Conférence de presse de M. Melvyn Levitsky à l’occasion du lancement du rapport annuel de l’Organe international de contrôle des stupéfiants

2 mars 2011
Conférence de presse

Conférence de presse de M. Melvyn Levitsky à l’occasion du lancement du rapport annuel de l’Organe international de contrôle des stupéfiants

02/03/2011
Communiqué de presse
Conférence de presse
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE DE M. MELVYN LEVITSKY À L’OCCASION DU LANCEMENT DU RAPPORT

ANNUEL DE L’ORGANE INTERNATIONAL DE CONTRÔLE DES STUPÉFIANTS

L’expansion incontrôlée des nouvelles drogues de synthèse nécessite des mesures radicales afin d’endiguer un phénomène qui ne connaît pas de frontière.

C’est l’une des principales conclusions du rapport 2010 de l’Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS) qui a été présenté à la presse, ce matin, au Siège des Nations Unies, par M. Melvyn Levitsky, Professeur de politiques et pratiques internationales à l’École des politiques publiques Gerald  R. Ford de l’Université du Michigan.

Ces nouvelles drogues de synthèse sont fabriquées à partir de substances placées sous contrôle dont la structure moléculaire est légèrement modifiée afin d’obtenir une nouvelle substance aux effets semblables. 

Une telle manipulation permet de contourner les mesures de contrôle en vigueur à l’échelle nationale et internationale.  Ces substances, telles que la méphédrone ou « ivory wave » sont par ailleurs disponibles à la vente sur Internet, dans des boutiques en ligne dites « smart shop » où elles sont présentées comme engrais ou sels de bain.

M. Levitsky a invité à ne pas sous-estimer la dangerosité de ces drogues, responsables de plusieurs cas de décès, et dont la distribution est assurée par des groupes criminels.  Il a en conséquence plaidé, dans le droit fil du rapport de l’OICS, pour que les gouvernements placent sous contrôle des classes entières de ces substances.  La coopération bilatérale et internationale pour la mise en commun d’informations sur ce phénomène est également essentielle. 

M. Levitsky s’est également dit préoccupé par la « banalisation grandissante » de l’usage du cannabis, qui a pu être encouragé aux États-Unis par la dépénalisation de cette substance à des fins thérapeutiques dans plusieurs États du pays. 

Le lien entre trafic de drogues et corruption est l’autre aspect essentiel que souligne le rapport 2010 de l’OICS, a indiqué M. Levitsky.

Les énormes profits générés par les marchés illicites de la drogue, qui excèdent souvent les ressources financières des institutions publiques, font peser une menace majeure sur la sécurité publique et internationale.

Certaines organisations criminelles, qui se sont taillées de véritables empires avec le trafic de stupéfiants, sont même devenues des forces politiques qui disposent du pouvoir et de l’autorité d’institutions légitimes.

Parmi les recommandations évoquées par le rapport, M. Levitsky a mentionné l’amélioration de la transparence parmi le corps judiciaire et l’allocation des ressources nécessaires aux services chargés de faire respecter l’état de droit.  Répondant à des questions de la presse, M. Levitsky a fait remarquer que si la production de cocaïne a décru en Colombie, elle a en revanche augmenté dans les pays andins environnants, comme la Bolivie, selon le principe des vases communicants.  La mastication de coca telle qu’elle est défendue par la Bolivie n’est d’ailleurs pas conforme aux obligations contractées par ce pays au regard des traités internationaux pertinents, a poursuivi M. Levitsky.

La lutte menée par le Président Calderon contre les puissants cartels de la drogue, « indispensable pour le futur du Mexique », a fait plus de 28 000 morts en cinq ans, a-t-il fait remarquer.  L’utilisation de pays d’Afrique comme la Gambie et la Guinée équatoriale comme points de relais de l’acheminement de la cocaïne produite en Amérique du Sud vers l’Europe, deuxième marché mondial, est très préoccupante, a-t-il dit.

La production de l’héroïne de l’Afghanistan –qui représente 90% de la production mondiale– est emblématique des conséquences dévastatrices que peut avoir dans une région donnée le trafic de stupéfiants, a-t-il dit.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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