Le Représentant spécial pour l’Afrique de l’Ouest présente les progrès réalisés dans plusieurs pays de la sous-région, malgré la persistance de l’insécurité et des tensions politiques

8 Juillet 2011
CS/10315

Le Représentant spécial pour l’Afrique de l’Ouest présente les progrès réalisés dans plusieurs pays de la sous-région, malgré la persistance de l’insécurité et des tensions politiques

08/07/2011
Conseil de sécurité
CS/10315
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Conseil de sécurité

6577e séance – matin


LE REPRÉSENTANT SPÉCIAL POUR L’AFRIQUE DE L’OUEST PRÉSENTE LES PROGRÈS RÉALISÉS DANS PLUSIEURS PAYS

DE LA SOUS-RÉGION, MALGRÉ LA PERSISTANCE DE L’INSÉCURITÉ ET DES TENSIONS POLITIQUES


« La situation en Afrique de l’Ouest a enregistré des développements positifs », a déclaré ce matin le Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Afrique de l’Ouest, M. Said Djinnit, en présentant devant le Conseil de sécurité le septième rapport du Secrétaire général sur les activités du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest (UNOWA).


M. Djinnit s’est félicité en particulier de la résolution de la crise postélectorale en Côte d’Ivoire, du dénouement heureux de la crise guinéenne et du rétablissement de l’ordre constitutionnel au Niger après la tenue dans ce pays d’une élection présidentielle crédible et transparente.  Le Représentant spécial n’a cependant pas omis de recenser les problèmes qui persistent dans la sous-région, problèmes qui sont liés aux tensions politiques, à l’insécurité alimentaire, aux trafics de drogues et d’armes, à la criminalité organisée et à la crise libyenne.


M. Djinnit, qui est aussi le Chef de l’UNOWA, a invité la communauté internationale à poursuivre son soutien aux pays de la sous-région d’Afrique de l’Ouest pour consolider les avancées qui y ont eu lieu.  L’invitation des chefs d’État des trois pays ci-dessus cités au Sommet du G-8 de Deauville, en mai 2011, et les décisions prises à cette occasion ont constitué un message fort de soutien, a-t-il dit.


S’agissant du Niger, M. Djinnit a relevé que l’expérience démocratique qu’a connue ce pays, malheureusement interrompue lors de la crise, et les ressources dont il dispose lui permettent d’aspirer à devenir, à terme, « un symbole de réussite politique et économique » pour peu qu’il continue de bénéficier d’un accompagnement et d’un soutien régional et international.  À cet égard, M. Djinnit s’est fait l’écho de l’appel lancé aux Nations Unies et à l’ensemble des partenaires du Niger par le Président du Niger, M. Mahamadou Issoufou, afin qu’ils aident ce pays à mettre fin à l’insécurité alimentaire chronique qui l’affecte.  M. Djinnit a aussi encouragé les États Membres de l’ONU à répondre favorablement à la demande du Président Issoufou, qui espère organiser au Niger, d’ici au mois de novembre 2011, une conférence de haut niveau sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle.


Le Représentant spécial a souligné qu’un certain nombre de pays de la sous-région d’Afrique de l’Ouest ont pu organiser des élections crédibles et ont réussi à surmonter les risques de crises électorales.  Le Bénin a réussi à résorber les profondes divisions existant au sein de la classe politique sur le processus électoral, tandis que le Nigéria a pu tenir des élections générales qui ont constitué une avancée démocratique significative, a-t-il estimé.  M. Djinnit a salué le partenariat développé à ces égards entre l’ONU, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union africaine.


Tout en se réjouissant de ces avancées importantes, le Représentant spécial a néanmoins rappelé que la stabilité reste fragile en Afrique de l’Ouest, en particulier à cause des nombreux scrutins prévus dans les prochaines années dans la région.  C’est dans ce contexte que l’UNOWA a organisé à Praïa, au Cap-Vert, au mois de mai dernier, une Conférence régionale de haut niveau sur les élections et la stabilité, afin de catalyser les efforts menés à tous les niveaux pour créer les conditions nécessaires à la tenue d’élections dans un climat apaisé.


En outre, l’UNOWA continuera à travailler étroitement avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest dans le domaine de la réforme du secteur de la sécurité à travers le développement d’une stratégie régionale et dans le cadre de la mise en œuvre de la réforme déjà entamée en Guinée.  Ceci pourra avoir lieu dans tout autre pays de la sous-région qui le souhaite.  M. Djinnit a aussi signalé que l’UNOWA avait l’intention de multiplier les initiatives en faveur de l’amélioration de la situation des femmes dans le cadre des termes de la résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité, soulignant le rôle positif joué par les femmes dans la prévention des conflits et la résolution des crises.


Par ailleurs, le Représentant spécial s’est inquiété de l’impact du trafic de drogues et de la criminalité organisée, qui ne font qu’affaiblir des institutions étatiques déjà fragiles en Afrique de l’Ouest.  Si la CEDEAO s’est dotée en 2008 d’un Plan d’action régional dans ces domaines, « il importe de mobiliser davantage les dirigeants politiques et la société civile », a préconisé M. Djinnit en soulignant les conséquences de ces phénomènes sur la santé publique.  La CEDEAO continuera à mobiliser tous les acteurs, en particulier dans le cadre de l’Initiative côtes de l’Afrique de l’Ouest (WACI) dont la première réunion du Comité politique (POLCOM) s’est tenue le 20 juin à Dakar, a-t-il indiqué.


Évoquant aussi l’impact de la crise libyenne sur l’Afrique de l’Ouest, M. Djinnit a évoqué le risque de voir les conséquences humanitaires et sécuritaires de cette crise aggraver l’instabilité déjà chronique prévalant dans la sous-région. Le Président du Niger a lui-même exprimé cette crainte en ce qui concerne la situation au Sahel, a rappelé M. Djinnit.  Il a expliqué qu’outre l’impact socioéconomique de la crise ivoirienne sur la sous-région, les pays du Sahel, déjà affectés par le sous-développement et l’insécurité du fait des activités de groupes terroristes et de trafiquants de drogues, doivent faire face au retour de milliers de migrants en provenance de la Libye.  Il a également signalé une augmentation significative des quantités d’armes et d’explosifs en circulation au Niger, au Mali et dans toute la bande du Sahel.


Dans ce contexte, M. Djinnit s’est félicité de la relance de la coopération régionale entre les pays de la région du Sahel visant à contrer les menaces communes liées à l’insécurité, notamment celles résultant d’activités terroristes.  Le terreau de la contestation et des tensions récurrentes que connaissent les pays de la sous-région est formé par la détérioration des conditions de vie des populations et le niveau élevé du chômage, ainsi que par les tensions liées à la compétition électorale, a-t-il expliqué.


« Aucun pays de la sous-région ne semble être à l’abri de tels soubresauts », comme on l’a constaté récemment au Burkina Faso, pays ayant pourtant connu une longue période de stabilité, et il est de même au Sénégal, qui a une longue tradition démocratique, a observé M. Djinnit.  Cela confirme qu’il faut aborder les questions de développement, de gouvernance et de sécurité dans les pays de la sous-région de façon globale, a-t-il dit en concluant sa présentation.


CONSOLIDATION DE LA PAIX EN AFRIQUE DE L’OUEST


Rapport du Secrétaire général sur les activités du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest (S/2011/388)


Ce rapport du Secrétaire général couvre la période allant du 1er  janvier au 30 juin 2011.  Tenant compte des modifications apportées aux attributions du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest (UNOWA), il donne une vue générale des événements intervenus en Afrique de l’Ouest, au niveau des pays, mais aussi aux plans transversal et transfrontière.  M. Ban Ki-moon y expose les activités que le Bureau réalise dans les domaines de la diplomatie préventive, de la sensibilisation aux risques nouveaux et aux difficultés de la paix et de la stabilité régionales, de la promotion de la concertation et des synergies au niveau sous-régional.  Le Secrétaire général évoque dans ce document la coopération avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et avec d’autres partenaires régionaux et sous-régionaux œuvrant pour la paix et la stabilité.


M. Ban présente l’actualité et les perspectives de l’Afrique de l’Ouest (chapitre II), dont les tendances politiques (A); les tendances économiques, sociales, et humanitaires (B); les tendances affectant les conditions de sécurité; celles du trafic de drogues et de la criminalité organisée (C); et les tendances des droits de l’homme et de la problématique hommes-femmes (D).


Le chapitre II du rapport est consacré aux « activités du Bureau », dont les bons offices et missions spéciales en matière de prévention des conflits (A), le renforcement des capacités sous-régionales face aux risques transfrontières et transsectoriels qui pèsent sur la paix et la sécurité (B), la gouvernance, l’état de droit, les droits de l’homme et l’intégration de la problématique hommes-femmes (C), et la coopération interinstitutions (D).


Dans ses observations et recommandations (chapitre IV), le Secrétaire général note que la fin de la crise en Côte d’Ivoire, le rétablissement de l’ordre constitutionnel et de la démocratie en Guinée et au Niger, et la tenue d’élections pacifiques et équitables au Bénin et au Nigéria ont donné à la sous-région un nouvel élan vers la paix et la démocratie, avec l’appui énergique des entités des Nations Unies présentes sur le terrain, en particulier le Bureau pour l’Afrique de l’Ouest.


Toutefois, s’ils facilitent le retour de la stabilité, la reconstruction et le développement, ces résultats n’ont malheureusement pas totalement éliminé les risques de retour de l’instabilité, qui restent une réalité dans plusieurs pays, comme en témoignent les faits survenus récemment au Burkina Faso et les tensions observées dans d’autres pays de la sous-région.  Le Bureau de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest continuera d’appuyer les initiatives visant à consolider les résultats obtenus, qui sont conformes à son mandat révisé, tel qu’approuvé par le Conseil de sécurité en décembre 2010.  Il axera également son action sur les obstacles transfrontières et transversaux à la paix, à la sécurité et à la stabilité, notamment les crises et les violences liées aux élections; les problèmes posés par la réforme du secteur de la sécurité et par la criminalité transnationale, en particulier le trafic de drogues et le terrorisme, indique  Ban Ki-moon.


Dans ses observations et recommandations, le Secrétaire général note que l’élection présidentielle et l’installation du premier Président élu démocratiquement en Guinée offrent l’occasion à ce pays de s’attaquer à des problèmes de longue date en matière de paix et de sécurité, notamment la réconciliation nationale, les violations des droits de l’homme et la gouvernance politique et socioéconomique. 


Le Secrétaire général se félicite également de l’adoption de la Déclaration de Praia sur les élections et la stabilité en Afrique de l’Ouest, approuvée lors de la Conférence régionale organisée à Praia, au Cap-Vert, du 18 au 20 mai dernier.  « J’exhorte tous les acteurs concernés de la région, notamment le CEDEAO, ses États membres et la société civile d’Afrique de l’Ouest, à travailler en liaison étroite avec le système des Nations Unies afin d’assurer l’application des recommandations énoncées dans la Déclaration. »


Tout en prenant acte des progrès réalisés dans la lutte contre la criminalité transnationale organisée, y compris le trafic illicite de drogues, en Afrique de l’Ouest, en particulier dans le cadre de l’« Initiative Côte de l’Afrique de l’Ouest », le Secrétaire général insiste à nouveau sur le fait que les pays de la sous-région doivent consolider leur stratégie et s’approprier davantage cette question.


En ce qui concerne la crise en Côte d’Ivoire, de nombreuses parties prenantes ont souhaité que l’ONU joue un rôle accru s’agissant de la question du retour récent de mercenaires, comme en ce qui concerne d’autres mouvements transfrontières illégaux, notamment d’armes, depuis la Côte d’Ivoire vers le Libéria et d’autres pays voisins.  Il est donc indispensable d’élaborer une stratégie régionale pour faire face à ces problèmes, avec l’appui du Bureau de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest, préconise M. Ban. 


L’administration d’un système de justice efficace et impartial constitue un défi considérable en Afrique de l’Ouest.  Afin d’aider les pays de la sous-région à relever ces défis, le Bureau de l’ONU et le Bureau régional du Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) pour l’Afrique de l’Ouest ont l’intention d’organiser d’ici à la fin 2011 une conférence afin de mobiliser les partenaires régionaux en faveur de la lutte contre l’impunité. 


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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