À l’ouverture de son débat général, la Première Commission dresse un bilan mitigé de l’année écoulée

8 octobre 2012
AG/DSI/3453

À l’ouverture de son débat général, la Première Commission dresse un bilan mitigé de l’année écoulée

8/10/2012
Assemblée générale
AG/DSI/3453
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Première Commission

2e séance – matin

À L’OUVERTURE DE SON DÉBAT GÉNÉRAL, LA PREMIÈRE COMMISSION DRESSE UN BILAN MITIGÉ DE l’ANNÉE ÉCOULÉE

« Notre monde interconnecté fera des progrès significatifs si la sécurité, la paix et la stabilité existent pour tous les peuples, dans toutes les régions.  Les efforts doivent être intensifiés, mais aucun obstacle n’est insurmontable », a déclaré, ce matin, le Président de la Première Commission (chargée du désarmement et de la sécurité internationale), M. Desra Percaya, en ouvrant le débat général.

À l’instar de la douzaine de délégations intervenues aujourd’hui, il a mis l’accent sur le contraste qui avait marqué l’année écoulée.  D’un côté, les résultats encourageants de la première session du Comité préparatoire de la Conférence d’examen du TNP de 2015 ou de la Conférence d’examen du Programme d’action pour combattre le trafic illicite des armes légères et de petit calibre (ALPC). De l’autre, l’échec de la Conférence pour un traité sur le commerce des armes ou la poursuite de l’impasse au sein de la Conférence du désarmement.

Lors de cette première réunion du débat général, toutes les délégations qui se sont exprimées ont insisté sur l’importance fondamentale du multilatéralisme dans le domaine du désarmement et souligné le rôle de « pierre angulaire » joué par le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).

Dans ce contexte, plusieurs d’entre elles ont rappelé les attentes importantes qui pèsent sur les États dotés d’armes nucléaires.  « Le désarmement est la seule garantie », a ainsi souligné le représentant de la République islamique d’Iran, au nom du Mouvement des pays non alignés.  « La non-prolifération passe par le désarmement », a insisté de son côté le représentant du Mexique, tandis que celui du Chili, qui s’exprimait pour la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC), a qualifié l’usage des armes nucléaires ou de la menace d’y recourir de « crime contre l’humanité », en appelant même les États dotés à éliminer ces armes de leurs doctrines stratégiques et de leurs politiques de sécurité.  Pour le Groupe des États d’Afrique, le représentant du Nigéria a, quant à lui, défendu la création d’un instrument universel, inconditionnel et contraignant, offrant aux États non dotés des assurances négatives de sécurité.

Sur ce thème, un consensus s’est toutefois dégagé sur la nécessité de poursuivre l’universalisation du TNP.  Toutes les délégations intervenues ont ainsi appelé les États qui ne l’ont pas encore fait à ratifier le texte.  Le représentant de la Suède, qui s’exprimait au nom de l’Union européenne, a cependant rappelé les préoccupations suscitées par la République populaire démocratique de Corée (RPDC) depuis son retrait du TNP, ainsi que par l’Iran dont les activités de recherche nucléaire ne sont pas conformes à ses obligations d’État partie au TNP.

Les délégations de l’Iran, au nom du Mouvement des pays non alignés, et l’Égypte, au nom du Groupe des États arabes, ont pour leur part déploré la non-adhésion d’Israël à ce même TNP, en regrettant le manque de transparence sur ces capacités et en demandant le placement de ses installations nucléaires sous le régime des garanties de l’AIEA.  Conformément au plan d’action adopté lors de la Conférence d’examen du TNP de 2010, ils ont aussi insisté sur l’importance de la création d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient et sur la convocation d’une conférence sur le sujet réunissant tous les pays de la région avant la fin de l’année 2012, comme convenu lors de la précédente Assemblée générale.

Les États d’Afrique et d’Amérique latine ont également défendu les zones exemptes d’armes nucléaires qu’ils ont respectivement mises en place sur leur continent ces dernières années, en estimant qu’elles participaient directement aux efforts de non-prolifération.  Dans ce contexte, ils ont appelé, comme les pays de l’Union européenne, à une universalisation rapide du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICEN), déploré également les blocages au sein de la Conférence du désarmement qui empêchent le lancement de négociations sur un traité d’interdiction de la production de matières fissiles. 

« Nous sommes sur le point de perdre patience », a ainsi déclaré la représentante de la Nouvelle-Zélande en appelant à contourner l’obstacle qui paralyse le fonctionnement de cet organe.  L’Iran et les pays du Mouvement des pays non alignés ont rappelé au contraire que la Conférence du désarmement restait le seul organe multilatéral de négociation dans le domaine du désarmement et ont attribué cette impasse au « manque de volonté politique de certains États Membres », une position partagée par l’Égypte, au nom du Groupe des pays arabes, et le Chili, au nom de la CELAC.

Au cours de cette première séance du débat général, de nombreuses délégations sont revenues sur l’échec de la Conférence des Nations Unies pour un traité sur le commerce des armes, qui s’est tenue en juillet dernier à New York.  Le Chili a ainsi exprimé « la déception de la CELAC face à l’absence de résultats », en préconisant d’engager des discussions de fond au sein de la Première Commission dès cette année.  Au nom de la CARICOM, le représentant d’Haïti a déploré « une occasion manquée », tandis que celui de la Suisse a proposé « de convoquer rapidement une dernière séance de travail de durée limitée pour maintenir la dynamique et déboucher sur un traité robuste ».  Revenant enfin sur l’un des points centraux qui a provoqué l’échec de la Conférence, le Mexique a défendu le principe de l’interdiction des transferts d’armes quand il existe un risque de violation des droits de l’homme.  Au nom du Groupe des États arabes, l’Égypte a rappelé qu’un succès dépendait de la capacité de la communauté internationale à s’entendre « sur un texte équilibré reflétant les intérêts de tous les États qui participent aux négociations, y compris l’État de Palestine.

La Première Commission poursuivra son débat général demain, mardi 9 octobre à 10 heures, en entendant au préalable la Haut-Représentante pour les affaires de désarmement, Mme Angela Kane.

DÉBAT GÉNÉRAL SUR TOUS LES POINTS DE L’ORDRE DU JOUR RELATIFS AU DÉSARMEMENT ET À LA SÉCURITÉ INTERNATIONALE

Déclarations

Dans sa déclaration d’ouverture, M. DESRA PERCAYA (Indonésie), Président de la Première Commission, en charge des questions de désarmement et de la sécurité internationale, a insisté sur l’importance de parvenir au bien-être mondial.  Il s’est dit convaincu que l’effort collectif pouvait conduire au désarmement et à la sécurité internationale.  M. Percaya a appelé à renforcer la réalisation du désarmement et de la non-prolifération, conformément aux engagements pris en vertu du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).  

Le Président de la Commission a par ailleurs souligné les avancées effectuées dans la mise en œuvre du Programme d’action des Nations Unies sur les armes légères et de petit calibre (ALPC), en soulignant qu’il était impératif d’éliminer le commerce illicite des armes.  « Soyons fiers des progrès que nous accomplirons au cours de la présente session de la Première Commission », a dit M. Percaya en s’adressant aux délégations des États Membres.

S’exprimant au nom du Mouvement des pays non alignés (MNA), M. MOHAMMAD KHAZAEE (République islamique d’Iran) a rappelé la validité absolue de la diplomatie multilatérale dans le domaine du désarmement, de la non-prolifération et de la sécurité internationale, en rappelant qu’elle n’était pas « une option, mais un impératif ».  Il a souligné les préoccupations du Mouvement des pays non alignés quant à l’érosion du multilatéralisme, en prévenant que l’unilatéralisme risquait de remettre en cause la paix internationale.  Le représentant s’est ensuite inquiété du ralentissement des progrès réalisés en matière de désarmement par les États dotés de l’arme nucléaire alors que ce désarmement, a-t-il tenu à rappelé, demeure « la seule garantie absolue » contre le recours à l’arme nucléaire ou l’usage de la menace d’y recourir.

Le représentant a également salué le succès du premier Comité préparatoire de la Conférence d’examen du TNP de 2015 qui s’est tenu cette année à Vienne, en Autriche.  Il a appelé à la pleine application du plan d’action, adopté en 2010 dans le domaine du désarmement, de la non-prolifération et de l’usage pacifique de l’énergie nucléaire, ainsi que celui de 1995 sur la mise en place d’une zone exempte d’armes nucléaires (ZEAN) au Moyen-Orient.  Il a par ailleurs appelé au lancement de négociations pour une convention sur les armes nucléaires et un traité contraignant sur les garanties de sécurité aux États non dotés de ces armes.  Réaffirmant le droit inaliénable des États à développer et utiliser l’énergie nucléaire à des fins pacifiques, M. Khazaee a toutefois appelé la communauté internationale à « l’interdiction totale et absolue » du transfert d’équipement, de technologies ou d’informations liés au nucléaire à Israël. 

Évoquant ensuite la Conférence du désarmement qui siège à Genève, le représentant a rappelé que le MNA la considérait comme le seul organe multilatéral de négociation dans le domaine du désarmement.  Il a réitéré le plein soutien de sa délégation à la Conférence, en insistant sur la mise en œuvre d’un programme de travail équilibré.  À cet égard, il a regretté le manque de volonté politique de certains États Membres.

Abordant la question du désarmement dans l’espace extra-atmosphérique, le représentant a souligné l’importance d’adopter une approche universelle et non-discriminatoire, en soulignant la nécessité que toute initiative dans ce domaine soit prise dans le cadre multilatéral des Nations Unies et que toute décision soit prise par consensus.  En conclusion, M. Khazaee a mis l’accent sur l’importance de la mise en œuvre complète de la Convention des Nations Unies sur l’interdiction des armes biologiques (CABT) et sur la nécessité de créer un mécanisme de vérifications des obligations des États. Il a également réclamé une universalisation plus rapide de la Convention des Nations Unies sur les armes chimiques.

M. ANDRAS KOS, Union Européenne, s’est félicité des progrès accomplis dans le domaine du désarmement et de la non-prolifération nucléaire, notamment l’élan créé par des évènements majeurs tels que l’entrée en vigueur du nouveau Traité START l’année dernière, le succès de la Conférence d’examen du TNP en 2010 et la première session du Comité préparatoire pour la Conférence d’examen du TNP de 2015.  Le représentant s’est dit toutefois profondément préoccupé par l’impasse continue dans laquelle se trouve la Conférence du désarmement, qui ne peut ainsi remplir son mandat et entamer des négociations sur un projet de traité sur l’interdiction de la production de matières fissiles.  Un multilatéralisme efficace, la prévention et la coopération internationales sont les trois principaux objectifs de la stratégie de l’Union européenne pour lutter contre la prolifération des armes de destruction massive, a-t-il rappelé.  L’Union européenne promeut ainsi une adhésion universelle et une mise en œuvre complète de tous les traités et toutes les conventions de non-prolifération et de désarmement.  Elle souhaite aussi soutenir et renforcer les mécanismes de vérification pour s’assurer du plein respect des obligations internationales, a ajouté le représentant. 

Par ailleurs, M. Kos a indiqué que le TNP demeurait la pierre angulaire de la non-prolifération au plan mondial.  L’Union européenne souligne ainsi l’importance de l’universalisation du traité et appelle tous les États qui ne l’ont pas encore fait à rejoindre le TNP.  Le représentant a indiqué que le Document final de la Conférence d’examen du TNP de 2010 avait permis de renforcer le régime de non-prolifération en posant des objectifs élevés concernant les trois piliers du Traité et en soutenant des mesures concrètes, y compris au Moyen-Orient.  Il a ensuite indiqué que le programme iranien nucléaire et de missiles et les tests d’engins explosifs nucléaires de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) étaient les deux plus grandes sources d’inquiétudes en matière de prolifération.  Sur le dossier iranien, l’objectif de l’Union européenne reste de parvenir à un règlement négocié à long-terme, a précisé le représentant.  L’Union européenne demande le renforcement du désarmement multilatéral et du régime de non-prolifération, et appelle pour ce faire à une revitalisation des instruments pertinents au niveau international.

S’agissant du Traité sur l’arrêt de la production de matières fissiles, le représentant de l’Union européenne a déplorer l’impasse au sein de la Conférence du désarmement, appelant les États membres à se rallier au consensus sur le programme de travail, afin d’entamer les négociations sur ce texte.  S’agissant du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICEN), l’Union européenne appelle tous les États qui ne l’ont pas encore ratifié à le faire, a-t-il dit, en saluant par ailleurs la ratification récente du texte par un certain nombre d’États.

Au nom du Groupe des États d’Afrique, M. USMAN SARKI (Nigéria) a réaffirmé l’attachement de ses membres au multilatéralisme dans le domaine du désarmement, de la non-prolifération et de la sécurité internationale.  Rappelant ensuite qu’aucun État du Groupe africain ne possède d’armes nucléaires, il a réitéré la position de ce Groupe en faveur d’un désarmement nucléaire complet.  Il s’agit là, a-t-il dit, d’une condition sine qua non pour la paix et la sécurité mondiales.  Dans ce contexte, il a appelé les États dotés de l’arme nucléaire à cesser tout programme visant à moderniser, à actualiser ou à étendre leur arsenal et leurs installations.  Par ailleurs, le Groupe des États d’Afrique appuie l’appel lancé pour la conclusion d’un instrument universel, inconditionnel et contraignant, offrant aux États non dotés de l’arme nucléaire des assurances négatives de sécurité.  Il a également appelé à la pleine mise en œuvre du Programme d’action, adopté en 2010, lors de la Conférence des parties chargée de l’examen du TNP.

S’agissant plus particulièrement des armes légères et de petit calibre, le représentant a salué « la conclusion positive » de la deuxième Conférence d’examen du Programme d’action sur les armes légères et de petit calibre, qui s’est tenue en août dernier, à New York.  Il s’est notamment félicité du fait qu’au cours de ces travaux, les participants aient rappelé les risques que représentent ces armes lorsqu’elles tombent entre les mains d’acteurs non étatiques.  Il a aussi rappelé que la pleine mise en œuvre du « Programme d’action en vue de prévenir, combattre et éliminer le commerce illicite des armes légères sous tous ses aspects », adopté en 2001, nécessitait davantage d’efforts en matière d’assistance et de coopération internationales.  Avant de conclure, M. Sarki a tenu à rappeler combien les questions de désarmement et de sécurité internationale nécessitaient « de la volonté politique et de la transparence ».  Il a encore précisé que le Groupe comptait appuyer deux projets de résolution, l’un ayant trait au Traité créant une zone exempte d’armes nucléaires en Afrique, et l’autre consacré au Centre régional des Nations Unies pour la paix et le désarmement en Afrique.

M. MÅRTEN GRUNDITZ (Suède), qui s’exprimait au nom de la Coalition pour un nouvel agenda, a affirmé que le désarmement nucléaire était au centre des priorités de la Coalition – qui est composée du Brésil, de l’Égypte, de l’Irlande, du Mexique, de la Nouvelle-Zélande, de l’Afrique du Sud et de son propre pays.  Il a fait observer que le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) demeurait la pierre angulaire du désarmement nucléaire, du régime de non-prolifération, ainsi qu’une composante essentielle de la sécurité mondiale.  « Si des progrès importants ont été réalisés, il a aussi souligné les attentes de la Coalition pour un nouvel agenda en ce qui concerne la question d’un traité relatif aux matières fissiles et la prochaine conférence sur l’établissement d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient, qui devrait se tenir en décembre prochain à Helsinki, en Finlande.  Cette Conférence devrait contribuer aux préparatifs de la prochaine Conférence d’examen du TNP en 2015, a-t-il estimé.

M. OCTAVIO ERRÁZURIZ (Chili), s’exprimant au nom de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC), a réaffirmé son ferme soutien en faveur du désarmement nucléaire et de la non-prolifération sous tous ses aspects.  Le Chili réaffirme que l’utilisation ou la menace de l’utilisation des armes nucléaires constitue un crime contre l’humanité, une violation du droit international, y compris du droit international humanitaire, et aussi une violation de la Charte des Nations Unies.  Le représentant a insisté sur la nécessité de progresser vers une universalisation du Traité de non-prolifération des armes nucléaires et a appelé tous les États qui n’étaient pas encore partie au TNP à rejoindre le traité en qualité d’États non dotés de l’arme nucléaire.  La Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes souligne la nécessité d’éliminer le rôle des armes nucléaires dans les doctrines stratégiques et des politiques de sécurité.  Le représentant s’est dit fier que le Traité de Tlatelolco ait créé la première zone exempte d’armes nucléaires dans la région la plus densément peuplée au monde. 

La Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes renouvelle son engagement en faveur de l’établissement de zones exemptes d’armes nucléaires dans d’autres régions du monde, a indiqué le représentant du Chili.  Il s’est félicité de ce que le Document final de la Conférence d’examen du TNP de 2010 encourage l’établissement de telles zones à travers le monde.  Le représentant a ensuite reconnu la nécessité d’augmenter l’efficacité du mécanisme de désarmement, et note que la difficulté principale tient au manque de volonté politique de la part de certains États pour réaliser de véritables avancées.  Il a par ailleurs fait savoir que l’élimination complète des armes chimiques devait également être une priorité du désarmement, de même que la vérification de l’élimination totale des armes biologiques.  Enfin, le représentant a exprimé la déception de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes devant l’absence de résultat, l’été dernier, au sujet de l’adoption d’un traité sur le commerce des armes, en souhaitant que des discussions de fond aient lieu au sein de la Première Commission, cette année.

S’exprimant au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), M. JEAN WESLEY CAZEAU (Haïti), a déploré le « rendez-vous manqué » par la communauté internationale lors de la Conférence des Nations Unies pour un traité sur le commerce des armes, qui s’est tenue en juillet 2012.  Il a appelé à la reprise des négociations et a demandé à l’Assemblée générale de prendre une décision au cours de cette session, et ce, afin de relancer le processus.  Il a aussi rappelé que la CARICOM souhaitait que la question des munitions figure dans le texte d’un tel traité.

En ce qui concerne le désarmement et la non-prolifération  nucléaires, le représentant a souligné que la CARICOM demeurait préoccupée par le fait que la Conférence du désarmement de 2012 n’ait pas été en mesure de parvenir à un consensus sur l’application des nouveaux engagements issus de la Conférence des parties chargée d’examiner le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, qui s’est tenue en 2010.  Il a ensuite souligné qu’il était urgent d’accorder une attention plus grande à la sécurité nucléaire comme l’a démontré l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima, au Japon.  Les pays de la CARICOM, a-t-il dit, sont préoccupés par le transbordement de déchets nucléaires et toxiques dans les eaux de la sous-région.  « Un accident survenant lors d’un transbordement aurait des conséquences inimaginables sur nos populations, nos économies et notre environnement », a-t-il prévenu. 

M. LUIS ALFONSO (Mexique) a déclaré que les travaux de la Première Commission commençaient dans une atmosphère préoccupante, sur fond de tensions multiples et croissantes, en citant notamment le trafic d’armes et l’utilisation ou la menace d’utilisation d’armes de manière aveugle, y compris les armes de destruction massive, qui constituent de grands défis à la paix et à la sécurité internationales.  Concernant le désarmement nucléaire, le représentant a rappelé qu’il restait encore 20 000 ogives nucléaires dans le monde, dont 2 000 à un niveau opérationnel élevé.  L’utilisation de telles armes aurait des conséquences catastrophiques, a prévenu M. Alfonso, en soulignant qu’il était important de parvenir à un monde exempt d’armes nucléaires, en les détruisant complètement. 

La non-prolifération passe par le désarmement, a rappelé le représentant du Mexique.  Il a regretté que les travaux de la Conférence du désarmement soient à ce jour paralysés.  Il a ensuite attiré l’attention sur le trafic des armes légères et de petit calibre, qui, a-t-il regretté, contribue à alimenter la criminalité transnationale organisée.  Pour le Mexique, l’adoption d’un traité qui interdise les transferts d’armes classiques, y compris les armes légères et de petit calibre, lorsqu’il existe un risque de violation des droits de l’homme, est incontournable.  « Nous avons besoin d’un tel instrument juridique pour que de telles armes ne soient détournées vers le marché illicite », a affirmé le représentant, en saluant par ailleurs, le succès de la Conférence d’examen du Programme d’action sur les armes légères et de petit calibre.  Les recommandations adoptées en septembre dernier doivent être mises en œuvre, a-t-il estimé, avant de conclure.

S’exprimant au nom du Groupe des États arabes, M. MOOTAZ AHMADEIN KHALIL (Égypte) a insisté sur la tenue d’une conférence sur la mise en œuvre d’une zone exempte d’armes nucléaires (ZEAN) au Moyen-Orient avant la fin de l’année 2012, conformément au Plan d’action adopté lors de la Conférence d’examen du TNP de 2010.  Saluant la désignation de la Finlande comme pays hôte de cet évènement et de son Représentant permanent auprès des Nations Unies comme facilitateur, il a indiqué que la situation actuelle au Moyen-Orient « n’affectait pas la position unifiée des pays arabes quant à la tenue de cette conférence ».  Souhaitant que les autres pays concernés « fassent preuve du même engagement politique », il a rappelé que les pays arabes n’avaient pas présenté leur projet de résolution intitulé « Capacités nucléaires d’Israël » lors de la dernière Conférence générale de l’AIEA afin de « créer des conditions favorables pour le succès » de la conférence sur une ZEAN au Moyen-Orient.

Le représentant de l’Égypte a par ailleurs rejeté tous liens entre le processus de paix au Moyen-Orient et l’établissement d’une ZEAN, en estimant qu’une telle zone était « une condition préalable essentielle pour parvenir à la sécurité, la stabilité et la paix » et « une base importante pour établir la confiance ».  Appelant également à l’universalisation du TNP, il a demandé que toutes les installations nucléaires existantes au Moyen-Orient soient placées sous le régime de garanties de l’AIEA.  Il est particulièrement important qu’Israël rejoigne le TNP comme État partie non doté de l’arme nucléaire, a-t-il précisé. 

Abordant ensuite la question des mécanismes de désarmement, M. Khalil a déploré l’impasse persistante à la Conférence du désarmement, en l’attribuant au manque de volonté politique des États Membres.  Il a estimé notamment que les quatre thèmes à l’ordre du jour de la Conférence du désarmement –désarmement nucléaire, traité sur les matières fissiles, prévention d’une course à l’armement dans l’espace, assurances négatives de sécurité pour les États non dotés– ne devraient pas être traités séparément mais comme un ensemble intégré.  Il a précisé que le Groupe des pays arabes soutenait aussi la proposition du Mouvement des pays non alignés de convoquer une quatrième session extraordinaire de l’Assemblée générale consacrée aux mécanismes de désarmement.

Concernant les armes conventionnelles, le représentant a salué les conclusions de la Conférence d’examen du Programme d’action pour combattre le trafic illicite des ALPC qui s’est tenue cette année, notamment pour ce qui a trait à l’Instrument de traçage.  Il est aussi revenu sur l’échec, en juillet dernier, de la Conférence des Nations Unies pour un traité sur le commerce des armes.  À cet égard, M. Khalil a rappelé qu’un succès dans ce domaine dépendait de la capacité de la communauté internationale à s’entendre « sur un texte équilibré reflétant les intérêts de tous les États qui participent aux négociations, y compris l’État de Palestine ».  Il a précisé que le projet de traité devrait aussi prendre en considération l’équilibre des responsabilités entre exportateurs et importateurs.  « Tout critère visant à réguler les exportations d’armes doit être fondé sur des instruments juridiques clairs », a-t-il insisté, en insistant aussi sur des voies de recours pour des arbitrages en cas de refus d’exportation fondé sur des motivations purement politiques.

M. URS SCHMID (Suisse) a déploré l’impasse persistante dans laquelle se trouvent les différents mécanismes de désarmement, tout particulièrement la Conférence du désarmement, qui, une nouvelle fois, n’a pas réussi à remplir son mandat en matière de négociations et la Commission du désarmement qui n’a pas, quant à elle, pu adopter les recommandations pour la 13ème année consécutive.  C’est pourquoi, il a insisté sur « une profonde réflexion sur les forces et faiblesses des mécanismes des Nations Unies ».  Le représentant s’est ensuite félicité de la tenue, cette année, de la première session du Comité préparatoire de la Conférence d’examen du TNP de 2015, qui a permis de faire le point sur la mise en œuvre de ce Traité et le plan d’action issu de la Conférence d’examen de 2010.  Notant « la lenteur des progrès et les défis restant à relever », il a estimé que des progrès étaient « nécessaires sur le plan du désarmement et celui de la non-prolifération, ces deux domaines étant étroitement liés ».  Pour le représentant de la Suisse, il est indispensable de maintenir et de renforcer l’élan positif insufflé lors de la Conférence d’examen de 2010 en poursuivant la réduction globale des stocks mondiaux.  Il a donc appelé les États dotés de l’arme nucléaire « à engager promptement de nouvelles discussions sur le désarmement » et les États qui ne l’ont pas encore fait à ratifier au plus vite le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICEN).  Il a souhaité que la communauté internationale donne aussi effet à la décision de convoquer en 2012 une conférence sur la création d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient.

Revenant ensuite sur l’échec en juillet de la Conférence des Nations Unies pour un traité sur le commerce des armes, le représentant a regretté « cette occasion manquée », qui a prouvé que les États « n’étaient pas à la hauteur de leurs propres attentes, ni de celles exprimées par une large part de la société civile ».  La Suisse reste néanmoins « encouragée par les progrès très significatifs réalisés sur des aspects centraux d’un tel traité », a-t-il indiqué, en appelant à l’organisation rapide d’une dernière séance de travail de durée limitée pour maintenir la dynamique et déboucher sur un traité robuste.  Passant ensuite à la question de la circulation des armes légères et de petit calibre (ALPC), M. Schmid a salué le succès de la Conférence d’examen du Programme d’action visant à éliminer les armes légères et de petit calibre (ALPC) qui s’est tenue cette année.  Il s’est félicité qu’elle ait adopté par consensus un document final axé sur des outils pour mettre en œuvre le Programme d’action et l’instrument international de marquage et de traçage.  Il a également salué la mise en place des dispositions liées à l’assistance et à la coopération entre États, ainsi que celles établissant clairement le lien entre développement et violence armée.

M. FEODOR STARČEVIĆ (Serbie) s’est associé à la déclaration faite par la délégation de l’Union européenne.  Il a réaffirmé que son pays était attaché au multilatéralisme.  La Serbie, a-t-il dit, appelle à « de nouveaux efforts pour que le travail des mécanismes de désarmement des Nations Unies progresse ».  Il a déploré notamment les blocages persistants au sein de la Conférence du désarmement, en précisant que la Serbie y avait déposé sa candidature.  Il a ensuite invité les États Membres à surmonter l’impasse actuelle en démontrant « un engagement politique clair » qui permette à la Conférence sur le désarmement de remplir son mandat.  La Serbie est encouragée par la première session du Comité préparatoire de la Conférence d’examen du TNP organisée en mai dernier, à Vienne, a indiqué son représentant, avant de réaffirmer le ferme appui de son pays à une mise en œuvre effective du TICEN.  M. Starčević a encouragé tous les États Membres qui ne l’ont pas encore fait, à signer et ratifier cet instrument juridique international.

Concernant les armes de destruction massive autres que l’arme nucléaire, le représentant de la Serbie a indiqué que son pays avait pris les dispositions législatives nationales nécessaires à la mise en œuvre effective des Conventions sur les armes chimiques, sur les armes biologiques et sur les mines anti-personnelles.  Dans le domaine des armes conventionnelles, M. Starčević a déploré l’échec, en juillet dernier, de la Conférence des Nations Unies pour un traité sur le commerce des armes, en assurant cependant que son pays continuerait à soutenir le processus en cours pour parvenir à l’adoption d’un instrument juridique international contraignant qui établisse les normes internationales les plus élevées dans le domaine du transfert des armes classiques.

M. GARY FRANCIS QUINLAN (Australie) a rappelé que le TNP était la pierre angulaire de la non-prolifération.  Pour l’Australie, d’importantes attentes pèsent sur les États dotés de l’arme nucléaire, notamment en matière de transparence.  Le représentant a ensuite indiqué que l’entrée en vigueur du TICEN devrait être une priorité, en invitant par ailleurs les États qui n’ont pas encore ratifié le traité à le faire.  En attendant l’entrée en vigueur du TICEN, l’Australie insiste sur l’importance d’un moratoire sur les essais nucléaires, a-t-il dit.  Le TICEN représente plus qu’un simple engagement concret: il vise à prévenir le développement de futures armes nucléaires, a affirmé le représentant.  Soulignant les lacunes existant dans le régime de non-prolifération, le représentant a fait savoir que son pays était favorable à l’instauration d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient et qu’il attendait avec impatience la convocation d’une conférence sur la question d’ici à la fin 2012.  Avant de conclure, le représentant a évoqué les conséquences de la violence armée, dont les femmes et  les enfants sont les premières victimes.  « Nous étions sur le point d’adopter un traité sur le commerce des armes en juillet dernier », a-t-il rappelé.  Il a souhaité que le projet de résolution portant sur un tel traité fasse l’objet d’un soutien massif, au cours de la présente session de la Première Commission.

Mme DELL HIGGIE (Nouvelle-Zélande) a indiqué que son pays était déçu par l’échec de la Conférence diplomatique de juillet dernier pour parvenir à un accord sur un traité sur le commerce des armes qui soit robuste et global.  La Nouvelle-Zélande félicite cependant l’Ambassadeur Roberto García Moritán, de l’Argentine, pour ses efforts inlassables et reconnaît les progrès accomplis sous son leadership.  Pour la Nouvelle-Zélande, un travail supplémentaire doit être fourni pour renforcer le texte qui était sur la table à la clôture de la Conférence de juillet dernier afin de prévenir que ces armes ne se retrouvent entre les mains de groupes criminels.  La représentante a par ailleurs dit que la communauté internationale du désarmement pouvait tirer une certaine satisfaction du résultat consensuel de la récente Conférence d’examen du Programme d’action sur les armes légères et de petit calibre. 

La Nouvelle-Zélande se félicite de ce que la Conférence d’examen ait pu être capable de se mettre d’accord sur un éventail d’étapes pratiques pour renforcer la mise en œuvre du Programme d’action au cours des prochaines années.  Le défi qui s’annonce devant nous consistera à donner une traduction concrète aux résultats de la Conférence d’examen et d’obtenir des mesures efficaces qui portent leurs fruits au plan humanitaire, a affirmé la représentante.  Elle a ensuite évoqué la Conférence du désarmement, en regrettant que malgré les efforts prometteurs entrepris par l’Égypte et par son Président il y a quelques mois, la Conférence du désarmement n’a pas réussi à sortir de l’impasse pour la quatorzième année consécutive.  « Nous sommes sur le point de perdre patience », a déclaré la représentante, qui a ajouté: « Nous ne pouvons nous résigner devant une Conférence du désarmement qui ne fonctionne pas ».  Lorsqu’un obstacle paralyse les travaux, il faut le contourner, a-t-elle préconisé.

*   ***   *

À l’intention des organes d’information • Document non officiel
À l’intention des organes d’information • Document non officiel.