L’Assemblée générale cite la « financiarisation » des marchés agricoles parmi les causes de la volatilité du prix des produits alimentaires

11 avril 2012
AG/11223

L’Assemblée générale cite la « financiarisation » des marchés agricoles parmi les causes de la volatilité du prix des produits alimentaires

11/04/2012
Communiqué de presse
AG/11223
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Assemblée générale                                         

Soixante-sixième session                                   

Débat thématique

matin et après-midi


L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE CITE LA « FINANCIARISATION » DES MARCHÉS AGRICOLES PARMI

LES CAUSES DE LA VOLATILITÉ DU PRIX DES PRODUITS ALIMENTAIRES


Le débat de haut niveau que l’Assemblée générale a consacré aujourd’hui au problème de la volatilité excessive des prix des produits alimentaires a été l’occasion pour les États Membres d’attribuer sans détour ce phénomène à « la financiarisation » des marchés agricoles et de réclamer une plus grande transparence des opérations financières.


Organisé sur le thème « Lutter contre la volatilité excessive des cours sur les marchés des produits alimentaires et les marchés financiers et marchés des produits de base connexes », le débat était divisé en deux tables rondes sur les « Investissements financiers sur les marchés des produits de base: motivations, mécanismes et impacts » et les « Options politiques pour lutter contre la volatilité excessive des cours sur les marchés des produits alimentaires et les marchés financiers et marchés des produits de base connexes ».


La réunion vient d’une initiative du Président de la République dominicaine, M. Leonel Fernandez, qui a vu dans la volatilité du prix des produits alimentaires « une tragédie humaine d’une ampleur inégalée » qui, outre ces effets néfastes sur la lutte contre la pauvreté et la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), met également en péril la stabilité politique des pays en développement.  Il a réclamé la constitution d’un groupe permanent d’études sur la question.


« Contrer la volatilité des prix est essentiel car le principal rôle de l’agriculture est de donner de la nourriture aux gens », a dit plus simplement M. Jomo Kwame Sundaram, Sous-Secrétaire général chargé du développement économique au Département des affaires économiques et sociales.


Cette volatilité est-elle due à un déséquilibre entre l’offre et la demande?  Oui, a répondu M. David Hallam, de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).  Il a imputé l’augmentation de la demande à des facteurs apparus depuis 10 ans, tels que les besoins accrus des économies émergentes. 


Sur le front de l’offre, il a cité le remplacement des cultures vivrières au profit des biocarburants, les niveaux « alarmants » de certains stocks de céréales et des choix politiques « peu avisés » en matière d’exportation.  Les changements climatiques et la mauvaise gouvernance, ont été ajoutés à cette catégorie par M. Jeffrey Sachs, professeur à l’Université Columbia.


Tout au long de la journée, les panélistes et délégations ont vite reconnu que la loi de l’offre et de la demande ne peut expliquer à elle seule la volatilité des prix des produits alimentaires.  Ils se sont attardés sur le caractère néfaste de « la financiarisation » des marchés agricoles, à savoir la transformation des produits alimentaires en produit financier.


« Parler de volatilité ne suffit pas.  Il faut comprendre le fonctionnement du marché des produits de base et reconnaître à quel point il est dominé par les marchés financiers », a commenté M. Heiner Flassbeck de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED).


Un marché fonctionne bien quand les activités commerciales représentent 70% et la spéculation, 30%.  Or, aujourd’hui, nous vivons exactement la situation inverse, a alerté M. Michael Greenberger, professeur de droit de l’Université du Maryland.


« Notre époque est tombée amoureuse du virtuel, des produits dérivés, des indexes.  Mais, quand la nourriture devient virtuelle, ce n’est plus de la nourriture », a renchéri M. Frederick Kaufman, professeur de journalisme à l’Université publique de New York.


M. Peter Kerstens de la Commission européenne a énoncé la proposition de sa Commission sur une nouvelle réglementation des marchés des produits de base.  Elle a été faite en octobre 2011 et attend son adoption par le Parlement européen.  Le représentant de l’Allemagne a carrément prôné la création d’une autorité de supervision internationale.


M. David Hallam de la FAO a mis l’accent sur le Système d’information sur les prix agricoles qui, lancé en septembre 2011 sous l’égide du G-20, a pour objectif de surveiller les marchés des produits alimentaires et, quand cela le justifie, de donner l’alerte pour éviter une volatilité excessive.


On peut penser, a reconnu le Président de l’Assemblée générale, M. Nassir Abdulaziz Al-Nasser, que les questions de régulation financière devraient être laissées aux spécialistes.  Mais, s’est-il défendu, le rôle d’un débat politique n’est pas de définir des solutions techniques ni de remplacer les institutions expertes mais de décider si et quand une question est traitée avec l’urgence qu’elle mérite.


Mais la « financiarisation » est-elle vraiment le problème?  Non, selon M. Bruce Tozer, expert indépendant et courtier spécialisé dans les matières premières, qui a démontré, graphiques à l’appui, que l’instabilité des prix existe « avant même que les marchés financiers s’y intéressent ».


« La financiarisation » est bien réelle mais elle ne doit pas occulter la question fondamentale de l’offre, a acquiescé M Jeffrey Sachs, professeur à l’Université Columbia.  Il a prôné pour l’Afrique, l’amélioration du rendement des producteurs.  Il leur faut un accès aux crédits, à des outils de production plus performants et à de meilleurs systèmes d’irrigation.


Il faut investir dans la recherche-développement, a ajouté, M. José Antonio Ocampo, son homologue à Columbia.


En début de séance, le Président de l’Assemblée générale a présenté ses condoléances au Gouvernement et au peuple de l’Indonésie après le grave tremblement de terre qui a frappé la province d’Aceh. 


Il a aussi rappelé la tenue, demain jeudi 12 avril, à partir de 10 heures, du débat thématique sur la « réduction des risques de catastrophe ».


DÉBAT THÉMATIQUE DE HAUT NIVEAU SUR LE THÈME « LUTTER CONTRE LA VOLATILITÉ EXCESSIVE DES COURS SUR LES MARCHÉS DES PRODUITS ALIMENTAIRES ET LES MARCHÉS FINANCIERS ET MARCHÉS DES PRODUITS DE BASE CONNEXES »


Déclarations liminaires


M. NASSIR ABDULAZIZ AL-NASSER, Président de la soixante-sixième session de l’Assemblée générale, a commencé par présenter ses condoléances au Gouvernement de l’Indonésie après le violent séisme qui a frappé le pays ce matin.  Le Président en a profité pour rappeler qu’il a convoqué pour demain un débat thématique sur la réduction des catastrophes naturelles.


Le thème du débat thématique traduit les profondes préoccupations de tous les États Membres.  Il a appelé ces derniers à se concentrer sur l’effet de la volatilité sur les populations les plus vulnérables dont la vaste majorité vit dans les pays tributaires des importations de produits alimentaires.


Ce débat, a rappelé le Président, fait suite à la résolution A/RES/66/188 de décembre 2011 qui souligne la nécessité d’améliorer la régulation, le fonctionnement et la transparence du marché des produits de base et des marchés financiers pour régler la question de la volatilité des prix.


L’Assemblée générale est un organe politique qui mène des débats politiques.  Il est clair, a-t-il reconnu, que certains d’entre nous pensent peut-être que les questions de régulation financière devraient être laissées aux spécialistes.  Mais, s’est-il défendu, le rôle d’un débat politique n’est pas de définir des solutions techniques ni de remplacer les institutions expertes mais de décider si et quand une question est traitée avec une urgence telle que de nouvelles directives et approches sont immédiatement étudiées.


Notre objectif, a dit le Président, est d’engager un débat sur les causes et l’impact des investissements à grande échelle dans les marchés des produits de base.  Nous devons aussi explorer d’autres démarches pour traiter des faiblesses des marchés financiers.


M. JOMO KWAME SUNDARAM, Sous-Secrétaire général chargé du développement économique au Département des affaires économiques et sociales, a constaté que le « désordre » en matière de volatilité des prix était devenu apparent aux alentours de 2006, période à laquelle la demande semblait dépasser l’offre.  Ce phénomène, a-t-il expliqué, va de pair avec les changements climatiques qui rendent les cours plus fluctuants. 


Pour M. Sundaram, les conséquences de ce phénomène sont claires: la flambée des prix a fait que plus d’un milliard de personnes souffrent désormais de la faim et vivent en deçà du seuil de pauvreté.  Il a également constaté que les petits exploitants doivent désormais prendre des risques inacceptables, sans compter les problèmes de malnutrition chez les femmes et les enfants, notamment.


L’alimentation, a-t-il souligné, est un droit fondamental et le fondement d’une vie décente.  Contrer la volatilité des prix est donc essentiel car le principal rôle de l’agriculture est de fournir des nutriments et de s’assurer qu’ils sont disponibles pour tous à tout moment.


M. Sundaram a ensuite rappelé le lancement du Cadre d’action de l’ONU pour augmenter la production et les filets de protection, ainsi que les initiatives visant à réduire l’effet et les risques de la spéculation.  L’heure est au bilan.  Il faut adopter de nouvelles mesures et faire en sorte que tout le monde ait accès à la nourriture, a-t-il lancé, avant de conclure.


M. DERSA PERCAYA (Indonésie), Vice-Président du Conseil économique et social (ECOSOC), a jugé important de « fortifier » la coordination, au niveau international, dans les domaines de la sécurité alimentaire et du développement économique.  C’est une tâche « urgente » à laquelle doivent participer toutes les parties prenantes, a-t-il insisté, d’autant que ce sont les pays les moins avancés (PMA) qui sont les plus touchés par la volatilité des prix.  Ces parties prenantes et les États Membres doivent assumer la responsabilité collective de travailler ensemble et efficacement pour garantir le droit fondamental à l’alimentation. 


Le Vice-Président a insisté sur le rôle « vital » que les Nations Unies peuvent jouer, en particulier l’ECOSOC, pour faciliter la coordination à travers le système de l’ONU.  Il a espéré que le débat thématique donnera lieu à un consensus fort et à des recommandations concrètes à l’intention de l’ECOSOC pour traiter des problèmes de spéculation financière et de mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).


M. LEONEL FERNANDEZ, Président de la République dominicaine, a rappelé qu’en 2008, pendant la crise financière internationale, son pays a ressenti l’impact de la volatilité des prix alimentaires et pétroliers qui a atteint son pic, quelque temps plus tard.  Depuis lors, cette volatilité est devenue un phénomène récurrent.  La hausse du prix des produits alimentaires s’est transformée en « une tragédie humaine » d’une ampleur inégalée jusqu’ici.  « Un homme affamé est un homme en colère », a prévenu le Président, en rappelant que plus de 60 pays ont été secoués par des troubles sociaux et politiques, pendant que les gouvernements étaient sommés de choisir entre la nourriture, le logement, la santé ou l’éducation.  Les progrès dans la lutte contre la pauvreté et dans la mise en œuvre des OMD ont été mis en danger, a insisté le Président.


Nous devons, a-t-il dit, rechercher des réponses pour clarifier l’état actuel des choses.  La volatilité est-elle due aux fondamentaux des marchés, à l’accroissement de la demande en Chine et en Inde, aux changements climatiques, à la hausse des coûts de transport, aux biocarburants, aux tensions géopolitiques ou aux subventions agricoles?  Beaucoup de questions ont été posées, sans oublier l’accroissement des investissements dans l’agriculture et autres produits de base.  « Voilà des questions importantes qu’il faut examiner avec sérieux », d’autant que c’est de la stabilité politique des pays en développement qu’il s’agit, a averti le Président.  Son intervention a été suivie par la projection d’une vidéo préparée par la délégation dominicaine expliquant le fonctionnement de la spéculation financière et ses effets sur la sécurité des ménages, entre autres.


Table ronde 1: « Investissements financiers sur les marchés des produits de base: motivations, mécanismes et impacts »


Reprenant la parole en sa capacité de modérateur de la table ronde 1, M. JOMO KWAME SUNDARAM, Sous-Secrétaire général chargé du développement économique au DAES, a constaté qu’une poussée vers la libéralisation financière avait eu de nombreuses conséquences.  On voit maintenant que la mondialisation financière a aggravé l’instabilité financière alors qu’elle a enrichi le secteur financier. 


Pour ce débat, M. Sundaram a voulu que l’on distingue niveau et volatilité des prix.  Le niveau peut être influencé par les changements de l’offre et de la demande alors que la volatilité a beaucoup à voir avec la « financiarisation » des marchés et son corollaire, la spéculation.  Mais il a reconnu que la réglementation du secteur financier était très difficile car nous avons affaire à une « cible mouvante » qui multipliera les tentatives pour contrer toute réglementation.


M. DANIEL TITELMAN, Directeur de la Division du financement du développement de la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC), a commencé par des graphiques de l’index des prix entre 2004 et 2011 qui montrent une volatilité marquée des prix des produits de base après la crise de 2008.  Il y a vu des raisons à la fois structurelles et financières.


Du point de vue structurel, il a invoqué les forts taux de croissance dans les économies émergentes qui ont donné lieu à une forte hausse de la demande en matières premières.  Or cette pression de la demande a été exacerbée par des problèmes d’offre tels qu’une productivité agricole assez basse, la hausse des prix énergétiques ou les facteurs climatiques.


Mais, a-t-il poursuivi, la volatilité des produits de base peut aussi s’expliquer par la « financiarisation » des marchés des produits de base, à savoir la transformation de ces produits en produit financier.  La hausse des prix des produits de base a conduit à des pressions inflationnistes comme en a connues la région d’Amérique latine.


M. Titelman a prévenu qu’une réponse efficace exige une stratégie tant au niveau national qu’international.  Elle devrait viser la baisse du prix des produits à l’importation, la stabilisation des marchés agricoles nationaux ou encore la lutte contre la spéculation.  Au niveau régional, les pays devraient s’aider les uns les autres pour résister aux chocs financiers. 


M. WEI XIONG, Professeur d’économie à l’Université de Princeton, a expliqué que dans le passé, lorsque les marchés financiers devenaient volatiles, le prix des produits de base demeurait stable.  Cette tendance n’est plus d’actualité car il y a désormais une corrélation entre les prix de produits pourtant très peu liés entre eux. 


M. Xiong a observé une forte multiplication des positions à long terme avant la crise financière suivie par une forte contraction après septembre 2008.  Cette spéculation a entrainé une volatilité des prix des produits de base.  Il en a résulté une plus grande corrélation entre les cours des produits de base et des bourses.  Les effets de la « financiarisation » des marchés des produits de base changent et reflètent à la fois l’évolution des marchés financiers et celle de l’offre et de la demande. 


M. Xiong a appelé à la prudence quant à l’analyse du mouvement des prix.  Les consommateurs doivent couvrir leurs risques, si possible, et l’ONU doit les aider à se protéger de l’instabilité des prix. 


M. KEIICHI MIYATA, Délégué de la Banque du Japon, a présenté les conclusions du groupe d’études du G-20 dont le mandat est d’établir les faits sur l’évolution et le moteur de la fluctuation des prix des produits de base.  Le groupe s’est concentré à la fois sur les moteurs fondamentaux et financiers.  Il a exploré les conséquences de la fluctuation et des politiques mises en œuvre.  Le groupe préconise une implication des gouvernements pour appuyer un bon fonctionnement des marchés des produits de base.  Il a jugé aussi essentiel d’injecter plus de transparence dans la collecte des données.  Les États, dit-il encore, doivent dépasser leur perspective nationale pour traiter de la volatilité et adopter, au contraire, une perspective mondiale.


M. HEINER FLASSBECK, Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), a indiqué que les places financières sont caractérisées aujourd’hui par des sommes considérables qui ne correspondent pas à la taille des marchés réels, ce qui provoque un déséquilibre très important.  Pourquoi des sommes aussi considérables?  Pour répondre, l’expert de la CNUCED a pris l’exemple du marché du pétrole.  Alors que le monde a été inondé de pétrole, le prix de l’or noir n’a cessé d’augmenter.  Il a attribué ce phénomène aux mouvements spéculatifs qui font monter artificiellement les prix en assurant des retours sur investissement importants. 


M. Flassbeck a aussi parlé d’une étude sur le réal brésilien et le yen japonais qui a mis en lumière le fait que les mouvements spéculatifs ont entraîné une appréciation du réal alors qu’il devait subir une dépréciation.  Parler de volatilité ne suffit pas.  Il faut comprendre comment fonctionne le marché des produits de base et à quel point il est dominé par les marchés financiers.


M. FREDERICK KAUFMAN, Professeur à CUNY’s Graduate School of Journalism, a relevé « l’ironie » du monde actuel: on veut des prix stables pour un produit, la nourriture, qui par nature n’est pas stable.  Le marché des produits de base a justement été créé pour assurer la stabilité des prix, a dit l’orateur, en invoquant l’histoire.  In 1991, a-t-il rappelé, la banque d’investissement Goldman Sachs a créé l’indice des prix des produits de base qui a conduit à des positions à long terme et au déversement de centaines de millions de dollars.  Mais, la nature même des marchés n’est pas de faire des investissements à long terme.  Par conséquent, le « choc de la demande » a eu un effort subversif, jetant des milliards de personnes dans la famine.


Nous devons nous rappeler que ce sont les hommes qui font les marchés, a-t-il souligné.  Il est temps de les remodeler par la régulation.  Il faut imposer une limite de temps dans les positions pour prévenir la spéculation car, il faut bien le dire, les banquiers sont très peu intéressés par les marchés, ils le sont par l’argent.  Il faut aussi plus de transparence pour éviter les « deals secrets » et les mouvements d’argent. « Notre époque est tombée amoureuse du virtuel, des produits dérivés, des indexes.  Mais quand la nourriture devient virtuelle, ce n’est plus de la nourriture », a prévenu l’orateur.


Le débat qui a suivi la présentation des panélistes a été l’occasion pour les délégations de faire écho aux préoccupations face aux effets délétères de la spéculation financière sur les marchés des produits de base et de multiplier les propositions pour contrer ce phénomène, « tragédie incommensurable » selon la représentante du Mexique.


Dans un premier temps, la représentante du Brésil a préconisé une plus grande transparence dans le marché des produits dérivés et a appelé les dirigeants du G-20 à mieux contrôler les marchés financier et agricole.  À son tour, le représentant de l’Union européenne, appuyé par le représentant de la Banque du Japon, a prôné une plus grande transparence et une réglementation plus stricte de ces marchés.


Avec la financiarisation des produits alimentaires, on ne peut considérer le marché de ces produits comme un marché distinct de celui des capitaux, a reconnu le représentant de l’Égypte.  Les gouvernements ne doivent plus être à la traîne dans l’analyse des marchés, a préconisé le représentant de la CNUCED.  Il faut se pencher en premier lieu sur les causes structurelles de ce phénomène, a estimé son homologue de l’Uruguay


Comment les PMA peuvent-ils se positionner, s’est interrogé pour sa part le représentant du Bangladesh.  Seules la baisse des tarifs douaniers et la suppression des subventions agricoles permettront un commerce plus juste, a répondu son homologue de l’Uruguay, avant d’appeler à la conclusion urgente du Cycle de Doha.


Son homologue de l’Égypte a vu dans le Système d’informations sur les marchés agricoles (AMIS) un bon point de départ pour limiter la spéculation financière.  Le représentant de l’Union européenne a acquiescé et salué, par ailleurs, le projet pilote de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) sur les réserves d’urgence.


Il faut en effet mettre l’accent sur la recherche, le transfert de technologie et les investissements dans le secteur agricole, a estimé son homologue du Mexique.


L’ONU doit aider le consommateur à se protéger, a insisté le professeur de l’Université de Princeton.  Son homologue de CUNY’s Graduate School of Journalism a proposé que les réserves céréalières réelles soient utilisées comme mesure pour stabiliser « le marché virtuel » des céréales.


Table ronde 2: « Les options politiques pour lutter contre la volatilité excessive des cours sur les marchés des produits alimentaires et les marchés financiers et marchés des produits de base connexes »


Avant de donner la parole aux conférenciers, l’Économiste et Professeur à l’Université Columbia de New York, M. JOSÉ ANTONIO OCAMPO, a posé plusieurs questions: Comment réguler les marchés des produits de base pour remédier aux problèmes évoqués ce matin?  Y a-t-il une « courroie de transmission » entre l’instabilité des marchés financiers et l’instabilité des marchés des produits de base?  Dans quelle mesure les marchés ont-ils une vue suffisamment à long terme des choses pour protéger les investisseurs à court terme?  Dans cette optique, a-t-il dit, cette seconde table ronde peut être axée sur deux points principaux: la régulation des marchés, d’une part, et l’utilisation des instruments de marché pour protéger les producteurs de l’instabilité des prix, d’autre part.


M. David Hallam, Directeur de la Division du commerce et des marchés de l ’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), a détaillé le travail entrepris par la FAO dans les différents domaines évoqués, tant au cours de la matinée, que par le professeur Ocampo.  Il a expliqué que la FAO avait établi un indice des prix des produits alimentaires, qui est un instrument important, a-t-il dit, et qu’elle continuait à recueillir beaucoup d’informations sur les produits de base, tout en fournissant également une assistance aux décideurs politiques sur la façon de remédier à la volatilité des prix des produits alimentaires. 


Il a aussi souligné le rôle de la FAO dans la préparation des rapports du G-20, et a tenu à mettre l’accent sur l’initiative du G-20 en faveur du nouveau Système d’information sur les prix agricoles.  « En 2006, la FAO avait prédit ce qui arriverait en 2007-2008 mais elle n’a pas été entendue », a-t-il rappelé, émettant l’espoir que ce Système d’information serait un outil efficace pour alerter sur les vulnérabilités imminentes. 


Lancé en septembre de l’année dernière et créé sous l’égide du G-20, l’objectif du Système d’information est de surveiller les marchés des produits alimentaires et, quand cela le justifie, donner l’alerte afin d’éviter une volatilité excessive, a-t-il expliqué.  Ce Système est par ailleurs abrité par la FAO.


M. Hallam a encore rappelé qu’il n’y avait pas de facteur unique à l’origine de la volatilité des prix des produits alimentaires mais il a noté, à l’instar des intervenants de la matinée, l’apparition de nouveaux facteurs depuis 10 ans.  Il a notamment cité, à titre d’exemple, l’augmentation de la demande dans les économies émergentes, les biocarburants et l’intérêt accru des acteurs financiers dans les marchés agricoles.  Il a aussi estimé que certains éléments de cette volatilité n’avaient pas été mentionnés ce matin, comme le niveau des stocks dont ceux de certaines céréales qu’il a estimés « alarmants »; les choix politiques peu avisés en matière de restrictions à l’exportation, par exemple; et la spéculation et la « financiarisation » des marchés agricoles. Il a reconnu qu’il était difficile de tirer de cette situation des politiques adéquates.  Il a conclu en expliquant que la FAO avait mené des analyses poussées de toutes les options politiques possibles.  Celles-ci ont montré que, dans nombre de cas, les mesures prises par les décideurs ont eu très peu d’effets ou ont été, parfois, contraires aux buts recherchés.


Il a cité, à titre d’exemple, la mise en place de politiques commerciales tant dans le domaine des exportations que des importations qui ont eu, a-t-il dit, un effet limité.  D’autres options, a-t-il ajouté, comme l’établissement de filets de protection ou les subventions agricoles, sont très controversées.  En définitive, une seule constante est acceptée de manière unanime, a-t-il poursuivi, c’est qu’il faut davantage de transparence dans le domaine des prix et des produits alimentaires. 


M. JEFFREY SACHS, Professeur à l’Université de Columbia, a relevé une situation caractérisée par une crise financière grave doublée d’une crise de l’offre alimentaire dans les pays à faible et moyen revenus.  Cela ne doit pas occulter d’autres questions fondamentales comme l’offre agricole, d’autant que les céréales sont utilisées maintenant pour produire des biocarburants.  D’autres crises majeures suivront, a-t-il prévenu.


L’indice des prix de la FAO montre que l’on a franchi la ligne jaune.  Quand 50% des revenus sont consacrés à la nourriture, c’est la crise et cette crise ne résulte pas de l’intérêt des marchés financiers pour les produits alimentaires.  Cet intérêt, a-t-il martelé, n’est pas un facteur de la hausse des prix des produits alimentaires.  Regardons plutôt du côté des changements climatiques, a-t-il estimé.


L’augmentation du rendement des producteurs africains pourrait améliorer la sécurité alimentaire sur le continent.  Il leur faut donc un accès aux crédits, à des outils de production plus performants et à de meilleurs systèmes d’irrigation.


Au Sahel et dans la corne de l’Afrique, la situation résulte de la sécheresse et aussi d’une gouvernance défaillante qui influe sur la dynamique alimentaire.  La crise alimentaire en Afrique ne peut pas être résolue par les marchés financiers.  La solution se trouve en Afrique elle-même.


M. Sachs a rappelé que le G-8 avait promis des efforts pour les petits producteurs mais la promesse n’a pas été tenue.  C’est un problème.  Il faut se concentrer sur le financement des petits exploitants et faire face avec détermination aux changements climatiques. 


Il faut aussi investir dans la recherche, a ajouté le modérateur, M. José Antonio Ocampo.


M. Michael Greenberger, Professeur à la faculté de droit de l’Université du Maryland, a estimé que la situation des prix des produits alimentaires prenait une mauvaise tournure en s’axant à ce point sur la « financiarisation ».  Il a, à cet égard, mis l’accent sur la situation particulière des États-Unis où certains spéculateurs, notamment ceux de la banque d’affaires « Goldman Sachs » spéculaient sur les indices de prix des produits de base.  L’argent gagné par ces spéculateurs et leurs clients est ensuite investi ailleurs et pas réaffecté à des agriculteurs qui ont pourtant besoin de protection et d’une police d’assurance pour faire face à des rendements fluctuants. 


Il a ensuite rappelé que le Président américain Franklin D. Roosevelt avait mis des limites à la participation des spéculateurs dans ces marchés spécifiques.  « La spéculation excessive doit cesser », a-t-il dit, puisque l’on sait qu’un « bon fonctionnement » du marché veut dire 70% d’activités commerciales et 30% de spéculations.  « Or, aujourd’hui, nous vivons exactement la situation inverse », a-t-il alerté. 


À titre de comparaison, il a cité la spéculation sur le marché du brut, dont le cours est passé à 110 dollars alors après une baisse à 75 dollars en 2009.  Le problème n’était pas l’offre ou la demande mais bien la spéculation.  Il a fait siennes plusieurs recommandations émises, quelques minutes auparavant, par le professeur Jeffrey Sachs, mais, a-t-il ajouté, « il est clair que le fait que des propriétaires de casinos, par exemple, soient de plus en plus présents sur les marchés à terme a un impact sur les produits de base ». 


Dans ce contexte, il a estimé qu’il fallait arrêter la « pratique des paris » que l’on peut prendre sur les prix des produits de base.  Il a réitéré sa crainte de voir la présence toujours accrue des opérateurs des marchés financiers sur les marchés des produits de base.


M. PETER KERSTENS, Commission européenne, a dénoncé le manque de données cohérentes et de transparence sur les marchés à terme et au comptant des produits de base.  Le consensus existe pourtant pour exiger de la transparence.  Il a parlé de la nouvelle réglementation proposée par la Commission européenne, consistant pour les investisseurs à indiquer leurs prix, la date d’émission des offres et le volume des transactions.  Le deuxième volet de la proposition est d’établir des transactions de gré à gré faites en toute transparence.  L’objectif est de faciliter la publication du prix juste et de faire jouer la concurrence. 


Le troisième volet de la proposition exige des déclarations par types d’opérateurs et par semaine, avec la ventilation complète des positions de chaque acteur.  Un autre élément est de renforcer la notion de délit d’initié qui s’appliquera aux actions et aux produits de base.  Cette proposition est sortie en octobre 2011 et entrera en vigueur dès lors qu’elle sera adoptée par les États membres de l’Union européenne.


M. Bruce Tozer, Expert indépendant et courtier spécialisé dans les matières premières, a fait remarquer, à l’aide d’un graphique illustrant l’évolution des prix, que l’instabilité des prix existe « avant même que les marchés financiers s’y intéressent ».  Les prix du café, du coton, du soja, par exemple, ont connu 35 à 50% d’instabilité, puis cette instabilité a baissé au cours des 12 derniers mois pour atteindre un pourcentage d’environ 20%, a-t-il dit.  Il a dit qu’il était complexe d’établir les raisons de ce phénomène.  Il a retenu que la crise russe, par exemple, avait déclenché des variations de prix, c’est-à-dire un facteur de demande qui pèse très fort, mais il a également constaté que « toute personne de bon sens dira que les fonds qui circulent sur les marchés des produits de base sont source d’instabilité ».  Le problème est complexe, a-t-il dit, en ajoutant que la complexité n’est pas uniquement fonction de la demande ou de la spéculation. 


M. Tozer a mis l’accent sur l’un des problèmes majeurs pour le consommateur ou le producteur de cette « financiarisation » qui est, selon lui, l’augmentation du coût du crédit.  Le coût économique de la volatilité est donc qu’il fragilise l’économie réelle.  On a vu, par exemple, a-t-il dit, des sociétés de courtage pourtant solides connaître des difficultés à cause d’un accès limité aux crédits nécessaires pour couvrir les risques.  « Lorsqu’on cherche à limiter la spéculation, il faut veiller à ne pas créer de problèmes de liquidités », a-t-il prévenu.


M. LEONEL FERNANDEZ, Président de la République dominicaine, a conclu la série d’exposés de cette deuxième table rondeen parlant du rôle de la communauté internationale et des Nations Unies.


Il a constaté la difficulté et la complexité qu’il y a à trouver un consensus sur le sujet.  Deux écoles de pensées émergent des exposés, a regretté le Président.  Notamment celle du professeur Jeffrey Sachs qui dédouane les marchés financiers et des autres qui minimisent les changements climatiques et l’introduction du biocarburant au détriment de la culture vivrière. 


M. Fernandez a estimé que ce sont bien les mouvements spéculatifs qui perturbent le fonctionnement normal des marchés traditionnels.  Le volume des investissements a augmenté non seulement pour les produits de base mais aussi pour les produits pétroliers.


Il faut voir la situation sur le long terme, a-t-il expliqué.  Les niveaux trop faibles des prix pendant les années 60-70 et 80 n’ont pas favorisé les producteurs mais pendant 30 ans, les prix sont restés stables. 


À la crise financière de 2008 se sont ajoutées d’autres crises comme les crises alimentaire et pétrolière.  Quelque chose d’inhabituel est survenu en quelques mois en 2008. 


Il a aussi attiré l’attention sur la création de tensions géopolitiques dont profitent les spéculateurs, en prenant l’exemple de l’Iran.  La rhétorique des menaces ont fait bondir le prix du pétrole sans que les menaces n’aient été exécutées, a observé le Président.  Cette anticipation du marché n’a rien à voir avec la loi de l’offre et de la demande et pourtant, il s’agit toujours de transactions financières.  C’est la base du problème, a-t-il tranché.


La réunion des ministres de l’agriculture en 2011 a évoqué le rôle de la communauté internationale sur la volatilité du prix des produits de base.  Le but est, a-t-il souligné, d’assurer la sécurité alimentaire à long terme.  Pour y parvenir, la réunion a recommandé des investissements dans la productivité et la gestion de la volatilité.  À court terme, a ajouté le Président, il faudra bien assurer la transparence des marchés en créant des mécanismes d’informations.


Il faut aussi penser à des mécanismes de régulation pour mesurer l’impact des marchés sur les populations vulnérables.  « Nous sommes confrontés à des problèmes aux multiples causes.  Il ne faut pas que les arguments s’excluent.  Ils doivent être complémentaires et leur conjugaison devrait permettre à la communauté internationale de déterminer le rôle qu’elle doit assumer », a terminé M. Fernandez. 


Axé sur les options politiques qui permettraient de lutter contre la volatilité excessive des prix alimentaires, ce second débat interactif a vu plus d’une quinzaine d’intervenants mettre l’accent sur la transparence des marchés, la nécessité de coordonner les efforts ou sur l’assistance à fournir aux pays en développement.


Le représentant de l’Algérie, s’exprimant au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a ainsi estimé que la communauté internationale devait faire face au défi de la volatilité excessive en élaborant des stratégies collectives agréées sur la base du multilatéralisme et en renforçant les capacités des pays en développement.  Il a aussi estimé que les modes de production et de consommation ou les gaspillages dans les pays développés méritaient une plus grande attention. 


Il a interrogé le représentant de la FAO sur la tendance qui voit des investisseurs acquérir massivement des terres agricoles dans les pays en développement, à des fins de spéculation.


La représentante de l’Alliance des petits États insulaires (AOSIS) a rappelé que les 43 États membres de l’Alliance étaient limités en terre, en ressources agricoles ou en eau et, dès lors, très dépendants des importations.  Elle a exhorté l’ONU à jouer un rôle central dans la coordination des efforts de lutte contre la volatilité des prix des produits alimentaires et a demandé à ce que les États les plus vulnérables soient dûment entendus dans ce processus.


Son homologue du Pakistan a également mis l’accent sur la participation des pays en développement.  Faisant remarquer le manque d’informations sur les marchés des produits alimentaires, il a insisté sur l’aboutissement du Cycle de Doha et sur l’amélioration de l’accès aux marchés des produits agricoles en provenance des pays en développement. 


À son tour, le représentant du Maroc a souligné la nécessité d’une meilleure coordination entre les initiatives et de parvenir à un consensus, au niveau international, sur les actions à entreprendre.  Il a, à l’instar d’autres délégations, mis l’accent sur la transparence des marchés afin d’éviter, a-t-il dit, des abus et des dysfonctionnements.  Il a encore invité la communauté internationale à aider les pays en développement à investir dans leurs capacités agricoles. 


La délégation de l’Argentine a ensuite expliqué que, en tant qu’important producteur alimentaire, le pays tente, par le biais de partenariats publics et privés, de renforcer la sécurité alimentaire.  L’Argentine a ainsi augmenté de 40% sa production, passant à 70 millions de tonnes sa production de céréales, et malgré une vulnérabilité aux phénomènes climatiques, il compte bien poursuivre sur cette lancée.


Le représentant du Burkina Faso a regretté qu’il faille encore convaincre la communauté internationale de la dimension sociale de l’alimentation.  Rappelant que plusieurs pays de la région du Sahel, dont le sien, le Niger ou le Mali, sont confrontés à la faim et à la malnutrition, il a voulu que la fixation des prix des denrées alimentaires tienne compte de cette dimension sociale.  « La question de la sécurité alimentaire est une question plus sociale que commerciale », a-t-il dit.


S’agissant de la présence des spéculateurs sur les marchés des produits agricoles, le représentant de l’Allemagne a estimé qu’une autorité de supervision au niveau mondial devrait avoir la capacité de limiter la spéculation et les abus.  Il a aussi plaidé pour davantage de transparence sur les marchés, ainsi que pour le renforcement des échanges de produits agricoles au niveau régional.


À l’issue de ce débat thématique, le Président de la République dominicaine a noté que les intervenants avaient entendu des points de vue divergents mais qu’il existait cependant de nombreux points d’accord, comme la nécessité d’accroître la production agricole, de consacrer d’avantage d’investissements à la recherche et aux innovations agricoles ou de prêter plus d’attention aux changements climatiques. 


Il a estimé que, pour l’Assemblée générale, la prochaine étape sur ce sujet serait la création d’un groupe permanent d’étude sur ce thème spécifique qui serait en contact avec la FAO et toutes les organisations qui s’occupent directement ou indirectement de ce sujet.   Il a aussi souligné qu’il existait différentes institutions et groupes sur cette question, notamment le Groupe de haut niveau sur la sécurité alimentaire qui inclut 22 organismes des Nations Unies.  Il s’est aussi félicité de qu’il existe déjà, en Europe et aux États-Unis, des initiatives pour contrôler les abus des marchés mais il a dit craindre que ces abus se déplacent du coup vers d’autres régions du monde.  Il a plaidé pour des efforts coordonnés en la matière.


Le Président de la soixante-sixième session de l’Assemblée générale a résumé les grands axes des différentes interventions et a d’abord rappelé que le nombre de personnes mal nourries avait atteint le milliard, et ce, pour la première fois dans l’histoire.  Il a souligné qu’en Afrique, la volatilité des prix des produits alimentaires rendait impossible la réalisation du premier OMD visant à réduire de moitié la faim et la pauvreté d’ici à 2015. 


Il a aussi rappelé que la crise alimentaire avait débouché sur des troubles sociaux dans près de 30 pays depuis 2008.  Il a émis l’espoir que les faits présentés aujourd’hui aideraient à mieux maîtriser et comprendre les défis et a affirmé que toutes les observations faites seraient prises en compte.  Il a ensuite annoncé qu’au mois de mai, il organiserait une réunion de haut niveau sur l’état de l’économie mondiale et il a estimé que le débat d’aujourd’hui contribuerait à sa préparation.


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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