Fin du débat sur l’état de l’économie et de la finance mondiales: prenons les mesures qui permettront une relance et une croissance durables, déclare Ban Ki-moon

18 mai 2012
AG/11237

Fin du débat sur l’état de l’économie et de la finance mondiales: prenons les mesures qui permettront une relance et une croissance durables, déclare Ban Ki-moon

18/05/2012
Assemblée générale
AG/11237
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Assemblée générale

Soixante-sixième session

Débat thématique de haut niveau

Matin

FIN DU DÉBAT SUR L’ÉTAT DE L’ÉCONOMIE ET DE LA FINANCE MONDIALES: PRENONS LES MESURES

QUI PERMETTRONT UNE RELANCE ET UNE CROISSANCE DURABLES, DÉCLARE BAN KI-MOON

L’Assemblée générale a clos, cet après-midi, le débat de haut niveau qu’elle a tenu pendant deux jours sur l’état de l’économie et de la finance mondiales en 2012 par un appel lancé aux États Membres par le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, qui leur a demandé de prendre des mesures concrètes pour aider les populations affectées par les effets de la crise économique et financière qui a vu le jour sur les marchés financiers et boursiers en 2008.

« Ces deux journées de discussions ont été riches et édifiantes, mais il s’agit, à présent, de transformer toutes ces réflexions en mesures concrètes afin d’améliorer les conditions de vie des populations qui, à travers le monde, ont été affectées par la crise », a souligné le Secrétaire général.  « De telles mesures sont en effet indispensables, car nous ne pourrons pas faire redémarrer l’économie mondiale sans développer des politiques et des visions qui soient à la hauteur des défis qui se posent », a-t-il ajouté. 

Avant de conclure ces deux journées d’échanges et de réflexion, au cours desquelles ont eu lieu un débat général et quatre tables rondes, et auxquelles ont participé plus d’une trentaine de chefs d’État, de ministres et d’experts de renommée mondiale, le Secrétaire général, qui a coprésidé cette rencontre de haut niveau aux cotés du Président de l’Assemblée générale, a appelé les participants à entendre et prendre en compte les demandes que les populations expriment dans la rue, au cours de manifestations, ou lors de consultations électorales.

M. Ban Ki-moon a également souhaité que ce débat de haut niveau contribue aux processus qui sont en cours à l’ONU dans les domaines de l’économie et du développement, et notamment aux négociations dans le cadre de la préparation de la prochaine Conférence des Nations Unies sur le développement durable (Conférence Rio+20), qui aura lieu au mois de juin prochain à Rio de Janeiro, au Brésil.

Pendant les débats, plusieurs chefs d’État et ministres ont mis l’accent sur les inégalités qui se creusent entre les pays et sur la situation des populations les plus vulnérables, inégalités qui sont devenues encore plus criantes depuis 2008 et le déclenchement de la crise.  Des intervenants ont également attiré l’attention sur les difficultés particulières auxquelles font face les pays les moins avancés (PMA) et les autres pays en développement qui ont, du fait de la crise, perdu une partie de leurs revenus, notamment ceux tirés des secteurs du tourisme et des exportations.  L’impact de la crise qui sévit dans les pays développés, eux-mêmes victimes du surendettement et des déficits budgétaires, se traduit également pour les pays en développement par une baisse drastique des ressources provenant de l’aide publique au développement (APD), ont relevé de nombreux intervenants en appelant les pays industrialisés à tenir les engagements qu’ils avaient pris en la matière.

« Il était essentiel de se réunir aux Nations Unies pour examiner les questions qui se posent et envoyer au monde un message unifié sur les différents défis économiques auxquels nous faisons face et leur incidence sur le développement », a souligné aujourd’hui le Président de la soixante-sixième session de l’Assemblée générale, M. Nassir Abdulaziz Al-Nasser, dans la déclaration qu’il a faite à la clôture des travaux.

« Les Nations Unies, grâce à leur capacité de rassemblement, qui en font un forum unique en son genre et universel, doivent adopter une position centrale lorsqu’il s’agit de parler d’économie mondiale et de gouvernance de l’architecture économique et financière mondiale », a souligné M. Al-Nasser.

Les quatre thèmes qui ont été examinés au cours des tables rondes organisées dans le cadre de ce débat de haut niveau ont porté, entre autres, sur la lutte contre le chômage et la pauvreté; la maîtrise de l’inflation et de la déflation; les mesures à adopter pour limiter les fluctuations des cours des denrées alimentaires, ainsi que les réformes à conduire afin d’apporter davantage de stabilité et de transparence dans le secteur financier.

Un résumé de ces deux journées de débat sera envoyé très prochainement à tous les États Membres.

Dans la perspective de la Conférence Rio+20, l’Assemblée générale compte tenir la semaine prochaine, à la date du 22 mai, un autre débat thématique qui donnera l’occasion aux États Membres et à des experts de parler du développement durable et de la promotion de l’économie verte.  Les détails de l’ordre du jour de ce débat thématique seront annoncés dans le Journal des Nations Unies.

DÉBAT THÉMATIQUE DE HAUT NIVEAU SUR LE THÈME « ÉTAT DE L’ÉCONOMIE ET DE LA FINANCE MONDIALES EN 2012 »

Débat de haut niveau (suite)

Mme KAMLA PERSAD-BISSESSAR, Premier Ministre de Trinité-et-Tobago, a affirmé que la fragilité mondiale actuelle présentait un risque réel sur les petites économies périphériques et d’autres pays en développement.  Les prévisions mondiales ne sont guère prometteuses, a-t-elle assuré, précisant que le Fonds monétaire international (FMI) envisageait une baisse de la croissance économique mondiale.  Elle passerait de 4% en 2011 à 3,5% en 2012 en raison de la faiblesse de l’activité au cours des deux derniers semestres.  Quelques succès, certes modestes, ont été néanmoins enregistrés grâce à une nouvelle approche du développement, a-t-elle dit, notant que les pays des Caraïbes tablaient sur une croissance de 3% en 2012, après une progression moyenne de 1,7% au cours du premier semestre de 2011.

Mme Persad-Bissessar a dénoncé le fait que les pays en développement se voient contraints de suivre les politiques économiques dictées par ceux du Nord sans qu’il soit tenu compte de leurs particularités économiques et des circonstances sociales.  Il est temps, a-t-elle déclaré, que les États en développement bénéficient d’une plus grande présence à la table des discussions en vue de partager leurs opinions, leurs idées et leurs expériences sociales.  « Nous devons modeler un paradigme économique qui puisse tenir compte de nos intérêts », a-t-elle dit.

Après avoir dressé un tableau général de la situation économique, financière et sociale de Trinité-et-Tobago, le Premier Ministre a souligné que l’objectif de son gouvernement était de bâtir une économie susceptible de générer une croissance endogène basée sur la connaissance et l’innovation, et d’accroître les niveaux de productivité et les exportations en vue de créer de plus grandes opportunités pour des emplois bien rémunérés à tous les niveaux.  Elle a mis l’accent sur l’importance d’une croissance économique forte, plus globale, et mieux ciblée sur des programmes sociaux, y compris le renforcement de la protection sociale et de l’accès à l’éducation.

M. WUNNA MAUNG LWIN, Ministre des affaires étrangères du Myanmar, a mis l’accent dans son intervention sur la nécessité pour la communauté internationale de faire face à la crise économique et financière qui affecte le monde en déployant des efforts plus importants au niveau mondial.  M. Lwin a également reconnu que les Nations Unies jouaient un rôle essentiel en vue de trouver des solutions communes qui puissent satisfaire tous les États.  Il a expliqué que le Gouvernement du Myanmar s’efforçait, pour combattre le chômage, de développer davantage d’industries et d’attirer les investissements étrangers directs en vue de créer un environnement favorable.  Le Gouvernement, a-t-il ajouté, accorde une grande priorité à la lutte contre la pauvreté et au développement rural.  Le Ministre a également demandé la levée le plus rapidement possible des dernières sanctions dont son pays est encore l’objet.  Il a, enfin, lancé un appel à tous les pays à mieux coopérer de façon à pouvoir faire face à des défis économiques mondiaux de plus en plus complexes et de plus en plus intégrés.

M. NICOLAS NAHAS, Ministre de l’économie et du commerce du Liban, a affirmé que la perception du risque et les conditions financières mondiales de plus en plus rendaient difficile l’accès au financement.  Des politiques appropriées sont essentielles pour créer un climat de confiance, a-t-il dit, plaidant pour une ouverture des marchés développés aux produits et à la main-d’œuvre de la région du Liban.  Il convient, a-t-il ajouté, de renforcer le capital humain et d’accroître le rôle du secteur privé. 

De même, a-t-il estimé, les décideurs politiques se rendent de plus en plus compte que les activités novatrices sont essentielles à la croissance économique.  Il a ainsi souligné l’importance de l’innovation, mise en évidence par la mondialisation et par l’évolution rapide des nouvelles technologies, en particulier des technologies de l’information et de la communication.  Le Ministre libanais a conclu son intervention en mettant l’accent sur la nécessité, pour la communauté internationale, de maintenir son soutien à la région du Moyen-Orient et de l’Asie occidentale.  

Table ronde 3: « Limiter les fluctuations des cours des produits de base et accroître la production, le commerce et les investissements ».

Cette troisième table ronde a entendu plusieurs intervenants mettre l’accent sur les problèmes et les pressions qu’ont entraînés les fluctuations des prix des denrées alimentaires ou des matières premières dans leur pays.

Plusieurs économistes et experts ont ensuite mis en garde contre les effets des politiques de barrières et des restrictions destinées à tenter de contrer ces fluctuations.

Avant l’ouverture de cette table ronde, les participants ont entendu une déclaration de M. ANDRY NIRINA RAJOELINA, Président de la transition de la République de Madagascar.  M. Rajoelina a souligné l’impact des crises économique et financière sur le processus de développement des pays les moins avancés (PMA).  Il a ensuite expliqué combien, dans les pays en transition politique comme Madagascar, les conséquences de la crise financière internationale avaient affecté les secteurs de la production, l’investissement et les principales sources de revenu.  Le Président malgache a insisté sur la nécessité d’une solution globale à cette crise à travers une coopération internationale mutuellement avantageuse.

M. LUC OYOUBI, Ministre de l’économie, de l’emploi et du développement durable du Gabon, qui coprésidait cette table ronde, a ensuite ouvert les exposés liminaires en présentant brièvement les difficultés de gestion politique et budgétaire que provoquent les fluctuations des denrées de base.  Citant en exemple le pétrole extrait au Gabon, M. Oyoubi a rappelé qu’en 1997, le prix du baril avait été estimé pour l’année suivante à 15 dollars.  À l’époque, le Fonds monétaire international (FMI) considérait que cette prévision était sous-estimée. Or, à la fin de l’année 1998, le prix moyen du baril avait chuté à 11 dollars.  Il a expliqué que cela avait posé des problèmes budgétaires importants pour le Gabon car les recettes prévues ne s’étaient pas concrétisées et les dépenses envisagées n’avaient pas pu être exécutées.

Mme MARIA KIWANUKA, Ministre des finances et de la planification du développement économique de l’Ouganda, a souligné à quel point les prix des matières premières dépendaient aussi de la croissance des pays industrialisés.  En Ouganda, les prix des denrées alimentaires n’avaient augmenté de 50% que l’année dernière, a-t-elle précisé.  Ce qui a donné lieu, à la fois, à des difficultés pour les ménages et à des pressions sur le Gouvernement, qui avait été contraint de maintenir un certain niveau de vie pour sa population.  La Ministre a aussi fait remarquer que toutes les recettes qui étaient tirées des exportations et des transferts de fonds avaient stagné depuis 2008 et le déclenchement de la crise économique et financière.

Mme VALENTINE RUGWABIZA, Directrice adjointe de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), a mis l’accent sur les changements intervenus dans la situation du commerce mondial au cours des dernières années.  Elle a notamment insisté sur l’augmentation de la part des exportations en provenance des pays en développement sur la scène mondiale.  Cette part, a-t-elle précisé, atteignait 50% des exportations mondiales en 2010, soit une tendance qui témoigne des progrès enregistrés et de la part prise par les pays en développement dans les échanges internationaux, a-t-elle souligné.

Mme Rugwabiza a toutefois fait observer que cette tendance était en train de ralentir depuis l’année dernière et qu’il était de plus en plus question de pressions visant à protéger les économies des pays.  Dans ce contexte, elle a insisté sur la nécessité de maintenir l’intégrité du système commercial mis en place au cours des 60 dernières années, c’est-à-dire axé sur des règles de commerce multilatérales.  Rappelant l’impasse dans laquelle se trouve le Cycle des négociations de Doha, la Directrice adjointe de l’OMC a expliqué que les pays ne savaient pas exactement ce qui allait se passer et que cette incertitude se traduisait par une réticence à mettre en place des réformes. 

M. OTAVIANO CANUTO, Vice-Président du Réseau de la réduction de la pauvreté à la Banque mondiale, a mis en garde contre les interventions des États qui risquent d’aggraver la volatilité des prix.  Il a noté que, malgré la vague de libéralisation qui a eu cours dans les années 1980, les marchés des produits agricoles restaient soumis à des fluctuations, à des pressions et à une compétition croissante.  Cela a, d’une part, changé le visage de l’économie mondiale et, d’autre part, stimulé la mise en place de barrières commerciales, a-t-il précisé. 

S’agissant des ressources naturelles, il a expliqué que des pays exportateurs avaient imposé certaines restrictions visant à faire diminuer les prix au niveau national ou à faire augmenter les taxes à l’exportation.  En outre, on a assisté à toute une série de politiques commerciales destinées à traiter de la volatilité des prix, comme les restrictions des exportations, les politiques anti-monopoles ou les subventions.  En tentant de se protéger des chocs, les gouvernements n’ont parfois fait qu’exacerber l’augmentation des prix de ces matières premières car, compte tenu de l’importance sociale de ces denrées, la demande s’est accrue.

M. YILMAZ AKYÜZ, Chef économiste de l’organisation intergouvernementale « Le Centre Sud », a noté qu’après trois années de relance économique mondiale les scénarios ne demeuraient guère encourageants en raison, entre autres, de l’incertitude qui règne sur les marchés financiers.  Il a précisé que l’une des réactions à la crise financière avait été la mise en place de coupes dans les taux d’intérêt mais que cela avait créé « un tsunami de la monnaie », notamment entre l’euro et le dollar.  Ces coupes ont aussi eu des effets sur les taux de change entre les pays développés et les pays en développement.

Face à cette situation, M. Akyüz a estimé que le renforcement des infrastructures financières internationales et des mécanismes de surveillance n’avaient pas encore été achevés.  Le G-7, le G-8 et le G-20 semblaient être totalement incapables de résoudre ce problème, a-t-il estimé, avant d’insister sur la nécessité pour les Nations Unies de faire preuve d’un plus grand engagement en faveur du processus d’évaluation et de contrôle des activités entreprises en la matière.

Mme GILLIAN TETT, Responsable du bureau du quotidien économique « Financial Times » à New York, a fait remarquer qu’aujourd’hui, et pour la première fois dans l’histoire, un agriculteur africain pouvait obtenir des informations sur les prix des denrées alimentaires sur son téléphone portable.  Dans le même temps, les marchés des produits globaux intéressent aussi les investisseurs comme d’autres avoirs tels que les obligations et les actions.  On assiste donc à des achats à grande échelle de la part de riches investisseurs, de banques ou de fonds de retraite, a-t-elle expliqué.  Cette financiarisation de l’économie n’était pas mauvaise, a-t-elle reconnu, en souhaitant cependant que les marchés soient libres et démocratiques.

Lors du dialogue interactif qui a suivi, la représentante du Népal, qui s’exprimait au nom des PMA, a précisément mis l’accent sur la nécessité d’un fonctionnement plus juste des marchés.  Son homologue du Pakistan s’est demandé comment les efforts entrepris au niveau des banques et de la disponibilité du financement pourraient aider les pays en développement à renforcer leurs capacités de production et à améliorer leurs infrastructures. Il a appelé à des actions collectives pour contrer les effets de la crise économique mondiale.

Le représentant de l’Union européenne a demandé que davantage de progrès soient réalisés en vue de réduire les mesures tarifaires à l’exportation, tandis que le représentant du Viet Nam a insisté sur la nécessité d’éviter toute forme de protectionnisme et a appelé à la reprise des négociations de Doha.  Pour éviter la volatilité des prix, son homologue des Comores a, quant à lui, mis l’accent sur la nécessité d’une plus grande transparence et d’un meilleur partage de l’accès aux informations concernant les marchés alimentaires.  Les représentants du Népal, de la République démocratique populaire lao, de l’Ouzbékistan, de la République de Corée, de l’Algérie et du Maroc ont également pris part à ce dialogue.

Table ronde 4: « Accroître la stabilité, la prévisibilité et la transparence du secteur financier »

Présidée par le Ministre de l’économie et du commerce du Liban, M. NICOLAS NAHAS, cette table ronde s’inscrivait, a précisé ce dernier, dans le débat visant à partager les leçons apprises et à restructurer les règles des marchés et les comportements en vue de bâtir un avenir plus stable dans l’intérêt de toutes les composantes de la société.

M. ABDALLAH BIN SAUD AL THANI, Gouverneur de la Banque centrale du Qatar, a affirmé que les pays de la région européenne avaient pris des mesures importantes, mais qu’ils devraient les mettre en œuvre et offrir un appui plus massif à la gouvernance mondiale.  Il a mis l’accent sur la nécessité d’adopter des politiques financières saines en vue d’améliorer la situation financière des banques et apporter des capitaux suffisants.  Le Gouverneur a souligné l’importance de s’attaquer aux défis structurels du système financier et d’entreprendre des politiques macroéconomiques appropriées. 

M. Al Thani a en outre détaillé certaines des mesures financières prises par les banques dans son pays.  Le Qatar, a-t-il en particulier souligné, attache une grande importance à la diversification économique.  Il tente de développer le secteur privé afin que celui-ci soit plus concurrentiel pour les infrastructures de haut niveau. 

M. JEAN-PIERRE DISERENS, Secrétaire général de la Convention des conseillers financiers indépendants, a affirmé que l’investisseur n’avait confiance ni dans le système financier tel qu’il existe aujourd’hui, ni dans les régulateurs qui veulent réglementer les marchés.  Il faut repenser totalement le système financier, le restructurer afin que l’investisseur puisse reprendre confiance, a-t-il dit, en précisant que l’investisseur était le moteur pour faire redémarrer l’économie.  Le système financier n’a pas besoin de plus de régulation, mais d’une meilleure régulation, a-t-il expliqué.  C’est ainsi, a estimé M. Diserens, que l’investisseur retrouvera confiance dans les marchés.   

M. RAVAGAN SEETHARAMAN, responsable du Groupe de la Banque de Doha, a expliqué que le monde changeait en raison des habitudes de consommation et des nouvelles technologies.  Le système financier ressemble à un jeu de casino, a-t-il constaté.  Les décideurs, a-t-il suggéré, devraient concentrer leur attention sur la stabilité macro-financière et examiner plus étroitement les risques systémiques.  M. Seetharaman a estimé que la crise dans la zone euro était une démonstration claire du conflit existant entre les politiques fiscales et monétaires.  Il a mis l’accent sur la nécessité pour les régulateurs et les institutions internationales d’œuvrer de concert pour identifier les risques mondiaux et planifier des réformes du secteur financier.

De même, les économies devraient intégrer les principes du développement durable dans leurs politiques et programmes afin d’éviter la perte des ressources environnementales.  Cela permettra également à ces économies de réaliser l’Objectif du Millénaire pour le développement visant à assurer la durabilité environnementale.  

M. HANI FINDAKLY, de Clinton Group Incorporated, a affirmé, sur la base des conclusions de la Commission d’enquête de la crise financière, créée par un mandat du Congrès des États-Unis, que le système financier américain était devenu aujourd’hui trop gros, trop concentré, trop opaque et en conflit avec ce qui est en vigueur.  Il a, de même, souligné les lacunes des agences de notation.  Il s’est dit préoccupé par les mesures prises jusqu’à présent, en faisant remarquer que, tout en étant nécessaires, elles demeuraient insuffisantes.  Les banques sont aujourd’hui trop grandes pour être efficaces, a-t-il dit, en soulignant la nécessité de les « restructurer ».  Il a, en outre, souligné l’importance d’un système bancaire unifié.  Les mesures législatives adoptées ne répondent pas pleinement à cette situation, a-t-il dit, en faisant observer que les trop grosses banques ne sont que des bombes à retardement.

M. WILLIAM BLACK, de l’Université du Missouri, a dénoncé les fraudes, les comportements économiques « pervers et leurs supers prédateurs » qui discréditent les marchés et les démocraties.  La criminalité des « cols blancs » remet en cause plusieurs théories économiques néo-classiques, a-t-il expliqué.  Elle crée des revenus économiques fictifs, entretenant des bulles dont l’éclatement provoque des dégâts systémiques à l’économie.  La crise mondiale était prévisible, a-t-il assuré.

Le délégué de l’Union européenne a mis l’accent sur la nécessité d’une meilleure séparation des risques et une plus grande coordination internationale.  Il faut renforcer la gouvernance mondiale, a-t-il dit, en notant que le Conseil de stabilisation mondiale avait un rôle essentiel à jouer à cet égard.  Il est important, a-t-il souligné, de travailler ensemble et de construire des institutions solides basées sur l’état de droit.

Le représentant de la Bolivie a plaidé en faveur d’une réforme profonde du système financier international, un nouvel ordre qui mette un terme au désordre actuel, basé sur un fonctionnent démocratique.  Les pays en développement et les pays émergents peuvent contribuer à la croissance sociale avec un visage social, a-t-il ajouté.  L’origine de la crise provient de l’avidité des pays développés, dont les bénéficiaires étaient les banques du Nord.  Les effets dévastateurs ont frappé les pays en développement, a-t-il souligné.

L’observateur du Saint-Siège a considéré, pour sa part, que les causes de la crise n’étaient pas seulement économiques et financières, mais qu’elles étaient aussi éthiques et morales.   

Déclarations de clôture

En sa qualité de Coprésident du débat de haut niveau sur l’état de l’économie  et de la finance mondiales en 2012, M. BAN KI-MOON, Secrétaire général des Nations Unies, s’est félicité de ce que cette rencontre ait permis la tenue d’une discussion « riche et édifiante », dont il s’agit maintenant de transformer les réflexions en mesures concrètes afin d’améliorer les conditions de vie des populations qui, à travers le monde, ont été affectées par la crise.  Alors que beaucoup de pays ploient sous le poids de la dette, Ban Ki-moon a rappelé que les difficultés actuelles offrent à la communauté internationale une opportunité de prendre de nouveaux engagements. Ceci est indispensable, car, a-t-il ajouté, « nous ne pourrons faire redémarrer l’économie mondiale sans adopter une politique et développer des visions qui soient à la hauteur des défis qui se posent.  Le Secrétaire général a appelé les participants à ce débat de haut niveau à entendre les demandes des populations dans la rue, au cours des manifestations, et à travers les urnes lors des consultations électorales.  Il a émis l’espoir que le résumé des débats de ces deux derniers jours sur l’état de l’économie et de la finance mondiales constitue un apport important pour la Conférence sur le développement durable de Rio, et pour le Sommet du G-20 prévue les 18 et 19 juin à Los Cabos, au Mexique.  M. Ban a souhaité que ces efforts permettent de renforcer la détermination de la communauté internationale et de galvaniser un soutien mondial à l’élaboration d’un programme promouvant un véritable changement en matière économique et financière.  Il a dit que la Conférence Rio+20 offrait une chance de mettre en branle une révolution conceptuelle sur la façon dont sont pensées les politiques mondiales, ce changement de paradigme pouvant permettre au monde de parvenir à une croissance économique équilibrée et dynamique.  

M. NASSIR ABDULAZIZ AL-NASSER, Président de la soixante-sixième session de l’Assemblée générale, a estimé que ce débat de haut niveau sur l’état de l’économie et de la finance mondiales en 2012, auquel ont pris part de nombreux chefs d’État, ministres, experts et autres responsables gouvernementaux, avait été extrêmement productif et interactif.  Le Président de l’Assemblée s’est également félicité de la qualité de la contribution des experts de renommée internationale qui ont pris part aux discussions.

Notant que l’économie mondiale faisait encore face à de nombreux défis préoccupants, M. Al-Nasser a rappelé que la communauté internationale avait été le témoin, ces dernières années, d’une légère reprise économique, mais que celle-ci demeurait encore inégale et faible, tandis que sa durabilité était sujette à question.  « C’est la raison pour laquelle il était essentiel de se réunir aux Nations Unies pour examiner les questions qui se posent et envoyer au monde un message unifié sur les différents défis économiques auxquels nous faisons face et leur incidence sur le développement », a-t-il souligné.  Il a précisé qu’un résumé de ces deux journées de débat serait envoyé prochainement à tous les États Membres.

Le Président de l’Assemblée générale a ensuite passé en revue les quatre tables rondes organisées au cours de ces deux jours, mettant l’accent sur les principales conclusions qu’elles ont suscitées. 

Pour la première table ronde, qui s’est concentrée sur la lutte contre le chômage et la pauvreté, M. Al-Nasser a rappelé combien créer des emplois pour tous était une condition essentielle à la reprise.  Il s’est inquiété du taux élevé de chômage parmi les jeunes, en particulier dans les pays qui connaissent des difficultés nées de leur surendettement.  Il a noté que les débats avaient mis l’accent sur la nécessité de prendre des mesures politiques visant à garantir la création d’emplois décents pour tous ceux qui en ont besoin et à promouvoir des conditions sociales acceptables au niveau national.

Quant à la seconde table ronde, elle a examiné la question de la durabilité de la dette, et les participants à cet échange ont notamment mis en garde contre l’imposition de mesures d’austérité excessives qui pourraient faire obstacle à la reprise économique.  Dans ce contexte, le Président de l’Assemblée a insisté sur le besoin de continuer à améliorer les mécanismes multilatéraux de gouvernance économique et ceux de la surveillance financière pour éviter à l’avenir le déclenchement d’une crise.

S’agissant des débats de la troisième table ronde, dont l’objectif était l’examen des moyens et politiques qui permettraient de limiter les fluctuations des prix des produits de base, dont les produits alimentaires, le Président de l’Assemblée générale a rappelé que les gouvernements devaient créer un environnement propice aux affaires et qui encourage l’investissement.  Il a mis en garde contre la spéculation sur les cours des produits alimentaires et a souligné qu’il fallait que les pays évitent l’adoption de mesures protectionnistes.  Il faut d’autre part conclure de manière positive le Cycle de négociations commerciales de Doha avec un résultat équilibré, global et ambitieux, a déclaré M. Al-Nasser. 

Enfin, en ce qui concerne la dernière table ronde consacrée à une meilleure prévisibilité et transparence du secteur financier, le Président de l’Assemblée a rappelé que la communauté internationale avait déployé d’importants efforts pour tirer les enseignements de la crise financière qui a éclaté en 2008, mais qu’il fallait continuer à faire en sorte que le système financier international soit plus sur, plus transparent et plus stable.  

Avant de clore ces deux journées de débat thématique de haut niveau, le Président de la soixante-sixième session de l’Assemblée générale a estimé qu’il était essentiel que les Nations Unies, grâce à leur capacité de rassemblement, qui en font un forum unique en son genre et universel, adoptent une position centrale lorsqu’il s’agit de parler d’économie mondiale et de gouvernance de l’architecture économique et financière mondiale.

M. Al-Nasser a ajouté que ce débat devrait contribuer aux processus en cours aux Nations Unies, notamment celui qui est en cours pour préparer la prochaine Conférence Rio+20 sur le développement durable, qui aura lieu au mois de juin, ainsi qu’à ceux ayant trait au suivi de la question du financement du développement et à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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