Le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, M. Hervé Ladsous, plaide pour intégrer une composante de soutien au Mécanisme de contrôle des frontières dans la région d’Abyei

6 octobre 2011
CS/10406

Le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, M. Hervé Ladsous, plaide pour intégrer une composante de soutien au Mécanisme de contrôle des frontières dans la région d’Abyei

06/10/2011
Conseil de sécurité
CS/10406
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Conseil de sécurité

6628e séance – matin

LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL ADJOINT AUX OPÉRATIONS DE MAINTIEN DE LA PAIX, M. HERVÉ LADSOUS, PLAIDE POUR INTÉGRER UNE COMPOSANTE DE SOUTIEN AU MÉCANISME DE CONTRÔLE DES FRONTIÈRES DANS LA RÉGION D’ABYEI

Les représentants du Soudan et du Soudan du Sud expliquent

leur position sur la mise en œuvre du retrait des troupes armées dans la région

Intervenant pour la première fois devant le Conseil de sécurité depuis sa nomination, le nouveau Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix des Nations Unies a plaidé en faveur d’une modification du mandat de la Force intérimaire de sécurité des Nations Unies pour Abyei (FISNUA), afin d’y intégrer une composante de soutien au Mécanisme de surveillance des frontières établi par le Soudan et le Soudan du Sud.

Venu présenter le dernier rapport* du Secrétaire général sur la situation dans la région d’Abyei, où sont actuellement déployés 1 780 Casques bleus, M. Hervé Ladsous a fait état d’une situation humanitaire et sécuritaire inchangée depuis juin 2011.  Déployée le 27 juin 2011, en vertu de la résolution 1990 du Conseil, la FISNUA, qui est dotée d’un effectif maximum de 4 200 militaires, est chargée d’assurer la sécurité dans cette région.  Cette Force bénéficie de l’assistance du Gouvernement éthiopien.

Le Secrétaire général adjoint a rappelé que, conformément à l’Accord du 20 juin relatif aux arrangements temporaires pour l’administration et la sécurité de la région d’Abyei, les Forces armées du Soudan (FAS) et l’Armée populaire de libération du Soudan (SPLA) devraient se retirer de la zone.

Tout en se déclarant encouragé par l’accord qui a été trouvé au sein du Comité mixte de contrôle d’Abyei pour un calendrier de retrait des FAS et du SPLA entre le 11 et le 30 septembre, M. Ladsous a cependant fait remarquer que les forces des deux parties étaient toujours stationnées, « respectivement au nord et au sud de la rivière Kiir/Bahr Al Arab ».  « Le climat reste tendu, même s’il n’y a pas eu de confrontations entre les deux forces », a-t-il ajouté.

Présent à la réunion, le représentant du Soudan, M. Daffa-Alla Elhag Ali Osman, a assuré que les Forces armées soudanaises ne resteront pas indéfiniment sur place.  « Ce retrait doit être effectué au moment où les Casques bleus éthiopiens seront déployés, afin de ne pas conduire à un vide sécuritaire dans l’intervalle », a-t-il indiqué.  Il a aussi prévenu que l’arrivée de l’automne à Abyei, marquée par des précipitations abondantes, pourrait compliquer le retrait des forces soudanaises.

Le représentant du Soudan du Sud, M. David Buom Choat,a pour sa part affirmé que les forces du SPLA s’étaient retirées de la zone d’Abyei pour se redéployer dans l’État du Warap.  Il a ajouté que, « suite à la publication du rapport du Secrétaire général, le commandant de la Force avait confirmé le retrait des forces de l’Armée populaire de libération du Soudan ».

Le Secrétaire général adjoint a aussi noté que 1 780 soldats de la FISNUA étaient déployés sur le terrain.  « Il s’agit d’un succès important, compte tenu des nombreux obstacles auxquels la Mission a dû faire face », a-t-il déclaré, en soulignant notamment les retards dans la délivrance des visas.  M. Ladsous a indiqué que 900 soldats supplémentaires devraient être déployés avant la fin octobre, pour renforcer la Mission avant le début de la migration des nomades Misseriya.

Rappelant que les deux Gouvernements avaient décidé, en vertu d’un accord conclu le 30 juillet dernier, de l’établissement d’un Mécanisme de surveillance des frontières, le Secrétaire général adjoint s’est dit convaincu qu’un tel Mécanisme était essentiel à la promotion des relations de bon voisinage entre les deux pays.  Reprenant les recommandations du Secrétaire général, il a souligné le rôle clef qui serait dévolu à la FISNUA, en appui de ce Mécanisme.  C’est pourquoi, M. Ladsous a plaidé pour le réajustement du mandat de la FISNUA.

Avec le même plafond autorisé de 4 200 soldats, la FISNUA, telle que reconfigurée, reposerait alors sur un deuxième pilier, avec le déploiement de 297 membres d’unités de protection, 9 observateurs militaires et 146 éléments précurseurs, en soutien du Mécanisme de surveillance des frontières.

M. Ladsous a indiqué que l’efficacité de cet appui renforcé de la FISNUA dépendait de plusieurs conditions, notamment de l’adoption par les deux parties des arrangements techniques nécessaires à ce Mécanisme de surveillance et l’octroi d’une liberté de mouvement totale à la FISNUA.  La frontière à surveiller s’étend sur près de 2 100 kilomètres, a-t-il rappelé, en soulignant que des moyens aériens de reconnaissance supplémentaires seront nécessaires.

Insistant sur la mise en œuvre « cruciale » de l’Accord du 20 juin, notamment à l’approche de la saison de la migration des nomades Misseriya, le Secrétaire général adjoint a affirmé que les opérations effectuées par la FISNUA, notamment pour assurer la protection des civils, ne sauraient pallier l’absence de progrès enregistrés dans le processus de négociations.

La confiance entre les deux parties doit être renforcée, a-t-il insisté, avant de demander au Conseil d’engager les deux Gouvernements à retirer leurs forces de la zone d’Abyei.  Une telle décision permettrait le retour des personnes déplacées et la migration pacifique des nomades Misseriya.  « Nous empêcherons ainsi toute détérioration de la situation dans les prochains mois », a-t-il assuré avant de conclure.

Le représentant du Soudan s’est réjoui pour sa part des « progrès » enregistrés dans la mise en œuvre de l’Accord du 11 juin.  M. Osman a assuré les membres du Conseil de sécurité de la bonne volonté politique de son gouvernement, « qui souhaite faciliter le déploiement de la FISNUA dans les meilleurs délais ».

LeGouvernement du Soudan du Sud, a déclaré le représentant de ce nouvel État, en s’adressant aux membres du Conseil et au Secrétaire général adjoint, est déterminé à poursuivre des négociations constructives avec le Soudan sur toutes les questions en suspens, afin de parvenir à une paix durable à Abyei.

Le représentant du Soudan a rappelé que son gouvernement et celui du Soudan du Sud avaient accepté la proposition du Secrétaire général de modifier le mandat de la FISNUA de manière à appuyer la mise en place du Mécanisme commun de surveillance des frontières.  Le Comité mixte de contrôle d’Abyei, qui s’est réuni à Addis-Abeba les 7 et 8 septembre, avait arrêté « un calendrier détaillé de retrait de toutes les troupes », a précisé pour sa part le représentant du Soudan du Sud.  « Le retrait des forces soudanaises n’est pas conditionné à l’établissement de l’administration de la zone d’Abyei, contrairement à ce que prétend la République du Soudan », a-t-il fait observer.

* S/2011/603

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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