Le Conseil de sécurité débat des perspectives de paix et de reconstruction en Afghanistan après 2014, une fois que ce pays aura recouvré sa pleine souveraineté

19 décembre 2011
CS/10494

Le Conseil de sécurité débat des perspectives de paix et de reconstruction en Afghanistan après 2014, une fois que ce pays aura recouvré sa pleine souveraineté

19/12/2011
Conseil de sécurité
CS/10494
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

6690e séance – matin


LE CONSEIL DE SÉCURITÉ DÉBAT DES PERSPECTIVES DE PAIX ET DE RECONSTRUCTION EN AFGHANISTAN

APRÈS 2014, UNE FOIS QUE CE PAYS AURA RECOUVRÉ SA PLEINE SOUVERAINETÉ


Le Conseil de sécurité a tenu ce matin son premier débat sur l’Afghanistan depuis la Conférence de Bonn du 5 décembre 2011, dont les participants ont conclu que la transition en Afghanistan, qui doit être menée à son terme d’ici à la fin de 2014, devrait être suivie d’une « décennie de la transformation » (2015-2024). 


Par une déclaration lue aujourd’hui par son Président au cours de ce mois de décembre, M. Vitaly Churkin de la Fédération de Russie, le Conseil de sécurité s’est ainsi réjoui « que la République islamique d’Afghanistan et la communauté internationale soient parvenues à un consensus stratégique en faveur d’un partenariat renouvelé et durable fait d’engagements réciproques fermes dans la perspective de cette décennie ».


Venu présenter aux membres du Conseil le rapport du Secrétaire général sur la situation en Afghanistan, M. Hervé Ladsous, Secrétaire général adjoint aux opérations de la paix, s’est félicité des progrès enregistrés en Afghanistan.  Il a, à ce titre, mentionné « la reprise par la chambre basse du Parlement afghan de son travail législatif et l’approbation du collectif budgétaire recapitalisant la Banque de Kaboul, ce qui a permis au Fonds monétaire international (FMI) de reprendre son programme pays en Afghanistan ».


Concernant la transition, au terme de laquelle, en 2014, les forces afghanes devraient être capables d’assumer les tâches relatives au maintien de la sécurité publique, M. Ladsous a rappelé que le Président Karzai avait approuvé fin novembre une seconde tranche des zones qui seront placées sous responsabilité afghane.  La  moitié de la population afghane sera ainsi placée sous la protection des forces afghanes, s’est félicité le Secrétaire général adjoint au maintien de la paix.  « Nous ne devons cependant pas baisser la garde », a prévenu M. Ladsous, mentionnant les attaques de grande ampleur recensées dans le pays ces dernières semaines, et ajoutant qu’il « y avait encore un long chemin à parcourir s’agissant de la protection des civils ».


Intervenant par moyens de vidéoconférence depuis l’Italie, M. Staffan de Mistura, l’ancien Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Afghanistan, –qui sera remplacé à partir du 16 janvier 2012 par M. Jan Kubis- a également indiqué que « le processus de transition avançait bien dans le pays et allait dans le bon sens ».  Outre les progrès mentionnés par M. Ladsous, M. de Mistura s’est réjoui du lancement du Processus d’Istanbul lors de la Conférence qui s’est tenue à Istanbul le 2 novembre 2011.  Par cet accord, l’Afghanistan et les États voisins ont annoncé leur volonté de travailler à des mesures de confiance pour assurer la paix et la sécurité de l’Afghanistan et de la région qui l’entoure.


M. Jawed Luden, Vice-Ministre des affaires étrangères de l’Afghanistan, a souligné que les avancées faites par l’Afghanistan l’avaient été au prix de sacrifices énormes.  « Aucune menace ne doit nous détourner de notre vision pour un Afghanistan pacifique, prospère et démocratique », a-t-il plaidé, avant de réaffirmer l’engagement du Gouvernement afghan en faveur de la réconciliation avec l’opposition armée, sur la base d’un renoncement à la violence et de la rupture de tous liens avec les organisations terroristes.


Les menaces auxquelles l’Afghanistan est confronté sont d’ampleur régionale, a poursuivi M. Luden qui a indiqué que son gouvernement avait mis la coopération régionale au cœur de la vision qu’il a de l’avenir du pays.  Reprenant la parole à l’issue du débat, le Vice-Ministre afghan a indiqué que la question posée par les sanctuaires que trouvent les Taliban et leurs sympathisants armés à l’extérieur de l’Afghanistan était « un problème énorme qu’il fallait régler ». 


À l’instar de M. Luden, plusieurs intervenants ont profité de ce débat pour faire état des préoccupations de leurs délégations.  « Il est paradoxal que le climat régional se soit détérioré de façon préoccupante alors que des progrès ont été réalisés en Afghanistan », a ainsi déclaré le représentant de la France.


En sa qualité de représentant de la Fédération de Russie, le Président du Conseil de sécurité, M. Vitaly Churkin, a indiqué, pour sa part, que la dynamique en cours en Afghanistan n’incitait pas à l’optimisme.  Il a notamment attiré l’attention du Conseil sur le niveau élevé des pertes subies par les forces de la coalition.  « Il faut prendre des mesures plus décisives pour éliminer les menaces représentées par Al-Qaida et les Taliban », a-t-il préconisé.


Les décès de civils ont augmenté de 5% par rapport à 2010, a pour sa part fait remarquer le représentant de la Bosnie-Herzégovine, tandis que le représentant de l’Inde a notamment suggéré des actions concertées pour isoler et détruire « le syndicat du terrorisme qui inclut les éléments d’Al-Qaida, les Taliban, Laskar-e-Taiba, et d’autres groupes terroristes et extrémistes qui opèrent surtout hors des frontières afghanes ».


Intervenant dans le débat, le représentant du Pakistan a souligné que « le Pakistan ne peut être tenu responsable des problèmes et des défis qui sont ceux de l’Afghanistan ».  L’Afghanistan, la communauté internationale et le Pakistan devaient mener leur coopération dans un esprit constructif, « en évitant de porter des jugements hâtifs sur les uns et les autres », a-t-il recommandé.  En raison de l’attaque subie sur la frontière du Pakistan le 26 novembre dernier, et qui a causé la mort de 25 soldats pakistanais, il a ajouté que son pays n’avait eu d’autre choix que de ne pas participer à la Conférence de Bonn.


La délégation iranienne a quant à elle émis des doutes sur les visées et intentions réelles des forces étrangères présentes en Afghanistan.  « Je souhaite ici faire référence au drone qui a décollé depuis une base américaine située à Kandahar, et a violé l’espace aérien iranien », a déclaré le représentant de l’Iran en dénonçant « l’acte d’agression militaire non provoqué perpétré contre l’Iran ». Il a aussi dénoncé l’incursion en Iran d’un espion, venu de la base de Bagram, « ce qui représente un nouvel exemple de l’utilisation par les États-Unis des bases qu’ils emploient en Afghanistan, à des fins de surveillance et d’espionnage ».


La représentante des États-Unis a indiqué que son pays « resterait engagé au delà de 2014 en Afghanistan », ceci, dans le cadre d’un partenariat stratégique entre les deux pays.  Elle a déclaré que les États-Unis ne cherchaient pas à établir de bases stratégiques en Afghanistan.


LA SITUATION EN AFGHANISTAN


Rapport du Secrétaire général sur la situation en Afghanistan et leurs incidences sur la paix et la sécurité internationales (A/66/604-S/2011/772)


Soumis en application de la résolution 65/8 de l’Assemblée générale et de la résolution 1974 (2011) du Conseil de sécurité, le présent rapport fait le point sur les activités menées par les Nations Unies en Afghanistan et présente une synthèse des faits importants survenus au niveau politique et sur le plan de la sécurité, ainsi que des informations sur les événements régionaux et internationaux en rapport avec l’Afghanistan. 


Le Secrétaire général rappelle tout d’abord que la Loya Jirga traditionnelle, qui s’était tenue à Kaboul du 16 au 19 novembre, s’était déclarée favorable au projet du Gouvernement de conclure un accord de partenariat stratégique avec les États-Unis, étant entendu que la souveraineté de l’Afghanistan serait pleinement respectée.  « Ses recommandations ont également fait écho aux réserves émises par le Président Karzai dans son discours d’ouverture, s’agissant des raids nocturnes et des perquisitions dans les maisons par des troupes étrangères ainsi que des centres de détention non placés sous contrôle du Gouvernement », relève M. Ban.


À l’instar du Président, l’Assemblée a donné aux pays voisins l’assurance que toute présence militaire étrangère en Afghanistan ne serait autorisée à mener des opérations que sur le territoire afghan, indique le Secrétaire général.  M. Ban note également qu’à la fin du mois d’août et à la fin du mois de novembre, la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan a constaté 795 morts et 1 083 blessés au sein de la population civile.  « Si le nombre de civils blessés a diminué de 19% par rapport au même trimestre en 2010, le nombre total des décès de civils a augmenté de 5% durant la période à l’examen », poursuit M. Ban, qui ajoute que les activités des éléments antigouvernementaux ont fait 77% de tous les décès de civils durant la période à l’examen. 


Le meurtre du Président du Haut Conseil pour la paix, M. Burhanuddin Rabbani, le 20 septembre, a constitué un revers, a regretté le Secrétaire général, tout en estimant qu’il ne devrait pas entraver les efforts de réconciliation nationale.  « Il est essentiel que toutes les parties, y compris l’insurrection, s’engagent à s’impliquer pacifiquement dans le processus de dialogue et à prendre des mesures préventives contre toute action susceptible de compromettre ce processus », écrit M. Ban, qui a ajouté qu’une enquête en bonne et due forme sur l’assassinat devrait contribuer à rétablir la confiance. 


Le Secrétaire général s’est ensuite félicité que la Conférence d’Istanbul qui s’était tenue le 2 novembre ait permis de se faire une idée claire de la situation et que les participants se soient engagés à enclencher un processus axé sur les résultats afin d’améliorer la stabilité et la prospérité en Afghanistan et dans toute la région.  « Le Processus d’Istanbul fournit aux acteurs régionaux une base à partir de laquelle avancer de manière structurée, avec des outils bien définis et des principes clairs, en vue de renforcer la coopération régionale dans toute une série de domaines, y compris la sécurité », a-t-il poursuivi.  Le Secrétaire général juge également « capital » que l’Afghanistan et le Pakistan renforcent leurs relations bilatérales, afin de renforcer la paix et la stabilité et promouvoir la réconciliation.  « La réunion trilatérale qu’ont tenue l’Afghanistan, le Pakistan et la Turquie a été la dernière en date des événements positifs à cet égard », a-t-il estimé, en ajoutant que la Commission mixte Afghanistan-Pakistan pour la réconciliation et la paix était un mécanisme utile pour poursuivre un dialogue structuré sur les questions d’intérêt mutuel.  


L’équilibrage à long terme des dimensions économiques de la transition en matière de sécurité dans le cadre du Processus de Kaboul devrait s’accompagner d’améliorations réelles et tangibles dans la vie de tous les Afghans, souligne le Secrétaire général.  La Conférence internationale sur l’Afghanistan, qui s’était tenue à Bonn en 2011, a réaffirmé l’engagement à long terme de la communauté internationale à l’appui de l’Afghanistan au-delà de 2014.  « Passant d’une stratégie de stabilisation à une stratégie de coopération à long terme en faveur du développement, les participants se sont de nouveau engagés à aligner l’assistance sur les priorités du Gouvernement et à améliorer l’efficacité de l’aide, notamment en acheminant une part croissante de celle-ci dans le cadre du budget de l’État », relève-t-il.  Après avoir exprimé sa gratitude à M. Staffan de Mistura pour les services rendus pendant son mandat en Afghanistan, le Secrétaire général indique que son nouveau Représentant spécial, M. Jan Kubis, prendra ses fonctions le 16 janvier 2012.


Déclarations


M. HERVÉ LADSOUS, Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, a rappelé que le succès du Processus de Kaboul dépendait de l’affirmation et de la prise de responsabilité croissante des institutions afghanes.  Il a indiqué que des représentants de la société civile afghane et de la communauté internationale en Afghanistan s’étaient exprimés en faveur d’une présence continue –sinon renforcée– des Nations Unies.


« La Conférence de Bonn a permis à la communauté internationale et à l’Afghanistan de faire le point sur leur partenariat », a-t-il a déclaré, ajoutant que l’engagement durable pris à Bonn en faveur de l’Afghanistan au cours des périodes de transition et de transformation que le pays est appelé à traverser était crucial.  M. Ladsous a ensuite rappelé que le 2 novembre dernier, a été lancé le Processus d’Istanbul par lequel 13 pays participants ont réaffirmé leurs engagements antérieurs –y compris ceux relatifs à l’intégrité territoriale de l’Afghanistan– et ont également énoncé des principes communs qui guideront leur soutien en faveur « d’un Afghanistan sûr, stable et pacifique ».


Le Secrétaire général adjoint a ensuite relevé les développements positifs que constituent la reprise par la chambre basse du Parlement afghan de son travail législatif ainsi que l’approbation du collectif budgétaire recapitalisant la Banque de Kaboul, ce qui a ouvert la voie à la conclusion de négociations entre le Gouvernement afghan et le Fonds monétaire international (FMI) concernant un nouveau programme de développement.  « Grâce à la revitalisation du Processus de Kaboul et au renforcement des mécanismes garantissant l’efficacité de l’aide, le Gouvernement afghan se trouve en mesure de remplir ses engagements s’agissant de l’amélioration de la règle du droit, de la transparence fiscale et d’une meilleure exécution des tâches incombant aux services publics », a déclaré M. Ladsous.


Concernant la transition, au terme de laquelle les forces afghanes assumeront les tâches de sécurité publique, il a rappelé que le Président Karzai avait approuvé fin novembre une seconde tranche des zones qui seront placées sous responsabilité afghane.  Puis M. Ladsous a ajouté que pour que cette transition soit fructueuse, la résolution des enjeux sécuritaires devait être liée au développement et au Processus de Kaboul.  « Les Afghans doivent voir des améliorations sensibles dans leur quotidien », a-t-il indiqué.  Il s’est ensuite félicité que le nombre d’incidents de sécurité, après avoir enregistré une hausse en début d’année, ait connu une diminution ces trois derniers mois. « Mais nous ne devons pas baisser la garde », a-t-il affirmé, mentionnant les attaques de grande ampleur recensées dans le pays ces dernières semaines.  M. Ladsous a ajouté qu’il « y avait encore un long chemin à parcourir s’agissant de la protection des civils », et il a relevé qu’il y avait eu près de 800 décès de civils ces trois derniers mois.


M. Ladsous a indiqué que le temps était venu d’ajuster la présence des Nations Unies dans le pays, ajoutant qu’un examen, sous l’égide du Département des opérations de maintien de la paix, du mandat de la MANUA, ainsi que du soutien apporté par les Nations Unies à l’Afghanistan, était en cours.  Il s’est félicité de la transition sans heurts que représente le remplacement par M. Jan Kubis de M. Staffan de Mistura  à la tête de la MANUA.


M. JAWED LUDEN, Vice-Ministre des affaires étrangères de l’Afghanistan, a souligné que les avancées faites par l’Afghanistan l’avaient été au prix de sacrifices énormes.  Aucune menace ne doit nous détourner de notre vision pour un Afghanistan pacifique, prospère et démocratique, a-t-il plaidé, notant que le début du processus de transition, notamment le transfert de responsabilité en matière de sécurité, était la manifestation de la détermination de la communauté internationale à triompher.  La transition n’est pas simplement une question de sécurité mais aussi une question civile, en ce qui concerne l’amélioration de la gouvernance, de la lutte contre la corruption et le renforcement des capacités institutionnelles locales, a-t-il dit.


Le Vice-Ministre afghan a réaffirmé l’engagement du Gouvernement de l’Afghanistan dans un effort de paix, dirigé par les Afghans eux-mêmes, en faveur de la réconciliation avec l’opposition armée, sur la base d’un renoncement à la violence et de la rupture des liens avec les organisations terroristes.  Le processus de paix bénéficierait de la création d’un bureau, à l’intérieur ou hors de l’Afghanistan, chargé des négociations formelles entre les autorités afghanes et des représentants de l’opposition armée, y compris les Taliban, a-t-il estimé.


Les menaces auxquelles l’Afghanistan est confronté sont d’ampleur régionale, a poursuivi M. Luden.  C’est pourquoi le Gouvernement a mis la coopération régionale au cœur de la vision qu’il a de l’avenir du pays, a-t-il expliqué, indiquant qu’une Conférence au niveau ministériel serait organisée au mois de juin 2012 à Kaboul pour effectuer le suivi de la mise en œuvre des recommandations de la Conférence d’Istanbul.  Dans ses efforts, l’Afghanistan a besoin du soutien continu de ses amis dans la région et au-delà, a souligné le Vice-Ministre des affaires étrangères, saluant aussi le fait que la Conférence de Bonn ait témoigné du consensus international existant sur cette perspective.  Si cette Conférence a été l’occasion de réaffirmer l’attachement international en faveur de l’Afghanistan, son pendant local a été la Loya Jirga organisée du 16 au 19 novembre de cette année à Kaboul, où plus de 2 000 représentants de la société afghane ont réitéré avec force leur engagement et leur volonté démocratique, a tenu à rappeler M. Luden.


Le partenariat noué avec l’Inde sera complété par des processus similaires avec d’autres partenaires de la région, a aussi expliqué l’officiel afghan.  Les Nations Unies continuent quant à elles d’avoir un rôle crucial dans le redressement de l’Afghanistan, a-t-il rappelé, souhaitant que le réexamen du mandat de la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan soit l’occasion de lui donner un rôle plus cohérent et plus réactif.  Aujourd’hui, alors que l’Afghanistan avance, passant de la décennie de la transition vers celle de la transformation, les efforts du Conseil et l’engagement de la communauté internationale restent plus cruciaux que jamais pour notre avenir, a conclu M. Luden.


M. STAFFAN DE MISTURA, ancien Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Afghanistan, a indiqué que M. Jan Kubis, qui le remplace à la tête de la MANUA, continuera d’œuvrer afin d’accomplir les objectifs des Nations Unies dans le pays, pour que les Afghans vivent dans la dignité et bénéficient des fruits du travail d’un partenariat international renforcé.  Il a ensuite relevé les développements positifs que constituent sur le plan du renforcement de la démocratie et de l’État afghan la reprise des travaux législatifs au sein de la chambre basse du Parlement afghan, le lancement du Processus d’Istanbul, les progrès enregistrés dans la protection des droits de l’homme, sur laquelle les Nations Unies ont particulièrement veillé. 


« La transition avance bien dans le pays et va dans le bon sens », a-t-il ensuite estimé, avant d’apporter son appui au processus de redéfinition du mandat de la MANUA, qui est en cours.  M. de Mistura s’est ensuite félicité des progrès accomplis lors des différentes conférences qui se sont tenues sur l’Afghanistan, avec dernièrement les Conférences de Bonn et d’Istanbul.  Il a affirmé avoir ressenti des moments de profonde satisfaction en tant que Représentant spécial pour l’Afghanistan, mais a également fait part de grands moments de tristesse, comme notamment à la suite de l’attaque perpétrée à Mazar-e-Sharif contre un bâtiment des Nations Unies.  « Cependant, jamais nous ne nous sommes sentis isolés en Afghanistan », a-t-il affirmé en conclusion.


M. PETER WITTIG (Allemagne) a souligné que l’Afghanistan était sur la voie du recouvrement de sa souveraineté, à travers le processus de transition qui commence à porter ses premiers fruits.  D’ici à 2014, les Forces de sécurité afghanes assureront l’intégralité de la sécurité de l’Afghanistan, a-t-il dit, soulignant que la Conférence de Bonn, tenue au début de ce mois, avait permis de définir des lignes claires, sur la base de l’engagement pris par le Gouvernement afghan envers ses partenaires.  La communauté internationale est aux côtés de l’Afghanistan pour que les acquis de cette dernière décennie ne soient pas réduits à néant, et pour que le renforcement des capacités profite à tous les Afghans, a-t-il déclaré. 


Le représentant de l’Allemagne a souligné la nécessité que le terrorisme ne trouve pas à nouveau refuge dans le pays, appelant à renforcer les compétences locales en la matière, ainsi que dans les différents domaines de la gouvernance.  Il a rappelé que la réconciliation exigeait un processus dirigé par les Afghans eux-mêmes, y compris avec la participation des Taliban qui ont renoncé à la violence.  La paix ne peut pas être obtenue à n’importe quel prix, a-t-il souligné, rappelant la nécessité d’un appui à l’Afghanistan par tous les pays de la région, en commençant en particulier par le Pakistan voisin.


Le rôle central qu’est appelé à jouer l’ONU en Afghanistan a trouvé beaucoup d’appui à Bonn, a indiqué le représentant, soulignant que l’Organisation était nécessaire en Afghanistan et le serait encore longtemps après 2014.  « À cet égard, il est de notre responsabilité collective de garantir la sécurité du personnel de l’ONU », a-t-il rappelé en exhortant tous les acteurs à respecter les interventions humanitaires, qui se font au bénéfice de ceux qui comptent parmi les plus vulnérables.  Il a dit que sa délégation était préoccupée par les attaques odieuses lancées contre des personnes innocentes, et a souligné la nécessité de maintenir un engagement international constant en Afghanistan, qui s’adapte au fur et à mesure de l’évolution de la situation. 


M. IVAN BARBALIĆ (Bosnie-Herzégovine) s’est félicité de la résolution du désaccord électoral qui a permis à la Chambre basse du Parlement afghan de siéger.  Il a ensuite rappelé que les nombreux assassinats recensés dernièrement dans le pays y menaçaient le processus de paix.  Les décès de civils ont augmenté de 5% par rapport à 2010, a-t-il ensuite déploré, avant de souligner que la moitié de la population afghane était désormais placée sous la protection des forces afghanes.


Le représentant s’est ensuite félicité des récents efforts de coopération entre le Pakistan et l’Afghanistan, menés afin de diligenter une enquête sur l’assassinat le 20 septembre dernier de M. Burhanuddin Rabbani, Président du Haut Conseil pour la paix en Afghanistan.  En conclusion, le représentant de la Bosnie-Herzégovine a apporté le soutien de sa délégation au Processus d’Istanbul, aux résultats enregistrés à la Conférence de Bonn, ainsi qu’à la conclusion de négociations entre l’Afghanistan et le FMI concernant l’élaboration d’un programme pour l’Afghanistan. 


M. NAWAF SALAM (Liban) a déclaré que sa délégation continuait d’être profondément préoccupée par les difficultés qui subsistent en Afghanistan et a condamné les attaques qui ciblent en particulier le personnel humanitaire.  Le représentant s’est dit convaincu que le succès de l’Afghanistan passera par deux éléments clefs, d’abord la réconciliation nationale, sur la base de l’unité nationale et de l’instauration de la confiance et du dialogue, et ensuite, les relations renforcées entre l’Afghanistan et les pays voisins pour éradiquer le fléau de la drogue et du terrorisme.  Dans cette perspective, le représentant s’est félicité de ce que la Conférence d’Istanbul ait clairement plaidé pour une intégration régionale de l’Afghanistan, et que la Conférence de Bonn ait réaffirmé l’appui central de la communauté internationale à l’Afghanistan, même après le transfert de responsabilité aux forces de sécurité nationales en 2014.


M. NÉSTOR OSORIO (Colombie) a souligné l’optimisme de son pays en faveur du processus de transition de responsabilité aux dirigeants afghans en matière de sécurité.  Il est essentiel de créer les conditions qui permettent de faciliter cette transition, a-t-il précisé, en rappelant que les contributions de la FIAS et de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) sont importantes pour développer les capacités et le professionnalisme de la police afghane.  Il a également salué le rôle de la MANUA dans le processus de stabilisation et de démocratisation de l’Afghanistan, l’appelant à poursuivre dans la coordination des efforts internationaux et des priorités identifiées par le Gouvernement en matière de gouvernance, de développement économique et de coopération régionale.  Les avancées réalisées en matière de sécurité risquent d’être anéantis par l’absence de résultats dans les domaines économique et social ou par des lacunes dans les domaines de la gouvernance et de l’état de droit, a-t-il averti.


La violence continue d’être l’une des principales menaces sur le peuple afghan, a rappelé M. Osorio, en s’inquiétant de l’augmentation des victimes civiles et des besoins humanitaires du pays, et en condamnant fermement les assassinats ciblés et l’utilisation de bombes artisanales.  Il a réaffirmé que le processus de paix et de réconciliation devrait être basé sur les principes d’appropriation par les dirigeants afghans, dans le respect de la souveraineté et de l’unité du pays, et de sa Constitution.  À cet égard, il a souligné que la coopération régionale était centrale pour régler les problèmes humanitaires et de sécurité dans le pays, afin de préserver les progrès enregistrés.  Le consensus sur le renforcement des relations entre l’Afghanistan et la communauté internationale qui avait été réaffirmé à la Conférence de Bonn doit permettre de consolider l’État afghan et lui donner les moyens de répondre aux aspirations et aux besoins de sa population.


Mme ROSEMARY DICARLO (États-Unis) s’est félicitée de la prise en main par les Afghans du Processus d’Istanbul et de la réitération à Bonn, par la communauté internationale, de sa volonté de consolider les acquis et d’appuyer l’Afghanistan après 2014.  Elle a ensuite jugé crucial que la communauté internationale apporte un soutien résolu au dialogue en cours concernant la réconciliation intra-afghane.  La Conférence de Tokyo, prévue l’année prochaine, sera l’occasion de faire le point sur les avancées effectuées par le Gouvernement afghan, a-t-elle indiqué.


La représentante des États-Unis a ensuite mentionné le partenariat stratégique entre les États-Unis et l’Afghanistan, ajoutant que les modalités de la présence américaine dans le pays au delà de 2014 seront définies en concertation étroite avec le Gouvernement afghan.  « Une chose doit être très claire », a-t-elle poursuivi, « les États-Unis ne cherchent pas à établir de bases stratégiques en Afghanistan ».


Elle s’est ensuite félicitée des progrès enregistrés dans le pays en termes de santé publique.  « De plus en en plus d’enfants vivent au delà de l’âge de 5 ans alors que les femmes afghanes sont de plus en plus nombreuses à recevoir des soins périnataux », a-t-elle affirmé.  Apportant le soutien de sa délégation à un examen du mandat de la MANUA, elle a souligné que son rôle évoluerait avec la reprise, par les Forces afghanes, des tâches de sécurité publique.  « Les États-Unis resteront engagés au delà de 2014 en Afghanistan, ceci, au sein d’un partenariat stratégique entre les deux pays », a-t-elle indiqué en conclusion.


M. MANJEEV SINGH PURI (Inde) a déclaré que les conclusions de la Conférence internationale de Bonn sur l’Afghanistan traduisent la détermination de la communauté internationale à assurer un appui durable à l’Afghanistan.  Il a fait remarquer que l’Afghanistan était confronté aujourd’hui à des difficultés dans les domaines de la sécurité, de la gouvernance, du développement et des investissements.  C’est pourquoi, l’Afghanistan a besoin d’une assistance importante, pendant longtemps pour réaliser des progrès dans ces quatre domaines.  Le représentant a souligné que le retrait des forces militaires internationales en Afghanistan pourrait conduire à une transition dans la « récession », au moment où les besoins du Gouvernement afghan en matière de sécurité augmentent.  Il a indiqué que la communauté internationale devrait tirer les leçons des erreurs passées, et ne pas laisser l’Afghanistan retomber dans la spirale de la violence.  Le représentant a souhaité que le processus de transition soit mené par le Gouvernement afghan, en tenant compte des réalités sur le terrain, et dans le cadre du respect des droits de l’homme et du renforcement des institutions nationales.


M. Singh Puri a ensuite souligné que l’Afghanistan avait besoin d’assistance pour combattre le terrorisme.  Il a notamment suggéré des actions concertées pour isoler et détruire « le syndicat du terrorisme qui inclut les éléments d’Al-Qaida, les Taliban, Laskar-e-Taiba, et d’autres groupes terroristes et extrémistes qui opèrent surtout hors des frontières afghanes ».  Il a par ailleurs appelé au renforcement des capacités des Forces de sécurité afghanes, notamment leur formation, leur équipement et leur assistance au-delà de la période de transition.  Le représentant a indiqué qu’outre l’aspect sécuritaire, le développement du pays mérite également d’être considéré.  Il a de ce fait prôné l’accès aux marchés pour les produits afghans, les investissements étrangers dans le pays, et une stratégie économique internationale cohérente en faveur de l’Afghanistan.  L’Inde a promis de verser la somme de 2 milliards de dollars pour financer les activités de développement et d’assistance humanitaire en Afghanistan.  Les entreprises indiennes, a-t-il ajouté, devraient investir près de 10 milliards de dollars en Afghanistan, notamment dans les secteurs des mines et des infrastructures.  Le représentant a estimé que le plus grand besoin pour le peuple afghan aujourd’hui est de vivre dans un climat de paix et de stabilité.  « Le peuple afghan mérite de vivre en paix et de décider lui-même de son avenir, sans ingérence étrangère », a-t-il précisé.


Mme JOY OGWU (Nigéria) a souligné que la situation sécuritaire de l’Afghanistan demeurait préoccupante, ce qui risquait de menacer la paix et la stabilité fragile du pays.  C’est dans ce contexte que la Banque mondiale a établi un lien direct entre la fin du processus de transition en 2014 et un potentiel effondrement de l’économie afghane, a rappelé la représentante.  Il nous faut donc trouver un compromis entre le retrait des troupes étrangères et la demande du Président Karzai qui veut que l’on continue à soutenir les Forces de sécurité afghanes.  La communauté internationale doit soutenir le Gouvernement afghan pour remporter la lutte cruciale contre le terrorisme, a-t-elle insisté.


Dans le domaine politique, la représentante a salué les avancées accomplies  dans la réconciliation entre les parties au conflit, malgré des explosions de violence et quelques attaques ciblées.  Le processus de paix doit continuer d’être dirigé par l’Afghanistan et les Afghans eux-mêmes, a-t-elle souligné, tout en saluant une consolidation de la démocratie afghane et plaidant pour une relance des pourparlers avec les Taliban modérés.


Enfin, sur la question du développement économique et régional, la représentante a appelé à accroître la contribution financière de la communauté internationale à l’Afghanistan pour éviter son effondrement, en mettant l’accent sur le renforcement des capacités nationales, sur le développement d’activités créatrices d’emploi, notamment dans le secteur privé, et sur la garantie de d’assurer des prestations de services de base à la population.  Elle a aussi salué le dialogue et la coopération renforcée de l’Afghanistan avec ses voisins en matière de développement socioéconomique et de lutte contre les trafics illicites. 


M. GÉRARD ARAUD (France) a fait remarquer qu’il était paradoxal de constater que le climat régional s’est détérioré de façon préoccupante alors que des progrès ont été réalisés en Afghanistan.  Au nombre de ces progrès, il a mentionné la tenue d’une Jirga de paix, organisée dans le calme, la reprise des travaux du Parlement après plusieurs mois d’impasse, la poursuite de la transition et la recapitalisation de la Kabul Bank, qui a permis au Fonds monétaire international (FMI) de reprendre son programme pays.  En dépit de ces efforts, a-t-il reconnu, le climat régional s’est détérioré.  Lors de la Conférence d’Istanbul sur la sécurité et la coopération régionale, l’Afghanistan et les États voisins avaient annoncé leur volonté de travailler à des mesures de confiance pour assurer la paix et la sécurité de l’Afghanistan et de la région, a noté M. Araud, en rappelant que « des engagements concrets et contraignants devraient être pris par les pays de la région, en vue de la réunion qui est prévue à Kaboul en juin 2012 ».


M. Araud a estimé que la transition était déjà une réalité pour la moitié de la population du pays.  La présence étrangère en Afghanistan, a-t-il dit, évoluera pour accompagner la montée en puissance des Forces de sécurité afghanes.  « Le traité de coopération entre la France et l’Afghanistan, qui sur le point d’être finalisé, encadrera la montée en puissance de la composante civile de notre action », a-t-il indiqué.  Le représentant de la France s’est ensuite félicité des engagements mutuels exprimés à Bonn le 5 décembre, pour la « Décennie de la transformation », de 2015 à 2024, qui prendra le relais du processus de transition dans le respect des engagements pris à Kaboul en 2010.  Le représentant a souligné qu’une place existait pour ceux qui souhaitent déposer les armes et rejoindre le cadre constitutionnel afghan.  « Pour permettre une paix durable et équitable, la réconciliation interafghane doit être inclusive, faire une place équitable aux différentes composantes de la société afghane et respecter les droits de l’homme », a poursuivi M. Araud.  Se déclarant convaincu que les Nations Unies, en général, et la MANUA, en particulier, ont un rôle majeur à jouer en Afghanistan dans les années à venir.  « Le succès de la transformation dépend largement de la réussite de la MANUA », a-t-il rappelé avant de conclure.


M. NELSON MESSONE (Gabon) a estimé que l’Afghanistan devrait « démentir l’inquiétude qui est exprimée dans d’autres cadres » sur sa capacité à relever les défis auxquels il fera face après le départ des États-Unis et des forces de la FIAS.  Il a noté que l’année 2011 avait été particulièrement difficile, tout en reconnaissant les progrès réalisés par le Gouvernement afghan sur le plan politique.  « Le dialogue que nous avons exhorté est une réalité à travers le Parlement qui est actif et prépare déjà la mise en œuvre du Processus de Kaboul », a-t-il dit.  Le représentant a ensuite condamné les attaques terroristes perpétrées le 6 décembre dernier à Kaboul et à Mazar-e-Sharif. 


« Nous encourageons encore et toujours le dialogue à travers des instruments déjà existants, notamment le Haut Conseil pour la paix », a affirmé M. Messone.  L’état de droit doit être respecté et les auteurs d’actes terroristes traduits en justice, a-t-il ajouté.  Le représentant a ensuite appelé au renforcement de la bonne gouvernance, afin de rétablir la confiance entre le peuple et l’État.  Il s’est félicité, par ailleurs, des bonnes relations que l’Afghanistan entretient avec les États voisins, et a salué la coopération qui existe avec ces pays dans les secteurs du commerce, de l’industrie, ainsi que de l’énergie.  Il a également soutenu le rôle de la MANUA.  Le Gabon, a indiqué son représentant, salue les progrès accomplis dans la réalisation des Objectifs du Millénaire en matière de santé, à travers la finalisation du plan stratégique de la santé reproductive ou la campagne réussie de la vaccination contre la poliomyélite dans le sud du pays.


M. LI BAODONG (Chine) a souligné que la Conférence de Bonn avait pris des décisions importantes pour la Décennie de la transformation qui doit être mise en œuvre en Afghanistan avec l’appui de la communauté internationale.  Les efforts sans relâche du peuple et du Gouvernement afghans, tout comme cet appui, seront nécessaires sur le long terme afin de construire un Afghanistan stable, a-t-il dit, tout en appelant à renforcer les capacités nationales afghanes en matière de sécurité, ce qui doit être fait en même temps que sont menées les tâches relatives à la réconciliation et à la paix.  La Chine appuie en outre le Processus de Kaboul afin d’améliorer les conditions de vie dans le pays, a assuré le représentant.  Il a aussi plaidé pour un renforcement des relations entre l’Afghanistan et les pays de la région, dans le plein respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale afghanes.  Saluant les efforts de l’ONU pour promouvoir la réconciliation dans le pays, il a espéré que la révision du mandat de la MANUA permettrait de renforcer la coordination entre cette dernière et l’Afghanistan, dans le respect des priorités nationales de ce pays.  La Chine poursuivra de son côté son soutien, notamment sous forme de dons, pour contribuer à la paix, à la stabilité et au développement de l’Afghanistan, a-t-il assuré.


M. MARK LYALL GRANT (Royaume-Uni) a indiqué que lors de la Conférence de Bonn, la communauté internationale avait donné un signal fort quant à son engagement à continuer de soutenir l’Afghanistan au-delà de 2014, fin de la période de transition.  Rappelant que la Conférence d’Istanbul avait prévu également une interaction accrue de l’Afghanistan avec ses voisins, il a invité la communauté internationale à remplir ses engagements vis-à-vis de ce pays, afin que la décennie venant après 2014 soit bien celle de la transformation.


« Les Afghans sont bien partis pour être en mesure d’assurer les tâches de maintien de la sécurité d’ici à 2014 », a-t-il affirmé.  Il a ajouté que la Force internationale d’assistance à l’Afghanistan faisait tout pour minimiser les pertes parmi les civils, soulignant que 77% de ces pertes étaient causées par les actions des insurgés.  Il a ensuite plaidé pour l’adoption de grandes reformes afin d’assurer l’autonomie économique de l’Afghanistan, se félicitant à ce titre de l’élaboration d’un programme pays par le FMI après la conclusion des négociations que cet organisme a eues avec l’Afghanistan.  En conclusion, il a jugé que la MANUA devait continuer de jouer un rôle essentiel en Afghanistan, notamment pour y appuyer le processus électoral et y encourager la coopération régionale.


M. BASO SANGQU (Afrique du Sud) a souligné que l’Afghanistan continuait à être confronté à de grandes difficultés.  La Conférence de Bonn a réaffirmé l’engagement de la communauté internationale aux côtés du Gouvernement afghan pour instaurer une paix durable dans le pays, s’est-il félicité.  Le représentant s’est dit toutefois préoccupé par l’augmentation des incidents de sécurité, en appelant les Afghans à continuer de refuser toutes les provocations visant à faire dérailler le processus de paix.  Ceux qui ont commis les atrocités récentes contre les civils et le personnel humanitaire doivent être traduits en justice, a-t-il déclaré, en mettant l’accent sur les conséquences graves de la situation sécuritaire sur les franges les plus vulnérables de la société afghane, les femmes et les enfants.


Le représentant a insisté sur les liens étroits entre sécurité et développement.  Il est donc nécessaire que parallèlement aux efforts en matière de sécurité, le Gouvernement travaille au développement socioéconomique de l’Afghanistan, en particulier en développement des alternatives viables à la culture du pavot à opium.  L’amélioration des relations entre l’Afghanistan et ses voisins immédiats permettra de stabiliser la région et d’asseoir les progrès dans l’application du Processus de Kaboul, a-t-il enfin souligné, en appelant la communauté internationale à jouer pleinement son rôle d’appui aux efforts nationaux.


M. JOÃO MARIA CABRAL(Portugal) a indiqué que la coopération régionale était l’un des piliers à développer par le nouvel Afghanistan, et a ajouté que le lancement du Processus d’Istanbul représentait à ce titre un jalon essentiel.  La Conférence de Bonn a permis d’envoyer un signal fort quant à l’engagement de la communauté internationale pour soutenir l’Afghanistan au-delà de 2014, en l’articulant notamment autour du Processus de Kaboul, a-t-il poursuivi.


Le représentant s’est ensuite félicité des avancées effectuées dans la reprise des tâches de sécurité par les Forces afghanes, ajoutant que cette reprise ne s’était pas accompagnée d’une recrudescence des incidents de sécurité.  « La grande majorité des incidents de sécurité est causée par les insurgés », a-t-il affirmé.  En conclusion, il a indiqué que son pays suivait de près la situation des femmes afghanes et notamment l’application de la loi de 2009 sur l’élimination des violences faites aux femmes.


Mme REGINA MARIA CORDEIRO DUNLOP (Brésil) a salué l’évolution du processus de transition dans le domaine de la sécurité en Afghanistan, notamment une relative stabilité dans des zones déjà placées sous le contrôle des Forces de sécurité afghanes.  Le Brésil espère que la communauté internationale continuera de pleinement appuyer l’Afghanistan au-delà de 2014 pour aider ce pays à parvenir à davantage de stabilité et de développement socioéconomique, a-t-elle indiqué, plaidant pour le respect des engagements pris lors de la récente Conférence de Bonn.  Une approche plus intégrée entre la sécurité et le développement profiterait sans nul doute à la stabilisation de l’Afghanistan, a-t-elle ajouté.  Elle a préconisé que des investissements soient faits dans les domaines de l’agriculture, de l’emploi, de l’éducation et de l’administration, conformément aux priorités fixées par les Afghans eux-mêmes. 


En outre une solution politique est nécessaire pour l’établissement d’une paix durable, a expliqué la représentante, soulignant qu’un Afghanistan uni pourrait relever le défi du terrorisme.  Les Nations Unies ont de leur côté un rôle clef à jouer dans le pays, pendant la période de transition et au-delà, notamment dans l’aide civile dont l’Afghanistan a besoin.  Enfin, la représentante a rappelé la nécessité cruciale de continuer de développer les liens économiques de l’Afghanistan avec ses voisins, en conservant l’élan donné par la Conférence d’Istanbul en la matière.


M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a indiqué que la dynamique en cours en Afghanistan n’incitait pas à l’optimisme, en pointant notamment l’augmentation du nombre d’assassinats et le niveau élevé des pertes parmi les forces de la coalition.  « Il faut des mesures plus décisives pour éliminer les menaces représentées par Al-Qaida et les Taliban », a-t-il poursuivi, avant de plaider pour une intensification des efforts visant à minimiser les pertes parmi les civils.  Le représentant a également appelé de ses vœux une amélioration « du niveau de préparation des forces afghanes afin de lutter contre le terrorisme et le trafic de drogues ».


Il a affirmé que le terrorisme était intimement lié au trafic de drogues, phénomène qui doit être combattu sur tous les fronts, notamment par l’inscription sur les listes de sanctions des barons locaux de la drogue et par la destruction des cultures de pavot.  Il a ensuite rappelé que les conditions nécessaires devaient être réunies pour qu’un insurgé soit radié de la liste du Comité des sanctions du Conseil de sécurité, citant ainsi le dépôt des armes, la reconnaissance de la Constitution afghane et l’abandon de toute activité liée à Al-Qaida.  M. Churkin a ensuite plaidé pour le renforcement de la coopération régionale, dans le droit fil du Processus d’Istanbul.  En conclusion, il a insisté sur l’importance de tenir compte des souhaits des Afghans afin qu’ils déterminent eux-mêmes les modalités de la présence étrangère après 2014. 


Déclaration présidentielle


Le Conseil de sécurité accueille avec satisfaction la tenue à Bonn, le 5 décembre 2011, de la Conférence internationale sur l’Afghanistan sur le thème « L’Afghanistan et la communauté internationale: après la transition, la décennie de la transformation » et se félicite de ses conclusions (S/2011/762).


Le Conseil accueille également avec satisfaction la déclaration de Bonn selon laquelle la transition, qui doit être menée à terme d’ici à la fin 2014, devrait être suivie d’une décennie de transformation (2015-2024) au cours de laquelle l’Afghanistan assiérait sa souveraineté en assurant le bon fonctionnement et la viabilité d’un État au service du peuple.


Le Conseil se réjouit, dans ce contexte, que la République islamique d’Afghanistan et la communauté internationale soient parvenues à un consensus stratégique en faveur d’un partenariat renouvelé et durable fait d’engagements réciproques fermes dans la perspective de cette décennie.


Le Conseil note que la transition postule que c’est au Gouvernement afghan qu’il appartient d’en assumer la direction.


Le Conseil se félicite des résultats de la Conférence d’Istanbul pour l’Afghanistan sur le thème « Sécurité et coopération au cœur de l’Asie », qui s’est tenue le 2 novembre 2011.


Le Conseil souligne l’importance du rôle de l’Organisation des Nations Unies en Afghanistan, exprime sa gratitude à Staffan de Mistura pour sa contribution exceptionnelle aux travaux de la MANUA et se réjouit à la perspective de travailler avec le nouveau Représentant spécial du Secrétaire général, Jan Kubis.


Le Conseil remercie le Gouvernement japonais d’avoir offert d’accueillir une conférence ministérielle à Tokyo, en juillet 2012.


Suite des déclarations


M. GILLES RIVARD (Canada) a souligné que la Conférence de Bonn avait montré clairement que 2014 ne marquerait pas la fin de l’engagement commun en Afghanistan mais plutôt un tournant dans l’action constante pour faire de ce pays une démocratie sûre et viable.  Même si le Gouvernement doit inévitablement assumer une plus grande part des responsabilités, les Nations Unies, pour leur part, doivent également continuer à jouer un rôle à long terme, pour aider à promouvoir et protéger les droits de l’homme, et renforcer les acquis.  Le Canada investira pour sa part 360 millions de dollars en Afghanistan, dans le secteur de l’éducation et de la santé, et en faveur de la Mission de formation de l’OTAN dans le pays.  En tout temps, le Canada accordera une attention particulière aux femmes et aux filles afghanes, a souligné le représentant.


Des efforts considérables doivent être déployés pour assurer le succès de la transition, a-t-il précisé, en rappelant que seul un environnement sûr permettra de progresser sur la voie du développement économique, de la stabilité et de la paix.  Les efforts dans le domaine de la sécurité ne suffiront pas, a-t-il fait remarquer, en plaidant pour une gouvernance transparente, la primauté du droit et le lancement de réformes nécessaires au développement de l’activité économique, notamment dans le secteur privé.  À cet égard, il s’est dit encouragé par les avancées réalisées par le Gouvernement afghan et ses partenaires dans la poursuite de la Stratégie de développement national et des programmes sur les priorités nationales.


M. Rivard a souligné que la société civile afghane avait un rôle central à jouer dans le processus de transformation du pays, en insistant en particulier sur la participation des femmes à ces efforts.  Sur cette question, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir, a-t-il fait observer, tout comme dans le respect du droit de chacun de pratiquer sa religion en paix.  Le Canada, a-t-il dit, demeure préoccupé par la situation humanitaire en Afghanistan, qui est aggravée par le conflit actuel et exacerbée par une sécheresse qui perdure.  Le représentant a condamné les attaques contre des civils et les travailleurs humanitaires.  Malgré les obstacles actuels à la paix et à la sécurité dans le pays et dans la région, la Conférence de Bonn a donné l’occasion de mieux définir les principes qui doivent présider au processus de réconciliation, a-t-il estimé.  Sa délégation souhaite la réconciliation globale et une intégration régionale de l’Afghanistan, dans le domaine de la sécurité et du développement économique, notamment dans le cadre du Processus de coopération entre l’Afghanistan et le Pakistan.


M. ERTUĞRUL APAKAN (Turquie) s’est félicité de l’annonce d’une seconde tranche dans le transfert aux Forces de sécurité afghanes des tâches concernant le maintien de la sécurité publique en Afghanistan, ce qui place ainsi, d’ici à février 2012, la moitié de la population afghane sous la responsabilité des Forces afghanes.  « Il est temps de déployer le même genre d’efforts pour le développement du pays et le renforcement de ses institutions », a-t-il déclaré, mentionnant comme domaines prioritaires l’autonomisation des femmes et l’accroissement des capacités afghanes dans la lutte contre le terrorisme et le trafic de drogues.


M. Apakan a ensuite rappelé que lors de la Conférence d’Istanbul, les parties avaient réaffirmé leur engagement pour un « Afghanistan sûr, stable et prospère dans une région sûre, stable et prospère ».  En lançant le Processus d’Istanbul, les pays du cœur de l’Asie ont exposé une nouvelle vision et fait part de leur détermination à mener à bien les tâches nécessaires et faire leurs les efforts nécessaires pour mettre en place une coopération renforcée, a-t-il poursuivi.   Jugeant essentiel que le soutien de la communauté internationale à l’Afghanistan soit renouvelé afin que le pays ne replonge dans une grande instabilité, le représentant de la Turquie s’est félicité de la conclusion fructueuse de la Conférence de Bonn.  « La nouvelle décennie en Afghanistan, dont les contours ont été esquissés et arrêtés à Bonn, au cours de laquelle les Afghans seront pleinement maîtres de leur destin, est l’occasion de concentrer nos efforts sur le développement du pays sur le long terme », a-t-il déclaré en conclusion.


M. GARY QUINLAN (Australie) a estimé que 2011 avait été une année difficile pour l’Afghanistan, le pays ayant été confronté à des attaques ciblées venant des insurgés, et par de nombreuses préoccupations concernant ses capacités économiques et financières.  Des doutes ont été exprimés par certains Afghans en ce qui concerne la présence continue de la communauté internationale dans le pays, a relevé M. Quinlan.  Il est par conséquent important que l’année finisse sur un certain nombre de progrès significatifs, parmi lesquels la reprise de l’activité de l’Assemblée nationale, exprimée par la tenue de la Loya Jirga en novembre; et la tenue de la Conférence de Bonn, le 5 décembre.  Cette dernière a consolidé la base de l’engagement à long terme de la communauté internationale en Afghanistan, bien au-delà de 2014, et a pavé la voie à certaines questions en suspens, comme la durabilité des Forces de sécurité afghanes ou la coordination entre donateurs.  En outre, le rôle crucial des Nations Unies a été réaffirmé à Bonn, notamment en vue d’un soutien à une transformation économique du pays, s’est félicité M. Quinlan.


Concernant le processus de dialogue national en faveur de la paix, le représentant a salué le lancement d’efforts concertés au niveau provincial et de district pour forger un consensus national.  En outre, une coopération efficace avec les voisins de l’Afghanistan est une partie indispensable des efforts de la communauté internationale pour renforcer les institutions afghanes et promouvoir la stabilité régionale, a-t-il rappelé.  Plus largement, il a souligné que la coopération serait essentielle pour relever les défis qui se posent à l’Afghanistan en matière économique et de promotion d’une croissance à long terme.  M. Quinlan a assuré le Conseil de la détermination de l’Australie à tenir ses engagements, que ce soit en matière de sécurité ou de développement, avec une aide s’élevant au total à 165 millions de dollars cette année.


M. THOMAS MAYR-HARTING, Chef de la délégation de l’Union européenne, a fait part de la tristesse ressentie par les pays de l’Union européenne concernant les pertes en vies humaines survenues au cours des attaques récemment lancées contres les fidèles chiites à Kaboul et dans d’autres localités de l’Afghanistan.  Il a relevé que l’Union européenne est satisfaite des conclusions de la Conférence internationale sur l’Afghanistan qui s’est déroulée en début de mois à Bonn, en Allemagne.  Il a notamment rappelé que cette Conférence a ouvert une nouvelle perspective pour l’engagement continu de la communauté internationale auprès de l’Afghanistan au-delà de la fin de la transition, jusqu’à la décennie de transformation, qui ira de 2015 à 2024.  Il a souligné qu’il est encourageant que le Gouvernement afghan ait mis l’accent sur l’importance de la réforme de la gouvernance et ait reconnu que les institutions démocratiques aux niveaux central et provincial ont besoin d’un renforcement crucial, y compris en ce qui concerne l’indépendance et le fonctionnement effectif des organismes de surveillance, notamment ceux qui auditent les finances publiques.


M. Mayr-Harting a déclaré que le travail que mène la communauté internationale dans les domaines de la sécurité, notamment dans le secteur de la police, doit être complété par une justice effective et indépendante.  « Cela doit être essentiel, a-t-il précisé, afin que le pays puisse s’appuyer sur les progrès menés au cours de la précédente décennie dans le renforcement des droits civils et des droits de l’homme, y compris les droits des femmes. »  Le représentant a rappelé que les conclusions de la Conférence de Bonn ont réaffirmé le principe selon lequel le processus de paix et de réconciliation doit être inclusif, en faisant fi du genre et du statut social, tout en respectant la constitution afghane, y compris les paragraphes relatifs aux droits de l’homme, y compris les droits des femmes.  Il a en outre relevé que les conclussions de la Conférence de Bonn mettent également l’accent sur le renforcement et l’amélioration du processus électoral afghan, « une étape cruciale pour la démocratisation du pays », a-t-il jugé.  À ce propos, le représentant a indiqué qu’il est souhaitable que la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MINUA) continue de s’impliquer dans le processus de réforme électorale du pays.   Il a ensuite affirmé que l’Union européenne allait continuer de soutenir le Gouvernement afghan dans la lutte contre les narcotiques, et il a invité la MINUA à faire pareil.  Il a par ailleurs indiqué que l’Union européenne a prolongé le mandat de sa police, EUPOL Afghanistan, jusqu’à la fin de l’année 2014. 


M. Mayr-Harting a par la suite rappelé les conclusions de la Conférence d’Istanbul consacrée à la « coopération au cœur de l’Asie ».  Il a notamment relevé que cette Conférence a posé les bases pour la conduite de la coopération politique dans le voisinage de l’Afghanistan, et il a noté qu’il serait important que la Conférence ministérielle de Kaboul, en 2012, puisse renforcer les engagements pris au cours de la Conférence d’Istanbul, notamment en ce qui concerne la mise en place d’une Afghanistan stable et prospère.  Il a indiqué que les Nations Unies, les institutions de Bretton Woods, l’Organisation mondiale du commerce (OMC), ainsi que l’Organisation mondiale des douanes (OMD) et l’Union européenne pourraient jouer un rôle concret dans la mise en œuvre du programme « Au cœur de l’Asie ».  Il a précisé que le rôle des Nations Unies demeure crucial pour la transformation de l’Afghanistan, et pour la coordination des actions de la communauté internationale dans le pays, ainsi que pour la responsabilisation du Gouvernement afghan quant à ses engagements ayant un rapport avec le processus de Kaboul et les conclusions de la Conférence de Bonn.  Il a en outre précisé que la présence de la MINUA au-delà de 2014 était importante dans ce contexte.


M. MORTEN WETLAND (Norvège) a souligné qu’après 10 ans de présence militaire en Afghanistan, la communauté internationale avançait vers une nouvelle phase dans le pays.  Les troupes de combat norvégiennes seront retirées d’ici à 2013, a-t-il indiqué, tout en assurant du soutien de la Norvège bien au-delà de 2014, comme elle l’avait réaffirmé à la Conférence de Bonn, sur la base d’engagements mutuels fermes.  Dans cette perspective, le représentant a plaidé pour un dialogue constructif avec l’Afghanistan sur les questions liées au soutien civil à l’horizon 2014, et au-delà de cette date.


Seul un processus politique peut résoudre le conflit, a estimé le représentant, en soulignant la nécessité d’y inclure toutes les parties, tous les groupes ethniques et politiques, la société civile et les femmes.  À cet égard, il a noté que le Gouvernement afghan était confronté à des défis énormes et avait besoin d’un soutien ferme de la communauté internationale.  Il a souligné que les forces de sécurité afghanes étaient l’une des clefs d’une société stable.  La gouvernance doit être améliorée sur l’ensemble du territoire, a-t-il estimé.  Il a souligné qu’il était impératif que la Constitution afghane soit respectée, tout comme les droits des femmes et toutes les obligations internationales de l’Afghanistan.  La Norvège continuera de soutenir les efforts du Gouvernement afghan en la matière, a-t-il enfin déclaré, en indiquant qu’elle s’était engagée à verser, avant 2013, 125 millions de dollars pour appuyer le financement de projets civils.


M. JIM MCLAY (Nouvelle-Zélande) s’est dit satisfait du dernier rapport du Secrétaire général sur l’Afghanistan qui met l’accent sur les progrès enregistrés dans le pays, notamment en ce qui concerne le « Processus de Kaboul », ainsi que sur les efforts du Gouvernement en vue de résoudre la situation de la Banque de Kaboul et parvenir à une issue heureuse dans le cadre de ses négociations avec le Fonds monétaire international (FMI).


Le représentant néo-zélandais a également dressé un bilan encourageant des activités de l’Équipe de reconstruction provinciale (ERP) opérant dans la province de Bâmiyân, où, a-t-il dit, les autorités locales ont saisi l’opportunité offerte par la transition pour assumer la responsabilité de leurs propres affaires.  Par conséquent, M. McLay a lancé un appel au pouvoir central de Kaboul pour qu’il aide les autorités de la province de Bâmiyân en leur fournissant notamment les ressources adéquates, en y délégant un certain niveau d’autorité.  Il faut surtout montrer de la détermination à remplacer les fonctionnaires corrompus ou incompétents par ceux qui sont les plus méritants, a plaidé le représentant.  Notant la fragilité du processus de transition, il a affirmé qu’il était primordial de ne pas sous-estimer la capacité des institutions et des autorités afghanes à répondre aux besoins de leurs communautés.  Tout en saluant le rapport de la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) sur la mise en œuvre de la loi de 2009 sur l’élimination des violence faite aux femmes, il a dit que la Nouvelle-Zélande a relevé des manquements graves aux droits des femmes, qui méritent des réponses adéquates de la part des autorités afghanes.


M. KAZUO KODAMA (Japon) a dit que sa délégation se félicitait du renouvellement de l’engagement mutuel de la communauté internationale et des autorités afghanes en vue d’assurer un avenir stable, démocratique et prospère à l’Afghanistan.  M. Kodama a souligné que 10 ans après que l’Afghanistan se soit engagé dans le processus de reconstruction de la nation, des progrès considérables ont été enregistrés.  Il a néanmoins ajouté que plusieurs défis se posaient toujours et nécessitaient une réponse appropriée.    


Estimant qu’il est crucial d’assurer la stabilisation et un progrès irréversibles dans le domaine de la transition sécuritaire à travers un processus politique, le représentant du Japon a, d’une part, souligné l’importance d’accélérer la réintégration des ex-combattants dans le processus de réconciliation, en vue de permettre la consolidation des progrès réalisés notamment en la matière.  D’autre part, M. Kodama a jugé impérative la réalisation d’une croissance économique durable en Afghanistan.  C’est un objectif qui, a-t-il dit, devrait être atteint grâce à un partenariat renforcé entre les autorités afghanes et la communauté internationale, notamment par le biais des actions à mener dans le cadre de la décennie de transformation de l’Afghanistan.  Par ailleurs, a-t-il indiqué, le Japon a prôné une véritable coopération régionale afin de garantir une stabilité durable dans le pays.  Dans ce contexte, M. Kodama a annoncé la tenue en juillet prochain à Tokyo, d’une conférence ministérielle visant à contribuer à la stratégie de l’Afghanistan pour un développement durable, y compris grâce à la coopération économique régionale.     


M. CHRISTIAN WENAWESER (Liechtenstein) s’est félicité du dernier rapport du Secrétaire général de l’ONU sur la situation en Afghanistan, ainsi que son incidence sur la paix et la sécurité internationales.  Dans la foulée, il a salué la tenue de la Conférence de Bonn, laquelle a réaffirmé l’appui à long terme de la communauté internationale aux Afghans pendant et après le processus de transition.


S’attardant sur la transition, dont le point d’achèvement est prévu en 2014, M. Wenaweser a reconnu les efforts encourageants de l’Afghanistan, qui, a-t-il dit, devraient se traduire par la pleine appropriation par le pays de ce processus et par le retour de la souveraineté du peuple afghan.  M. Wenaweser a estimé que cela favoriserait l’émergence d’un système politique basé sur l’état de droit et prenant en compte les obligations existant en matière de droit humanitaire international.  Le Représentant permanent du Liechtenstein a également souligné l’importance du respect des droits des femmes, ainsi que la participation effective de celles-ci au processus politique.  En prélude donc au renouvellement du mandat de la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA), en mars 2012, M. Wenaweser  a estimé qu’il était impératif de se pencher sur la dimension « Femmes, paix et sécurité en Afghanistan ».  Il a affirmé que son pays avait une expertise reconnue en la matière et se proposait d’organiser un atelier sur la mise en œuvre de l’agenda « Femmes, paix et sécurité en Afghanistan », du 28 au 30 janvier au Liechtenstein.


M. SADIK KETHERGANY (Malaisie) a rappelé qu’il y a une dizaine d’années, le Conseil de sécurité avait autorisé la création de la Force internationale d'assistance à la sécurité en Afghanistan (FIAS), afin d’assister l’autorité afghane intérimaire dirigée par M. Hamid Karzai.  Il a relevé que 10 ans plus tard, un autre moment historique est en cours, avec le transfert des pouvoirs sécuritaires de la FIAS aux forces de sécurité nationales afghanes.  Il a ensuite condamné les attaques qui ont eu lieu le 6 décembre dernier à Kaboul et à Mazar-e-Sharif, et il a fait part de la préoccupation de la Malaisie face aux assassinats ciblés qui continuent de toucher de hauts responsables gouvernementaux, des membres des services de sécurité et des dirigeants politiques et religieux locaux.  Il a également évoqué le fait que de nombreux civils ont été victimes des forces pro-gouvernementales et des forces de la FIAS opérant sous la direction de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN).  Il a, dans ce contexte, appelé au respect, par toutes les parties, du droit international humanitaire, afin, a-t-il expliqué, de gagner le cœur et l’âme des populations afghanes. 


Le représentant a poursuivi en relevant que 40 membres d’un contingent médical des Forces armées malaisiennes sont sur le terrain en Afghanistan, dans la province de Bamyan.  Il a relevé que le processus de réconciliation en Afghanistan doit être mené par les Afghans eux-mêmes.  « Nous devons maintenant nous concentrer sur les options non militaires », a-t-il noté, tout en estimant que la voie de sortie de crise passe par la communication avec les dirigeants qui ne sont pas toujours favorables aux options du gouvernement.  M. Kethergany a ensuite souligné que le renforcement des capacités humaines est une composante majeure de la construction d’une nation, et dans le cas de l’Afghanistan, cela permettait de reconstruire le pays, et de pouvoir promouvoir une croissance et un développement durables.  Il a mentionné le fait qu’en octobre dernier, 399 Afghans avaient pu bénéficier de la coopération technique malaisienne dans des domaines tels que la diplomatie, l’administration publique, la justice, le secteur bancaire, l’ingénierie et l’administration douanière.  Il a indiqué que la Malaisie continuera de jouer un rôle majeur pour le développement de l’Afghanistan.


M. RAZA BASHIR TARAR (Pakistan) a rappelé l’engagement de son pays en faveur de la paix, de la stabilité et du développement en Afghanistan.  Faisant fond sur le rapport du Secrétaire général, qui indique que la relation bilatérale entre le Pakistan et l’Afghanistan est cruciale, il a rappelé la bonne volonté de son pays à cet égard, pourvu que le cadre de discussion soit exempt de ressentiment et basé sur la confiance mutuelle.


« Le Pakistan ne peut être tenu responsable des problèmes et des défis qui sont ceux de l’Afghanistan », a souligné M. Bashir Tarar, ajoutant que l’Afghanistan, la communauté internationale et le Pakistan devaient mener leur coopération dans un esprit constructif, « en évitant de porter des jugements hâtifs sur les uns et les autres ».  « Le Pakistan n’a jamais pointé du doigt quiconque, et ce même lorsque des militants venus d’Afghanistan traversaient la frontière pour attaquer nos troupes », a-t-il poursuivi.  M. Bashir Tarar est ensuite revenu sur l’attaque subie sur la frontière du Pakistan le 26 novembre dernier, et qui a causé la mort de 25 soldats pakistanais.  «  Ce grave incident a constitué une violation manifeste de la Charte des Nations et de l’intégrité territoriale du Pakistan », a-t-il rappelé.  Il a ajouté que le Pakistan n’avait pas eu d’autre choix que de ne pas participer à la Conférence de Bonn, même si son pays, a poursuivi le délégué pakistanais, avait souhaité que cette Conférence soit couronnée de succès.  « Nous voulons le succès de la communauté internationale en Afghanistan parce que ce succès est aussi dans l’intérêt du Pakistan », a-t-il souligné.


M. MOHAMMAD KHAZAEE (République islamique d’Iran) a rappelé que son pays avait constamment alerté la communauté internationale sur les conséquences négatives de la présence de forces étrangères en Afghanistan, et avait fait part des doutes ressentis dans les pays voisins de l’Afghanistan en ce qui concerne les réelles intentions des forces étrangères présentes en Afghanistan.  « Je souhaite ici faire référence au drone qui a décollé depuis une base américaine à Kandahar, et a violé l’espace aérien iranien », a-t-il déclaré, dénonçant un acte d’agression militaire non provoqué, qui est en totale violation de toutes les normes universellement acceptées en matière de souveraineté et d’inviolabilité de l’espace aérien d’un pays souverain.  Il a jugé évident que cette violation était en outre en contradiction avec les objectifs de base des Nations Unies, à savoir le maintien de la paix et de la sécurité internationales.  Il a enfin rappelé qu’une lettre sur cet incident avait été envoyée au Secrétaire général, au Président du Conseil de sécurité et aux membres du Conseil. 


Le représentant a aussi dénoncé l’incursion en Iran d’un espion depuis la base de Bagram, ce qui représente un nouvel exemple de l’utilisation par les États-Unis des bases qu’ils emploient en Afghanistan, à des fins de surveillance et d’espionnage.  La même préoccupation est partagée par le Pakistan après une opération qui a fait de nombreuses victimes civiles dans ce pays, a-t-il assuré.  Il a donc réaffirmé l’opposition de l’Iran à ce que des bases d’une présence militaire permanente américaine ou des pays de la FIAS soient établies en Afghanistan, estimant qu’elles ne feraient que fournir un terreau aux terroristes et aux groupes extrémistes.


Un autre problème est celui de la poursuite et de l’augmentation de la culture de drogues, qui entrave le développement de l’Afghanistan et finance le terrorisme, a expliqué M. Khazaee, rappelant les efforts de coopération faits par l’Iran sur le sujet, avec l’organisation d’opérations de contrôle antidrogues coordonnées.  Il a en outre insisté sur le problème persistant des réfugiés afghans, qui sont toujours plus d’un million en Iran, et a souhaité que la Conférence prévue au printemps 2012 permette de mettre au point une stratégie à long terme pour résoudre la question.  Concernant la coopération régionale, il a souligné que les discussions avec les autorités afghanes s’étaient poursuivies dans différents domaines, dont la lutte contre les stupéfiants, la sécurité, l’immigration illégale ou le lancement de projets de développement, comme la constitution d’un réseau ferroviaire avec les autres pays d’Asie centrale.  Toute initiative élaborée dans le cadre de la Conférence de Bonn doit permettre de renforcer la confiance entre l’Afghanistan et ses voisins, a-t-il dit, plaidant pour un soutien à tous les projets de développement et de renforcement des infrastructures dont le pays a besoin.


Reprenant la parole, le Vice-Ministre des affaires étrangères de l’Afghanistan a reconnu que la question des sanctuaires à l’extérieur de l’Afghanistan était « un problème énorme que son pays doit régler ».  Concernant les allégations de mauvais traitements dans les centres de détention afghans, il a indiqué qu’une enquête avait été diligentée dès la publication du rapport de la MANUA.  Il a cependant rejeté les allégations selon lesquelles ces mauvais traitements étaient systématiques.  Il est important, a-t-il dit, que la MANUA réponde davantage aux souhaits des Afghans, dans le respect des directives du Conseil de sécurité.  Le Gouvernement de l’Afghanistan a assuré ses partenaires qu’il ne permettrait pas que le territoire afghan soit utilisé comme base contre aucun pays, y compris l’Iran, a tenu à préciser le Vice-Ministre.  Il a souhaité que l’Iran et les États-Unis parviennent à un point d’équilibre sur le récent incident mentionné par le délégué iranien, dans sa déclaration.


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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