Conseil de sécurité: le Chef du Département des affaires politiques présente les progrès réalisés en vue d’instaurer un dialogue en Libye

27 juin 2011
CS/10297

Conseil de sécurité: le Chef du Département des affaires politiques présente les progrès réalisés en vue d’instaurer un dialogue en Libye

27/06/2011
Conseil de sécurité
CS/10297
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Conseil de sécurité

6566e séance – matin

CONSEIL DE SÉCURITÉ: LE CHEF DU DÉPARTEMENT DES AFFAIRES POLITIQUES PRÉSENTE

LES PROGRÈS RÉALISÉS EN VUE D’INSTAURER UN DIALOGUE EN LIBYE

Il indique que la Cour pénale internationale a émis aujourd’hui des mandats

d’arrêtcontre trois personnes, dont Mouammar Al-Qadhafi, pour crimes contre l’humanité

Près de cinq mois après le début de la crise politique en Libye, trois mois après l’adoption de la résolution 1973 du Conseil de sécurité, et une centaine de jours depuis le début des opérations militaires de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) contre les forces du régime libyen, le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, M. B. Lynn Pascoe, a fait, ce matin devant le Conseil de sécurité, le point de la situation militaire, politique et humanitaire en Libye.  Après avoir estimé qu’on était encore loin d’un accord à la crise actuelle, il a indiqué que l’on pouvait cependant observer les prémices d’un processus de négociation qui doivent être encouragés par un message clair de la communauté internationale.

M. Pascoe a également informé le Conseil que la Cour pénale internationale (CPI) a émis aujourd’hui des mandats d’arrêt contre le colonel Mouammar Al-Qadhafi, son fils, M. Saif al-Islam Al-Qadhafi, ainsi que contre M. Abdullah al-Senussi, le chef des services de sécurité libyens, pour crimes contre l’humanité.

Évoquant les efforts menés par les Nations Unies pour mettre en œuvre les dispositions des résolutions 1970 et 1973 du Conseil de sécurité, M. Pascoe a indiqué que le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, avait poursuivi son dialogue avec les autorités libyennes, avec les dirigeants mondiaux, ainsi qu’avec les dirigeants de l’Union africaine, de l’Union européenne, de la Ligue des États arabes, de l’OTAN.

M. Pascoe a salué le rôle joué par l’Envoyé spécial du Secrétaire général en Libye, M. Abdel Elah Al-Khatib, pour tenter d’atténuer les divergences entre les parties afin que puissent démarrer des pourparlers directs.  Les discussions portent sur la nécessité de mettre fin aux hostilités, de trouver un accord de transition lié au processus politique, et d’accorder un accès humanitaire sûr des organisations d’assistance et de secours aux populations qui sont dans le besoin, a indiqué M. Pascoe.  À Tripoli, M. Al-Khatib a encouragé les autorités libyennes à accepter une formule de transition politique, tandis qu’à Benghazi, il a insisté auprès du Conseil national de transition sur l’importance d’un dialogue qui doit conduire à une solution politique, a précisé M. Pascoe.

L’Envoyé spécial du Secrétaire général est aujourd’hui en Afrique du Sud, pour y rencontrer M. Jacob Zuma, le Président de ce pays, après la réunion du Groupe de haut niveau de l’Union africaine qui s’y est tenue hier, a ajouté M. Pascoe. 

Prenant la parole, M. Doctor Mashabane, représentant de l’Afrique du Sud, a fait part des résultats de cette réunion du Groupe de haut niveau.  Les membres du Groupe de haut niveau ont suggéré d’appeler toutes les parties à se déclarer prêtes à mettre un terme aux hostilités, afin de pouvoir entamer un dialogue national qui permette de parvenir à un cessez-le-feu exhaustif et à l’adoption d’un programme de transition politique.  Un accord sur ce dernier permettrait, avec le soutien des Nations Unies et de l’Union africaine, la mise en place d’un gouvernement intérimaire, a souligné M. Mashabane.  Le Groupe de haut niveau a aussi salué la décision du colonel Al-Qadhafi, qui a indiqué qu’il ne souhaitait pas participer aux négociations.

L’Union africaine estime qu’elle doit jouer un rôle central pour trouver une solution à la crise en Libye, a déclaré le représentant sud-africain, tout en reconnaissant que les Nations Unies doivent coordonner la mise en place d’une solution en Libye.  Le représentant a rappelé que l’Afrique du Sud a toujours demandé que l’accent soit mis sur la recherche d’une solution politique à la crise et que soit évité le recours exclusif aux moyens militaires.  Nous pensons que la résolution 1973 doit être mise en œuvre dans sa totalité, a-t-il dit, tout en insistant sur l’importance de la protection des civils et rappelant que son pays n’avait voté pour aucun texte autorisant un changement de régime par la force.

Concernant la situation humanitaire, le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques a indiqué au cours de son intervention qu’à la date du 23 juin, plus de 1,1 million de personnes avaient franchi les frontières libyennes pour se réfugier en Tunisie, en Égypte, au Niger, en Algérie, au Tchad et au Soudan.  Cependant, a-t-il précisé, certains travailleurs migrants retournent en Libye, un phénomène observable dans les agglomérations passées sous contrôle de l’opposition.  On estime que 3 000 personnes sont dans une situation d’attente aux frontières de la Libye avec l’Égypte, la Tunisie et le Niger, et environ 16 000 personnes sont arrivées par bateau en Italie et à Malte, a ajouté M. Pascoe.

Plusieurs pays voisins ont exprimé leurs préoccupations quant à l’impact de la crise libyenne, a-t-il indiqué, signalant notamment le problème que pose déjà la pénurie des envois de fonds d’habitude effectués par les travailleurs migrants tchadiens ou nigérians qui ont fui la Libye.  Il s’est aussi inquiété que des armes provenant de la Libye commencent à circuler à travers la région du Sahel.

Le Secrétaire général adjoint a toutefois indiqué que, depuis le 29 mai, les agences humanitaires de l’ONU ont désormais accès aux villes de Tripoli, Al-Khums, Sliten, Gharyan, ainsi qu’aux agglomérations de Misrata et Ajdabyia dans les régions contrôlées par l’opposition.  Il en est de même pour la zone du point de passage de Dehiba, à la frontière tunisienne.  Cette présence humanitaire est le fruit d’un accord passé avec les autorités libyennes au mois d’avril, en application de la résolution 1973, a précisé M. Pascoe.

Depuis l’adoption de ce texte, il a indiqué que le Secrétaire général avait reçu 45 communications provenant de 25 États Membres et organisations régionales, ceci pour transmettre des informations sur les actions entreprises dans le cadre de la mise en œuvre de la résolution.  M. Pascoe a également indiqué avoir reçu des rapports de l’OTAN.

« Le Comité des sanctions sur la Libye, créé par la résolution 1970 (2011) du Conseil de sécurité, a examiné ces communications », a indiqué le Président du Comité, qui est le Représentant permanent du Portugal auprès des Nations Unies, M. José Filipe Moraes Cabral.  La plupart de ces communications ont trait aux gels d’avoirs, a-t-il précisé, ajoutant que le Comité a répondu favorablement à 10 demandes d’exception à ces mesures, ainsi qu’à une demande d’exception à l’embargo sur les armes.  En outre, le Comité a déjà désigné deux personnes dont les avoirs doivent être gelés, a ajouté M. Cabral.  

Sur la question des sanctions contre la Libye, le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques a indiqué que le Secrétaire général a finalisé la nomination de huit experts qui doivent exercer un mandat au sein du Comité.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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