Conférence PMA IV: de nombreux États sont déterminés à poursuivre le soutien au développement des pays les moins avancés au cours de la décennie 2011-2020

12 mai 2011
DEV/2893

Conférence PMA IV: de nombreux États sont déterminés à poursuivre le soutien au développement des pays les moins avancés au cours de la décennie 2011-2020

12/05/2011
Assemblée générale
DEV/2893
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE PMA IV: DE NOMBREUX ÉTATS SONT DÉTERMINÉS À POURSUIVRE LE SOUTIEN AU DÉVELOPPEMENT

DES PAYS LES MOINS AVANCÉS AU COURS DE LA DÉCENNIE 2011-2020


Les PMA se disent prêts à prendre en main

leur propre développement, avec l’aide des pays industrialisés


(Reçu d’un fonctionnaire de l’information)


TURQUIE, 12 mai – Avant l’adoption du programme d’action d’Istanbul pour les pays les moins avancés (PMA), qui doit intervenir avant la clôture des travaux de la quatrième Conférence des Nations Unies sur les PMA, les participants au débat général ont aujourd’hui réitéré leurs attentes quant aux engagements à prendre par tous les acteurs du développement, en particulier par les donateurs et les PMA eux-mêmes. 


Le financement du développement, qui se situe au cœur des engagements des pays partenaires des PMA dans la promotion du développement, doit être assuré en particulier grâce à une augmentation du niveau de l’aide publique au développement (APD), ont estimé la plupart des délégations.  À cet égard, plusieurs pays ont d’ores et déjà annoncé leur intention d’augmenter le montant de cette aide, comme la République de Corée, qui a indiqué qu’elle portera à 0,25% la part de son APD destinée aux pays les moins avancés, et qu’elle y consacrera 3 milliards de dollars au cours des quatre prochaines années.  L’Inde affectera quant à elle 1 milliard de dollars au financement de projets et de programmes dans les PMA au cours des cinq prochaines années, a annoncé le Ministre des affaires étrangères de ce pays.


Pour mieux gérer les problèmes de financement du développement des PMA, le représentant du Venezuela a dit que son pays propose la création, au sein du système des Nations Unies, d’un « conseil du financement du développement », tandis que la délégation de Cuba a demandé la création, également sous l’égide de l’ONU, d’un mécanisme international visant à résoudre le problème de la dette souveraine.


La nécessité de développer les échanges commerciaux internationaux avec les PMA a aussi été mentionnée par plusieurs intervenants.  Un certain nombre de délégations ont espéré que davantage de pays élimineraient leurs barrières non tarifaires et douanières, ainsi que les quotas d’importation, afin de mieux ouvrir leurs marchés aux produits en provenance des PMA.  Certains pays, comme la Nouvelle-Zélande, ont promis qu’ils continueraient de favoriser un meilleur accès à leurs marchés aux biens et services en provenance des pays les moins avancés.


La Vice-Ministre des affaires étrangères du Brésil a, quant à elle, plaidé en faveur de l’élimination des subventions agricoles que les pays développés versent à leurs producteurs et qui créent des distorsions sur les marchés mondiaux, freinant ainsi les importations de produits agricoles étrangers.  La résolution de ce problème est d’autant plus importante que l’agriculture est la principale activité économique et la plus grande source de création d’emplois des PMA, a-t-elle observé.  Toujours dans le domaine du commerce, un appel a été lancé par le Ministre des affaires étrangères de l’Inde pour que soient rapidement conclu les Cycles des négociations commerciales de Doha.  Cet appel a été relayé par d’autres délégations.


La grande vulnérabilité des petits États insulaires en développement et des pays en développement sans littoral a également retenu l’attention de plusieurs orateurs qui ont insisté sur les mesures d’appui qui devraient être prises pour les aider.  La représentante de Kiribati, État insulaire qui fait partie de la catégorie des PMA, a expliqué que l’existence même de son pays est menacée par les conséquences des changements climatiques, en particulier par la montée du niveau des eaux des océans.


Tous les participants au débat ont, d’autre part, été d’accord pour dire que les PMA doivent faire preuve de détermination et intensifier leurs efforts de développement, en s’en appropriant le processus et en adoptant des programmes et stratégies pour le mettre en œuvre en tenant compte de leurs réalités et spécificités.


« Les PMA sont prêts à affronter les nombreux défis qui se posent à eux et sont conscients des obligations qui sont les leurs en termes de gouvernance, de rigueur de gestion et de respect des règles du jeu démocratique et des droits de l’homme », a assuré le représentant d’Haïti, seul PMA de l’hémisphère des Amériques.  Certaines délégations, comme celle de l’Allemagne, ont d’ailleurs posé comme conditions préalables à l’octroi de leur aide que le pays, qui en est récipiendaire assure « la paix, la sécurité, l’état de droit, le respect des droits de l’homme, ainsi que l’accès à l’éducation à ses populations ».


Le Vice-Ministre des affaires étrangères du Venezuela a cependant jugé indispensable que les PMA définissent eux-mêmes les politiques économiques et sociales qui leur conviennent le mieux, sans subir d’intervention ou de pression étrangère.  Il a regretté que l’Union européenne ne tienne pas compte des réalités politiques locales prévalant dans les PMA lorsqu’elle attache des conditionnalités à son aide.


Les délégations de pays à revenu intermédiaire, comme le Viet Nam, le Cameroun et le Brésil, ont assuré que leurs pays étaient prêts à partager leur expérience en matière de développement.


Prenant la parole, le Vice-Ministre des affaires étrangères de la République de Corée a dit que son pays a su faire bon usage de l’aide qu’il a autrefois reçue pour devenir aujourd’hui un pays industrialisé et un donateur important.  À la fin de l’année, la République de Corée accueillera le quatrième Forum de haut niveau sur l’efficacité de l’aide, dans la ville de Busan, cinquième port du monde.  Dans les années 60 et 70, c’est dans ce port qu’étaient déchargés les biens humanitaires provenant de l’aide étrangère, a indiqué le Vice-Ministre coréen des affaires étrangères et du commerce, pour illustrer les étapes franchies par son pays depuis cette époque grâce à l’assistance étrangère, qui lui a permis de prendre en main son propre développement.


Ce matin, la quatrième Conférence des Nations Unies sur les PMA a adopté le rapport de la Commission de vérification des pouvoirs*, qui a été présenté par le représentant de Singapour.


Le débat plénier de la Conférence des Nations Unies sur les pays les moins avancés prendra fin demain, vendredi 13 mai.


* A/CONF.219/5


QUATRIÈME CONFÉRENCE DES NATIONS UNIES SUR LES PAYS LES MOINS AVANCÉS


Rapport de la Commission de vérification des pouvoirs (A/CONF.219/5)


Suite du débat général


M. MIN DONG-SEOK, Vice-Ministre des affaires étrangères et du commerce de la République de Corée, a rappelé que son pays était autrefois une nation parmi les plus pauvres, qui a dû se reconstruire après la guerre de Corée, grâce à l’aide étrangère.  « Moi-même, enfant, j’ai bu du lait fourni par les Nations Unies et les États-Unis », a-t-il témoigné.  Aujourd’hui cependant, des enfants de pays en développement étudient avec des livres fournis par le Gouvernement de mon pays, a ajouté M. Min.  La République de Corée est donc passée du statut de bénéficiaire de l’aide à celui de donateur, après avoir fait bon usage de l’aide qu’elle a autrefois reçue, a-t-il observé.  Le Vice-Ministre a expliqué que, dans son pays, le renforcement des capacités avait joué un rôle crucial dans le processus de développement, car si la République de Corée manquait de ressources naturelles et de technologies, elle était cependant riche en capital humain.


L’expérience coréenne a démontré combien il est important de consacrer les ressources du développement au renforcement de la capacité productive.  La forte croissance économique a joué également un grand rôle dans l’éradication de la pauvreté, a ajouté M. Min, ainsi que l’aide étrangère, qui représentait 50% des ressources du Gouvernement coréen dans les années 50.  Le Vice-Ministre a cependant reconnu que l’expérience de son pays n’était pas un modèle pouvant convenir à tous les pays en développement et a, à cet égard, insisté pour qu’il soit tenu compte des particularités et des différents contextes nationaux.  Enfin, il a annoncé que son gouvernement augmenterait son aide publique au développement (APD) de 0,25% et y consacrerait ainsi 3 milliards de dollars au cours des quatre prochaines années.  Il a aussi indiqué que la République de Corée avait prévu d’élargir l’accès à son marché pour les produits des PMA.  En novembre prochain, la République de Corée accueillera le quatrième Forum de haut niveau sur l’efficacité de l’aide dans la ville de Busan.  Busan est maintenant le cinquième port au monde, après avoir été celui où étaient déchargés les biens humanitaires dans les années 60 et 70, a indiqué M. Min pour illustrer encore une fois les étapes franchies par son pays depuis cette époque.


Mme AMANDA ELLIS, Secrétaire adjointe pour le développement international au Ministère des affaires étrangères et du commerce de la Nouvelle-Zélande, a attiré l’attention des participants à la Conférence d’Istanbul sur la situation des petits États insulaires en développement, dont cinq sont situés à proximité du territoire néo-zélandais: Kiribati, Samoa, les Îles Salomon, Tuvalu et Vanuatu.  Plus de la moitié de l’aide extérieure de la Nouvelle-Zélande est dirigée vers nos voisins du Pacifique, a-t-elle déclaré, avant d’annoncer que son pays s’engageait à verser 2,5 millions de dollars supplémentaires à divers fonds d’affectations et programmes multilatéraux visant à soutenir la réalisation du développement économique de tous les petits États insulaires en développement, qui sont pour la plupart des PMA.  Pour sa part, a poursuivi Mme Ellis, la Nouvelle-Zélande cherche à faire la différence dans des domaines où elle bénéficie d’un avantage comparatif, comme par exemple l’agriculture, l’horticulture, les pêcheries et le tourisme, en multipliant les partenariats publics-privés.  La Secrétaire adjointe a exprimé sa frustration devant le manque de progrès dans les négociations commerciales du Cycle de Doha, alors que son propre pays a déjà pris l’initiative de lever les droits de douane et les quotas d’importation sur les produits en provenance des PMA.  « Nous sommes l’un des premiers pays développés à l’avoir fait », s’est-elle félicitée.


M. YAOUBA ABDOULAYE, Ministre délégué auprès du Ministre de l’économie, de la planification et de l’aménagement du territoire du Cameroun, a relevé les difficultés liées à la difficile appropriation, par les pays en développement, des politiques de développement qui sont souvent mal adaptées à leur contexte national.  Le Cameroun, pays à revenu intermédiaire, a lui aussi, comme les PMA, subi les contrecoups des différentes crises mondiales, de la détérioration des termes du libre échange et des changements climatiques, a-t-il indiqué.  Mais, « grâce à la détermination et la sagesse de son Président et à l’engagement de sa population, le Cameroun a pu conserver les éléments fondamentaux de son développement, à savoir la paix, la sécurité et la stabilité des institutions politiques », a indiqué M. Abdoulaye.  En outre, la poursuite du processus démocratique, la décentralisation, le développement des droits et libertés, ainsi que la lutte contre la corruption, renforcent la coopération du Cameroun avec ses partenaires de développement, a-t-il expliqué.  Il a aussi mentionné que le Cameroun poursuit ses efforts pour, entre autres, consolider le partenariat public-privé, assurer la gratuité des traitements pour les enfants, de la naissance à l’âge de 5 ans, miser sur le développement du capital humain et créer des universités.  Tous ces efforts lui ont permis d’améliorer son classement dans l’Indice de développement humain (IDH) et de se rapprocher des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).


Pour aller plus loin, le Cameroun a adopté un document de stratégie pour la croissance et l’emploi, ainsi qu’une loi sur les nouveaux régimes financiers, a signalé le Ministre.  Sur le plan opérationnel, de grands projets structurants ont été conçus et beaucoup ont déjà été mis en route, a-t-il dit, citant l’aménagement d’un port en eaux profondes, la construction de grands barrages hydroélectriques, le renforcement du réseau de chemin de fer, le lancement de l’exploitation de minerais de fer, de bauxite, de cobalt, et de gisements d’or et de diamant, ainsi que la promotion de l’agriculture de seconde génération.  Dans le cadre de la coopération internationale et de la coopération Sud-Sud, le Cameroun entend partager ses politiques de développement avec les autres pays, a assuré M. Abdoulaye.  Il a aussi insisté sur les mesures d’appui particulières devant être prises pour aider les petits États insulaires en développement et les pays enclavés, qui sont les plus vulnérables.


M. FRIEDEL EGGELMEYER, Directeur général au sein du Ministère fédéral de la coopération économique et du développement de l’Allemagne, a estimé que la clef, en vue de permettre la gradation du plus grand nombre possible de pays de la liste des PMA était détenue par ces pays eux-mêmes.  Il est indispensable qu’ils remplissent les conditions préalables que constituent la paix, la sécurité, l’état de droit et le respect des droits de l’homme, ainsi que l’accès à l’éducation.  C’est la raison pour laquelle l’Allemagne exige des pays récipiendaires de son aide le respect de la bonne gouvernance comme condition sine qua non pour bénéficier de ce soutien, a-t-il ajouté.  Dans ce contexte, la mobilisation des ressources nationales revêt également beaucoup d’importance, a-t-il ajouté.  Chaque pays a la responsabilité de mettre en valeur et d’exploiter son propre potentiel, a poursuivi M. Eggelmeyer, ajoutant que l’Allemagne soutiendrait les pays qui s’engageraient dans cette direction, comme elle le fait déjà au niveau bilatéral avec 24 pays parmi les plus pauvres au monde et avec cinq autres dans le cadre de programmes régionaux.  L’Allemagne, a ajouté le Directeur général, aimerait être jugée non pas par le montant des fonds qu’elle verse sous forme d’APD, mais par les résultats concrets auxquels ont abouti ses efforts de coopération.  Une meilleure coopération avec les donateurs et le secteur privé, un libre accès au marché et la mise en place de programmes d’aide au commerce constituent les éléments clefs d’une telle stratégie, a-t-il ajouté en conclusion.


M. S. M. KRISHNA, Ministre des affaires étrangères de l’Inde, a estimé que les PMA dépendent excessivement de l’aide étrangère pour soutenir leur économie.  Pourtant, et malgré le système d’accès préférentiel aux marchés qui leur a été accordé, ils ne participaient en 2009 qu’à hauteur de 1% au commerce international, a-t-il noté.  M. Krishna a donc souligné l’urgence qu’il y a à conclure rapidement les négociations commerciales du Cycle de Doha, afin de donner une plus grande place aux PMA dans le commerce mondial.  Il a souhaité que la mise en œuvre du futur programme d’action d’Istanbul, qui est un document complet, soit soutenue par un engagement fort au niveau politique et un véritable partenariat international.  Il faut notamment renouveler les engagements pris au titre de l’aide publique au développement (APD), ainsi que ceux relatifs à l’accès aux marchés, à l’annulation de la dette, au renforcement des capacités et au transfert des technologies.  Si la coopération Sud-Sud joue un rôle important, elle ne peut pas se substituer à la coopération Nord-Sud, a ensuite prévenu le Ministre.


L’Inde est fière d’avoir joué un rôle historique dans la création de la catégorie des PMA en 1968 et elle continue à rester engagée sur la scène internationale pour répondre aux besoins de ces pays, a dit le Ministre.  Il a précisé que l’Inde a augmenté son aide économique aux PMA, ainsi que son soutien au renforcement des capacités dans les domaines de l’agriculture, des infrastructures et de l’énergie et des technologies de l’information.  Nous avons aussi élargi l’accès préférentiel des produits des PMA à nos marchés, sans taxe ni quota, a précisé M. Krishna.  Le Ministre des affaires étrangères de l’Inde a aussi mentionné les investissements effectués par le secteur privé indien dans les économies des PMA.   Il a enfin annoncé que son pays consacrerait 1 milliard de dollars au financement de projets et de programmes dans les PMA au cours des 5 prochaines années.


M. VLADIMIR GALUSKA, Vice-Ministredes affaires étrangères de la République tchèque, a indiqué que son pays comptait assumer ses responsabilités de pays nouvellement développé et donateur vis-à-vis des PMA, en particulier l’Afghanistan, le Cambodge, le Yémen, l’Angola et Haïti, auxquels la République tchèque apporte une aide bilatérale.  Selon lui, le Programme d’action de Bruxelles reste d’actualité, mais il pêche par un manque de mise en œuvre.  M. Galuska a souhaité que celui qui sera adopté vendredi, à Istanbul, ne reste pas lettre morte et soit mis en application.  À cette fin, il a appelé de ses vœux l’émergence de la bonne gouvernance, d’un sens accru des responsabilités et d’une volonté politique forte aussi bien dans les PMA que dans les pays développés qui sont leurs partenaires.


M. DOAN XUAN HUNG, Ministre des affaires étrangères du Viet Nam, a rappelé que son pays a réussi à maintenir une croissance soutenue de 7 à 8% par an, ainsi qu’une augmentation de ses exportations.  Notre taux de croissance actuel est de 6,8% pour 2010 et nous nous attendons à un taux de 7 ou 7,5% cette année, a-t-il annoncé.  En outre, le Ministre a indiqué que le Viet Nam a réalisé et dépassé 5 des 8 Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) avant l’échéance de 2015.  Le taux de pauvreté de la population vietnamienne est passé de 58% en 1993 à environ 10% en 2010, a-t-il ajouté, précisant encore que son pays est passé du statut d’importateur de riz à celui d’exportateur de cette céréale.  Dans le processus de développement des PMA, il a jugé important que chaque nation mobilise ses ressources nationales et prenne des mesures rigoureuses.  L’accélération des réformes administratives est également importante, a-t-il dit.


D’un autre côté, M. Doan Xuan Hung a appelé l’Organisation mondiale du commerce (OMC) à redoubler d’efforts pour conclure le Cycle de négociations commerciales de Doha et concrétiser les engagements pris lors du Sommet du Millénaire, rappelant notamment l’engagement qui avait été pris d’ouvrir les marchés mondiaux aux produits des PMA.  Le Ministre a aussi appelé à promouvoir la coopération en matière de développement, à laquelle le Viet Nam participe, notamment pour aider les PMA à faire face aux changements climatiques et à la pandémie de VIH/sida.  M. Doan Xuan Hung a également invité les PMA à établir des infrastructures socioéconomiques durables.  Le Viet Nam est prêt à partager son expérience avec ces pays, notamment dans le domaine de la réduction de la pauvreté, a indiqué le Ministre.


Mme VERA LÚCIA BARROUIN CRIVANO MACHADO, Vice-Ministre des affaires étrangères du Brésil, a estimé que la plus grande contribution au développement des pays les moins avancés (PMA) serait l’élimination des subventions agricoles que les pays développés versent à leurs propres exploitants: ces aides financières, a-t-elle fait observer, sont trois fois supérieures à l’aide publique au développement.  La résolution de ce problème est d’autant plus importante que l’agriculture est la principale activité économique et la principale source de création d’emplois des PMA, a-t-elle rappelé.  Au cours des années, le Brésil a accumulé une expérience significative en matière de coopération technique avec d’autres pays en développement, a poursuivi la Secrétaire générale adjointe aux affaires politiques du Gouvernement du Brésil, en indiquant que son pays n’a de cesse de mettre en œuvre et de partager son expérience avec les PMA dans le cadre de la coopération Sud-Sud. 


L’an dernier, rien qu’en Afrique, l’Agence brésilienne de coopération (ABC) a lancé plus de 300 initiatives de court, moyen et long termes dans 38 pays différents, dont 22 PMA, s’est félicitée Mme Machado.  Elle a indiqué que cette coopération se chiffrait désormais à 54 millions de dollars, investis principalement dans la formation des ressources humaines, le renforcement des capacités et le transfert des technologies.  En outre, a-t-elle indiqué, en Asie, le Timor-Leste est un des principaux récipiendaires de l’aide brésilienne, avec des projets d’un montant de 9 millions de dollars et des initiatives dans des domaines tels que l’agriculture, la sécurité alimentaire, l’éducation, la formation professionnelle, l’administration publique et la sécurité alimentaire.


M. DORU ROMULUS COSTEA, Vice-Ministredes affaires étrangères de la Roumanie, a espéré que la Conférence PMA IV d’Istanbul donnerait un nouvel élan aux partenariats entre les PMA, leurs partenaires de développement et les acteurs du développement au niveau mondial.  La Roumanie réaffirme l’importance que d’autres donateurs se rallient à l’engagement pris par l’Union européenne, qui a pour ambition de consacrer 0,15 à 0,20% de son PNB à l’aide aux PMA, et que les pays émergents participent aussi à ces efforts.  En 2007, la Roumanie est devenue un pays donateur d’aide publique au développement (APD), a-t-il dit.  Nous encourageons aussi le multilatéralisme dans l’aide au développement, qui passe notamment par les organes et agences de l’ONU, comme le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), et par la Commission européenne.  M. Costea a enfin émis l’espoir que le programme d’action d’Istanbul consacrerait le concept de responsabilité commune mais différenciée des différents États Membres et encouragerait la participation de tous les acteurs de la communauté internationale.


M. PEDRO O. CHAN (Philippines) s’est dit convaincu que ce qui était actuellement fait pour améliorer la situation économique, sociale et environnementale des pays les moins avancés était insuffisant.  C’est la raison pour laquelle les Philippines s’efforcent de renforcer les partenariats publics-privés dans le cadre de projets spécialement conçus à cette fin.  Ainsi, notre pays a décidé de devenir, en coopération avec la Commission économique des Nations Unies pour l’Europe, un centre spécialisé sur les questions de santé.  À ce titre, les Philippines seront un point focal international dans l’identification, la collecte, l’analyse et la dissémination des pratiques exemplaires dans le domaine des partenariats secteur public-secteur privé en matière de santé, s’est félicité M. Chan.


M. VIJAVAT ISARABHAKDI, Directeur général du Département des organisations internationales au Ministère des affaires étrangères de la Thaïlande, a indiqué qu’en tant que pays à revenu intermédiaire, la Thaïlande promeut la coopération internationale pour l’aide au développement en faveur des PMA dans le cadre du huitième Objectif du Millénaire pour le développement (OMD nº8) qui vise un partenariat mondial pour le développement.  Le haut fonctionnaire thaïlandais a expliqué combien l’expérience de son pays démontre que l’aide de la communauté internationale est importante pour un pays en développement.  Cette aide est donc devenue la principale composante de la politique étrangère de la Thaïlande, a-t-il dit, précisant que son pays y a consacré 60 millions de dollars en 2009.  Cette aide vise particulièrement les trois pays voisins de la Thaïlande qui sont des PMA, mais elle bénéficie aussi à plusieurs pays d’Afrique, a indiqué M. Isarabhakdi.  Enfin, le représentant a suggéré de cibler la coopération internationale sur l’amélioration du bien-être des personnes et les individus, en commençant par renforcer leurs capacités, tout en respectant les demandes des PMA en la matière. 


Mme ELISABETTA BELLONI, Directrice générale pour la coopération au développement au Ministère des affaires étrangères de l’Italie, a estimé que le financement de l’aide au développement ne pouvait pas être réduit aux seules questions de la quantité ou de la qualité de l’aide.  Elle a souligné que des changements s’opèrent dans l’architecture du soutien à la promotion du développement et celle de l’assistance internationale.  Mme Belloni a invité les donateurs traditionnels et les nouveaux pourvoyeurs d’aide, ainsi que d’autres acteurs publics et privés, à s’engager plus avant en faveur du développement des PMA de manière plus coordonnée, tout en respectant le principe d’appropriation nationale.  Elle a estimé que les PMA devaient adopter des stratégies fortes et inclusives de promotion du développement et les faire appliquer par des institutions responsables.  Le recouvrement des impôts devrait se faire de manière plus efficace, a-t-elle à cet égard noté tout en recommandant aux PMA de tenir des statistiques économiques et financières fiables.  S’inquiétant en particulier de la volatilité des prix des produits alimentaires, Mme Belloni a rappelé que l’Italie a fait de la résolution de cette question une priorité lors de sa présidence du G-8 qui a abouti à l’adoption de l’Initiative de L’Aquila sur la sécurité alimentaire.


M. VANU GOPALA MENON (Singapour) a rappelé que son pays a rencontré par le passé des difficultés pour réaliser son développement social et économique.  C’est pourquoi Singapour, tirant des leçons de sa propre expérience, mise aujourd’hui sur la coopération régionale et internationale pour venir en aide à certains des pays les moins avancés, en mettant l’accent sur la valorisation du capital humain dans tous les projets qu’il soutient.  Dans ce cadre, depuis 1992, nous avons conçu des programmes de formation et de renforcement des capacités humaines et institutionnelles spécialement adaptés à la situation de chaque pays concerné, a indiqué M. Gapala Menou.  Le montant investi par Singapour dans ces programmes jusqu’à ce jour s’élève à 97 millions de dollars, qui ont été versés dans le cadre de programmes de coopération régionale lancés par l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE).


M. VICTOR MORARU (Moldova) a déclaré que son pays, qui est une économie en transition et un État sans littoral, n’ignore pas les difficultés que rencontrent de manière spécifique les PMA.  L’expérience qu’elle a eue en ce domaine explique pourquoi la République de Moldova se sent proche des pays les moins avancés et des difficultés qu’ils rencontrent, a dit M. Moraru.  Après avoir jugé que le futur programme d’action d’Istanbul, dont le projet de texte a déjà été adopté par le Comité préparatoire de la quatrième Conférence des Nations Unies sur les PMA, et le sera vendredi 13 mai par la plénière de la Conférence, est un document équilibré, le représentant s’est dit convaincu que la pleine mise en œuvre de ce programme permettrait aux pays les moins avancés de surmonter les défis structurels auxquels ils font face.


M. LEONIDAS CHRYSANTHOPOULOS, Secrétaire général de l’Organisation de coopération économique de la mer Noire (OCEMN), a invité les États Membres et les participants à la Conférence à mettre en place des systèmes de gouvernance responsables et en particulier à lutter efficacement contre la corruption, qui est un obstacle majeur au développement.  À cet égard, il s’est félicité de l’adoption par les pays membres de l’OCEMN, le mois dernier, d’une déclaration commune sur les efforts régionaux en matière de prévention et de lutte contre la corruption.  M. Chrysanthopoulos a aussi estimé qu’il y a un avantage à faire participer les femmes à la promotion du développement et aux efforts de croissance économique, et il a plaidé avec insistance pour que la dimension du genre soit intégrée dans les plans de développement.  Par ailleurs, soulignant la responsabilité qui incombe à la communauté internationale en ce qui concerne la promotion et la sauvegarde d’un environnement durable, il a plaidé en faveur du développement de sources d’énergie verte.  Cet une des priorités que s’est assignées l’OCEMN, a souligné M. Chrysanthopoulos. 


M. TEMIR PORRAS PONCELEON, Vice-Ministre des affaires étrangères du Venezuela, a fustigé le modèle économique capitaliste basé sur la spéculation financière « qui continue d’opprimer les plus pauvres ».  Il a estimé qu’il fallait construire un nouveau modèle de développement social basé sur l’équité, la solidarité et la justice sociale, plutôt que d’essayer d’intégrer les PMA dans un modèle qui est clairement un échec.  Pour que les PMA puissent sortir de la pauvreté, il faudra que la mise en œuvre du programme d’action d’Istanbul soit un succès, et elle dépendra du type de politiques publiques que les PMA auront identifiées de façon autonome, a estimé le Ministre vénézuélien.  M. Porras Ponceleon a jugé indispensable que les PMA définissent eux-mêmes les politiques économiques et sociales qui leur conviennent le mieux, sans aucune intervention ou pression étrangère.  Il a regretté que l’Union européenne ne tienne absolument pas compte des réalités politiques locales prévalant dans les PMA lorsqu’elle impose des conditions à son aide.  Le Vice-Ministre des affaires étrangères du Venezuela s’est dit préoccupé par le fait que les engagements des pays développés n’étaient presque jamais tenus.  Il a par contre souligné l’exemple positif que constitue le programme Petrocaribe, qui permet à 18 pays des Caraïbes d’avoir accès, dans des conditions équitables, au pétrole et à l’énergie dont ils ont besoin pour leur développement.  Il a également proposé la création d’un conseil de financement du développement, ceci, au sein du système des Nations Unies, qui aura comme mission d’examiner les politiques de lutte contre la pauvreté. 


M. CHHIT KIM YEAT, Secrétaire d’État au Ministère de la planification du Cambodge, a indiqué que, sous la direction du Premier Ministre du pays, M. Samdech Akka Moha Sena Padei Techo Hun Sen, le Cambodge a adopté une série de politiques et de stratégies visant à réduire la pauvreté dans le pays et à atténuer l’impact des crises économique et financière.  La mise en application de ces politiques et stratégies s’est traduite par l’obtention de résultats impressionnants: un taux de croissance en hausse en 2010 et 2011, qui pourrait dépasser 6%; une inflation maintenue en-dessous des 5%; un secteur financier et bancaire vigoureux; et une baisse de la pauvreté, qui est passée de 39% en 1993 à 27% en 2010.  Parallèlement, la productivité agricole est en hausse, de même que les secteurs manufacturier et agro-industriel, qui n’ont de cesse de croître ces dernières années, s’est encore félicité le Secrétaire d’État.  Il a expliqué qu’une des initiatives clefs lancées par son gouvernement avait été l’expansion de sa politique fiscale, tout entière tournée vers les investissements publics dans les infrastructures.


M. ABDULLAH ALTHUWAIKH (Koweït) a attiré l’attention sur les difficultés particulières qui se posent aux petits États insulaires en développement dont les économies sont menacées par la montée du niveau de la mer.  Il a espéré que cette Conférence sera en mesure d’assurer que les PMA sauront tirer profit des opportunités de la mondialisation.  Il a donc exhorté les pays développés à supprimer les barrières tarifaires et non tarifaires et autres obstacles posés à l’exportation des produits des PMA.  Nous devons aussi faciliter le transfert de technologies vers ces pays et supprimer leurs dettes, a ajouté le représentant du Koweït.  Il a jugé essentiel que les pays donateurs respectent leurs engagements en matière d’aide publique au développement (APD).  Il a cité l’exemple que constitue le Fonds de développement du Koweït qui, depuis sa création, a appuyé des initiatives d’une centaine de pays en développement.  Il s’est félicité des efforts consentis par certains pays développés pour permettre à des pays défavorisés de mettre en œuvre les programmes de réalisation des OMD, en consacrant 0,7% de leur PIB à l’aide publique au développement.      


M. CRISTOBAL GONZALEZ-ALLER (Espagne) a indiqué que son pays est engagé depuis des années dans la lutte contre la pauvreté dans les pays en développement.  À travers son programme de coopération, l’Espagne n’a eu de cesse d’augmenter son aide aux pays africains, a-t-il précisé, ajoutant que son pays est le premier donateur de l’Union européenne envers Haïti.  De son avis, pour une mise en œuvre rapide et efficace du programme d’action d’Istanbul, il faut réfléchir aux objectifs à atteindre non seulement sur un plan quantitatif mais aussi qualitatif.  Chaque dollar destiné à la coopération doit être bien dépensé, a-t-il insisté.  Il a appelé en outre les participants à concevoir un programme d’action réaliste.  L’efficacité de l’aide est cruciale, a-t-il aussi reconnu, rappelant que son pays est signataire de l’Initiative de transparence de l’aide.  L’Espagne appuie depuis longtemps l’instauration d’une taxe internationale sur les transactions financières et est membre actif du Groupe pilote sur les financements innovants pour le développement, a ajouté M. Gonzalez-Aller.  Parallèlement, le secteur privé et les économies des pays émergents doivent jouer les rôles qui leur reviennent.  Enfin, il a appelé les PMA à consolider leurs systèmes de protection sociale pour que la croissance économique soit suivie d’un développement humain.  Il a aussi souligné l’importance de la lutte contre l’insécurité alimentaire, ainsi que le caractère déterminant du rôle des femmes dans les efforts de développement.


M. SHIGEKI SUMI (Japon) s’est réjoui du renforcement des capacités productives des PMA ces dernières années.  Il a dit la volonté du Japon d’appuyer tout particulièrement les travaux de la Commission de consolidation de la paix des Nations Unies (CCP) compte tenu de sa capacité de soutenir les efforts des pays sortant de conflits.  Afin de renforcer la sécurité alimentaire dans le monde, le Japon continue d’apporter un soutien de 3 milliards de dollars au secteur agricole et aux infrastructures liées à l’agriculture dans les pays en développement, a ajouté M. Sumi.  Il a indiqué que le Japon avait déjà dépassé l’objectif fixé en 2004 de doubler d’ici à 2012 son APD pour atteindre un total de 1,8 milliard de dollars par an.  Il a indiqué que le montant de cette aide s’élevait à 2 milliards de dollars en 2010.  Il s’est félicité de l’influence croissante des pays émergents et de leur capacité de soutenir à leur tour les PMA.  Il a cité l’exemple du Brésil, qui appuie désormais les capacités agricoles du Mozambique.  Il a souligné l’importance de l’implication du secteur privé dans le développement des PMA.  M. Sumi a cité l’exemple d’une société japonaise qui a créé une entreprise en République-Unie de Tanzanie employant 7 000 personnes, et qui produit 29 millions de moustiquaires par an pour lutter contre le paludisme. 


M. RICHARD MOMOIMA ONYONKA, Vice-Ministre des affaires étrangères du Kenya, a expliqué que son pays partage les mêmes aspirations que les PMA, étant confronté à de nombreuses difficultés telles que la pandémie de VIH/sida, les conflits ethniques ou les inondations.  Il a espéré que la Conférence d’Istanbul mettra en place un programme d’action viable et que les PMA s’approprieront la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  « Au Kenya, nous sommes sur le point d’atteindre la scolarisation gratuite des enfants et l’OMD fixé en matière de santé », a-t-il fait valoir.  Il a averti cependant du risque de voir certains pays qui ne sont pas des PMA glisser vers ce statut.  La Conférence d’Istanbul doit promouvoir une approche pratique, a-t-il ajouté, tout en souhaitant que les PMA eux-mêmes partagent le bénéfice des résultats obtenus dans le cadre du Programme d’action de Bruxelles.  Il faut aussi mettre en place des nouvelles méthodes de lutte contre la faim, a-t-il ajouté.  Pour attirer les investissements étrangers directs, il faut que les PMA disposent de bonnes structures de gouvernance, a préconisé M. Onyonka.  Les pays du Nord doivent par ailleurs encourager les échanges commerciaux Nord-Sud et Sud-Sud, a-t-il estimé, ainsi que la coopération triangulaire.  Il a enfin lancé un appel en faveur de l’élimination de la corruption.


Mme RETETA NIKUATA-RIMON (Kiribati) a souligné l’importance d’une appropriation par les PMA de leurs objectifs de développement.  Elle a remercié les principaux bailleurs de fonds ayant appuyé les efforts de développement de Kiribati, en citant notamment l’Australie, l’Union européenne, Taiwan, le Japon et la Nouvelle-Zélande.  Elle a souligné les progrès accomplis par Kiribati en matière d’accès à l’éducation, de vaccination des enfants, de santé reproductive et de parité entre les sexes.  Nous subissons les incidences des crises économique et financière internationales, de la flambée des prix des denrées alimentaires et des carburants, et notre existence même est menacée par les conséquences des changements climatiques, en particulier par la montée du niveau de la mer, a dit la représentante de Kiribati.  Elle a indiqué que ces chocs avaient eu comme résultat de diminuer en 2009 la capacité de paiement du Gouvernement de Kiribati de 7%.  Elle a indiqué qu’une partie des problèmes de Kiribati réside dans son incapacité à produire assez de produits alimentaires et à les conditionner.  Mais elle a aussi insisté sur les conséquences financières de la montée du niveau de la mer.  « Nous devons trouver des ressources supplémentaires pour construire des digues afin de protéger nos terres arables et nos sources d’eau potable menacées par la montée du niveau des eaux », a-t-elle dit avant de s’inquiéter aussi de la prolifération de maladies liées à ce phénomène.


M. LÉO MÉRORÈS (Haïti) a annoncé que le processus électoral touchait à sa fin en Haïti et que ce samedi 14 mai, M. René Préval transmettrait le pouvoir au Président élu, M. Michel Martelly.  « La tâche de ce dernier ne sera guère facile, comme on s’en doute, tant les défis à relever restent quasiment énormes. »  C’est pourquoi, a-t-il dit, l’accompagnement de nos partenaires extérieurs s’avère plus que jamais nécessaire.  Cet accompagnement l’est tout aussi pour les PMA d’Afrique et d’Asie, a poursuivi le représentant d’Haïti, qui a estimé qu’il devait se traduire par des engagements fermes, reflétés par le programme d’action, dans les domaines suivants: le commerce, l’énergie, l’aide publique au développement (APD), l’allègement de la dette, les transferts de technologies et la lutte contre les changements climatiques.  Si le vœu de voir 50% des PMA sortir de cette catégorie en 2021 peut paraître ambitieux, il peut néanmoins être atteint, a assuré M. Mérorès.  Ceci, à condition que les engagements cités plus haut soient respectés, a-t-il précisé.  Pour leur part, les PMA, a-t-il affirmé, sont prêts à affronter les nombreux défis qui se posent à eux, et sont conscients des obligations qui sont les leurs en termes de gouvernance, de rigueur de gestion et de respect des règles du jeu démocratique et des droits de l’homme.


M. ADNAN KHAN (Pakistan) a apprécié le fait que les délibérations qui ont lieu à Istanbul aient pris en compte la réalité des pays en développement en soulignant l’importance de l’amélioration des capacités productives, des investissements dans le secteur social, et de la diversification de la base d’exportations des produits et des industries des PMA.  Si les PMA ont la responsabilité première d’assurer leur propre développement économique et social, ils ont aussi besoin d’un soutien international renforcé et prévisible pour mettre en œuvre leurs stratégies de développement, a-t-il observé.  Il a invité les États Membres à honorer d’urgence les obligations prises au titre de l’aide publique au développement (APD) et à éliminer les barrières non tarifaires qui empêchent l’accès des produits des PMA aux marchés.  Il faut parallèlement parvenir à conclure le Cycle de négociations commerciales de Doha, a-t-il ajouté.  Le représentant a indiqué que son pays, en dépit de ses ressources limitées, soutient les PMA dans le cadre de son programme d’assistance technique lancé en 1978.  M. Khan a déclaré que la Conférence d’Istanbul jouera certainement un rôle critique pour redonner de l’élan au développement dans les PMA.


Parlant du cadre de l’économie mondiale actuelle, M. JORGE QUESADA CONCEPCION (Cuba) a dénoncé un modèle de production, de consommation et de distribution insoutenable.  Citant une étude du FMI, il a dit que le montant total de la dette externe des pays en développement qui atteint plusieurs milliards de dollars, est insupportable.  Il a jugé insuffisantes les initiatives actuelles d’allègement de la dette, et a rappelé que la communauté internationale s’était pourtant engagée à annuler sans condition la dette extérieure des PMA.  Le représentant de Cuba a demandé la création d’un mécanisme international visant à résoudre le problème de la dette souveraine sous l’égide de l’ONU.  Nous devons arrêter d’être sous l’hégémonie d’une seule monnaie, a-t-il ajouté avant de fustiger l’incohérence du système commercial international, qui demeure inéquitable.  Notant que 21 milliards de dollars d’aide qui avaient été promis ne toujours sont pas versés chaque année, malgré les engagements pris par les pays industrialisés, le représentant a exhorté les pays développés à respecter leur promesse et engagements de consacrer 0,7% de leur PIB à l’aide au développement.  Il a rappelé que Cuba avait, depuis 1961, mis en place une coopération avec 157 pays.  Il a cité l’intervention de 500 000 acteurs humanitaires cubains dans ces pays, dont 250 000 techniciens de santé.  Il a dénoncé l’importance des budgets militaires de certains pays du monde en rappelant que dans le même temps, 11 millions d’enfants meurent chaque année de faim et de maladies qui auraient pu être prévenues..  « Nous avons besoin de plus de compromis et de moins d’ingérence », a conclu le représentant de Cuba.


M. PABLO ANTONIO THALASSINÓS (Panama) a plaidé en faveur d’un renforcement de l’aide internationale en faveur des PMA, tout en souhaitant que ces pays fournissent eux-mêmes tous les efforts nécessaires pour rester maîtres de leur propre destin et de leur développement.  Le Panama réaffirme sa solidarité vis-à-vis des PMA et estime que la coopération internationale, dans le cadre de la responsabilité commune mais différenciée, est un impératif moral à honorer de manière prioritaire.  « Nous devons investir dans l’éducation », a-t-il notamment proposé, afin de former les jeunes à de futurs emplois.  Nous devons aussi éviter la marginalisation des PMA en matière commerciale et nous devons respecter les engagements pris à Monterrey pour le financement du développement, a dit le représentant panaméen.  La délégation du Panama est très motivée par les discussions tenues lors de la Conférence d’Istanbul et veut s’engager plus avant pour aider les PMA à faire face aux défis du développement, a ajouté le délégué.  Pour que le programme d’action d’Istanbul atteigne ses objectifs en 2020, il a appelé tous les acteurs du développement à s’engager, que ce soit les gouvernements, le secteur privé ou la société civile.  L’alliance internationale contre la pauvreté doit aboutir à l’adoption d’une solution collective contre ce fléau.  Les actions à lancer doivent être orientées vers l’orientation de résultats concrets pour les PMA, a-t-il ajouté.


M. FEDERICO ALBERTO CUELLO CAMILO (République dominicaine) a déclaré que relever les défis qui se posent aux PMA et la mise en œuvre totale du programme d’action d’Istanbul constituent une obligation morale pour la communauté internationale, tout particulièrement s’agissant d’Haïti. C’est un pays où l’inégalité des chances est criante dans les campagnes, où la dissolution de l’armée il y a 20 ans a permis l’émergence d’une criminalité organisée, et où l’absence de sécurité judiciaire est imputable au manque de ressources humaines et de capital.  C’est pourquoi le représentant a salué le consensus sur le document final qui sera adopté demain, parce qu’il prend en compte les préoccupations exprimées par les membres du Groupe des États d’Amérique latine et des Caraïbes (GRULAC), dont la République dominicaine et Haïti font partie.


Mgr SILVANO M. TOMASI, Observateur du Saint-Siège auprès des Nations Unies, a estimé que le développement ne pouvait pas se limiter à la croissance économique, mais qu’il devait prendre en compte le bien-être de l’homme, en donnant à la croissance spirituelle autant d’importance qu’à la croissance matérielle.  MgrTomasi a dit que tout cadre de développement devait s’appuyer sur les principes du respect de la dignité humaine, de la protection des droits de l’homme, de la participation à la vie de la communauté et de la promotion de la solidarité.  Il a mis l’accent sur l’importance de promouvoir un secteur agricole dynamique dans les PMA.  Il s’est inquiété que la dépendance des PMA aux importations de nourriture ait triplé entre 2002 et 2008.  Il a jugé essentiel de renforcer les capacités de production agricole de ces pays afin d’y parvenir à une indépendance alimentaire locale, nationale et régionale.  Cela passe aussi, a-t-il dit, par la protection de la propriété foncière des petits exploitants agricoles.  Il a fustigé les tentations à la spéculation, qui nuisent aux efforts de développement.  Le Saint-Siège, a-t-il dit, rêve d’un nouveau plan d’action en faveur des PMA qui sera en mesure de garantir la prospérité aux peuples de ces pays.  


M. ALI AL-JARBAWI, Ministre de la planification et du développement administratif de l’Autorité palestinienne, a fait valoir que la Palestine avait beaucoup avancé ces dernières années dans le renforcement de ses infrastructures, citant le plan de développement 2008-2010, adopté en 2007 lors de la Conférence de Paris.  Depuis trois ans, nous avons fait tout notre possible pour le mettre en œuvre et nous avons atteint d’excellents résultats, a-t-il dit.  Nous avons amélioré la sécurité à l’intérieur de nos frontières, ainsi que le fonctionnement de notre magistrature, et nous avons mis l’accent sur la valorisation du secteur privé sur le plan économique.  Des progrès ont également été accomplis dans le domaine social, notamment avec l’augmentation du taux de scolarisation et la réduction du taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans.  Nous avons édifié cinq nouvelles cliniques, construit des routes, mis en place des réseaux de canalisation de l’eau et amélioré la fourniture d’électricité à la population.  Mais, a tempéré M. Jarbawi, ces progrès sont ralentis par l’occupation israélienne.  Jérusalem-Est est coupée par cette occupation, et le mur construit par Israël divise nos terres, a-t-il souligné.  Quant à la bande de Gaza, qui subit un blocus rigoureux depuis quatre ans, il nous faut y entamer un programme de reconstruction complète, a-t-il indiqué.  Il a donc espéré qu’il serait mis un terme à l’occupation en septembre prochain, afin de permettre à toute la région de vivre dans la paix.


M. ELHADJ GLEY (Tunisie) s’est déclaré convaincu que la révolution menée par les jeunes offrira à son pays l’opportunité historique d’accéder au rang qu’il a tant mérité.  La situation sur place connait une stabilisation et une normalisation dans le cadre des préparatifs pour l’organisation d’une élection démocratique fixée pour le mois de juillet prochain, a-t-il assuré.  La Tunisie fait face à des défis liés à l’emploi, en particulier celui des jeunes diplômés, ainsi qu’à un déséquilibre régional.  Ce sont ces distorsions qui sont à l’origine du soulèvement populaire qui s’est emparé du pays, a-t-il indiqué.  Convaincu de l’efficacité grandissante de la coopération Sud-Sud, la Tunisie a accordé à ce mode de coopération une place de choix dans sa politique internationale, en signe de solidarité avec les pays en développement, a expliqué le représentant.  Cet engagement sera d’autant plus renforcé à l’avenir par le soutien fondamental apporté par les pays développés, notamment à travers la mobilisation de ressources additionnelles pour le financement du développement du Sud.  Selon le représentant, le succès du programme d’action d’Istanbul exige une refonte complète du système financier et économique international afin de permettre une participation plus importante des pays en développement dans la conception et le suivi des grandes décisions prises au niveau international.  La Tunisie estime par ailleurs que les technologies de l’information et des communications jouent un rôle déterminant dans le développement des nations africaines.


M. NAHARI AGUSTINI (Indonésie) a déclaré qu’au cours de la décennie écoulée, de multiples défis s’étaient posés à tous les pays du monde, et en particulier aux pays les moins avancés (PMA), remettant ainsi en cause les gains enregistrés jusqu’à présent sur les plans économique et social.  Le représentant a estimé qu’un effort concerté devrait être déployé aux niveaux mondial et régional dans le soutien au processus de développement des PMA.  En outre, a-t-il poursuivi, les PMA et leurs partenaires de développement devraient avoir pour objectif de renforcer les capacités productives des pays les moins avancés.  L’appropriation nationale du processus de développement dans les pays les moins avancés devrait être renforcée, et la recherche de sources de financement novatrices du développement devrait faire l’objet d’une réflexion plus poussée.  L’accès aux marchés en faveur des produits en provenance des PMA gagnerait à être assuré par la levée des restrictions, tandis que la coopération Sud-Sud doit être renforcée, a ajouté M. Agustini.


M. DOCTOR MASHABANE (Afrique du Sud) a rappelé que, pour son pays, contribuer à l’émancipation de la moitié des 48 PMA existants constitue un défi colossal.  Mais il a rappelé que 33 des 48 États classés comme pays les moins avancés du monde se trouvaient sur le continent africain, qui a connu une croissance annuelle de 7% pendant plusieurs années, même si cela ne s’est pas toujours traduit par les résultats escomptés en matière d’éradication de la pauvreté.  Au cœur des efforts de développement des pays africains, figure le Nouveau Partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD), a-t-il indiqué, soulignant que ce cadre mettait bien en évidence l’importance de renforcer les infrastructures.  Aussi le représentant s’est-il félicité de constater que le programme d’action d’Istanbul était aligné sur les priorités du NEPAD et de l’Union africaine, avant de dire que le passage à la mise en œuvre devait être caractérisé par une harmonisation avec les autres initiatives de développement: l’achèvement du Cycle de négociations commerciales de Doha et la concrétisation des partenariats destinés à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).


M. ABDERRAHIM OULD-HADRAMI (Mauritanie) a dit que l’agriculture, clef de la sécurité alimentaire, était le secteur le plus important pour la promotion du développement.  En Mauritanie, a-t-il dit, nous sommes conscients que pour sortir de la catégorie des PMA et vaincre le sous-développement, il faut impérativement compter sur soi-même et ses propres ressources.  Partant de ce principe et dans le cadre de la préparation du troisième plan d’action de notre cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP) pour la période 2011-2015, la Mauritanie se fixe comme objectif d’impulser, à son propre profit, une nouvelle dynamique de développement qui réserve une place de choix à la bonne gouvernance et à la lutte contre la corruption.  Il a par ailleurs estimé que la faiblesse de la contribution des PMA au commerce international résultait en partie de l’impasse dans laquelle sont les négociations de Doha.  Il a dit que la formation, le transfert des technologies, la coopération technique, la coopération triangulaire, l’annulation de la dette des pays pauvres très endettés, sont autant de domaines où les PMA comptent sur la coopération de leurs partenaires au développement.  Il a espéré que le nouveau programme d’action d’Istanbul se traduira par une augmentation de l’aide publique au développement, en rappelant que sa réussite dépendra des promesses faites dans d’autres fora en faveur du développement, en général, et de l’appui aux PMA, en particulier. 


M. VINCENT RIGBY (Canada) a indiqué que son pays avait dépassé son objectif de doubler son aide internationale entre 2001 et 2010.  Ceci fait du Canada le huitième contributeur de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) à l’APD.  Entre 2000 et 2009, a-t-il dit, le Canada a augmenté la part de son aide consacrée aux PMA de 39 à 60% du total de son APD, portant ainsi le montant total de son aide aux PMA de 289 millions à 1,3 milliard de dollars.  Il a également indiqué que son pays avait aussi doublé son aide destinée à l’Afrique entre 2003-2004 et 2008-2009 pour atteindre un montant de 2,1 milliards de dollars.  M. Rigby a mis l’accent sur l’intervention humanitaire canadienne en Haïti, en Afghanistan et au Mali où le Canada a aidé les producteurs de riz à atteindre une production record de 1,6 million de tonnes.  Par ailleurs, il a indiqué que le Canada avait en 2010 vigoureusement appuyé, lors du Sommet du G-8 à Muskoka, au Canada, l’initiative visant à lutter contre la mortalité maternelle et infantile dans les pays en développement.  Il a précisé que cette initiative devrait rassembler 10 milliards de dollars de contributions.  Il a indiqué que son pays s’est engagé à contribuer à cette initiative à hauteur de 1,1 milliard de dollars au cours de la période 2010-2015, portant ainsi à 2,85 milliards de dollars l’aide canadienne totale consacrée à la lutte contre la mortalité infantile et maternelle durant cette période.  Il a précisé que l’intervention du Canada se concentrera sur 10 PMA, dont l’Afghanistan, le Bangladesh, Haïti et sept PMA africains.  Il a souligné l’importance de la Commission de haut niveau des Nations Unies sur la transparence des initiatives de santé maternelle et infantile, qui a tenu sa deuxième réunion à Dar es-Salaam, en République-Unie de Tanzanie, les 1er et 2 mai 2011.  Il s’est dit persuadé que cette Commission sera un élément clef de la Stratégie mondiale pour la santé des femmes et des enfants du Secrétaire général, qui vise à sauver les vies de 16 millions de femmes et d’enfants d’ici à 2015 dans le contexte de la réalisation des OMD.   


M. BENJAMIN ABILEAH (Israël) a fait part des réalisations de l’Agence israélienne pour la coopération au développement, MASHAV, créée en 1958 et qui s’est spécialisée dans la formation et le renforcement des ressources humaines dans les pays en développement.  Les activités de MASHAV ont notamment pris la forme d’activités de formation locale et de missions de consultations à mener sur place.  Consciente que les trois conditions indispensables pour éradiquer la pauvreté sont la garantie de la sécurité alimentaire, de la santé et de l’éducation, MASHAV a récemment décidé d’adopter une approche holistique, en privilégiant les projets de renforcement des capacités, a dit M. Abileah.  Soulignant l’importance de l’établissement de partenariats dans le cadre du développement international, le représentant a affirmé que les deux domaines dans lesquels les PMA devraient investir, avec le soutien des pays donateurs, sont la création de petites et moyennes entreprises et l’autonomisation des femmes.  À cet effet, Israël peut mettre à disposition des PMA son savoir-faire, que ce soit au niveau gouvernemental ou à celui des organisations non gouvernementales (ONG), a-t-il précisé.


M. HAMEED OPELOYERU, Vice-Secrétairegénéral de l’Organisation de la Conférence islamique (OCI), a tenu à rappeler la contribution de l’OCI en faveur du développement des PMA, avant d’annoncer qu’elle comptait explorer les moyens de renforcer les partenariats avec les agences multilatérales du système des Nations Unies afin de partager les meilleures pratiques, de réexaminer les stratégies existantes et de mettre en œuvre le programme d’action des Nations Unies pour les pays les moins avancés au cours de la prochaine décennie.  L’OCI a ainsi créé deux fonds de lutte contre la pauvreté, qui viennent s’ajouter aux programmes éducatifs existants et placés sous l’égide du Fonds de solidarité islamique (FSI), a précisé le Vice-Secrétaire général de l’Organisation de la Conférence islamique


M. ACHILLE BASSILEKIN III, qui parlait au nom du Groupe des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), a rappelé que ce groupe de pays comprenait 40 PMA.  Il a mis un accent particulier sur les questions de l’agriculture, de la sécurité alimentaire et du développement rural.  Il a jugé essentiel que les PMA africains soient mieux assistés pour pouvoir atteindre l’objectif de l’autosuffisance alimentaire par le biais d’une révolution verte similaire à celle qui a vu le jour il y a quelques décennies en Asie.  Il a attiré l’attention de la Conférence sur l’importance de la coopération entre le Groupe ACP et l’Union européenne, qui vise à accélérer le développement économique, culturel et social des pays ACP, dans le souci de contribuer à la promotion de la paix et de la sécurité, ainsi qu’à un environnement démocratique et politique stable.  « L’urgence d’innovations dans le domaine des variétés de semences agricoles nous appelle à repenser la question des organismes génétiquement modifiés », a-t-il dit en souhaitant que, là où cela est possible, les capacités de recherches soient développées dans les PMA.  Il a souhaité que l’on mette l’accent sur le développement humain et social, en citant l’importance de l’accès à l’eau, à l’assainissement et à la lutte contre la pollution.  Il a dit qu’il était nécessaire de promouvoir le transfert des technologies et des communications.  S’agissant de l’impact des changements climatiques, il a insisté que les PMA étaient plus concernés par les efforts d’adaptation que par ceux concernant l’atténuation des effets de ce phénomène. 


Mme SAFIYE ÇAĞAR, du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), a indiqué que les PMA ont le taux le plus élevé de naissances et de décès au monde.  L’écart entre les plus riches et les plus pauvres continue de se creuser, a-t-elle ajouté.  Elle s’est inquiétée en particulier de la vulnérabilité des jeunes.  Il y a 1,8 milliard de jeunes de 10 à 24 ans dans le monde, ce qui constitue plus du quart de la population mondiale, et la grande majorité d’entre eux vit dans les PMA, a indiqué la représentante.  Elle a assuré que le FNUAP soutient la participation des jeunes à la vie économique et sociale et cherche à augmenter les investissements dans l’éducation, notamment dans l’éducation sexuelle.  L’investissement consacré aux jeunes peut améliorer les perspectives économiques et de développement des PMA, a-t-elle affirmé.  « Investir dans la santé et les droits des jeunes et des femmes, c’est assurer notre avenir à tous », a-t-elle conclu.


M. ALI MCHUMO, Directeur de la gestion au Fonds commun pour les produits de base, a déclaré que renforcer la productivité agricole et faire des agriculteurs des partenaires à part entière constituaient des moyens de garantir la stabilité des prix des denrées alimentaires et des produits de base.  Conscients de cette donnée fondamentale, le Fonds s’efforce cependant aussi de limiter la dépendance des PMA à l’exportation des quelques produits de base qu’ils sont généralement en mesure de commercialiser, a indiqué le représentant.  M. Mchumo s’est félicité de ce que le programme d’action d’Istanbul préconise l’élargissement de la coopération internationale à cette fin.


M.JOSÉ MANUEL SALAZAR, Organisation internationale du Travail (OIT), a indiqué que moins de 10% de la population active des PMA ont accès à une protection sociale.  Il a aussi expliqué que les jeunes sont souvent contraints de migrer pour trouver un emploi.  Il a averti que les PMA, en tant que groupe, ne sont pas sur la voie de la réalisation du premier Objectif du Millénaire pour le développement (OMD nº1) relatif à l’emploi décent, car les crises mondiales se sont ajoutées aux problèmes structurels qui affectent ces pays.  M. Salazar a donc invité la communauté internationale à promouvoir des types de croissance qui produisent des emplois.  Il faut aussi renverser la tendance à la négligence du secteur rural et informel, a-t-il préconisé.  Nous avons mené des études à ce sujet et en avons partagé les résultats avec les PMA dans le cadre de notre collaboration technique, a-t-il précisé.  Il a par ailleurs assuré que la protection sociale est réalisable dans les PMA, et qu’elle renforce les capacités des pays.  À cet égard, l’OIT lance un programme de coopération Sud-Sud pour aider les PMA à élargir leurs systèmes de protection sociale.  M. Salazar a en outre appelé les PMA à ratifier et à mettre en œuvre les conventions de l’OIT.  La promotion des normes en matière de travail et l’efficacité économique peuvent se renforcer mutuellement, a-t-il dit, avant de signaler que l’OIT travaille en Haïti dans ce sens.


M. BAKARY KANTE, Directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), a mis l’accent sur l’importance d’une croissance plus intelligente « alors que nous allons atteindre une population de 9 ou 10 milliards d’habitants sur terre d’ici à 2050 ».  Il a estimé que la transition vers une économie verte sera en mesure de stimuler des avancées sociales et environnementales positives si les mesures politiques appropriées sont mises en place.  M. Steiner a cité la référence que constitue le rapport publié par le PNUE, il y a quelques mois intitulé « Vers une économie verte: pour un développement durable et une éradication de la pauvreté ».  Il a mentionné l’initiative, accueillie positivement par le PNUE, sur l’économie des écosystèmes et de la biodiversité, qui a permis au monde s’apercevoir que nous perdions chaque année une biodiversité naturelle évaluée à environ 4 500 milliards de dollars.  Il a précisé que les biens et services que fournissent les forêts, le système hydrique de la planète, les récifs coralliens et les sols représentent près de 90% du PIB de tous les pauvres de la planète.  M. Steiner a ensuite évoqué les initiatives prises par cinq pays en matière de développement durable.  Il a cité l’exemple de l’Ouganda, qui a multiplié par quatre ses exportations de fruits organiques entre 2003 et 2008; du Népal, qui a inversé le cours de la déforestation sur son territoire; ou encore de la République démocratique populaire lao qui, grâce à la promotion de l’écotourisme, a augmenté le nombre de ses visiteurs internationaux de 1 à 2 millions entre 2005 et 2009.  Il a également cité le Mali, qui a significativement réduit l’utilisation des pesticides importés, et le Bangladesh, qui quant à lui a su promouvoir l’énergie solaire auprès des populations rurales.       


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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