Conseil de sécurité: la réforme du secteur de la sécurité, « clef de voûte de la paix et du développement économique et social »

12 octobre 2011
CS/10409

Conseil de sécurité: la réforme du secteur de la sécurité, « clef de voûte de la paix et du développement économique et social »

12/10/2011
Conseil de sécurité
CS/10409
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

6630e séance – matin

CONSEIL DE SÉCURITÉ: LA RÉFORME DU SECTEUR DE LA SÉCURITÉ, « CLEF DE VOÛTE DE LA PAIX

ET DU DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE ET SOCIAL »

« Le Conseil de sécurité souligne que des institutions de sécurité efficaces, professionnelles et responsables sont la clef de voûte de la paix et du développement économique et social », ont affirmé, ce matin, les membres du Conseil de sécurité dans une déclaration lue par le Ministre des affaires étrangères du Nigéria, M. Olugbenga Ashiru, dont le pays préside le Conseil pour le mois d’octobre.

Les membres du Conseil de sécurité, réunis pour un débat sur la réforme du secteur de la sécurité auquel ont également participé une quinzaine d’autres intervenants, dont le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, M. Hervé Ladsous, et la Ministre des affaires étrangères de l’Inde, Mme Preneet Kaur, ont réaffirmé « le droit souverain et la responsabilité au premier chef du pays concerné pour ce qui est de choisir sa logique et ses priorités en la matière », consacrant ainsi le concept d’appropriation nationale.

Dans les sociétés postconflit, la réforme du secteur de la sécurité comprend l’ensemble des activités, menées par le gouvernement avec l’appui du système des Nations Unies et de la communauté internationale, visant à transformer les forces armées, de sécurité et de police d’un pays, mais aussi l’appareil judiciaire et les douanes, afin de les rendre aussi efficaces, professionnelles et responsables que possible.

Comme le rappelle le document de réflexion* dont était saisi aujourd’hui le Conseil, la demande d’appui à la réforme du secteur de la sécurité a beaucoup augmenté au cours de ces dernières années.  Reconnue comme un élément essentiel des processus de paix et de maintien de la paix multidimensionnels, la réforme du secteur de la sécurité fait partie intégrante du mandat de la plupart des nouvelles opérations de maintien de la paix et missions politiques spéciales de l’ONU: 11 de ces missions comptent actuellement une composante chargée de la réforme du secteur de la sécurité, « dont 10 en Afrique », a précisé la représentante des États-Unis.

Aux termes de cette déclaration, le Conseil de sécurité insiste sur le fait qu’il faut que la réforme du secteur de la sécurité soit « un processus que le pays s’est approprié, dont les racines sont dans ses besoins particuliers et sa situation particulière ».  Le Conseil souligne donc qu’il incombe aux États de coordonner l’appui à la réforme, y compris en établissant l’ordre des priorités parmi les domaines visés par l’aide technique que lui apportent ses partenaires internationaux: le système des Nations Unies –dont le Conseil de sécurité et la Commission de consolidation de la paix-, ainsi que les organisations régionales et sous-régionales et la communauté des donateurs.

Le débat d’aujourd’hui était organisé à l’initiative du Nigéria, à l’occasion de sa présidence mensuelle du Conseil de sécurité.  Dans sa déclaration, le Conseil note en effet « que la plus grande partie de l’aide fournie par la communauté internationale dans le domaine de la réforme du secteur de la sécurité est fournie dans les pays d’Afrique, ou à leur intention », tandis que certains de ces pays sont devenus à leur tour d’importants contributeurs de cette aide.  L’Angola, l’Égypte, le Sénégal et la Sierra Leone ont été cités en exemple par le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix.

À cet égard, le Conseil de sécurité a salué le partenariat stratégique établi entre l’ONU et l’Union africaine pour arrêter un « plan directeur continental » de la réforme du secteur de la sécurité et se donner les moyens de l’appliquer.  La représentante du Luxembourg a espéré que ce « document fondateur » sera adopté lors du prochain sommet de l’Union africaine, qui se tiendra à Addis-Abeba en janvier 2012.

Les « leçons apprises » sont parfois devenues des « leçons oubliées » et les opportunités manquées ont été nombreuses, a fait remarquer le Ministre nigérian des affaires étrangères.  Celle qu’il faut aujourd’hui retenir, c’est celle de l’« indivisibilité » de la sécurité, a-t-il affirmé, en expliquant que les efforts déployés au niveau national seraient voués à l’échec s’il l’on ne prend pas en compte ls menaces qui pèsent aux niveaux régional et international.

M. Ashiru a tout particulièrement fait état du caractère transfrontalier des défis qui se posent dans la sous-région d’Afrique de l’Ouest, comme par exemple celui de la piraterie dans le golfe de Guinée, qui fera l’objet d’un exposé devant le Conseil de sécurité, la semaine prochaine.

De son côté, son homologue de l’Inde a dénoncé la tendance qui consiste, pour le Conseil de sécurité, à retirer prématurément les opérations de maintien de la paix des Nations Unies, ou à en réduire la taille et la durée du mandat.  Soutenue sur ce point par le représentant du Royaume-Uni, Mme Preneet Kaur a prévenu que « le démantèlement d’une opération contre la volonté du pays hôte et avant que ses institutions ne soient pleinement capables d’assumer leur rôle, risquait de faire sombrer à nouveau le pays dans un conflit ».

*     S/2011/627

MAINTIEN DE LA PAIX ET DE LA SÉCURITÉ INTERNATIONALES

Faire avancer la réforme du secteur de la sécurité: perspectives et difficultés rencontrées en Afrique

Lettre datée du 7 octobre 2011, adressée au Secrétaire général par le Représentant permanent du Nigéria auprès de l’Organisation des Nations Unies (S/2011/627)

Déclarations

M. HERVÉ LADSOUS, Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, a rappelé qu’une part importante de l’appui des Nations Unies dans le domaine du secteur de la sécurité était orientée vers des pays africains.  Certains de ces pays, dont l’Angola, l’Égypte, le Sénégal, la Sierra Leone notamment, sont en train de devenir d’importants partenaires en matière de réforme du secteur de la sécurité pour d’autres États africains, a-t-il poursuivi.  S’appuyant sur le rapport du Secrétaire général de 2008 sur la réforme du secteur de la sécurité, il a rappelé que l’appropriation nationale de la réforme du secteur de la sécurité était un impératif pour la légitimité d’une telle réforme.  M. Ladsous a ajouté que la réforme du secteur de la sécurité faisait partie intégrante de nombre des nouvelles opérations de maintien de la paix des Nations Unies, plusieurs d’entre elles étant déployées en Afrique.  Il a ensuite souligné la complexité croissante de l’appui des Nations Unies fourni dans le secteur de la sécurité, de la supervision des institutions de sécurité au Libéria au conseil stratégique pour l’articulation des priorités nationales et des politiques de sécurité, notamment en Somalie et en Côte d’Ivoire.  M. Ladsous a plaidé pour une approche des Nations Unies flexible et adaptée aux spécificités des pays, en rappelant que la coopération régionale était cruciale pour juguler les menaces à la sécurité.  Il a cité, à cet égard, que plusieurs pays africains œuvraient de concert pour éradiquer le fléau représenté par l’Armée de résistance du Seigneur.

Soulignant le rôle prépondérant que joue l’Union africaine dans l’élaboration d’un cadre pour la réforme du secteur de la sécurité, M. Ladsous a ensuite rappelé qu’un secteur de la sécurité professionnel et bien géré était essentiel pour la consolidation de la paix, le développement économique et la stabilité régionale, ainsi que pour la prévention des conflits.  Un secteur de la sécurité dysfonctionnel a contribué à la reprise du conflit au Libéria, a-t-il affirmé.  À l’inverse, il a souligné le rôle transformateur important qu’a joué le secteur de la sécurité pour la construction de l’Afrique du Sud postapartheid.  M. Ladsous a ajouté que le renforcement du secteur de la sécurité était nécessaire à la restauration de l’autorité de l’État en Somalie.  Rappelant que près de 20% du Fonds pour la consolidation de la paix étaient alloués au secteur de la sécurité dans plusieurs pays, il a jugé impératif que les entités des Nations Unies agissent de concert pour une plus grande efficacité.  Il a rappelé que l’Équipe spéciale et l’Unité de la réforme du secteur de la sécurité apportaient leur expertise sur le terrain, en établissant notamment des documents de conseil stratégique ainsi que des viviers d’experts prêts à être déployés.  M. Ladsous, en conclusion, a exhorté les États Membres à renforcer les capacités de l’Organisation des Nations Unies afin qu’elle puisse continuer à apporter son appui dans le champ de la réforme du secteur de la sécurité.

M. OLUGBENGA ASHIRU, Ministre des affaires étrangères du Nigéria, a déclaré que son pays avait un intérêt particulier pour la réforme du secteur de la sécurité, dans la mesure où il avait dû renforcer ce secteur à l’issue de la guerre civile qui a fait rage entre 1967 et 1970.  La bonne gouvernance, la réforme et la transformation du secteur de la sécurité sont non seulement vitales pour les sociétés sortant d’un conflit, mais elles le sont aussi pour les autres sociétés, a-t-il souligné.  Le Ministre s’est félicité des progrès considérables accomplis depuis que cette question a été inscrite à l’ordre du jour du Conseil de sécurité en 2007.  Le Nigéria, a-t-il expliqué, soutient les principes directeurs des Nations Unies en matière de réforme du secteur de la sécurité, en particulier l’accent mis sur l’appropriation nationale.  Alors que l’Afrique est aujourd’hui le continent où les réformes du secteur de la sécurité sont engagées, les voix des États africains pour déterminer les priorités dans ce domaine ne se font pas suffisamment entendre, a regretté M. Ashiru. 

Les « leçons apprises » sont devenues les « leçons oubliées » et les opportunités manquées sont nombreuses, a-t-il déploré.  L’émergence rapide des États de l’Afrique comme acteurs des réformes du secteur de la sécurité démontre cependant, a-t-il estimé, une reconnaissance croissante du fait que les États africains sont à la fois bénéficiaires et donateurs en ce domaine.  La leçon à retenir de l’« indivisibilité » de la sécurité, c’est que les efforts déployés au niveau national peuvent échouer sans la prise en compte des menaces qui pèsent aux niveaux régional et international.  C’est pourquoi, le Ministre a mis l’accent sur le caractère indissociable entre les processus de réforme du secteur de la sécurité et les initiatives lancées aux niveaux régional et international, dans la mesure où de nombreux défis contemporains sont de nature transfrontalière.  Dans ce contexte, le cadre en cours d’élaboration par l’Union africaine en matière de réforme du secteur de la sécurité complètera, à juste titre, la stratégie existante des Nations Unies, a estimé le Ministre avant de conclure.

Mme PRENEET KAUR, Ministre des affaires étrangères de l’Inde, a déclaré que le succès de la réforme du secteur de la sécurité dépendait des capacités nationales du pays sortant d’un conflit, précisant que le gouvernement du pays concerné devrait être en mesure d’assumer lui-même cette responsabilité, dans le respect des priorités nationales et non de celles des donateurs.  Aussi, les principes directeurs de la réforme du secteur de la sécurité doivent s’inscrire dans le cadre du consentement national, tel que prévu par le Chapitre VI de la Charte des Nations Unies et ne devraient pas donner lieu à une confusion entre les Chapitres VI et VII, a souligné la Ministre.  Cela permettrait au Conseil de sécurité et au système des Nations Unies dans son ensemble d’aligner leur engagement en faveur de la réforme du secteur de la sécurité sur les spécificités propres aux pays.  Par ailleurs, a poursuivi Mme Kaur, les questions opérationnelles relatives à la réforme du secteur de la sécurité devraient prendre en compte le fait que la sécurité est une notion très vaste qui comprend les problèmes liés à la défense, mais aussi à la police, à l’application des lois, aux douanes et à l’appareil judiciaire.  Dans ces conditions, les stratégies des Nations Unies doivent se concentrer sur les secteurs les plus critiques, plutôt que sur les questions périphériques, a préconisé Mme Kaur.  Les formations spécifiques de la Commission de consolidation de la paix (CCP) doivent également jouer un rôle important dans l’assistance à prêter à chaque pays, notamment dans le développement d’une stratégie à long terme et dans l’intégration et la coordination des efforts internationaux.  De son côté, a ajouté la Ministre, la communauté internationale devrait mobiliser les ressources nécessaires à la mise en œuvre des réformes du secteur de la sécurité.  Elle a souligné à cet égard la tendance observée récemment au sein de ce Conseil, qui veut que l’on autorise le déploiement de moins d’effectifs et la mobilisation de ressources insuffisantes lors du renouvellement des mandats des missions.  Cette tendance n’augure rien de bon pour l’Inde, qui s’est également dissociée des arguments en faveur de la réduction de la durée des mandats des missions, même lorsque les pays demandent le maintien de la présence des Nations Unies sur le terrain.  Le retrait prématuré des opérations de maintien de la paix contre la volonté du pays hôte, et ce, avant que ses institutions ne soient capables d’assumer pleinement leur rôle, pose le risque d’une rechute dans le conflit, a prévenu la Ministre des affaires étrangères de l’Inde.

Mme SUSAN RICE (États-Unis) a indiqué que le débat d’aujourd’hui aurait dû avoir lieu il y a bien longtemps, tant la réforme du secteur de la sécurité est essentielle pour que les pays, dans une situation postconflit, puissent protéger leur population et leur souveraineté.  Elle a ensuite déploré les moyens insuffisants mis à leur disposition, les lacunes étant comblées par le déploiement des soldats de la paix.  Mme Rice a estimé que le retrait des soldats de la paix était indissociable du renforcement du secteur de la sécurité nationale.  Elle a rappelé qu’il y avait actuellement 11 missions des Nations Unies qui intégraient une composante de réforme du secteur de la sécurité, dont 10 se trouvaient en Afrique.  Elle a passé en revue les contributions de son pays dans ce domaine, précisant que les États-Unis avaient fourni 300 millions de dollars d’aide au Soudan du Sud et 110 millions en République démocratique du Congo. 

Mme Rice a ensuite plaidé pour l’adoption d’une approche globale et à long terme de la réforme du secteur de la sécurité, favorisant l’implication de tous les acteurs concernés, de la police, des douanes à la justice pénale.  Il faut créer un cadre institutionnel et légitime de recours à la force, dans le respect des droits de l’homme, a-t-elle poursuivi, afin de prendre pleinement en compte les demandes des populations locales.  Il faut également encourager l’intégration de la dimension sexospécifique dans les efforts de réforme du secteur de la sécurité, a-t-elle souligné.  La représentante a ensuite souhaité que les Nations Unies renforcent leur savoir-faire, notamment en ce qui concerne la coordination de toutes les parties prenantes, nationales et internationales, de la réforme du secteur de la sécurité, avant de souligner le rôle croissant des organisations régionales, comme la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).  En conclusion, elle a mentionné les nouveaux défis comme les actes de piraterie au large des côtes africaines, la réforme du secteur de la sécurité maritime devenant cruciale.

M. LI BAODONG (Chine) a rappelé que la réforme du secteur de la sécurité doit reposer sur le rôle moteur de l’État concerné et sur ses besoins spécifiques.  Les efforts déployés par les Nations Unies et la communauté internationale doivent donc se faire dans le respect des priorités nationales de cet État, a-t-il insisté.  La réforme du secteur de la sécurité, a-t-il rappelé, a pour objectif de permettre à la police, aux forces armées et autres forces de sécurité de rétablir l’état de droit, mais aussi de jouer un rôle déterminant dans le développement des pays.  Elle devrait également s’appuyer sur les efforts de médiation de la communauté internationale qui, de son côté, gagnerait à s’inspirer des résultats obtenus dans différentes sociétés sortant d’un conflit pour œuvrer à la mise en place de stratégies intégrées.

M. PETER WITTIG (Allemagne) a rappelé l’importance de la réforme du secteur de la sécurité, devenue indispensable aussi bien pour le maintien de la paix et le développement, que pour la prévention des crises dans les sociétés postconflit.  Dans ce contexte, le respect de l’appropriation nationale demeure fondamental pour garantir la réussite à long terme des stratégies de réforme du secteur de la sécurité, a souligné à son tour M. Wittig.  Ces stratégies doivent aussi se fonder sur le respect des droits de l’homme et sur la lutte contre l’impunité, ce qui exige une formation poussée des forces de sécurité afin de leur permettre de rétablir l’état de droit dans un contexte de bonne gouvernance.  De leur côté, a ajouté M. Wittig, les acteurs internationaux, notamment la Commission européenne –un des principaux donateurs aux pays où de telles réformes sont actuellement engagées– doivent assumer leurs responsabilités en établissant des partenariats avec les gouvernements des pays concernés, ainsi qu’avec les autres donateurs, comme les institutions du système des Nations Unies et la Commission de consolidation de la paix.

M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a rappelé le rôle crucial joué par les États dans la définition des priorités de la réforme du secteur de la sécurité, en mettant en garde contre l’imposition de solutions internationales qui, souvent, ne tiennent pas compte des particularités des pays concernés.  L’accord préalable des États pour tout appui international est crucial, a-t-il ajouté.  Le représentant a ensuite rappelé le rôle des Nations Unies pour jeter les bases d’un dialogue national et œuvrer à la formation des forces de l’ordre dans les pays sortant d’un conflit.  Sa délégation, a-t-il dit, appuie les efforts de la Commission de consolidation de la paix.  La Fédération de Russie a insisté pour que les États concernés adoptent des stratégies équilibrées, sur la base du lien qui existe entre développement économique, droits de l’homme et maintien de la sécurité.  Après avoir souligné le rôle prépondérant des organisations régionales en matière de règlement des conflits, le représentant a indiqué que la Fédération de Russie prenait toute sa part dans les efforts d’appui à la réforme du secteur de la sécurité.

M. IVAN BARBALIĆ (Bosnie-Herzégovine) a rappelé le rôle crucial que jouent la Commission et le Fonds pour la consolidation de la paix dans la réforme du secteur de la sécurité.  Tous les efforts doivent être intégrés dans un cadre commun, a-t-il poursuivi, en soulignant qu’il était impératif que les autorités nationales soient responsables de la réforme du secteur de la sécurité.  Le processus de reconstruction des institutions étatiques doit faire l’objet d’un meilleur compte rendu dans les rapports des missions mandatées par le Conseil, afin de remédier aux lacunes de capacités, a-t-il souhaité.  Les Nations Unies, a-t-il souligné, doivent renforcer leur expertise dans le domaine de l’état de droit, y compris en ce qui concerne la réforme du secteur de la sécurité, en tenant compte des particularités de chaque pays.  Il a plaidé pour une coopération accrue avec les organisations régionales.  La reconstruction d’institutions étatiques est cruciale pour la restauration de l’état de droit, a-t-il affirmé, en plaidant ensuite pour que la réforme du secteur de la sécurité soit menée en vue de prévenir un nouveau conflit et d’assurer le développement économique du pays concerné.  Il a souligné le rôle d’appui des Nations Unies pour le renforcement des capacités nationales à assurer la sécurité, avant de réaffirmer qu’il incombait aux pays concernés d’identifier les priorités pour la réforme du secteur de la sécurité.  En conclusion, M. Barbalić a indiqué que le succès de la réforme du secteur de la sécurité dépendait de l’appropriation nationale, de la qualité du dialogue établi avec le pays bénéficiaire, de la bonne coordination des efforts des partenaires nationaux et internationaux et de l’importance accordée au rôle des femmes.

M. PHILIP JOHN PARHAM (Royaume-Uni) a lui aussi défendu le concept d’appropriation nationale selon lequel la démarche la plus efficace en matière de réforme du secteur de la sécurité consiste à confier le leadership et la direction politique des efforts dans ce domaine au gouvernement du pays concerné.  Trop souvent en effet, dans certains pays, l’armée et la police sont le principal visage du gouvernement, a-t-il fait observer.  Comme d’autres membres du Conseil, il a tenu à rappeler que l’examen de la question de la réforme du secteur de la sécurité ne pouvait être dissocié de celui des autres questions relatives à la consolidation de la paix, en particulier le développement économique durable.  « La sécurité, la justice et l’économie sont indissociables », a-t-il insisté.  Le représentant a également insisté sur la nécessité de respecter les promesses de contributions, dont le versement tardif compromet la mise en œuvre de réformes approuvées par le gouvernement et les partenaires internationaux.  Le Royaume-Uni s’est également déclaré d’accord avec l’Inde, lorsqu’elle a déclaré que le Conseil de sécurité devait veiller à ne pas retirer prématurément les opérations de maintien de la paix.  Le représentant a souligné qu’il était également nécessaire de ne pas confier à ces opérations certaines tâches qui seraient mieux exécutées par d’autres acteurs plus qualifiés.  « Il faut mener une action coordonnée », a-t-il rappelé.

M. JOSÉ FILIPE MORAES CABRAL (Portugal) a déclaré que, de l’avis de sa délégation, la réforme du secteur de la sécurité s’inscrivait dans le cadre d’un dialogue constant avec le gouvernement du pays concerné, afin d’assurer le succès des efforts déployés.  Il s’est ensuite félicité des initiatives lancées par des organisations régionales et sous-régionales africaines, comme les modules de formation mis en place par l’Union africaine à l’intention des policiers somaliens.  Même si elle repose sur le respect de l’appropriation nationale, la réforme du secteur de la sécurité est un processus de longue haleine qui se fonde sur l’appui de la communauté internationale.  Ainsi, en va-t-il de la Guinée-Bissau, où les autorités nationales se sont engagées dans une stratégie de mise en œuvre de la réforme du secteur de la sécurité qui ne pourra être menée à bien sans le soutien des partenaires internationaux.  La réforme du secteur de la sécurité s’inscrit en outre dans le cadre d’un processus de réconciliation nationale, où la réforme du secteur de la sécurité doit s’accompagner d’un dialogue politique inclusif auquel doivent prendre part toutes les composantes de la société concernée, y compris les femmes dont le rôle en matière de consolidation de la paix n’est plus à démontrer, a ajouté en conclusion le représentant.

M. MARIA LUIZA RIBEIRO VIOTTI (Brésil) a rappelé le soutien de son pays à la question de la réforme du secteur de la sécurité, notamment en Haïti, en Guinée-Bissau et au Timor-Leste, que ce soit au niveau bilatéral ou par le biais d’organisations telles que la Communauté des pays lusophones.  Elle s’est déclarée convaincue que la réforme du secteur de la sécurité devrait être pleinement intégrée dans le cadre plus large de l’état de droit.  Attirant tout particulièrement l’attention sur le cas de la Guinée-Bissau, la représentante a rappelé que, depuis que ce pays était inscrit à l’ordre du jour de la Commission de consolidation de la paix, la réforme du secteur de la sécurité était devenue la priorité nationale et avait galvanisé de nombreux partenaires bilatéraux et internationaux en ce sens.  Ainsi, le Cap-Vert et la Guinée-Bissau, appuyés par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la Communauté des pays lusophones, ont organisé une table ronde à ce sujet à Praia en avril 2009, et plus récemment, la feuille de route conjointement élaborée par ces deux organisations a fourni une plateforme de soutien aux efforts gouvernementaux dans le cadre d’une coopération plus large.  Le Gouvernement de la Guinée-Bissau a ainsi démontré sa volonté de réformer le secteur de la sécurité en mettant en place un fonds destiné à régler les pensions des militaires ayant atteint l’âge de la retraite et qui doivent être démobilisés, a relevé Mme Ribeiro Viotti.  L’opérationnalisation de ce fonds dépendra en grande partie de la mobilisation des ressources par la communauté internationale, a-t-elle précisé avant de conclure son intervention.

M. MARTIN BRIENS (France) a indiqué que les questions de sécurité étaient un défi majeur pour la construction ou la reconstruction d’un État, s’il se veut durable et respectueux du droit.  Il a affirmé que la réforme du secteur de la sécurité, particulièrement nécessaire quand un pays sort d’une crise, impliquait d’assurer le paiement des salaires, le casernement, de mettre en place un programme de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) efficace et un système judiciaire afin que les forces de sécurité répondent de leurs actes en cas de violation des droits de l’homme ou du droit international humanitaire.  Le Conseil de sécurité, a-t-il noté, a su intégrer cet objectif dans plusieurs des mandats qu’il a accordés aux opérations de maintien de la paix en Afrique.  En Côte d’Ivoire, l’appui à la réforme du secteur de la sécurité est l’une des grandes priorités du mandat de l’ONUCI, reconfiguré par la résolution 2000 de juillet dernier, a-t-il dit.

Le représentant a ensuite rappelé que la réforme du secteur de la sécurité qui est, par sa nature, une réforme politique, ne pouvait s’imposer de l’extérieur et qu’elle devait au contraire s’appuyer sur un engagement national fort.  La communauté internationale doit assurer un suivi du processus, a-t-il poursuivi, sans néanmoins se substituer à l’État partenaire, aux acteurs nationaux et à la société civile.  Le représentant de la France a souligné le rôle des Nations unies pour stimuler l’appropriation nationale de la réforme du secteur de la sécurité, le transfert des responsabilités sécuritaires d’une opération de maintien de la paix aux autorités nationales étant un processus complexe, comme en témoigne la situation au Libéria.  Il a insisté sur le lien essentiel qui existe entre la réforme du secteur de la sécurité et les programmes de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR), avant d’indiquer que la réforme du secteur de la sécurité devrait s’articuler avec la question fondamentale du « vouloir vivre ensemble » des populations, question particulièrement aiguë en situation postconflit.  Le représentant a ensuite passé en revue les réalisations de l’Union européenne, massivement présente dans ce secteur en Afrique depuis des années, notamment en Somalie où, a-t-il précisé, elle forme les forces de sécurité du Gouvernement fédéral de transition.  En conclusion, il a plaidé pour un service civique d’aide au développement permettant, avec le soutien des forces armées, de réinsérer des jeunes volontaires dans le milieu civil avec une formation professionnelle spécifique.

M. NAWAF SALAM (Liban) s’est félicité de constater que la réforme du secteur de la sécurité s’inscrivait dans le contexte plus large de la consolidation de la paix, dont il demeure un des principaux piliers.  Il a plaidé pour une planification et une mise en œuvre mieux intégrées des mandats des Nations Unies, allant des efforts de médiation aux processus de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR), en passant par l’assistance à prêter dans les domaines de l’état de droit, l’autonomisation des jeunes et des femmes et le redressement économique et social.  À cet égard, les rôles de la Commission de consolidation de la paix, du Fonds pour la consolidation de la paix et du Département des opérations de maintien de la paix ne sauraient être sous-estimés, a souligné M. Salam, qui a estimé que ces structures peuvent encourager une approche plus coordonnée et intégrée de la réforme du secteur de la sécurité.  Soulignant à son tour l’importance de l’appropriation nationale dans ce domaine, le représentant du Liban a indiqué que toutes les actions entreprises au niveau international devraient se faire dans le respect des priorités nationales des États bénéficiaires.

M. NÉSTOR OSARIO (Colombie), soulignant que la réforme du secteur de la sécurité était un aspect clef de la consolidation de la paix, a appelé à la mise en place de mécanismes permettant la conciliation du maintien de la sécurité, du respect des droits de l’homme et du développement économique.  Les initiatives prises en matière de réforme du secteur de la sécurité doivent s’inscrire dans le contexte plus large du développement économique et social du pays concerné, a-t-il poursuivi.  Le représentant a indiqué qu’il s’agissait d’un engagement de longue haleine, s’appuyant sur les priorités identifiées par les autorités nationales et sur un engagement pérenne et viable de la communauté internationale.  Faisant fond sur le lien entre la réforme du secteur de la sécurité, le développement et la prévention des conflits, il a souhaité que l’ECOSOC et l’Assemblée générale des Nations Unies travaillent à l’élaboration d’un cadre normatif permettant d’assurer une réforme du secteur de la sécurité efficace.  La réforme du secteur de la sécurité doit être assumée par les autorités nationales, avec l’appui de la communauté internationale, a-t-il rappelé.  Le représentant a ensuite insisté sur les principes démocratiques garantissant la viabilité de la réforme du secteur de la sécurité, comme la subordination des forces de sécurité aux autorités civiles.  Il a indiqué que la communauté internationale devrait prendre toute sa part dans la lutte contre les fléaux comme la criminalité transnationale organisée afin de seconder les pays, déstabilisés par de tels phénomènes, dans le domaine de la sécurité.

M. BASO SANGQU(Afrique du Sud) a indiqué que son pays prônait une approche globale et multidimensionnelle concernant la réforme du secteur de la sécurité.  Des institutions sécuritaires solides sont cruciales pour la prévention des conflits, a-t-il poursuivi, avant d’ajouter qu’il revenait aux Nations Unies de coordonner les efforts des acteurs internationaux –bailleurs de fonds, organisations régionales et entités des Nations Unies– en appui de la réforme du secteur de la sécurité entreprise par le pays concerné.  Les conclusions du rapport du Secrétaire général de 2008 sur la réforme du secteur de la sécurité sont toujours d’actualité, a-t-il affirmé, en soulignant que le rôle de la Commission de consolidation de la paix était, à cet égard, crucial.  Le représentant a rappelé que l’Union africaine élaborait actuellement un cadre sur la réforme du secteur de la sécurité qui insiste sur la notion de sécurité humaine, notamment dans les cas de violences sexuelles.  Le représentant a déploré que les démarches africaines ne soient pas davantage prises en considération dans les initiatives sur la réforme du secteur de la sécurité, qui doivent s’adapter aux particularités des pays concernés.  Le principe de l’appropriation nationale doit être garanti dans les processus de réforme du secteur de la sécurité, a-t-il souligné, avant de plaider pour le renforcement du partenariat entre les Nations Unies et l’Union africaine, dans le strict respect du principe d’appropriation nationale.

M. NELSON MESSONE (Gabon) a fait ressortir le caractère crucial de la réforme du secteur de la sécurité, dont plusieurs défis méritent, indubitablement, d’être relevés, notamment dans les pays sortant d’un conflit, par l’adoption, a-t-il dit, d’une approche « globale » et l’intégration « du rôle du pays d’accueil ».  « Cette approche doit intégrer le lien existant entre la prévention des conflits, la consolidation et le maintien de la paix, et le développement économique et social d’un État sortant de conflit », a précisé le représentant du Gabon.  M. Messone a également soulevé la question du rôle des opérations de maintien de la paix, ainsi que la durée de leurs mandats dans les pays en crise ou sortant de crise car, a-t-il souligné, « la fin d’une opération de maintien de la paix ne peut garantir de stabilité que si l’État sur le territoire duquel elle était déployée est désormais en mesure d’assurer la sécurité de sa population ».  Une problématique qui, selon lui, doit faire l’objet d’un examen approfondi dès le déploiement des missions, et ce, afin de ne pas compromettre « les efforts de paix et de sa consolidation », comme ce fut le cas, en République centrafricaine avec le retrait précoce de la Mission des Nations Unies en République Centrafricaine et au Tchad (MINURCAT), a-t-il déploré.

Déclaration présidentielle

Rappelant les déclarations de son président en date des 21 février 2007 (S/PRST/2007/3) et 12 mai 2008 (S/PRST/2008/14), ainsi que le rapport du Secrétaire général intitulé « Assurer la paix et le développement: le rôle des Nations Unies dans l’appui à la réforme du secteur de la sécurité », en date du 23 janvier 2008 (S/2008/39), le Conseil de sécurité souligne que des institutions de sécurité efficaces, professionnelles et responsables sont la clef de voute de la paix et du développement durable.  Il est également vrai que la réforme du secteur de la sécurité fait ressortir le fait que l’efficacité, la responsabilité et la bonne gouvernance sont des éléments de la sécurité qui se renforcent mutuellement.

Le Conseil note que la plus grande partie de l’aide fournie par la communauté internationale dans le domaine de la réforme du secteur de la sécurité est fournie dans les pays d’Afrique, ou à leur intention.  En même temps, certains de ces pays deviennent d’importants fournisseurs de cette aide.  Le Conseil, se félicitant de cette collaboration intra-africaine, souligne la nécessité d’accorder une plus grande attention à ce qu’est la réforme du secteur de la sécurité dans une optique africaine.  En concentrant l’action menée dans ce domaine sur les besoins et priorités des populations des pays qui sortent d’un conflit, on renforcera considérablement la légitimité, la viabilité et la durabilité de cette aide.

Sachant que la réforme du secteur de la sécurité est une entreprise de longue haleine, le Conseil de sécurité réaffirme le droit souverain et la responsabilité au premier chef du pays concerné pour ce qui est de choisir sa logique et ses priorités en la matière.  Il faut que ce soit un processus que le pays s’est approprié, dont les racines sont dans ses besoins particuliers et sa situation particulière.  Pour que la coordination des activités de réforme de ce secteur puisse être bien faite, il faut que l’action s’appuie sur un consensus national et soit mue par le leadership des dirigeants et par la volonté politique d’aller de l’avant.  À cet égard, le Conseil souligne qu’il incombe aux États de coordonner l’appui à la réforme du secteur de la sécurité, y compris, mais non uniquement, en créant une vision stratégique, en fixant les paramètres de la réforme, en déterminant où sont les lacunes et quels sont les besoins, en établissant l’ordre des priorités parmi les domaines visés par l’aide technique et en évitant qu’il y ait des chevauchements entre les activités des donateurs.

Le Conseil trouverait bon que les États engagés dans la réforme s’efforcent, tout en tenant compte des limitations imposées par leurs capacités, d’affecter des moyens du pays à l’action menée pour réformer le secteur de la sécurité de façon à ce que cette réforme soit viable et durable à long terme.  À ce propos, il insiste sur l’importance que revêt l’amélioration de la participation des femmes aux débats ayant un rapport avec la prévention et le règlement des conflits, le maintien de la paix ou la sécurité, et il encourage les femmes à participer aux activités des forces armées et des forces de sécurité de leur pays, selon les dispositions pertinentes du droit international.  Il est favorable à la mise sur pied d’un secteur de la sécurité accessible à tous et qui s’adapte aux besoins de tous, y compris les femmes et les autres groupes vulnérables.

Le Conseil considère que les mécanismes régionaux jouent un rôle central, car ce sont d’importants piliers de toute entreprise multilatérale de réforme du secteur de la sécurité.  À cet égard, il salue le partenariat stratégique établi entre l’ONU et l’Union africaine pour arrêter un plan directeur continental de la réforme du secteur de la sécurité et se donner les moyens de l’appliquer.  Il encourage les autres régions à envisager de nouer de telles alliances en vue de faciliter l’échange de pratiques optimales et d’enseignements tirés de l’expérience, et à mettre sur pied des mécanismes régionaux d’appui à la réforme du secteur de la sécurité, avec la participation d’organisations régionales et sous-régionales.  Il se rend également compte de l’appui fourni par des acteurs bilatéraux, ainsi que par des acteurs régionaux, dont l’Union européenne, aux activités de réforme du secteur de la sécurité menées en Afrique et à d’autres initiatives menées dans ce domaine, en Afrique, par des organisations telles que la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest et la Communauté des pays de langue portugaise.

Le Conseil rappelle les déclarations antérieures de son président sur la nécessité d’apporter un appui rapide et adéquat dans les domaines prioritaires de la consolidation de la paix, y compris la réforme du secteur de la sécurité, et sur l’importance que les programmes de réforme menés dans ce domaine revêtent pour la prévention des conflits.  Étant donné la persistance de nombreux conflits en Afrique, il rappelle les liens qui existent entre la réforme du secteur de la sécurité et le développement socioéconomique, et souligne que toutes réformes doivent s’inscrire dans le contexte plus général de l’action menée pour consolider la paix.  À cet égard, il note l’importance du rôle joué par la Commission de consolidation de la paix et le Fonds pour la consolidation de la paix dans l’appui apporté à la réforme, y compris dans les pays d’Afrique. Il engage la Commission de consolidation de la paix à continuer de promouvoir la coordination des acteurs du pays et ceux de l’extérieur, entre eux et les premiers avec les seconds.

Le Conseil insiste sur le fait que l’appui apporté par l’ONU à la réforme du secteur de la sécurité doit s’inscrire dans le cadre plus vaste de la question de l’état de droit et contribuer au renforcement général des activités menées par l’Organisation dans ce domaine, ainsi que dans l’action de plus grande envergure consacrée à la reconstruction et au développement.  Il faudra pour cela qu’elle continue à se coordonner avec les acteurs du système des Nations Unies, afin de tendre vers une cohérence de plus en plus grande des démarches suivies.  À ce propos, le Conseil insiste sur le fait qu’il faut que la réforme du secteur de la sécurité soit menée sans jamais perdre de vue le problème de l’impunité.

Le Conseil constate que le maintien de la paix a beaucoup évolué ces dernières décennies: il s’est transformé d’une activité axée pour l’essentiel sur la surveillance de cessez-le-feu en des opérations multidimensionnelles complexes destinées à mener des activités de consolidation de la paix et à s’attaquer aux causes profondes des conflits.  À cet égard, le Conseil relève qu’un nombre croissant de missions de maintien de la paix et de missions politiques spéciales ont pour mandat d’appuyer l’exécution de programmes de réforme du secteur de la sécurité menés par des pays, notamment d’Afrique, y compris en fournissant une assistance stratégique à l’élaboration de plans d’organisation du secteur de la sécurité et des activités de renforcement des capacités des institutions de ce secteur et de celui du maintien de l’ordre dans des domaines essentiels, y compris la formation en matière de droits de l’homme, la protection de l’enfance et la protection contre la violence sexuelle ou à motivation sexiste.  Le Conseil souligne la nécessité de continuer, selon que de besoin, de faire une place à part entière aux éléments de la réforme du secteur de la sécurité dans la préparation des opérations des Nations Unies.

Le Conseil souligne l’importance du rôle qu’a joué l’ONU en aidant des pays à se doter d’institutions de sécurité durables, et il salue le travail accompli par l’Organisation et en particulier par le Département des opérations de maintien de la paix, y compris le Groupe de la réforme du secteur de la sécurité et l’Équipe spéciale interinstitutions pour la réforme du secteur de la sécurité, pour bâtir pour la réforme du secteur de la sécurité une démarche toujours plus solide et globale, grâce à l’élaboration de directives et au renforcement des capacités civiles, à la mise en place de mécanismes de coordination et à la collaboration avec les organisations régionales et sous-régionales, en particulier l’Union africaine.

Le Conseil prie le Secrétaire général de lui présenter, début 2013, une analyse de l’appui apporté par l’ONU aux réformes du secteur de la sécurité, notamment en Afrique, et de lui faire des recommandations sur les meilleurs moyens de renforcer la démarche globale suivie en la matière, en tenant compte des rapports qui existent entre l’assistance offerte par l’ONU, d’une part, et, de l’autre, la prévention des conflits et consolidation de la paix, et compte tenu également des vues des organes et acteurs concernés du système des Nations Unies.

Suite des déclarations

M. TETE ANTONIO, Observateur permanent de l’Union africaine auprès des Nations Unies, estimant que la paix et la sécurité sont les conditions préalables à un développement durable, a mis en exergue le rôle, en constante évolution, de leadership de l’Union africaine, en vue de relever les nombreux défis sur le continent africain, à l’aide notamment d’instruments tels que « la Loi constitutive de l’Union africaine et le Protocole relatif à la mise en place du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine ».

S’agissant de la réforme du secteur de la sécurité, M. Antonio a annoncé que l’Union africaine s’était engagée à prendre, entre autres, des mesures visant à institutionnaliser un cadre d’action politique africain, dont l’adoption aura lieu lors de la prochaine Assemblée des Chefs d’État de l’Union africaine, en janvier 2012.  Il s’est également réjoui de l’excellent partenariat ONU-Union africaine, dans le cadre du Réseau africain du secteur de la sécurité, qui, a-t-il dit, a généré des résultats encourageants.

M. MOHAMMED LOULICHKI (Maroc) a estimé que la réforme du secteur de la sécurité constituait un jalon essentiel de la consolidation de la paix lorsqu’elle est menée dans le respect de l’appropriation nationale.  Les Nations Unies jouent un rôle d’appoint à cet égard, a-t-il souligné, en mettant l’accent sur les besoins spécifiques de chaque pays concerné.  Le leadership de chaque gouvernement s’exerce dans l’établissement de ses priorités en matière de réforme du secteur de la sécurité, ce qui consiste dans un premier temps à déterminer la nature exacte des dysfonctionnements de son secteur de la sécurité, a expliqué le représentant.  M. Loulichki a ensuite déploré que, par le passé, les tentatives de mettre en œuvre des réformes avaient trop souvent été le fait d’acteurs extérieurs aux pays eux-mêmes, ce qui a conduit les parties concernées à ne pas y adhérer.  Le succès de la réforme dépend aussi de la prise en compte d’une approche respectueuse de la parité et du rôle que peuvent jouer les femmes dans les processus de consolidation de la paix, notamment lorsqu’elles sont représentées au sein des forces de sécurité réformées.  Rappelant le rôle que jouent les donateurs, le représentant du Maroc a rappelé que son pays avait développé une longue expérience dans les domaines de l’assistance technique et de la formation des cadres sécuritaires sur le plan bilatéral, en particulier en Afrique.  L’un des enseignements tirés de cette expérience, a-t-il précisé, c’est la nécessité d’intégrer à la réforme du secteur de la sécurité celle de l’administration de la justice.

M. GUILLERMO E. RISHCHYNSKI (Canada) a déclaré que son pays contribuait activement en faveur de la réforme du secteur de la sécurité aux Nations Unies et disposait d’une vaste expérience pour assister les pays concernés à réformer leur système de sécurité.  Dans ce cadre, il a participé à des activités de réformes de la sécurité, au financement de projets ou encore à l’élaboration de politiques de déploiement de personnels, y compris experts et conseillers.  À l’heure actuelle, a-t-il ajouté, le Canada apporte son soutien dans le contexte de la Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo(MONUSCO) et de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS).  De plus, en tant que donateur, le Canada appuie la cohérence accrue à l’échelle du système entre acteurs de la sécurité.  Le représentant a ensuite estimé qu’il faudrait veiller constamment à inclure, toutes les fois que cela est possible, la réforme de la sécurité dans la planification des opérations des Nations-Unies en Afrique.  À ce titre, en tant que membre de la Commission de consolidation de la paix, le Canada note que la sécurité fait partie des priorités dans l’ensemble des six pays inscrits à l’ordre du jour de la Commission.  En conséquence, le Canada est convaincu que l’aide des donateurs internationaux doit se fonder sur une prise en charge nationale, et qu’il est impératif que toutes les initiatives fassent fond sur la volonté politique de réformer l’État, a-t-il ajouté en conclusion.

M. MILOŠ KOTEREC (Slovaquie) a rappelé que son pays, en organisant en 2007 lors de sa présidence du Conseil de sécurité un débat sur la question de la réforme du secteur de la sécurité, avait participé à l’éveil des consciences.  Un long chemin a depuis été accompli, a-t-il poursuivi, en se félicitant, notamment, de la promotion d’approches intégrées et du renforcement des capacités civiles qui ont pu être observées.  Une aide plus ciblée aux pays concernés a aussi pu être fournie, a-t-il ajouté.  Il reste cependant des défis à relever, a-t-il dit, en identifiant des lacunes dans la manière dont les principes relatifs à la réforme du secteur de la sécurité sont appliqués dans la réalité et des lacunes dans la capacité de déploiement des personnels des opérations de maintien et de consolidation de la paix.

L’appropriation nationale reste la clef de voûte de la réforme du secteur de la sécurité, tout en en conditionnant le succès, a-t-il ajouté, avant de souligner le rôle essentiel des acteurs régionaux et sous-régionaux.  Il s’est félicité des progrès enregistrés dans le renforcement des partenariats entre les Nations Unies et des organisations régionales comme l’Union africaine et l’Union européenne.  Son pays, a-t-il rappelé, avait organisé trois ateliers régionaux afin de revitaliser les discussions relatives à la réforme du secteur de la sécurité dans les régions les plus directement concernées.  L’atelier, organisé en 2007 à Cape Town, en Afrique du Sud, avait contribué à renforcer la coopération entre l’Union africaine et l’Union européenne dans le domaine de la réforme du secteur de la sécurité, a-t-il indiqué.  Il a ensuite constaté les demandes croissantes d’assistance dans le domaine de la réforme du secteur de la sécurité, formulées par des pays sortant d’un conflit ou en transition démocratique, ce qui requiert des capacités additionnelles.  En conclusion, il s’est interrogé sur les modalités de l’assistance à apporter à la Tunisie dans le domaine de la réforme du secteur de la sécurité.

M. H. E JARMO VIINANEN (Finlande) a indiqué que le lien entre la réforme du secteur de la sécurité, la prévention des conflits, et le développement économique et social devrait être pleinement intégré.  Le soutien aux processus de réforme du secteur de la sécurité au niveau national est vital pour construire des institutions efficaces et, responsables, a-t-il poursuivi.  Rappelant le lien entre conflit, sécurité et développement, le représentant a expliqué que tous les efforts de réforme du secteur de la sécurité devraient être menés à l’intérieur du cadre général de l’État de droit et de la bonne gouvernance.  Pour la Finlande, la réforme du secteur de la sécurité doit garantir l’efficacité et la responsabilité dans toutes les structures et processus de sécurité, notamment à travers l’adoption d’une stratégie en matière de sécurité et de la promulgation de lois au niveau national.  Le représentant a ensuite rappelé le rôle clef de la société civile dans la consolidation de la paix et dans la réforme du secteur de la sécurité en particulier, a ensuite rappelé le représentant.  Les femmes, a-t-il ajouté, ont un rôle important à jouer dan ce domaine, comme l’indique le rapport du Secrétaire général sur la promotion de la sécurité et de l’état de droit, et la consolidation de la paix, publié en 2010. 

Mme SYLVIE LUCAS (Luxembourg) a rappelé que la réforme du secteur de la sécurité était intrinsèquement liée à celle du secteur judiciaire.  Soulignant que les citoyens devraient être habilités à exercer des recours appropriés pour faire respecter leurs droits, elle a salué l’approche novatrice adoptée par le Libéria visant à mettre en place des centres intégrés de sécurité et de justice, et à impliquer pleinement les femmes dans les efforts entrepris.  De son côté, au titre des efforts déployés pour renforcer les capacités des autorités civiles en matière de sécurité, le Luxembourg a financé l’an dernier un projet sous l’égide de la MONUSCO visant à professionnaliser la police nationale congolaise.  À l’instar d’autres intervenants, elle a souligné qu’il n’y avait « pas d’alternative à l’appropriation nationale ».  Le Luxembourg, a indiqué Mme Lucas, avait, en mai dernier, soutenu la Commission de l’Union africaine, pour permettre aux experts de ses États membres d’examiner le projet de cadre d’action politique de l’Union africaine pour la réforme du secteur de la sécurité.  Avant de conclure, la représentante a émis l’espoir que ce document fondateur sera adopté lors du prochain sommet de l’Union africaine, en janvier 2012 à Addis-Abeba.

M. CESARE MARIA RAGAGLINI (Italie) a estimé qu’au cours de ces deux dernières décennies, la question de la sécurité avait évolué d’une perspective strictement militaire et étatique à un panorama plus large englobant différentes institutions et des acteurs étatiques et non étatiques.  Les processus de réforme du secteur de la sécurité sont basés sur le principe de l’appropriation par les pays, a-t-il dit, en rappelant que pour renforcer cette approche la communauté internationale devrait travailler avec les gouvernements et les institutions locales de sécurité dès la phase d’évaluation et de planification.  C’est la réalité des besoins immédiats des populations, leurs capacités et leur engagement qui doivent influencer les changements et insuffler des doses égales de responsabilité et d’efficacité dans les institutions de sécurité d’un pays, a-t-il insisté.

Les Nations Unies et le Conseil de sécurité ont un rôle majeur à jouer dans la définition d’une politique de réforme du secteur de la sécurité, a-t-il dit, notamment en matière de coordination entre les parties prenantes, organisations régionales, donateurs et autorités locales.  M. Ragaglini a rappelé que l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et l’Union européenne avaient toutes acquis une large expérience en la matière, à la fois dans leur zone d’influence et en soutien à des pays en développement, notamment en Afrique.  La réforme du secteur de la sécurité est importante, particulièrement en temps de paix, a-t-il estimé, en soulignant son rôle de prévention.  L’interconnexion des besoins dans de nombreuses régions d’Afrique est évidente dans de nombreux domaines, a poursuivi le représentant, en citant la prévention et la lutte contre le terrorisme, la criminalité transnationale organisée ou le blanchiment d’argent.  Ces défis communs en matière de sécurité appellent une approche innovante et holistique de la coopération internationale, dont la première étape est le renforcement de la coopération régionale.  Les liens financiers et logistiques entre les trafiquants de drogues et Al-Qaida au Maghreb islamique sont un exemple préoccupant de la mondialisation des défis en matière de sécurité, a-t-il insisté, en préconisant la création de mécanismes de coopération qui permettent notamment d’identifier et d’établir une hiérarchie des initiatives.

Mme SANJA ŠTIGLIC (Slovénie) a souhaité que les États Membres parviennent à un accord sur la panoplie de mécanismes à adopter dans le domaine de la réforme du secteur de la sécurité, afin d’aider au mieux les pays sortant d’un conflit.  La réforme du secteur de la sécurité ne pourra être couronnée de succès que si elle est entreprise conjointement avec une politique efficace de développement, a-t-elle fait remarquer.  Elle a ensuite plaidé pour que la réforme du secteur de la sécurité, compte tenu de son rôle dans la prévention des conflits, ne soit pas enfermée dans un calendrier rigide lors de la sortie de conflit.  La réforme du secteur de la sécurité, a-t-elle rappelé, doit être menée d’une manière transparente et coordonnée entre toutes les parties prenantes.  De plus, la coopération internationale entre les acteurs étatiques, la société civile et les organisations non gouvernementales doit être améliorée, a-t-elle affirmé.  Elle a rappelé que la réforme du secteur de la sécurité faisait partie intégrante de nombre d’opérations de maintien et de consolidation de la paix, ce qui complique de facto les missions.  C’est pourquoi, a-t-elle souligné, le recrutement d’un personnel de qualité et la préservation d’une « mémoire institutionnelle » sont essentiels pour déployer de telles missions.  Elle a ensuite souligné le rôle positif que jouent les opérations de maintien de la paix pour promouvoir la dimension sexospécifique, en recrutant davantage de personnel féminin dans leurs composantes.  En conclusion, elle a rappelé qu’il n’y avait pas de paix durable sans système judiciaire efficace, à même de punir les atrocités du passé, avant de rappeler la détermination de son pays à œuvrer au dialogue entre toutes les parties prenantes dans le domaine de la réforme du secteur de la sécurité.

M. DAFFA-ALLA ELHAG ALI OSMAN (Soudan) a rappelé que les activités de réforme du secteur de la sécurité figuraient depuis longtemps à l’ordre du jour des Nations Unies.  Les principes consacrés par la Charte des Nations Unies plaident en faveur de l’appropriation nationale et du respect des priorités spécifiques de chaque pays, a-t-il ensuite souligné.  Le représentant a approuvé les initiatives lancées par les Nations Unies pour renforcer ces activités dans les pays sortant d’un conflit, notamment en fournissant une assistance technique et une formation appropriée aux pays.  Il a tout particulièrement salué le rôle que jouent les organisations régionales et sous-régionales, telles que l’Union africaine, la CEDEAO et la SADC, pour mettre en œuvre des réformes du secteur de la sécurité dans le respect de la souveraineté des États.  Le représentant a réaffirmé, avant de conclure, l’importance du lien entre la sécurité et le développement pour les sociétés émergeant d’un conflit.

M. MAGED A. ABDELAZIZ (Égypte), s’exprimant au nom du Mouvement des pays non alignés, a rappelé que la réforme du secteur de la sécurité devrait s’insérer dans le contexte plus large des initiatives des Nations Unies relatives au respect de l’état de droit.  Il a souhaité que l’approche des Nations Unies concernant la réforme du secteur de la sécurité soit élaborée au sein de l’Assemblée générale, afin de s’assurer que les stratégies de réforme du secteur de la sécurité soient formulées dans le respect de la souveraineté des États et de leurs priorités nationales.  Le représentant a mis l’accent sur le lien très fort qui existe entre la nécessité d’engager une réforme du secteur de la sécurité et celle de répondre aux grands défis sociaux auxquels sont confrontés les pays sortant d’un conflit ou d’une crise, en particulier le taux élevé du chômage des jeunes.  Il a ensuite exprimé sa préférence pour que la Commission de consolidation de la paix assure la coordination des activités des différentes entités des Nations Unies œuvrant dans le domaine de la réforme du secteur de la sécurité.  En conclusion, le représentant a rappelé que le pays bénéficiaire devrait être pleinement en charge de sa stratégie de réforme, ainsi que de la coordination de l’assistance internationale afin d’éviter les doubles emplois.

M. ABDULLAH HUSSAIN HAROON (Pakistan) a rappelé le rôle important que jouent les Nations Unies en faveur de la réforme du secteur de la sécurité depuis 2007, date à laquelle le premier rapport du Secrétaire général sur la question avait été publié.  Les opérations de maintien de la paix sont par ailleurs déterminantes dans la mise en œuvre de ces processus, qui sont souvent inscrits dans leurs mandats, a-t-il fait remarquer, en insistant sur l’intégration, dans la réforme du secteur de la sécurité, des questions de l’administration de la justice, des douanes et contrôle des frontières, et des urgences civiles.  Le représentant a également défendu le rôle central que jouent les organisations régionales dans ce domaine, citant en particulier l’Union africaine.  M. Haroon a rappelé la nécessité d’inscrire ces efforts dans le respect des principes consacrés par la Charte des Nations Unies, en particulier l’appropriation nationale.

M. GARY QUINLAN (Australie) a souligné l’importance du principe de l’appropriation nationale pour la réforme du secteur de la sécurité, avant d’appeler les autorités nationales à établir leurs priorités dans ce domaine.  La réforme du secteur de la sécurité doit être réalisée à long terme, a-t-il estimé, en faisant fond sur les enseignements tirés des activités de la Mission régionale d’assistance aux Îles Salomon, sous la direction australienne.  Cette Mission avait progressivement abandonné les tâches de police qui lui étaient initialement dévolues pour se consacrer au renforcement des capacités institutionnelles de sécurité, s’est-il félicité.  Le représentant a proposé que la réforme du secteur de la sécurité s’inscrive au sein d’une réforme globale et intégrée du secteur public, avec la mise en place d’institutions démocratiques, ayant notamment autorité sur les forces de sécurité.  Cette approche, qui avait été adoptée pour la Mission régionale d’assistance aux Îles Salomon, s’est révélée efficace, a-t-il assuré.  Le représentant a également souligné le rôle clef des organisations régionales et sous-régionales, citant notamment la contribution importante de l’Union africaine dans le domaine de la réforme du secteur de la sécurité.  Concernant le rôle des Nations Unies, il a exhorté le Conseil de sécurité à adopter pour les opérations de maintien de la paix des mandats clairs et réalistes, avant de souligner, à cet égard, les rôles prépondérants joués par la Commission et le Fonds pour la consolidation de la paix.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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