Conférence de presse de la Chef d’OCHA sur la situation humanitaire en République populaire démocratique de Corée

26 octobre 2011
Conférence de presse

Conférence de presse de la Chef d’OCHA sur la situation humanitaire en République populaire démocratique de Corée

26/10/2011
Communiqué de presse
Conférence de presse
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE DE LA CHEF D’OCHA SUR LA SITUATION HUMANITAIRE

EN RÉPUBLIQUE POPULAIRE DÉMOCRATIQUE DE CORÉE

La Secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires et Coordonnatrice des secours d’urgence, Valerie Amos, s’est alarmée aujourd’hui de la situation en République populaire démocratique de Corée (RPDC) où six millions de personnes ont besoin d’aide alimentaire, cette année.  La chef du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a appelé la communauté internationale à accroître son aide.

« Les rations alimentaires apportées par le système public de distribution ont chuté, en juillet, de 400 à 200 grammes par personne et par jour et sont restées à ce niveau depuis » et « un tiers des enfants âgés de moins de cinq ans souffrent de malnutrition chronique » a expliqué Mme Amos lors d'une conférence de presse au Siège de l’ONU à New York, après une visite de cinq jours en RPDC.

La Coordonnatrice des secours d’urgence s’est rendue dans la capitale Pyongyang pour y rencontrer des représentants du Gouvernement, des agences de l’ONU sur place, des ONG et des membres du corps diplomatique.  Elle a également visité des hôpitaux, un orphelinat, une ferme collective, un centre de distribution de vivres, et s’est rendue dans les provinces de Kangwon et de Hamgyong du Sud.

« Il manque actuellement un million de tonnes de nourriture sur une consommation totale de 5,3 millions de tonnes.  De plus, la qualité nutritionnelle des denrées disponibles est faible, les gens survivent grâce à du maïs, du riz et des choux », a-t-elle indiqué.

« Dans un contexte de pauvreté chronique et de sous-développement, la lente détérioration des conditions de vie depuis le milieu des années 90 a augmenté la vulnérabilité de la population », a estimé Mme Amos.  La production agricole en RPDC est limitée par la dégradation des sols, le manque d’engrais, une mauvaise qualité de semences et de carburants, une mécanisation quasi-inexistante et des conditions climatiques difficiles, ces dernières années, a-t-elle expliqué.

Au vu de ce tableau dramatique, Mme Amos a appelé la communauté internationale à « ne pas se détourner du peuple de la RPDC », alors que l’aide humanitaire à ce pays a été divisée par 10 en 10 ans, selon le Rapporteur spécial sur la situation relative aux droits de l’homme en RPDC, Marzuki Darusman*.

Questionnée sur ce sujet, Mme Amos a mentionné une certaine lassitude des donateurs, sollicités également pour d’autres crises, comme celle de la corne de l’Afrique, et leur préoccupation quant à la bonne utilisation de l’aide fournie à la RPDC.  Elle a dit avoir clairement souligné ce dernier point dans ses discussions avec le Gouvernement nord-coréen, auquel elle a aussi demandé instamment que les agences de l’ONU puissent avoir un accès libre et sans condition sur le terrain.  D’autre part, Mme Amos a indiqué avoir engagé des discussions avec la République de Corée et les États-Unis, qui ont beaucoup diminué leur aide ces dernières années.

« Ceux qui sont les moins capables de s’en sortir sont très exposés aux risques de chocs qui pourraient bouleverser le fragile système public de distribution ou un système de santé sous-financé.  Quand le gouvernement n’arrive pas à faire parvenir assez de nourriture, les plus vulnérables ont très peu d’autres façons de s’alimenter que de compter sur la très modeste assistance internationale », a plaidé Mme Amos.

*     Rapport sur la situation des droits de l’homme en République populaire démocratique de Corée publié le 24 août 2011 (A/66/322)

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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