L’Assemblée se réjouit des progrès dans la lutte contre le VIH/sida et entend des appels au règlement des questions de propriété intellectuelle pour réduire le prix des antirétroviraux

11 juin 2012
AG/11254

L’Assemblée se réjouit des progrès dans la lutte contre le VIH/sida et entend des appels au règlement des questions de propriété intellectuelle pour réduire le prix des antirétroviraux

11/06/2012
Assemblée générale
AG/11254
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Assemblée générale

Soixante-sixième session

115e et 116e séances plénières

matin et après-midi

L’ASSEMBLÉE SE RÉJOUIT DES PROGRÈS DANS LA LUTTE CONTRE LE VIH/SIDA ET ENTEND DES APPELS AU RÈGLEMENT DES QUESTIONS DE PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE POUR RÉDUIRE LE PRIX DES ANTIRÉTROVIRAUX

L’Assemblée générale s’est réjouie aujourd’hui des progrès « sans précédent » dans la lutte mondiale contre le VIH/sida.  Dans son tout premier rapport depuis la Déclaration politique de 2011*, le Secrétaire général affirme « qu’après plus de 30 ans de lutte, la victoire semble enfin à portée de main ».  Mais il qualifie de « particulièrement inquiétante » la baisse inédite des fonds, en 2010 et compte tenu du prix des antirétroviraux, plusieurs pays dont le Brésil et l’Inde, ont appelé au règlement rapide des questions liées à la propriété intellectuelle.

La Déclaration de 2011 sur le VIH/sida consacre l’objectif « zéro nouvelle infection, zéro discrimination et zéro mort ».  Les États Membres s’y engagent, d’ici à 2015, à fournir un traitement antirétroviral à 15 millions de personnes; à éliminer les nouvelles infections chez les enfants; et à réduire de 50% les nouvelles infections par voie sexuelle et parmi les usagers de drogues injectables.

Au cours de la dernière décennie, des progrès sans précédent ont été accomplis.  Dans 22 pays, l’incidence du VIH a diminué de plus de 25% entre 2001 et 2009 et la prévalence du VIH chez les femmes enceintes se rendant dans les services prénatals a diminué en moyenne de 31% dans 24 pays d’Afrique à forte prévalence entre 2000 et 2010. 

Moins de personnes meurent du sida et dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, les antirétroviraux ont permis depuis 1995 à 2,5 millions de personnes de continuer à vivre.  Le nombre annuel de morts liées au sida, soit 1,8 million en 2010, a baissé de 18% depuis le milieu des années 2000.

Mais, tempère le Secrétaire général dans son rapport, il n’y a jamais eu autant de personnes qui vivent avec le sida, environ 34 millions, en fin décembre 2010.  L’Afrique subsaharienne reste la région la plus touchée avec 68% des personnes infectées dans le monde et 70% des personnes qui ont contracté le virus en 2010.

Dans la Déclaration de 2011, les États s’engagent à augmenter sensiblement les fonds consacrés à la lutte contre le sida dans le but de mobiliser 22 à 24 milliards de dollars par an.  Or, le Secrétaire général s’inquiète de ce que les financements ont chuté de 13% par rapport à 2009.  « Avec 2015 pour objectif, on ne peut se permettre de ralentir », a-t-il ajouté aujourd’hui à l’Assemblée générale, tandis que le représentant de l’Australie a fait observer qu’une augmentation de 50% des fonds déboursés actuellement serait nécessaire pour réaliser les objectifs de la Déclaration.

Plusieurs délégations ont en effet fait observer que le coût des antirétroviraux comptait parmi les défis les plus importants à la santé publique et ont appelé au règlement des questions liées à la propriété intellectuelle.  La représentante du Brésil a rappelé qu’il y a 10 ans, la Déclaration de Doha sur les accords sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (TRIPS) a été adoptée et avec elle, l’idée selon laquelle on ne peut empêcher un membre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) d’exercer son droit de protéger la santé publique et d’assurer l’accès de tous aux médicaments. 

Elle s’est dite convaincue que la clause de flexibilité de l’Accord sur les TRIPS est un outil efficace pour réaliser les objectifs ambitieux de la Déclaration politique de 2011.  « Il est essentiel que les intérêts commerciaux et l’appât du gain ne viennent pas ériger des barrières artificielles entre la vie et la mort », a renchéri le représentant de l’Inde, qui a vanté la grande qualité de médicaments génériques.  L’Inde, qui répond à 80% des demandes d’antirétroviraux sur son territoire, est déterminée à faire pleinement usage de la clause de flexibilité de l’Accord sur les TRIPS, a avoué le représentant.  Compte tenu du prix des médicaments, son homologue de l’Afrique du Sud a carrément proposé d’envisager des investissements dans la production locale. 

À l’issue de cette réunion, l’Assemblée générale a adopté une décision** dans laquelle elle se félicite du rapport du Secrétaire général et des recommandations « en tant qu’éléments à examiner » lors des préparatifs de la manifestation spéciale prévue en 2013 pour le suivi des efforts accomplis en vue de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et des débats devant permettre la formulation du Programme de développement des Nations Unies après 2015.  Le représentant de l’Iran a expliqué sa position.

La prochaine réunion de l’Assemblée générale sera annoncée dans le Journal des Nations Unies.

*    A/RES/65/277

 **  A/66/L.49

MISE EN ŒUVRE DE LA DÉCLARATION D’ENGAGEMENT SUR LE VIH/SIDA ET DE LA DÉCLARATION POLITIQUE SUR LE VIH/SIDA

Rapport du Secrétaire général « Unis pour en finir avec le sida: atteindre les objectifs de la Déclaration politique de 2011 » ( A/66/757)

Dans ce rapport, le Secrétaire général annonce d’emblée qu’après plus de 30 ans de lutte, la victoire semble enfin à portée de main.  Présentant ainsi le premier depuis la Réunion de haut niveau de juin 2011 sur le VIH/sida, il a estimé que la communauté internationale a aujourd’hui des motifs d’espoir et d’optimisme.  L’accès aux services essentiels de prévention et de traitement s’est amélioré, les nouvelles infections et les décès liés au sida reculent, et les jeunes des pays à forte prévalence adoptent de plus en plus des comportements sexuels protégés.  De récentes recherches ont montré que le traitement antirétroviral réduisait de 96% le risque de transmission du VIH au sein des couples où l’un des partenaires vit avec le VIH et l’autre n’est pas infecté, et les responsables ont commencé à parler d’un possible « début de la fin du sida ».

Mais, tempère le Secrétaire général, d’immenses difficultés restent à surmonter.  De fortes inégalités persistent dans l’accès aux services essentiels.  Les lois punitives, l’inégalité des sexes, la violence à l’égard des femmes et d’autres violations des droits de l’homme restent un frein et la toute première baisse des fonds consacrés à la lutte contre le sida, observée en 2010, est particulièrement inquiétante.

Dans ses recommandations, le Secrétaire général dit que la communauté internationale doit faire non plus la charité mais la justice et renforcer le sentiment d’appropriation et de responsabilité partagée aux fins d’une action antisida plus durable, dans la logique du nouveau contrat social préconisé dans le Programme d’action quinquennal.  Le Secrétaire général engage en particulier toutes les parties prenantes à redoubler et intensifier leurs efforts pour prévenir de nouveaux cas d’infection par le VIH; renouveler et renforcer la volonté de garantir à ceux qui en ont besoin l’accès au traitement, aux soins et aux services d’accompagnement; promouvoir le respect des droits dans la lutte contre le VIH.

Le Secrétaire général recommande aussi d’envisager d’autres manières d’investir dans la lutte contre le VIH afin de mobiliser les ressources nécessaires, d’améliorer l’utilisation des ressources, de renforcer l’appropriation de l’action antisida par l’Afrique et de pérenniser les résultats.  Il conseille, par exemple, aux partenaires internationaux de se servir des instruments tels que les cadres d’investissement pour aider les pays à concevoir des initiatives d’investissement solides afin d’élargir rapidement la portée des programmes.  Les pays d’Afrique, conseille-t-il encore, doivent tirer parti des efforts de développement de la région pour favoriser l’essor de nouvelles industries et d’économies de la connaissance.  Il faut s’efforcer d’urgence d’intensifier la production nationale et régionale d’antirétroviraux en Afrique subsaharienne et de resserrer la coopération technique Sud-Sud.

Le Secrétaire général recommande enfin de forger de nouveaux partenariats et de nouvelles relations de collaboration pour faire partager les responsabilités en matière de lutte contre le VIH, réduire les risques et renforcer la protection des personnes vulnérables.  Il faut forger des partenariats dans lesquels l’ONU, la société civile, les gouvernements, les établissements universitaires et le secteur privé s’emploient ensemble à régler les questions persistantes telles que l’autonomisation des femmes et des jeunes.  Les parties compétentes doivent tenir compte de l’accroissement des risques et de la vulnérabilité dans les pays en conflit ou sortant d’un conflit et veiller à ce que les programmes de lutte contre VIH fassent partie intégrante de tous les processus de désarmement, de démobilisation, de réintégration et de consolidation de la paix et de réforme du secteur de la sécurité, souligne le Secrétaire général.

Déclarations

M. JEAN-FRANCIS RÉGIS ZINSOU, Vice-Président de l’Assemblée générale, s’exprimant au nom du Président de l’Assemblée générale, M. NASSIR ABDULAZIZ AL-NASSER, a souligné le ferme engagement dont les États Membres ont fait preuve au cours de l’année dernière pour réduire la transmission du sida, en mettant en pratique leurs valeurs communes et leur responsabilité partagée.  Nous sommes en train de réduire de façon impressionnante le taux des nouvelles infections dans les pays les plus touchés et parmi les jeunes, a-t-il remarqué.  Nous arrivons aussi à augmenter le nombre de traitements fournis dans les pays à bas revenu ou intermédiaire, les personnes traitées se comptant maintenant en millions.  Le Président a observé les nombreuses incidences qu’ont ces efforts sur la santé et le développement humain, la promotion des droits de l’homme, la justice sociale et l’égalité des sexes, ainsi que pour rendre les sociétés plus inclusives.  En ce qui concerne les difficultés qui restent à surmonter, M. Al-Nasser a prévenu que les populations risquent davantage de faire l’objet de discrimination et que le financement est en baisse.

Moins de trois ans avant la date butoir de 2015 qu’ont fixée les États Membres dans la Déclaration politique, nous devons nous assurer que les engagements pris soient mis en œuvre, a demandé le Président de l’Assemblée.  Il a insisté pour que la communauté internationale soutienne les programmes de prévention du VIH, de traitement et de soins, y compris les programmes de santé reproductive, de santé maternelle et infantile, d’égalité des sexes, de lutte contre les maladies transmissibles et de renforcement des systèmes de santé.  Il a suggéré d’explorer de nouvelles voies, notamment pour fournir de meilleurs soins de santé pendant la grossesse et l’enfance.  Il faut aussi répondre aux défis de la sécurité alimentaire, de la pauvreté et de la dépendance à la drogue.  S’il est possible d’atteindre les 10 objectifs fixés dans la Déclaration politique de 2011, on ne peut pas y arriver par un seul chemin, a averti M. Al-Nasser, avant d’inviter chaque partie prenante à travailler de concert pour accélérer la campagne de lutte contre le VIH/sida.

M. BAN KI-MOON, Secrétaire général des Nations Unies, a tout d’abord rappelé qu’il avait participé, la semaine dernière, au lancement du Cadre intégré de mise en œuvre destiné à assurer le suivi des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) notamment en ce qui concerne le VIH/sida.  Il a souligné qu’en matière de lutte contre le VIH/sida, la prévention était d’une importance critique.  Il faut, a-t-il affirmé, réduire d’un million les nouvelles infections d’ici à 2015, et cela ne sera possible que si on atteint les personnes à risque, à savoir les travailleurs du sexe, les hommes qui ont des rapports sexuels avec d’autres hommes, les consommateurs de drogue par intraveineuse ainsi que les femmes et les jeunes.  En la matière, il a précisé que cinq millions de jeunes vivent avec le VIH/sida et qu’il y a 3 000 nouveaux cas d’infection parmi ce groupe chaque jour.

Le Secrétaire général a rappelé que la Déclaration politique de 2011 vise à assurer un traitement à 15 millions de personnes d’ici à 2015.  Pour ce faire, il a souligné la nécessité de faire des diagnostics rapides, de rendre les thérapies plus efficaces et de fabriquer de meilleurs médicaments.  Les femmes, a-t-il ajouté, doivent pouvoir accéder à des services de santé reproductive et sexuelle et les mères séropositives obtenir des antirétroviraux afin que leurs enfants naissent séronégatifs.  M. Ban a également engagé les États Membres à appuyer le Plan mondial d’ONUSIDA pour éliminer les nouvelles infections à VIH chez les enfants à l’horizon 2015.

M. Ban a par ailleurs souligné que la discrimination portait atteinte aux efforts de lutte contre le VIH/sida en entravant l’accès des personnes aux services de prévention et aux traitements.  Il a exhorté l’ensemble des États membres à lutter contre la marginalisation des personnes vivant avec le VIH/sida.  Il a ajouté qu’il faisait tout son possible pour que l’ONU devienne un lieu de travail exemplaire et débarrassé de tout préjugé.

Tout ce travail, a-t-il enchainé, nécessite des fonds.  Or, s’est-il inquiété, le financement de la lutte contre le VIH/sida a chuté de 13% par rapport à 2009.  Avec 2015 pour objectif, on ne peut se permettre de ralentir.  Le Secrétaire général a notamment appelé au renforcement des mécanismes de financement existants, notamment du Fonds mondial.  Une génération sans VIH, a-t-il souligné, est une génération qui pourra aider à mettre un terme à la pauvreté.

M. CHARLES THEMBANI NTWAAGAE (Botswana), intervenant au nom du Groupe des États d’Afrique, a fait savoir que les dirigeants africains avaient déclaré 2010 année de prévention et de traitement du VIH/sida et que la Déclaration politique de 2011 avait donné l’élan nécessaire aux efforts du continent.  Il a fait état d’une diminution de 25% des nouveaux cas de VIH/sida dans plusieurs pays africains; 22 pays affichant une nette baisse.  Les morts liées au VIH/sida reculent et les programmes de lutte contre la transmission de la mère à l’enfant ont augmenté considérablement, s’est-il félicité. 

Cependant, a-t-il tempéré, les progrès réalisés restent extrêmement précaires et il est déplorable de constater que seules 37% des personnes vivant avec le VIH/sida en Afrique ont accès à des traitements.  Les femmes et les enfants représentent toujours 59% des personnes infectées.  Observant que l’approche familiale permet de réduire le taux d’infection chez les enfants, le représentant a jugé essentiel de tenir compte des particularités culturelles et des traditions.  Il a convenu de la nécessité de créer un environnement sûr pour les fillettes et des services de santé sexuelle et procréative.

Le représentant s’est déclaré vivement préoccupé par le fait que le financement de la lutte contre le sida n’est pas proportionnel à l’ampleur de la pandémie.  Il a souligné l’importance des sources de financements innovants.  Il n’a pas manqué d’attirer l’attention sur la contribution que pourrait faire la médicine traditionnelle, tout en appelant l’industrie pharmaceutique à privilégier les médicaments génériques.  Le représentant a souligné une autre difficulté importante qui est celle du manque de personnel médical qualifié en Afrique.  

S’exprimant au nom des 14 États membres de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), M. HENRY MACDONALD (Suriname) a fait remarquer qu’au cours des 11 années écoulées, les efforts de cette région avaient été articulés autour du Partenariat pancaraïbéen de lutte contre le VIH/sida (PANCAP).  Il s’agit là d’un exemple de bonnes pratiques car, a-t-il dit, les Caraïbes constituent la seule région au monde où un mécanisme de gouvernance est en place pour tirer parti des engagements pris par les gouvernements, par la société civile régionale, par les partenaires des Nations Unies tels qu’ONUSIDA ou l’Organisation panaméricaine de la santé, ainsi que par les partenaires internationaux de développement. 

M. MacDonald a expliqué que lors de la onzième assemblée générale du Partenariat, qui s’est tenue en 2011 au Bahamas, les États de la CARICOM, ainsi que leurs partenaires, avaient réaffirmé la plupart des engagements pris l’année précédente.  Parmi ceux-ci, il a cité une augmentation de 80% de l’accès aux soins et aux traitements, ainsi qu’une réduction de moitié des nouveaux cas d’infections et l’accélération de la mise en place de programmes destinés à lutter contre les discriminations auxquelles doivent faire face les personnes qui vivent avec le VIH.

De cette approche articulée autour du Partenariat pancaraïbéen, il a noté que les pays de la CARICOM avaient appris qu’il fallait systématiquement aborder les causes profondes des risques et de la vulnérabilité au VIH.  Cela inclut, a-t-il détaillé, la prise en compte des questions d’égalité des sexes, de pauvreté, d’inégalité et d’inclusion sociale.  Notant que l’objectif des Caraïbes était de devenir la première région du monde à éliminer les cas de transmission de la mère à l’enfant, M. Mac Donald a précisé que la CARICIOM examinait toutefois avec prudence les options qui lui permettent d’assurer la durabilité de sa réponse au VIH/sida, étant donné le contexte économique mondial, le manque de ressources extérieures ou de latitude fiscale dans la plupart des pays.  

M. SEA KOSAL (Cambodge), s’exprimant au nom des États membres de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE), a indiqué que les pays de cette région unissent leurs efforts contre la transmission des maladies transmissibles.  Lors de son dix-neuvième Sommet, en 2011, l’ANASE a adopté une Déclaration d’engagement qui prévoit notamment d’éliminer complètement les nouvelles infections, la discrimination, les décès liés au sida, réduire de moitié d’ici à 2015 la transmission du VIH et augmenter l’accès aux traitements antirétroviraux et aux soins pour couvrir 80% des besoins.  Selon le rapport régional de l’équipe spéciale de l’ANASE sur le sida (ATFOA), 1,5 million de personnes vivraient avec le VIH dans les pays de l’ANASE.  La Thaïlande et la Malaisie sont des leaders mondiaux en matière de lutte contre la prévention de la transmission du sida de la mère à l’enfant, a rappelé le représentant.  En ce qui concerne le Cambodge, il a reçu en 2010 le prix de l’Objectif nº6 du Millénaire pour le développement (OMD).  M. Kosal a cependant indiqué que deux autres pays de la région ont connu une augmentation du taux de nouvelles infections et que beaucoup continuent de dépendre de l’aide internationale pour contrôler l’épidémie.

M. ISMAEL ABRAÃO GASPAR MARTINS (Angola), s’exprimant au nom de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) a reconnu des résultats probants.  L’Afrique australe qui représente 4% de la population mondiale compte paradoxalement 36% des personnes infectées.  « Il nous reste moins de quatre ans avant la date butoir de 2015 », a-t-il rappelé, en soulignant que la pandémie freine la capacité des pays de la région à réaliser les OMD.  Il a souhaité que les ressources soient mises à disposition, notamment pour l’accès aux antirétroviraux dont les prix restent très élevés.  À l’échelle régionale, a affirmé le représentant, la lutte contre le sida a été intégrée dans toutes les politiques de santé, avec un effort de valorisation des meilleures pratiques.  L’assistance technique et financière doit être redynamisée et de nouveaux modes de partenariats recherchés.

M. MARTIN BULANEK, délégué de l’Union européenne, a observé que le VIH/sida continuait de poser une menace au développement et a estimé que c’était uniquement en assurant la participation des femmes et des jeunes que l’on pouvait espérer battre la pandémie.  Il a insisté sur la nécessité de renforcer la prévention et la protection des populations les plus vulnérables.  Ma délégation, a-t-il fait savoir, attache une attention particulière aux personnes les plus stigmatisée, notamment les hommes qui ont des rapports sexuels avec d’autres hommes.

L’Union européenne, a enchainé M. Bulanek, a renforcé sa coopération avec différents acteurs et ses politiques ciblent la prévention et les traitements, y compris parmi les migrants.  Les programmes d’information aux niveaux local et régional revêtent une importance particulière et la promotion des préservatifs féminins et masculins doivent faire partie de tous les programmes.

M. DOCTOR MASHABANE (Afrique du Sud) a rappelé que son pays fait partie des 22 pays prioritaires identifiés dans le Plan mondial.  Compte tenu du prix des médicaments, il a estimé qu’il serait peut-être judicieux d’envisager des investissements dans la production locale de génériques.  L’Afrique du Sud, a affirmé le représentant, a changé sa manière de penser la réponse à l’épidémie et a reconnu la nécessité d’aller au-delà du secteur de la santé pour inclure tous les secteurs, départements, institutions, structures, communautés, ménages et individus.  Il a dévoilé un Plan national pour la période 2012-2016 qui pour la première fois, intègre VIH/sida et tuberculose.  Pour prévenir la transmission de la mère à l’enfant, a poursuivi le représentant, le pays a facilité l’accès des femmes enceintes et leurs nouveau-nés aux traitements.  En conséquence, à la fin 2011, le pays a connu une chute significative dans ce domaine.  En avril 2010, a encore dit le représentant, l’Afrique du Sud a lancé une campagne de dépistage volontaire qui a conduit environ 1,7 million de personnes à rechercher un traitement.  En août 2011, le Gouvernement a annoncé que les personnes vivant avec le VIH dont le taux de lymphocytes T CD4+ est égal ou inférieur à 350 sont immédiatement éligibles aux antirétroviraux.

M. GARY QUINLAN (Australie) a rappelé son rôle de cofacilitateur de la Déclaration politique, texte qui trace la voie vers un monde débarrassé du VIH/sida.  Mais à moins d’un changement immédiat dans notre façon de travailler, a-t-il averti, les objectifs risquent d’être une nouvelle série d’échecs.  Rien qu’au cours des trois heures qu’aura duré la séance matinale, 1 000 personnes seront infectées et 600 autres seront mortes, a-t-il indiqué. 

Il s’est dit alarmé par le fait que très peu de pays aient commencé une mise en œuvre pleine et entière des engagements pris dans la Déclaration.  Il a appelé ONUSIDA à prendre des mesures supplémentaire pour aider les pays à intégrer la Déclaration dans leurs plans nationaux, d’ici à la mi-2013 « au plus tard ».  Pour M. Quinlan, il importe de considérer la lutte contre le VIH/sida sous l’angle de l’investissement et de mettre un terme aux programmes qui se sont avérés inefficaces.  Il s’est félicité, à cet égard, du Cadre d’investissement mis sur pied par ONUSIDA et le Kenya. 

S’inquiétant ensuite de la baisse du financement en 2010, il a fait observer qu’une augmentation de 50% du niveau actuel serait nécessaire pour réaliser les objectifs de la Déclaration.  Le représentant a également insisté sur l’importance des services de prévention et de traitement, notamment pour les populations à haut risque.  Il a estimé que les pays devaient comprendre quand et comment intégrer leur politique de lutte contre le VIH/sida.  Il a appelé à des cadres juridique, social et économique favorables, ainsi qu’à une approche fondée sur les droits de l’homme.

Pour la première fois depuis l’explosion de l’épidémie, nous avons la possibilité de la vaincre.  Mais nous ne réussirons pas si nous ne déployons pas des efforts plus efficaces pour atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés, a-t-il averti.

M. GUILLERMO RISHCHYNSKI (Canada) a indiqué que le Gouvernement canadien participe activement aux efforts mondiaux contre le VIH et le sida, en investissant dans la prévention, le traitement et l’accompagnement, ainsi qu’en s’engageant pour la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants, et pour le renforcement des systèmes de santé.  Il a aussi mis l’accent sur l’importance qu’il y a à éliminer la transmission verticale du VIH de la mère à l’enfant.  Au niveau national, le Canada a réalisé des progrès considérables pour répondre aux besoins particuliers des populations touchées de façon disproportionnée par le VIH et le sida, a-t-il dit.  Il a ajouté que l’investissement national du Canada en matière de lutte contre le sida s’élève cette année à plus de 93 millions de dollars.  Le Canada cherche aussi à favoriser la participation des communautés dans la recherche et les programmes, a-t-il dit. 

Mme SYLVIE LUCAS (Luxembourg) a souscrit pleinement au Plan stratégique 2011-2015 d’ONUSIDA, qui vise zéro nouvelle infection, zéro discrimination et zéro décès lié au sida.  Elle a estimé que la lutte contre le VIH ne doit pas se limiter aux seuls aspects de la santé publique, mais implique un choix de société qui comporte des aspects aussi importants que le respect et la promotion des droits de l’homme et des libertés fondamentales.  Alors que la victoire est à portée de main, il ne faut surtout pas lâcher prise, a-t-elle averti.  Mme Lucas a relevé la baisse des ressources annuelles consacrées à cette question, alors qu’il ne reste que quatre ans pour atteindre nos objectifs.  Estimant que les donateurs traditionnels ne peuvent pas combler à eux seuls ce manque, elle a appelé à trouver d’autres moyens.  Elle a suggéré par exemple d’utiliser plus efficacement les ressources disponibles, en en faisant bénéficier surtout les groupes les plus vulnérables.  Elle a aussi proposé de chercher des synergies avec des programmes qui réalisent d’autres objectifs, notamment les Objectifs du Millénaire pour le développement qui ont trait au secteur de la santé.  Mme Lucas a également plaidé en faveur de l’élargissement de l’accès aux soins, notamment en faveur des personnes appartenant à des groupes vulnérables.  En ce qui concerne son pays, elle a indiqué que son aide publique au développement (APD) a atteint 0,7% du revenu national brut en l’an 2000 et a franchi le seuil de 1% en 2009.  Depuis 2005, le Luxembourg a apporté plus de 35 millions d’euros à ONUSIDA et sa contribution volontaire au Programme commun s’élève à 2,65 millions d’euros par an.

Mme ROSEMARY DICARLO (États-Unis) a affirmé que son pays s’est engagé à fournir des traitements à six millions de personnes infectées par le VIH d’ici à 2013.  Elle a rappelé qu’au cours de la dernière Journée mondiale de lutte contre le sida, le 1er  décembre dernier, le Président Obama avait promis que des fonds supplémentaires allaient être consacrés à la prise en charge des femmes enceintes infectées.  En dépit de la crise économique, a-t-elle précisé, près de 4 milliards de dollars seront mobilisés par les États-Unis.  Mais la représentante a souhaité que d’autres bailleurs de fonds prennent le même engagement et noté que le Fonds mondial demeurait la plateforme la plus adéquate pour mobiliser les financements à l’échelle planétaire. 

Elle a salué les progrès réalisés, notamment dans la baisse du coût des traitements.  Elle a tenu à souligner qu’« en adoptant une démarche préventive, nous pouvons modifier l’évolution de la maladie ».  Il nous faut partager les efforts en engageant les gouvernements, le secteur privé et les ONG et impliquer impérativement les femmes, les communautés religieuses et les groupes gay et lesbiens.

Mme REGINA MARIA CORDEIRO DUNLOP (Brésil) a constaté une réduction importante du nombre des transmissions par voie sexuelle, notamment dans les pays à haut risque, mais a néanmoins estimé que de nombreux efforts étaient encore nécessaires pour réduire de 50% le nombre de nouvelles infections d’ici à 2015.  L’éducation sexuelle doit être offerte à tous, ainsi que l’accès aux moyens de prévention essentiels, notamment les préservatifs masculins et féminins.  Elle a également estimé que les gouvernements des pays à haute prévalence devaient mettre en place des stratégies pour répondre aux besoins des populations les plus à risque, notamment les consommateurs de drogue par intraveineuse, les travailleurs du sexe et les hommes qui ont des rapports sexuels avec d’autres hommes.

La représentante a ensuite fait observer que l’accès aux médicaments comptait parmi les défis les plus importants à la santé publique, notamment du fait de leur prix.  Les impératifs de santé publique doivent toujours passer avant les intérêts commerciaux.  En conséquence, a-t-elle dit, les questions liées à la propriété intellectuelle doivent être réglées.  Il y a plus de 10 ans, a rappelé la représentante, la Déclaration de Doha sur les accords sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (TRIPS) a été adoptée et avec elle, l’idée selon laquelle la Déclaration ne peut en aucun cas empêcher un membre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) d’exercer son droit de protéger la santé publique et d’assurer l’accès de tous aux médicaments.  Il est désormais nécessaire, a insisté la représentante, de promouvoir des nouveautés  comme la Stratégie mondiale ou le Plan d’action sur la santé publique, l’innovation et la propriété intellectuelle.  Nous sommes convaincus, a-t-elle conclu, que la clause de flexibilité de l’Accord sur les TRIPS est un outil efficace pour rendre les programmes financièrement viables et réaliser les objectifs ambitieux de la Déclaration politique de 2011.

M. MAFIROANE MOTANYANE (Lesotho) s’est félicité de l’implication d’ONU-Femmes dans l’effort mondial de lutte contre le VIH.  Il a ajouté que cet engagement devrait permettre de promouvoir davantage les efforts de la communauté internationale visant à renforcer les capacités des femmes face à cette pandémie.  Il a affirmé que près du quart de la population du Lesotho est infecté par le VIH, notamment les femmes et les enfants, une situation qui constitue un frein au développement économique du pays.  Le représentant a présenté quelques mesures mises en place par le Gouvernement et notamment la prise en charge médicale de 80% des femmes enceintes infectées et l’octroi de bourses d’études aux orphelins du VIH.  Il a également rappelé que la lutte contre le sida est assimilable au combat pour la survie de l’humanité.

M. YEVHENII TSYMBALIUK (Ukraine) a affirmé que la lutte contre le VIH/sida comptait parmi les principaux objectifs que s’étaient fixés son gouvernement.  Il a notamment évoqué l’adoption d’une loi de lutte contre la transmission du virus et pour la protection juridique et sociale des personnes infectées.  Il a fait savoir que l’Ukraine compte 360 000 séropositifs et qu’une coopération effective avait pu être établie entre le Gouvernement et les ONG.  Les personnes séropositives se sont avérées être les plus importants partenaires du Gouvernement, s’est-il félicité.  Il a également parlé du rôle important des donateurs et a fait savoir que le Fonds mondial avait approuvé un décaissement de 88 millions de dollars en faveur de son pays.

M. DMITRY MAKSIMYCHEV (Fédération de Russie) s’est dit opposé à la proposition de dépénalisation de la prostitution et de la consommation de stupéfiants.  Il a ajouté que de telles mesures ne devraient être prises que par des autorités nationales en tenant compte des réalités de chaque pays.  Il a affirmé que la législation nationale russe prévoit un accès gratuit aux soins et a précisé que 100 000 personnes infectées sont prises en charge par le Gouvernement.  Les nouvelles infections semblent maîtrisées, s’est-il réjoui.  Il a noté qu’en 2011, le Gouvernement russe a consacré 600 millions de dollars pour la lutte contre le VIH, et ce montant devrait être reconduit pour les années 2012 et 2013.  Il a en outre reconnu que le moteur de l’épidémie dans la Fédération de Russie est la toxicomanie, mais, il s’est félicité du succès et de la mobilisation que suscitent les campagnes nationales de dépistage gratuit et volontaire, « cela permet la prise en charge des personnes infectées avant que la maladie ne se déclare », a-t-il expliqué.

M. YUSRA KHAN (Indonésie) a estimé que les cinq dernières années avaient apporté la preuve qu’il était possible de prévenir les nouvelles infections, de sauver des vies et d’améliorer la qualité de vie de millions de personnes atteintes du VIH/sida.  Il a insisté sur l’importance de tirer partie des expériences passées et de partager les meilleures pratiques.  Il a également souligné la nécessité pour les États Membres de centrer leurs efforts et leurs ressources sur des interventions stratégiquement importantes.  Il importe également, a-t-il ajouté, de répondre aux questions des droits de l’homme et aux situations sociales qui réduisent l’accès des personnes à l’information et aux services.  Il faut enfin établir des partenariats élargis entre les différentes personnes impliquées.

M. Khan a ensuite indiqué que malgré les nombreux efforts déployés par son pays, de nombreux défis persistaient.  Trop de personnes échappent aux efforts ou sont victimes de l’ignorance, de la stigmatisation et de la discrimination, a-t-il déploré.  Il a néanmoins fait savoir qu’en Indonésie, la collaboration avec la société civile et les personnes touchées portait ses fruits.

Mme JOSEPHINE OJIAMBO (Kenya) a fait savoir que dans son pays la prévalence du VIH s’était stabilisée aux alentours de 6% et que le nombre des nouvelles infections avait baissé de manière considérable.  Quelque 600 000 personnes suivent actuellement un traitement et les interventions ont permis d’éviter près de 300 000 morts.  La représentante a également évoqué l’existence du Plan national qui vise notamment à réduire de 50% le nombre de nouvelles infections d’ici à 2015.

Mme Ojiambo a ensuite fait savoir qu’au Kenya la majorité du financement venait de la communauté des donateurs et que dans ses allocations budgétaires, le Gouvernement devait prendre en compte la « priorité concurrente » qu’est la lutte contre le paludisme.  Elle a estimé, à ce titre, important d’étudier d’autres dispositifs de financement afin de compléter l’appui des donateurs et les budgets nationaux.  Elle a également soulevé le problème de la fuite des cerveaux qui laisse le secteur de la santé démuni.  Le Kenya, a-t-elle fait savoir, a besoin d’un investissement annuel de 80 millions de dollars sur cinq ans pour mettre en place « un nombre raisonnable » de travailleurs dans le domaine de la santé. 

La représentante a également estimé que des réformes législatives destinées à faciliter l’accès aux médicaments génériques et d’équipements aux normes permettraient de réduire les frais.  Elle a ajouté que dans son pays, une campagne « agressive » avait permis de combattre l’exclusion sociale liée à l’épidémie.

M. OSCAR LEON (Cuba) a expliqué que les inégalités sociales visibles à travers le monde ont fait le lit de la pandémie du sida.  Parmi les principaux obstacles pour le traitement et la prévention du VIH, a-t-il ajouté, figure la discrimination des genres, particulièrement le peu de place accordée aux femmes.  Il a ensuite proposé la mise en place de programmes d’éducation sexuelle en direction des jeunes.  Le représentant a par ailleurs exhorté les pays développés à honorer leurs engagements financiers afin de soutenir les programmes de développement.  Il a également affirmé que malgré le blocus financier et commercial imposé par les États-Unis, le Gouvernement cubain prend gratuitement en charge sa population. 

Il a relevé que Cuba produit six antirétroviraux et poursuit des recherches pour la mise en place d’un vaccin contre le VIH.  Soulignant d’autres progrès, il a évoqué l’élimination de la transmission du VIH de la mère à l’enfant et la baisse significative de la transmission par transfusion sanguine.  Il s’est enfin félicité de la coopération médicale que Cuba mène avec ses pays amis, notamment par l’envoi de professionnels de la santé.

M. JAKKRIT SRIVALI (Thaïlande) a indiqué que depuis l’an dernier, la Thaïlande avait continué d’enregistrer des progrès importants.  Il a cependant fait savoir qu’au cours des cinq années à venir, certaines tranches de la population représenteraient plus de 90% des cas de nouvelles infections, notamment les hommes qui ont des rapports avec les hommes, les travailleurs du sexe et les personnes qui ont des rapports sexuels avec une personne séropositive sans le savoir.  Il a assuré que son pays accordait la priorité à l’égalité entre les sexes.  Il s’attache à améliorer la collaboration au-delà de ses frontières et à prendre en compte la situation des personnes migrantes.  Le représentant a souligné l’importance du rôle que peuvent jouer les Accords TRIPS en matière de lutte contre le VIH/sida.  Les gouvernements, a-t-il notamment estimé, doivent faire appliquer la clause de flexibilité prévue en matière de propriété intellectuelle pour faire baisser le coût des traitements.

M. AMIT KUMAR (Inde) a indiqué que son pays, qui met en œuvre depuis 10 ans un programme national de contrôle du sida, a été cité à l’Assemblée générale, en juin 2011, parmi les trois pays qui ont connu des succès importants dans ce domaine.  En Inde, où le taux de prévalence est de 0,31%, le nombre de nouvelles infections a baissé de plus de 50% au cours des 10 dernières années.  Nous nous sommes concentrés sur les groupes à hauts risques et à un plus grand accès aux antirétroviraux.  Le représentant s’est dit conscient de ce que les personnes infectées doivent toujours faire face à une certaine discrimination, mais que tout est fait pour la combattre, a-t-il assuré.  Il a expliqué le faible taux de prévalence par une politique de prévention très poussée qui vise notamment les travailleurs du sexe, les hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes, les personnes transgenre et les utilisateurs de drogues injectables.

En ce qui concerne la transmission de la mère à l’enfant, M. Kumar a indiqué que la prévention qui touchait 2,3 millions de femmes enceintes en 2007 a atteint maintenant 8,56 millions d’entre elles, avec l’objectif d’atteindre 14 millions d’ici à 2017.  Outre les efforts menés pour combattre les autres maladies transmissibles, M. Kumar a assuré que l’Inde espère donner accès au traitement antirétroviral à 15 millions de personnes d’ici à 2015, avec l’aide de la communauté internationale.  Il a donc appelé la communauté internationale à démanteler toutes les barrières à l’accès universel aux médicaments, dont le prix très élevé des antirétroviraux.  L’Inde répond à 80% des demandes d’antirétroviraux et est déterminée, dans ce cadre, à faire pleinement usage de la clause de flexibilité de l’Accord TRIPS.  Le représentant a souligné que les médicaments génériques offerts à des prix abordables sont aussi d’une qualité élevée.  Il est essentiel que les intérêts commerciaux et l’appât du gain ne viennent pas ériger des barrières artificielles entre la vie et la mort, a tranché le représentant. 

Mme BYRGANYM AITIMOVA (Kazakhstan) a déclaré que le Kazakhstan a un taux de 0,18% de séroprévalence, un chiffre qui laisse voir que ce taux a chuté de 14% de 2008 à 2011.  Elle s’est félicitée de ce que la prise en charge médicale des personnes infectées est de 83,3%, un chiffre flatteur, a-t-elle estimé, en comparaison au 23% des régions d’Europe de l’Est et d’Asie centrale.  Elle a ensuite cité des mesures mises en place par le Gouvernement dans ce combat contre la pandémie, notamment la prise en charge des femmes enceintes infectées et la lutte contre la stigmatisation et autre discrimination, en partenariat avec les ONG.  La représentante a ensuite encouragé les agences des Nations Unies à renforcer leurs programmes communs.  Elle a également souhaité que les autorités de chaque pays déterminent les mesures devant permettre d’améliorer le quotidien des populations.  Elle a, dans ce contexte, souhaité un coup d’accélérateur à la production des antirétroviraux dans les régions et pays les plus touchés par la pandémie.

Mme MARIANNE ODETTE BIBALOU (Gabon) a indiqué que dans le cadre de la Déclaration politique de 2011, son pays avait défini de nouvelles stratégies de sensibilisation et de communication avec les populations.  Cette approche de proximité, a-t-elle précisé, vise l’amélioration des comportements des individus face aux problématiques de prévention, de dépistage et de traitement des infections sexuellement transmissibles, a-t-elle notamment fait savoir.  Elle a indiqué que son gouvernement avait signé avec le Parti mutuel urbain gabonais un partenariat pour une meilleure diffusion des stratégies de prévention.  Un plan opérationnel de communication a également été adopté, a-t-elle ajouté.  La représentante a évoqué l’action des ONG; notamment la campagne de sensibilisation « Can sans sida » organisée pendant la Coupe d’Afrique des Nations 2012 par la Fondation de la Première Dame du Gabon.  Elle a précisé que cette campagne avait permis de dépister 1 500 personnes, de distribuer 488 800 préservatifs et de sensibiliser directement 43 000 personnes.

Mme YANERIT MORGAN (Mexique) a noté qu’il y a environ 33,33 millions de personnes vivant avec le VIH dans le monde et que les nouvelles infections devraient diminuer de 20% au cours de la prochaine décennie.  Relevant que le traitement par antirétroviraux couvrait 36% des besoins en 2009, elle a souligné que l’Amérique latine est la région qui a le plus grand accès aux antirétroviraux, soit 51%.  Nous voulons intensifier les efforts et notamment établir des partenariats aux niveaux régional et mondial, a-t-elle dit, non seulement entre les pays mais aussi avec la société civile, les personnes vivant avec le VIH, les milieux universitaires, la communauté scientifique, les Nations Unies et les autres instances de coopération.  Elle a demandé à tous les pays de travailler en vue de réduire les coûts et les prix des traitements tant dans les pays à bas revenu que dans ceux à revenu intermédiaire.  Elle a aussi lancé un appel pour que les gouvernements redoublent d’efforts en matière de prévention et de promotion de la santé, en se concentrant sur les groupes les plus à risque mais sans diminuer les efforts visant le reste de la population.

M. MOURAD BENMEHIDI (Algérie) a rappelé que l’Afrique subsaharienne compte plus de 60% des personnes infectées à travers le monde.  Il a souhaité une plus grande mobilisation des ressources financières et a relevé que 0,1% d’Algériens sont infectés par le VIH.  Il a présenté les grandes lignes du Plan national qui privilégie la prévention de nouvelles infections et la prise en charge des personnes infectées.  Il a attiré l’attention de la communauté internationale sur la nécessité de faciliter l’accès aux médicaments et de baisser le coût des traitements pour les pays en développement, en particulier ceux d’Afrique subsaharienne.

M. MORTEN WETLAND (Norvège) a invité à travailler de façon plus « intelligente » pour s’assurer que les fonds disponibles pour la lutte contre le sida soient utilisés le mieux possible.  Nous devons donc investir là où les besoins sont les plus grands, a-t-il suggéré, citant ceux des groupes à haut risque.  Travailler « plus intelligemment » signifie aussi faire en sorte que le VIH ne soit pas traité de manière isolée.  Il faut créer des synergies avec d’autres services, comme la détection et le traitement de la tuberculose, les services de santé reproductive, la prévention de la transmission de la mère à l’enfant.  Le représentant a aussi conseillé de donner aux jeunes un accès facile aux services de santé reproductive.  Si le préservatif ne sera jamais la solution en matière de prévention du VIH, il est décourageant de constater que, dans de nombreux lieux, il est encore difficile d’en trouver, a dit M. Wetland.  La prévention du VIH passe aussi par l’atténuation des effets des comportements négatifs, a—t-il ajouté, évoquant les programmes de seringues et les thérapies médicalement assistées qui ont bien réussi en Norvège.  Enfin, rappelant que 60% des personnes infectées par le VIH sont des femmes ou des filles, il a jugé nécessaire d’éliminer les notions négatives de masculinité chez les hommes.  M. Wetland a aussi indiqué que son pays contribue à hauteur de 75 millions de dollars par an au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

M. CARLOS ENRIQUE GARCÍA GONZÁLEZ (El Salvador) a indiqué que dans son pays, qui connait un taux de prévalence du VIH de 0,8%, l’épidémie touche surtout les travailleurs du sexe, les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes, ainsi que les personnes transgenre.  Le pays a adopté la stratégie « llegar a cero » (arriver à zéro) pour réaffirmer son engagement conformément à la Déclaration politique de 2011.  Nous avons aussi fait de grands efforts pour combattre la discrimination des personnes vulnérables face à l’épidémie, a-t-il ajouté, mentionnant à cet égard la campagne « No me etiquetes » (ne me mets pas d’étiquette) qui vise à réduire la discrimination à l’égard des personnes homosexuelles, bisexuelles et transgenres et à promouvoir les services gratuits de santé.  Le représentant a énuméré les autres progrès accomplis par son pays, notamment l’augmentation des traitements antirétroviraux, la création d’un secrétariat à la diversité sexuelle et d’un bureau du VIH dans celui de la défense des droits de l’homme.  En matière de prévention de la transmission verticale, les efforts se concentrent sur le renforcement des capacités du personnel de santé afin qu’il propose la prévention aux femmes enceintes.  Il a aussi donné des détails sur les stratégies régionales dans ce domaine, citant notamment le mécanisme de coordination régionale pour la MésoAmérique que son pays préside.

Mme SHEILA N. MWEEMBA (Zambie) a fait savoir que la Zambie avait organisé de nombreux colloques consacrés aux stratégies de prévention, à commencer par un colloque de haut niveau en 2010 auquel avaient participé les Président et Vice-Président zambiens.  Afin de réduire de 50% le nombre des nouvelles infections, la représentante a appelé la Conférence Rio+20 à trouver des synergies dans l’Agenda pour le développement durable.  Seule la prévention, a-t-elle souligné, peut être considérée comme une solution durable.  La représentante a également parlé de la situation des orphelins et des enfants vulnérables.  Aucun effort ne doit être épargné pour réduire l’impact de la pauvreté abjecte des ménages dont vient la plupart de ces enfants, a-t-elle affirmé, tout en soulignant l’importance de la protection sociale.

M. LE HOAI TRUNG (Viet Nam) a assuré vouloir se joindre aux efforts de la communauté internationale pour atteindre l’accès universel à des programmes complets de prévention, de traitement et de soins contre le VIH/sida, et renverser la tendance d’ici à 2015 en matière de nouvelles infections.  Il a appelé les pays développés à tenir leurs engagements et à soutenir les efforts nationaux.  Le Viet Nam a élaboré une stratégie nationale de prévention et de contrôle du VIH/sida pour la décennie actuelle, avec une vision ambitieuse pour 2030, a-t-il dit.  Le représentant a aussi mentionné l’adoption d’un programme national ciblé sur le VIH pour 2011-2015 qui, entre autres, prévoit de consacrer à la lutte contre le VIH une part plus importante du budget de l’État.  Le Viet Nam a ainsi pu limiter l’augmentation du taux d’infection au VIH à 0,26%, avec un fort déclin d’infections chez les utilisateurs de drogues injectables.  Le représentant du Viet Nam a aussi indiqué que le programme national de méthadone est maintenant appliqué dans 11 provinces et continue de s’étendre.  Parmi les difficultés qu’il reste à surmonter, il a parlé du manque de personnel, de centres de soins, d’équipements et de laboratoires.

M. RAZA BASHIR TARAR (Pakistan) a indiqué que malgré de nombreux succès glanés dans la lutte contre le VIH à travers le monde, il ne sera pas possible, à court terme, de réaliser l’objectif « zéro nouvelle infection, zéro discrimination et zéro mort ».  Parmi les couches sociales les plus touchées au Pakistan, on compte les toxicomanes qui ont un taux de séroprévalence de 27,2% selon des chiffres de 2011.  Globalement, les dernières estimations font état d’un chiffre total de 98 000 cas de VIH/sida, soit 0,1% de la population et l’épidémie semble se déporter des grandes agglomérations vers les petites villes.  Le Gouvernement, a indiqué le représentant, a lancé des programmes de lutte contre le VIH depuis 1986 avec l’appui des partenaires au développement et de la société civile. 

Depuis 2011, a précisé M. Tarar, chaque province du pays s’est approprié ce combat, en tenant compte des besoins qui lui sont propres.  Il a estimé, à son tour, que la lutte contre le VIH/sida doit quitter le secteur exclusif de la santé pour être considérée comme une question de développement à part entière.  « La pauvreté est un facteur de propagation », a-t-il affirmé, ajoutant que le combat contre le VIH doit aller de pair avec celui contre la pauvreté, lequel ne peut se faire sans le concours de la communauté internationale.  Dans ce contexte, « le bien public devrait l’emporter sur l’intérêt des entreprises », a-t-il plaidé.

M. MUSTAFIZUR RAHMAN (Bangladesh) a précisé que le Bangladesh est l’un des pays ayant un taux de prévalence parmi les plus bas au monde, soit 0,1%.  Il a indiqué que les mesures mises en place par le Programme national, en partenariat avec les ONG et les agences des Nations Unies, ont donné lieu à des campagnes de sensibilisation, dont des modules d’éducation au VIH pour les programmes scolaires.  Le représentant a reconnu que malgré son faible taux de prévalence, le Bangladesh demeure vulnérable à la pandémie à cause de la pauvreté ambiante, de la surpopulation et de la mobilité élevée de la population nationale et étrangère.  Il a estimé qu’afin d’atteindre l’objectif « zéro nouvelle infection au VIH », il faudrait que des efforts concertés soient consentis par les pays développés et en développement.  « Il sera impossible de réaliser les objectifs mondiaux sans des fonds suffisants », a-t-il précisé.  Il a plaidé pour un renforcement du soutien financier et technique en faveur des pays en développement.

Mme ROFINA CHIKAVA (Zimbabwe) a indiqué que le taux de prévalence au VIH au Zimbabwe est passé de 29% en 1999 à 13% de nos jours.  Elle a expliqué cette baisse par des actions gouvernementales dans des domaines spécifiques tels que la transmission du VIH de la mère à l’enfant et l’accès aux services de prévention.  Elle a ensuite noté que malgré les obstacles financiers, le Zimbabwe offre des traitements à 350 000 séropositifs sur les 593 000 qui ont besoin de soins, soit un taux de prise en charge de 77%.  La représentante a remercié les partenaires au développement qui accompagnent le Zimbabwe mais elle a regretté la suspension des financements de la part de certains donateurs, une situation qui met en péril pas moins de 66 000 séropositifs qui risqueraient de ne plus avoir accès aux soins dont ils ont besoin, a-t-elle expliqué.  Elle a indiqué qu’une taxe spéciale, le « prélèvement du sida » est retenue sur les salaires des Zimbabwéens afin de financer les programmes de prévention, de soins et de prise en charge.  Mme Chikava a tout de même invité les donateurs à revenir sur leur décision de suspendre leur soutien. 

Après l’adoption de la décision sur la « Mise en œuvre de la Déclaration d’engagement sur le VIH/sida et des Déclarations politiques sur le VIH/SIDA » (A/66/L.49), le représentant de la République islamique d’Iran a voulu que les lois nationales, qui reflètent la particularité culturelle de chaque pays, prévalent dans les programmes et stratégies de lutte contre le VIH/sida.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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