Conseil de sécurité: le Président du Groupe de haut niveau de l’Union africaine sur le Soudan annonce la signature d’un accord de démilitarisation d’Abyei

20 juin 2011
CS/10286

Conseil de sécurité: le Président du Groupe de haut niveau de l’Union africaine sur le Soudan annonce la signature d’un accord de démilitarisation d’Abyei

20/06/2011
Conseil de sécurité
CS/10286
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

6559e séance – matin

CONSEIL DE SÉCURITÉ: LE PRÉSIDENT DU GROUPE DE HAUT NIVEAU DE L’UNION AFRICAINE

SUR LE SOUDAN ANNONCE LA SIGNATURE D’UN ACCORD DE DÉMILITARISATION D’ABYEI

Les membres du Conseil de sécurité exigent un cessez-le-feu

au Kordofan méridional et demandent que la MINUS puisse y protéger les civils

Le Conseil de sécurité a salué, ce matin, l’accord de démilitarisation d’Abyei, signé aujourd’hui par le Gouvernement du Soudan et les autorités du Sud-Soudan.  Les États membres du Conseil ont également appelé les parties au conflit du Kordofan méridional à mettre immédiatement fin aux hostilités.

L’annonce de la signature de cet accord, intervenue ce matin à Addis-Abeba, a été faite, en direct de la capitale éthiopienne, par M. Thabo Mbeki, Président du Groupe de haut niveau de l’Union africaine sur le Soudan.  L’ancien Président de l’Afrique du Sud, qui participait aux échanges de la réunion du Conseil par vidéoconférence, n’a pas dévoilé les détails de l’accord, se contentant d’indiquer que le Conseil de sécurité pourrait en examiner le texte dans les plus brefs délais, « en particulier les dispositions relatives à la démilitarisation et celles ayant trait au remplacement à Abyei des forces soudanaises par des Casques bleus de l’ONU » provenant des contingents éthiopiens.

Réagissant à ces propos, la représentante des États-Unis, Mme Susan Rice, a fait savoir que son pays présenterait bientôt un projet de résolution sur la création d’une « force intérimaire à déployer à Abyei », et à laquelle l’Éthiopie, qu’elle a remerciée, s’est engagée à participer.  « Il nous reste trois semaines avant l’indépendance du Sud, et la situation au Sud-Soudan représente une grave menace à la paix et à la sécurité internationales ainsi qu’une urgence », a souligné Mme Rice. 

Le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Soudan, qui intervenait, aux côtés de M. Mbeki, depuis Addis-Abeba, a noté qu’une fois que le Conseil de sécurité aura approuvé l’accord sur Abyei, l’ONU déploiera rapidement dans la région des troupes éthiopiennes, cela « en assurant le retrait des autres forces et le retour dans leurs foyers des personnes déplacées ».  « Le Conseil de sécurité devrait donner des instructions en ce sens le plus tôt possible, avant que la saison des pluies n’empêche les déplacements », a-t-il en outre préconisé.

Les membres du Conseil ont appuyé la déclaration de la représentante des États-Unis, dont le fond portait également sur la détérioration de la situation en matière de sécurité dans le Kordofan méridional, ainsi que celle de M. Ezekiel Lol Gatkuoth, représentant du Sud-Soudan.  Concernant la situation au Kordofan, M. Lol Gatkuoth a déclaré que le Gouvernement du Sud-Soudan dénonçait les attaques violentes commises par les Forces armées soudanaises contre les populations du Kordofan méridional.  Ces attaques, a-t-il dit, « ont provoqué une crise humanitaire » dans la zone concernée. 

M. Lol Gatkuoth a ajouté que le Gouvernement de Khartoum « doit garantir l’accès de la région affectée par les combats aux agences humanitaires afin d’aider les personnes déplacées », dont le nombre s’élève à 60 000, selon les rapports de l’ONU.  « Sans action immédiate et ferme de la part du Conseil de sécurité, la situation au Kordofan méridional risque de dégénérer en nettoyage ethnique et éventuellement en génocide », a-t-il également prévenu. 

Les membres du Conseil de sécurité ont exprimé leur profonde préoccupation face à la situation qui règne sur le terrain, marquée, comme l’a rappelé l’Ambassadeur de la France, par des combats opposant, depuis le 5 juin, les Forces armées soudanaises aux forces de l’Armée populaire de libération du Soudan, et par le fait que les organisations et travailleurs humanitaires n’ont aucun accès aux populations en raison des restrictions qui leur sont imposées.

« La France appelle les parties à conclure un cessez-le-feu, à permettre la fourniture de l’aide humanitaire et à reprendre la voie du dialogue », a déclaré son représentant, M. Gérard Araud, tout en jugeant « impératif » que la MINUS puisse mettre en œuvre son mandat de protection des civils, dont plusieurs milliers cherchent actuellement refuge auprès des Nations Unies, notamment à Kadugli.

Concernant les modalités de la présence onusienne après l’accession à l’indépendance du Sud-Soudan, les membres du Conseil de sécurité ont exhorté les parties à s’engager dans un dialogue sur les mécanismes envisageables à cet égard, ceci au-delà de la date de la proclamation formelle de l’indépendance du Sud-Soudan, fixée au 9 juillet.  Cette présence onusienne s’avère indispensable pour garantir un appui, qui est nécessaire, au maintien de la paix et faciliter ainsi la stabilité et la prospérité dans toute la région.

Par ailleurs, commentant l’annonce faite par M. Mbeki, le représentant du Soudan a estimé que la démilitarisation d’Abyei ouvre la voie au règlement de toutes les questions en suspens relevant de l’Accord de paix global de 1995, en particulier celles relatives au partage des ressources.  « Le Gouvernement soudanais apprécie le rôle que joue le Conseil de sécurité, tout en lui demandant de temporiser et de retarder un peu certaines de ses actions afin que les efforts en cours pour régler toutes les questions en suspens aboutissent », a demandé le représentant, M. Daffa-Alla Elhag Ali Osman.

RAPPORTS DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL SUR LE SOUDAN

Déclarations

M. THABO MBEKI, Président du Groupe de haut niveau de l’Union africaine sur le Soudan, qui intervenait par vidéoconférence depuis Addis-Abeba, a indiqué qu’au cours des dernières heures, les deux parties avaient signé un accord sur Abyei, les représentant du Nord et du Sud-Soudan ayant demandé au Conseil de sécurité d’examiner cet accord « car il prévoit l’intervention de l’ONU en vue de sa pleine application ».  « Le Conseil de sécurité pourra examiner cet accord dans les plus brefs délais, en particulier les dispositions relatives à la démilitarisation et celles ayant trait au remplacement des forces soudanaises par des Casques bleus de l’ONU provenant des contingents éthiopiens », a-t-il ajouté.  L’ancien Président de l’Afrique du Sud a insisté sur le fait que l’accord conclu devra entrer en vigueur dans les meilleurs délais, afin de permettre aux réfugiés de la zone de rentrer rapidement dans leurs foyers, de permettre aux organisations de secours humanitaires d’intervenir efficacement sur le plan humanitaire et de faire baisser le niveau de violence. 

S’agissant de la situation dans le Kordofan méridional, M. Mbeki a annoncé que, dès demain, des représentants de cet État soudanais viendraient à Addis-Abeba pour discuter, sous les auspices du Représentant spécial et de l’Union africaine, « d’un processus pour régler le conflit en cours par des moyens pacifiques ».  « La participation de représentants du Kordofan méridional aux travaux d’Addis-Abeba nous permettra d’aborder de manière approfondie les questions de fond à traiter d’urgence, ainsi que celles relatives à la sécurité et à la situation politique », a expliqué M. Mbeki. 

L’ancien Président de l’Afrique du Sud a ensuite noté qu’outre les questions portant sur Abyei et le Kordofan méridional, l’Union africaine continuait d’aider les parties à avancer sur celles encore en suspens et relatives à l’Accord de paix global.  Il a indiqué que des mesures économiques étaient sur la table et devaient être examinées en vue d’établir les conditions d’une coopération entre le Nord et le Sud, « une fois que le Sud-Soudan aura accédé à l’indépendance le 9 juillet ».  « En matière d’échanges commerciaux, de monnaie et d’exploitation pétrolière, des accords sont sur le point d’être conclus, le point d’achoppement restant la sécurité le long de la frontière », a indiqué M. Mbeki.  « Mais sur ce point également, nous sommes proches d’un règlement », a-t-il assuré, en rappelant qu’il reviendra au Conseil de sécurité de trancher sur ce que doivent être la taille et la composition d’une force internationale qui aidera les deux États à assurer la sécurité dans cette zone.  « D’ici à la fin de juin, nous aurons avancé et nous disposerons d’un tableau clair le 9 juillet », a-t-il promis. 

M. HAILE MENKERIOS, Représentant spécial du Secrétaire général pour le Soudan, a fait part de l’évolution de la situation au Soudan depuis la visite que le Conseil y a effectuée le mois dernier.  En ce qui concerne la sécurité, il a rappelé ce qu’a indiqué le Président Mbeki sur la question d’Abyei, et souligné que la situation n’avait guère évolué depuis l’accord conclu aujourd’hui, tout en émettant l’espoir que cet accord entrainerait la fin des affrontements.  S’agissant du Kordofan méridional, où des combats se sont poursuivis, M. Menkerios a expliqué que les deux parties étaient convenues que les hostilités pourraient prendre fin.  « Nous espérons que cet accord sera suivi d’un cessez-le feu, après la conclusion d’un accord politique », a-t-il dit.

M. Menkerios a ensuite parlé de la situation dans le sud du Soudan, où il y a encore des combats sporadiques.  Il a espéré que ces combats allaient diminuer du fait du début de la saison des pluies.  Dans le sud, a-t-il poursuivi, les affrontements ont entrainé une situation humanitaire très difficile, et rendant l’accès à cette région extrêmement compliqué pour les humanitaires.  Il s’est toutefois montré optimiste après l’accord conclu aujourd’hui.  Le Ministre d’État soudanais pour les affaires humanitaires a en effet assuré qu’un accès serait autorisé pour les régions où les besoins sont les plus critiques, a indiqué M. Menkerios.  Nous n’avons pas non plus un accès facile à certains membres de notre personnel se trouvant dans ces régions, a ajouté M. Menkerios.  Il a indiqué qu’il allait essayer de mettre en œuvre les accords conclus, notamment en matière d’accès humanitaire. 

En ce qui concerne les préparatifs d’une mission éventuelle des Nations Unies au Sud-Soudan, Hailé Menkerios a expliqué que la Mission des Nations Unies au Soudan (MINUS) était en train d’acheminer du matériel vers cette zone.  S’agissant d’Abyei, les parties ont convenu que les forces éthiopiennes, en lesquelles ils ont confiance, pourraient intervenir, a-t-il indiqué.  Lorsque le Conseil de sécurité aura réagi à l’accord conclu aujourd’hui et l’aura approuvé, nous serons prêts à déployer rapidement des troupes éthiopiennes à Abyei, tout en assurant le retrait des autres forces et le retour des personnes déplacées, a indiqué M. Menkerios.  Le Conseil de sécurité devrait donner des instructions en ce sens le plus rapidement possible, avant que la saison des pluies n’empêche les déplacements, a demandé le Représentant spécial du Secrétaire général.

Pour ce qui est du contrôle des frontières, les deux parties au conflit ont accepté l’intervention d’une partie tierce, a-t-il souligné.  Il a précisé que cette mission devrait être menée par l’ONU, et qu’il devait avoir une filière hiérarchique unique.  Nous allons pouvoir utiliser une partie des avoirs et du matériel que nous avons déjà pour conduire une mission à Abyei, ainsi que pour l’appui à apporter à une éventuelle mission de surveillance de la frontière, a indiqué M. Menkerios.  Du fait des tensions qui subsistent, la MINUS sera pleinement opérationnelle jusqu’au 9 juillet, a-t-il ajouté.  La liquidation de la Mission devrait donc commencer après cette date.  Ensuite, il faudra maintenir l’aide au Groupe de haut niveau de l’Union africaine et aux autres partenaires qui continuent de nous prêter main forte pour l’établissement de la paix au Soudan, comme l’Union africaine, a préconisé M. Menkerios.

M. DAFFA-ALLA ELHAG ALI OSMAN (Soudan) est intervenu brièvement pour saluer « les bonnes nouvelles apportées par M. Thabo Mbeki ».  Il s’est ainsi félicité de la conclusion d’un « accord temporaire en ce qui concerne la direction qui doit être prise pour Abyei et la sécurité dans la région ».  « Après cette annonce, nous sommes convaincus que les questions en suspens seront résolues, en particulier celles relatives au partage des ressources, car le Gouvernement du Soudan a la volonté d’avancer », a-t-il affirmé.  S’agissant de la situation en matière de sécurité le long de la frontière, le représentant a confirmé que « des solutions seront annoncées très bientôt ».  « Le Gouvernement soudanais apprécie le rôle que joue le Conseil de sécurité, tout en lui demandant de temporiser et de retarder un peu certaines de ses actions afin que les efforts en cours pour régler toutes les questions en suspens aboutissent », a ensuite indiqué le représentant du Soudan.  Se référant aux annonces faites par M. Mbeki, il a rappelé que demain ou après-demain, « des contacts directs auront lieu entre les parties concernées pour parvenir à un règlement des problèmes qui se posent au Kordofan méridional ».  « Pour parvenir à une solution, nous aurons donc besoin de temps », a souligné le représentant. 

M. EZEKIEL LOL GATKUOTH, du Sud-Soudan, a affirmé que le Gouvernement du Sud-Soudan demeurait pleinement engagé en faveur de l’application définitive et totale de l’Accord de paix global.  Il a mis l’accent sur la nécessité de renouveler les efforts collectifs déployés en vue de mettre en œuvre l’Accord dans sa totalité.  Il s’est dit préoccupé par les violations récentes de l’Accord de paix global par le Gouvernement du Soudan, qui se sont manifestées par des attaques armées et une tentative de déstabilisation lancées contre le Sud.  Les menaces ont été posées au travail de borne qui est mené, et qui vise à achever la mise en œuvre des accords existants sur le statut final d’Abyei; à assurer la démarcation de la frontière; à conduire les consultations populaires dans le Kordofan méridional et dans le Nil Bleu.  Ces menaces mettent en danger la coexistence pacifique de deux États, le Soudan et le Sud-Soudan, après le 9 juillet 2011, a ajouté M. Lol Gatkuoth.

En dépit de certaines suggestions exprimées tendant à soutenir le contraire, il est de plus en plus clair, a-t-il estimé, que l’attaque lancée par les Forces armées soudanaises, au vu de la rapidité et de l’étendue des opérations militaires qu’elles ont menées, fait partie d’un plan délibéré conçu avant le 19 mai.  Le Gouvernement du Sud-Soudan regrette les échanges de tirs survenus le 19 mai entre l’Armée populaire de libération du Soudan et les Forces armées soudanaises dans la région d’Abyei, a déclaré M. Lol Gatkuoth, ajoutant que le recours à la force par Khartoum était injustifiable et totalement disproportionné.  Les mesures prises par Khartoum constituent une tentative du Gouvernement du Soudan d’échapper à la mise en œuvre totale et définitive de l’Accord de paix global, a accusé le représentant du Sud-Soudan.  M. Lol Gatkuoth a expliqué que les conséquences humanitaires de la violence à Abyei étaient catastrophiques et que les actions de Khartoum avaient causé des préjudices énormes aux populations civiles innocentes.  Ceci est une violation grave des droits de l’homme et du droit international humanitaire, a souligné le représentant.

Il a néanmoins annoncé que les parties venaient de signer un accord à Addis-Abeba visant à assurer le retrait immédiat des Forces armées soudanaises d’Abyei et à permettre l’intervention d’une brigade militaire éthiopienne de protection des civils.  Le Gouvernement du Sud-Soudan, a-t-il précisé, se félicite de l’offre faite aux parties par le Gouvernement de l’Éthiopie concernant le déploiement de Casques bleus éthiopiens à Abyei qui agiraient selon les termes d’un mandat du Conseil de sécurité octroyé sous le régime du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies.  Le représentant a vivement encouragé le Conseil à concrétiser cette proposition et à fournir à ces forces les ressources nécessaires afin que leur déploiement soit effectif dans les deux semaines à venir, tel que le prévoit l’accord conclu.

M. Lol Gatkuoth a rappelé qu’Abyei appartenait à la fois au Nord et au Sud, et qu’il devait en être ainsi tant que la population de la zone ne se sera pas prononcée autrement.  Il a également affirmé que son gouvernement dénonçait les attaques violentes commises par les Forces armées soudanaises contre les populations du Kordofan méridional, attaques qui, a-t-il dit, ont provoqué une deuxième crise humanitaire.  Le représentant a exhorté le Conseil de sécurité à insister pour permettre la signature immédiate d’un accord visant à mettre un terme aux hostilités.  Les autorités à Khartoum, a-t-il ajouté, doivent garantir l’accès de la région aux agences humanitaires afin d’aider les personnes déplacées.  Sans action immédiate et ferme de la part du Conseil de sécurité, la situation dans le Kordofan méridional risque de dégénérer en nettoyage ethnique et éventuellement en  génocide, a-t-il prévenu.

Seul le cadre de l’Accord de paix global peut garantir la paix au Soudan, a estimé M. Lol Gatkuoth.  Le règlement des questions en suspens est la clef de voûte du maintien de la paix entre le Nord et le Sud, a-t-il déclaré, mettant l’accent sur la nécessité d’assurer la viabilité et la sécurité mutuelles des deux pays après le 9 juillet.  M. Lol Gatkuoth a souligné que la présence des Nations Unies dans les trois régions d’Abyei, du Kordofan méridional, et du Nil Bleu, ainsi qu’à la frontière entre le Nord et le Sud-Soudan, devait être prolongée en attendant le règlement des questions en suspens selon les termes de l’Accord de paix global.  Le représentant du Sud-Soudan a appuyé l’option consistant à assurer l’existence d’une zone tampon démilitarisée entre le Nord et le Sud, laquelle a récemment fait l’objet de discussions entre les parties à Addis-Abeba.

Mme SUSAN RICE (États-Unis) a salué les informations données ce matin au Conseil selon lesquelles les parties ont signé un accord sur Abyei et sur le retrait des Forces armées du Soudan.  Elle a souligné l’urgence du déploiement des troupes éthiopiennes à Abyei en tant que force opérant sous les auspices des Nations Unies.  Après avoir remercié tous ceux qui sont intervenus pour parvenir à cet accord, Mme Rice a annoncé que les États-Unis allaient bientôt distribuer un projet de résolution prévoyant la création d’une force intérimaire pour la zone d’Abyei.  Il nous reste trois semaines avant l’indépendance du Sud, et la situation au Sud-Soudan représente une grave menace à la paix et à la sécurité internationales et une urgence, a-t-elle aussi souligné.

En ce qui concerne les terribles affrontements qui ont eu lieu au Kordofan méridional, Mme Rice a déploré les violations des droits de l’homme qui y sont pratiquées et leur caractère ethnique.  Les forces armées ont pris le contrôle de l’aéroport et interdit les vols des aéronefs des Nations Unies, a-t-elle aussi regretté, notant aussi avec préoccupation que les ONG sont en train d’évacuer leur personnel et qu’une crise de grande ampleur se déroule actuellement dans cette région.  Elle a invité les deux parties à autoriser l’accès de la région aux humanitaires.  Mme Rice a par ailleurs noté que l’Armée populaire de libération du Soudan (APLS) s’était déployée à la frontière, en violation de l’Accord de paix global.  De plus, les forces armées arment les populations locales, a-t-elle aussi déploré.  Les États-Unis condamnent toute violation des agréments précédents, en particulier lorsqu’elle est basée sur des motifs ethniques.

Mme Rice a demandé un rapport du Secrétaire général d’ici la fin du mois de juin, présentant toutes les violations des droits de l’homme survenues au Kordofan méridional et à Abyei.  Elle a aussi invité le Gouvernement du Soudan à empêcher une escalade de la crise en mettant fin à ses opérations militaires au Kordofan méridional et en se concentrant sur les efforts diplomatiques visant la résolution du conflit.  Elle lui a demandé, ainsi qu’à l’Armée populaire de libération du Soudan (APLS), de mettre fin aux hostilités et de lever les restrictions imposées aux déplacements des personnels humanitaires.  Enfin, a-t-elle conclu, il faut que le Secrétariat des Nations Unies procède à une évaluation de la situation afin de permettre au Conseil de mener à bien sa mission.

M. MARK LYALL GRANT (Royaume-Uni) s’est félicité des informations rapportées au Conseil sur l’accord signé ce matin.  Il a pris note des engagements du Gouvernement soudanais en faveur d’un règlement pacifique des situations à Abyei et au Kordofan méridional.  La signature d’un accord intérimaire sur Abyei est une mesure nécessaire, mais pas suffisante, pour parvenir à une paix générale au Soudan, a-t-il relevé.  L’escalade de la violence au Kordofan méridional a, par exemple, entrainé des déplacements de nombreux groupes de personnes, s’est inquiété

M. Grant.  Le représentant britannique a condamné les attaques lancées par les Forces armées soudanaises de Khartoum et les exactions commises par les deux parties.  Il a demandé un cessez-le-feu immédiat et exigé que les auteurs des crimes commis soient traduits en justice.

M. Grant a aussi jugé la situation humanitaire dans le Kordofan méridional vivement préoccupante et a demandé un accès humanitaire sans restriction aux populations dans le besoin, notamment par voie aérienne, pour l’ONU et les agences humanitaires.  Le représentant s’est ensuite félicité de la poursuite des négociations à Addis-Abeba et a émis l’espoir que la sécurité de la population civile serait assurée.  Il faut aussi préserver la situation sécuritaire dans l’État du Nil Bleu, a-t-il dit.  Relevant les violations de l’Accord de paix global par le Gouvernement soudanais de Khartoum, ainsi que la gravité de la situation humanitaire, M. Grant a souhaité que les parties s’engagent à trouver une solution en ce qui concerne le statut futur d’Abyei.  La sécurité du Soudan et du Sud-Soudan serait grandement renforcée par une présence des Nations Unies, a-t-il aussi estimé.

M. PETER WITTIG (Allemagne) a salué à son tour les informations encourageantes transmises par M. Mbeki, soulignant en particulier la conclusion de l’accord temporaire sur Abyei survenue à Addis-Abeba sous les auspices de l’Union africaine.  « Il faut se concentrer dès à présent sur la mise en œuvre de cet accord.  Ce sera une mise à l’épreuve de la sincérité des parties qu’examinera de près le Conseil de sécurité, qui, en ce sens, va se pencher sur le déploiement rapide d’une force intérimaire dans la zone », a dit M. Wittig.  « Nous condamnons la poursuite des combats au Soudan, notamment toutes les attaques lancées contre les populations civiles et les actes d’intimidation contre le personnel de l’ONU », a poursuivi le représentant.  M. Wittig a ensuite demandé que l’accès humanitaire soit rétabli, notamment au Kordofan méridional, « où la MINUS doit pouvoir exercer son mandat en matière de protection des civils ».  Il a conclu son intervention en insistant sur le fait que l’accord sur Abyei devra être suivi, avant le 9 juillet, d’arrangements sur le Kordofan méridional et l’État du Nil bleu. 

M. DOCTOR MASHABANE (Afrique du Sud) a lui aussi félicité les parties ayant signé l’accord temporaire sur Abyei, annoncé au Conseil par M. Thabo Mbeki.  « La situation dans la zone menace la mise en œuvre complète de l’Accord de paix global et les acquis obtenus ces derniers mois en matière de paix et de stabilité », a-t-il prévenu.  Après avoir appelé au retrait des Forces armées soudanaises et de l’Armée populaire de libération du Soudan de la zone d’Abyei, il a rappelé que l’accord trouvé ces derniers jours ne réglait pas la question du statut définitif de la région.  Concernant les tensions dans le Kordofan méridional, le représentant a estimé qu’elles constituent « une incertitude supplémentaire, à trois semaines de la déclaration d’indépendance du Sud-Soudan ».  « L’impact de l’insécurité dans cette région a déjà conduit à une crise humanitaire marquée par le déplacement de milliers de réfugiés et l’affaiblissement de la présence onusienne déployée dans la zone », a-t-il constaté, avant d’exhorter les parties à surmonter les difficultés actuelles, afin que « le 9 juillet soit la date historique que nous souhaitons tous célébrer ». 

M. JOSÉ FILIPE MORAES CABRAL (Portugal) s’est dit préoccupé par la détérioration de la situation au Kordofan méridional et à Abyei, qui a causé des déplacements de populations.  Il a demandé aux parties d’éviter toute escalade de la violence dans ces régions, et les a appelées à respecter de bonne foi leurs engagements.  Nous condamnons fermement toute mesure unilatérale qui porterait préjudice aux négociations, a-t-il dit.  L’échec ou le succès de chacun des États engagés dans ce conflit dépendent de l’échec ou du succès de l’autre, a-t-il dit, soulignant la grande interaction entre le Nord et le Sud.  M. Moraes Cabral a invité les parties à poursuivre les négociations dans un esprit de coopération et à continuer de travailler avec le Groupe de haut niveau de l’Union africaine, afin de trouver une solution pacifique au problème d’Abyei, ainsi que pour résoudre toutes les autres questions en suspens.

M. Moraes Cabral s’est réjoui de l’accord trouvé sur la frontière démilitarisée entre le Nord et le Sud et a invité les parties à tirer partie de l’assistance de l’ONU dans ce domaine.  Nous demandons aux parties de faire preuve de retenue dans le Kordofan méridional et à Abyei, a-t-il poursuivi.  En ce qui concerne la situation humanitaire, il a regretté l’escalade de la violence visant la population civile et a demandé qu’il y soit mis fin.  Il a aussi souligné la nécessité d’assurer la sécurité des agents humanitaires.  Le représentant a enfin exprimé son appui à la Mission des Nations Unies au Soudan (MINUS) et l’a félicitée pour le travail accompli dans des conditions difficiles.

M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a félicité MM. Mbeki et Menkerios pour les bons résultats enregistrés au Soudan.  Il a aussi salué la volonté de compromis dont font preuve Khartoum et Djouba, espérant que cela témoignerait d’une volonté politique naissante qui permettra de résoudre pacifiquement notamment le projet d’indépendance du Sud-Soudan.  Le représentant a également appelé les parties à s’abstenir de l’usage de la violence.  Il a enfin appuyé la présence des Nations Unies au Soudan et les travaux que mènent MM. Mbeki et Menkerios.

M. NÉSTOR OSORIO (Colombie) a exprimé sa préoccupation quant à la détérioration de la sécurité au Soudan.  Il a souhaité que soient condamnés fermement les meurtres et les violations des droits de l’homme commis contre la population du Kordofan méridional et celle de la région d’Abyei.  Il a souligné les efforts menés par le Groupe de haut niveau de l’Union africaine chargé de l’application des recommandations pour le Soudan, qui visent à rapprocher les parties et à leur faire reprendre la voie des négociations.  M. Osorio a exhorté les parties à ne pas utiliser la violence et à éviter tout acte de provocation.  « Il faut que les parties réitèrent les engagements pris au cours des négociations sur toutes les questions en suspens », a-t-il ajouté.

M. Osorio a également appelé les parties à respecter la Mission des Nations Unies au Soudan (MINUS) et toutes les autres institutions du système des Nations Unies, afin qu’elles puissent accomplir leurs mandats respectifs sans craindre pour la sécurité de leurs personnels.  Le représentant a aussi invité les parties en présence à respecter les engagements figurant à l’Accord de paix global, précisant qu’il était essentiel que toutes les forces armées se retirent d’Abyei.  M. Osorio a aussi plaidé en faveur du retour de la population déplacée.  Alors qu’il reste plusieurs questions à régler avant la création de l’État du Sud-Soudan, il a invité la communauté internationale à rester unie pour aider les parties à trouver des solutions aux questions qui se posent encore et à favoriser la création de relations harmonieuses entre deux États voisins et indépendants. 

M. GÉRARD ARAUD (France) a salué la conclusion de l’accord temporaire sur Abyei, qui constitue un grand pas en avant pour mettre un terme à la crise déclenchée le 21 mai dernier.  Concernant l’application de l’accord, qui devrait prévoir le déploiement de soldats éthiopiens, il a assuré que le Conseil de sécurité allait examiner la résolution que présenteront les États-Unis à cet effet.  Après avoir condamné les intimidations contre le personnel de l’ONU et les entraves à la liberté de circulation visant la MINUS, M. Araud a abordé le conflit dans le Kordofan méridional. 

Notant que les combats entre les Forces armées soudanaises et l’Armée populaire de libération du Soudan ont entrainé le déplacement de 60 000 personnes, il a exhorté les parties à conclure sans délai un cessez-le-feu; à permettre la fourniture de l’aide humanitaire et à reprendre la voie du dialogue.  La MINUS doit mettre en œuvre son mandat de protection des civils, en particulier à Kadugli, a insisté M. Araud.  Le représentant a estimé qu’à la lumière des derniers événements, il apparaît que « la paix obtenue grâce à l’Accord de paix global est précieuse, mais qu’elle reste aussi fragile ».  « La présence de l’ONU est justifiée tant que toutes les dispositions de l’Accord n’ont pas été mises en œuvre », a-t-il poursuivi.  La France estime qu’un dialogue sur des mécanismes envisageables au-delà du 9 juillet doit avoir lieu en vue de faciliter la paix et la prospérité dans la région, a conclu le représentant. 

M. IVAN BARBALIĆ (Bosnie-Herzégovine) s’est félicité du message positif délivré par vidéoconférence par M. Mbeki aux membres du Conseil de sécurité.  À son tour, il a appelé au retrait de toute présence militaire à Abyei, ceci dans l’attente du déploiement d’une force intérimaire.  Pour ce qui est du Kordofan méridional, il a invité les parties à poursuivre les négociations pour trouver une solution politique à la situation à laquelle fait face cette zone, où l’accès humanitaire est vital pour aider populations touchées par les combats.  Enfin, M. Barbalić a estimé crucial de mettre au point un mécanisme destiné à prévenir la reprise de conflits transfrontaliers après le 9 juillet.  Après la déclaration d’indépendance du Sud-Soudan, l’ONU devra être présente sur le terrain pour aider les parties à maintenir la sécurité le long de la frontière entre le Nord et le Sud, a-t-il dit. 

      M. HARDEEP SINGH PURI (Inde) a constaté la détérioration sérieuse de la situation humanitaire à Abyei et dans le Kordofan méridional, ainsi que dans d’autres zones du Soudan.  Il s’est inquiété en particulier des déplacements de populations et du manque d’accès humanitaire dont souffrent des populations civiles dans le besoin.  « Il faut rapidement sortir de l’impasse », a-t-il dit, saluant les efforts déployés en ce sens par le Groupe de haut niveau de l’Union africaine et par le Représentant spécial du Secrétaire général.  Les négociations entamées la semaine dernière ont entrainé un accord sur Abyei, a-t-il noté, avant d’inviter les parties à faire preuve de volonté politique pour parvenir à un accord complet.  Nous devons avoir de la patience et adopter une approche permettant d’assurer, sur le long terme, la sécurité de toute la population, a-t-il dit.  Le représentant a exhorté toutes les parties concernées à encourager les parties à renoncer à la violence.  Les actions unilatérales, notamment de type militaire, ne sont pas dans l’intérêt des parties, a-t-il averti.  Il a souhaité que les parties travaillent à des relations de collaboration sur le long terme.  La communauté internationale doit les aider à appliquer les accords trouvés, a-t-il préconisé.

M. WANG MIN (Chine) a salué l’accord signé entre le Nord et le Sud-Soudan sur Abyei, qui témoigne de la volonté des deux parties de maintenir la stabilité.  Il a invité les parties à mettre en œuvre les dispositions de cet accord, notamment en ce qui concerne le déploiement rapide des contingents de maintien de la paix venant d’Éthiopie.  Les parties doivent aussi mettre fin aux violences dans le Kordofan méridional et dans l’État du Nil Bleu, a souligné le représentant de la Chine.  Il a espéré que le Nord et le Sud arriveraient à trouver une solution pour résoudre les problèmes qui se posent dans ces deux grandes régions.  Le représentant a enfin soutenu les efforts déployés par MM. Mbeki et Menkerios pour encourager l’application du nouvel accord et parvenir aussi à un agrément sur les questions encore en suspens.

M. NAWAF SALAM (Liban) a appelé la MINUS à continuer de consulter les différentes parties soudanaises pour que son mandat soit prorogé de trois mois, cela afin que l’ONU puisse aider au règlement des questions encore en suspens relevant de l’Accord de paix global. 

M. RAFF BUKUB-OLU WOLE ONEMOLA (Nigéria) a souligné la nécessité d’éviter toute reprise des affrontements au Soudan.  Il a demandé qu’à cette fin soit trouvée rapidement une solution définitive au statut de la région d’Abyei.  « Ni le Soudan, ni la communauté internationale ne peuvent se permettre un nouveau conflit qui saperait tous les résultats obtenus depuis la signature de l’Accord de paix global en 1995 », a-t-il déclaré.  Après avoir assuré que le Nigéria appuie la prochaine démilitarisation de la zone d’Abyei et le déploiement d’une force intérimaire pour pacifier durablement la région, il a exhorté l’Armée populaire de libération du Soudan à mettre en œuvre toutes les dispositions de l’Accord de paix global en vue de normaliser durablement les relations entre le Nord et le Sud au-delà du 9 juillet. 

Mme REGINA MARIA CORDEIRO DUNLOP (Brésil) s’est félicitée de l’accord provisoire conclu sur Abyei et a remercié l’Éthiopie de mettre à la disposition de l’ONU des contingents de ses forces de sécurité pour l’application de l’accord.  Elle s’est déclarée préoccupée par les affrontements qui ont lieu dans le Kordofan méridional et par l’insuffisance de l’aide humanitaire dans cette région.  Elle a aussi déploré les attaques menées contre la population et contre le personnel civil de la Mission des Nations Unies au Soudan (MINUS).  Le Brésil exhorte les parties à appliquer pleinement l’Accord de paix global, a-t-elle indiqué.  Elle a invité les dirigeants à faire preuve de la plus grande retenue pour parvenir à la conclusion d’accords basés sur des mesures pacifiques sur les questions encore en suspens.  Elle a estimé que la seule façon de faire émerger une nouvelle situation pour le Nord et le Sud, c’est-à-dire deux États vivant côte à côte dans la paix, était de traiter les questions internes et bilatérales de façon pacifique.  De nombreux Soudanais ont pu coexister et coopérer pacifiquement depuis des siècles, ils peuvent donc le faire dans un proche avenir, a-t-elle estimé.

M. NELSON MESSONE  (Gabon), dont le pays préside le Conseil de sécurité en ce mois de juin 2011, a déploré les violences qui ont entrainé notamment des déplacements massifs de populations.  Il a félicité MM. Mbeki et Menkerios pour l’accord intervenu aujourd’hui entre les parties au conflit au Soudan, ainsi que l’Éthiopie qui a offert de fournir des forces militaires pour assurer la protection des populations civiles.  Le représentant a aussi remercié la délégation américaine de s’être proposée pour travailler sur un projet de résolution.  Appelant les parties à la retenue, il les a appelées à faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire vers les personnes déplacées.  Nous restons persuadés que l’envoi d’un bataillon éthiopien à la frontière entre le Nord et le Sud permettra de juguler les tensions, a-t-il dit.  Il a aussi estimé que l’Accord de paix global devait être appliqué jusqu’à son terme, avec le soutien essentiel des Nations Unies et du Groupe de haut niveau de l’Union africaine.  Il a enfin appelé les parties à faire preuve d’une ferme volonté politique pour le règlement de leurs contentieux

Reprenant la parole en fin de séance, le représentant du Soudan a d’abord répété que l’accord sur Abyei « représente un pas en avant ».  Il a ensuite indiqué que l’intervention des Forces armées soudanaises à Abyei avait été décidée « après une longue période de patience et de retenue face au non-respect des accords par le Sud ».  « Un grand nombre d’éléments de nos forces armées ont été tuées à Abyei, où en outre la MINUS elle-même a été prise pour cible; dès lors nous n’avions pas d’autre choix que d’intervenir pour mettre fin aux exactions de l’Armée populaire de libération du Soudan », a-t-il indiqué pour justifier l’action du Gouvernement de Khartoum.  Le représentant a ensuite souligné que, « comme nous l’avions annoncé, nous nous sommes retirés, dans le respect de l’Accord d’Addis-Abeba, après avoir rétabli l’ordre ».  Le représentant soudanais a par ailleurs demandé au Conseil de sécurité de condamner clairement les agissements de l’Armée populaire de libération du Soudan au Kordofan méridional, « où la situation est désormais sous contrôle ». 

Reprenant la parole, M. LOL GATKUOTH, du Sud-Soudan, a rappelé l’attachement de son gouvernement à la paix.  « C’est pour cela que nous avons demandé l’application intégrale de l’Accord de paix global », a-t-il expliqué.  Pour ce qui est de la question de l’Abyei, il a rappelé que cette région avait été mise sous la protection du Royaume-Uni en 1905, pour lutter contre l’esclavage qui sévissait au Soudan.  Au Kordofan méridional, il a déclaré que « les élections y ont été truquées », et a appelé à travailler ensemble pour trouver un accord à la situation actuelle.  Nous sommes prêts à discuter et trouver un accord sur le partage des ressources entre nos deux pays, a-t-il dit.  M. Lol Gatkuoth a en outre encouragé le Parti du Congrès national, qui domine la scène politique dans le Nord, à accepter une transition démocratique.  Le Nord doit opérer des changements dans ses politiques, au lieu de continuer à s’appuyer sur une totale islamisation du nord du Soudan, a-t-il suggéré, tout en invitant le Nord à accepter la diversité du pays et le droit de ses multiples composantes humaines à la différence.  Si le Nord n’est pas stable, le Sud en paiera les conséquences, a averti M. Lol Gatkuoth.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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