Éducation, médias sociaux, respect des diversités: l’Assemblée générale réfléchit aux moyens d’établir des passerelles entre les cultures

22 mars 2012
AG/11216

Éducation, médias sociaux, respect des diversités: l’Assemblée générale réfléchit aux moyens d’établir des passerelles entre les cultures

22/03/2012
Assemblée générale
AG/11216
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Assemblée générale                                         

Soixante-sixième session                                   

matin et après-midi

ÉDUCATION, MÉDIAS SOCIAUX, RESPECT DES DIVERSITÉS: L’AssemblÉe gÉnÉrale rÉflÉchit

aux moyens D’ÉTABLIR des pASSERELLEs entre les cultures

Les délégations soulignent également le rôle que peuvent jouer les jeunes

Le rôle des jeunes pour faire progresser la compréhension entre les cultures et l’importance du respect de la diversité culturelle en vue de garantir la paix et le développement durable dans le monde ont été, aujourd’hui, au cœur d’une journée de débats thématiques organisée par l’Assemblée générale, à laquelle ont participé des hauts responsables de l’ONU, des universitaires, ainsi que des représentants de la société civile et de la jeunesse.

« Pourquoi la culture est-elle encore trop souvent perçue comme une source de division et non comme la voie vers le dialogue ou la solidarité humaine? », a regretté, à l’ouverture des débats, le Président de l’Assemblée générale, M. Nassir Abdulaziz Al-Nasser, qui avait pris l’initiative de cette journée en partenariat avec l’Alliance des civilisations. 

Et pourtant, a rappelé M. Al-Nasser, « l’Histoire nous a enseigné que l’exclusion mène à la diabolisation de l’autre et que la diabolisation de l’autre mène au conflit ».

Créée en 2005 à l’initiative des gouvernements espagnol et turc, l’Alliance des civilisations s’attèle à travers ses activités à construire des ponts entre les cultures, et ce, sous le patronage des Nations Unies.  Elle bénéficie du soutien d’un « Groupe des amis de l’Alliance des civilisations », qui réunit plus de 100 pays membres et organisations internationales. 

« À l’heure de la mondialisation et malgré la mine d’informations à notre disposition, a souligné le Vice-Premier Ministre turc, M. Besir Atalay, les composantes essentielles de la compréhension font encore défaut. »  Raison pour laquelle, il a appelé les différents intervenants à une « transformation radicale des esprits, des idées et des conceptions », qui sera amenée ensuite à être traduite en des mesures concrètes par le biais d’initiatives sociales, économiques et culturelles.

« Les communautés qui assument pleinement la diversité culturelle sont plus novatrices, plus efficaces et plus concurrentielles », a estimé le Vice-Ministre espagnol des affaires étrangères, M. Gonzalo de Benito.  Insistant sur le rôle central du dialogue interculturel dans les processus de transition démocratique, il a, lui aussi, appelé à la diversité et au dialogue comme sources de sécurité et de progrès.

La Vice-Secrétaire générale des Nations Unies, Mme Asha-Rose Migiro, a mis l’accent sur la participation des jeunes dans la promotion de la compréhension interculturelle, car, a-t-elle dit, « ils parviennent à établir des liens qui dépassent les divergences culturelles et religieuses qui séparent parfois les personnes plus âgées ». 

Pour favoriser leur rôle de « ponts » entre les cultures, elle a rappelé que les jeunes avaient besoin d’emplois, de liberté et d’opportunités.

Le débat qui a suivi, sous la forme de deux tables rondes animées par le journaliste Riz Khan, de la chaine d’information Al Jazeera en anglais, a permis à ses participants de se pencher sur les défis posés à la compréhension interculturelle.

La première table ronde s’est attachée à identifier les défis qu’il convient aujourd’hui de relever en vue de rapprocher les cultures pour promouvoir la paix et le développement.  Les intervenants ont tenté de comprendre si la mondialisation, les échanges accrus, l’explosion des nouvelles technologies de l’information pouvaient favoriser la compréhension interculturelle.

La seconde fut consacrée aux jeunes en tant que partenaires pouvant faire progresser la compréhension interculturelle.  Dans le contexte du printemps arabe, au Sud et du mouvement des indignés, au Nord, les orateurs ont mis l’accent sur le potentiel des réseaux sociaux pour informer et éduquer les jeunes, tisser des liens et faire une différence, lorsque les gouvernements et médias sont défaillants.

Dans ses remarques de clôture, le Président de la soixante-sixième session de l’Assemblée générale, M. Nassir Abdulaziz Al-Nasser,a fait observer que cette journée de débats avait aussi permis de réaffirmer l’importance des traditions et la nécessité de coopérer sur la base de valeurs universelles et communes.  Elle a notamment été l’occasion, a-t-il dit, de mettre l’accent sur une valeur commune: la dignité.

DÉBAT THÉMATIQUE INTERACTIF SUR LE THÈME « PROMOTION DE LA COMPRÉHENSION INTERCULTURELLE POUR LA CONSTRUCTION DE SOCIÉTÉS PACIFIQUES ET INCLUSIVES »

Ouverture

M. NASSIR ABDULAZIZ AL-NASSER, Président de la soixante-sixième session de l’Assemblée générale, a rappelé que les Nations Unies avaient été établies sur le principe selon lequel le dialogue est la meilleure voix à suivre pour réaliser la paix.  Il s’est félicité du fait que le Groupe des amis de l’Alliance des civilisations comptait maintenant 107 membres.  Il a dit espérer qu’à l’avenir l’adhésion à ce groupe sera universelle.  Selon M. Al-Nasser, l’Alliance des civilisations a permis d’opérer un changement important dans la manière avec laquelle on approche les questions du « nous » et d’« eux ».  Dans le monde interconnecté actuel, « on ne peut sous-estimer l’importance d’un tel changement », a-t-il souligné.  Pour le Président de l’Assemblée générale, il importe à présent d’aider l’Alliance à accomplir sa mission.

M. Al-Nasser a ensuite indiqué que le Forum de Doha, qui s’est tenu au mois de décembre dernier, avait conclu que sans la pleine contribution des femmes, des jeunes, des médias et des immigrés, il serait vain d’espérer un véritable développement.  « Mais on ne peut pas réaliser la paix en s’appuyant uniquement sur le développement », a-t-il cependant observé, évoquant les sentiments de supériorité qui mènent à l’exclusion, ainsi que les instincts d’intolérance et de mépris qui débouchent sur la haine et le rejet.

Comment se fait-il que le monde actuel soit de nouveau confronté à des défis notables liés à la diversité culturelle, pourquoi la culture est-elle conçue comme une source de division et non pas comme une voie vers le dialogue et la solidarité, s’est interrogé le Président de l’Assemblée générale.  Pourquoi le multiculturalisme a-t-il échoué, a-t-il ajouté, s’inquiétant notamment de l’augmentation de l’appui politique dont jouissent les politiques anti-immigration.

Selon M. Al-Nasser, ces questions continueront de semer le trouble à moins de s’assurer que les bienfaits de la mondialisation soient partagés d’une manière juste et harmonieuse par l’ensemble de la famille humaine.  « L’Histoire nous a enseigné que l’exclusion mène à la diabolisation de l’autre et que la diabolisation de l’autre mène au conflit », a-t-il déclaré.  Le Président de l’Assemblée générale s’est plus particulièrement inquiété du fait que certains groupes, voire certaines nations, se retiraient du dialogue international, « aux dépens de leurs peuples ». 

M. Al-Nasser a souligné son attachement au recours à la médiation pour régler les différends internationaux et a annoncé qu’il convoquerait, le 23 mai prochain, une réunion informelle de l’Assemblée générale sur le rôle de la médiation.  Il a également insisté sur l’importance de renforcer le rôle et les capacités de l’Alliance des civilisations et a engagé les États Membres à œuvrer dans ce sens.

Mme ASHA-ROSE MIGIRO, Vice-Secrétairegénérale des Nations Unies, a mis l’accent sur le rôle des jeunes dans la promotion de la compréhension interculturelle car ceux-ci, a-t-elle dit, établissent des liens en dépassant ces divergences culturelles et religieuses qui séparent parfois les personnes plus âgées.  Elle a rappelé que les jeunes avaient besoin d’emplois, de liberté et d’opportunités et souhaitaient que l’égalité et l’équité fassent partie intégrante du développement de leur pays. 

Elle a souligné qu’au sein du système des Nations Unies, leur message avait été entendu et que l’entente interculturelle était, par ailleurs, une priorité de l’ONU.  Mme Migiro a encore noté que le Secrétaire général allait nommer un représentant de la jeunesse et que plus d’une vingtaine d’institutions spécialisées ou organes des Nations Unies travaillaient déjà avec les jeunes.  Elle a estimé que l’ONU avait besoin que les jeunes participent à l’élaboration des politiques, l’Organisation devant être à l’avant-garde de ce mouvement dans un monde de diversités et de liens interculturels.  « Les jeunes peuvent apporter leur contribution à un ordre mondial inclusif et pacifique », a–t-elle conclu.

M. BESIR ATALAY, Vice-Premier Ministre de la Turquie, a observé que, malgré la mine d’informations dont on dispose actuellement, les composantes essentielles de la compréhension faisaient défaut.  Selon lui, la compréhension signifie la capacité à se concevoir comme faisant partie d’une relation, à s’ouvrir vers de nouveaux horizons et à tendre la main vers ceux qui sont différents de nous.  Cela signifie également la création d’une culture de la coexistence, a-t-il ajouté.

Le Vice-Premier Ministre a ainsi appelé à une « révolution mentale », une « transformation radicale » des esprits, des idées et des conceptions, amenée à être traduite ensuite en des mesures concrètes par le biais d’initiatives sociales, économiques et culturelles.  « Voilà l’objectif de l’Alliance des civilisations », a-t-il expliqué.

Pour M. Atalay, la promotion de l’affrontement et de la confrontation comme moyen de protéger une identité ou un intérêt national est une trahison de la raison humaine.  Il a souligné l’importance de respecter les différentes identités religieuses et culturelles, les estimant essentielles à l’intégrité et à la cohésion des sociétés.  La pluralité des traditions différentes est une composante essentielle de notre humanité, a-t-il observé, et c’est seulement en reconnaissant la réalité de l’autre que l’on peut apprendre à se connaître et œuvrer en faveur du bien commun de l’identité.

Le Vice-Premier Ministre de la Turquie a ensuite annoncé que son gouvernement organiserait, le 31 mai prochain à Istanbul, une réunion « revigorante » de l’Alliance des civilisations.

M. GONZALO DE BENITO, Vice-Ministredes affaires étrangères de l’Espagne, a cité plusieurs défis posés aujourd’hui à la communauté internationale et a estimé que la diversité des cultures et des croyances devait être l’un des facteurs positifs permettant d’y faire face.  Il a rappelé que l’initiative de l’Alliance des civilisations essayait justement de promouvoir cet objectif.  Notant que la diversité représentait une valeur ajoutée pour le développement des communautés, il a fait remarquer que les communautés qui assumaient pleinement cette diversité étaient plus novatrices, plus efficaces et plus concurrentielles.  Rappelant que l’Espagne avait connu, il y a une trentaine d’années, un processus de transition vers la démocratie, il a souligné que son pays mesurait à présent combien la promotion de ce dialogue interculturel était vitale dans ce processus. 

En ce qui concerne les défis posés par le terrorisme, M. de Benito a jugé prioritaire d’aborder cette question dans le respect des cultures et d’établir des politiques de prévention qui incluent la promotion du dialogue interculturel.  Il a mis l’accent sur la nécessité d’investir dans l’éducation, de favoriser les échanges d’élèves et de professeurs et de mettre l’accent sur la jeunesse.  Le dialogue par le bais des échanges de jeunes est un élément très positif pour la compréhension du monde et la promotion d’une société plus pacifique, a-t-il dit.  Il a ajouté que la promotion des échanges culturels pouvait aussi favoriser l’intégration des immigrants dans nos sociétés. 

En guise de conclusion, il a estimé que la communauté internationale devait impliquer à la fois la société civile, les jeunes et les dirigeants religieux et a réaffirmé l’engagement de son pays en faveur de l’Alliance des civilisations.  « La diversité et le dialogue doivent être des sources de tolérance, de sécurité et de progrès », a-t-il dit. 

M. JORGE SAMPAIO, Haut-Représentant des Nations Unies pour l’Alliance des civilisations, a insisté sur l’importance de l’engagement des États Membres pour assurer la poursuite des travaux de l’Alliance.  Il est revenu sur le Forum de Doha, qui s’est tenu au mois de décembre dernier, pour estimer qu’à l’avenir les États Membres devraient faire de leur mieux pour mettre en relation l’ensemble des activités, programmes et initiatives qui méritent leur attention. 

M. Sampaio a ensuite constaté que la diversité religieuse et ethnique croissante, ainsi que l’augmentation des contacts entre les personnes ayant des valeurs différentes, demeuraient un défi fondamental pour la paix et le développement.  Les éléments hétérogènes créent un sentiment croissant d’isolement et suscitent des craintes, la méfiance et des malentendus ainsi qu’un sentiment d’exclusion, a-t-il expliqué.  Le Haut-Représentant a également observé que la diversité culturelle comportait un potentiel de conflit important au niveau interpersonnel qu’il ne fallait négliger en aucun cas.  Il a aussi parlé de la perte d’identité que peut provoquer la mondialisation.

Pour M. Sampaio, la valorisation de la diversité culturelle exige une attitude positive en matière de promotion du dialogue entre les cultures.  « Relever ce défi est de notre responsabilité commune », a-t-il souligné.  Le Haut-Représentant a par ailleurs insisté sur l’importance de la participation « énergique » des jeunes, pour saluer ensuite la participation de groupes de jeunes aux dialogues interactifs.

Table ronde 1: « La compréhension interculturelle au service de la paix et du développement: Qu’est-ce qui fonctionne? »

La mondialisation, les échanges accrus, l’explosion des nouvelles technologies de l’information ont-ils favorisé la compréhension interculturelle? Les experts et les délégations qui ont participé à cette première table ronde se sont attachés à identifier les défis qu’il convient aujourd’hui de relever en vue de rapprocher les cultures pour promouvoir la paix et le développement.

Pour M. HOMI K. BHABHA, professeur de sciences humaines à l’Université américaine d’Harvard, la vraie question serait plutôt: Les nouvelles technologies sont-elles capables de produire une série de valeurs et une forme de compréhension universelle?  Selon lui, les sciences humaines ou sociologiques sont en péril face à ces nouvelles technologies lorsqu’elles ignorent certaines valeurs. 

M. IBRAHIM KALIN, Conseiller du Premier Ministre turc, a noté que, malgré les interactions de plus en plus nombreuses, l’un des défis à la compréhension interculturelle demeure la peur.  « Lorsqu’ils s’engagent dans un dialogue interculturel, beaucoup d’acteurs craignent de perdre quelque chose de leur identité », a-t-il expliqué.  À l’heure de la mondialisation, le défi est de revenir aux traditions et, ensuite, d’aller vers l’autre.

« Peut-être sommes-nous noyés parmi toutes ces possibilités technologiques et socioculturelles », s’est demandé M. VITALY NAUMKIN, qui dirige l’Institut russe des études orientales.  « Toutes les cultures souffrent d’un manque de confiance et les informations diffusées sur Internet ne méritent pas toujours d’être lues ou n’apportent aucune compréhension. »

Pour le professeur FARHAN NIZAMI, Directeur du Centre des études orientales à l’Université britannique d’Oxford, la mondialisation ne devrait pas contribuer à une « homogénéisation » des cultures.  Au contraire, a-t-il souligné, elle devrait miser sur le respect de la différence dans la diversité.  

« Ce qui fonctionne, c’est la volonté d’établir des régimes qui permettent une coopération interculturelle », a souligné M. EMAD EL-DIN SHAHIN, professeur de religion à l’Université américaine Notre-Dame.  « Il ne suffit pas de dire que nous sommes divers et qu’il faut respecter cela.  Il faut aussi aborder la marginalisation des jeunes, des femmes ou des immigrés dans nos sociétés », a-t-il ajouté.

La représentante du Brésil, Mme MARIA LUIZA RIBEIRO VIOTTI, a ensuite fait part de la situation dans son pays, où des politiques d’inclusion sociale ont offert des occasions en favorisant, par exemple, l’accès des enfants pauvres à l’école. 

Lors du dialogue interactif, les six panélistes ont été, à plusieurs reprises, interrogés sur les questions portant sur la peur, les traditions, les valeurs ou le respect de l’autre qu’ils venaient de soulever.

Comment faire face au sentiment de peur parmi certains groupes et comment conserver son identité culturelle face à d’éventuelles pressions, a demandé le représentant du Japon.

« Les gens sont parfois frustrés car tant de choses n’ont pas eu de représentation », a expliqué M. Kalin, pour qui la communauté internationale n’a pas encore réussi à surmonter l’eurocentrisme et l’idée que histoire commence obligatoirement en Europe sans contributions significatives des autres peuples.

M. Bhabha s’est attaché à expliquer la notion de tradition en utilisant la métaphore du tir à l’arc.  « Il s’agit d’aller en arrière pour avoir la force d’aller de l’avant », a-t-il souligné.

Le représentant de l’Iran a posé la question des valeurs et la manière dont, selon lui, les pays occidentaux tentent de les rendre universelles.

Son homologue de l’Italie a souhaité que l’accent soit davantage mis sur le dialogue à l’intérieur des groupes religieux, tandis que Mme Viotti a souligné le rôle que joue le dialogue avec la société civile. 

L’Union européenne a mis en exergue le rôle de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) en tant que chef de file pour le dialogue interculturel.  Elle a également souligné l’importance du matériel scolaire en tant qu’outil de compréhension.

Abondant dans son sens, M. Shahin a insisté sur l’expérience du « vivre ensemble », à travers les échanges culturels ou d’étudiants. 

Une représentante de l’UNESCO a, pour sa part, estimé qu’il fallait aussi parfois réviser les manuels scolaires, notamment ceux d’histoire, mais que cette question demeurait politiquement très sensible.

Interrogés notamment par l’Égypte sur le rôle des réseaux sociaux, plusieurs experts ont mis l’accent sur la qualité du contenu plutôt que sur la technologie, ainsi que sur la nécessité de disposer de temps pour la réflexion.  « C’est lorsqu’on apprend à réfléchir que l’éducation prend toute sa valeur », a rappelé M. Bhabha.

Table ronde 2: « Les jeunes en tant que partenaires pour faire progresser la compréhension interculturelle: Les pratiques optimales et les difficultés rencontrées »

Au cours de cette deuxième table ronde, experts et délégués ont notamment mis l’accent sur le potentiel des médias sociaux pour informer et éduquer les jeunes, tisser des liens et faire la différence lorsque les gouvernements et médias se montrent défaillants.

Mme DANYA BASHIR, représentante des jeunes de la Libye, a jugé indispensable que les gens connaissent leur propre identité pour pouvoir participer à la compréhension culturelle.  Elle a dit l’importance des médias sociaux pour éduquer, tisser des liens et faire une différence en rappelant que le printemps arabe était né de l’initiative d’un groupe de jeunes grâce aux médias sociaux.  Face aux limites des médias traditionnels, elle a mis l’accent sur la nécessité de saisir toutes les opportunités des médias sociaux pour faire prendre conscience aux jeunes de leurs droits.

La seule façon de s’en sortir est d’investir dans la jeunesse, a estimé M. LAWRENCE CHUMA, représentant des jeunes de l’Association des Nations Unies pour la République-Unie de Tanzanie, en exhortant les gouvernements à impliquer les jeunes. 

Les personnes éduquées sont celles qui sont libres et responsables a ajouté M. FEDERICO MAYOR, Président de la Fondation pour la culture et la paix et ancien Directeur général de l’UNESCO, en mettant l’accent sur les possibilités de communication offertes aux jeunes qui ne sont plus condamnés au silence.  Avec les jeunes, nous pouvons faire comprendre que la ploutocratie ne peut plus représenter les gouvernements du monde, a-t-il dit. 

La militante des droits de l’homme Mme OLENKA OCHOA a jugé déterminant de disposer des moyens de renforcer les capacités des dirigeants des associations de jeunes et de mettre en place un mécanisme favorisant la participation des jeunes.  Elle a suggéré à l’Alliance des civilisations de développer un mouvement des jeunes dans tous les pays sur la question de la compréhension interculturelle.

Parmi les initiatives de l’Autriche en direction de la jeunesse, son représentant, M. MARTIN SAJDIK, a notamment cité la création d’un secrétariat d’État à l’intégration en disant qu’il restait beaucoup à faire en matière d’intégration des jeunes migrants.    

Soulignant l’impact de la musique pour rapprocher les gens, le musicien et compositeur ALEKSANDER SIMIC a cité l’exemple de l’« Orchestre sans frontières », qui rassemble des musiciens provenant de tous les pays de l’ex-Yougoslavie. 

« En investissant dans la jeunesse, nous investissons pour la stabilité nationale et mondiale pour demain », a dit la représentante du Bélarus, en évoquant l’adoption dans le pays, d’une loi qui vise à poser les conditions de l’amélioration des conditions de vie des jeunes.  Il s’agit notamment de permettre aux jeunes d’intervenir dans la conception de projets municipaux sur des domaines qui les concernent, a-t-elle ajouté.

La déléguée de l’Union européenne a mis l’accent sur le rôle des jeunes, et des jeunes femmes en particulier, en tant qu’acteurs des changements politiques, citant à cet égard l’exemple de l’Union européenne.  Elle a rappelé combien l’Union européenne appuyait les organisations non gouvernementales de la région Méditerranée dont l’objet est le renforcement des capacités de jeunes.

M. Chuma a regretté que les médias ne traitent pas de la question de la jeunesse de manière sérieuse, parce qu’ils ne sont pas au fait des défis liés à la culture ou à la diversité.  Il a jugé essentiel de s’appuyer sur les médias pour faire connaître des initiatives gouvernementales en faveur des jeunes qui demeurent méconnus.

De son côté, le représentant de l’Autriche a rappelé que les médias étaient aussi divers que l’humanité et qu’il était essentiel de défendre la liberté de presse.

Répondant a une réaction du représentant de l’Iran, qui estimait que le mouvement des indignés témoignait d’un malaise des sociétés occidentales, M. Mayor a estimé que cette révolte avait été favorisée par une transparence plus grande et les capacités de communication qu’offrent les médias sociaux.

De son côté, le représentant de l’Autriche a vivement réagi à l’intervention de son homologue iranien, lequel avait fait état de 37 interventions militaires européennes sur le continent africain au cours des 40 dernières années, en précisant que toutes les présences européennes étaient conformes aux résolutions et à la Charte de l’ONU.  Par ailleurs, il a précisé que le programme européen « Erasmus » permettait aussi aux jeunes européens de mener des études hors d’Europe.

Le représentant du Bénin a mis l’accent sur l’importance de la résolution A/65/312 de l’Assemblée générale sur la jeunesse, le dialogue et la compréhension mutuelle.   Il a également cité le rapport « Jeunesse 21 » d’ONU-Habitat qui vise à mettre en place une structure permanente pour la jeunesse au sein des Nations Unies.

Si les jeunes n’ont pas l’expérience des adultes, ils disposent d’une énergie très utile, a dit un délégué du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), en soulignant les efforts de celui-ci pour faire entendre la voix des jeunes, notamment dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et l’après-2015.  

Clôture

Dans ses remarques de clôture, le Président de la soixante-sixième session de l’Assemblée générale, s’est félicité de cette journée de débats sur les moyens de construire des ponts entre différentes cultures et sociétés et de promouvoir le dialogue et la compréhension pour traiter les tensions et enjeux auxquels nous sommes confrontés. 

Tout en soulignant l’importance des traditions, il a insisté sur la nécessité de coopérer sur la base de valeurs universelles et communes.  Il a noté que ces débats avaient été l’occasion de mettre l’accent sur la valeur commune que constitue la dignité -dont l’accès aux services de base- et de lutter contre l’injustice et le manque de représentation. 

Citant les médias comme un moyen de promouvoir l’interaction culturelle et le dialogue, mais aussi d’accroître les tensions entre les communautés, le Président de l’Assemblée générale a souligné l’importance des medias sociaux comme outil critique.  À cet égard, il a rappelé leur rôle comme catalyseur des soulèvements pour obtenir des droits fondamentaux dans le monde arabe. 

Il a aussi noté le rôle des institutions de l’éducation pour encourager la compréhension.  Il a dit l’importance du dialogue et de la médiation pour contribuer à la réduction des tensions et ouvrir la voie à des sociétés plus pacifiques.  Il a mis l’accent sur la nécessité de déployer des efforts en vue d’intégrer les jeunes migrants à la vie économique et politique et de tirer parti de l’énergie et du génie créateur des jeunes et de leurs associations.   

Il a annoncé que l’Alliance des civilisations présenterait un résumé de ces discussions informelles en espérant que les idées et suggestions d’aujourd’hui stimuleraient une nouvelle réflexion sur les enjeux en matière de jeunesse, de dialogue et de compréhension mutuelle.  Il a salué le rôle important de l’Alliance, en jugeant indispensable son renforcement pour qu’elle dispose des moyens de faire face aux évolutions du monde.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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