La CDD tarde à se mettre d’accord sur les questions du transport, des produits chimiques, des déchets, des mines et des modes de consommation et de production durables

13 mai 2011
ENV/DEV/1213

La CDD tarde à se mettre d’accord sur les questions du transport, des produits chimiques, des déchets, des mines et des modes de consommation et de production durables

13/05/2011
Conseil économique et social
ENV/DEV/1213
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Commission du développement durable

Dix-neuvième session

9e & 10e séances matin & après-midi


Le document final de la session qui était présidée par le Ministre de l’environnement de la Roumanie, M. László Borbély, paraîtra dans les prochains jours en français


LA CDD TARDE À SE METTRE D’ACCORD SUR LES QUESTIONS DU TRANSPORT, DES PRODUITS CHIMIQUES, DES DÉCHETS,

DES MINES ET DES MODES DE CONSOMMATION ET DE PRODUCTION DURABLES


À 20 h 30 ce vendredi soir, la Commission du développement durable (CDD) n’était toujours pas parvenue à un accord sur le document final d’une session qui s’est articulée autour d’un modèle thématique formé des questions du transport, des produits chimiques, de la gestion des déchets, de l’extraction minière et du Cadre décennal de programmation concernant les modes de consommation et de production durables.


La session du Comité était d’autant plus importante qu’elle précède d’un an, la Conférence internationale sur l’environnement et le développement (Rio+20), prévue dans la ville brésilienne, en juin 2012.  La Conférence a été décrite aujourd’hui par le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, comme « l’une des réunions les plus importantes de ces dernières années, en matière de développement ».


« Il nous incombe de rechercher une voie du développement qui s’appuie sur un meilleur équilibre entre notre consommation et nos ressources mondiales », a-t-il estimé devant un parterre de ministres présents au troisième et dernier jour du Dialogue ministériel tenu sur le thème « Sur la voie du développement durable: les attentes de Rio+20 ». 


La Commission, qui a ouvert sa session le 2 mai dernier, a invité Ministres de l’environnement, société civile et représentants du système des Nations Unies à dialoguer durant les trois derniers jours de ses travaux.  


« Rio+20 », qui est un rendez-vous suscitant un « énorme espoir » doit aboutir à des décisions concrètes et ne pas être qu’un « discours politique », a voulu la France.  « Il faudra non seulement concrétiser la vision environnementale commune, mais aussi aller plus loin dans la promotion de l’économie verte », a souhaité l’Algérie, au nom du Groupe des États d’Afrique. 


Le Pakistan a rappelé le Principe 2 de la Déclaration de Rio sur le droit souverain des États à exploiter leurs ressources naturelles aux fins du développement, et le Principe 7 sur les responsabilités communes mais différenciées des États.


Aujourd’hui, la Commission a pris note du projet de programme de travail pour l’exercice biennal 2012-2013 de la Division du développement durable, approuvé le programme provisoire de sa prochaine session et élu à sa présidence M. Mazhit Turmagambetov, du Kazakhstan.


Elle a également élu Mme Bosiljka Vuković, Directrice par intérim du Bureau du développement durable du Monténégro, à la Vice-Présidence.  Les autres membres du Bureau seront élus ultérieurement.


Déclarations des grands groupes


Le représentant du Grand Groupe des autochtones a souligné que la survie des peuples autochtones dépendait de la réalisation du développement durable.  « Aujourd’hui, ces peuples ont besoin de propositions audacieuses pour pouvoir, tous ensemble, protéger la planète », a-t-il plaidé.  Il a annoncé que la prochaine réunion de l’Instance permanente des peuples autochtones traitera des préparatifs de Rio+20 et de la nécessité d’intégrer les modes de vie traditionnels dans les résultats de cette grande conférence.  Le représentant a invité les gouvernements à faire de ces peuples des partenaires et à profiter de leur savoir ainsi que de leur ferme appui à l’économie verte.


Le représentant du Grand Groupe des enfants et des jeunes a enjoint les États Membres à favoriser la participation des jeunes à la mise en œuvre efficace des politiques relatives à l’environnement et au développement durable.  Les jeunes veulent que des décisions soient effectivement prises pour préserver la planète, au nom des générations futures.  Ce sont les jeunes, a-t-il souligné, qui auront à appliquer, dans le futur, les décisions prises aujourd’hui. 


La représentante du Grand Groupe des femmes a considéré que le Cadre décennal de programmation concernant les modes de production et de consommation durables devrait viser à atteindre l’objectif « zéro déchets ».  Elle a encouragé l’intégration d’une perspective sexospécifique dans les programmes, en particulier, en matière d’emplois et d’accès à l’éducation.  Le système de l’ONU et les États Membres devraient aussi améliorer la coopération entre la Commission du développement durable et celle de la condition de la femme, a-t-elle estimé, avant de dénoncer la bureaucratie onusienne et le fait que certains projets de l’ONU aient été souvent inefficaces.


Dialogue ministériel sur le thème: « Sur la voie du développement durable: Les attentes de Rio+20 »


Lançant le dialogue, M. BAN KI-MOON, Secrétaire général des Nations Unies, a estimé que l’adoption, par la CDD, d’un Cadre décennal « ambitieux » donnerait un élan « crucial » à Rio+20, l’une des réunions internationales les plus importantes, en matière de développement durable.  À Rio, a poursuivi le Secrétaire général, notre vision doit être claire.  Nous voulons une économie verte et durable qui protège la santé et l’environnement, tout en appuyant la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), par la hausse des revenus, l’emploi décent et l’élimination de la pauvreté.


Nous devons aussi créer une architecture pour la gouvernance du développement durable aux niveaux national, régional et international.  Cette architecture est cruciale afin d’avancer vers le développement durable, a insisté M. Ban Ki-moon pour qui les mots d’ordre doivent être « mise en œuvre » et « action ».


Le Commissaire européen à l’environnement a souligné qu’en dépit des progrès accomplis dans de nombreux domaines depuis la tenue de la Conférence de 1992 sur l’environnement et le développement, de nombreux défis subsistent.  Les deux thèmes de l’économie verte dans le contexte d’un développement durable et de l’élimination de la pauvreté et le cadre institutionnel pour un développement durable, offrent une occasion en or pour relever les défis.


Nous ne pouvons nous permettre de laisser passer une telle occasion, a-t-il insisté.  La croissance économique doit passer par la gestion des ressources naturelles et se fonder sur une analyse des coûts et des profits à tous les niveaux.  Pour une transition vers l’économie verte, le Commissaire européen a recommandé la mise en place d’un commercial international non discriminatoire, l’amélioration de l’accès aux financements publics et privés et la participation de ces secteurs dans la réalisation du développement durable.


« Une démarche à l’emporte pièce ne suffira pas », a-t-il prévenu.  La feuille de route de l’économie verte permettra aux pays de mieux amorcer leur transition avec des mesures concrètes, assorties de cibles et d’un échéancier. Cependant, le développement durable ne saurait se traduire dans la réalité sans une bonne gouvernance politique et environnementale, des réformes et la transformation du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) en une agence moderne, avec des visions stratégiques précises.


Il a recommandé d’élargir la perspective du développement durable par une participation accrue de la société civile, du secteur privé et d’autres parties prenantes à tous les niveaux.  Le partenariat dynamique entre le public et le privé demeure l’une des formules à explorer plus avant, selon le responsable européen.  « Rio+20 peut marquer le départ d’une transition mondiale vers une économie verte », a-t-il conclu.


S’associant au Groupe de Rio, l’Argentine a considéré que les Nations Unies devaient assumer davantage de responsabilités dans la coordination des efforts internationaux d’appui à Haïti, sur la base des priorités fixées par ce pays.  La MINUSTAH absorbe 70% des effectifs déployés par l’Argentine dans sept opérations de maintien de la paix, a-t-elle précisé.  Soulignant que les pays contributeurs de troupes étaient « dans une situation financière difficile », elle a dit qu’il fallait faire face à l’augmentation des dépenses de ces contingents et effectuer les remboursements à temps.


La Grenade, au nom des petits États insulaires en développement (PEID), a insisté sur l’importance des mouvements sociaux, moteur du développement.  Ces groupes sociaux ont apporté des solutions pertinentes à ce débat, a-t-elle estimé.  Elle a emprunté aux PEID l’image d’une « économie verte et bleue », encourageant ainsi à préserver les océans dont ils dépendent entièrement.  Elle a souhaité que les accords institutionnels qui se dégageront à Rio intègrent dûment les questions chères aux petits États insulaires dans tous les mécanismes de mise en œuvre et prévoient des financements adéquats pour leur participation à toutes les réunions de Rio. 


L’Afrique du Sud a souligné qu’en 2002, le Sommet mondial de Johannesburg a permis de mieux progresser dans la mise en œuvre d’Action 21 et surtout d’identifier les difficultés.  Les défis actuels sont multiples, a-t-elle dit, en citant la crise alimentaire, le réchauffement climatique et la récession économique, lesquels ont empiété sur les progrès qui auraient pu être accomplis.  « Rio+20 » permettra de se pencher sur l’économie verte dans le contexte de l’élimination de la pauvreté et de façonner de nouveaux modes de production et de consommation.


L’objectif essentiel reste toutefois de mettre fin à la pauvreté, a-t-elle insisté, en proposant d’« ouvrir » les moyens de subsistance à nos collectivités ».  Or les pays en développement, pour accroître leurs capacités, ont besoin du financement international et d’accès au commerce et aux investissements, a-t-elle plaidé.  Du point de vue institutionnel, il faudra s’employer à renforcer les structures existantes au lieu d’en créer de nouvelles. La prolifération de structures ne contribuera pas à augmenter l’efficacité, a-t-elle prédit, en exhortant au contraire à éviter les doubles emplois ainsi à mettre en place une coordination et à une coopération plus efficaces. 


Quels progrès avons-nous accomplis depuis 20 ans? S’est interrogée la Colombie, en estimant n’avoir pas de réponse en ce sens.  Aujourd’hui, la Colombie vit une tragédie environnementale et climatique, et dans les 20 années à venir, elle fera face à une vague d’inondations sans précédent.  « Rio+20 » doit être l’occasion de trouver des réponses pour de telles catastrophes, et bâtir un avenir meilleur.  La vulnérabilité de certains pays comme la Colombie exige de la communauté internationale une réaction.  Nous avons besoin de résultats qui nous permettent de changer la trajectoire du développement, a insisté le pays.


Les États-Unis ont émis le vœu que Rio+20 soit axée sur la transparence et sur des solutions pratiques concrètes ayants des effets directs et positifs sur les populations.  Invitant à l’inclusion de tous les grands groupes de la société civile, ils ont considéré que les deux thèmes de la Conférence devront se renforcer mutuellement.  Le cadre institutionnel doit inclure le thème de la bonne gouvernance à tous les niveaux.  Les démarches gouvernementales doivent être pratiques, inclusives et représentatives, y compris en ce qui concerne la participation des femmes et l’égalité entre les sexes.  Enfin, une telle conférence doit permettre une amélioration du système des Nations Unies. 


L’Algérie, au nom du groupe des États d’Afrique, a dégagé les défis majeurs à relever, en particulier ceux d’anticiper les désordres et de dépasser les crises multiples. C’est un enjeu important pour la planète.  D’autre part, il faut trouver un équilibre durable entre la croissance économique et le développement durable et donner une place de choix à la justice sociale.  Depuis Cancún, a observé le pays, la confiance a été retrouvée car elle a permis de crédibiliser le système onusien.  Maintenant, il faut concrétiser la vision commune et aller plus loin vers l’économie verte.  L’Algérie a souhaité que la Conférence sur le climat de Durban, en terre africaine, soit effectivement un jalon important et que Rio devienne un moteur et un catalyseur.  Elle s’est déclarée en faveur d’un PNUE reformé, d’un ECOSOC « revisité » dans le cadre de la bonne gouvernance et de l’égalité entre les sexes.  « On ne peut arrêter la marche de l’horloge; le temps de l’économie verte est venu, comme celui de la durabilité », a conclu le pays.


La Fédération de Russie a appelé à développer le contenu de la notion d’économie verte « afin de ne pas en faire un instrument de discrimination et d’inégalité, au prétexte de promouvoir l’environnement ».  La Fédération de Russie s’attèle depuis des années à la préparation de « Rio+20 » et espère que l’on y évoquera la question des bénéfices sociaux tirés de l’extraction minière.  Elle a souligné la nécessité de s’intéresser à la question du « commerce durable ».  Ce sujet mérite une attention au niveau intergouvernemental.


La Croatie a invité les États Membres à saisir cette occasion en dépit des incertitudes car l’impact de la convergence des crises a créé des situations insoutenables.  Elle a proposé de se concentrer sur les trois piliers du développement durable de manière systémique et intégrée.  D’autre part, les deux thèmes de Rio+20, ainsi que le cadre institutionnel, sont intimement liés et l’heure est venue d’axer les efforts sur des solutions tournées vers l’avenir et un usage prudent des ressources naturelles.  Mettant en garde contre des États qui s’aviseraient de faire cavalier seul, la Croatie a aussi rappelé la responsabilité des entreprises privées.  Cette session est un tremplin pour Rio+20, a-t-elle encore dit, en exhortant à ce que la vision comporte des stratégies nationales, régionales et internationales, de même que des mesures claires aboutissant à des résultats concrets.


« Rio+20 », a dit l’Inde renforcera le plan de mise en œuvre de Johannesburg.  Elle a ensuite appelé à développer des réponses efficaces pour les populations vivant en zones urbaines, à mettre en place des mécanismes de financement au bénéfice de la transition verte dans les pays en développement et à agir pour le transfert des technologies.  À Rio, nous devrons nous concentrer sur les modes de consommation et de production durables et sur les répercussions de l’économie verte sur le commerce mondial.  « Les défis auxquels nous sommes confrontés sont communs et la réponse doit être mondiale » a conclu le pays.


La France a voulu que Rio+20 fasse la différence.  Cet appel du Brésil est aussi celui de la société civile, a-t-elle noté, en indiquant que ce rendez-vous suscitait un « énorme espoir » et ne devait pas être qu’un « discours politique » mais aussi aboutir à des décisions.  Nous connaissons les lacunes, a encore affirmé la France.  Abordant la question de l’économie verte, elle a indiqué que l’enjeu est celui d’une croissance plus forte au service du développement et de l’élimination de la pauvreté.  Elle a appelé à la mise en place de nouveaux indicateurs de croissance.  Depuis 20 ans, nous savons l’urgence du développement durable mais rien dans les institutions et dans la pratique ne reflète réellement cette urgence, a remarqué la France.


En effet, selon elle, il n’y a pas de pilier environnemental mais une nébuleuse.  Après avoir fait allusion à la solution de ce problème, qui a déjà fait l’objet d’un examen sous la conduite éclairée du Mexique et de la Suisse, elle a souhaité en outre un PNUE souple, fondé sur les réseaux.  Elle a appelé à une prise de conscience transversale et à la participation de tous les pays.  Ce résultat est possible à Rio et devrait en être un des succès les plus marquants, a encore estimé le pays, qui a aussi encouragé à être ambitieux pour la CDD. Serait-il possible, s’est demandée la France, que le Conseil économique et social (ECOSOC) reconnaisse que l’environnement est sa branche manquante?


La Suisse a dit attendre de « Rio+20 » un résultat ambitieux qui prépare la transition vers une économie verte et un accord sur la manière de rendre le cadre institutionnel du développement durable plus performant et efficace.  « Nous plaidons pour que l’un des aboutissements de la Conférence soit l’élaboration d’une feuille de route internationale sur la voie d’une économie verte », a-t-elle dit.  Cette feuille de route devra témoigner des progrès réalisés à travers deux volets, l’un politique et l’autre opérationnel.  Le Cadre décennal de programmation concernant les modes de consommation et de production durables convenu lors de cette session constituera l’une des pièces maîtresses du volet opérationnel de cette feuille de route.  « Nous avons besoin de résultats concrets au Brésil », a insisté la Suisse.


La Finlande a également évoqué les attentes énormes et jugé fondamental de dégager l’esprit de Rio.  Toutes les dimensions du développement, social, économique et écologique sont interdépendantes et la gestion du développement durable devrait promouvoir l’emploi et l’accès des générations futures à un niveau de vie décent et sûr.  La démocratie, l’équité, les droits de l’homme et la bonne gouvernance doivent être inclus dans tous les domaines car ils sont fondamentaux pour tous les pays et à tous les niveaux.


Le Sénégal a reconnu que le cadre conceptuel de l’économie verte n’avait pas encore été défini de façon claire et définitive.  Aussi, a-t-il dit espérer que des progrès sur ce point seraient faits aux niveaux régionaux avant la tenue de Rio+20.  Nous souhaitions néanmoins signifier que nous espérons voir inclus dans ce concept la nécessité d’améliorer les conditions sociales des populations et de développer l’emploi décent, a dit le Sénégal.  Il faudra aussi aborder la question du protectionnisme, a-t-il ajouté.


Le Pakistan a, dans une intervention virulente, déclaré que les principes de Rio devaient guider les travaux de la Commission du développement durable, notamment le Principe 2 de la Déclaration de Rio sur le droit souverain des États à exploiter leurs ressources naturelles pour leur développement.  Certains semblent penser autrement, s’est indigné le Pakistan, avant de se dire « contraint » de s’alarmer face à l’absence d’engagement ferme sur les moyens de mise en œuvre des décisions qui seront prises.  


Il est ironique que cet esprit de coopération préconisé, emblème des Nations Unies, soit dissipé aujourd’hui, a-t-il constaté, en exprimant sa préoccupation face à l’impact à long terme que cela ne manquera pas d’avoir sur la faisabilité du travail de la Commission et de nombreux autres aspects de l’ONU.  Il a mentionné en outre le Principe 7 de la Déclaration de Rio qui stipule que les États ont des responsabilités communes mais différenciées.


Le Pakistan a aussi dénoncé le fait que certaines dispositions demandent aux pays pauvres et en développement des choses irréalisables s’ils n’ont pas les ressources financières suffisantes.  Il a par ailleurs soutenu l’approche du Groupe des 77 et de la Chine sur les modes de production et de consommation.  En la matière, les pays développés doivent montrer l’exemple et ne pas en faire le prétexte d’un protectionnisme économique.


Le Ghana s’est dit préoccupé par une préparation insuffisante de Rio + 20.  « Il y a peu d’engagements sur un ensemble de thèmes très vaste », a-t-il déploré, en invitant à accélérer le rythme.  À la vitesse où l’on avance on peut douter de la force des résultats possibles à Rio, a-t-il averti.


Le représentant du Grand Groupe des agriculteurs a exprimé sa préoccupation face au mercantilisme de la biodiversité, ce qui ne favorisera pas le développement durable.  Il a dénoncé en particulier les risques posés à l’environnement par les nanotechnologies et par d’autres industries agricoles.  Il a aussi dénoncé le fait que les régimes de production alimentaires soient toujours aux mains des sociétés transnationales et a exhorté à la mise en place d’un véritable système de sécurité alimentaire qui aiderait les agriculteurs à accroître et améliorer leur production et à les écouler sur le marché, de manière équitable.  Il a enfin dénoncé le fait que de nombreuses voix avaient été écartées du débat actuel de la Commission. 


Aujourd’hui, comme à « Rio+20 », le Venezuela sera sincère.  Le pays a fustigé le capitalisme « sauvage » qui a mené la planète dans l’impasse environnementale actuelle.  Les pays dits développés défenseurs de ce type de capitalisme, et qui refusent de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, ne sont pas prêts à agir pour remédier à la crise.  À ce refus s’ajoute celui de soutenir les pays en développement qui souffrent le plus de cette crise.  Il faut changer de paradigme de développement en passant de l’économie capitaliste, sans humanité, à une économie verte qui tienne compte des aspirations sociales des populations, a déclaré le Venezuela.


Le Tadjikistan a enjoint les États à prendre des décisions prévoyant des mécanismes visant concrètement à l’élimination de la pauvreté et au développement durable dans le contexte complexe des crises multiples.  Il est indispensable de prendre des mesures pour la mise sur pied de mécanismes de développement propres et d’éviter les catastrophes naturelles.  La création d’emplois, la stabilisation des crises d’ordre régional et l’intégration des économies de toutes les régions figurent, selon le pays, parmi les mesures susceptibles de garantir le bien-être de tous.


L’utilisation rationnelle des sols, celle des technologies de pointe et le financement de projets utiles aux populations locales sont également des mesures concrètes à prendre, notamment à travers la coopération et le partenariat, a estimé le Tadjikistan.  L’intégration est fondamentale et tous les États doivent participer à Rio+20.


L’Italie a estimé que les phases actuelles de présentation des propositions dans les documents préparatifs de Rio+20 sont essentielles à la réussite de l’événement.  Elle a invité les délégations à accélérer leurs contributions.  Pour l’Italie, l’économie verte doit être considérée comme le moteur du développement durable, essentiel pour améliorer l’équité sociale, éliminer la pauvreté et parvenir à l’équilibre écologique.  Le pays a estimé que la communauté internationale avait besoin de mettre en place une nouvelle gouvernance mondiale en matière environnementale, en procédant à une restructuration des institutions spécialisées.  À cet effet, l’Italie a souhaité la création d’une nouvelle agence performante, avant d’indiquer que « pour réussir la transition verte, nous avons besoins des femmes, des jeunes et de la société civile ». 


La Bolivie a averti que le monde est à la croisée des chemins et qu’un choix définitif s’impose: continuer dans la voie du mercantilisme ou épouser celle du développement durable.  La nature n’est pas un objet dont on peut disposer sans conséquences et il est temps de reconnaître et de respecter les lois qui la régissent, y compris ses cycles vitaux.  Les être humains ont droit à la santé et la nature aussi, a indiqué la Bolivie, en rappelant le principe de la Terre nourricière et celui de la responsabilité commune mais différenciée. 


Principaux responsables du changement climatique, les pays industrialisés ne veulent pas apporter des fonds publics pour relever les défis qui seront examinés à Rio+20, a accusé le pays.  Il a appuyé l’idée d’un impôt pour la création d’un fonds du développement durable en faveur des pays en développement. « Tout ce qui est vert n’est pas vert », a clamé la Bolivie, en ironisant sur le fait qu’il ne s’agit pas du vert du profit mais de celui des forêts et des arbres.


Le Grand Groupe des organisations non gouvernementales (ONG) a estimé que le succès de « Rio+20 » dépend de l’implication de la société civile.  Tout plan qui y sera établi devra prendre en compte les petits exploitants et les populations autochtones.  « Rio+20 » doit se pencher sur les déplacements forcés des populations, l’extraction de ressources non consensuelles et les expulsions illégales des terres.  Les ONG ont fait part de leur inquiétude face à la promotion des nouvelles technologies non encore vérifiées et éprouvées, en soulignant comme cruciale la nécessité de mieux contrôler cette tendance risquée.  Les technologies de géo-ingénierie doivent être interdites par les gouvernements à « Rio+20 », ont souhaité les ONG, avant de défendre la mise en place d’un fond d’affectation spécial pour la transition vers l’économie verte.


Le Soudan a estimé que le développement durable a des ramifications dans tous les domaines et qu’il est à l’origine de tous les défis à la communauté internationale.  Il a noté que l’économie verte n’a toujours pas été définie, mais que cela n’empêchait pas de parvenir à un équilibre sur les trois piliers du développement.  Il a estimé que le financement, le renforcement des capacités et les solutions à la dette extérieure, font encore problème et que Rio+20 permettrait de progresser à cet égard.  Il a ensuite décrit quelques mesures et projets qui ont connu un succès dans son pays, en particulier l’utilisation des énergies renouvelables.


Il a mentionné l’objectif de construction d’une muraille verte incluant 11 pays africains, y compris le Soudan, par lequel passeraient 1 512 km de muraille.  Comme le coût total de ce projet s’élève à 15 milliards de dollars, il a émis le vœu qu’il bénéficierait d’une aide financière.  Rio+20 permettra le renforcement des partenariats privé-public, ainsi que le rôle des Nations Unies, a dit le Soudan qui a conclu sur la grande transformation du pays grâce à la déclaration de séparation.  Les populations locales bénéficieront des bienfaits de leurs ressources naturelles, a affirmé le Soudan en appelant la communauté internationale à respecter son engagement sur l’annulation de la dette extérieure.  


Le PNUE a expliqué qu’il s’active depuis longtemps à la réussite de la prochaine Conférence de Rio, notamment à travers la production d’une série de publications sur l’économie verte et l’élimination de la pauvreté.  De même, des réflexions sur le cadre institutionnel ont été fournies aux États.  À ce propos, le PNUE estime que le monde a besoin d’une institution environnementale solide et forte.  « Il faut une légitimité internationale à notre action et celle-ci passe par une telle structure ». 


L’Arabie saoudite a constaté, d’emblée, que des lacunes étaient bien présentes dans les politiques relatives au développement et s’est catégoriquement prononcée contre de nouvelles institutions.  La CDD est un bon véhicule qui n’a  pas assez de carburant pour fonctionner, a-t-elle estimé.  Ainsi, les transferts de technologies n’ont jamais eu lieu malgré toutes les discussions et décisions. La route qui mène à Rio pourrait être difficile car le terme d’économie verte n’a pas de définition agréée.  Ce terme ne doit d’ailleurs ni nuire au développement durable ni constituer, entre autres, une excuse pour introduire le protectionnisme économique.  Soulignant la divergence de points de vue sur le concept d’économie verte, le pays a voulu que l’on « constate les différences » car c’est bien là que réside l’enjeu réel de Rio+20. 


Le Grand Groupe des travailleurs syndicats a voulu que « Rio+20 » parvienne à une meilleure gestion de l’environnement, avec pour finalité, une répartition équitable des bénéfices.  Le Grand Groupe a appelé à un changement de paradigme en matière de développement et à la base de l’économie verte et a voulu voir figurer la promotion des emplois verts et le travail décent.  Il a enfin souhaité voir explorer de nouvelles sources de financements pour la stratégie de transition vers l’économie verte.


L’Ouzbékistan s’est centré sur la menace écologique en Asie centrale découlant des changements climatiques, en particulier avec la quasi-disparition de la mer d’Aral.  Bien que cette question grave soit incluse dans les discussions internationales, bien peu a été fait pour apporter aux populations des solutions à long terme.  Le pays a encouragé le passage aux technologies plus propres et respectueuses de l’environnement. 


L’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI) a jugé urgent d’améliorer les pratiques des entreprises et de pousser à la création au sein des États développés et non développés, de services basés sur la nouvelle économie, et travaillant par exemple, dans le domaine de la gestion des déchets. Les ressources environnementales et les défis actuels sont sans précédent a reconnu l’Organisation, en invitant les délégations à impliquer le secteur privé qui a un rôle à jouer dans la transition vers l’économie verte.


L’Éthiopie a fait le bilan des efforts qu’elle a déployés, en dépit des contraintes, en vue de la mise en place de programmes de développement durable.  La politique nationale se concentre sur la création d’une énergie basée sur des ressources renouvelables, notamment pour le transport.  Le pays axe ses priorités sur l’élimination de la pauvreté pour garantir aux générations futures une vie meilleure. 


Au moment où se tient la session de la CDD, environ 900 millions de personnes ont faim à travers le monde et des millions de tonnes de nourriture sont gaspillées, notamment du fait des infrastructures limitées du Sud et aux modes de consommation du Nord, a dit l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).  Elle a appelé à la réalisation urgente de la sécurité alimentaire, notamment par la promotion d’une agriculture durable au sein d’une économie verte.


Le Grand Groupe des entreprises a dit se percevoir comme un partenaire du développement durable.  Rio+20 n’est pas une conférence de plus mais le catalyseur d’une économie fondée sur les besoins.  Le groupe a présenté « Business Action », un programme créé pour l’horizon 2012 et visant à partager des informations pratiques.


La Commission économique et sociale pour l’Asie et le Pacifique (CESAP) a déclaré que ses pays membres ont mis en place des mesures pour l’économie verte. Pour la CESAP, la croissance verte est l’une des stratégies du développement durable et la Commission a déjà mis en place une feuille de route qui devrait aider aux préparatifs de Rio+20. 


Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a conseillé de se pencher sur les répercussions du changement climatique.  Le PNUD n’a pas attendu 1992 pour œuvrer sur le terrain à des programmes écologiquement rationnels, inclusifs et soucieux de la protection sociale.  Le cadre institutionnel du développement pour le PNUD, doit garantir des programmes sociaux et environnementaux.


Le Grand Groupe de la communauté scientifique a précisé qu’il possède déjà une stratégie interne tendant à promouvoir l’usage des technologies ciblées et adaptées à l’objectif de développement durable.  Les experts du Groupe ont déjà fait part de leur volonté d’être des acteurs solides à la réussite de « Rio+20 ».


La Belgique a déclaré: Nos sociétés n’ont pas pu se prémunir face aux crises financière, économique et énergétique qui ont touché la planète ces dernières années.  Cette incapacité a rendue encore ardues les possibilités de répondre aux enjeux environnementaux de l’heure.  Nos modes de consommation doivent être revus et nous devons définir un nouveau processus de développement.  La révolution verte est porteuse de progrès social.


Rio, a dit la Belgique, devrait faire le bilan de 20 ans de débats sur le développent durable.  À ce jour, reconnaissons-le, seuls de maigres progrès ont été faits.  Il nous faut progresser, a encouragé la Belgique, en parlant, en particulier du cadre institutionnel mondial qu’il faudra mettre en place pour appliquer les recommandations sur le terrain.  Ceci implique par exemple, selon elle, de tirer dans le sens du développement durable la gouvernance économique et les institutions financières internationales.  La Belgique a soutenu la transformation du PNUE en agence des Nations Unies, jugeant « inutile de créer une nouvelle entité ».


Le Brésil, a pris la parole en qualité de Président de Rio+20.  Il a estimé que le développement durable et l’élimination de la pauvreté sont des thèmes fondamentaux.  Il a assuré que la Présidence de la Conférence de Rio veillera à être strictement neutre et à favoriser un leadership et un dialogue positif. Cette réunion sera orientée vers l’avenir, 20 ans après Rio, a-t-il déclaré.  Quel avenir sommes-nous prêts à créer ensemble et que représente l’équité dans ce cadre?  Telles sont les questions auxquelles il faudra répondre pour jeter les bases d’un futur prospère et durable.


La Chine a estimé que Rio+20 sera un succès si l’on trouve des réponses aux lacunes de « Rio 1992 » et si l’on met en place une coopération plus efficace entre les États.  La question de l’aide aux pays en développement devrait aussi y être examinée.  Si elle offre des avantages certains, l’économie ne doit cependant pas devenir un prétexte pour créer de nouvelles injustices contre les pays en développement, a prévenu la Chine, en rappelant qu’elle a offert la somme de 50 000 dollars pour le recrutement d’experts et la participation des pays les moins avancés (PMA) à Rio. 


L’Espagne a souhaité que « Rio+20 » soit une Conférence concrète, et que les participants qui y seront  veillent à ne pas revenir sur des sujets déjà abordés.  « Rio+20 » devrait avoir pour grand objectif celui de l’élimination de la pauvreté, et de façon plus large, de l’amélioration des conditions sociales  des populations.  L’Espagne s’engage à apporter sa contribution en vue de la réussite de cette Conférence tant attendue.


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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