La Commission de la condition de la femme suspend sa session après avoir adopté des textes sur les Palestiniennes, le VIH/sida et les changements climatiques

FEM/1850
4 mars 2011

La Commission de la condition de la femme suspend sa session après avoir adopté des textes sur les Palestiniennes, le VIH/sida et les changements climatiques

04/03/2011
Conseil économique et social
FEM/1850
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Commission de la condition de la femme                     

15e et 16e séances – matin et après-midi


LA COMMISSION DE LA CONDITION DE LA FEMME SUSPEND SA SESSION APRÈS AVOIR ADOPTÉ

DES TEXTES SUR LES PALESTINIENNES, LE VIH/SIDA ET LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES


La Commission de la condition de la femme a suspendu aujourd’hui sa session compte tenu de son incapacité à adopter ses « Conclusions concertées » du débat général et des tables rondes qu’elle a tenus, cette année, sur le thème choisi « L’accès et la participation des femmes et des fillettes à l’éducation, à la formation, aux sciences et à la technologie, y compris la promotion de l’accès des femmes au plein-emploi et à un travail décent ». 


La Commission s’est tout de même prononcée sur des textes relatifs à la situation des Palestiniennes, au VIH/sida et aux changements climatiques.


Adoptée par 26 voix pour, l’opposition des États-Unis et d’Israël et les abstentions de l’Allemagne, de la Belgique, de la Colombie, de l’Espagne, de l’Italie, du Japon, du Niger, de la République de Corée, de la Suède et du Togo, le projet de résolution sur la situation des Palestiniennes et l’aide à leur apporter recommande au Conseil économique et social (ECOSOC) de demander à la communauté internationale de continuer à fournir l’assistance et les services qui font cruellement défaut afin de remédier à la situation humanitaire critique des Palestiniennes et de leur famille.


La communauté internationale devrait également contribuer à la remise sur pied des institutions palestiniennes pertinentes en tenant compte de la problématique hommes-femmes dans tous les programmes d’assistance internationale et déclarer son soutien à la mise en place des institutions d’un État palestinien indépendant, dont l’Autorité palestinienne a présenté le plan en août 2009.


Les représentants de la Hongrie, au nom de l’Union européenne, des États-Unis, d’Israël et du Japon ainsi que l’observatrice de la Palestine se sont exprimés sur ce texte.


Dans la résolution sur les femmes et les fillettes face au VIH et au sida, adoptée sans vote, la Commission souligne qu’il faudrait donner aux femmes et aux filles les moyens de se protéger contre la violence et, à cet égard, que les femmes ont le droit de décider librement et en toute connaissance de cause des questions liées à leur sexualité, y compris à leur hygiène sexuelle et à leur santé en matière de procréation, sans être soumises à la coercition, à la discrimination et à la violence.


Ce texte a été commenté par la représentante du Chili et l’observatrice du Saint-Siège.


La Commission a également adopté sans vote et telle qu’amendée, une résolution sur l’intégration de la problématique de l’égalité entre les sexes et de l’autonomisation des femmes dans les politiques et stratégies relatives aux changements climatiques.  Elle y appelle les gouvernements à renforcer et financer les dispositifs visant à assurer la pleine participation des femmes à tous les niveaux du processus de prise de décisions sur les questions d’environnement.  Elle invite les institutions sociales, économiques, politiques et scientifiques à mettre au point des bases de données et à établir des statistiques et des méthodologies d’analyse des politiques qui permettent de mieux comprendre les liens entre sexes et changements climatiques.


Le représentant de la Fédération de Russie a fait part de ses réserves sur certains paragraphes du texte.


S’agissant de la composition du Groupe de travail chargé des communications relatives à la condition de la femme, pour les deux prochaines sessions, un seul membre a été nommé, à ce stade, pour une période de deux ans, à savoir, Mme Noa Furman d’Israël.  Les quatre autres nominations se feront ultérieurement. 


En fin de séance, la Commission a adopté l’ordre du jour provisoire et la documentation de sa cinquante-sixième session placée sous le signe de « L’autonomisation des femmes rurales et leur rôle dans l’élimination de la pauvreté et de la faim, et dans le développement »*.


La prochaine réunion prévue pour adopter les « Conclusions concertées » et examiner les autres points en suspens sera annoncée dans le Journal des Nations Unies.


*    E/CN.6/2001/L.5



SUIVI DE LA QUATRIÈME CONFÉRENCE MONDIALE SUR LES FEMMES ET DE LA VINGT-TROISIÈME SESSION EXTRAORDINAIRE DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE INTITULÉE « LES FEMMES EN L’AN 2000 »


Adoption de textes


Aux termes de la résolution sur l’i ntégration de la problématique de l’égalité entre les sexes et de l’autonomisation des femmes dans les politiques et stratégies relatives aux changements climatiques (E/CN.6/2011/L.1), la Commission de la condition de la femme appelle les gouvernements à renforcer et financer les dispositifs visant à assurer la pleine participation des femmes à tous les niveaux du processus de prise de décisions sur les questions d’environnement.  Elle les exhorte, ainsi que les autres acteurs pertinents, à promouvoir la participation des femmes aux activités de formation et de renforcement des capacités visant à s’adapter aux changements climatiques et à en atténuer les effets.


Les gouvernements doivent aussi soutenir et démarginaliser les femmes des milieux ruraux qui participent à la production agricole et jouent un rôle fondamental dans la sécurité alimentaire, notamment en ce qui concerne l’occupation des terres et autres droits de propriété.  La Commission encourage aussi les établissements et institutions financiers internationaux à veiller à ce que l’égalité entre les sexes soit prise en compte dans la conception, l’approbation, l’exécution et le suivi des projets. 


Elle invite les institutions sociales, économiques, politiques et scientifiques à mettre au point des bases de données, à établir des statistiques et des méthodologies d’analyse des politiques qui permettent de mieux comprendre les liens entre sexes et changements climatiques.


Tout en indiquant que son pays ne souhaitait pas rompre le consensus, le représentant de la Fédération de Russie a déploré que l’objectivité n’ait pas toujours prévalu lors des débats.  Le texte, a-t-il reproché à la Commission, n’est pas assez équilibré.  Il a dénoncé les trop nombreuses tentatives de microgestion et s’est catégoriquement opposé au paragraphe 8 du préambule qui, lorsqu’il parle de l’accès plus limité des femmes aux divers aspects des changements climatiques, ne se fonde sur aucune donnée scientifique.  Il a aussi critiqué le paragraphe 1 du dispositif qui appelle les gouvernements à intégrer la problématique hommes-femmes dans les politiques relatives aux changements climatiques.  C’est la preuve même, a-t-il commenté, d’une approche sélective de la Convention-cadre des Nations Unies et de ses principes fondamentaux.


Le représentant a fait le même reproche au paragraphe 3 du dispositif qui s’écarte gravement de la tendance générale.  Poursuivant, il s’est, pour les mêmes raisons, opposé au paragraphe 6 du dispositif qui montre une fois encore une approche sélective de la question sérieuse des changements climatiques.  Il a fait de même s’agissant du paragraphe 7 sur les liens entre sexe et changements climatiques.  Ce paragraphe, a-t-il dit, n’est pas très loin d’être fallacieux au regard des activités que l’on demande aux gouvernements d’entreprendre.  La Fédération de Russie, a-t-il affirmé, s’est montrée souple en acceptant les paragraphes 10, 11 et 12. 


Aux termes du projet de résolution sur l a situation des Palestiniennes et l’aide à leur apporter (E/CN.6/2011/L.2), la Commission de la condition de la femme recommande au Conseil économique et social (ECOSOC) de souligner qu’il importe de s’employer à accroître le rôle que les Palestiniennes jouent dans les décisions concernant la prévention et le règlement des conflits et de veiller à ce qu’elles participent sur un pied d’égalité à tous les efforts de rétablissement, de maintien et de promotion de la paix et de la sécurité. 


Selon la Commission, le Conseil devrait aussi demander à la communauté internationale de continuer à fournir l’assistance et les services qui font cruellement défaut afin de remédier à la situation humanitaire critique des Palestiniennes et leur famille, et de contribuer à la remise sur pied des institutions palestiniennes pertinentes en tenant compte de la problématique hommes-femmes dans tous les programmes d’assistance internationale.  La communauté internationale devrait également déclarer son soutien à la mise en place des institutions d’un État palestinien indépendant, dont l’Autorité palestinienne a présenté le plan en août 2009. 


Le Conseil demanderait à Israël de prendre des dispositions pour que les femmes et les enfants palestiniens réfugiés et déplacés puissent tous regagner leurs foyers et recouvrer leurs biens, conformément aux résolutions de l’Organisation des Nations Unies sur la question.


Dans sa déclaration, la représentante de la Hongrie, qui s’exprimait au nom de l’Union Européenne, s’est dite préoccupée par l’impact du conflit israélo-palestinien sur les femmes et les enfants de la région.  Elle a cependant estimé que le projet de résolution aborde des questions spécifiques qui relèvent des prérogatives de l’Assemblée générale et non de la Commission.  Tout texte traitant de la situation palestinienne et de l’aide à apporter devrait refléter les recommandations contenues dans les rapports pertinents du Secrétaire général, a-t-elle ajouté.


Expliquant son vote négatif, la représentante des États-Unis s’est dite déçue par le projet de résolution.  Les États-Unis, a-t-elle dit, souhaitent améliorer la situation humanitaire des Palestiniens, y compris les femmes.  Le pays est à ce jour, le plus grand donateur bilatéral de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), avec plus de 247 millions de dollars en 2010 et 30 millions de dollars en 2011.  Les États-Unis restent très engagés dans l’amélioration de la situation à Gaza, a poursuivi la représentante.  Toutefois, a-t-elle nuancé, mon pays constate avec préoccupation les mesures prises par les autorités du Hamas contre la liberté des femmes.


Elle s’est donc dite troublée de voir la Commission insister pour inclure dans le texte des condamnations qui ne s’adressent qu’à une seule partie et qui s’écartent des vrais défis.  Notre énergie, a-t-elle dit, devrait être dirigée vers l’avenir.  Les États continueront à rechercher une paix globale et restent disposés à travailler avec le Quatuor et les pays de la région pour ramener les parties à des pourparlers directs capables de conduire vers un accord porteur d’une paix juste et durable.


La représentante d’Israël a estimé que le projet de résolution n’avait pas sa place dans une enceinte telle que la Commission, en raison de ses évidentes motivations politiques et de ses graves omissions factuelles.  Si les auteurs de ce texte étaient véritablement concernés par la condition des femmes palestiniennes, ils n’auraient pas oublié de mentionner des facteurs spécifiques qui contribuent largement à la dégradation de leur statut dans la société palestinienne.


La représentante a cité la culture patriarcale, les stéréotypes ou encore les crimes d’honneur.  Cette situation est encore plus préoccupante dans la bande de Gaza où la police du Hamas continue de harceler les femmes pour des violations mineures de la loi islamique, sans mentionner les attaques systématiques contre les organisations humanitaires qui essayent de les défendre.  Le projet de résolution, a insisté la représentante, met sous le boisseau ces réalités ainsi que les agissements du terrorisme palestinien.  Elle a déploré l’absence de volonté politique des États de débattre de ces réalités alors qu’ils se montrent beaucoup plus prolixes en privé.


La représentante du Japon, dont le pays s’est abstenu lors du vote, a espéré que la condition des femmes palestiniennes s’améliorera grâce aux efforts de la communauté internationale.  Elle aurait souhaité, a-t-elle confié, que ce texte soit amélioré et puisse être adopté par consensus.


Dans sa déclaration, l’observatrice de la Palestine a remercié tous les États ayant voté pour le texte.  Les femmes palestiniennes continuent d’être les principales victimes des politiques illicites d’Israël, a-t-elle dit.  La promotion du droit international, loin d’aggraver la situation actuelle, permettrait l’instauration d’une paix juste et durable.  La déclaration d’Israël est fausse, a-t-elle dit, en jugeant ce fait peu surprenant de la part de la Puissance occupante.  Rien n’affecte plus les femmes qu’une occupation de plusieurs années, avec les traitements cruels et les injustices qui l’accompagnent.  Ce sont les Israéliens qui entravent les efforts vers une paix durable et un projet de résolution par ailleurs nécessaire, a-t-elle affirmé.  Elle a prévenu que tant qu’Israël poursuivra son occupation, la dignité des femmes palestiniennes devra être défendue.


Par la résolution sur les femmes et les filles face au VIH et au sida (E/CN.6/2011/L.3), dotée d’un dispositif de 44 paragraphes, la Commission de la condition de la femme engage les gouvernements à redoubler d’efforts pour éliminer toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et des filles, dans le contexte du VIH et du sida, notamment en luttant contre les stéréotypes, la stigmatisation, les comportements discriminatoires et les inégalités entre les sexes, et à encourager la participation active des hommes et des garçons à cet égard.


Elle souligne qu’il faudrait donner aux femmes et aux filles les moyens de se protéger contre la violence et, à cet égard, que les femmes ont le droit de décider librement et en toute connaissance de cause des questions liées à leur sexualité, y compris à leur hygiène sexuelle et à leur santé en matière de procréation, sans être soumises à la coercition, à la discrimination et à la violence.


La Commission demande aux gouvernements d’intégrer la prévention du VIH et l’accompagnement psychologique et le dépistage volontaires dans d’autres services de santé, notamment les services d’hygiène sexuelle et de santé procréative, de planification familiale, de maternité et de traitement de la tuberculose, ainsi que la prestation de services de prévention et de traitement des infections sexuellement transmissibles dans les services de prévention de la transmission materno-fœtale destinés aux femmes enceintes vivant avec le VIH.


Elle recommande que soient élaborées et appliquées des méthodes d’analyse des disparités dues au sexe, que les données soient harmonisées et que soient perfectionnés des indicateurs pour aider à mesurer les inégalités qui pèsent sur les femmes et les filles en ce qui concerne le VIH.


La Commission engage les États Membres à travailler en partenariat avec la Coalition mondiale sur les femmes et le sida pour mobiliser et appuyer un large éventail d’acteurs nationaux, y compris les associations de femmes et les réseaux de femmes vivant avec le VIH, pour faire en sorte que les programmes nationaux de lutte contre le VIH et le sida tiennent davantage compte des vulnérabilités et des besoins particuliers des femmes, des filles et des adolescentes.


La représentante du Chili a appuyé ce texte, en soulignant que dans l’entendement de son pays, le paragraphe 15 du dispositif, qui parle de la protection des droits procréatifs et de la santé sexuelle des femmes, n’implique pas l’acceptation de l’avortement.


Dans sa déclaration, l’observatrice du Saint-Siège a tenu à réaffirmer l’importance qu’il y a à accorder des soins aux femmes et aux filles touchées par le VIH/sida.  Soulignant que l’Église catholique assure le quart de ces soins dans le monde, elle a prôné une approche basée sur des valeurs et un renouvellement spirituel dans la lutte contre le VIH/sida.  Elle a également insisté sur le besoin de faire une distinction plus claire entre les soins offerts aux victimes du VIH et certaines méthodes de prévention.  Le Saint-Siège ne reconnait pas l’avortement comme outil de planification familiale, a-t-elle rappelé.


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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