Conférence de presse sur la mise en œuvre de l’Accord de paix des montagnes de Chittagong, conclu au Bangladesh entre le Gouvernement et les peuples autochtones

24 mai 2011
Conférence de presse

Conférence de presse sur la mise en œuvre de l’Accord de paix des montagnes de Chittagong, conclu au Bangladesh entre le Gouvernement et les peuples autochtones

24/05/2011
Communiqué de presse
Conférence de presse
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE SUR LA MISE EN OEUVRE DE L’ACCORD DE PAIX DES MONTAGNES DE CHITTAGONG,

CONCLU AU BANGLADESH ENTRE LE GOUVERNEMENT ET LES PEUPLES AUTOCHTONES

Plus de 14 ans après la signature de l’Accord de paix des montagnes de Chittagong (Chittagong Hill Tracts Peace Accord) en 1997, entre le Gouvernement bangladais et la PCSJJ (Political Party of Indigenous Jumma People), qui représente les 11 peuples autochtones de cette région, force est de constater que la plupart des grandes dispositions prévues par cet Accord sont restées lettre morte à ce jour, a estimé le Président de l’Association internationale Jumma, M. Aditya Dewan, qui était l’un de trois participants à la conférence de presse organisée ce matin au Siège de l’ONU sur la mise en œuvre de l’Accord de paix de Chittagong.

M. Aditya Dewan a regretté que les peuples autochtones de la région de Chittagong n’aient toujours pas pu obtenir justice dans leur propre pays en dépit des nombreuses démarches qu’ils ont entreprises de manière pacifique. « Aujourd’hui, nous sommes obligés de nous tourner vers la communauté internationale pour qu’elle vienne appuyer nos revendications légitimes en exerçant des pressions sur le Gouvernement du Bangladesh », a-t-il ajouté.  « Nous sommes des citoyens pacifiques et ne remettons nullement en cause notre appartenance au Bangladesh.  Nous voulons simplement que nos droits soient respectés et que l’Accord de paix soit pleinement appliqué », a dit M. Dewan.  Les principales revendications du peuple Jumma du Bangladesh portent sur la démilitarisation de la région des montagnes de Chittagong et le règlement des questions territoriales, compte tenu du fait que 500 000 « colons » bangladais non autochtones de cette zone se sont installés sur ces terres avec l’aval du Gouvernement. 

L’Accord des montagnes de Chittagong a été signé après 20 années d’insurrection armée des 11 peuples autochtones de la région de Chittagong, après le refus de reconnaître leur existence dans la Constitution du Bangladesh de 1972, qui était la première constitution de ce pays après l’obtention de son indépendance en 1971.  Cette constitution ne reconnait que les « Bangladais » comme citoyens du pays, à l’exclusion des non-Bangladais autochtones, dont la plupart sont de confession bouddhiste ou hindoue.  Depuis les années 1970, le Gouvernement du Bangladesh a occupé militairement la région des montagnes de Chittagong et a lancé un programme agressif de transfert de populations pour y occuper les terres autrefois contrôlées par des peuples autochtones.  Ce programme a eu une incidence majeure sur la démographie de la région, où le pourcentage de personnes non autochtones est passé de 26% en 1974 à plus de 41% en 1981.

M. Lars-Anders Baer, ancien membre de l’Instance permanente sur les questions autochtones, qui a été chargé de présenter un rapport sur la mise en œuvre de l’Accord des montagnes de Chittagong lors de la présente session des travaux de l’Instance, a estimé que l’Accord en question est plutôt « bon ».  Le véritable problème réside, selon lui, dans sa « non-application ».  La seule façon de sortir de cette impasse est d’engager un dialogue constructif avec le Gouvernement du Bangladesh et de mettre en place une Commission d’enquête indépendante pour faire la lumière sur les violations répétées des droits de l’homme des autochtones, ceci afin de mettre un terme à l’impunité qui prévaut actuellement. 

À cet égard, Mme Elsa Stamatopoulou, chargée de cours à l’Université de Columbia, qui est membre de la « Chittagong Hill Tracts Commission », a fait état de viols systématiques et en toute impunité qui sont commis sur des femmes et fillettes autochtones dans cette région, qui est pourtant sous contrôle militaire du Bangladesh.  Cela est accablant pour le Gouvernement du Bangladesh et équivaut à un crime grave en termes de droit international, a-t-elle souligné.  De son côté, M. Dewan a également évoqué la destruction et le pillage répété de temples bouddhistes dans la région de Chittagong, allant jusqu’à dire que le peuple Jumma « était victime de nettoyage ethnique et d’intolérance religieuse ». 

Pour Mme Stamatopoulou, il est grand temps que la société civile et les médias se mobilisent pour défendre les droits de l’homme des peuples autochtones de Chittagong.  Elle a également proposé que l’ONU s’y engage plus intensément, notamment par l’envoi d’un observateur spécial des droits de l’homme.

Enfin, M. Dewan a rappelé que son pays, le Bangladesh, est un contributeur important de troupes aux opérations de maintien de la paix des Nations Unies, plus de 10 000 de ses soldats y étant déployés, en fait l’un des plus grands pays contributeurs de contingents.  « Pourquoi assurons-nous la paix dans le monde si nous ne sommes pas capables de le faire dans notre propre pays? » s’est-il demandé.

*   ***   *

À l’intention des organes d’information • Document non officiel
À l’intention des organes d’information • Document non officiel.