécanismes existants, dont notamment le réseau des coordonnateurs résidents, l’équipe de pays, et le Plan-cadre des Nations Unies pour l’aide au développement.


En outre, l’initiative « Unis dans l’action », expérience de coordination des efforts de développement de tous les acteurs appliquée dans plusieurs pays pilotes, a été présentée comme ayant un grand potentiel pour appuyer les activités de développement du système des Nations Unies.  Le représentant du Bénin a même proposé que soit lancée une nouvelle initiative de ce type.


La Deuxième Commission a aussi examiné la question de la coopération Sud-Sud, après la présentation des rapports pertinents par M. Yiping Zhou, Directeur du Groupe spécial pour la coopération Sud-Sud au Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).  Moteurs de la croissance économique mondiale après son essor ces 10 dernières années, les pays émergents sont le moteur de cette coopération, tandis que le Sud fait face à de nouveaux impératifs, au premier rang desquels figure le développement durable, note le Secrétaire général dans son rapport sur l´état de la coopération Sud-Sud.  Le Secrétaire général assure que le système des Nations Unies reste résolu à soutenir les efforts de coopération Sud-Sud et triangulaire dont il vante les mérites.


Les orateurs ont été nombreux à saluer la coopération Sud-Sud, précisant qu’elle ne fait que compléter la coopération Nord-Sud, ne devant en aucun cas la remplacer.  À ce propos, beaucoup ont salué les activités menées par le Bureau des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud, dont l’action et le mandat soutiennent à la fois la coopération Sud-Sud et la coopération triangulaire.


La Deuxième Commission poursuivra ses travaux demain, mardi 16 octobre, à partir de 10 heures, en organisant une manifestation spéciale sur les objectifs de développement durable.


ACTIVITÉS OPÉRATIONNELLES DE DÉVELOPPEMENT


Examen quadriennal complet des activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies (A/67/93–E/2012/79, A/67/94–E/2012/80, A/67/320–E/2012/89 et A/67/516)


Présentation des rapports


Présentant quatre rapports du Secrétaire général sur les activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies, M. JAN ELIASSON, Vice-Secrétaire général de l’ONU, a appelé à faire tout ce qui est possible pour parvenir à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) d’ici à 2015.  Le système de développement des Nations Unies aspire à répondre aux besoins qu’ont dans ce domaine les pays en développement, a-t-il rappelé.  Il a lancé un appel aux délégations pour qu’elles adoptent une résolution forte sur cette question.  Il a par ailleurs souligné le rôle croissant des nouveaux partenaires du développement que sont le monde des affaires et la société civile.


Le Secrétaire général a identifié six principaux secteurs où des améliorations seraient utiles pour un meilleur impact des activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies, a expliqué M. Eliasson, citant notamment les efforts menés pour repositionner le système de développement de l’ONU dans une optique à long terme.  Il a aussi souligné l’importance de donner plus de poids au rôle joué par les entités des Nations Unies dans le renforcement des capacités nationales.  Il est également important de revitaliser le rôle normatif des entités des Nations Unies, a-t-il proposé.  La réforme du cadre de financement du développement est un autre élément crucial alors que la tendance à l’aide au développement est à la baisse, a ajouté le Vice-Secrétaire général.  Enfin, il faut arriver à plus de cohérence en ce qui concerne la conception et la conduite des activités de développement à l’échelle du système des Nations Unies et en mener une meilleure évaluation.


M. YIPING ZHOU, Directeur du Groupe spécial pour la coopération Sud-Sud au Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), a présenté le rapport du Secrétaire général sur la coopération Sud-Sud.  Outre une analyse des tendances de cette forme de coopération, comme l’importance des investissements de la Chine et de l’Inde en Afrique, le rapport explique que le système des Nations Unies, opérant dans le domaine du développement, a mieux intégré cette coopération dans les efforts mondiaux en faveur du développement.  Le rapport souligne aussi la nécessité de soutenir davantage les initiatives de coopération Sud-Sud et triangulaire par une coopération Sud-Sud multilatérale visant les problèmes communs qui se posent en matière de développement.


Rapport du Comité de haut niveau pour la coopération Sud-Sud sur les travaux de sa dix-septième session ( A/67/39


Ce rapport contient les deux décisions adoptées par le Comité de haut niveau pour la coopération Sud-Sud à sa dernière session de 2012.  La première réaffirme l’importance de resserrer la coopération Sud-Sud, en tant que moyen de soutenir les efforts de développement des pays en développement.  Le Comité invite aussi les fonds, programmes et organismes spécialisés du système des Nations Unies à systématiser l’appui à la coopération Sud-Sud, y compris la coopération triangulaire.  La deuxième décision prise par le Comité contient l’ordre du jour provisoire de la dix-huitième session du Comité de haut niveau pour la coopération Sud-Sud.


Le rapport présente ensuite un résumé de la réunion plénière de haut niveau du Comité, ainsi que de son débat thématique sur la promotion des transformations socioéconomiques par le développement des infrastructures, la création d’emplois, la cohésion sociale et le transfert des technologies utiles au moyen de la coopération Sud-Sud.


Rapport du Secrétaire général sur l´état de la coopération Sud-Sud ( A/67/208 )


Le Secrétaire général observe dans ce rapport que le dynamisme des échanges intra-sud a modifié la géographie des relations économiques internationales et fait des pays en développement les moteurs de la croissance mondiale.  Après l’Asie du Sud, une décennie de forte croissance en Afrique subsaharienne a créé une classe moyenne de plus de 300 millions d’individus, dont la consommation est un facteur de croissance.  De plus, le Sud a montré sa capacité d’adaptation à la crise financière et à celle de la dette qui ont secoué les principaux pays développés.  L’essor des nouvelles technologies a induit une meilleure communication, mais aussi une meilleure transmission des connaissances, des bases de données économiques, sociales et environnementales, facilitant ainsi la coopération Sud-Sud à des échelles qui auraient été impossibles ou extrêmement coûteuses auparavant.


Moteur de la croissance économique mondiale, le Sud fait face à de nouveaux impératifs, au premier rang desquels figure le développement durable.  Le modèle de croissance actuel, promu au détriment du souci immédiat de l’environnement, n’est plus une option viable compte tenu du réchauffement de la planète et des changements climatiques.  Les mouvements terroristes, le trafic de drogues, le blanchiment d’argent et d’autres formes de criminalité transnationale organisée doivent également relever de la politique des pays du Sud, en raison des tensions régionales auxquelles ils contribuent, de la bonne gouvernance qu’ils entravent et de la coopération qu’ils rendent difficile, voire impossible.


En outre, l’essor du Sud depuis 10 ans n’a eu aucun effet sur le phénomène des « économies enclavées » dans les pays dont les revenus dépendent beaucoup de l’exportation de quelques produits de base et où, malgré la croissance rapide et soutenue du PIB, peu d’emplois ont été créés.  Le chômage et le sous-emploi sont mêmes au paroxysme dans les régions du Sud touchées par des troubles et les conflits politiques.  L’augmentation de l’inégalité des revenus dans tous les pays en développement à croissance rapide est également une cause d’instabilité.  On s’efforce donc d’imaginer des modèles de développement conciliant croissance et préoccupations d’équité et de protection de l’environnement.


Durant les préparatifs de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable (Rio de Janeiro, 20-22 juin 2012), les responsables politiques, les chefs d’entreprise et les organisations de la société civile ont réfléchi à de nouveaux modèles.  Les préparatifs régionaux de la Conférence ont été essentiellement des efforts Sud-Sud visant à établir des positions et stratégies communes pour l’Afrique, l’Asie et l’Amérique latine à réaliser dans le délai de 10 ans préconisé au Sommet mondial pour le développement durable tenu en 2002 à Johannesburg.


Le système des Nations Unies reste résolu à soutenir les efforts de coopération Sud-Sud et triangulaire, et il offre notamment des services consultatifs.  Il faut soutenir davantage ces initiatives par une coopération Sud-Sud multilatérale visant les problèmes communs de développement, tels que la sécurité alimentaire et énergétique, l’instabilité financière, et les changements climatiques, conclut le Secrétaire général.


Débat général


M. Larbi Djacta (Algérie) s’est exprimé au nom du Groupe des 77 et de la Chine et a rappelé la grande importance attachée par les États de ce Groupe à l’examen quadriennal complet des activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies, qui devrait donner lieu à un résultat ambitieux pour les quatre prochaines années.  Il nous faut forger une vision pour le développement de l’après-2015 et, pour ce faire, il est important d’augmenter l’efficacité des activités opérationnelles de développement de l’ONU et d’envisager une augmentation des ressources qui leur sont allouées, a souligné le représentant.


M. Djacta a décliné les points importants de cet examen quadriennal complet des activités opérationnelles, notamment la complémentarité et l’accord des pays qui sont les bénéficiaires de la mise en œuvre des activités opérationnelles du système de l’ONU; la dimension régionale du développement; le renforcement des capacités nationales des pays en développement auxquelles le système des Nations Unies peut contribuer; la nécessité de faire preuve de flexibilité pour une approche au cas par cas sur le terrain; une coordination accrue entre le Siège et le terrain; et une rationalisation des pratiques des entités des Nations Unies pour réduire le coût des transactions.  L’initiative « Unis dans l’action » devrait être marquée par le principe de l’adhésion volontaire, de façon à répondre aux besoins réels des pays, a conclu le représentant.


M. JOHN W. ASHE (Antigua et Barbuda), parlant au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), a insisté sur la nécessité d’arriver à un financement prévisible des activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies.  Malgré des appels répétés lancés en ce sens, il n’y a eu que des améliorations mineures, a-t-il regretté.  Il n’en est pas moins resté optimiste, estimant que les défis peuvent être relevés par l’examen quadriennal complet de ces activités opérationnelles.  Il n’y a pas d’approche unique pour l’aide au développement, a-t-il noté, demandant que la réduction de la pauvreté, la croissance économique, et le développement durable constituent les principes de base de ces activités.  Celles-ci doivent être souples et dynamiques, et doivent être menées sur la demande des pays en développement, tout en respectant leurs priorités nationales.


Le représentant d’Antigua-et-Barbuda a aussi mis l’accent sur le renforcement du cadre multilatéral pour le développement, expliquant les problèmes qu’entraînent les déséquilibres qui existent dans ce domaine.  La part des ressources de base dans le financement des activités de développement des Nations Unies continue à diminuer, a-t-il noté avec inquiétude, soulignant le caractère imprévisible des financements volontaires.  M. Ashe a aussi plaidé en faveur du transfert de nouvelles technologies vers les pays en développement.  Il a par ailleurs regretté la baisse de l’aide publique au développement (APD).  Enfin, M. Ashe a soutenu les efforts menés dans le cadre de la coopération Sud-Sud, demandant à l’ONU de les soutenir, tout en précisant que cette coopération ne représente qu’un complément de la coopération Nord-Sud et doit être perçue comme remplaçant celle-ci.


M. OCTAVIO ERRÁZURIZ (Chili) a pris la parole au nom de la Communauté des États de l’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC).  Il a rappelé que les Nations Unies promeuvent le développement principalement par le biais de leurs activités opérationnelles de développement et que l’examen quadriennal complet constitue une opportunité unique pour l’Assemblée générale d’en évaluer l’efficacité, la cohérence, et l’impact sur le terrain.  Cet examen offre aussi l’occasion à l’Assemblée d’établir des directives pour les agences spécialisées et, les fonds et programmes de l’ONU.


Le représentant a souligné que le défi principal à relever est celui posé par le profond déséquilibre entre les ressources budgétaires régulières et celles non régulières.  Ce problème affecte l’Agenda pour le développement, et touche en particulier le respect du principe d’universalité des activités opérationnelles de l’ONU et la gouvernance interinstitutionnelle de l’Organisation.  La CELAC estime que l’examen quadriennal complet 2012 doit être un processus orienté vers l’obtention de résultats et soutenu politiquement par tous les États Membres, et qu’il devrait trouver en priorité une solution aux questions en suspens depuis trois ans, comme la définition de la masse critique de ressources de base et l’harmonisation des taux de récupération des coûts applicables aux autres ressources.


M. LE HOAI TRUNG (Viet Nam), s’exprimant au nom de l’Association des Nations d’Asie du Sud Est (ANASE), a remercié la Commission économique et sociale pour l’Asie et le Pacifique (CESAP) pour le rôle constructif qu’elle joue dans la région, notamment pour combler les écarts de développement entre les pays.  Il a rappelé que lors, de la Réunion ministérielle qui a eu lieu en septembre dernier entre l’ONU et l’ANASE, cette dernière a invité le système de développement des Nations Unies à s’engager dans des activités communes avec elle.  Il a rappelé que les activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies découlent des principes de la Charte.  Ces activités sont essentielles pour réaliser les efforts de la communauté internationale visant à promouvoir la paix, la sécurité et le développement.


Le représentant a reconnu les avantages comparatifs que présentent les différents fonds et programme des Nations Unies œuvrant dans ce sens.  Le contexte mondial difficile doit cependant conduire les Nations Unies à mieux refléter les changements actuels dans leurs activités, a-t-il préconisé.  Il a aussi jugé utile de réformer la gouvernance du système de développement des Nations Unies.  Il a rappelé l’obligation, dans l’aide au développement, de répondre aux demandes des pays en développement et de suivre strictement leurs priorités nationales.  Le représentant a ensuite plaidé en faveur d’un financement stable et prévisible des activités de développement de l’ONU.  Il a par ailleurs jugé utile l’approche pays par pays, qui doit permettre de prendre en compte les caractéristiques de chaque nation.  Enfin, il a engagé l’ONU à promouvoir la coopération Sud-Sud.


M. AMERICO BEVIGLIA ZAMPETTI de l’Union européenne a estimé qu’il était crucial de démontrer que les activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies fonctionnent correctement, efficacement, et avec cohérence.  En 2010, l’Union européenne a contribué pour plus de 40% aux ressources de base des activités de développement des Nations Unies et attend des discussions plus approfondies sur les moyens d’améliorer la qualité du financement du système des Nations Unies, a souligné le représentant.  L’examen quadriennal complet devrait encourager les agences des Nations Unies à accroître la transparence sur les coûts des opérations qu’elles mènent.  De même, le système des Nations Unies a besoin de renforcer ou mettre en place des cadres de travail solides et des systèmes de gestion basés sur l’obtention de résultats.  Il est temps pour les Nations Unies d’adopter un nouveau modèle de fonctionnement avec des procédures opérationnelles standard qui permettraient un fonctionnement efficace de leurs opérations sur le terrain, a dit le représentant.  L’examen quadriennal complet offre une opportunité de renforcer encore plus les capacités des coordonnateurs résidents du système de l’ONU, en particulier dans les situations humanitaires, dans les pays en conflit et dans ceux sortant de conflit, ceci pour résoudre notamment les problèmes qui se posent en matière de coopération, de flexibilité, ou de gestion des risques, a conclu le représentant.


M. PETER LLOYD VERSEGI (Australie), parlant également au nom du Canada et de la Nouvelle-Zélande (Groupe CANZ), a souligné le rôle unique des Nations Unies dans l’aide aux pays en développement, notamment en ce qui concerne le développement et le renforcement de leurs capacités.  Si le système des Nations Unies présente des avantages, il faut cependant le perfectionner en améliorant les performances de ses entités œuvrant sur le terrain, a-t-il dit.  Il a remercié le Secrétaire général pour ses recommandations allant en ce sens. 


Nous devons intégrer l’approche basée sur les résultats et développer davantage le principe « Unis dans l’action », a poursuivi M. Versegi, avant d’appeler à développer les procédures opérationnelles et à garantir une plus grande flexibilité des fonds et programmes des Nations Unies pour améliorer leur efficacité.  Il faut aussi renforcer le système de coordonnateur résident et garantir l’intégration du genre et du handicap dans les activités opérationnelles de développement des Nations Unies, a-t-il préconisé.  Nous souhaitons contribuer à un débat constructif dans le cadre de l’examen politique quadriennal complet, a-t-il ajouté, espérant qu’il permettra de renforcer les activités de développement des Nations Unies.


M. JEAN-FRANCIS ZINSOU (Bénin) a parlé au nom des pays les moins avancés (PMA), et a estimé que le système de développement de l’ONU doit faire des progrès pour mieux répondre aux besoins des pays en développement.  Il a notamment demandé à ce système d’aider les gouvernements des pays en développement à créer un climat favorable à l’accueil d’initiatives venant de tous les acteurs du développement.  Il s’est inquiété du fait que les contributions de base du financement des activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies se réduisent.  Il a lancé un appel aux donateurs afin qu’ils s’engagent à assurer un financement durable et prévisible, soulignant que le multilatéralisme est la voie à suivre pour atteindre des résultats en matière de développement.  Il a aussi souhaité que d’autres sources de financement soient recherchées, afin de diversifier la base de ces ressources.  Outre les donateurs traditionnels, nous remercions les pays en développement qui peuvent contribuer à l’aide au développement, a déclaré par ailleurs le représentant.


M. Zinsou a souligné l’importance du renforcement du Bureau des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud.  L’Administrateur du PNUD devrait en outre prendre des mesures pour maintenir le niveau de fonds alloués à cette forme de coopération, a-t-il demandé.  La coopération Sud-Sud devrait aussi être intégrée dans les programmes menés au niveau des pays par les fonds, programmes et agences spécialisées des Nations Unies, a préconisé M. Zinsou.  Il a ensuite appuyé l’idée de lancer une deuxième génération de l’initiative « Unis dans l’action ».  Il a également plaidé en faveur du transfert de technologies vers les pays en développement.


M. DMITRY Maksimychev (Fédération de Russie) a espéré qu’il y aurait une interaction entre tous les partenaires dans le cadre de l’examen quadriennal complet, en vue d’adopter une résolution sur ce sujet.  De nouveaux centres de développement économiques sont apparus, a souligné le représentant, pour illustrer les changements apportés au paysage de développement actuel.  Les pays sont en outre confrontés à de nouveaux défis, comme l’instabilité des marchés financiers et la crise alimentaire.  Il est donc nécessaire d’assouplir la coopération multilatérale, a-t-il dit.  Il a aussi soutenu le principe qui sous-tend l’initiative « Unis dans l’action ».  Par ailleurs, le représentant a jugé nécessaire de préserver l’autonomie des programmes et fonds du système de développement des Nations Unies au niveau de leurs mandats.  Il a plaidé en faveur d’une approche pragmatique en ce qui concerne les ressources de base et les autres formes de ressources.  En ce qui concerne la coopération Sud-Sud, les pays en développement deviennent des partenaires à part entière, a-t-il constaté, avant de demander aux Nations Unies de les encourager en ce sens.


M. GEIR O. PEDERSEN (Norvège) a estimé que l’examen quadriennal complet devrait tenir compte des changements survenus dans la coopération pour le développement et trouver des résultats inspirés de l’initiative « Unis dans l’action » pour parvenir à un système des Nations Unies plus efficace et mieux coordonné dans la conduite de ses activités de développement.  Les budgets devraient être établis en fonction des résultats attendus, et chaque agence, fonds et programmes devraient rendre des comptes, a jugé M. Pedersen.  Pour ce faire, l’harmonisation et la simplification des modèles de fonctionnement seraient les bienvenues, a-t-il préconisé.


La Norvège considère que les pays émergents devraient contribuer de façon juste au financement des activités opérationnelles, et que si les ressources de base sont essentielles, il serait bon d’améliorer la qualité des fonds dont les budgets sont irréguliers: le principe de récupération totale des coûts devrait s’appliquer à tous les programmes.  En conclusion, M. Pedersen a salué la création d’ONU-Femmes et précisé que l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes sont des conditions fondamentales au développement durable.


M. PIUS Wennubst (Suisse) a noté que la négociation d’un nouvel examen quadriennal complet est l’occasion pour les États Membres de convenir d’un document fort et pertinent définissant des lignes directrices pour l’ensemble des activités opérationnelles des Nations Unies en matière de développement.  À cette occasion, la Suisse a encouragé les efforts du Département des affaires économiques et sociales (DAES) au cours de cette année, qui marquent une phase préparatoire.  Elle estime aujourd’hui que la résolution à adopter sur cette question doit fournir un cadre légal permettant au système des Nations Unies de réagir correctement et de s’adapter aux besoins et aux réalités des pays.  Les termes de ce texte doivent être par ailleurs suffisamment précis pour supprimer les obstacles et les lourdeurs de la bureaucratie et de l’administration.


Mme Arias Orozco (El Salvador) s’est montrée convaincue que l’examen quadriennal complet des activités opérationnelles de développement des Nations Unies offrira une orientation importante à l’ONU pour travailler avec plus d’efficacité dans ce domaine.  Pour faire face à l’évolution rapide des besoins de développement, il est nécessaire de faire face au déséquilibre existant entre les ressources budgétaires de base et les contributions volontaires, car la situation actuelle limite le potentiel opérationnel de l’Organisation, a souligné la représentante.  La délégation d’El Salvador considère que les pays à revenu intermédiaire doivent continuer à bénéficier de l’action des fonds et programmes des Nations Unies pour atteindre les objectifs de développement internationalement agréés. 


M. MUSTAFIZUR RAHMAN (Bangladesh) a rappelé que les États Membres vont devoir décider des activités de développement futures du système des Nations Unies, ceci pour les quatre années à venir, au cours de l’examen quadriennal complet.  Il a relevé que deux tiers de ces activités sont menées par des fonds et programmes de l’ONU.  Le Bangladesh estime que la capacité des Nations Unies de mener à bien ces projets n’a pas toujours été démontrée, a indiqué le représentant.  L’examen politique quadriennal complet doit permettre de renforcer les activités opérationnelles de développement des Nations Unies notamment en améliorant leur efficacité, leur cohérence et leurs ressources.  Il faut pouvoir répondre aux besoins individuels des États Membres en se basant sur les priorités qu’ils se sont fixées et sur le principe de l’appropriation nationale, a-t-il préconisé.  En dépit des appels de l’Assemblée générale, les déséquilibres entre les ressources de financement de base et les autres ressources perdurent, a regretté le représentant, soulignant l’imprévisibilité qui en découle.  Nous souhaitons que la base des donateurs soit élargie, a-t-il dit.  Il a, par ailleurs, demandé pourquoi aucun des organes des Nations Unies consacrés au développement n’est dirigé par une personnalité issue d’un pays en développement.  Enfin, il a signalé que le Bangladesh a noué des partenariats public-privé en faveur du développement, tout en expliquant qu’ils ne mettent pas assez l’accent sur l’appropriation des programmes.


M. FÁbio Farias (Brésil) a noté que les activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies représentent 63% de toutes les activités menées par les organismes du système de l’ONU.  Les fonds, programmes et entités engagées dans ce domaine doivent se montrer prêts à offrir leur aide lorsqu’elle leur est demandée, à faire preuve de souplesse et à rendre des comptes afin de prouver que leurs activités sont conformes à leurs mandats, a indiqué le représentant.  Il a aussi demandé que le financement de ces fonds et programmes soit prévisible et mieux équilibré entre ressources de base et financements volontaires.  Il faut adapter le système de développement des Nations Unies au nouveau paysage mondial de développement, a-t-il recommandé.  Il a demandé à cet égard de réformer la gouvernance du système de l’ONU dans ce domaine.  Saluant les chefs de Secrétariats qui sont « dévoués », il a toutefois demandé que soit amélioré leur processus de sélection.  Le représentant a aussi demandé de renforcer l’application du principe d’appropriation nationale dans les activités de développement du système des Nations Unies.  Enfin, il a exprimé sa préoccupation à la lecture des conclusions du rapport du Corps commun d’inspection, qui indique que la majorité des Coordonnateurs résidents viennent directement de pays développés, tandis que seulement 33% d’entre eux proviennent du PNUD.


M. YURI Yaroshevich (Bélarus) a demandé à la communauté internationale de réagir de manière stratégique face à un paysage changeant en matière de développement.  Les activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies doivent correspondre aux nouvelles réalités du monde, a-t-il expliqué.  Il a espéré que l’examen quadriennal complet permettrait de donner une idée claire de la manière dont ces activités contribuent au développement des pays.  L’examen doit aussi servir de guide pour ces activités pour les années à venir.  Nous devons notamment réfléchir au développement de la « masse critique » des ressources de base, pour résoudre le problème du déséquilibre existant en matière de financement, a ajouté le représentant. 


M. HUSSEIN HANIFF (Malaisie) a remercié le Secrétaire général pour son rapport complet sur la coopération Sud-Sud et insisté sur les progrès accomplis par cette coopération et les avantages qu’elle présente, notamment la solidarité entre pays du Sud.  La Malaisie met l’accent sur le développement de la coopération Sud-Sud et de la coopération triangulaire et accueille les opportunités de travail avec les pays développés et les agences de développement, a dit M. Haniff.  La coopération Sud-Sud n’est cependant pas un substitut à la coopération Nord-Sud, a-t-il conclu.


M. JORGE Laguna (Mexique) a tout d’abord exprimé le souhait de la délégation du Mexique de voir l’examen quadriennal complet offrir plus de cohérence et d’efficacité aux activités opérationnelles afin d’augmenter l’impact des ressources que la communauté internationale consacre au développement.  Cet examen quadriennal complet devrait également contribuer à la convergence des agendas parallèles de développement et utiliser les décisions prises à l’issue des travaux de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable.  Le représentant a indiqué que le Mexique est préoccupé par l’absence de références à l’intégration de la durabilité et des dimensions économique, sociale et environnementale dans les activités de développement, ainsi que par l’absence de référence à l’amélioration de la cohérence du système de l’ONU et au renforcement du Conseil économique et social comme entité coordinatrice de l’Agenda de développement.


Dans le contexte actuel, marqué par la crise économique mondiale et la baisse de l’aide publique au développement (APD), Mme ASTRIDE NAZAIRE (Haïti) a salué les effets de la coopération Sud-Sud.  Les échanges ont augmenté entre pays du Sud, et les pays émergents se sont substitués à ceux du Nord pour les investissements directs étrangers en Haïti, a-t-elle noté. Cette coopération ne peut que s’étendre avec le renforcement de la mondialisation et l’intégration à divers blocs économiques régionaux, a précisé la représentante, qui a rappelé la demande d’adhésion d’Haïti à l’Union africaine à titre de membre associé à part entière, compte tenu des liens historiques entre la nation haïtienne et le continent africain.


Pour renforcer la coopération Sud-Sud, les spécialistes recommandent plus de transparence, de systématisation, une vision claire du cadre global d’orientation des actions qui évite les écueils de la bureaucratie, a dit Mme Nazaire.  En ce sens, la délégation d’Haïti est convaincue que les agences et programmes des Nations Unies sont les mieux placés pour continuer à promouvoir la coopération Sud-Sud et triangulaire, a-t-elle indiqué.


M. YAROSLAV Golitsyn (Ukraine) a noté une amélioration de la cohérence des activités de développement du système des Nations Unies depuis le dernier examen triennal de 2007.  Il a indiqué qu’il partageait l’avis selon lequel l’ONU doit s’adapter aux changements du paysage de développement en repositionnant ses activités opérationnelles dans ce domaine, notamment en faisant preuve de plus de souplesse dans la poursuite des objectifs de développement.  Il a souligné à cet égard l’importance de la coopération des Nations Unies avec les institutions de Bretton Woods.  Le représentant a estimé que l’initiative « Unis dans l’action » présente un grand potentiel pour les activités de développement du système des Nations Unies, tout en suggérant de discuter plus avant l’idée de créer un fonds (« The One Fund ») afin de s’assurer que cette initiative serait durable.  Pour l’Ukraine, il est aussi important de bien aligner l’aide au développement fournie par l’ONU aux priorités nationales, a dit le représentant.  Il a ensuite soutenu les objectifs visés par le Secrétaire général en vue de l’amélioration de cette aide dans les cinq domaines suivants: l’environnement, le développement durable, la santé, la réduction de la pauvreté et l’éducation.  Enfin, il a salué la contribution inestimable des coordonnateurs résidents des Nations Unies et de l’équipe de pays aux efforts de développement de l’Ukraine.


Mme Terri Robl(États-Unis) s’est félicitée de l’appel lancé par le Secrétaire général pour que les États Membres mènent une « réflexion stratégique » sur la position des activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies dans un paysage mondial changeant dans le domaine du développement.  Elle a souhaité que l’ONU donne la priorité à la lutte contre la pauvreté persistante et à la résolution des problèmes chroniques qui se posent en obstacle sur la voie du développement.  L’ONU doit faire des « choix stratégiques », comme le demande le Secrétaire général, ce qui incombe de renforcer le système de coordonnateur résident, de simplifier le cadre d’aide au développement des Nations Unies, et de rechercher des mécanismes opérationnels novateurs.  Si l’initiative « Unis dans l’action » a permis d’accomplir des progrès dans la cohérence des activités de développement de l’ONU, il reste encore beaucoup à faire dans ce sens, a estimé la représentante.


Mme Robl a ensuite souligné l’importance des partenariats, y compris dans le cadre de la coopération Sud-Sud et triangulaire.  Elle a également noté l’absence de progrès dans la promotion de la parité entre les sexes au sein des équipes de pays.  La représentante a par ailleurs salué les récentes décisions prises par les agences, fonds et programmes des Nations Unies, qui ont adopté des pratiques transparentes, appelant à renforcer les efforts menés dans ce sens.  Enfin, elle a encouragé les agences de développement des Nations Unies à mieux utiliser leurs ressources, notamment en améliorant l’efficacité de leurs opérations.  Concernant l’examen quadriennal complet, elle a espéré qu’il serait suffisamment souple pour s’adapter à des objectifs de développement post-2015 non encore élaborés. 


M. DEREK O’BRIEN membre du Parlement de l’Inde, a estimé que le système de développement des Nations Unies doit être concentré sur l’éradication de la pauvreté, qui est le défi primordial qui se pose au monde actuel.  Il a invité les Nations Unies à répondre aux besoins propres et aux circonstances particulières des pays en développement.  Notant que le financement du développement subit beaucoup de pressions, il a observé que cela se répercute sur les capacités des pays en développement.  Il a donc appelé à  augmenter l’aide publique au développement (APD), à faciliter le transfert des technologies de pointe aux pays en développement et à promouvoir les investissements et le commerce dans ces pays.  Pour la délégation indienne, les activités de développement menées par les Nations Unies doivent respecter les priorités de développement nationales, a dit M. O’Brien.


En matière de coopération Sud-Sud, le parlementaire indien a expliqué qu’elle nécessite une certaine marge de manœuvre du côté des pays en développement.  Cette forme de coopération ne peut que compléter la coopération Nord-Sud et non pas la remplacer, a-t-il affirmé, souhaitant aussi qu’elle bénéficie d’une certaine souplesse.  Il a mentionné à cet égard le Dispositif IBSA lancé par son pays, le Brésil et l’Afrique du Sud.  Il a aussi appelé à renforcer le Bureau des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud.  Enfin, le représentant a plaidé en faveur du renforcement des capacités institutionnelles des pays en développement, regrettant que les pays industrialisés n’apportent pas beaucoup d’aide dans ce domaine.  En vue de la période post-2015, il a invité les délégations à rechercher une synergie dans les discussions qui auront lieu à l’occasion de l’examen quadriennal complet mené par la Deuxième Commission.


M. JUN YAMAZAKI (Japon) a souligné l’importance que le Japon accorde à l’examen quadriennal complet, qu’il considère comme le meilleur moyen d’évaluer l’efficacité des activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies dans sa globalité.  Le Japon accueille avec satisfaction les progrès tangibles réalisés dans les pays pilotes de l’initiative « Unis dans l’action », a dit M. Yamazaki.  Concernant le financement des activités opérationnelles de développement du système de l’ONU, le représentant du Japon a estimé que les avantages des différents fonds affectés ne devraient pas être sous-estimés et qu’il est important d’examiner à quelles fins sont affectées les ressources volontaires plutôt que de se focaliser uniquement sur des chiffres.  En conclusion, le Japon espère que le Bureau des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud favorisera à la fois la coopération Sud-Sud et la coopération triangulaire, a dit le représentant.


Mme MILAGROS MIRANDA (Pérou) a estimé que l’examen quadriennal complet donne l’occasion de redresser le cap afin d’obtenir des résultats plus efficaces dans les activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies, ceci en tenant compte des engagements pris à la Conférence Rio+20.  Nous lançons un appel pour que tous les efforts de l’Organisation intègrent les trois piliers du développement dans un seul agenda pour le développement, afin d’atteindre à la fois les Objectifs du Millénaire pour le développement et les objectifs de développement durable, a indiqué la représentante.  Elle a aussi invité les États Membres à pallier le déséquilibre actuel entre les ressources de base et les ressources versées de manière volontaire.  Elle a ensuite relevé le potentiel significatif de la coopération Sud-Sud.  Cette forme de coopération se fonde sur le respect des principes de solidarité, le respect de la souveraineté nationale de chaque pays et sur les priorités nationales des États, a-t-elle relevé.  Elle est donc très différente de l’aide publique au développement (APD) et de la coopération Nord-Sud, a-t-elle observé, soulignant ainsi son caractère complémentaire.  Une des entraves principales à la coopération Sud-Sud reste encore le manque de développement des infrastructures, a aussi estimé lareprésentante.


M. VINCENT Herlihy (Irlande) a relevé que l’élimination de la pauvreté ne sera pas réalisée par un seul pays ou une seule agence, et a souligné la nécessité d’une bonne cohérence dans les activités menées par le système des Nations Unies en matière de développement.  Il a invité tous les acteurs du développement à partager leurs connaissances et leurs expériences dans ce domaine, notamment en ce qui concerne la sécurité alimentaire.  Les activités opérationnelles de développement des Nations Unies doivent tenir compte des différences existant entre les pays, a-t-il aussi demandé.  Il a également jugé bon d’adopter des méthodes basées sur l’obtention des résultats escomptés.  La responsabilité des différentes agences, fonds et programmes de l’ONU sera améliorée si l’on met pleinement en œuvre le cadre existant, a-t-il ajouté.  M. Herlihy a mis l’accent sur l’importance de la reddition des comptes dans le système de développement des Nations Unies.  Enfin, il a apprécié que ce système utilise beaucoup de ressources pour aider des pays en transition qui sortent de conflit.


M. SUL KYUNG-HOON (République de Corée) a invité les États Membres et l’ONU à renforcer les efforts entrepris en vue de la concrétisation des Objectifs du Millénaire pour le développement d’ici à 2015.  Il a souhaité que le système de développement des Nations Unies mobilise l’ensemble des outils opérationnels à sa disposition.  Il a indiqué que la République de Corée soutenait les efforts menés pour accroitre l’efficacité des activités opérationnelles du système des Nations Unies.  Ce système ne doit pas avoir peur d’interagir avec d’autres entités, a-t-il ajouté, en soulignant le rôle de chef de file de l’Organisation dans le domaine du développement.  Il a souligné l’importance des ressources de base en matière de financement des activités de développement, demandant à ce que soit bien examiné le déséquilibre croissant constaté entre ces ressources et les autres ressources.


Le représentant a également souhaité que la cohérence des activités des Nations Unies soit renforcée.  À cet égard, il a prôné le renforcement du rôle des coordonnateurs résidents.  L’examen quadriennal complet doit se concentrer sur l’amélioration des programmes de pays, a-t-il aussi proposé.  M. Sul a soutenu le nouvel engagement en faveur des États fragiles adopté l’an dernier, lors du Forum de haut niveau sur l’efficacité de l’aide qui a eu lieu dans son pays, dans la ville de Busan.  Enfin, il a dit que sa délégation appuyait la recommandation du Secrétaire général d’intégrer la coopération Sud-Sud et la coopération triangulaire dans le programme des activités opérationnelles.


M. Oscar LeÓn GonzÁlez (Cuba) a souligné que l’examen quadriennal complet des activités opérationnelles de développement constitue un élément essentiel du travail de la Deuxième Commission puisqu’il s’agit de définir quelles seront les lignes directrices des programmes, fonds et agences des Nations Unies durant les quatre prochaines années.  Paradoxalement, les pays développés, principaux responsables de la crise économique, financière et environnementale mondiale, l’utilisent comme prétexte pour ne pas respecter leurs engagements en matière de financement du développement, a relevé le représentant.  Le déséquilibre entre les ressources de base et les autres ressources est l’une des principales causes de l’incohérence des activités opérationnelles, dont la logique actuelle de financement vise à satisfaire d’abord les intérêts des pays donateurs plutôt que ceux des pays récepteurs, a estimé le représentant de Cuba, précisant que cette logique ne correspond en rien aux principes qui doivent présider à ces activités opérationnelles, dont le principal objectif est d’aider les pays en développement.  Cuba défendra en conséquence la position selon laquelle les ressources de base sont la seule garantie permettant de satisfaire les besoins et priorités des pays récepteurs des activités opérationnelles de développement de l’ONU, a-t-il souligné.  Quant à la coopération Sud-Sud, les principaux efforts doivent être destinés à soutenir les priorités de développement des pays participant à ces initiatives de coopération, et la délégation cubaine souhaite que cette coopération reçoive plus de soutien de la part des Nations Unies et des pays donateurs, a préconisé le représentant.


M. RAYMOND WOLFE (Jamaïque) a déclaré qu’il est important que la communauté internationale fasse le nécessaire pour renforcer l’efficacité des activités opérationnelles de développement des Nations Unies, y compris en versant de manière adéquate des ressources financières qui seront consacrées à la mise en place de programmes de développement pour les pays les plus pauvres et les plus vulnérables.


L’examen quadriennal complet est une occasion unique pour les États Membres d’examiner l’efficacité, la cohérence et l’impact des activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies, et la délégation de la Jamaïque souhaite que leur financement soit prévisible, stable et à long terme.  Il est indispensable que ce financement soit assuré sur le budget des ressources de base, qui doit être augmenté.  Le déséquilibre croissant entre les ressources de base et les financements volontaires, au détriment des premières, limite la capacité du système des Nations Unies à répondre aux priorités des pays en développement, a expliqué M. Wolfe.  La Jamaïque accueille favorablement l’augmentation du nombre et de l’importance des activités de coopération pour le développement et est elle-même engagée dans la coopération Sud-Sud et triangulaire.


M. WANG MING (Chine) a appelé toutes les parties à collaborer de manière constructive à l’examen quadriennal complet des activités de développement des Nations Unies, et à prendre en compte l’analyse objective des réalités et des besoins en ce qui concerne le développement et la coopération.  « Aujourd’hui, 1,4 milliard de personnes vivent en-dessous du seuil de pauvreté et de famine à travers le monde, et la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement est toujours confrontée à de nombreux défis », a relevé M. Wang.  Il a donc demandé que l’examen quadriennal complet accorde la priorité au développement et à la réduction de la pauvreté, renforce la gestion, améliore l’efficacité et permette de faire de réels efforts pour aider les pays en développement, en particulier les pays les moins avancés (PMA), à parvenir au développement durable.


M. BEN MELLOUK (Maroc) a qualifié l’examen quadriennal complet d’opportunité pour discuter des voies et moyens d’améliorer la cohérence et l’efficacité des activités opérationnelles du système de développement des Nations Unies.  La difficile conjoncture économique internationale et l’instabilité des marchés financiers se font encore sentir dans les pays en développement qui font face, de plus, à la flambée des prix des produits alimentaires, notamment en Afrique.  Ces défis appellent le système de l’ONU à s’adapter de manière à répondre aux besoins spécifiques des pays bénéficiaires en matière de promotion du développement et à repositionner ses activités opérationnelles, a souligné le représentant.  La délégation du Maroc suggère plusieurs axes d’action: fournir davantage d’efforts, notamment en ce qui concerne les agences des Nations Unies, afin d’aider les pays en développement à atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement; avancer l’Agenda pour le développement durable afin d’aider davantage les pays à réaliser une intégration équilibrée de ses dimensions économiques; accorder la priorité aux régions les plus pauvres; offrir une attention particulière aux pays en transition démocratique, qui ont besoin d’un soutien adéquat pour répondre aux revendications de leur population, et mettre en œuvre les programmes de réforme; répondre à la demande croissante des pays à revenu intermédiaire, en fonction de leur niveau de développement et de leur situation économique et sociale.  Ceci étant dit, l’ONU ne peut atteindre ses objectifs tant que la diminution des ressources de base et l’écart important entre celles-ci et les autres ressources persistent, a regretté le représentant du Maroc.


M. FERIT Hoxha (Albanie) a invité les États Membres à formuler des lignes directrices pour l’avenir des activités du système de développement des Nations Unies, l’Organisation étant l’organe qui a le plus de légitimité dans ce domaine.  Face à la multiplication du nombre d’acteurs internationaux, il a lancé un avertissement contre les risques que présente un système trop fragmenté.  Les États Membres doivent donc aider le système à mieux coordonner ses activités en matière de développement.  En Albanie, un programme a été mis en œuvre il y a cinq ans afin de réformer le pays, a-t-il indiqué, soulignant les bons résultats atteints grâce aux donateurs et aux acteurs de l’aide au développement.  Il a insisté sur l’importance de la coordination des activités menées par tous ces acteurs.  En 2007, 8 pays ont adopté l’approche prônée par l’initiative « Unis dans l’action », et il y en a quatre fois plus aujourd’hui, s’est-il félicité, soulignant l’intérêt de cette action coordonnée.  Chaque équipe de pays du système de l’ONU doit tenir compte des différentes procédures opérationnelles du système des Nations Unies, de même que le coordonnateur résident, a-t-il ajouté.  Enfin, il a dit attendre avec impatience la poursuite de ce processus, espérant qu’il pourrait à l’avenir être utilisé par les pays qui en ont besoin dès qu’ils le souhaitent.  C’est la nouvelle voie dans laquelle doit s’engager l’ONU, a-t-il estimé.


M. DAVID GOVRIN (Israël) a expliqué que le monde se trouve à une période charnière en matière de développement international.  Il y a un certain nombre de processus en cours, comme le programme pour l’efficacité de l’aide, l’initiative « Unis dans l’action », et le suivi de la Conférence Rio+20 sur le développement durable, a-t-il relevé.  Alors que nous entamons un nouveau chapitre aux Nations Unies, pour discuter de l’Agenda post-2015, nous devons nous assurer que les processus en cours aboutissent à des mesures concrètes, a-t-il dit.  Le représentant a exposé la façon dont son pays s’implique dans les activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies, notamment en tant que membre du Conseil d’administration du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), du Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP) et du Bureau des Nations Unies pour les services d’appui aux projets (UNOPS) pour la période 2014-2017 tandis qu’en 2013, il sera membre du Conseil d’administration du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF).


M. Govrin a attiré l’attention de la Commission sur l’importance d’une gestion axée sur l’obtention de résultats après la mise en œuvre des activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies, afin de garantir l’efficacité de l’Organisation.  Il a aussi dit qu’Israël appuie l’initiative « Unis dans l’action » qui a permis de mieux répondre aux besoins des programmes de pays et de mieux traiter des questions transversales telles que la mortalité infantile.  M. Govrin a cependant relevé l’existence d’obstacles à la collaboration entre les bureaux de l’ONU dans les pays pilotes.  Quant au système de coordonnateur résident, il offre un grand potentiel en matière de coordination inter-agences, a-t-il remarqué, avant de relever, là aussi, que plusieurs obstacles se posent au fonctionnement de ce processus.  Il a donc appelé à doter le système de coordonnateur résident des outils nécessaires pour une meilleure coordination.  Son rôle doit aller au-delà de la coordination interne au système des Nations Unies, a-t-il précisé.


M. NORACHIT SINHASENI (Thaïlande) a soutenu qu’en ces temps de croissance économique anémique, qui entraîne des répercussions négatives sur les montants de l’aide publique au développement (APD), il est nécessaire de revoir le système de développement des Nations Unies à la lumière de l’examen quadriennal complet.  « Des ajustements appropriés peuvent ainsi être apportés pour améliorer la capacité des Nations Unies à répondre aux besoins spécifiques des pays », a proposé M. Sinhaseni.  Pour la délégation de la Thaïlande, il n’y a pas de solution passe-partout en matière de développement.  Si des leçons peuvent être tirées des meilleures pratiques et être partagées, voire reprises ailleurs, il est cependant prouvé que les meilleurs résultats de développement proviennent de programmes taillés sur mesure pour répondre aux besoins et circonstances spécifiques de chaque pays, a plaidé le représentant de la Thaïlande.


M. LE HOAI TRUNG (Viet Nam) a rappelé que le développement est l’un des principaux axes de travail des Nations Unies et le meilleur instrument dont dispose la communauté internationale pour maintenir la paix, la sécurité et promouvoir les droits de l’homme.  À cet égard, la coopération pour le développement et les activités opérationnelles du système de l’ONU ont apporté des progrès tangibles au processus de développement socioéconomique de beaucoup de pays. 


L’examen quadriennal complet des activités opérationnelles de développement fournit également une clef pour entamer des discussions à propos de la réforme de la gouvernance du système de développement des Nations Unies, particulièrement dans le but de promouvoir une représentation géographique et de genre plus équilibrée, a indiqué le représentant du Viet Nam.  Concernant le budget, il a indiqué que le Viet Nam note une baisse sérieuse des ressources et appelle les pays donateurs à respecter leurs engagements financiers et à réduire l’énorme déséquilibre entre les ressources de base et autres types de ressources.  Il faut mettre à la disposition des activités opérationnelles de développement des financements stables et prévisibles à long terme, a dit le représentant.  De plus, a-t-il dit, le Viet Nam soutient les efforts visant à réformer le système de développement des Nations Unies pour lui donner plus de cohérence et d’efficacité à tous les niveaux.  M. Le a salué le rôle croissant de la coopération Sud-Sud tout en soulignant qu’elle ne doit pas se substituer à la coopération Nord-Sud. 


M. TEKEDA ALEMU (Éthiopie) s’est inquiété du déclin des ressources de base dans le budget de financement des activités de développement des Nations Unies, soulignant le caractère imprévisible des financements volontaires qui caractérisent les autres types de contributions financières.  Il a regretté cette fragmentation des ressources et l’augmentation des coûts de transactions qui en découlent.  En ce qui concerne la coordination des activités opérationnelles de développement des Nations Unies, il a constaté que les programmes de pays des Nations Unies souhaitent travailler davantage ensemble, mais que les règlements énoncés par le Siège ne le permettent pas.  Le rôle du coordonnateur résident doit être renforcé en rendant ce système plus fonctionnel, a-t-il ajouté.  M. Alemu a aussi proposé d’harmoniser le format d’établissement des rapports financiers en utilisant le même logiciel dans tout le système des Nations Unies.  L’Éthiopie, pays qui s’est impliqué, de son propre chef, dans l’initiative « Unis dans l’action », est engagée à soutenir la réforme des activités opérationnelles de développement de l’ONU, a-t-il dit.


M. ANTÓNIO GUMENDE (Mozambique) a partagé l’expérience du Mozambique en matière de mise en œuvre de l’initiative « Unis dans l’action ».  Ainsi, au Mozambique, stimuler et encourager des programmes conjoints entre les agences a été déterminant pour aborder les défis de développement complexes, a expliqué la délégation du Mozambique.


« Grâce à une capacité plus forte d’apporter une réponse multisectorielle et à la cohérence accrue des activités du système des Nations Unies, il est maintenant possible de maximiser les avantages dont jouit l’ONU en tant que partenaire de développement du Gouvernement de Mozambique », a annoncé le représentant.  Le Mozambique est en train de mettre en œuvre « Prosavana », qui est un projet de développement rural et agricole réunissant le savoir-faire du Brésil et la technologie du Japon, a indiqué M. Gumende.  Ce projet est un « exemple d’approches créatives en matière de la coopération pour le développement », a-t-il souligné.


M. AUNG KYAW ZAN (Myanmar) a estimé que le développement de la coopération était l’un des principaux piliers du travail de l’ONU, relevant également que les activités opérationnelles de l’institution avaient largement contribué aux efforts de plusieurs pays en développement dans plusieurs domaines, y compris la réduction de la pauvreté, l’amélioration des moyens de subsistance, de même que la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement.  S’adressant aux pays développés, il a fait savoir qu’il était essentiel d’accroître les ressources des agences, programmes et fonds de l’ONU en vue du renforcement de l’efficacité et de la responsabilité du système de développement du système de l’Organisation.  Dans un contexte où le Myanmar est en pleine mutation démocratique, le pays a urgemment besoin de l’augmentation de l’aide internationale en termes de développement de ses ressources humaines et de renforcement des capacités de ses institutions publiques, a-t-il indiqué.  Dans cet élan, M. Zan a salué les mesures d’allègements ou de levée des restrictions qui touchaient son pays, soulignant que cette nouvelle donne ouvrait la voie au système de développement de l’ONU et aux institutions financières internationales, en vue d’une reprise de leur assistance aux efforts de développement du Myanmar.


M. MOJTABA ALIBABAEE (République islamique d’Iran) a apprécié le rôle central joué par l’ONU en matière de développement et l’objectif de durabilité qu’elle poursuit dans ce domaine.  La coopération Sud-Sud est un objectif commun des peuples et des pays du Sud, et c’est une expression de leur solidarité et de leur désir d’indépendance, a-t-il relevé.  Cette forme de coopération est fondée sur le principe de la souveraineté nationale, sur l’égalité, et sur le respect mutuel.  Elle promeut une approche fondée sur l’action et le partage des meilleures pratiques.  Le représentant a donc appelé la communauté internationale à promouvoir cette forme de coopération et à la soutenir.  Il a apprécié les efforts de l’ONU à cet égard et a indiqué que l’Iran soutient les activités menées par le Bureau pour la coopération Sud-Sud.  La République islamique d’Iran fait partie des pays du Sud qui réalisent des progrès rapides, avec un fort potentiel de croissance, a poursuivi le représentant.  Il a indiqué que son pays a pu aider des projets menés par de nombreux pays en développement. 


M. RODNEY CHARLES (Trinité-et-Tobago) a partagé les préoccupations exprimées par d’autres délégations sur le déclin des ressources de base, le déséquilibre entre ressources de base et ressources volontaires, le non respect des engagements pris en faveur de l’aide publique au développement (APD) et le besoin d’un renforcement du financement des activités opérationnelles pour le développement du système des Nations Unies.  De plus, Trinité-et-Tobago se joint aux voix qui se sont exprimées en faveur de la nécessité de respecter les principes de neutralité, de multilatéralisme et de bonne capacité des activités opérationnelles de développement, tels que cela est inscrit dans les textes onusiens, pour qu’elles répondent aux besoins des pays de manière flexible, cohérente et efficace, a dit M. Charles.


Le représentant a estimé qu’il est vital pour le système de développement des Nations Unies de mieux prendre en compte les défis structurels auxquels les pays à revenu intermédiaire font face, de même que d’examiner les vulnérabilités particulières des petits États insulaires en développement (PEID).  En tout état de cause, les activités opérationnelles de développement doivent rester flexibles et réceptives aux changements géopolitiques et économiques qui se produisent de manière rapide à travers le monde.  L’examen quadriennal complet doit, cette année, trouver l’équilibre entre ces nouvelles réalités et les plans d’action déjà en cours, a-t-il conclu.


M. ANDY RACHMIANTO (Indonésie) a rappelé que l’examen quadriennal complet doit définir les orientations des activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies pour les quatre années à venir.  Toute coopération en matière de développement doit compléter les efforts menés par les États Membres, a-t-il affirmé comme principe de base dans ce domaine.  Le système de développement des Nations Unies doit répondre aux besoins des pays en développement et tenir compte de leurs caractéristiques, tout en respectant leurs priorités nationales.  Le système de développement des Nations Unies doit en effet compléter les mesures prises au niveau national, a souligné le représentant.  Il a ajouté que les activités de l’ONU doivent refléter le paysage changeant du développement en tenant compte du rôle croissant des pays en développement dans la coopération au développement.  Il a aussi proposé de simplifier les mesures administratives dans l’aide au développement.  Pour répondre aux besoins croissants des États Membres en matière de développement, il faut augmenter les ressources financières en la matière, a ajouté le représentant.  À cet égard, il a demandé d’inciter les donateurs à contribuer aux ressources de base et a conseillé de diversifier les sources de financement du développement.


M. TUVAKO MANONGI (République-Unie de Tanzanie) a constaté que l’examen quadriennal complet est négocié cette année alors que sévit une crise économique mondiale, et alors que la pauvreté s’accroît et que l’aide publique au développement (APD) destinée aux pays en développement continuer de baisser.  En conséquence, les négociations de la Deuxième Commission devraient refléter la réalité de ces changements plutôt que les marchandages des États Membres, a-t-il indiqué.  


Concernant le financement des activités opérationnelles de développement, M. Manongi a souligné l’importance de la responsabilité, de la transparence et d’une approche basée sur les résultats afin de rendre ces activités plus prévisibles, plus efficaces et plus concentrées sur les ressources de base.  L’harmonisation des méthodes de fonctionnement devrait, elle, s’appuyer sur les bons résultats déjà observés dans le cadre de l’initiative « Unis dans l’action ».


M. EMMANUEL OGUNTUYI (Nigéria) a estimé que la cohérence, l’efficacité et les coûts de transaction du système des Nations Unies sont affectés par l’imprévisibilité, l’instabilité et le manque de fiabilité du financement des activités opérationnelles de développement.  Il a rappelé la nécessité de renforcer le partenariat mondial pour le développement et a marqué le soutien de son pays à l’initiative « Unis dans l’action », qui renforce la cohérence et l’efficacité du système de développement des Nations Unies.


Ayant constaté une baisse de l’aide publique au développement (APD) en 2011, la délégation du Nigéria prie les pays développés d’honorer leurs engagements, la crise économique mondiale ne pouvant constituer une excuse pour suspendre les promesses faites et les engagements pris, a dit M. Oguntuyi.  En attendant, la coopération Sud-Sud a sans aucun doute donné une plateforme aux pays en développement pour s’engager sur une voie économique saine et montrer leurs forts potentiels, mais elle reste un complément, et non un substitut, à la coopération Nord-Sud, a-t-il conclu.


M. DER LAURENT DABIRÉ (Burkina Faso) a jugé nécessaire de renforcer le rôle de coordonnateur résident et le processus du Plan-cadre des Nations Unies pour l’aide au développement.  Il a proposé d’intégrer les leçons tirées de l’initiative « Unis dans l’action » dans la résolution qui sera adoptée à l’issue de l’examen politique quadriennal complet des activités opérationnelles de l’ONU en matière de développement.  S’agissant de la coopération Sud-Sud, il s’est félicité des progrès importants enregistrés ces dernières années, qui montrent l’essor économique des pays du Sud.  Cette performance reste cependant inégalement répartie d’un pays à l’autre et d’une région à l’autre, a-t-il observé, d’où l’importance de donner plus d’élan à la coopération Sud-Sud.  Il a estimé que les économies émergeantes peuvent apporter davantage d’aide aux autres pays en développement.  Le représentant a aussi vanté les mérites de la coopération triangulaire, avant de préciser que cette forme de coopération ainsi que la coopération Sud-Sud viennent compléter la coopération Nord-Sud.  Elles ne peuvent donc pas se substituer à l’aide publique au développement (APD), par exemple.  Il a enfin exprimé tout son soutien au Bureau des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud.


M. KHAM-INH KHITCHADETH (République démocratique populaire lao) a déclaré que l’examen quadriennal complet des activités opérationnelles de développement devrait s’attacher aux préoccupations des pays concernés par les programmes, notamment les pays les moins avancés (PMA).  Il devrait aussi améliorer l’efficacité, la cohérence et l’impact des activités opérationnelles de développement, s’assurer que les ressources sont augmentées et prévisibles, ainsi que de l’équilibre entre ressources de base et autres ressources.  Le représentant a attiré l’attention de la Commission sur le Plan-cadre des Nations Unies pour l’aide au développement, qui montre que le système des Nations Unies peut mettre en place avec harmonie et cohésion un programme au niveau national, tout en précisant que le Gouvernement de la République démocratique populaire lao et les Nations Unies étaient en train de mettre en œuvre le troisième cycle UNDAF pour 2012-2015.


M. ELYES LAKHAL (Tunisie) a indiqué que l’examen quadriennal complet devrait aboutir à des résultats ambitieux, afin de renforcer le rôle des Nations Unies dans les activités de développement, en prévoyant notamment une augmentation de l’aide au développement.  Les caractéristiques des activités de développement de l’ONU doivent être l’universalité et la neutralité, a-t-il ajouté, expliquant que ces activités doivent être menées à la demande des pays en développement et en respectant leurs priorités nationales.  Le représentant a ensuite demandé de renforcer les activités visant les transferts de technologies vers les pays en développement.  En ce qui concerne le financement de ces activités, il s’est préoccupé de la tendance à la baisse de l’aide publique au développement (APD) et du déséquilibre croissant entre ressources de base et autres ressources.  Le représentant a souligné la nécessité de garantir un financement stable et prévisible, appelant les donateurs à accroître leurs contributions volontaires au budget de développement des Nations Unies.  Il a ensuite suggéré de simplifier les instruments de programmation des activités de développement de l’ONU.  Il a enfin exprimé son appréciation face au soutien international dont a bénéficié la Tunisie, qui traverse une transition importante.


M. MIGUEL BERMEO ESTRELLA, Observateur permanent de l’Union interparlementaire-UIP, a rappelé la place des parlements et des parlementaires dans le processus de développement parce qu’il leur revient le rôle de voter les budgets destinés au développement et à la coopération et de demander des comptes sur les résultats de la mise en œuvre des programmes de développement.  Il a ensuite fait un bref rapport sur les besoins qui se posent aux coordonnateurs résidents et aux équipes de pays des Nations Unies, après les visites effectuées sur le terrain par des membres de l’UIP.  Ces visites ont pour but d’évaluer régulièrement avec le parlement concerné la situation générale des opérations de l’ONU dans le pays; de s’assurer que les parlementaires sont invités à formuler des critiques et des évaluations sur les opérations de l’ONU; de nommer un point focal pour coordonner l’interaction avec le Parlement afin d’assurer que l’information circule à travers des canaux appropriés internes et arrive aux destinataires; d’élaborer des lignes directrices claires et uniformes sur la façon de s’engager avec le parlement de chaque pays et d’assurer la coordination générale de l’assistance des Nations Unies avec chaque parlement pour l’adoption d’une approche cohérente, pluriannuelle et prévisible en ce qui concerne les programmes de renforcement des capacités.  M. Bermeo Estrella a ajouté que renforcer le rôle des parlements peut favoriser l’appropriation du processus de développement par les pays concernés.


Mme KARIN MANENTE, Programme alimentaire mondial-PAM, a mis en exergue le rôle catalytique de la coopération Sud-Sud et triangulaire pour orienter les efforts de développement des gouvernements visant à établir et à gérer des programmes alimentaires destinés à réduire la faim et la sous-alimentation chronique.  À ce propos, elle a cité l’exemple du Centre d’excellence du PAM au Brésil, ainsi que la contribution des pays du groupe BRICS (Brésil, Russie, Chine, Inde et Afrique du Sud) qui ont fait passer leur appui au PAM de 8,7 millions de dollars en 2002 à 140 millions de dollars en 2011.  Elle a attiré l’attention sur l’exemple montré par la Chine, avec le lancement de l’initiative « Purchase for Progress », qui est une initiative visant à répondre aux urgences et aux besoins de renforcement des capacités dans les pays africains.  En outre, le PAM continuera de promouvoir le partage de connaissances et apportera aux pays les moins avancés l’assistance technique dont ils ont besoin en matière alimentaire, notamment en ce qui concerne la mise en œuvre du Programme d’action d’Istanbul.


M. GEORGE ASSAF, Organisation des Nations Unies pour le développement industriel-ONUDI, a pris la parole au nom du Groupe interinstitutions des Nations Unies sur le commerce et les capacités productives, et a rappelé que le Groupe est le seul à coordonner les contributions en matière de développement lié au commerce des différentes entités en ce qui concerne les programmes d’aide au commerce, les Objectifs du Millénaire pour le développement et les objectifs de développement durable post-2015.  Les politiques de l’emploi, la sécurité alimentaire, les négociations commerciales, les objectifs environnementaux et les politiques industrielles sont quelques exemples des opérations coordonnées par le Groupe interinstitutions, a-t-il précisé.  Le représentant a précisé que ce groupement est essentiel pour améliorer la cohérence du système de l’ONU, la cohésion avec les stratégies de développement nationales, la visibilité sur l’Agenda pour le développement post-2015.  Il a indiqué que l’aide des donateurs reste nécessaire à cet égard.


M. MOHAMED ELKEIY, Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement-CNUCED, a rappelé qu’en avril dernier, à Doha, la communauté internationale a réaffirmé le vaste mandat initial de la CNUCED en tant que point focal du système des Nations Unies spécialement chargé d’assurer le traitement intégré du commerce et du développement et des questions associées, notamment dans le domaine du développement durable.  À cette occasion, la coopération Sud-Sud a été identifiée comme un vecteur important de coopération internationale entre les pays en développement afin d’accroitre leur croissance, a rappelé M. Elkeiy.  La CNUCED considère que la coopération Sud-Sud est un moyen particulièrement effectif d’assistance mutuelle.  La CNUCED poursuivra donc son programme de soutien technique à cette forme de coopération, a dit M. Elkeiy. 


Reprenant la parole en fin de séance, le Directeur du Groupe spécial pour la coopération Sud-Sud au Programme des Nations Unies pour le développement-PNUD a exprimé ses remerciements aux délégations qui ont soutenu le Bureau des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud.


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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