Dans un contexte marqué par des incidents le long de la Ligne bleue, le Conseil de sécurité proroge d’un an le mandat de la Force des Nations Unies au Liban

30 août 2011
CS/10373

Dans un contexte marqué par des incidents le long de la Ligne bleue, le Conseil de sécurité proroge d’un an le mandat de la Force des Nations Unies au Liban

30/08/2011
Conseil de sécurité
CS/10373
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

6605e séance – après-midi


DANS UN CONTEXTE MARQUÉ PAR DES INCIDENTS LE LONG DE LA LIGNE BLEUE, LE CONSEIL

DE SÉCURITÉ PROROGE D’UN AN LE MANDAT DE LA FORCE DES NATIONS UNIES AU LIBAN


Exprimant la vive préoccupation que lui inspirent toutes les dernières violations graves, en date des 15 mai et 1er août 2011, de la résolution 1701 (2006), et condamnant les attentats terroristes des 27 mai et 26 juillet visant des Casques bleus, le Conseil de sécurité a décidé, cet après-midi, de proroger le mandat de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) jusqu’au 31 août 2012.


En adoptant à l’unanimité de ses 15 membres la résolution 2004 (2011), le Conseil demande énergiquement à toutes les parties intéressées de respecter la cessation des hostilités, de prévenir toute violation de la Ligne bleue et de respecter celle-ci dans sa totalité, et de coopérer pleinement avec l’ONU et la FINUL.


Dans une lettre* dont était saisie le Conseil, le Secrétaire général indique que, outre les incidents signalés ci-dessus, « les patrouilles et le personnel de la FINUL se sont heurtés à des comportements hostiles, et des restrictions ont été imposées à leur liberté de circulation dans la dernière partie du mois de juin 2011 ».  


Dans plusieurs cas, spécifie le rapport, des pierres ont été jetées et des civils ont confisqué au personnel de la FINUL du matériel appartenant à l’Organisation, dont des appareils photographiques, des systèmes d’information géographique, du matériel de transmissions et des cartes topographiques.


Aux termes de la résolution adoptée aujourd’hui, le Conseil condamne dans les termes les plus vifs tous les attentats terroristes visant la FINUL et demande instamment à toutes les parties d’honorer scrupuleusement l’obligation qui leur est faite de respecter la sécurité du personnel de la FINUL et de veiller à ce que la liberté de circulation de ses personnels soit pleinement respectée et exempte d’entraves.


La résolution prie instamment toutes les parties de coopérer pleinement avec le Conseil et avec le Secrétaire général pour réaliser des progrès tangibles vers un cessez-le-feu permanent et une solution à long terme, tel qu’envisagé par la résolution 1701 (2006), et elle souligne que les parties doivent en faire plus pour progresser vers la pleine application de la résolution 1701.


Le Conseil engage le Gouvernement israélien à accélérer sans plus tarder le retrait de son armée de la partie nord de Ghajar, en coordination avec la FINUL, qui a activement pris l’attache d’Israël et du Liban pour faciliter ce retrait.  Il réaffirme enfin son appel demandant à tous les États d’appuyer et de respecter pleinement l’instauration, entre la Ligne bleue et le Litani, d’une zone d’exclusion de tout personnel armé, biens et armes autres que ceux déployés dans la zone par le Gouvernement libanais et la FINUL.


Saluant l’adoption de la résolution, le représentant d’Israël a fait cependant part de ses préoccupations quant aux « menaces sérieuses à la paix et à la sécurité qui pèsent sur le Liban » et compromettent, aux yeux de son pays, la mise en œuvre de la résolution 1701.  Ainsi, le Hezbollah continue de renforcer son arsenal et d’étendre sa présence au travers du Liban, notamment au sud de la rivière Litani.  « Des dizaines de missiles sophistiqués et de roquettes sont désormais aux mains de cette organisation terroriste », a assuré le représentant.


M. Haim Waxman a dénoncé les « tactiques cyniques » du Hezbollah qui se servirait de civils libanais afin de renforcer ses actions terroristes contre des citoyens d’Israël.  Depuis 2006, selon lui, le Hezbollah a entrepris d’implanter son infrastructure militaire dans des villages et des zones résidentielles, notamment dans la zone de déploiement de la FINUL.  Une telle exploitation des civils comme boucliers humains constitue une violation grave du droit international, a déclaré le représentant israélien.


Par ailleurs, Israël continue d’être préoccupé par les violences dirigées contre les personnels de la FINUL et par les tentatives répétées du Hezbollah de faire obstruction à ses activités, comme en témoignent les attaques terroristes perpétrées les 25 et 26 juillet, qui ont marqué une escalade sérieuse des violences contre la Force, a indiqué le représentant.


Enfin, Israël, a déclaré M. Waxman, dénonce les « actions provocatrices entreprises par le Gouvernement du Liban » le long de la Ligne bleue.  Il a fait notamment référence à l’incident qui a vu un soldat libanais ouvrir le feu, le 1er août dernier, sur des membres des Forces de défense israéliennes qui patrouillaient au sud de la Ligne bleue.


De son côté, le représentant du Liban, M. Nawaf Salam, a assuré que la mise en œuvre de la résolution 1701 était constamment remise en cause par les violations de l’intégrité territoriale du Liban par Israël, au prétexte que des transferts non autorisés d’armes ont lieu dans la zone de déploiement de la FINUL.  Pourtant, a-t-il relevé, dans le dernier rapport en date du Secrétaire général, il n’est fait état d’aucune preuve relative à de tels transferts.


Parallèlement, les forces israéliennes tirent à balles réelles contre des civils libanais, a déploré M. Nawaf Salam.  Il a également déclaré que son pays attendait toujours, 10 mois après que ce fut annoncé, le retrait des forces israéliennes de Ghajar.  Enfin, alors que le Liban, a-t-il rappelé, a délimité ses frontières maritimes sud et sud-ouest, conformément aux obligations qui lui incombent en vertu de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, Israël, qui n’est pas partie à cet instrument, exprime aujourd’hui des revendications et des prétentions de souveraineté sur la zone économique exclusive du Liban.


*     S/2011/488


LA SITUATION AU MOYEN-ORIENT


Lettre datée du 5 août 2011, adressée au Président du Conseil de sécurité par le Secrétaire général (S/2011/488)


Texte de la résolution (S/2011/545)


Le Conseil de sécurité,


Rappelant toutes ses résolutions précédentes concernant le Liban, en particulier les résolutions 425 (1978), 426 (1978), 1559 (2004), 1680 (2006), 1701 (2006), 1773 (2007), 1832 (2008), 1884 (2009) et 1937 (2010), ainsi que les déclarations de son président concernant la situation au Liban,


Répondant à la demande formulée par le Gouvernement libanais dans la lettre que le Ministre libanais des affaires étrangères a adressée au Secrétaire général le 22 juillet 2011 de prorogation sans modification du mandat de la FINUL pour une nouvelle période d’un an, et accueillant avec satisfaction la lettre que le Secrétaire général a adressée au Président du Conseil le 3 août 2011 (S/2011/488) pour recommander cette prorogation,


Réaffirmant son soutien résolu à l’intégrité territoriale, la souveraineté et l’indépendance politique du Liban,


Réaffirmant son attachement à la pleine application de toutes les dispositions de la résolution 1701 (2006) et conscient de la responsabilité qui lui incombe d’aider à garantir un cessez-le-feu permanent et la solution à long terme du conflit comme l’envisage la résolution,


Demandant à toutes les parties concernées de redoubler d’efforts pour appliquer sans plus tarder toutes les dispositions de la résolution 1701 (2006),


Exprimant la vive préoccupation que lui inspirent toutes les violations liées à la résolution 1701 (2006), en particulier les dernières violations graves en date des 15 mai et 1er août 2011, et attendant avec intérêt que soit rapidement achevée l’enquête de la FINUL afin que de tels incidents soient évités à l’avenir,


Félicitant les forces armées libanaises et la FINUL pour les mesures prises en vue de prévenir une escalade de la violence lors des manifestations du 5 juin 2011,


Soulignant qu’il importe que l’interdiction de la vente et de la fourniture d’armes et de matériels connexes imposée par la résolution 1701 (2006) soit strictement respectée,


Rappelant qu’il est extrêmement important que toutes les parties concernées respectent la Ligne bleue dans sa totalité et encourageant les parties à accélérer leurs efforts, en coopération avec la FINUL, pour marquer la totalité de la Ligne bleue de façon visible,


Condamnant dans les termes les plus vifs les attentats terroristes des 27 mai et 26 juillet visant les Casques bleus de la FINUL, ainsi que toutes les tentatives d’atteinte à la sécurité et à la stabilité du Liban, réaffirmant sa détermination de veiller à ce que de tels actes d’intimidation n’empêchent pas la FINUL de s’acquitter de son mandat conformément à la résolution 1701 (2006) du Conseil de sécurité et se félicitant de l’enquête ouverte par le Liban et de l’engagement de ce dernier à traduire en justice les auteurs de ces attentats et à protéger les déplacements de la FINUL comme l’a déclaré le Conseil supérieur de défense libanais le 12 août 2011,


Rappelant les principes pertinents énoncés dans la Convention sur la sécurité du personnel des Nations Unies et du personnel associé,


Rendant hommage au dynamisme et au dévouement du personnel de la FINUL, exprimant sa vive gratitude aux États Membres qui apportent leur contribution à la FINUL et soulignant qu’il faut impérativement doter celle-ci de tout le matériel et de tous les moyens nécessaires à l’exécution de son mandat,


Rappelant la demande du Gouvernement libanais tendant à voir déployer une force internationale pour l’aider à exercer son autorité sur l’ensemble du territoire et réaffirmant que la FINUL est autorisée à prendre toutes mesures nécessaires dans les secteurs où opèrent ses forces et, quand elle le juge possible dans les limites de ses capacités, à veiller à ce que son théâtre d’opérations ne soit pas utilisé pour des activités hostiles de quelque nature que ce soit, et à résister à toutes tentatives pour l’empêcher par la force de s’acquitter de son mandat,


Se félicitant des efforts que déploie le Secrétaire général pour suivre de près toutes les activités de maintien de la paix, y compris celles de la FINUL, et soulignant qu’il est nécessaire que le Conseil adopte une approche rigoureuse et stratégique en matière de déploiement au service du maintien de la paix,


Appelant les États Membres à fournir au besoin une assistance à l’armée libanaise en la dotant des moyens nécessaires pour s’acquitter de sa mission, conformément à la résolution 1701 (2006),


Constatant que la situation au Liban continue de menacer la paix et la sécurité internationales,


Décide de proroger le mandat actuel de la FINUL jusqu’au 31 août 2012;


Salue le rôle positif de la FINUL, dont le déploiement avec l’armée libanaise a contribué à créer un nouvel environnement stratégique dans le sud du Liban, se félicite de l’élargissement de la coordination entre la FINUL et l’armée libanaise et demande à celles-ci de renforcer encore leur coopération;


Se félicite à cet égard de ce que la FINUL et les forces armées libanaises aient engagé un dialogue stratégique ayant pour but de procéder à une analyse des forces terrestres et des moyens maritimes et de définir une série de points de repère exprimant la corrélation entre les capacités et responsabilités de la FINUL par rapport à celles des forces armées libanaises afin d’identifier ce dont celles-ci ont besoin pour mener à bien les tâches prescrites dans la résolution 1701 (2006), demande une accélération du rythme de ce dialogue et prie à cet égard le Secrétaire général de procéder, avant la fin de l’année, à un bilan stratégique de la FINUL pour faire en sorte que, outre les bonnes pratiques en matière de maintien de la paix, la configuration de la Mission soit appropriée à l’exécution des tâches qui lui sont prescrites;


Demande énergiquement à toutes les parties intéressées de respecter la cessation des hostilités, de prévenir toute violation de la Ligne bleue et de respecter celle-ci dans sa totalité, et de coopérer pleinement avec l’ONU et avec la FINUL;


Condamne dans les termes les plus vifs tous les attentats terroristes visant la FINUL et demande instamment à toutes les parties d’honorer scrupuleusement l’obligation qui leur est faite de respecter la sécurité du personnel de la FINUL et des autres personnels des Nations Unies et de veiller à ce que la liberté de circulation de la FINUL soit pleinement respectée et exempte d’entraves, conformément à son mandat et à ses règles d’engagement, notamment en évitant tout comportement qui mette en danger le personnel des Nations Unies, et, à cet égard, appelle à la poursuite de la coopération entre la FINUL et les forces armées libanaises en ce qui concerne plus particulièrement les patrouilles coordonnées et adjacentes et l’achèvement rapide de l’enquête ouverte par le Liban sur les attentats des 27 mai et 26 juillet afin que les auteurs de ces attentats soient traduits en justice;


Prie instamment toutes les parties de coopérer pleinement avec le Conseil de sécurité et avec le Secrétaire général pour réaliser des progrès tangibles vers un cessez-le-feu permanent et une solution à long terme, tel qu’envisagé par la résolution 1701 (2006), et souligne que les parties doivent en faire plus pour progresser vers la pleine application de la résolution 1701 (2006);


Engage le Gouvernement israélien à accélérer sans plus tarder le retrait de son armée de la partie nord de Ghajar, en coordination avec la FINUL, qui a activement pris l’attache d’Israël et du Liban pour faciliter ce retrait;


Réaffirme son appel demandant à tous les États d’appuyer et respecter pleinement l’instauration, entre la Ligne bleue et le Litani, d’une zone d’exclusion de tous personnel armé, biens et armes autres que ceux déployés dans la zone par le Gouvernement libanais et la FINUL;


Se félicite de ce qu’entreprend la FINUL pour appliquer la politique de tolérance zéro à l’égard de l’exploitation et des abus sexuels décidée par le Secrétaire général et pour faire intégralement respecter le Code de conduite de l’ONU par son personnel, prie le Secrétaire général de continuer à faire tout le nécessaire en ce sens et d’en tenir le Conseil informé, et engage vivement les pays qui fournissent des contingents à prendre des mesures préventives et disciplinaires pour que ces actes fassent l’objet d’enquêtes en bonne et due forme et soient dûment sanctionnés toutes les fois que leur personnel serait en cause;


Prie le Secrétaire général de continuer à lui faire rapport sur l’application de la résolution 1701 (2006) tous les quatre mois, ou toutes les fois qu’il le jugera nécessaire;


Souligne combien il est important et nécessaire de parvenir à une paix globale, juste et durable au Moyen-Orient, en se fondant sur toutes ses résolutions pertinentes, notamment ses résolutions 242 (1967) du 22 novembre 1967, 338 (1973) du 22 octobre 1973, 1515 (2003) du 19 novembre 2003 et 1850 (2008) du 16 décembre 2008;


Décide de rester activement saisi de la question.


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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