Conseil de sécurité: le Président du Comité des sanctions contre le programme nucléaire de l’Iran présente le bilan trimestriel des travaux du Comité

7 septembre 2011
CS/10376

Conseil de sécurité: le Président du Comité des sanctions contre le programme nucléaire de l’Iran présente le bilan trimestriel des travaux du Comité

07/09/2011
Conseil de sécurité
CS/10376
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

6607eséance – matin


CONSEIL DE SÉCURITÉ: LE PRÉSIDENT DU COMITÉ DES SANCTIONS CONTRE LE PROGRAMME

NUCLÉAIRE DE L’IRAN PRÉSENTE LE BILAN TRIMESTRIEL DES TRAVAUX DU COMITÉ


Le Représentant permanent de la Colombie et Président du Comité du Conseil de sécurité créé par la résolution 1737 (2006), M. Néstor Osorio, de la Colombie, a présenté, ce matin, les activités menées par cet organe subsidiaire du Conseil au cours des trois derniers mois.  La résolution 1737 impose des sanctions contre la République islamique d’Iran et un embargo sur tous les matériels, échanges financiers et autres transactions entreprises qui seraient liés au programme nucléaire de ce pays.


M. Osorio a indiqué qu’au cours de la période considérée, un État Membre avait transmis au Comité 1737 des informations relatives à un incident déjà signalé par le passé, qui porte sur une allégation ayant trait à une violation des termes de la résolution 1747 (2007) qui impose à l’Iran un embargo sur l’exportation d’armes et de matériels connexes.  Le Comité a encouragé l’État Membre concerné à inviter le Groupe d’experts du Comité pour assurer un suivi de cette situation en question, a précisé M. Osorio.


Toujours au cours de la période à l’examen, quatre États Membres des Nations Unies ont adressé au Comité une communication conjointe portant sur « une violation du paragraphe 9 de la résolution 1929 (2010) », qui étend le régime de sanctions imposées à l’Iran par les résolutions précédentes.  La demande contenue dans cette communication conjointe fait actuellement l’objet d’un examen par le Comité, avec l’assistance du Groupe d’experts, a indiqué le Président du Comité créé par la résolution 1737 (2006).


Le Comité a également reçu trois notifications de la part d’États Membres.  La première émanait d’un État qui confirme qu’aucun des individus et entités désignés par la Liste récapitulative du Comité, et qui sont visés par les sanctions, ne possède de compagnies ou d’actions dans une compagnie opérant sur le sol de l’État en question, a indiqué M. Osorio.


Un autre État Membre, a poursuivi le Président du Comité, a informé le Comité de la destruction réussie d’un container confisqué à bord du cargo Hansa India, appréhendé il y a deux ans.  Enfin, la troisième notification exprimait l’intention qu’a un État Membre d’effectuer un paiement dû au titre d’un contrat conclu avec une entité avant l’inscription de cette dernière sur la Liste récapitulative.


Le Comité a également été en mesure de confirmer que l’État Membre qui souhaitait obtenir des clarifications au sujet de son implication présumée dans un incident lié à un transfert illégal d’armes n’était finalement pas impliqué, a annoncé M. Osorio.


S’ils se sont félicités de la mise au point, par le Comité, de notices d’aide à la mise en œuvre des sanctions, les 15 membres du Conseil de sécurité, qui sont tous intervenus, ont déploré le fait que le rapport final du Groupe d’experts n’ait toujours pas été publié, alors que l’une des dispositions du mandat du Groupe est de sensibiliser les États Membres à la nécessité de mettre en œuvre la résolution 1929.


Les membres du Conseil ont pour la plupart déploré que l’Iran continue de ne pas respecter les obligations qui lui incombent en vertu des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.  La délégation de la France notamment, a rappelé que, depuis neuf ans, ce pays n’a pas été en mesure d’apporter à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) la preuve que ses activités nucléaires sont exclusivement destinées à des fins pacifiques.  L’Iran, a affirmé le représentant de la France, enrichit de l’uranium à des taux se rapprochant de plus en plus du seuil militaire, ceci en quantités toujours plus importantes, et dans des installations fortement protégées.  « Pourquoi donc l’Iran continue-t-il à produire de l’uranium à 20%, puisque l’approvisionnement du réacteur de recherche de Téhéran (TRR) est désormais garanti? », s’est demandé le représentant. 


S’appuyant sur les préoccupations exprimées dans le dernier rapport en date de l’AIEA, la représentante des États-Unis a de son coté évoqué des violations par l’Iran de plusieurs résolutions du Conseil de sécurité.  Le régime iranien « refuse de faire la lumière sur ses activités d’enrichissement de l’uranium et sur le développement de réacteurs à eau lourde », a-t-elle accusé.  Si les États-Unis restent fermement attachés à l’idée d’empêcher l’Iran de mettre au point une arme nucléaire, notre gouvernement est également favorable à une politique consistant à exercer une pression diplomatique sur ce pays et à travailler étroitement avec le Comité 1737 », a souligné la représentante.


Les délégations de la Chine, de la Fédération de Russie et du Liban, pays qui préside le Conseil de sécurité au cours de ce mois de septembre, ont quant à elles de nouveau plaidé en faveur de la reprise des négociations avec l’Iran et ont préconisé l’adoption d’une approche diplomatique et politique dans le règlement du dossier nucléaire iranien.  Le représentant de la Chine a fortement encouragé toutes les parties concernées à réfléchir de façon innovante à de « nouvelles mesures favorables à l’instauration de la confiance mutuelle ».  Les trois délégations, à l’instar de celles d’autres membres du Conseil, ont rappelé que le Traité sur la non-prolifération nucléaire reconnait à tous les États le droit inaliénable de se doter d’installations nucléaires pour des usages civiles et pacifiques dans le cadre des obligations de contrôle relevant de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).


NON-PROLIFÉRATION


Exposé du Président du Comité du Conseil de sécurité créé par la résolution 1737 (2006)


M. NÉSTOR OSORIO (Colombie), Président du Comité du Conseil de sécurité créé par la résolution 1737 (2006), a présenté les conclusions du rapport trimestriel du Comité, qui couvre la période soumise à l’examen du Conseil, qui va du 24 juin au 1er septembre 2011.  Au cours de cette période, le Comité a révisé ses directives pour la conduite de ses travaux et mis à jour son programme de travail, qui est actuellement examiné par ses membres, a indiqué M. Osorio, avant de préciser qu’une série de notices d’aide à la mise en œuvre des sanctions était également à l’étude.  Le Président du Comité a annoncé qu’un État Membre avait transmis au Comité des informations additionnelles relatives à un incident déjà signalé par le passé et qui portait sur une allégation de violation du paragraphe 5 de la résolution 1747 (2007).  Le Comité a encouragé l’État Membre à inviter le Groupe d’experts du Comité pour donner suite à cette demande, a précisé M. Osorio.  Toujours au cours de la période à l’examen, quatre États Membres ont adressé une communication conjointe portant sur « une violation du paragraphe 9 de la résolution 1929 (2010) », qui fait actuellement l’objet d’un examen par le Comité, avec l’assistance du Groupe d’experts.


Au cours des trois derniers mois, le Comité a également reçu trois notifications.  La première émanait d’un État Membre qui confirmait qu’aucun des individus et entités désignés par la Liste récapitulative du Comité ne possédait de compagnies ou de parts dans une compagnie opérant sur son sol.  La seconde notification provient quant à elle d’un État Membre qui informe le Comité de la destruction réussie, avec l’assistance d’un État Membre tiers, du container confisqué à bord du cargo Hansa India, a poursuivi le Président.  Enfin, a-t-il ajouté, la troisième notification était relative au paragraphe 15 de la résolution 1737 (2006) et au paragraphe 4 de la résolution 1747 (2007), et indiquait l’intention exprimée par un État Membre qu’il effectuerait un paiement dû au titre d’un contrat conclu avant l’inscription de l’entité concernée sur la Liste récapitulative.


Par ailleurs, a ajouté M. Osorio, le Comité a répondu à la demande d’un État Membre souhaitant obtenir des clarifications au sujet de son implication présumée dans un incident lié au transfert illégal d’armes signalé antérieurement par un autre État Membre.  Le Comité a été en mesure de confirmer, avec l’appui du Groupe d’experts, que l’État Membre qui avait présenté cette demande ne serait pas impliqué dans cet incident.  S’agissant enfin du suivi donné à deux autres demandes écrites émanant séparément de deux États Membres –l’une portant sur la coopération avec une compagnie iranienne dans le domaine de l’énergie, l’autre ayant trait à des transactions financières spécifiques-, le Comité attend toujours d’obtenir des informations additionnelles avant de leur répondre, a conclu M. Osorio.


Déclarations


Mme SUSAN RICE (États-Unis) a déclaré que le dernier rapport en date de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) mettait en exergue le fait que l’Iran ne se conforme toujours pas à ses obligations internationales.  Au cours de la période à l’examen, a-t-elle assuré, cet État a violé plusieurs résolutions du Conseil de sécurité et refuse de faire la lumière sur ses activités d’enrichissement de l’uranium, et sur le développement de réacteurs à eau lourde.  L’Iran refuse en outre de répondre favorablement aux demandes répétées qui lui sont faites de fournir des informations concernant la nature de son programme nucléaire.  Considérant tout cela comme un « acte de provocation manifeste », Mme Rice a souligné la nécessité d’appliquer les sanctions visant le régime iranien, et elle a encouragé le Comité 1737 à pleinement mettre en œuvre son mandat.  Saluant l’action initiée par le Comité pour donner suite aux recommandations du Groupe d’experts, la représentante lui a cependant demandé de redoubler d’efforts pour y donner effet.  Elle s’est dite aussi fermement convaincue que le rapport du Groupe d’experts devait être rendu public sur le site Internet du Comité 1737 et ce, afin d’aider les États qui en ont besoin à s’acquitter de leurs obligations.  « L’absence de publication de ce document compromet la transparence et l’existence même du Groupe d’experts », a insisté Mme Rice, qui a réaffirmé la volonté du Gouvernement des États-Unis de coopérer avec les membres de ce Groupe. « Si les États-Unis restent fermement attachés à l’idée d’empêcher l’Iran de mettre au point une arme nucléaire, notre pays est aussi favorable à une politique consistant à exercer une pression diplomatique sur l’Iran et à travailler étroitement avec le Comité 1737 », a-t-elle précisé en conclusion.


M. MARTIN BRIENS (France) a déclaré que « l’Iran accélère ses efforts et multiplie les centrifugeuses et les annonces provocantes », a-t-il prévenu, avant de dire que la communauté internationale n’était cependant pas dupe.  Depuis de nombreuses années en effet, l’Iran poursuit, en violation de la légalité internationale, « une politique du fait accompli », a estimé M. Briens.  Après avoir dissimulé un programme nucléaire clandestin pendant 20 ans, en violation de son accord de garantie, l’Iran a refusé de coopérer pleinement avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), a rappelé le représentant.  L’Iran continue d’enrichir de l’uranium, soi-disant à des fins pacifiques – et ce malgré l’absence de programme électronucléaire crédible sur son sol, a accusé M. Briens.


« Les signaux alarmants s’accumulent », a insisté M. Briens.  Le régime iranien les diffuse petit à petit, pour en atténuer l’impact et l’importance, mais ils n’en sont pas moins graves, a-t-il assuré.  Ainsi, en février 2010, l’Iran a commencé à enrichir son uranium à 20%, se rapprochant ainsi du seuil militaire – soi-disant dans le seul but d’approvisionner le réacteur de recherche de Téhéran, le TRR.  L’Iran a, en juin dernier, indiqué vouloir multiplier par trois sa capacité de production d’uranium à 20% et vient d’annoncer, le 22 août, l’installation de premières centrifugeuses dans l’usine de Qom - un site dont l’Iran a caché l’existence et qui a été révélé par la communauté internationale en septembre 2009, a dit M. Briens.  Un site, a poursuivi le représentant de la France, « dont l’historique et la finalité originelle ne sont toujours pas précisément connus, car l’Iran refuse de fournir à l’Agence toutes les clarifications qu’elle demande ».  L’Iran avait annoncé en 2009 que le site de Qom devait produire de l’uranium faiblement enrichi, à 3,5%.  « Il nous annonce désormais que le site sera utilisé pour produire de l’uranium enrichi à 20% », a relevé le représentant.  Enfin, l’Iran vient de déclarer, le 30 août, qu’il n’était plus intéressé par une offre sur le TRR, car il avait désormais produit tout l’uranium à 20% nécessaire pour ce réacteur, a fait remarquer M. Briens.


Ces annonces soulèvent des questions fondamentales, a estimé le représentant.  « Pourquoi donc l’Iran continue-t-il à produire de l’uranium à 20%, puisque l’approvisionnement du TRR est désormais garanti? », s’est-il demandé.  « Pourquoi transférer la production d’uranium à 20% dans l’usine de Qom, une installation bunkérisée, adaptée à un usage militaire; une installation construite dans la clandestinité; une installation qui pourrait être facilement et rapidement reconfigurée pour produire de l’uranium à un taux supérieur à 20%? »  Sur tous ces points, l’Iran refuse de faire toute la lumière avec l’Agence internationale de l’énergie atomique, a tranché M. Briens.


Dans ce contexte, le dernier rapport de l’AIEA, aggrave les inquiétudes de la France.  L’Agence y indique, « une nouvelle fois », être dans l’impossibilité de confirmer que toutes les matières nucléaires en Iran sont dédiées à des activités pacifiques.  Surtout, l’AIEA s’inquiète de plus en plus de l’existence possible en Iran d’activités secrètes passées ou « actuelles », a précisé M. Briens.  Ces activités sont liées à une possible dimension militaire du programme iranien, concernant notamment le développement d’une charge nucléaire pour un missile balistique, a-t-il ajouté.  L’Agence indique aussi qu’elle continue de recevoir de nouvelles informations « détaillées et exhaustives » à ce sujet de la part d’un grand nombre d’États Membres.  Sans compter qu’elle attend toujours des explications de la part de l’Iran sur sept sujets différents.  Face au défi que constitue la crise nucléaire iranienne, nous n’avons d’autre choix que de rester unis et fermes, a lancé le représentant.  Les sanctions produisent déjà des effets très concrets, comme le rapport final du Groupe d’experts le montre en détail, a-t-il jugé.  Selon lui, pour continuer de les mettre en œuvre, il faut d’abord répondre fermement aux violations, en particulier les violations de l’embargo sur les armes et le lancement du satellite Rassad-1 le 14 juin dernier, notifié au Comité par la France, le Royaume-Uni, les États-Unis et l’Allemagne.


« Nous devons aussi améliorer la mise en œuvre des sanctions, quand cela s’avère nécessaire », a poursuivi le représentant de la France, en indiquant que son pays souhaite notamment qu’il soit donné effet aux recommandations du Groupe d’experts et que le Comité désigne les individus et entités impliqués dans des cas de violation.  Nous demandons une nouvelle fois que le rapport final du Groupe soit publié, conformément à la pratique constante des Comités des sanctions, a-t-il ajouté, avant de conclure en disant qu’« en fonction du comportement de l’Iran, nous déterminerons la nécessité de prendre des mesures supplémentaires, conformément à la double approche sans cesse poursuivie avec nos partenaires des Six ».


M. PETER WITTIG (Allemagne) a lui aussi estimé que l’Iran continue de violer ses obligations internationales.  Le dernier rapport en date du Directeur général de l’AIEA a souligné les préoccupations de l’Agence devant les « activités nucléaires secrètes » impliquant un possible volet militaire menées par l’Iran, a rappelé M. Wittig.  Il s’est dit par ailleurs inquiet des informations relatives au développement par l’Iran d’un missile balistique.  Le représentant a donc engagé l’Iran à coopérer avec l’AIEA afin de veiller à ce qu’il n’y ait aucune dimension militaire à son programme nucléaire.  L’Allemagne est prête pour sa part à s’engager dans des négociations significatives dans le cadre du Groupe des Six.  Mais si l’Iran ne répond pas favorablement à cette proposition, nous devrons par conséquent nous engager dans une deuxième voie, a prévenu M. Wittig.  S’il a salué la mise au point de notices d’aide à la mise en œuvre des sanctions par le Comité, il a regretté que le dernier rapport en date du Groupe d’experts n’ait pas été posté sur le site Web du Comité.  Le représentant a ensuite appelé les États Membres à mettre en œuvre l’embargo sur les armes décrété contre l’Iran, conformément aux dispositions de la résolution 1737.  Réaffirmant la volonté de son pays de trouver une solution « pacifique et durable » au dossier nucléaire iranien, il a exhorté l’Iran à répondre aux propositions de reprise des négociations.


M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a déclaré qu’il était essentiel que le Comité continue de mener ses travaux avec le plus d’efficacité possible et que les activités du Groupe d’experts devaient être impartiales et indépendantes.  La Fédération de Russie respecte pour sa part toutes les exigences du régime de sanctions applicables à l’Iran, a assuré le représentant, qui a estimé que tous les États Membres doivent s’inspirer des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité pour conférer à ces sanctions une efficacité optimale.  M. Churkin a rappelé que le Gouvernement russe était favorable depuis toujours à l’approche diplomatique et politique dans le règlement du dossier nucléaire iranien.  La Fédération de Russie fera tout ce qui est son pouvoir pour faciliter la reprise des négociations, a-t-il ajouté en conclusion.


M. LI BAODONG (Chine) a estimé que la seule façon de parvenir à une solution juste et durable dans le dossier du nucléaire iranien était de privilégier le dialogue et la négociation.  Aussi, a-t-il souhaité, dans l’intérêt de la communauté internationale, que toutes les parties réfléchissent de façon innovante à de nouvelles mesures favorables à l’instauration de la confiance mutuelle.  Prenant note du dernier rapport en date du Directeur de l’AIEA, le représentant a rappelé que le Gouvernement de la Chine estime depuis toujours que l’Iran a le droit de se doter d’un programme nucléaire à des fins pacifiques et à condition de respecter ses obligations internationales.  M. Li Baodong a enfin jugé crucial d’œuvrer au dialogue et à la négociation entre l’Iran et la communauté internationale afin de trouver une solution adéquate à cette question.


Mme MARIA LUIZA RIBEIRO VIOTTI (Brésil) a déclaré que, « malheureusement, au cours de la période à l’examen, il n’y avait pas eu de progrès à signaler dans les négociations avec l’Iran ».  Elle a ensuite estimé qu’en l’absence de confiance mutuelle, la situation ne pourrait pas se débloquer.  Aussi la représentante a-t-elle encouragé le Gouvernement iranien à pleinement coopérer avec l’AIEA à cette fin, tout en réitérant le droit souverain qu’a l’Iran de développer un programme nucléaire à des fins pacifiques et dans le cadre des obligations fixées par l’Agence internationale de l’énergie atomique.


M. JOSÉ FILIPE MORAES CABRAL (Portugal) s’est dit convaincu que la publication, sur le site du Comité, du rapport final du Groupe d’experts était d’intérêt général pour les États Membres.  Nous avons pris note du déplacement du Directeur de l’AIEA en Iran, a-t-il relevé, espérant que cela marquait le début d’une amélioration de la coopération entre ce pays et l’Agence.  Mais le rapport souligne aussi que l’Iran n’a toujours pas suspendu ses activités d’enrichissement de l’uranium, ni fourni des précisions sur la finalité de ces activités.  Les mêmes préoccupations se font jour quant au développement de réacteurs à eau lourde, qui pourraient être opérationnels dès 2013.  L’Iran doit ouvrir sans retard un accès total à ses installations à l’AIEA et lui donner tous les éléments d’informations dont elle a besoin, a déclaré M. Cabral en conclusion.


M. ZAHEER LAHER (Afrique du Sud) s’est déclaré préoccupé par le fait qu’il est impossible pour l’AIEA d’obtenir les informations dont elle a besoin pour déterminer la nature du programme nucléaire iranien.  Il a donc exhorté l’Iran à répondre aux questions en suspens.  Le représentant s’est félicité par ailleurs que le Comité 1737 a pu s’engager dans un dialogue constructif sur les questions qui intéressent aujourd’hui la communauté internationale, soulignant que les notices d’aide à la mise en œuvre étaient des mesures pertinentes.


M. RAFF BUKUB-OLU WOLE ONEMOLA  (Nigéria), évoquant les incidents signalés au Comité par différents États Membres, les a encouragé à maintenir un niveau élevé de « vigilance » et à continuer de respecter les obligations qui leurs incombent en vertu des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.  Il a toutefois indiqué qu’ils devaient disposer des ressources et de l’assistance technique nécessaires pour parvenir à appliquer efficacement le régime de sanctions imposé à l’Iran.  Le récent rapport de l’AIEA indiquant que l’Iran n’a pas respecté ses obligations, nous l’appelons donc à faire preuve de coopération et à respecter ses obligations internationales, a déclaré en conclusion M. Onemola.


M. MANJEEV SINGH PURI (Inde) a encouragé le Comité 1737 à poursuivre ses travaux de manière « impartiale et indépendante ».  Il a ensuite réitéré la position de l’Inde, qui appuie le droit qu’a l’Iran d’utiliser l’énergie nucléaire à des fins pacifiques.  Le représentant a cependant estimé que ce pays devait coopérer avec l’AIEA « afin d’apporter la preuve du caractère pacifique de son programme nucléaire » et de respecter les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.  L’Ambassadeur Singh Puri a assuré en conclusion le Président du Comité 1737 que l’Inde continuerait de travailler en coopération étroite avec cet organe subsidiaire du Conseil de sécurité.


M. IVAN BARBALIĆ (Bosnie-Herzégovine) a déclaré que la pleine mise en œuvre des accords de garantie de l’AIEA permettrait de vérifier que l’Iran développe un programme nucléaire ayant seulement à des fins pacifiques.  Inquiet du manque de respect démontré par l’Iran envers les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité et envers les obligations qui lui incombent vis-à-vis de l’AIEA, le représentant s’est dit convaincu que la meilleure approche pour résoudre cette crise consistait à donner la priorité aux négociations.


M. MICHEL REGIS ONANGA NDIAYE (Gabon), après avoir réaffirmé l’attachement du Gabon au régime international de l’AIEA, a rappelé la profonde préoccupation de sa délégation face aux cas de « violations répétées », par l’Iran, des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité et face à la poursuite, par ce pays, de ses activités d’enrichissement de l’uranium.  C’est en ce sens que la délégation du Gabon tient à renouveler son appel aux autorités iraniennes pour qu’elles se conforment aux exigences de l’AIEA et à revenir à la table des négociations des Trois + Trois, a dit M. Onanga Ndiaye.  Il a par ailleurs exhorté le Comité à accélérer la publication sur son site Internet du rapport du Groupe d’experts, dont il a salué les efforts déployés pour veiller à la pleine mise en œuvre des résolutions du Conseil de sécurité.  Le représentant a enfin déploré les allégations de violations des sanctions contre l’Iran évoquées par le Président du Comité 1737, souhaitant que toute la lumière soit faite à ce sujet.


M. MARK LYALL GRANT (Royaume-Uni) a noté que, d’après le rapport du Comité 1737, l’Iran avait continué de violer ses obligations internationales au cours de la période à l’examen, notamment en installant des centrifugeuses dans l’usine de Qom - dont l’Iran avait caché l’existence jusqu’à ce que la communauté internationale la révèle en septembre 2009.  Or, a-t-il expliqué, il n’y a aucune justification civile crédible pour enrichir de l’uranium à 20% comme ces centrifugeuses le permettent.  Le représentant britannique est lui aussi revenu sur le lancement du satellite Rassad-1, qui constitue aux yeux de sa délégation une violation nette du paragraphe 9 de la résolution 1929 (2010).  Des enquêtes rapides sur ces incidents contribueraient à une vision plus claire des violations, par l’Iran, des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, a-t-il préconisé.  M. Grant s’est ensuite félicité de la mise au point, par le Groupe d’experts, de notices d’aide à la mise en œuvre des sanctions, qui sont très utiles pour sensibiliser les États Membres aux mesures qu’ils doivent prendre en vue d’une application plus efficace du régime de sanctions.  Il a cependant regretté que le rapport du Groupe d’experts n’ait toujours pas été rendu public sur le site du Comité 1737.  « Il est clair que l’Iran se livre à des activités de prolifération et à l’expansion de son programme nucléaire », a estimé le représentant pour qui le succès de la stratégie à deux volets passe notamment par la mise en œuvre de toutes les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.


M. NAWAF SALAM (Liban) a réaffirmé son attachement à toutes les initiatives visant à relancer les négociations et à favoriser la reprise du dialogue en vue de résoudre de manière pacifique la question du programme nucléaire iranien.  Il a souligné la nécessité d’une application « équilibrée et impartiale » des trois piliers du Traité sur la non-prolifération nucléaire (TNP), à savoir la non-prolifération, le désarmement et la coopération en faveur des usages civils de l’énergie nucléaire par les pays qui le souhaitent.  Aussi le représentant du Liban, Président du Conseil de sécurité pour le mois de septembre, a-t-il réaffirmé l’importance de l’instauration d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient.


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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