Commission de la population et du développement: « la planification familiale est à la mortalité maternelle ce que le vaccin est a la mortalité infantile »

12 avril 2011
POP/992

Commission de la population et du développement: « la planification familiale est à la mortalité maternelle ce que le vaccin est a la mortalité infantile »

12/04/2011
Conseil économique et social
POP/992
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Commission de la population et du développement

Quarante-quatrième session

4e et 5e séances – matin et après-midi

COMMISSION DE LA POPULATION ET DU DÉVELOPPEMENT: « LA PLANIFICATION FAMILIALE EST À LA MORTALITÉ MATERNELLE CE QUE LE VACCIN EST À LA MORTALITÉ INFANTILE »

Professeure à l’Université Johns Hopkins, Mme Amy Tsui, a estimé aujourd’hui que « la planification familiale est à la mortalité maternelle ce que le vaccin est à la mortalité infantile ».  Elle a tenu ces propos devant la Commission de la population et du développement qui poursuivait, aujourd’hui, sa quarante-quatrème session sur le thème « fécondité, santé reproductive et développement ». 

Mme Tsui a indiqué, dans son exposé, que la planification familiale, véritable « vaccin social » a, en entraînant une baisse de la fécondité dans le monde, permis d’éviter 3,6 millions de morts depuis 1995.  Elle n’a pas craint d’ajouter qu’au XXe siècle, la planification familiale a été la plus grande contribution au secteur de la santé.

La quarantaine de délégations, qui a pris la parole, a mis l’accent sur le rôle de la contraception.  Aujourd’hui, 60% de la population mondiale a recours à la contraception et la majorité des couples, dans les pays en développement, utilise un moyen contraceptif moderne ou traditionnel, a souligné Mme Amy Tsui.

Des délégations ont brossé un tableau plus nuancé.  Le représentant du Mexique a indiqué que si la connaissance des méthodes contraceptives était universelle dans son pays, cela ne signifie pas que toutes les personnes y ont recours.

Au Nigéria, seules 10% des femmes utilisent des contraceptifs, avec pour conséquence le maintien d’un taux de fécondité stable, soit de 6 enfants par femme en 1991 à 5,7 en 2008, a fait observer le représentant du Nigéria, avant que son homologue d’Afrique du Sud ne dise d’abord que 65,3% des femmes sud-africaines utilisent des moyens contraceptifs modernes.

Mais, a-t-il tempéré, les besoins non satisfaits d’un dixième des femmes en matière de planification familiale expliquent peut-être pourquoi le recours aux avortements demeure si élevé.

La question des avortements a été commentée à plusieurs reprises par la représentante de l’ONG « Advocates for Youth », par exemple, qui a rappelé que les interruptions de grossesses à risques sont la principale cause des morts chez les femmes enceintes de moins de 24 ans, dans le monde en développement.

Plus d’un milliard et demi de la population est jeune et s’apprête à entamer sa vie sexuelle, a indiqué le représentant de la Suède, en plaidant pour un meilleur accès à la planification familiale.  La Norvège s’est vantée d’une politique grâce à laquelle elle ne compte plus que 9 grossesses pour 1 000 chez les adolescentes, contre 40 au début des années 70.  Le représentant de l’Iran a voulu prouver le caractère fallacieux du lien entre pratique religieuse et refus de la planification familiale. 

La Commission poursuivra ses travaux demain, mercredi 13 avril, à partir de 10 heures.

Suite du débat général consacré à l’expérience des pays dans le domaine de la population: fécondité, santé procréative et développement (E/CN.9/2011/NGO/1, E/CN.9/2011/NGO/2, E/CN.9/2011/NGO/4, E/CN.9/2011/NGO/5, E/CN.9/2011/NGO/7, E/CN.9/2011/NGO/8, E/CN.9/2011/NGO/9 et E/CN.9/2011/NGO/10)

M. FÉLIX VÉLEZ, Secrétaire général du Conseil national de la population du Mexique, a indiqué que la population de son pays avait été multipliée par 7 au cours des 100 dernières années, mais que le taux de fécondité était passé de 7 à 2,2 enfants par femme entre 1960 et aujourd’hui.  Il a néanmoins indiqué que les femmes des milieux ruraux avaient, en moyenne, plus d’enfants.  La connaissance des méthodes contraceptives est universelle, mais cela ne signifie pas pour autant que toutes les personnes savent s’en servir, a ajouté le représentant, en parlant de la distribution gratuite de contraceptifs dans toutes les pharmacies des principaux centres de santé du pays. 

M. Vélez a qualifié de « vertigineux » le vieillissement de la population mexicaine.  Si l’explosion démographique du siècle dernier était incompatible avec le développement, le vieillissement est tout autant nuisible, a-t-il argué.  Le Mexique s’attache à améliorer son capital humain, seul moyen d’augmenter la productivité, a-t-il avoué.

M. TOMAS M. OSIAS, Directeur exécutif de la Commission de la population des Philippines, a indiqué que les gains macroéconomiques de son pays ne profitaient pas à tout le monde.  Il a précisé que le taux de fécondité était de 3,3% et que de nombreuses femmes avaient, en général, un enfant de plus qu’elles ne désiraient pas.  Il a parlé de la prévalence des maladies sexuellement transmissibles, dont le VIH/sida.  Il a mis en garde contre une explosion exponentielle comme l’atteste le chiffre de quatre nouvelles infections par jour en 2010. 

Au titre des bonnes nouvelles, M. Osias a rappelé la promulgation d’une loi sur la promotion des droits de la femme et la création d’un programme de nutrition pour les femmes enceintes et les nouveau-nés.  Il a passé en revue les grandes lignes du programme de lutte contre la pauvreté qui contient un volet « planification familiale ».  Dans ce contexte, les jeunes mariés suivent une formation pour devenir des parents responsables.  M. Osias n’a pas manqué d’attirer l’attention sur l’opposition des tranches les plus conservatrices de la population à certaines initiatives du Gouvernement.

M. CARSTEN STAUR (Danemark) s’est d’abord félicité que la Commission ait placé les droits de l’homme au centre des questions de population et de développement.  Il a vanté les résultats de son pays dans la lutte contre la mortalité infantile et le renforcement des capacités, en la matière, dans les pays en développement.  Il s’est attardé sur les mesures permettant à un million de femmes d’avorter dans les meilleures conditions et assurant la distribution de 170 millions de préservatifs dans les pays en développement.  Après avoir mis l’accent sur les cinq piliers de la stratégie danoise de coopération en matière de population et de développement, il a estimé que le travail au niveau communautaire était la clef de tous les progrès.

M. ABULKALAM ABDUL MOMEN (Bangladesh) a précisé que le taux de fécondité du Bangladesh est tombé de quatre enfants par femme en 1995 à 2,4 en 2009.  Mon pays, a-t-il rappelé, abrite une population totale de 160 millions d’habitants, ce qui correspond à une densité de population de 1 100 habitants par km2, soit 35 fois supérieure à celle des États-Unis.  Après les efforts entrepris, le taux de mortalité maternelle est passé de 570 à 340 pour 100 000 naissances entre 2005 et 2009.  En diminuant ce taux de 40% et celui de la mortalité infantile de 67%, nous avons réalisé, s’est enorgueilli le représentant, des progrès notables dans la réalisable des OMD 4 et 5.  Il a rappelé que le Bangladesh s’est engagé à créer 18 000 cliniques communautaires dont la moitié était déjà terminée. 

M. CHARLES T. NTWAAGAE (Botswana) a rappelé que la corrélation entre forte fécondité et indicateurs de développement négatifs était alarmante.  Il a fait sien le contenu du rapport du Secrétaire général qui appelle à de nouveaux flux de financement pour mettre en œuvre le Plan d’action du Caire.  Le Botswana, qui est passé de 6,2 enfants par femme en 1971 à 2,9 en 2007, a obtenu ce déclin grâce à l’alphabétisation croissante des femmes, à leur autonomisation et à leur participation accrue au marché du travail. 

Il a précisé que le Botswana a mis en place en 2003 un programme de prévention de la transmission du VIH/sida de la mère à l’enfant, ce qui a permis de limiter le taux de transmission à 2,2% contre 40% en 2005.  En outre, 90% des malades du sida ont accès aux antirétroviraux.  Il a conclu en mettant l’accent sur l’impact négatif des crises économique et financière de 2008 et 2009 sur la santé de la population. 

M. JOÃO MARIA CABRAL (Portugal) a indiqué que le vieillissement de la population portugaise s’était accéléré après la baisse du taux de fécondité -1,3 enfant par femme- et le prolongement de l’espérance de vie qui est à 75,8 ans pour les hommes et 81,8 ans pour les femmes.   Depuis la Conférence du Caire, le Portugal a connu une transformation de la fécondité, en baisse dans les tranches les plus jeunes de la population, mais en hausse chez les femmes plus âgées.  Au premier accouchement, l’âge moyen est désormais de 28,6 ans.  Le représentant a précisé que l’immigration était devenue une composante importante de la croissance démographique du Portugal.

Il a ensuite passé en revue plusieurs initiatives nationales, notamment en matière de traitement pour la stérilité, de procréation assistée ou encore de suivi médical des femmes enceintes.  Le Gouvernement s’efforce également de promouvoir l’autonomisation économique des femmes ainsi que les droits à la santé sexuelle et reproductive.  Les personnes en situation difficile, y compris les migrants, peuvent obtenir des conseils gratuits en matière de planification familiale, des contraceptifs et toute une gamme des soins nécessaires pendant la grossesse.  M. Cabral a indiqué qu’un projet à long terme en Guinée-Bissau avait permis de réhabiliter 12 centres de soins obstétriques et néonataux en milieu rural.

M. JAIRO RODRÍGUEZ HERNÁNDEZ (Cuba) a indiqué que des services de santé sexuelle et reproductive étaient disponibles gratuitement dans l’ensemble du pays et que le taux d’utilisation des contraceptifs était le plus élevé en Amérique latine et aux Caraïbes.  Il devrait atteindre 80% d’ici à 2015.  Après avoir dénoncé les conséquences du blocus unilatéral imposé par les États-Unis sur l’importation des contraceptifs, le représentant a fait savoir que la fécondité des adolescentes avait chuté de 35% entre 1990 et 2008.  

Il a également indiqué que le droit à l’avortement et la liberté de choisir faisaient partie intégrante du système de santé.  Cuba, a affirmé le représentant, accorde un accès gratuit et universel aux traitements du VIH/sida.  Un protocole a été mis en place pour éviter la transmission de la mère à l’enfant qui autorise, entre autres, l’accouchement par césarienne dès la trente-neuvième semaine de grossesse.  Cuba, a-t-il ajouté, a également mis en place un système de contrôle épidémiologique pour les maladies sexuellement transmissibles.  M. Rodríguez Hernández a conclu en accusant le Gouvernement américain d’avoir stoppé le versement de plus de 4 millions de dollars que le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme voulait investir dans trois projets de coopération avec Cuba.

Mme TANIMOWO DOTUN ODUNEYE (Nigéria) a estimé que la santé des femmes et des enfants devrait être la priorité de toutes les nations.  Elle a cité un taux de fécondité qui s’est relativement maintenu de six enfants par femme en 1991 à 5,7 en 2008.  En conséquence, la population du Nigéria est passée 89 millions d’habitants en 1991 à 140 millions en 2006 et nous devrions atteindre le chiffre de 165 millions en 2011, si le taux de fécondité reste inchangé, a-t-elle dit.  Elle a expliqué le taux de fécondité très élevé par le mariage précoce, puisque la grande majorité des femmes sont mariées à l’âge de 18 ans.  Seules 10% des femmes utilisent des contraceptifs au Nigéria, taux qui est bien loin de l’objectif des 22% fixé pour 2011.  La représentante a mis l’accent sur la politique familiale qui veut promouvoir l’accès aux contraceptifs. 

M. SOHAÏL AHMAD (Pakistan) a déclaré que le Gouvernement du Pakistan a pris de nombreuses initiatives pour améliorer la santé reproductive.  Il a cité un ensemble de mesures prises en 2001 qui a permis de faire baisser le taux de fécondité de 4,1% à 3,6% entre 2001 et aujourd’hui.  Il a précisé que 96% des femmes mariées connaissaient au moins une méthode de contraception aujourd’hui contre 78% en 1991.  Il a cité la formation des enseignants sur la santé reproductive.  Il a jugé nécessaire de continuer de se concentrer sur la planification familiale comme moyen d’éliminer la pauvreté.  Cela exige un partenariat international et une assistance au développement accrue, a-t-il insisté.

Mme ELLY LEEMHUIS-DE REGT (Pays-Bas) a insisté sur les retombées positives de l’éducation sexuelle et de l’accès à la planification familiale, y compris aux moyens de contraception et aux préservatifs, et du droit à l’avortement.  Grâce à ces initiatives, les Pays-Bas connaissent un faible taux de grossesse chez les adolescentes, d’infections du VIH/sida et d’avortements.  Elle a ajouté que la santé et les droits sexuels et reproductifs, y compris la lutte contre le VIH/sida, faisaient partie des principales politiques de coopération de son Gouvernement, lesquelles privilégient la planification familiale ainsi que l’éducation et l’appui aux jeunes.  À ce sujet, elle a estimé qu’il fallait investir davantage dans les jeunes car leur nombre sans précédent représentait une « chance unique pour la santé mondiale ».  La représentante a également souhaité que la participation des jeunes au processus de prise de décisions soit appuyée.

Mme VERÓNICA SAJBIN (Guatemala) a indiqué que si le taux de fécondité pour l’ensemble du pays était de 3,6 enfants par femme, il était en revanche de 5,2% chez les femmes sans éducation et de 1,7 chez les femmes ayant reçu une éducation supérieure.  Les femmes autochtones ont en moyenne 4,5 enfants par rapport à 3,1 pour les femmes issues des autres segments de la population.  Depuis 2005, le Guatemala dispose d’une loi sur l’accès universel et équitable aux services de planification familiale.  En 2009, une Commission nationale d’assurance a été mise sur pied pour améliorer l’accès des personnes aux outils de planification familiale.  Mme Sajbin a passé en revue le fonctionnement de la Politique nationale de promotion du développement intégral de la femme qui favorise la coordination des activités de plusieurs ministères.  Enfin, la représentante a annoncé que le Guatemala avait levé sa réserve au Programme d’action du Caire.

M. SERGIO DELLAPERGOLA (Israël) a rappelé qu’en 63 ans Israël est passé d’un pays en développement à un pays développé en atteignant le 15e rang dans l’édition 2010 de l’Indice du développement humain.  Il a expliqué que le taux de fécondité était le plus élevé des pays développés avec 2,96 enfants par femme.  Mais, a-t-il précisé, le taux diffère en fonction de l’appartenance religieuse.  Les musulmanes ont un taux de 3,7 enfants par femme, les juives 2,9, les druzes 2,5 et les chrétiennes de 2,2.  Il a fait part d’un lien étroit entre optimisme et enfants; un sondage mené en 2008 ayant permis d’établir que 87% des Juifs et 83% des Arabes se disaient satisfaits de leur vie.  Il a dit que les objectifs de fécondité, de santé procréative et de développement étaient doublement importants, car ils font partie des OMD et constituent une condition préalable à l’édification d’une société plus juste et plus équilibrée. 

M. WILBERFORCE KISAMBA-MUGERWA (Ouganda) a indiqué que le taux de croissance démographique de 3,2% en Ouganda était toujours très élevé, en raison d’un taux de fécondité de 6,7 enfants par femme.  Notre population qui s’élève à 33 millions d’habitants devrait atteindre les 80 millions d’habitants en 2030.  Cette situation nous confronte à une situation où 50% de la population a moins de 18 ans.  Pour y faire face, l’Ouganda a mis en place une politique de planification familiale, qui a notamment fait passer le taux d’accès aux contraceptifs de 24% à 38% entre 2006 et 2010.  En collaboration avec les organismes des Nations Unies, l’Ouganda met en œuvre un programme spécial sur la population et le développement en ce concentrant sur la planification familiale, la santé maternelle et infantile. 

Mme BERIT AUSTVEG (Norvège) a affirmé que la mortalité maternelle était tellement faible dans son pays « qu’on aurait du mal à la réduire davantage ».  La Norvège a été l’un des premiers pays au monde à avoir réussi à réduire cette mortalité, il y a déjà 100 ans.  Lorsque les contraceptifs sont apparus, a ajouté la représentante, la planification familiale a été intégrée aux systèmes de santé.  Avec 1,95 enfant par femme, la Norvège a un des taux de fécondité les plus élevé d’Europe.  La représentante a imputé ce fait aux politiques familiales de la Norvège dont l’objectif principal est d’aider les hommes comme les femmes à concilier famille et travail. 

Les congés-maternité sont longs et le père a droit à un congé-paternité de 10 semaines.  Quelque 98% des enfants sont allaités dès la naissance, 80% d’entre eux l’étant encore à l’âge de sixième mois.  Le droit à l’avortement a été reconnu en 1979 mais son taux reste modéré, a indiqué Mme Austveg qui a fait savoir que le personnel médical pouvait aussi faire valoir son droit d’objection de conscience.  Préservatifs et contraceptifs sont gratuitement mis à la disposition des jeunes; le pays ne comptant plus que neuf grossesses pour 1 000 chez les adolescentes par rapport à 40 au début des années 70. 

Msgr FRANCIS CHULLIKATT, Observateur du Saint-Siège, a affirmé que les discussions actuelles semblaient reposer sur la fausse conception que l’acte de donner la vie devait être craint au lieu d’être affirmé.  Il a dénoncé cet « individualisme radical » en vertu duquel la reproduction humaine est « une marchandise qui doit être régulée afin d’encourager une plus grande efficacité des marchés ».  Cette « fausse compréhension » débouche sur la « perception erronée » que la lutte contre la pauvreté, l’analphabétisme et la malnutrition doit se faire par une baisse de la population.  L’observateur du Saint-Siège a dénoncé la théorie selon laquelle l’augmentation de la population serait nuisible à l’environnement » ainsi que les « technologies reproductives » qui violent la nature même de la sexualité humaine. 

Le rapport du Secrétaire général, a-t-il estimé, suggère à tort que les taux de fécondité des pays en développement étaient une importante source de préoccupation.  Ce document promeut « la théorie tragique » selon laquelle si moins de femmes pauvres accouchaient, il y aurait moins de mortalité maternelle, et que s’il y avait moins de bouches à nourrir, il serait plus facile de répondre au problème de la malnutrition.  Cette perspective « biaisée » estime que les pauvres sont un problème et qu’ils doivent être traités comme une marchandise et gérés comme s’ils étaient des objets sans importance, s’est emporté l’observateur.  Les gouvernements, a-t-il ajouté, doivent se rappeler que la personne est un atout et non un handicap.

Débat interactif sur le thème « Améliorer les services de planification familiale pour réaliser la santé procréative pour tous » 

« La baisse de la fécondité dans le monde depuis 1995 a permis d’éviter 3,6 millions de morts, a indiqué Mme AMY TSUI, Professeure à l’Université Johns Hopkins, dans sa déclaration liminaire sur le thème. 

Elle a indiqué que cette baisse de fécondité était le fruit de la planification familiale qui a permis de retarder l’âge moyen du mariage et de promouvoir les contraceptifs.  La planification familiale, a-t-elle insisté, est la plus importante contribution du XXe siècle dans le domaine de la santé.  « La planification familiale est à la mortalité maternelle ce que le vaccin est à la mortalité infantile ». 

Aujourd’hui, a-t-elle dit, 60% de la population mondiale a recours à la contraception; la majorité des couples dans les pays en développement utilisant la contraception moderne ou traditionnelle. 

L’experte a jugé dès lors nécessaire de viser les jeunes dont la population, âgée de 15 à 24 ans, atteindra, d’ici à 2050, 640 millions d’individus en Asie, 350 millions en Afrique, 134 dans les pays développés et 87 millions en Amérique latine.  Présentant la tendance dans le recours aux contraceptifs, elle s’est félicitée d’une évolution remarquable en Afrique.  Elle a cité un taux de fécondité passé de sept enfants à deux en Iran entre 1986 et 2000, grâce à la contraception. 

Elle a attiré l’attention sur les nouvelles méthodes de contraception comme l’anneau hormonal, en regrettant que malgré l’émergence de ces nouveaux produits, le taux de grossesses non désirées demeure très élevé.  Il faut faire plus en matière de contraception et de prévention pour éviter des avortements.   

Elle a conclu sur le cas de l’Éthiopie où 103 millions de dollars ont été consacrés à la planification familiale, un investissement qui permettra des économies de 208 millions de dollars d’ici à 2015 dans le domaine de la santé maternelle, l’eau, l’assainissement, la vaccination et l’éducation. 

La question des contraceptifs et de la religion a été posée par le représentant de la Norvège, avant que son homologue de l’Indonésie ne reconnaisse un conservatisme croissant dans les groupes religieux qui tendent à avoir plus d’enfants que par le passé.  Il s’agit bien souvent non pas de familles pauvres mais de familles aisées, a relevé la représentante.

Celui de l’Iran s’est défendu en arguant que son pays avait eu un certain succès démographique tout en veillant au respect des valeurs religieuses et des sensibilités culturelles.  Des programmes de sensibilisation ont ciblé les dirigeants religieux comme les jeunes couples, sans coercition aucune, a-t-il affirmé. 

Quels sont les besoins des jeunes en matière de contraceptifs, a demandé le représentant du Danemark et, a renchéri son homologue du Kenya, comment répondre à la peur des effets secondaires qui semblent alimenter les réticences à utiliser des contraceptifs?

Le lien entre contraceptifs et religion n’a pas paru aussi évident pour l’experte.  De nombreux pays avec une importante population religieuse connaissent également une forte utilisation des préservatifs.  D’un point de vue historique, la religion n’est pas une barrière à la contraception, a-t-elle affirmé.  Elle a en outre déclaré qu’il n’y a pas lieu d’inciter des familles qui ont les moyens de répondre à leurs besoins à avoir moins d’enfants.

L’experte a reconnu que lorsque les jeunes deviennent sexuellement actifs, ils n’utilisent pas la contraception pour toutes sortes de raisons, dont la peur de devenir stérile.  Les grossesses non désirées qui résultent de ces rapports sont interrompues par des avortements qui comportent un risque d’infertilité, a prévenu l’experte.

Réagissant au commentaire de la Malaisie sur son faible taux de fécondité, elle a estimé que comme le pays connaissait une utilisation modérée de la contraception, ce faible taux s’explique sans doute par d’autres raisons, dont les mariages tardifs ou l’abstinence.

Quel est le tableau de l’offre et de la demande en matière de planification familiale, a demandé le représentant des États-Unis.  Son homologue des Pays-Bas a voulu savoir si des recherches avaient été effectuées sur les préservatifs féminins.  Pourquoi les progrès escomptés en matière de planification familiale n’ont-ils pas été réalisés, a insisté le représentant de la Gambie.  Est-ce imputable au mauvais statut des femmes, à des contraintes socioculturelles ou à l’opposition religieuse, par exemple?

Il existe en effet, a confié l’experte, des contraintes à l’offre des contraceptifs.  Des efforts sont en cours pour améliorer la logistique des achats, notamment dans les pays qui ont une forte prévalence du VIH/sida.  Elle a en outre précisé que le préservatif féminin connaissait un « certain essor » en Afrique du Sud. 

M. JORGUE ARGÜELLO (Argentine) a estimé que la question de la démographie devait être abordée en tenant compte des incidences que pourrait être le vieillissement de la population.  Il s’est dit contre l’avortement et a mis l’accent sur le manque d’accès des femmes pauvres à la planification familiale.  Il faut s’attaquer aux mécanismes d’exclusion sociale pour permettre aux femmes de choisir, a-t-il insisté, en soulignant l’importance de la protection sociale, de la sensibilisation et de l’éducation sexuelle pour éviter les comportements à risque.  Les décisions sur le droit des couples et des personnes de décider du nombre de leurs enfants et de l’espacement des naissances, consacré par la communauté internationale, doivent être prises en toute connaissance de cause.

M. LAMIN NYABALLY (Gambie) a précisé que le taux de croissance de la population gambienne est tombé de 4,2 à 2,8% entre 1993 et 2003.  Cependant, a-t-il noté, d’autres indicateurs démographiques, comme la mortalité maternelle et infantile, montrent que les OMD seront difficiles à atteindre dans les délais impartis.  Des enquêtes sanitaires sont menées pour évaluer le chemin qui reste à parcourir, a-t-il dit.  Il a jugé indispensable que les États diffusent les informations nécessaires pour que les couples puissent décider en toute connaissance de cause du nombre d’enfants et de l’espacement des naissances.  Il faut aussi s’attaquer aux croyances socioculturelles qui véhiculent clichés et préjugés, à l’insuffisance de ressources et aux besoins des jeunes. 

M. MANJEEV SINGH PURI (Inde) a indiqué que son pays avait lancé, en 2005, une « mission nationale pour la santé rurale » ouvrant l’accès des personnes les plus pauvres et les plus vulnérables à des centres de soins abordables, accessibles, efficaces et fiables en zone rurale.  Cette initiative cible notamment la santé maternelle et infantile, le contrôle du VIH/sida, l’assainissement, la nutrition et l’éducation.  Le programme se sert des « SMS » pour garder le contact avec les femmes enceintes dans certaines parties du pays et d’unités de soins mobiles. 

M. Puri a également fait savoir que la « mission » comportait depuis peu un volet « promotion de la santé sexuelle et reproductive des adolescents ».  Il a précisé que plus de 10 millions de femmes avaient profité des différents aspects de la « mission » qui est, a-t-il affirmé, un outil important en matière de réduction de la mortalité maternelle et infantile.

M. ZANE DANGOR (Afrique du Sud) a indiqué qu’un tiers de la population de son pays était âgée de moins de 15 ans et que les personnes âgées de plus de 60 ans représentaient environ 7,6% de l’ensemble de la population.  Le taux de fécondité était de 2,38 enfants par femme en 2010 mais il reste plus élevé en zone rurale.  L’Afrique du Sud, a avoué le représentant, connaît des taux importants de mortalité maternelle, de violence sexuelle et de grossesses à risque ou non désirées chez les adolescentes. 

Quelque 65,3% des Sud-Africaines utilisent des moyens contraceptifs modernes.  Les besoins d’un dixième des femmes en matière de planification familiale restent insatisfaits.  Cela explique peut-être pourquoi, a tenté le représentant, l’avortement est si fréquent, notamment chez les jeunes femmes.  Le représentant a précisé que 13% des morts parmi les femmes enceintes étaient dus aux avortements non assistés. 

M. Dangor a jugé nécessaire de collecter plus de données sur l’utilisation des contraceptifs chez les jeunes.  Il faut également mettre l’accent sur le rôle des hommes en matière de planification familiale.

M. EASTON WILLIAMS (Jamaïque) a cité des progrès notables en termes de santé génésique tout en reconnaissant que son pays ne sera peut-être pas en mesure d’atteindre tous les OMD d’ici à 2015.  Il a précisé que le taux de fécondité n’avait pas bougé entre la fin des années 80 et la fin des années 90, ce qui a constitué une préoccupation majeure du Gouvernement.  Avec l’aide du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), a-t-il précisé, la Jamaïque a pu cibler ses actions conformément aux objectifs du Plan d’action du Caire et obtenir une baisse du taux de fécondité de trois enfants par femme en 1994 à 2,4 aujourd’hui.  Les principaux moteurs de la baisse de la population ont été la promotion des contraceptifs, l’éducation des femmes et leur accès croissant au monde du travail.  La réalité de la migration risque de nous entraîner vers une baisse absolue de la population, s’est-il néanmoins inquiété.

Mme ZOYA KOLONTAI (Bélarus) a cité la mise en œuvre du Programme national de sûreté démographique qui s’est conclue par de nets progrès en matière de santé maternelle et infantile.  Avec le FNUAP, a-t-elle dit, nous élaborons une stratégie nationale de santé procréative en réformant les maternités et en mettant en place des nouvelles technologies en matière de soins prénataux.  Soulignant les progrès en matière de santé reproductive, la représentante a cité une mortalité infantile divisée par 2 depuis 2000 et une mortalité maternelle divisé par presque par 4.  Elle a également précisé que 90% des enfants de moins de 3 ans sont couverts par des allocations familiales.  Le Bélarus a beaucoup souffert de l’accident nucléaire de Tchernobyl dont les conséquences sont estimées à 235 milliards de dollars avec l’impact que l’on sait sur la santé des femmes et des enfants. 

M. MÅRTEN GRUNDITZ (Suède) a déclaré que chaque individu devait être en mesure de pouvoir faire des choix informés en matière de planification familiale et d’avoir accès à toute une gamme de services en matière de santé sexuelle et reproductive.  Il a évoqué les contraceptifs, le report et l’espacement des naissances.  Il a relevé que malgré les progrès réalisés, une forte demande en matière de contraceptifs subsistait, notamment chez les jeunes.  Plus d’un milliard et demi de la population est jeune et s’apprête à entamer sa vie sexuelle, a relevé M. Grunditz pour qui les jeunes doivent être intégrés au processus de prise de décisions sur leur vie et leur avenir.  Il a réclamé le renforcement des systèmes de santé et a appelé à un meilleur financement de la planification familiale, compte tenu, en particulier, de l’augmentation du nombre de femmes en âge de procréer.

M. VAN CHIEN (Viet Nam) a indiqué que la croissance démographique du pays avait chuté et que la santé maternelle et infantile s’était améliorée.  La planification familiale connaît cependant des défis s’agissant, en particulier, des populations migrantes.  Les contraceptifs sont disponibles dans l’ensemble du pays et la planification familiale est intégrée dans les programmes pédagogiques à l’intention des jeunes.

M. FERNANDO ALZATE (Colombie) a déclaré que son pays faisait sien le lien entre fécondité, santé procréative et développement.  Il a parlé d’une nouvelle loi sur l’éducation et l’enfance qui oblige l’État à intégrer la santé reproductive dans le système de santé publique.  La Colombie, a-t-il assuré, a atteint les OMD sur la lutte contre la mortalité maternelle et infantile.  Il a dit la nécessité d’appliquer des démarches intersectorielles illustrant le lien entre santé reproductive et développement. 

M. THOMAS LAMBERT (Belgique) a estimé que la perspective d’une population mondiale de 9,15 milliards d’habitants d’ici à 2050 constitue un élément « alarmant » pour le développement durable de notre planète.  La Belgique fait partie des pays qui ont une espérance de vie élevée et un faible taux de fécondité.  Le premier souci démographique est donc le vieillissement de la population.  Sur le plan mondial, le représentant a regretté l’insuffisance de l’accès à l’information sur la santé reproductive.  Quelque 215 millions de femmes n’ont toujours pas accès à cette information. 

Mme SAY, Organisation mondiale de la Santé (OMS), a engagé les gouvernements à renforcer la capacité des systèmes de santé et à réaliser l’accès universel aux soins.  Beaucoup reste à faire pour combler les inégalités tant à l’intérieur qu’entre les pays en matière d’accès aux soins.  Il faut accélérer les efforts pour transformer les engagements en réalité, pour les femmes et les jeunes notamment.

Mme THANEN THIKAN, Centre de ressources et de recherche pour les femmes de la région Asie-Pacifique (ARROW), a indiqué que 27% des morts parmi les femmes enceintes étaient dus à des avortements à risque.  L’accès aux contraceptifs fait défaut et l’absence de recours aux préservatifs est préoccupante.  La représentante a également fait savoir que le taux de grossesses précoces dans la région était l’un des plus élevés au monde; une fille sur 10 tombant enceinte avant l’âge de 16 ans.  La violence sexuelle augmente du fait de la situation d’urgence que connaît la région, d’où l’importance d’avoir des services de santé sexuelle et reproductive capables de dispenser, de distribuer des contraceptifs et d’effectuer des avortements dans des conditions sûres.

Mme ANN STARRS, Présidente de Family Care international, a estimé que l’accès universel à la santé reproductive était critique pour résoudre la question de la mortalité maternelle et promouvoir un développement durable.  Chaque jour 1 000 femmes meurent de complications évitables liées à la grossesse et à l’accouchement.  Elle a rappelé qu’en septembre dernier, sous les auspices du Secrétaire général plus de 90 États Membres et autres partenaires ont reconnu que l’investissement dans la santé des femmes et des enfants était décisif pour édifier des sociétés plus stables, plus pacifiques et plus productives.  C’est aussi un moyen, a-t-elle ajouté, de réduire la pauvreté, de stimuler la croissance économique et d’aider les femmes et les enfants à réaliser leurs droits fondamentaux. 

Mme KARI POINTS, IPAS, organisation internationale consacrée à la prévention des risques liés à l’avortement non assisté, a rappelé que le lien entre santé procréative et développement avait été fait à la Conférence du Caire en 1994.  Pourtant, s’est-elle étonnée, 16 ans plus tard, les avortements non sûrs restent un problème négligé et, selon l’OMS, provoquent chaque année 47 000 morts chez les femmes, dont la moitié a moins de 25 ans.  Quelque cinq millions de femmes subissent les conséquences à court et long termes des accidents à des avortements non sûrs, alors qu’ils pourraient être évités. 

Mme MARÍA EUGENIA ROMERO, Equidad de Género: Ciudadanía, Trabajo y Familia, a engagé les gouvernements à ne pas minimiser l’urgence de la mise en œuvre du Programme d’action du Caire.  Chaque jour qui passe est nuisible à la santé des femmes, a-t-elle déclaré.  Elle a demandé le renforcement des programmes de coopération entre les gouvernements et les ONG responsables et a mis en garde contre le fait que les avortements pratiqués dans des conditions dangereuses étaient passés de 17 à 21 millions par an.  Elle a réclamé des mesures pour mettre un terme à ce phénomène.

Mme JILL GREER, International Planned Parenthood Federation(IPPF) a déclaré que les femmes et les jeunes filles devaient toujours assumer un fardeau plus lourd en matière de santé sexuelle et reproductive.  Si on leur donne le choix, la majorité des femmes souhaiteraient avoir moins d’enfants, a-t-elle affirmé, en estimant que les femmes investissent 90% de leurs revenus dans leur famille.  Elle a également estimé qu’il fallait donner aux jeunes toute l’éducation nécessaire en matière d’égalité entre les sexes et de santé sexuelle et reproductive pour réduire la violence sexiste.  Elle a observé que les besoins en matière de santé sexuelle et reproductive ne feraient qu’augmenter, compte tenu, en particulier, que la génération la plus importante depuis l’histoire s’apprêtait à entamer sa vie sexuelle.

M. BAIG, Fondation internationale de la population (IFPD), a mis l’accent sur le problème des mariages forcés en rappelant que 25% des mariages sont de telles unions qui concernent souvent des femmes mineures de moins de 16 ans.  Il en résulte chaque année, 2,9 millions d’avortements non sûrs en Indonésie et 1 million au Pakistan.  

M. TEWODROS MELESSE, The International Planned Parenthood Africa Region (IPPFAR), a souligné le problème des mariages forcés en notant que des filles âgées de 13, 14 ou 16 ans, mariées de force, se voyaient privées de leur droit à l’éducation.  Il a souhaité que l’éducation sexuelle devienne obligatoire dans les écoles. 

Mme NIRVANA GONZÁLEZ ROSA, Réseau pour la santé des femmes d’Amérique latine et des Caraïbes (LACWHN), a indiqué que la Conférence du Caire avait permis aux femmes d’être considérées non plus comme objet mais comme sujet.  Elle s’est donc dite inquiète de voir que les accords n’avaient pas été complètement mis en œuvre.  Elle  a voulu une approche fondée sur le respect des droits de l’homme et une réévaluation des budgets nationaux.  Il est urgent d’atteindre l’OMD relatif à la réduction de la mortalité maternelle, a estimé la représentante qui a réclamé une volonté politique renouvelée en la matière.  Elle a également plaidé pour l’accès de tous aux soins sexuels et reproductifs de qualité.

Mme WATERS, Advocates for Youth, a estimé qu’en cette Année internationale de la jeunesse, un changement s’imposait.  Les jeunes filles sont l’objet d’inégalités et de violences et représentent 40% de toutes les nouvelles infections du VIH/sida.  Les avortements dangereux sont la principale cause de décès chez les femmes âgées de moins de 24 ans dans le monde en développement, a-t-elle rappelé à son tour, avant de conclure en engageant les États Membres à assurer la participation des jeunes aux processus de prise de décisions les concernant.

Mme SUZANNE EHLERS, Population Action International (PAI), a rappelé que 215 millions de femmes n’ont pas accès aux contraceptifs modernes.  Elle a donc exhorté les pays donateurs à trouver les ressources nécessaires pour permettre à ces femmes et aux plus vulnérables d’avoir accès à la planification familiale. 

Mme SUMI SUBRAMANIAM, Directrice de New Zeland Family Planning, a indiqué que son organisation travaillait dans 22 pays du Pacifique pour promouvoir l’information en matière de santé reproductive.  Lorsque les femmes et les filles peuvent exercer leur libre choix, elles peuvent accéder à l’éducation, au marché du travail et être productives, a-t-elle dit. 

Mme EUGENIA LÓPEZ URIBE, Católicas por el Derecho a Decidir Mexico, s’est inquiétée des violations de droits en matière d’accès à la santé reproductive à travers le monde.  À titre d’exemple, elle a cité l’arrestation au Kenya de femmes accusées de prostitution parce qu’elles avaient des préservatifs dans leur sac à main. 

Mme ARINIL INDHISTAN, Global Youth Action Network (GYAN), a rappelé que les jeunes âgés de 15 à 24 ans représentent 1,4 milliard d’individus en 2011, ce qui en fait la plus importante génération de jeunes de l’histoire de l’humanité.  Elle a mis l’accent sur le droit à l’éduction sexuelle qui est un droit de l’homme trop souvent refusé aux jeunes dans le monde. 

Mme GREER, International Planned Parenthood Federation/Western Hemisphere Region IPPF/WHR, a souligné la nécessité d’une bonne information pour que les femmes et les filles puissent prendre des décisions en toute connaissance de cause.  Investir dans les jeunes et dans leur santé reproductive maintenant aidera à résoudre les problèmes économiques et sociaux de demain, a-t-elle ajouté. 

La représentante du Forum parlementaire inter-européen sur la population et le développement (IEPFPD), a déclaré que la promotion des droits de la femme était fondamentale pour la lutte contre la pauvreté.  Quelque 215 millions de femmes n’ont toujours pas accès à la contraception moderne et nombre de décès à l’accouchement pourraient être évités, a-t-elle déploré.  Le droit à la santé reproductive a été proclamé mais est encore loin d’être universellement respecté. 

Elle a estimé qu’il fallait donner aux femmes la possibilité de faire un choix, mais a précisé qu’il ne fallait pas y voir un appel en faveur de l’avortement « que tout le monde cherche à éviter ».  Elle a réclamé davantage de volonté politique et un plus grand financement pour les programmes de santé sexuelle et reproductive.  Les femmes meurent parce que nous n’avons pas décidé que leurs vies méritaient d’être sauvées, a-t-elle lancé en conclusion.

La représentante de IPPF – Europe – Centre albanais pour la population et le développement, a indiqué qu’un tiers de la population albanaise a moins de 25 ans.  Seules 11% des femmes albanaises utilisent des méthodes de contraception modernes et le système national de santé n’est pas capable de répondre aux besoins des jeunes.  Elle a notamment évoqué le manque de formation du personnel médical.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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