Le Conseil de sécurité affiche sa détermination à faire des écoles et des hôpitaux des « zones de paix » dans les conflits armés

12 Juillet 2011
CS/10319

Le Conseil de sécurité affiche sa détermination à faire des écoles et des hôpitaux des « zones de paix » dans les conflits armés

12/07/2011
Conseil de sécurité
CS/10319
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

6581e séance – matin & après-midi

LE CONSEIL DE SÉCURITÉ AFFICHE SA DÉTERMINATION À FAIRE DES ÉCOLES

ET DES HÔPITAUX DES « ZONES DE PAIX » DANS LES CONFLITS ARMÉS

Le Conseil de sécurité a prié, aujourd’hui, le Secrétaire général des Nations Unies de mentionner dans les annexes à ses rapports annuels sur les enfants en temps de conflit armé les parties belligérantes qui se livrent à des attaques répétées contre des écoles ou des hôpitaux.

La résolution 1998 (2011) du Conseil de sécurité, adoptée à l’unanimité, insiste sur la nécessité de faire des écoles et des hôpitaux des « zones de paix respectées par toutes les parties au conflit », a commenté, juste après le vote, le Secrétaire général, M. Ban Ki-moon, inaugurant ainsi un débat, présidé par le Ministre allemand des affaires étrangères, M. Guido Westerwelle, et auquel ont participé une cinquantaine de délégations.

« Les endroits où l’on apprend et où l’on guérit doivent être des havres de paix », a ajouté M. Ban, rappelant que depuis 1998 – date à laquelle le Conseil de sécurité avait inscrit cette question à son ordre du jour- les huit résolutions adoptées par le Conseil avaient toutes lancé un même message clair, selon lequel la protection des enfants en temps de conflit armé était une question de paix et de sécurité.

Dans son rapport annuel sur le sort des enfants en temps de conflit armé, présenté lors du débat par sa Représentante spéciale chargée de la question, Mme Radhika Coomaraswamy, le Secrétaire général exprimait sa préoccupation face à la propagation des attaques contre les écoles et les hôpitaux. 

Le Secrétaire général encourageait ainsi le Conseil de sécurité à « veiller davantage à ce que ces installations restent protégées, notamment en invitant toutes les parties au conflit à respecter ces institutions essentielles et leur personnel » et à « prendre toutes les mesures possibles pour les protéger et à assurer leur fonctionnement ».

Le rapport du Secrétaire général contient, en annexes, les listes des parties qui recrutent ou utilisent des enfants, tuent ou mutilent des enfants, et/ou commettent des viols et d’autres formes de violence sexuelle contre des enfants dans des situations de conflit armé.

En outre, dans sa résolution 1998, dont le projet était présenté par l’Allemagne, le Conseil de sécurité « condamne fermement » les violations du droit international concernant « le recrutement et l’emploi d’enfants par des parties à un conflit armé ainsi que leur réengagement, le meurtre et les mutilations d’enfants, les viols et autres formes de violence sexuelle dont ils sont victimes, les enlèvements, les attaques contre des écoles ou des hôpitaux et le refus d’un accès humanitaire ».

Dans 15 des 22 cas couverts par le rapport du Secrétaire général, des preuves ont été établies s’agissant d’attaques contre des écoles et des hôpitaux, a expliqué Mme Coomaraswamy.  La Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés a affirmé avoir personnellement constaté les dégâts lors de ses différentes visites sur le terrain, faisant ainsi état d’écoles complètement détruites, bombardées ou brûlées. 

Elle a également dit avoir entendu des témoignages de filles, retirées de l’école par crainte qu’elles ne subissent des attaques à l’acide.  « Ces images m’ont marquée et me rappellent combien il est important de faire en sorte que les écoles demeurent des zones de paix pour tous les enfants », a-t-elle déclaré.

Le Directeur exécutif du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), M. Anthony Lake, a expliqué que « 40% des enfants déscolarisés dans le monde vivent dans des zones de conflit, situées dans les pays les plus pauvres », lesquels enfants, a-t-il poursuivi, « se voient en outre privés de leurs droits les plus élémentaires en matière de santé ». 

M. Lake a espéré que cette résolution incitera les gouvernements et les autres groupes à faire davantage pour prévenir les attaques contre les écoles et les hôpitaux, en établissant des plans d’action concrets pour mettre un terme à ces violations.

Au cours du débat, de nombreuses délégations ont constaté que la mise en œuvre de la résolution 1612 (2005), par laquelle avaient été créés un mécanisme de surveillance et de communication de l’information ainsi qu’un groupe de travail spécialisé du Conseil, avait permis de réaliser des progrès.

Néanmoins, plusieurs pays sont demeurés profondément préoccupés par l’absence de résultats sur le terrain dans certaines situations préoccupantes où les belligérants continuent de violer impunément les dispositions du droit international relatives aux droits et à la protection des enfants dans les conflits armés.

Concernant l’application de sanctions fortes et ciblées, la France a plaidé pour le renforcement de la cohérence d’ensemble de l’architecture du système de sanctions, « au nom de la crédibilité de l’action du Conseil de sécurité », et pour celui des liens du Groupe de travail du Conseil avec la justice pénale internationale.

Certains États, comme la Chine, ont insisté sur le fait que c’est aux gouvernements qu’incombait au premier chef la responsabilité d’offrir à tous les enfants touchés par les conflits armés une protection et des secours.  Plusieurs pays, comme le Pakistan, l’Iraq, le Sri Lanka ou la Thaïlande, ont contesté des informations contenues dans le rapport du Secrétaire général.  La Fédération de Russie a, quant à elle, exprimé sa préoccupation face à l’interprétation donnée aux conflits armés.

Enfin, le Ministre de la justice et du développement constitutionnel de l’Afrique du Sud, M. Jeffrey Tamsanga Radebe, a jugé essentiel de ne pas négliger de répondre aux besoins à long terme des enfants qui ont été affectés par les conflits.  Il a ainsi souligné la nécessité d’appréhender les causes des conflits armés en créant un environnement favorable à la protection et à la promotion des droits des plus jeunes.

LE SORT DES ENFANTS EN TEMPS DE CONFLIT ARMÉ

Rapport du Secrétaire général sur le sort des enfants en temps de conflit armé (S/2011/250)

Lettre datée du 1er juillet 2011, adressée au Secrétaire général par le Représentant permanent de l’Allemagne auprès de l’Organisation des Nations Unies (S/2011/409)

Texte du projet de résolution S/2011/425

Le Conseil de sécurité,

Réaffirmant ses résolutions 1261 (1999) du 25 août 1999, 1314 (2000) du 11 août 2000, 1379 (2001) du 20 novembre 2001, 1460 (2003) du 30 janvier 2003, 1539 (2004) du 22 avril 2004, 1612 (2005) du 26 juillet 2005 et 1882 (2009) du 4 août 2009, et toutes les déclarations pertinentes de son président, qui constituent un cadre général pour la protection des enfants en temps de conflit armé,

Réaffirmant qu’il a la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales et qu’à cet égard il est résolu à s’attaquer à la question des répercussions considérables des conflits armés sur les enfants,

Demandant à toutes les parties à des conflits armés de respecter strictement les obligations qui leur incombent en vertu du droit international pour la protection des enfants dans les conflits armés, notamment celles qui figurent dans la Convention relative aux droits de l’enfant et son protocole facultatif concernant la participation d’enfants à des conflits armés, ainsi que dans les Conventions de Genève du 12 août 1949 et leurs Protocoles additionnels de 1977,

Constatant que l’application de sa résolution 1612 (2005) a permis de réaliser des progrès, aboutissant à la libération et à la réinsertion d’enfants dans leur famille et leur collectivité et à un dialogue plus systématique entre les équipes spéciales des Nations Unies au niveau des pays et les parties aux conflits armés concernant l’exécution de plans d’action assortis d’échéances, tout en demeurant profondément préoccupé par l’absence de progrès sur le terrain dans certaines situations préoccupantes où les belligérants continuent de violer impunément les dispositions du droit international relatives aux droits et à la protection des enfants dans les conflits armés,

Soulignant que c’est aux gouvernements qu’il incombe au premier chef d’offrir à tous les enfants touchés par les conflits armés une protection et des secours et réitérant que toutes les mesures prises par des entités des Nations Unies dans le cadre du mécanisme de surveillance et de communication de l’information doivent viser à soutenir et à compléter, le cas échéant, les prérogatives des gouvernements en matière de protection et de réadaptation,

Convaincu que la protection des enfants dans les conflits armés devrait constituer un volet important de toute stratégie d’ensemble de règlement des conflits,

Rappelant la responsabilité qu’ont tous les États de mettre fin à l’impunité et de poursuivre quiconque est responsable de génocide, de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre et autres crimes odieux commis sur la personne d’enfants,

Soulignant qu’il convient de traduire en justice les personnes qui auraient commis des crimes à l’encontre d’enfants dans des situations de conflit armé, en faisant appel aux appareils judiciaires nationaux et, le cas échéant, aux mécanismes de justice internationale et aux juridictions mixtes, l’objectif étant de mettre un terme à l’impunité,

Notant, par ailleurs, les dispositions pertinentes du Statut de Rome de la Cour pénale internationale,

Ayant examiné le rapport du Secrétaire général en date du 11 mai 2011 (A/65/820-S/2011/250) et soulignant que la présente résolution n’a pas pour objet de se prononcer en droit sur la question de savoir si les situations visées dans ce rapport sont ou non des conflits armés au sens des Conventions de Genève et des Protocoles additionnels auxdites conventions, et qu’elle ne préjuge pas le statut juridique des parties non étatiques en présence,

Se déclarant profondément préoccupé par les attaques et les menaces d’attaques qui, en violation du droit international applicable, visent des écoles ou des hôpitaux et les personnes protégées qui s’y trouvent, ainsi que par la fermeture des écoles et des hôpitaux en temps de conflit armé du fait des attaques et des menaces d’attaques, et demandant à toutes les parties à des conflits armés de mettre immédiatement fin à ces attaques et à ces menaces,

Rappelant les dispositions de la résolution de l’Assemblée générale intitulée « Le droit à l’éducation dans les situations d’urgence » (A/RES/64/290) concernant les enfants en temps de conflit armé,

Notant que l’article 28 de la Convention relative aux droits de l’enfant consacre le droit de l’enfant à l’éducation et définit les obligations des États parties à la Convention à cet égard, l’objectif étant d’assurer la réalisation progressive de ce droit sur la base de l’égalité des chances,

1.    Condamne fermement toutes les violations du droit international applicable concernant le recrutement et l’emploi d’enfants par des parties à un conflit armé ainsi que leur réengagement, le meurtre et les mutilations d’enfants, les viols et autres formes de violence sexuelle dont ils sont victimes, les enlèvements, les attaques contre des écoles ou des hôpitaux et le refus d’un accès humanitaire par les parties à un conflit armé ainsi que toutes autres violations du droit international commises sur la personne d’enfants en temps de conflit armé;

2.    Réaffirme que le mécanisme de surveillance et de communication de l’information continuera à être mis en place dans les situations énumérées dans les annexes aux rapports du Secrétaire général sur les enfants et les conflits armés, conformément aux principes énoncés au paragraphe 2 de sa résolution 1612 (2005), et que son établissement et sa mise en œuvre ne préjugeront ni n’impliqueront une quelconque décision du Conseil de sécurité tendant à le saisir de telle ou telle situation;

3.    Rappelle le paragraphe 16 de sa résolution 1379 (2001) et prie le Secrétaire général de mentionner également dans les annexes à ses rapports sur les enfants en temps de conflit armé les parties à un conflit armé qui, en violation du droit international applicable,

a)    Se livrent à des attaques répétées contre des écoles ou des hôpitaux,

b)    Se livrent à des attaques ou à des menaces d’attaques répétées contre des personnes protégées se trouvant dans des écoles ou des hôpitaux, dans des situations de conflit armé, en ayant présents à l’esprit les autres violations et sévices commis sur la personne d’enfants, et note que le présent paragraphe s’applique aux situations répondant aux critères énoncés au paragraphe 16 de sa résolution 1379 (2001);

4.    Exhorte les parties aux conflits armés à ne pas empêcher les enfants d’accéder à l’éducation et aux services de santé et prie le Secrétaire général de continuer à surveiller la situation en ce qui concerne, notamment, l’utilisation d’écoles ou d’hôpitaux à des fins militaires en violation du droit international humanitaire et les attaques ou enlèvements d’enseignants et de personnel médical, et à en rendre compte;

5.    Invite le Secrétaire général, par l’intermédiaire de sa Représentante spéciale pour le sort des enfants en temps de conflit armé, à échanger des informations appropriées et à maintenir une interaction à la première occasion possible avec les gouvernements intéressés en ce qui concerne des violations et des sévices commis à l’égard d’enfants par des parties qui pourraient être mentionnées dans les annexes à son rapport périodique;

6.    Tout en notant que certaines parties à un conflit armé ont répondu à son appel visant à élaborer et appliquer des plans d’action concrets et assortis d’échéances pour mettre fin au recrutement et à l’emploi d’enfants en violation du droit international applicable:

a)    Réitère son appel aux parties à un conflit armé énumérées dans les listes figurant dans les annexes au rapport du Secrétaire général sur le sort des enfants en temps de conflit armé qui ne l’ont pas encore fait à élaborer et appliquer, sans retard, des plans d’action pour mettre fin au recrutement et à l’emploi d’enfants et aux meurtres et mutilations d’enfants en violation du droit international applicable, ainsi qu’aux viols et autres violences sexuelles commis contre la personne d’enfants;

b)    Demande aux parties qui sont dotées d’un plan d’action et qui ont toutefois été inscrites sur les listes en raison de multiples violations d’élaborer et d’appliquer des plans d’action séparés, s’il y a lieu, pour mettre fin aux meurtres et mutilations d’enfants, aux attaques répétées contre des écoles ou des hôpitaux, et aux attaques ou menaces d’attaque répétées contre des personnes protégées se trouvant dans des écoles ou des hôpitaux, en violation du droit international applicable, ainsi qu’aux viols et autres violences sexuelles commis contre la personne d’enfants;

c)    Demande aux parties énumérées dans les listes figurant dans les annexes au rapport du Secrétaire général sur le sort des enfants en temps de conflit armé qui commettent, en violation du droit international applicable, des attaques répétées contre des écoles ou des hôpitaux et des attaques ou menaces d’attaque répétées contre des personnes protégées se trouvant dans des écoles et des hôpitaux, dans des situations de conflit armé, d’élaborer sans délai des plans d’action concrets assortis d’échéances pour mettre fin à ces violations et sévices;

d)    Demande en outre à toutes les parties énumérées dans les listes figurant dans les annexes au rapport du Secrétaire général sur le sort des enfants en temps de conflit armé de lutter contre toutes les autres violations et sévices commis sur la personne d’enfants et de prendre des engagements et des mesures spécifiques à cet égard;

e)    Prie instamment les parties énumérées dans les listes figurant dans les annexes au rapport du Secrétaire général sur le sort des enfants en temps de conflit armé de mettre en œuvre les dispositions du présent paragraphe en étroite coopération avec la Représentante spéciale pour le sort des enfants en temps de conflit armé et les équipes spéciales de pays des Nations Unies chargées de la surveillance et de la communication de l’information;

7.    Dans ce contexte, encourage les États Membres à trouver des moyens, en étroite consultation avec les équipes spéciales de pays des Nations Unies chargées de la surveillance et de la communication de l’information et les équipes de pays des Nations Unies, de faciliter l’élaboration et l’application de plans d’action assortis d’échéances, et l’examen et la surveillance par les équipes spéciales de pays des Nations Unies des obligations et engagements concernant la protection des enfants dans les conflits armés;

8.    Invite les équipes spéciales de pays des Nations Unies chargées de la surveillance et de la communication de l’information à envisager de faire figurer dans leurs rapports les informations pertinentes communiquées par les gouvernements concernés et de veiller à ce que les informations collectées et communiquées par le mécanisme soient exactes, objectives, fiables et vérifiables;

9.    Réaffirme qu’il est déterminé à assurer le respect de ses résolutions concernant le sort des enfants en temps de conflit armé et, à cet égard:

a)    Se félicite des activités continues que son Groupe de travail sur le sort des enfants en temps de conflit armé a menées et des recommandations qu’il a formulées, conformément au paragraphe 8 de sa résolution 1612 (2005), et l’invite à continuer de soumettre régulièrement des rapports au Conseil de sécurité;

b)    Constate avec une profonde préoccupation que certaines parties persistent à commettre des violations et des sévices sur la personne d’enfants et se déclare disposé à adopter des mesures ciblées et graduelles contre ceux qui persistent dans ces actes, en tenant compte des dispositions pertinentes de ses résolutions 1539 (2004), 1612 (2005) et 1882 (2009);

c)    Demande un renforcement des communications entre le Groupe de travail et les comités des sanctions concernés du Conseil de sécurité, notamment grâce à l’échange d’informations pertinentes sur les violations et les sévices commis sur la personne d’enfants dans des conflits armés;

d)    Encourage ses comités des sanctions concernés à continuer d’inviter la Représentante spéciale du Secrétaire général pour le sort des enfants en temps de conflit armé à leur faire un exposé des informations spécifiques ayant trait à son mandat qui pourraient intéresser leurs travaux, et encourage tous les comités des sanctions à garder à l’esprit les recommandations pertinentes figurant dans le rapport du Secrétaire général sur le sort des enfants en temps de conflit armé, et encourage la Représentante spéciale du Secrétaire général à communiquer des informations spécifiques figurant dans les rapports du Secrétaire général aux groupes d’experts des comités des sanctions compétents;

e)    Entend examiner, lorsqu’il établira, modifiera ou renouvellera le mandat des comités des sanctions pertinents, la possibilité d’y inclure des dispositions à l’encontre des parties à un conflit armé qui mènent des activités contrevenant au droit international applicable relatif aux droits et à la protection des enfants en temps de conflit armé;

10.   Encourage les États Membres qui le souhaitent à continuer de communiquer au Conseil de sécurité des informations pertinentes sur la mise en œuvre de ses résolutions relatives aux enfants dans les conflits armés;

11.   Invite les États Membres concernés à prendre sans tarder des mesures décisives contre les auteurs persistants de violations et de sévices commis sur la personne d’enfants en situation de conflit armé et les invite en outre à traduire en justice les responsables de telles violations qui sont interdites par le droit international applicable, y compris en ce qui concerne le recrutement et l’emploi d’enfants, les meurtres et mutilations, le viol et autres formes de violence sexuelle, les attaques contre des écoles ou des hôpitaux et les attaques ou menaces d’attaque contre des personnes protégées se trouvant dans des écoles ou des hôpitaux, par le biais de leur système judiciaire interne et, le cas échéant, des mécanismes judiciaires internationaux et des cours et tribunaux pénaux mixtes, en vue de mettre fin à l’impunité de ceux qui commettent des crimes à l’encontre des enfants;

12.   Souligne qu’il incombe aux équipes spéciales de pays des Nations Unies chargées de la surveillance et de la communication de l’information et aux équipes de pays des Nations Unies, selon leurs mandats respectifs, de veiller à ce qu’il soit effectivement donné suite aux résolutions du Conseil de sécurité sur les enfants et en temps de conflit armé, de suivre les progrès accomplis et d’en rendre compte au Secrétaire général en étroite coopération avec sa Représentante spéciale pour le sort des enfants en temps de conflit armé, et de veiller à ce qu’une réponse concertée soit apportée aux questions relatives aux enfants en temps de conflit armé;

13.   Prie de nouveau le Secrétaire général de veiller à ce que la question des enfants en temps de conflit armé soit traitée expressément dans tous ses rapports consacrés à la situation dans un pays donné et entend prêter toute l’attention voulue aux informations qui y figurent, notamment en ce qui concerne l’application des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité et des recommandations de son groupe de travail sur le sort des enfants en temps de conflit armé, lorsqu’il examine celles de ces situations dont il est saisi;

14.   Réaffirme sa décision de continuer à inclure des dispositions précises concernant la protection des enfants dans les mandats de toutes les missions de maintien de la paix, missions de consolidation de la paix et missions politiques spéciales des Nations Unies pertinentes, encourage l’affectation de spécialistes de la protection de l’enfance auprès de ces missions et demande au Secrétaire général de veiller à ce que ces spécialistes soient recrutés et déployés conformément aux résolutions portant spécifiquement sur un pays particulier et à la Directive relative à la protection, aux droits et au bien-être des enfants touchés par les conflits armés formulée par le Département des opérations de maintien de la paix;

15.   Prie les États Membres, les missions de maintien de la paix, les missions de consolidation de la paix et les missions politiques des Nations Unies et les équipes de pays des Nations Unies, dans le cadre de leurs mandats respectifs et en coopération étroite avec les gouvernements concernés, de mettre au point des stratégies appropriées et des mécanismes de coordination pour les échanges d’informations et la coopération concernant les questions de protection de l’enfance, en particulier les problèmes transfrontières, en ayant à l’esprit les conclusions pertinentes du Groupe de travail sur le sort des enfants en temps de conflit armé et l’alinéa d) du paragraphe 2 de sa résolution 1612 (2005);

16.   Se félicite des progrès accomplis par les équipes spéciales de pays des Nations Unies chargées de la surveillance et de la communication de l’information et souligne qu’un mécanisme renforcé de surveillance et de communication de l’information est nécessaire pour qu’il soit convenablement donné suite aux recommandations du Secrétaire général et aux conclusions du Groupe de travail sur le sort des enfants en temps de conflit armé conformément à ses résolutions 1612 (2005) et 1882 (2009);

17.   Demande au Secrétaire général de continuer à prendre les mesures nécessaires, notamment, le cas échéant, de porter le mécanisme de surveillance et de communication de l’information à sa pleine capacité, pour permettre une diffusion rapide des informations concernant toutes les violations et sévices commis sur la personne d’enfants et une réaction effective à cet égard et de faire en sorte que les informations recueillies et communiquées par le mécanisme soient précises, objectives, fiables et vérifiables;

18.   Souligne que des programmes effectifs de désarmement, démobilisation et réinsertion destinés aux enfants et fondés sur les meilleures pratiques identifiées par l’UNICEF et d’autres acteurs pertinents en matière de protection de l’enfance, y compris l’Organisation internationale du Travail, sont essentiels pour le bien-être de tous les enfants qui, en violation du droit international applicable, ont été recrutés ou employés par des forces et groupes armés, et un facteur critique pour la paix durable et la sécurité, et prie instamment les gouvernements et les donateurs de faire en sorte que ces programmes communautaires reçoivent des ressources et un financement opportuns, soutenus et suffisants;

19.   Demande aux États Membres, aux entités des Nations Unies, notamment la Commission de consolidation de la paix, et aux autres parties concernées de veiller à ce que la protection, les droits, le bien-être et l’autonomisation des enfants touchés par des conflits armés soient intégrés dans tous les processus de paix et que la planification, les programmes et stratégies de redressement et de reconstruction après un conflit accordent la priorité aux questions relatives aux enfants touchés par un conflit armé;

20.   Invite la Représentante spéciale pour le sort des enfants en temps de conflit armé à lui présenter un exposé sur les modalités d’inscription des parties dans les annexes du rapport périodique du Secrétaire général sur les enfants en temps de conflit armé, afin de permettre un échange de vues sur la question;

21.   Charge son groupe de travail sur le sort des enfants en temps de conflit armé, avec le concours de la Représentante spéciale pour le sort des enfants en temps de conflit armé, d’envisager, dans un délai d’un an, un large éventail de mesures visant à accroître la pression sur ceux qui persistent à commettre des violations et des sévices sur la personne d’enfants en situation de conflit armé;

22.   Prie le Secrétaire général de lui présenter d’ici à juin 2012 un rapport sur l’application de ses résolutions et déclarations de son président concernant les enfants en temps de conflit armé, y compris la présente résolution, qui comprenne notamment:

a)    En annexe, des listes des parties se trouvant dans des situations de conflit armé dont le Conseil de sécurité est saisi ou dans d’autres situations, conformément à l’alinéa a) du paragraphe 19 de la résolution 1882 (2009) et au paragraphe 3 de la présente résolution;

b)    Des informations sur les mesures prises par les parties énumérées dans les listes figurant dans les annexes afin de mettre fin à toutes les violations et sévices commis sur la personne d’enfants dans des conflits armés;

c)    Des informations sur les progrès accomplis dans la mise en place du mécanisme de surveillance et de communication de l’information créé par sa résolution 1612 (2005);

d)    Des informations sur les critères et procédures utilisés pour inscrire sur les listes figurant dans les annexes à ses rapports périodiques ou en radier les parties à un conflit armé, conformément au paragraphe 3 de la présente résolution, en tenant compte des vues exprimées par tous les membres du Groupe de travail au cours des réunions informelles qui se tiendront d’ici à la fin de 2011;

23.   Décide de rester activement saisi de la question.

Déclarations

M. GUIDO WESTERWELLE, Ministre des affaires étrangères de l’Allemagne, qui s’exprimait en sa qualité nationale, a dit espérer que le Conseil de sécurité saurait prendre une décision importante pour développer les éléments critiques visant à sévir contre ceux qui violent les droits des enfants.  Les plans d’action futurs doivent inclure des mesures visant les attaques contre les écoles ou contre les hôpitaux, a-t-il notamment déclaré.  Les sociétés doivent être jugées par la manière dont elles traitent des enfants, a-t-il souligné.  Le Ministre a mis également l’accent sur la nécessité de continuer d’essayer de protéger les enfants contre les effets de la guerre et des conflits. 

M. BAN KI-MOON, Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, a rappelé que les huit résolutions adoptées par le Conseil de sécurité depuis 1998 avaient toutes lancé un même message clair, selon lequel la protection des enfants en temps de conflit armé est une question de paix et de sécurité.  « La communauté internationale ne saurait tolérer de violations graves de ce principe », a-t-il dit.  Assurant que la résolution adoptée aujourd’hui constitue un pas en avant, M. Ban Ki-moon a mis l’accent sur le fait que ce texte insiste sur la nécessité de faire des écoles et des hôpitaux des zones de paix respectées par toutes les parties au conflit.  « Les endroits où l’on apprend et où l’on guérit doivent être des havres de paix », a encore déclaré le Secrétaire général, qui a ensuite évoqué les résultats enregistrés en matière de lutte contre l’enrôlement d’enfants soldats, notant que, l’an dernier, 10 000 enfants liés à des groupes armés avaient été libérés. 

Concernant l’implication du système de l’ONU dans le domaine des enfants et des conflits armés, M. Ban a notamment relevé que le Département des opérations de maintien de la paix avait déployé des conseillers sur la protection des enfants dans 13 missions depuis 2001.  « Ils aident les missions à appuyer la mise en œuvre des résolutions du Conseil de sécurité », a-t-il expliqué, avant de saluer également le rôle des équipes de pays et de l’UNICEF à cette fin.  Avant de conclure, il a appelé les États à œuvrer ensemble pour assurer que, partout, les enfants grandissent dans un environnement sûr, en ayant accès à l’éducation et à la santé, et ce pour qu’ils puissent contribuer à l’essor des sociétés.

Mme RADHIKA COOMARASWAMY, Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, qui présentait le dixième rapport annuel du Secrétaire général sur le sort des enfants en temps de conflit armé, a souligné que dans 15 des 22 cas couverts par le rapport, des preuves ont été établies concernant des attaques contre des écoles et des hôpitaux.  Elle a affirmé avoir personnellement constaté les dégâts lors de ses différentes visites sur le terrain, citant des écoles complètement détruites, bombardées ou brûlées.  Elle a également dit avoir vu des filles dont les camarades désertent l’école car, en tant que lycéennes ou étudiantes, elles sont susceptibles d’être victimes d’attaques à l’acide.  « Ces images m’ont marquée et me rappellent combien il est important de faire en sorte que les écoles demeurent des zones de paix pour tous les enfants », a-t-elle dit.

Selon Mme Coomaraswamy, la moitié des enfants dans le monde qui ne vont pas à l’école primaire vivent dans des zones de conflit.  Elle a mis l’accent sur les appels répétés du Secrétaire général en vue de protéger les écoles et les hôpitaux des attaques.  L’initiative de l’Allemagne qui a contribué à l’adoption de la résolution d’aujourd’hui démontre la détermination du Conseil de sécurité pour élargir la protection des filles et des garçons, a-t-elle estimé.  Cette résolution, a-t-elle ajouté, donne un élan concret à l’action sur le terrain visant à protéger les écoles et les hôpitaux.  La promesse de cette résolution est très réelle, a-t-elle indiqué, précisant que beaucoup avait été réalisé depuis l’adoption de la résolution 1612 en 2005.  La Représentante spéciale a ainsi énuméré certains des succès obtenus grâce à l’engagement du Conseil de sécurité, en Afghanistan, au Népal, aux Philippines, en République centrafricaine, au Sri Lanka, au Soudan et au Tchad.

De grands défis subsistent, a-t-elle affirmé, soulignant en particulier la nécessité de lutter contre l’impunité de ceux qui commettent des violations contre les enfants.

M. ANTHONY LAKE, Directeur exécutif du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), a jugé que les actes de violence les plus graves commis contre des enfants en temps de conflit armé étaient non seulement des violations du droit international humanitaire « mais étaient également des violations de l’humanité tout entière ».  Après avoir exprimé son indignation devant le fait que, dans certains pays, les cours d’école sont utilisées comme cimetières de fortune où sont enterrées les victimes de guerre, M. Lake a relevé le coût économique des attaques contre les établissements scolaires et de santé.  Il a notamment indiqué que ces établissements devraient être reconstruits au lendemain des conflits, rappelant que le coût de ces travaux était rarement couvert par l’aide humanitaire internationale.

« Quarante pour cent des enfants déscolarisés dans le monde vivent dans des zones de conflit, qui sont situées dans les pays les plus pauvres », a-t-il poursuivi, ajoutant que ces mêmes enfants se voient en outre privés de leurs doits les plus élémentaires en matière de santé.  Appelant à ne pas abandonner ces enfants, le Directeur exécutif de l’UNICEF a exhorté les États Membres à protéger les écoles « où ils reçoivent une instruction et les hôpitaux où ils sont soignés », afin de protéger leur avenir individuel et celui de leur communauté.  M. Lake s’est ensuite félicité de l’adoption de la résolution 1998 du Conseil de sécurité, qui exhorte les parties au conflit armé à ne pas empêcher les enfants d’accéder à l’éducation et aux services de santé. 

Il a espéré que cette résolution incitera les gouvernements et les autres groupes à faire davantage pour prévenir les attaques contre les écoles et les hôpitaux, en établissant des plans d’action concrets en vue de mettre un terme à ces violations.  Il a prévenu que si rien n’est fait à cette fin, les comités des sanctions pertinents du Conseil de sécurité devront être renforcés car, a-t-il déclaré, « l’impunité dans une société civilisée est aussi intolérable que la justice y est indispensable ».  M. Lake a souligné l’exemple du Népal et des Philippines où, à l’initiative des Gouvernements en place, les écoles ont été décrétées zones de paix.

Mme MARÍA ÁNGELA HOLGUÍN CUÉLLAR, Ministre des affaires étrangères de la Colombie, a souligné que depuis la résolution 1612 (2005) l’importance des mécanismes de surveillance et de rapport est reconnue, ainsi que la nécessité d’opérer avec la participation et la coopération des gouvernements nationaux et des acteurs pertinents des Nations Unies et de la société civile.  Elle a en particulier déploré le fait qu’au cours des dernières années les Gouvernements des pays concernés avaient été exclus du débat et des mécanismes de travail.  Cette tendance, a-t-elle dit, « nous éloigne d’une solution définitive ». 

De même, la Ministre a jugé naïf de penser que les Nations Unies ou toute autre organisation multilatérale pourront changer les esprits des organisations terroristes qui, pendant des décennies, ont semé la peur au sein des populations civiles et ont utilisé les enfants comme instruments, ignorant les règles nationales et internationales.  Voilà pourquoi, a-t-elle dit, il est inadmissible que des institutions spécialisées cherchent à parler directement avec ces groupes sans le consentement des gouvernements.  Mme Holguín Cuéllar a en outre jugé que la prévention devrait guider les actions du Conseil de sécurité et des Nations Unies.  Elle a notamment regretté que cette résolution et les autres sur ce sujet n’aient pas considéré la prévention comme une de ses stratégies centrales.

M. SVEN ALKALAJ, Ministre des affaires étrangères de la Bosnie-Herzégovine, a appelé les parties qui figurent dans l’annexe du rapport du Secrétaire général à respecter leurs obligations internationales en mettant fin aux violations contre les enfants.  « Ces pays doivent s’engager dans un dialogue franc avec les Nations Unies et établir des plans d’action concrets et dûment financés », a-t-il ajouté.  S’agissant de la réintégration des anciens enfants soldats, le Ministre bosnien a estimé que la mise en œuvre effective des programmes pertinents était à la fois des mécanismes essentiels au maintien de la paix et de la sécurité et les moyens les plus sûrs d’améliorer le bien-être de ces individus.  Poursuivant, M. Alkalaj a rappelé que, l’an dernier, son pays avait été l’un des principaux auteurs de la résolution de l’ONU sur le droit à l’éducation dans les situations d’urgence.  « En vertu de ce texte, des mesures doivent être prises pour assurer l’accès des enfants à l’éducation au cours de toutes les phases des situations d’urgence et pour que soient criminalisées les attaques contre les écoles », a-t-il expliqué.  C’est en ce sens, qu’il a appuyé l’adoption de la résolution 1998 du Conseil de sécurité qui, en répondant aux recommandations du Secrétaire général dans son rapport, demande à toutes les parties au conflit armé de faire des écoles et des hôpitaux des zones de paix.

M. JEFFREY TAMSANGA RADEBE, Ministre de la justice et du développement constitutionnel de l’Afrique du Sud, a appelé à son tour les parties visées dans les annexes du rapport du Secrétaire général à adopter des plans d’action spécifiques pour améliorer le sort des enfants en temps de conflit armé.  « Mon pays est profondément préoccupé par les violations perpétrées dans les situations de conflit qui ont éclaté récemment en Côte d’Ivoire et en Libye », a-t-il ensuite noté.  Le Ministre a par ailleurs estimé vital de ne pas négliger de répondre aux besoins à long terme des enfants qui ont été affectés par les conflits, ce qui implique qu’il faudrait appréhender les causes des conflits armés en créant un environnement favorable à la protection et à la promotion des droits des plus jeunes. 

Mme SUSAN RICE (États-Unis) a affirmé que les abus à l’encontre des enfants ne déchiraient pas seulement notre cœur, mais également le tissu de nos sociétés, sapant ainsi notre sécurité.  La représentante s’est félicitée des progrès accomplis au cours des dernières années, notamment en Afghanistan, au Népal, aux Philippines, en République centrafricaine ou au Sri Lanka.  Mais des défis demeurent, a-t-elle dit, exprimant notamment sa profonde préoccupation concernant la situation en République démocratique du Congo (RDC).  C’est pourquoi, elle a invité le Gouvernement de ce pays à prendre des mesures.  Mme Rice a également évoqué la situation au Soudan et au Myanmar.  Elle s’est dite préoccupée de voir que les auteurs de violations contre les enfants continuaient de jouir de l’impunité.  Elle a ainsi rappelé que 16 parties à des conflits figurant sur la liste du rapport du Secrétaire général y étaient depuis cinq ans ou plus, ce qui, a-t-elle déclaré, est inacceptable. 

M. LUIS BRITES PEREIRA, Ministre adjoint des affaires étrangères du Portugal, a déclaré que la résolution 1998 du Conseil de sécurité lui permettra d’agir de manière plus rapide et consistante afin d’améliorer la protection des enfants ainsi que leur accès à l’éducation et à la santé.  La fourniture de ces services dans les situations de conflit armé est essentielle pour maintenir sur les rails les efforts de développement des pays, a-t-il souligné.  S’indignant ensuite contre le fait que, selon l’UNESCO, 28 millions d’enfants dans le monde sont privés de leur droit à l’éducation à cause d’un conflit, le Ministre adjoint des affaires étrangères a salué l’adoption, l’an dernier, de la résolution de l’Assemblée générale sur le droit à l’éducation dans les situations d’urgence.  « Il s’agit d’un pas dans la bonne direction en vue de garantir l’exercice d’un droit de l’homme par définition fondamental », a-t-il considéré. 

M. Pereira a par ailleurs appelé le Conseil de sécurité à continuer de renforcer son cadre normatif en matière de protection des enfants en temps de conflit armé.  « Dans cette perspective, les plans d’action sont d’excellents outils pour encourager les forces armées et les groupes armés organisés à respecter leurs obligations ».  « Mais nous devons être conscients que ces efforts ne sont pas suffisants pour contraindre les milices et d’autres groupes armés non étatiques qui ne disposent pas d’une structure claire de commandement », a-t-il prévenu.  « Davantage doit être fait en ce qui concerne le renforcement de la coordination des initiatives menées pour renforcer la protection des enfants victimes des conflits transfrontaliers », a ajouté M. Pereira, qui a réclamé le renouvellement des mandats des comités des sanctions pertinents du Conseil de sécurité.  « Ils doivent prévoir la mise en place d’une expertise et de critères précis de protection », a-t-il affirmé.

M. MARK LYALL GRANT (Royaume-Uni) a estimé que l’ambition devrait demeurer grande pour protéger les enfants dans les conflits armés.  Des mesures peuvent porter leurs fruits, a-t-il dit, soulignant les résultats réels obtenus en Afghanistan, au Népal ou au Tchad.  Mais, des défis subsistent, a-t-il ajouté, notant que des résultats tardaient à venir, comme en République démocratique du Congo (RDC) ou au Myanmar.  Il faut continuer de concentrer les efforts sur une action pratique, a-t-il estimé.  M. Grant a mis l’accent sur l’importance de trouver des méthodes novatrices pour faire la différence sur le terrain, là où opèrent des équipes spéciales.  Le représentant a en outre salué la résolution 1998 (2011) et l’accent mis sur la nécessité de lutter contre les attaques contre les écoles et les hôpitaux.  Il faut prévenir les conflits à plus long terme en faisant en sorte que les enfants ne soient pas laissés pour compte, a-t-il conclu. 

M. MARIA LUIZA RIBEIRO VIOTTI (Brésil) a rappelé que dans les situations de conflit armé, le plein respect du droit international humanitaire est vital et nécessaire.  Il est toutefois inutile, a-t-elle estimé, que le Conseil de sécurité mette en place de nouvelles normes pour punir les actions des parties au conflit.  « En cas de violations des droits des enfants en temps de conflit armé, le Conseil peut décider d’agir de manière plus directe afin de garantir la sécurité des plus vulnérables », a-t-elle préconisé, avant de rappeler que, concernant les attaques contre les écoles et les hôpitaux, le droit international humanitaire est clair.  « Les enseignants, les étudiants, les patients et le personnel médical sont des civils et, en tant que tels, ils doivent être protégés en vertu de ce droit », a-t-elle rappelé.  Faisant remarquer que le Conseil de sécurité a réaffirmé à maintes reprises la responsabilité de toutes les parties au conflit armé de protéger les civils, Mme Ribeiro Viotti a souligné l’importance d’éviter « toute sélectivité ».

M. ALEXANDER A. PANKIN (Fédération de Russie) a affirmé que les enfants continuaient de constituer un des groupes les plus vulnérables souffrant des conflits armés.  Il a espéré que la mise en œuvre de la résolution 1998 (2011) renforcerait la protection des enfants et la coopération internationale dans son ensemble.  Il est important de coordonner les travaux dans ce domaine afin d’éviter les doubles emplois, a-t-il dit.  Il a jugé indispensable de respecter la répartition du travail entre les différents organes des Nations Unies, ainsi que la Charte des Nations Unies.  Le représentant a également estimé que la véracité de certains témoignages contenus dans le rapport du Secrétaire général était à remettre en question.  Il s’est ainsi dit préoccupé de l’interprétation donnée aux conflits armés.  Il a également noté que les situations en Inde ou au Pakistan ne constituaient pas des situations de conflit armé.  Le représentant de la Fédération de Russie a souligné l’importance de renforcer les mécanismes de traduction en justice des auteurs de violations contre les enfants.  L’impunité est inadmissible, a-t-il dit.  Pour le délégué, une coopération efficace ne pourra être exercée sans le concours des pays qui sont en conflit ou en phase de reconstruction. 

M. NAWAF SALAM (Liban) a rappelé que son pays avait connu les attaques contre les écoles et hôpitaux lors de la guerre de 2006 contre Israël.  La résolution 1998 constitue, a-t-il estimé, un pas en avant en renforçant les mises en garde sérieuses contre les auteurs de tels actes, « qui entravent le développement économique, social et humain des pays ».  Le représentant du Liban a en outre souligné que l’introduction de nouveaux critères de protection nécessitera l’accès du Conseil de sécurité et de ses comités des sanctions pertinents à de nouvelles informations fiables.  « L’éducation au service de la paix est la manière la plus efficace de prévenir les conflits et de soigner les traumatismes qu’ils occasionnent », a également déclaré M. Salam.

M. GÉRARD ARAUD (France) a déclaré que la mise en œuvre de la résolution 1998 sera suivie d’une diminution des violations, observées notamment en Afghanistan, au Pakistan et en Syrie.  Concernant l’application de sanctions fortes et ciblées, M. Araud a plaidé pour le renforcement de la cohérence d’ensemble de l’architecture du système de sanctions, « au nom de la crédibilité de l’action du Conseil de sécurité », et pour celui des liens du Groupe de travail du Conseil avec la justice pénale internationale.  « À cet égard, nous saluons la contribution de la Cour pénale internationale (CPI) à la lutte contre l’impunité, illustrée par le procès en cours de Thomas Lubanga pour crimes de guerre », a-t-il noté.  L’Ambassadeur Araud a ensuite assuré que la France partage l’ambition de l’ONU d’un monde sans enfant soldat dans 25 ans.  « Pour améliorer la mise en œuvre la résolution 1882, nous appelons le Secrétaire général à mettre davantage de moyens à disposition du mécanisme de surveillance et de communication de l’information et à mieux prendre en compte la dimension transfrontalière de certains conflits, comme cela a été fait pour lutter contre l’Armée de résistance du Seigneur », a-t-il ainsi déclaré.

Mme JOY OGWU (Nigéria) a constaté que beaucoup de progrès avaient été effectués au cours des dernières années pour améliorer le sort des enfants en temps de conflit armé.  En dépit des améliorations, plusieurs difficultés demeurent, a-t-elle dit, faisant état de violations croissantes contre les écoles ou les hôpitaux.  Il faut que le statut de l’éducation soit inviolable, tout comme l’accès sans entrave aux soins de santé ou aux hôpitaux, a-t-elle estimé.  La représentante a également mis l’accent sur la nécessité de lutter contre l’impunité.  Les États impliqués dans les conflits n’ont pas les capacités de lutter contre les crimes commis contre les enfants, a-t-elle expliqué, mettant l’accent sur l’importance d’aider ces gouvernements pour la mise en œuvre des plans nationaux.  Le Conseil de sécurité devrait réfléchir à des mesures contre les auteurs de violences contre les enfants, a-t-elle ajouté.

M. ALFRED MOUNGARA MOUSSOTSI (Gabon) s’est félicité des « avancées considérables » réalisées depuis l’adoption des résolutions 1379 (2001), 1539 (2004) et 1612 (2005), ainsi que de la résolution 1882 (2009).  Ces différentes mesures constituent un dispositif efficace qui permet une meilleure sensibilisation de toutes les parties à un conflit sur la gravité des crimes qu’elles pourraient commettre, a-t-il estimé.  Le représentant du Gabon a ensuite déploré que plusieurs gouvernements continuent de montrer de fortes résistances à s’engager dans un dialogue constructif avec l’ONU en vue de la signature d’un plan d’action visant à mettre un terme aux violences faites aux enfants dans les conflits armés.  Il a également qualifié de regrettable le fait que de plus en plus de parties à un conflit prennent pour cibles des écoles et hôpitaux.

M. HARDEEP SINGH PURI (Inde) a assuré que le Gouvernement indien accordait la plus haute importance au maintien de l’exercice des droits des enfants dans son pays.  Il a rappelé que 19% des enfants du monde sont indiens, ajoutant que l’Inde avait créé un cadre institutionnel et juridique spécifique de protection et de promotion des droits des plus jeunes et pour améliorer leur bien-être.  Le représentant a également mis en avant le rôle de la société civile indienne, « partie intégrante de ce cadre et partenaire de valeur des efforts nationaux et internationaux en faveur des enfants ».  S’agissant par ailleurs de l’engagement de l’Inde dans les opérations de maintien de la paix de l’ONU, M. Puri a attiré l’attention sur le fait qu’au cours des cinq dernières décennies, 100 000 Casques bleus indiens avaient participé à cet effort.  Il est nécessaire de déployer davantage de conseillers en matière de protection des enfants sur le terrain, où le manque de ressources financières est l’obstacle majeur à une lutte efficace contre l’impunité », a-t-il déclaré. 

M. WANG MIN (Chine) a affirmé que son pays attachait la plus grande importance au sort des enfants en temps de conflit armé et condamnait la pratique de recrutement des enfants soldats.  La question des enfants dans les conflits armés doit être traitée à la racine, a-t-il dit, estimant que le Conseil de sécurité devrait exercer sa responsabilité première de garantir la paix et la sécurité internationales et d’assurer la protection des enfants.  Les mesures de protection des enfants doivent être évaluées en fonction de chaque cas particulier, a-t-il notamment expliqué.  Il n’y a pas de cas unique, a-t-il fait remarquer, avant de mettre l’accent sur la nécessité de respecter le principe de responsabilisation nationale. 

M. CESARE MARIA RAGAGLINI (Italie) a déclaré que la protection des droits des enfants en temps de conflit armé était l’une des priorités de son pays en matière de politique étrangère.  « Nous avons toujours réclamé un engagement plus grand du Conseil de sécurité pour lutter contre le fléau de la violence contre les enfants pendant les conflits », a-t-il souligné, saluant le renforcement du cadre normatif du Conseil comme le souligne la résolution 1998.  « L’Italie est fière d’être l’un des coauteurs de ce texte qui appelle à mettre un terme aux attaques contre les écoles et les hôpitaux », a-t-il noté.  Appuyant ensuite les recommandations du Secrétaire général pour mieux lutter contre l’impunité, il a lui aussi plaidé pour une coopération plus étroite entre le Conseil de sécurité et la Cour pénale internationale (CPI). 

M. CLAUDE HELLER (Mexique) a rappelé que son pays avait présidé le Groupe de travail sur le sort des enfants en temps de conflit armé lorsqu’il était membre non permanent du Conseil de sécurité.  Il a affirmé notamment que les attaques contre les écoles et les hôpitaux constituaient non seulement une menace contre des milliers d’enfants et de médecins mais constituaient également une atteinte à l’avenir des sociétés.  Le représentant du Mexique a souligné la nécessité de sanctionner les auteurs de ces crimes et de lutter contre l’impunité à tous les niveaux.  Il a estimé que la lutte contre l’impunité doit aller de pair avec la réinsertion et l’attention accordée aux enfants victimes des conflits armés. 

M. GILLES RIVARD (Canada), intervenant au nom du Groupe des amis des enfants touchés par les conflits armés, a tout d’abord félicité le Conseil de sécurité pour avoir comblé « une importante lacune » du cadre de protection des enfants en faisant des attaques perpétrées contre les écoles et les enfants le plus récent motif d’inscription.  Il a estimé qu’il faudrait faire figurer dans les annexes du rapport du Secrétaire général, non seulement la liste des auteurs d’attaques contre des écoles et des hôpitaux, mais aussi de ceux qui menacent ou attaquent des écoliers, les malades et les membres du personnel médical ou enseignant.  M. Rivard a ensuite exhorté le Conseil de sécurité à veiller à ce que les exactions graves commises contre les enfants motivent l’imposition de sanctions dans les mandats des comités compétents.  Il a également engagé le Secrétaire général à faire état dans ses rapports annuels des mesures prises par les comités des sanctions.  Le Groupe des amis, a-t-il ajouté, est sans cesse préoccupé par le fossé de responsabilité et appelle les autorités nationales et les parties concernées à traduire en justice les auteurs de tels actes.  Il a également engagé le Conseil de sécurité à prendre d’urgence des mesures décisives contre ces derniers.

Intervenant ensuite en sa qualité de représentant du Canada, M. Rivard a engagé la communauté internationale à exprimer un appui ferme pour que les équipes de pays créées sous le régime du mécanisme de surveillance et de communication de l’information observent les attaques contre les écoles et les hôpitaux de manière systématique et rigoureuse.  Il a également invité le Conseil de sécurité à imposer des sanctions plus systématiquement, « afin que les auteurs d’exactions graves contre les enfants aient des comptes à rendre ». 

Mme SANJA ŠTIGLIC (Slovénie) a estimé que le Conseil de sécurité pouvait faire davantage pour imposer des mesures ciblées à l’encontre des auteurs d’attaques contre les enfants.  Elle a appuyé la recommandation du Secrétaire général dans laquelle il encourage les États Membres concernés à faciliter le contact entre l’ONU et des acteurs non étatiques.  Elle a également engagé le Groupe de travail à organiser plus de visites sur le terrain et à convoquer plus régulièrement des réunions d’urgence ou informelles pour mieux réagir aux situations.  Mme Štiglic a en outre fermement appuyé l’idée d’inclure dans les listes du Secrétaire général les parties à un conflit qui attaquent des écoles et hôpitaux.  La représentante de la Slovénie a par ailleurs souligné l’importance de la coopération régionale dans le cadre de la lutte contre la détresse des enfants en situation de conflit armé.  Elle a notamment fait savoir que certains enfants pouvaient être victimes de traite et utilisés dans un autre État pour prendre part à un conflit.

M. JIM MCLAY (Nouvelle-Zélande) a estimé que le Conseil de sécurité pouvait faire davantage pour cibler les auteurs récidivistes d’attaques contre les enfants en faisant figurer des critères pour la protection des enfants au sein de mandats des comités des sanctions concernés, et en demandant une expertise en matière de protection des enfants pour ses groupes d’experts.  Il a également appelé à une action plus décisive pour assurer la mise en œuvre des résolutions du Conseil de sécurité.  Le Groupe de travail devrait faire le plein usage des moyens mis à sa disposition, en convoquant des réunions d’urgence, notamment pour réagir aux situations de crise et s’assurer du suivi de ses recommandations, a-t-il notamment estimé.  M. McLay a également engagé les États concernés à autoriser les équipes de pays de l’ONU à prendre contact avec des acteurs non étatiques afin de préparer des plans d’action et de mettre en œuvre des mesures de protection.

M. PAUL SEGER (Suisse), qui s’exprimait également au nom du réseau « Sécurité humaine », a déclaré qu’aujourd’hui, le Conseil de sécurité, en adoptant sa résolution 1998, venait de combler une importante lacune dans le dispositif de protection des enfants.  « En intégrant à la liste des éléments déclencheurs les attaques récurrentes contre les écoles et les hôpitaux, il a permis d’élargir ‘la liste de la honte’ du Secrétaire général non seulement aux belligérants mais aussi à ceux qui menacent les personnes dans les situations de conflit armé », a-t-il expliqué.  Poursuivant, le représentant a exhorté les comités des sanctions du Conseil à veiller à ce que les six violations les plus graves soient reconnues comme des actes « répréhensibles » lors de l’établissement ou du renouvellement de leurs mandats.  « Nous encourageons le Secrétaire général à prendre de toute urgence des mesures résolues contre les auteurs récidivistes de violations visées à l’annexe de ses rapports », a-t-il également réclamé. 

M. HAMID AL BAYATI (Iraq) a tout d’abord cité un extrait de l’intervention de la Représentante spéciale du Secrétaire général, dans laquelle elle affirmait avoir personnellement constaté les dégâts au cours de ses différentes visites sur le terrain, avec des écoles complètement détruites, bombardées ou brûlées, et des écolières retirées des établissements scolaires pour éviter qu’elles ne soient la cible d’attaques.  Rien de tel ne se passe en Iraq, a-t-il assuré, en déclarant que l’Iraq n’est pas une zone de conflit. 

Le représentant a indiqué qu’en 2010, les attaques ayant fait des victimes étaient peu nombreuses.  Il a ainsi contesté plusieurs des informations fournies dans le rapport du Secrétaire général concernant l’évolution de la situation en Iraq.  Les campagnes sécuritaires ont abouti à l’élimination de la plupart des forces d’Al-Qaida, y compris des dirigeants du réseau « Garçons de paradis », a-t-il dit, jugeant ainsi inutile la mention de cette organisation dans le rapport.  Le rapport dresse un tableau contraire à la réalité de la situation en Iraq en 2010, a-t-il soutenu.  Il s’est appuyé en particulier sur le rapport de la Mission d’assistance des Nations Unies pour l’Iraq (MANUI), lequel, a-t-il précisé, constate une amélioration de la situation sécuritaire en Iraq.

M. TSUNEO NISHIDA (Japon) a condamné fermement les auteurs d’attaques contre les écoles et les hôpitaux durant les conflits armés, en particulier celles qui prennent pour cible les filles.  « Le Conseil de sécurité devrait jouer un rôle plus important dans la protection des droits des enfants à l’éducation et à la santé, la résolution 1998 représentant à cette fin un pas dans la bonne direction », a-t-il dit.  Pour le représentant du Japon, il faut appréhender la question du sort des enfants en temps de conflit armé de manière plus complète, par le biais d’une coopération accrue entre les États Membres et les composantes du système des Nations Unies.  « Un appui continu doit être fourni afin de garantir pleinement et en toute sécurité la réhabilitation et la réintégration des anciens enfants soldats », a par ailleurs souligné M. Nishida.  Il a ajouté que, sur le terrain, il convient de prendre en compte le point de vue des enfants dans la mise en œuvre des efforts de consolidation de la paix, en particulier ceux touchant au désarmement. 

Mme SYLVIE LUCAS (Luxembourg) a salué « l’importance cruciale » des « listes de la honte » qui, a-t-elle estimé, forcent à voir en face la réalité brutale de la situation des enfants en temps de conflit armé.  Évoquant les sanctions imposées à l’encontre de personnes en République démocratique du Congo, elle a invité le Conseil de sécurité à poursuivre dans cette veine et à réfléchir à des façons d’imposer des sanctions dans des contextes où il n’existe par de comité des sanctions.  Mme Lucas a par ailleurs espéré l’inclusion sur les « listes de la honte », et « dans un avenir proche », des deux autres catégories de violations graves contre les enfants identifiées dans la résolution 1612.

M. PALITHA T. B. KOHONA (Sri Lanka) a défendu le bilan de son pays en matière de protection des enfants en temps de conflit armé.  Il a notamment assuré qu’au cours de la guerre civile, les services essentiels de santé et d’éducation avaient continué d’être fournis dans toutes les communautés affectées, au nord et à l’est notamment, « dans des conditions souvent difficiles ». 

« À l’issue du conflit, 594 enfants combattants âgés de 12 à 18 ans ont été pris en charge par le Gouvernement puis placés dans des services de réhabilitation », a-t-il fait savoir.  Le représentant a également vanté les mérites des mesures prises par son pays pour retrouver les enfants perdus au cours de la guerre et les rendre à leurs familles.  Réagissant ensuite aux parties du rapport du Secrétaire général visant le Sri Lanka, il a rappelé que, selon une récente étude de l’UNICEF, 64% des enfants tamouls disparus ont été recrutés par les Tigres de libération de l’Eelam tamoul, « nombre d’entre eux ayant péri dans les jungles infestées de moustiques mortels ». 

M. Kohona a par ailleurs assuré que les autorités sri-lankaises avaient accepté des cessations d’hostilités afin de permettre la poursuite de programmes de vaccination contre la polio dans les zones de combat.  Il a regretté qu’en dépit de ces progrès, son pays figure toujours dans la « liste de la honte » du Secrétaire général.  « Nous appelons le Conseil de sécurité et son Groupe de travail à évaluer de manière complète et juste le cas sri-lankais et à procéder à la radiation du Sri Lanka de cette liste. »  « Le Sri Lanka a désormais un membre au sein du Comité des droits de l’enfant, et nous comptons jouer un rôle actif dans cet instrument », a-t-il renchéri.

M. ROBERTO RODRIGUEZ ARNILLAS (Pérou) a apprécié le fait que le Conseil de sécurité ait permis au Secrétaire général d’inclure, en annexe de son rapport, les noms des parties qui attaquent de façon récurrente les écoles et les hôpitaux ainsi que les personnes protégées en lien avec ces établissements, en violation flagrante du droit international.  M. Rodriguez Arnillas a plaidé par ailleurs en faveur d’un dialogue plus poussé entre le Comité des sanctions et la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés afin d’assurer un échange efficace des informations.  Il a même suggéré que le Comité des sanctions examine la possibilité d’inclure la situation des enfants dans ses mandats, saluant à cet égard les progrès accomplis concernant la République démocratique du Congo.  S’agissant de la violence sexuelle contre les enfants en période de conflit, il a insisté sur l’utilité du partage d’informations afin de prévenir ces violations.  Il faut donc renforcer l’échange d’informations entre les institutions de l’ONU, les divers comités du Conseil de sécurité et le Groupe de travail sur les enfants et les conflits armés, a-t-il dit.

M. ABDULLAH HUSSAIN HAROON (Pakistan) a affirmé que son pays était fier de participer activement à la promotion et à la protection des droits de l’enfant.  Le représentant a en outre estimé que les rapports récents du Secrétaire général, rédigés en son nom par sa Représentante spéciale, avaient tendance à s’écarter de leurs mandats.  Toutes les procédures spéciales, a-t-il estimé, doivent accomplir leur tâche conformément au Code de conduite.  Il faut, a-t-il dit, commencer à lever l’ambiguïté.  Il y a de bons mécanismes et il faut les faire perdurer, a-t-il souligné.  La mention du Pakistan dans le rapport du Secrétaire général est injustifiée et induit en erreur.  Elle ne fait en outre qu’accorder une légitimité non méritée à des terroristes.  Le représentant a espéré que les prochains rapports du Secrétaire général seront extrêmement objectifs et resteront fidèles au mandat conféré. 

M. NORACHIT SINHASENI (Thaïlande) a suggéré que le travail de la Représentante spéciale soit guidé par la définition des situations de conflit armé telle qu’établie en droit international.  Le représentant a ensuite souligné l’importance de coordonner au mieux l’action de l’ONU en matière de protection des enfants, soulignant en outre la nécessité que les informations collectées dans le cadre de l’élaboration des rapports de l’ONU soient « exactes, objectives, fiables et vérifiables ».  « De telles informations devraient former la base sur laquelle sont établies les listes figurant dans l’annexe des rapports du Secrétaire général sur les enfants et les conflits armés », a-t-il estimé.  L’Équipe des Nations Unies a un accès illimité à toutes les zones du pays ainsi qu’à tous les locaux concernés du Gouvernement, a affirmé le représentant.  Avant de conclure, il a salué la résolution 1998, précisant que ce texte invite les États Membres à communiquer toute information pertinente au Conseil de sécurité sur la mise en œuvre de ses résolutions sur le sort des enfants en temps de conflit armé. 

M. CSABA KÖRÖSI (Hongrie) a estimé que la résolution historique adoptée aujourd’hui renforcerait le cadre de protection de l’ONU pour les enfants touchés par les conflits armés.  La Hongrie, a-t-il ajouté, est favorable à l’idée de considérer les graves violations contre des enfants comme critères de sanctions dans les mandats des comités des sanctions du Conseil de sécurité.  La communauté internationale, a-t-il dit, ne doit épargner aucun effort pour prendre des mesures efficaces en vue de mettre un terme aux attaques, aux abus, aux agressions ainsi qu’à toute autre forme de violence contre les enfants et les femmes.

M. PEDRO SERRANO, Chef par intérim de la délégation de l’Union européenne auprès des Nations Unies, a lui aussi préconisé que les mandats des comités de sanctions du Conseil de sécurité prévoient des mesures contre les auteurs des violations graves des droits des enfants en temps de conflit armé.  « Nous avons répété à maintes occasions qu’aucun effort ne doit être épargné pour mettre fin à l’impunité, y compris par le biais de l’implication de la Cour pénale internationale (CPI) et des autres tribunaux internationaux », a-t-il poursuivi.  M. Serrano a ensuite mis en exergue les mesures prises récemment par l’Union européenne pour améliorer ses contributions en matière de protection, de réhabilitation et d’émancipation des enfants.  Il a par exemple souligné que l’Union européenne continue de plaider pour l’universalisation de la ratification des protocoles additionnels de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant.  Il a également expliqué que les libellés des mandats des représentants spéciaux de l’Union européenne dans les domaines des droits de l’homme, de la parité entre les sexes et de la protection des enfants avaient été standardisés.  « L’Union européenne finance de nombreux projets appuyant la protection et la réinsertion des enfants dans les situations postconflit », a-t-il aussi indiqué. 

M. ANDREW GOLEDZINOWSKI (Australie) a affirmé que les attaques contre des écoles et des hôpitaux en temps de conflit armé affectaient non seulement les jeunes mais également les communautés tout entières.  Il s’est félicité de ce que l’adoption aujourd’hui de la résolution 1998 souligne la nécessité de mentionner dans les annexes au rapport annuel du Secrétaire général sur les enfants en temps de conflit armé les parties belligérantes qui se livrent à des attaques répétées contre des écoles ou des hôpitaux.  Le représentant a invité le Secrétariat à utiliser pleinement tous ses outils, y compris les réunions d’information d’urgence lorsque les événements se produisent en dehors du cycle normal.  Les exposés sur la Côte d’Ivoire illustrent bien cette pratique, a-t-il estimé. 

M. JARMO VIINANEN (Finlande), s’exprimant au nom des pays nordiques, a estimé que les mécanismes de contrôle sont des outils importants pour s’assurer du respect des droits des enfants.  Il a cité, à cet égard, les conclusions concernant l’Afghanistan et le Tchad approuvées par le Conseil de sécurité respectivement en mars et avril derniers, soulignant que ces deux pays se sont engagés depuis quelques mois à mettre en place des programmes visant à faire cesser le recrutement d’enfants soldats.  Il s’est aussi élevé contre les attaques perpétrées contre des écoles et des hôpitaux.  L’accès à l’éducation et aux services de santé pour les enfants est un élément essentiel d’une paix durable, a-t-il estimé.  M. Viinanen a salué les efforts de la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, ainsi que ceux des Comités des sanctions à leur égard.  Le Conseil doit continuer à trouver les moyens de tenir pour responsables les auteurs des crimes contre des enfants, non seulement par le biais du régime actuel des sanctions, mais aussi en explorant de nouveaux canaux pour les cas non couverts par les comités, a-t-il souligné.

M. CHRISTIAN WENAWESER (Liechtenstein) a appelé le Conseil de sécurité à poursuivre le développement du mécanisme de surveillance et de communication de l’information sur les enfants et les conflits armés, afin d’assurer un traitement égal des six violations les plus graves qui sont identifiées par le Secrétaire général dans ses rapports.  Il a ensuite estimé que le Groupe de travail du Conseil de sécurité, que préside son pays, devrait faire un usage plus efficace des outils dont il dispose, y compris les réunions d’urgence et les visites sur le terrain.  « Nous sommes déçus par le manque d’enthousiasme des membres du Conseil à l’égard de cette approche », a-t-il confié.  Les visites de terrain sont, a-t-il dit, un moyen d’envoyer un message important aux populations touchées ainsi qu’aux leaders militaires soulignant que le Conseil de sécurité est bien présent et interagit avec les parties.

M. JAN GRAULS (Belgique), qui exprimait en sa capacité de Président de la formation » République centrafricaine » de la Commission de consolidation de la paix (CCP), a d’abord reconnu que l’Armée de résistance du Seigneur continue de sévir dans le sud-est du pays, « où elle recrute des enfants comme soldats ou esclaves sexuels ».  Jugeant que ce problème exige une réponse au niveau régional, M. Grauls a signalé que, dans le nord du pays, plus de 500 enfants ont été démobilisés des rangs de l’Armée populaire pour la restauration de la république et de la démocratie.  « Il manque cependant un accompagnement de ces enfants dans le cadre d’un programme de réintégration qui dépasserait celui du projet achevé de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) », a-t-il indiqué. 

Le représentant de la Belgique a aussi salué la conclusion, le 12 juin dernier, d’un accord de cessez-le-feu avec la Convention des patriotes pour la justice et la paix, laquelle, a-t-il dit, devrait faciliter l’accès humanitaire.  « Avec cet accord, c’est l’une des recommandations du Secrétaire général sur les enfants et les conflits armés en Centrafrique qui se concrétise », s’est-il ainsi félicité.  Avant de conclure, M. Grauls a insisté sur le fait qu’il faut s’assurer que les acteurs de la protection de l’enfance disposent des moyens et capacités nécessaires pour mettre en œuvre leur mandat.  « Sans cela, l’écart entre les besoins et le soutien apporté ne fera que se creuser dans des pays comme la République centrafricaine, où des attaques contre les écoles et les hôpitaux sont bel et bien perpétrés », a constaté le représentant.

M. RON PROSOR (Israël) a affirmé que les enfants étaient les premières victimes des conflits armés et constituaient des cibles et des instruments.  Israël accorde beaucoup d’importance à la protection des enfants dans les conflits armés, a-t-il dit, se déclarant notamment encouragé par les progrès enregistrés dans ce domaine, comme le mentionne le rapport du Secrétaire général.  Le représentant a également mis l’accent sur la nécessité de protéger les enfants face aux terroristes et aux extrémistes.  Au Moyen-Orient, les terroristes continuent de s’attaquer aux enfants et à les viser, a-t-il assuré, précisant que son pays était la cible de telles actions.  Il a ajouté que le Hamas et d’autres groupes terroristes recrutaient des mineurs dans des attentats-suicide ou des attaques contre des civils ou des militaires israéliens, de même qu’ils utilisaient des enfants comme boucliers humains.  Le Conseil de sécurité a, a-t-il estimé, la responsabilité de traiter du contexte plus large dans lequel des enfants sont utilisés et abusés en temps de conflit armé.

M. ROBERT G. AISI (Papouasie-Nouvelle-Guinée) est intervenu brièvement pour indiquer que son pays a ratifié et applique pleinement la Convention de l’ONU relative aux droits de l’enfant.  Il a ensuite réaffirmé le soutien de la Papouasie-Nouvelle-Guinée à la mise en œuvre des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, en particulier les résolutions 1612 et 1882, et a salué l’adoption de la résolution 1998.  « Nous appelons par conséquent à la création de zones de paix pour protéger les écoles et les hôpitaux », a-t-il déclaré. 

M. MOHAMMAD SARWAR MAHMOOD (Bangladesh) a estimé que le succès dans la lutte contre l’implication des enfants dans les conflits armés dépendait largement de la solution apportée aux causes profondes de motivation et de désespoir ainsi que l’établissement de sociétés où les droits, la dignité et l’espoir d’un avenir meilleur pour tous les enfants sont assurés.  Beaucoup de chemin reste à parcourir, a-t-il dit, précisant que la situation des enfants dans les conflits armés restait grave.  Le représentant a également exhorté les parties concernées à protéger des attaques les institutions d’éducation et de santé, ainsi que leur personnel, se félicitant à cet égard de l’adoption de la résolution du Conseil de sécurité.

M. ZAHIR TANIN (Afghanistan) a déclaré que le Gouvernement afghan était pleinement engagé à assumer ses responsabilités en matière de protection des droits des enfants.  Il a évoqué les mesures prises dans ce domaine, notamment la création du Comité directeur interministériel, dont le plan d’action « cherche à empêcher le recrutement d’enfants soldats au sein des forces de sécurité nationales et à renforcer la lutte contre les attaques commises contre les écoles et les hôpitaux ».  « Ces mesures reflètent également notre engagement à mettre pleinement en œuvre la résolution 1612 du Conseil de sécurité et les autres résolutions subséquentes », a-t-il ajouté. 

Le représentant a ensuite reconnu l’urgence pour le Gouvernement afghan et la communauté internationale d’appréhender au mieux la hausse des attentats-suicide perpétrés par des enfants embrigadés dans des groupes terroristes.  « L’utilisation d’enfants pour commettre de telles attaques représente un crime haineux qui doit être combattu avec la plus grande détermination », a-t-il ensuite lancé, soulignant l’importance d’éviter tout amalgame entre le comportement des terroristes et du Gouvernement afghan.  Défendant le bilan du Gouvernement afghan, il a rappelé que, ces dernières années, 4 000 écoles avaient été construites à travers tout le pays.  « D’ici à 2020, ce sont quelque 9 millions d’enfants qui devraient bénéficier d’une scolarité normale », a-t-il encore indiqué. 

M. HAN THU (Myanmar) a affirmé que les enfants étaient les victimes les plus vulnérables dans les situations de conflit armé.  Les crimes contre les enfants sont impardonnables, a-t-il dit.  La communauté internationale et l’ONU ont un rôle essentiel à jouer pour édifier un environnement où les enfants puissent jouir au maximum de leurs droits fondamentaux et être protégés.  Le représentant a également souligné que son pays s’attachait à faire en sorte qu’aucun enfant de moins de 18 ans ne soit recruté dans les forces armées.  Il n’y a pas de conscription dans le pays, a-t-il ajouté.  Le délégué a assuré que son pays était disposé à demander la radiation de son armée nationale de la liste figurant en annexe du rapport du Secrétaire général, soulignant que le Myanmar avait mis en œuvre un plan national d’action s’appuyant sur des éléments fournis par l’UNICEF et des exemples de plans d’action communiqués par trois pays reçus du Bureau de la Représentante spéciale.

M. CHRISTIAN EBNER (Autriche) a salué les mesures prises pour renforcer le cadre normatif de protection des enfants, y compris la résolution 1998 du Conseil de sécurité.  « La résolution 1998 -que le Conseil de sécurité a adoptée ce matin- est une feuille de route claire pour la protection des enfants dans les conflits armés », a-t-il ajouté, avant d’encourager le Conseil de sécurité à continuer de prendre toutes les mesures appropriées, y compris des sanctions ciblées, pour mieux lutter contre l’impunité et assurer l’élaboration et la mise en œuvre de plans d’action concrets.  Le représentant de l’Autriche s’est également félicité de la fourniture, par le Département des opérations de maintien de la paix, de programmes de formation à la problématique de la protection des enfants en temps de conflit armé à l’intention des personnels militaire et civil des opérations de maintien de la paix de l’ONU. 

M. OLEKSANDR PAVLICHENKO (Ukraine) a souligné l’importance d’enquêter sur les violations des droits des enfants et de punir sévèrement les auteurs de crimes contre ces derniers en temps de conflit armé.  Il a ainsi demandé au Conseil de sécurité de doter ses comités des sanctions de mandats fermes en matière de protection des enfants.  Assurant que son pays a fait du bien-être des enfants une priorité stratégique nationale, le représentant a affirmé que l’Ukraine met pleinement en œuvre la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant.  Il a noté que cette année, le Comité de la Convention, qui a examiné le rapport périodique de l’Ukraine, a salué, « entre autres », la formation obligatoire aux droits de l’enfant dispensée aux Casques bleus ukrainiens qui participent aux opérations de maintien de la paix de l’ONU.  Concluant son intervention, il a dit sa fierté que l’Ukraine se soit porté coauteur de la résolution 1998, qui contribuera, selon lui, à l’amélioration du sort des enfants en temps de conflit armé.

M. OCTAVIO ERRÁZURIZ (Chili) a mis l’accent sur la nécessité d’accorder une attention particulière aux séquelles que subissent les enfants marqués par la violence dans les conflits armés et aux soins requis en cas de violences sexuelles.  Il a également souligné la nécessité d’améliorer l’accès à l’éducation, et ce, dans la sécurité pour les enfants qui vivent en période de conflit armé ou dans des situations postconflit.  Le représentant a en outre lancé un appel aux parties au conflit pour qu’elles déploient tous les efforts possibles en vue d’épargner les enfants. 

M. ABDULLAH ALI FADHEL AL-SAADI (Yémen) s’est dit convaincu que les enfants sont « l’avenir sur lequel nous devons nous appuyer pour édifier un Yémen moderne ».  « C’est pourquoi, nous avons ratifié la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant et les deux Protocoles y relatifs », a-t-il dit, affirmant que le Yémen déploie des efforts pour promulguer de nouvelles lois visant à faciliter l’application des droits de l’enfant et à assurer à ce dernier un accès continu à l’éducation et à la santé.  Après avoir réaffirmé l’attachement sans faille de son pays à la promotion et à la protection des droits de l’enfant sous tous leurs aspects, le représentant a souligné que le Yémen « coopère avec toutes les organisations compétentes pour interdire le recrutement et la participation des enfants aux conflits armés ».  Concernant les agissements de la « rébellion » dans la province de Saada, il a déclaré que ceux-ci avaient contraint le Gouvernement en place « à prendre ses responsabilités pour lutter contre l’enrôlement de force, par la rébellion, d’enfants dans ses rangs ». 

M. TOFIG F. MUSAYEF (Azerbaïdjan) a affirmé que son pays continuait d’être confronté aux problèmes posés par la présence d’une très grande population de réfugiés et de personnes déplacées sur son territoire, précisant qu’un grand nombre étant des enfants.  Les crimes les plus odieux ont été commis pendant le conflit et les enfants n’ont pas été épargnés, a-t-il dit.  Le représentant a notamment rappelé que dans ses résolutions pertinentes de 1993, le Conseil de sécurité, en réponse à l’occupation du territoire de l’Azerbaïdjan, avait spécifiquement fait référence aux violations du droit international humanitaire, y compris le déplacement d’un grand nombre de civils en Azerbaïdjan.  Les attaques délibérées par l’occupant, en violation du droit international applicable, sont devenues plus fréquentes et violentes au fil des ans, a-t-il indiqué. 

M. MACHARIA KAMAU (Kenya) a rappelé que son pays supportait le fardeau de plus de 20 ans de conflit en Somalie, pays voisin.  Il a ainsi indiqué que le Kenya accueille le camp de réfugiés de Dadaab, « le plus grand du monde et où environ 1 000 nouvelles personnes, en particulier des femmes et des enfants somaliens, échouent chaque jour ».  Le représentant a souligné qu’en raison d’attaques terroristes menées par les milices Al-Chabaab, le Programme alimentaire mondial (PAM) avait dû quitter la Somalie.  « Il s’agit là d’une source majeure de préoccupation, compte tenu du fait que la présence de nourriture est un moyen d’empêcher le recrutement d’enfants soldats », a-t-il ajouté.  « Nous exhortons le Conseil de sécurité à redoubler d’efforts pour aider le Gouvernement fédéral de transition de la Somalie et les pays voisins à démanteler ces organisations terroristes ».  Avant de conclure, le représentant a encouragé les États à aider le Gouvernement du nouvel État, le Soudan du Sud, à assurer la réinsertion des enfants et des familles affectés par les décennies de guerre civil au Soudan.  « Les mesures adoptées devraient contribuer à la réalisation, à long terme, des aspirations du peuple du Soudan du Sud », a-t-il estimé 

M. TALAIBEK KYDYROV (Kirghizistan) a estimé que l’application des recommandations du Conseil de sécurité contenues dans son rapport devrait aboutir à améliorer la vie de nombreux enfants.  Il est en effet nécessaire d’adopter des mesures plus rigoureuses pour traduire en justice les auteurs de crimes contre les enfants mentionnés dans le rapport, a-t-il dit.  Le Kirghizistan se félicite de la signature de nouveaux plans d’action entre les Nations Unies et l’Armée de libération du Soudan, ainsi qu’avec le Gouvernement de l’Afghanistan.  M. Kydyrov a invité le Conseil de sécurité à prendre des mesures concrètes pour suivre les progrès accomplis dans la mise en œuvre de ces plans d’action.  Il s’est par ailleurs préoccupé des attaques ciblant de plus en plus les écoles et les hôpitaux et a condamné fermement ces pratiques.  Sa délégation souhaite que les stratégies de prévention des conflits incluent des mesures de protection en faveur des enfants dans les conflits armés. 

M. SHIN DONG-IK (République de Corée) s’est félicité des faits récents positifs enregistrés depuis l’adoption de la résolution historique 1882 (2009).  Il a prié instamment les gouvernements concernés d’établir des plans d’action visant à interdire le recrutement d’enfants soldats.  Il a exprimé sa préoccupation concernant le sort des enfants dans les conflits armés à travers le monde.  Il a en particulier déploré l’impunité encore largement répandue dont bénéficient les auteurs de crimes graves contre les enfants dans de nombreux pays.  Le Conseil de sécurité doit prendre des mesures ciblées, dynamiques et résolues pour que les auteurs de ces violations récurrentes soient traduits en justice, a-t-il déclaré.  

M. GAREN NAZARIAN (Arménie) a déclaré que, pour son pays, qui accueille des dizaines de milliers d’enfants réfugiés, ce débat revêt une importance particulière.  Il a assuré qu’en dépit des importantes difficultés économiques auxquelles fait face son gouvernement, l’Arménie accorde la plus haute importance à la réhabilitation postconflit des enfants, en leur assurant un accès continue à l’éduction et à la santé.  Il a ensuite estimé que les efforts menés par l’Arménie en matière de protection des droits des personnes devraient être appuyés par toutes les parties.  M. Nazarian a salué l’adoption de la résolution 1998, qui demande notamment une amélioration de la coopération entre les comités des sanctions du Conseil de sécurité et son groupe de travail chargé de la question.

M. JEAN-FRANCIS R. ZINSOU (Bénin) a salué l’initiative prise par le Conseil de sécurité d’élargir le mandat du mécanisme de surveillance et de communication de l’information sur les enfants et les conflits armés aux attaques contre les écoles et les hôpitaux.  « Cela marque une prise en charge par le Conseil de sécurité des préoccupations exprimées par l’Assemblée générale dans sa résolution 64/290 et par le Secrétaire général dans son dernier rapport sur les enfants et les conflits armés », a noté le représentant.  « Le Bénin en tant que principal négociateur de la résolution 1612 (2005) ayant institué le mécanisme de surveillance ne peut que se réjouir de l’élargissement de son mandat à d’autres exactions affectant le sort des enfants, a-t-il également souligné, exhortant le Conseil de sécurité à utiliser les instruments dont il dispose pour obtenir le respect des droits des enfants dans le situations de conflit armé ou de crise humanitaire. 

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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