Le Conseil de sécurité se félicite de la bonne tenue du processus électoral en cours en Haïti

6 avril 2011
CS/10218

Le Conseil de sécurité se félicite de la bonne tenue du processus électoral en cours en Haïti

6/04/2011
Conseil de sécurité
CS/10218
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

6510e séance – matin & après-midi

LE CONSEIL DE SÉCURITÉ SE FÉLICITE DE LA BONNE TENUE DU PROCESSUS ÉLECTORAL EN COURS EN HAÏTI

Il demande aux donateurs d’honorer sans tarder leurs engagements

financiers en faveur de la reconstruction d’Haïti après le meurtrier séisme de 2010

Dans le cadre de l’examen de la question concernant Haïti, le Conseil de sécurité s’est félicité aujourd’hui, par les termes d’une déclaration de son Président, du processus électoral qui se déroule en Haïti en soulignant l’importance que ce processus ait lieu d’une manière pacifique, crédible et légitime afin de contribuer à la consolidation de la démocratie, de faciliter l’achèvement de la réforme constitutionnelle et de constituer une base solide pour la poursuite des activités de relèvement du pays après les épreuves qu’il a traversées.  Plusieurs délégations ont déclaré avoir pris note des résultats préliminaires des élections qui ont eu lieu en Haïti et attendre avec impatience la promulgation des résultats définitifs le 16 avril. 

En tant que Président de la République de Colombie, qui préside les travaux du Conseil de sécurité en ce mois d’avril 2011, M. Juan Manuel Santos Calderón a lu, au nom des membres du Conseil, une déclaration dont les termes stipulent qu’« Haïti ne connaîtra pas de stabilité véritable ni de développement durable tant qu’il n’aura pas consolidé ses institutions démocratiques ».  Aux termes de la déclaration présidentielle lue par M. Santos Calderón, le Conseil de sécurité salue aussi les efforts des donateurs en faveur du relèvement d’Haïti après le séisme qui a affecté ce pays au début de l’année 2010 et leur « demande d’honorer sans tarder tous leurs engagements financiers, y compris ceux qu’ils ont pris à la Conférence internationale des donateurs du 31 mars 2010 ».

Alors que 680 000 personnes demeurent encore dans les camps de déplacés en Haïti et que des millions d’autres y font face à de terribles difficultés économiques et sociales, de nombreuses délégations ont jugé indispensable d’accélérer les efforts de reconstruction. 

Par la déclaration lue aujourd’hui, le Conseil de sécurité réaffirme qu’il importe que les États et autres parties prenantes continuent d’aider les autorités haïtiennes à exécuter le Plan d’action national pour le relèvement et le développement d’Haïti.  Il souligne l’importance d’une action concertée entre le Gouvernement haïtien, l’Organisation des Nations Unies, la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti (CIRH) et les autres parties prenantes.  Le texte souligne le rôle fondamental de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), qui doit aider les autorités haïtiennes à instaurer un climat de stabilité propice au relèvement économique, en mettant en œuvre des projets à forte intensité de main-d’œuvre et en promouvant les services essentiels à la population. 

Aux côtés de l’Envoyé spécial du Secrétaire général pour Haïti et ancien Président des États-Unis, M. William J. Clinton, et du Président sortant de la République d’Haïti, M. René Préval, une quarantaine de délégations, ainsi que les représentants de l’Union européenne, de l’Organisation des États américains (OEA), de la Communauté des Caraïbes et la Banque interaméricaine de développement (BID) ont débattu de la situation d’Haïti après une année 2010 marquée par des crises multiples.  Les intervenants ont notamment évoqué le tremblement de terre qui a affecté Port-au-Prince et sa région et fait 230 000 morts et 2,3 millions de déplacés, ainsi que l’épidémie de choléra qui a touché 250 000 personnes. 

M. Préval a proposé au Conseil de sécurité un débat sur l’efficacité de l’ONU en Haïti depuis son intervention en 1993 en relevant que la patience du peuple haïtien avait atteint certaines limites.  De son côté, M. Clinton a déclaré que la CIRH avait besoin de plus de financement.  Il a indiqué que 87 projets, dont la réalisation a été approuvée pour un montant financier total de 3,26 milliards de dollars, demeuraient sous-financés en Haïti, parce que seulement 37,2% de l’argent promis l’an dernier à New York pour leur mise en œuvre avaient été versés. 

Mettant l’accent sur le relèvement et la reconstruction, M. Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’ONU, a précisé que 20% des 10 millions de mètres cubes de décombres liés au tremblement de terre ont été déblayés.  Rappelant que seul un investissement massif dans l’eau et l’assainissement permettra d’éviter de nouvelles épidémies de choléra en Haïti, M. Ban a regretté que l’appel humanitaire lancé pour faire face au choléra n’ait été financé à ce jour qu’à 46% de ses besoins, et que l’appel pour Haïti, dans son ensemble, n’ait obtenu que 10% des fonds sollicités.

Dans le domaine des réalisations, le représentant des États-Unis a précisé que près de 400 000 personnes ont été employées en Haïti au titre de projets à forte intensité de travail en 2010 dans le cadre de l’action commune des Nations Unies.  À l’instar du représentant de la Banque interaméricaine de développement (BID), il a annoncé la création d’un parc industriel qui abritera un certain nombre d’entreprises qui permettront de créer environ 25 000 emplois dans le secteur textile grâce à des investissements coréens.  Le représentant de la France, rappelant que le déblaiement des gravas résultant du tremblement de terre était un préalable incontournable au relèvement, a indiqué que la France avait offert 40 camions de déblaiement et qu’elle consacrait 300 millions d’euros au relèvement d’Haïti au cours de la période 2010-2011.  Cinquante pour cent de ce montant ont déjà été décaissés, a-t-il précisé. 

Faisant le lien entre « stabilité et développement », l’ensemble des délégations ont insisté que l’avenir d’Haïti passe par un transfert démocratique réussi et pacifique du pouvoir, et par l’avènement de la bonne gouvernance.  C’est pourquoi, elles ont engagé le nouveau gouvernement, qui sera installé dans les semaines qui viennent, à créer les conditions propices au développement économique d’Haïti par la promotion des investissements et la création d’emplois. 

Pour l’examen de cette question, les délégations étaient saisies d’un rapport du Secrétaire général qui rend compte des principaux événements survenus depuis le 1er septembre 2010.  M. Ban Ki-moon a indiqué qu’il fera le point sur les conditions de sécurité dans son prochain rapport, à l’occasion de l’investiture du nouveau président et du nouveau gouvernement. 

LA QUESTION CONCERNANT HAÏTI

Haïti: Un engagement renouvelé de la communauté internationale

Lettre datée du 31 mars 2011, adressée au Secrétaire général par le Représentant permanent de la Colombie auprès de l’Organisation des Nations Unies (S/2011/218)

Rapport du Secrétaire général sur la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (S/2011/183)

Dans ce rapport, qui rend compte des principaux événements survenus depuis le 1er septembre 2010, le Secrétaire général fait le point de la situation politique et des conditions de sécurité en Haïti (chapitre II); de la situation humanitaire, du relèvement et du développement (chapitre III), des activités de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (chapitre IV) et des activités humanitaires et activités de relèvement et de développement (chapitre V). 

Pour ce qui est de la « Politique et des élections », le Secrétaire général regrette que le premier tour des élections présidentielle et législatives, qui a eu lieu le 28 novembre 2010, ait été émaillé par des actes d’intimidation et de fraude, et que l’annonce des résultats préliminaires, le 7 décembre 2010, a été assombrie par des actes de violence et des troubles civils dans certaines parties du pays, notamment à Port-au-Prince.  Il se réjouit que le second tour se soit bien déroulé le dimanche 20 mars, dans une atmosphère calme et pacifique alors que la proclamation des résultats définitifs doit intervenir le 16 avril.  Il note que le retour d’Afrique du Sud de l’ancien Président Jean-Bertrand Aristide, le 18 mars semble avoir eu peu d’incidence sur le déroulement du scrutin.

En ce qui concerne la « Réponse à l’épidémie de choléra », le Secrétaire général note dans ce rapport que le 11 novembre 2010, l’ONU et les autorités nationales ont lancé un appel stratégique de fonds supplémentaires destinés à lutter contre l’épidémie de choléra.  Cette stratégie concerne des secteurs clefs comme la santé, l’eau, l’assainissement et l’hygiène, la gestion et la coordination des camps, la logistique et les moyens de communications, pour un coût total de 175 millions de dollars.  Au 15 mars, les sections de l’appel qui concernaient le choléra n’étaient financées qu’à hauteur de 46%.  Le taux de létalité de l’épidémie a baissé, passant d’un record de 2,4% en novembre 2010 à 1,8% au 1er mars 2011, soit 252 640 cas et 4 672 décès signalés.  À la fin de février, 98 centres de traitement du choléra, 215 services de traitement de la maladie et 642 postes de réhydratation par voie orale fonctionnaient en Haïti.

Pour ce qui est de la « Protection des groupes vulnérables », le Secrétaire général souligne qu’au cours de la période à l’examen, le nombre de personnes hébergées dans des camps a chuté d’environ 1,5 million à environ 680 000.  Toutefois, le départ de centaines de milliers de personnes des camps n’est en aucun cas le signe d’une amélioration significative des conditions sociales et économiques de base.  Une analyse des mouvements démographiques est en cours, mais les premières informations suggèrent que certaines personnes sont retournées dans des bidonvilles et que d’autres ont rejoint de nouvelles communautés informelles aux alentours de Port-au-Prince où les conditions de vie sont légèrement différentes de celles des camps et, dans certains cas, peuvent être pires.  Les expulsions des camps, qui ont débuté en mars 2010, se sont poursuivies tout au long de la période à l’examen.  Dans ce contexte, l’absence de décision de la part du Gouvernement haïtien demeure un obstacle de taille à l’évolution de la situation.  Plus de 400 000 personnes ont été employées au titre de projets à forte intensité de travail entre février et novembre 2010 dans le cadre de l’action commune des Nations Unies. 

Dans le chapitre du rapport consacré à la « Lutte contre la violence communautaire », le Secrétaire général précise que la MINUSTAH a mené à terme 94 des 99 projets de lutte contre la violence communautaire mis en place immédiatement après le tremblement de terre survenu en Haïti, ceci pour un coût total de 14 millions de dollars.  Les cinq autres projets, d’une durée de 12 mois, comme précisé dans le rapport, arriveront à terme le 31 mai et portent principalement sur la formation professionnelle des jeunes en danger, l’entreprenariat féminin, et le soutien médical et psychosocial pour les enfants et les jeunes vulnérables.  Les travaux réalisés à Cap-Haïtien, aux Gonaïves, à Saint-Marc, à Léogâne, à Gressier, à Grand-Goave, à Petit-Goave, dans les neuf communes du Département du Sud, dans la vallée de l’Artibonite et dans les bidonvilles de la capitale ont porté sur la construction de 1 900 barrages en pierres sèches sur une distance de 45 kilomètres et dans 15 ravins du bassin d’alimentation en eau de la capitale.  Ces projets, ainsi que la réhabilitation de 56 canaux de drainage, ont été réalisés par 34 157 jeunes en danger et 14 639 femmes issues de quartiers exposés à la violence et ont permis de réduire les risques d’inondation dans les camps de personnes déplacées et les bidonvilles de la capitale.

Au chapitre des « Droits de l’homme », le Secrétaire général indique qu’à la suite du retour de Jean-Claude Duvalier à Haïti, le 16 janvier, la MINUSTAH a également travaillé en étroite collaboration avec le Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH) pour encourager le Gouvernement à honorer ses obligations juridiques internationales et à poursuivre les auteurs de violations graves des droits de l’homme commises sous le régime de Duvalier.  Malgré leur manque de moyens, les autorités nationales n’ont pas tardé à engager des procédures judiciaires qui sont actuellement en cours.

Dans le domaine des « Activités de relèvement et de développement », lors de la formulation du cadre stratégique intégré, la MINUSTAH et l’équipe de pays des Nations Unies ont aussi redoublé d’efforts pour mettre au point et exécuter des programmes communs.  De juin à décembre 2010, l’équipe de pays des Nations Unies a choisi, formulé et présenté à la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti, 14 projets d’un montant total d’environ 300 millions de dollars, dont 224 millions (soit 75%) restent à financer.  Dix des 14 projets présentés supposaient la participation d’au moins deux organismes des Nations Unies.  Ces projets concernaient l’éducation, l’emploi, l’agriculture, la santé, la lutte contre la violence sexiste et la réduction des risques de catastrophe naturelle.

Dans les conclusions qu’il énonce à la fin de ce rapport, le Secrétaire général prévient que le nouveau gouvernement haïtien, qui doit être installé aux commandes du pays en mai 2011, héritera de difficultés redoutables auxquelles viendront s’ajouter le début de la prochaine saison des ouragans, l’absence de compétence du secteur public, et la désillusion croissante de la population envers les dirigeants et la classe politique actuelle et envers le type d’ordre socioéconomique qui prévaut depuis longtemps en Haïti.  Le prochain président haïtien pourrait bien devoir faire face à une longue période de cohabitation difficile avec un Parlement divisé où règnent les dissensions.  Les pouvoirs exécutif et législatif haïtiens devront collaborer pour satisfaire les aspirations du peuple et procéder aux réformes dont il est privé depuis bien trop longtemps, préconise Ban Ki-moon.

Le Secrétaire général se dit encouragé par le fait qu’il semble y avoir un consensus permanent sur la nécessité de ratifier les amendements à la Constitution que le Parlement a approuvés en septembre 2009 afin que le nouveau président prenne ses fonctions le 14 mai, au plus tard.  Le nouveau parlement devra aussi se prononcer sur le maintien en vigueur de la loi relative à l’état d’urgence du 15 avril 2010, s’il est décidé que le mandat de la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti doit être prorogé au-delà du mois d’octobre.  La Commission, pour sa part, devra redoubler d’efforts pour parvenir à une reconstruction visible sur laquelle reposera la stabilité sociale.

Déclarations

M. JUAN MANUEL SANTOS CALDERÓN, Président de la Colombie, a déclaré d’emblée que « les Haïtiens méritent d’être entendus ».  « Une communauté internationale qui ne tient pas compte des vues des Haïtiens ne peut pas servir Haïti », a-t-il tranché.  Soulignant que la responsabilité de reconstruire le pays appartient d’abord au Gouvernement haïtien, il a reconnu que les conséquences de la tragédie du 12 janvier 2010 ne s’atténueront que si les efforts locaux sont complétés par l’aide étrangère.  M. Santos a préconisé dans ce cadre le développement de projets concrets destinés à améliorer réellement la qualité de vie des populations, l’élaboration d’une stratégie de relèvement à long terme et de permettre que les Haïtiens eux-mêmes prennent leur destin en main.  « Il est nécessaire de combattre les plus grands ennemis du développement et de la stabilité que sont la faiblesse des institutions et de l’état de droit. » 

Le Président de la Colombie a ensuite mis l’accent sur l’importance de fournir une aide efficace et cohérente, et insisté sur le fait que la MINUSTAH et les agences de l’ONU doivent axer l’essentiel de leurs activités à l’aide au développement d’Haïti.  C’est ainsi qu’il a estimé que la MINUSTAH doit comprendre davantage de personnels civils que militaires.  « L’appui à Haïti doit se concentrer sur le renforcement des secteurs agricole, de la santé, de l’éducation, et sur celui des infrastructures », a encore préconisé M. Santos.  Concernant la sécurité, il a rappelé que 31 policiers colombiens coopéraient avec la Police nationale d’Haïti afin d’aider les autorités du pays à créer un environnement propice au développement d’institutions démocratiques.  Sur ce point, il a rendu hommage au Président René Préval pour avoir permis la tenue d’élections libres.  « Dans les prochains mois, un nouveau gouvernement sera nommé, ce qui représente une opportunité à saisir pour réorganiser la coopération avec Haïti et notre contribution à son développement durable », a conclu le Président de la Colombie.

M. BAN KI-MOON, Secrétaire général des Nations Unies, a félicité le peuple d’Haïti pour les importants progrès réalisés dans la consolidation de la démocratie dans le pays.  Il a cité à cet égard l’existence en Haïti d’une presse qui est plus libre que jamais; des bidonvilles qui ne sont plus contrôlés par des gangs criminels; et une police nationale qui est devenue une institution dans laquelle la population a confiance.  Mettant l’accent sur le relèvement et la reconstruction, il a précisé que 20% des 10 millions de mètres cube de décombres créés par le tremblement de terre de 2010 ont été déblayés.  Le Secrétaire général a déclaré que le nombre de personnes affectées par le tremblement de terre et vivant dans des camps est passé de 1,5 million de personnes en juillet 2010 à 680 000 aujourd’hui.  Malheureusement, cette diminution n’a pas été volontaire, puisque de nombreuses personnes ont été forcées de quitter les camps qu’elles occupaient. 

M. Ban Ki-moon s’est félicité que l’épidémie de choléra ait pu être stabilisée, tout en précisant que le nombre de nouveaux cas a baissé, et que le taux de létalité de la maladie au niveau national est de 1,8%.  Cependant, a-t-il dit, seul un investissement massif dans l’eau et l’assainissement permettra d’éviter de nouvelles épidémies.  Il a noté que l’appel humanitaire concernant le choléra n’était financé qu’à hauteur de 46% et que l’appel pour Haïti dans son ensemble n’avait obtenu que 10% des fonds sollicités.  Le Secrétaire général a donc jugé urgent que soit à cet effet versé un financement additionnel et qu’une plus grande coordination soit établie entre les organismes de l’ONU, le nouveau gouvernement et la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti. 

Alors que des millions d’Haïtiens dépendent toujours de l’assistance d’organisations non gouvernementales (ONG), et que trop de femmes et de filles vivent sous la menace de la violence sexuelle, le Secrétaire général a déclaré que la paix et la prospérité durables resteront un vœu pieux en Haïti sans l’avènement de la bonne gouvernance dans le pays.  « Le système judiciaire haïtien est dysfonctionnel, ses prisons sont dangereusement surpeuplées, et les dépenses publiques manquent de transparence », a dit le Secrétaire général.  Pour toutes ces raisons, les Haïtiens ont perdu confiance en l’État, et les entrepreneurs hésitent à investir dans le pays, à prévenu M. Ban.  Il a dit que la bonne gouvernance devra être la première priorité du prochain président d’Haïti et a invité le Parlement à procéder aux amendements constitutionnels nécessaires avant que le prochain président ne prenne ses fonctions. 

M. WILLIAM J. CLINTON, ancien Président des États-Unis d’Amérique et Envoyé spécial des Nations Unies pour Haïti, a félicité le Président de la Colombie, présent à cette réunion du Conseil de sécurité.  La Colombie est un pays qui a versé la totalité de l’aide qu’elle avait promise à Haïti, a dit M. Clinton en félicitant aussi le Président René Préval pour le transfert pacifique des pouvoirs au nouveau président élu d’Haïti.  Ceci contraste largement avec les situations que l’on observe ces jours-ci en Côte d’Ivoire, en Libye et ailleurs, a dit M. Clinton.  L’ancien Président des États-Unis a poursuivi son intervention en rappelant qu’avant le séisme du 12 janvier 2010, des ouragans avaient déjà coûté à Haïti 50% de son PIB.  Le tremblement de terre a causé un recul supplémentaire à la nation haïtienne, mais a aussi constitué une occasion de reconstruire le pays sur de nouvelles bases.  C’est là qu’intervient la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti, composée de fonctionnaires haïtiens et de membres de la communauté internationale chargés d’approuver tous les projets importants de reconstruction, y compris ceux entrepris par les ONG, a expliqué M. Clinton.  « Le cas d’Haïti représente la première tentative, au niveau mondial, de mettre sur pied un organe chargé de coordonner la réponse de la communauté internationale, d’un Gouvernement et de sa société civile », a-t-il souligné.  À ce jour, 87 projets sont en cours d’exécution en Haïti, et chacun sera assorti d’un audit de performance en fin d’exercice, a précisé M. Clinton.  La Commission n’a pas autorité pour mettre en œuvre les projets, mais elle est chargée de les approuver, a précisé l’Envoyé spécial pour Haïti, qui a jugé que la priorité était maintenant de lancer des projets de construction à grande échelle en dehors des zones touchées par le séisme.

« Avec l’approbation du Gouvernement d’Haïti, nous avons lancé un processus d’hypothèques afin de développer l’activité des petites et moyennes entreprises (PME) dans le pays.  Nous avons mis en place un groupe d’affaires chargé de rétablir le marché haïtien.  Nous œuvrons aussi au relèvement du système de santé du pays, mis à mal par l’épidémie de choléra », a relevé le Président Clinton.  Maintenant qu’un nouveau président est sur le point d’entrer en fonctions en Haïti et qu’une nouvelle administration s’apprête à assumer la responsabilité de la reconstruction, M. Clinton a estimé que la reconstruction d’Haïti devait se poursuivre dans la transparence et le respect de la transition démocratique. 

La Commission a besoin de financements supplémentaires, a ensuite prévenu l’Envoyé spécial.  En effet, 87 projets ont été approuvés pour un montant total de 3,26 milliards de dollars, mais la plupart d’entre eux demeurent sous-financés.  « Cette Commission est toujours en avance sur les donateurs », a-t-il fait observer, soulignant que seulement 37,2% des sommes d’argent promises l’an dernier, à New York, avaient été approuvées.  S’agissant des logements, même si les choses prennent du temps, le Gouvernement a initié la construction d’habitations répondant à des normes antisismiques reconnues au niveau international, a indiqué M. Clinton.  Quartier par quartier, les décombres sont retirés des rues de Port-au-Prince.  Mais on ne pourra pas reconstruire des écoles et de nouveaux logements, avant de s’être débarrassé de tous les décombres, a insisté M. Clinton, en soulignant qu’il reste beaucoup à faire.  Il a en conclusion prié les donateurs de ne pas donner de direction précise à la dépense des fonds qu’ils consentent à verser, mais de laisser au Gouvernement haïtien le soin de fixer lui-même ses priorités nationales, avec le soutien de la Commission.  « Saisissons l’occasion offerte par la transition démocratique en Haïti pour déblayer tous les décombres, reconstruire des logements et créer des emplois », a ajouté l’Envoyé spécial des Nations Unies pour Haïti.

M. RENÉ GARCIA PRÉVAL, Président de la République d’Haïti, a rappelé qu’il était le seul Président haïtien, depuis 25 ans, et depuis la fin de la dictature duvaliériste en 1986, à avoir pu accomplir deux mandats constitutionnels sans connaître la prison ou l’exil.  Rappelant l’instabilité qui a caractérisé Haïti, et les coups d’État de 1993 et de 2004, le Président Préval a invité les futurs dirigeants à pratiquer une gouvernance d’apaisement, d’ouverture, d’inclusion, de dialogue, de respect des droits d’association et d’expression.  Il a exhorté l’opposition à adopter une attitude positive et de collaboration.  S’agissant de la reconstruction, il a invité la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti (CIRH) à plus de célérité et d’efficacité, en notant que la patience du peuple haïtien avait ses limites. 

M. Préval a proposé aux Nations Unies, et particulièrement au Conseil de sécurité, un débat sur l’efficacité de l’intervention de l’ONU en Haïti depuis 1993.  Il a rappelé que l’instabilité en Haïti était principalement due au sous-développement, soit, en d’autres termes, à l’insatisfaction des droits socioéconomiques les plus élémentaires de la population.  Les chars, les blindés et les militaires auraient dû céder la place aux bulldozers et aux ingénieurs, à davantage d’instructeurs de police et d’experts en appui à la justice et au système judiciaire et pénitentiaire, a préconisé René Préval.  La dissuasion militaire n’est qu’un des aspects de la quête de stabilité, mais elle ne saurait se confondre avec elle, a-t-il dit.  La stabilité ne sera conquise que par les Haïtiens eux-mêmes, avec la solidarité de la communauté internationale qui pourra les accompagner dans l’édification des institutions spécialisées indispensables à l’état de droit. 

Une autre source d’instabilité politique en Haïti demeure le trafic de drogues, a poursuivi le Président Préval, tout en rappelant qu’Haïti ne produit ni ne consomme ces drogues.  Tant que la demande de drogues existera dans les pays du Nord, les producteurs et trafiquants utiliseront les pays faibles comme Haïti pour la production et le transit de ces produits, a-t-il dit.  Il a jugé urgent que la problématique de la drogue soit posée de façon globale, et que les rapports sur la drogue ne se limitent plus à stigmatiser les pays producteurs ou ceux de transit.  Pour faire face à l’insupportable impunité qui a trop longtemps régné en Haïti, et qui demeure un obstacle à l’apaisement social, le Président haïtien a jugé important que la vérité soit établie dans toutes ses nuances.  C’est pourquoi, il a souhaité que la société civile soit mobilisée à travers une « Commission Mémoire, Vérité et Justice », dont l’élaboration et la mise en œuvre des travaux seraient confiées à l’Office de protection du citoyen et de la citoyenne, qui est une structure indépendante du Gouvernement.  

M. ANTONIO JOSÉ FERREIRA SIMÕES, Vice-Ministre pour l’Amérique du Sud, l’Amérique centrale et les Caraïbes du Brésil, a indiqué que grâce au Président sortant René Préval, pour la première fois dans l’histoire d’Haïti, la transmission du pouvoir à un candidat de l’opposition se fera de manière pacifique, marquant ainsi le début de la fin de la culture du « gagnant rafle tout ».  Il a ensuite souligné que les affinités culturelles partagées entre le peuple haïtien et les soldats brésiliens, qui forment un contingent important de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), avaient d’heureuses conséquences sur le terrain s’agissant de la mise en œuvre du mandat de la Mission et du maintien de la sécurité.

Le Vice-Ministre a indiqué qu’une fois la transmission du pouvoir opérée en Haïti, la communauté internationale pourrait redoubler d’efforts pour la reconstruction du pays.  Il a souligné à ce titre l’importance que les donateurs respectent leurs engagements, les promesses de dons n’ayant été financées qu’à hauteur de 30% pour la période 2010–2011.  Les dons devraient être acheminés directement auprès du Gouvernement haïtien, a-t-il poursuivi, soulignant son rôle premier dans le processus de reconstruction.

Le Vice-Ministre du Brésil a ensuite plaidé pour une approche multisectorielle dans la mise en œuvre du mandat de la MINUSTAH qui doit œuvrer à la promotion de la sécurité, de la réconciliation politique comme du développement.  La réussite de cette approche dépend de la capacité de coordination de la communauté internationale, a-t-il poursuivi, avant de se réjouir des efforts communs entre la MINUSTAH et la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti.  Une coopération renforcée entre ces deux entités ne sera que plus bénéfique pour Haïti, a-t-il ajouté, avant d’apporter son soutien à la transformation de la Commission intérimaire en agence nationale de développement.

M. DAVID LIDDINGTON, Membre du Parlement et Ministre des affaires étrangères et du Commonwealth du Royaume-Uni, s’est dit encouragé par le processus de transition démocratique observé en Haïti, où un nouveau président vient d’être élu.  Celui-ci devra faire montre de leadership afin de répondre aux besoins humanitaires qui se posent en Haïti, superviser la reconstruction et réformer les Forces de police nationales, et ce, dans le respect de l’état de droit, de la transparence et de l’impartialité, a prévenu M. Liddington.  Il a mis l’accent sur l’importance de redresser le secteur judiciaire, assurant qu’il ne pouvait y avoir de tolérance pour l’impunité.  M. Liddington a souligné l’importance du rôle de la communauté des donateurs pour aider Haïti à rétablir ses institutions démocratiques dans le respect de l’appropriation nationale.  Le Ministre a donc demandé que les engagements pris s’agissant des promesses de versement de contributions soient respectés dans les meilleurs délais.  La MINUSTAH continue de jouer un rôle fondamental dans la stabilité en Haïti, où elle constitue un rempart contre le crime et la dégradation de la situation sociale, a-t-il estimé.  L’amélioration de la sécurité sur place devrait constituer un facteur déterminant pour attirer les entreprises privées à l’appui d’une reconstruction sur le long terme en Haïti, a-t-il jugé en conclusion.

M. DAVID DUNN (États-Unis) a souligné les progrès accomplis dans l’élimination des décombres causés par le tremblement de terre en estimant que 2 millions de mètres cube de décombres avaient été déblayés à ce jour.  Il a exprimé l’appui des États-Unis à l’appel lancé par la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti (CIRH), pour qu’il y ait une plus grande attention des donateurs sur cette question.  Le représentant a précisé que près de 400 000 personnes ont été employées en Haïti au titre de projets à forte intensité de travail en 2010 dans le cadre de l’action commune des Nations Unies.  Quarante à 50% de ces emplois étaient destinés aux femmes, a-t-il précisé.  Il a souligné que les efforts déployés par les États-Unis pour promouvoir l’accès à l’eau et à l’assainissement avaient été soutenus par une donation de 45 millions de dollars.  Un tiers de la population haïtienne a accès aujourd’hui à l’eau potable, alors que seul 2% y avaient accès au lendemain du tremblement de terre.  Nous devrions dépasser la cible de 50%, pourcentage visé pour octobre 2011, s’est-il réjoui. 

S’agissant du logement, le représentant a relevé que la densité de population dans certains quartiers de Port-au-Prince était quatre fois supérieure à celle de la ville de New York.  Il a noté que 680 000 personnes continuent de vivre sous des tentes dans des camps improvisés.  Il a jugé essentiel que le CIRH invite le Gouvernement d’Haïti à mettre en place un cadre approprié d’identification des donateurs pour pouvoir ensuite mieux savoir qui sont les bénéficiaires de l’aide au logement.

Il a salué le projet de création d’un nouveau parc industriel grâce à la collaboration du Gouvernement haïtien, des États-Unis et de la Banque interaméricaine de développement.  Ce projet, a-t-il précisé, devrait permettre de créer 25 000 emplois orientés sur l’exportation de produits qui sortiront des ateliers de firmes textiles.  Un environnement stable est indispensable à un développement durable, a-t-il ajouté, en appelant à un renforcement des institutions d’Haïti.  Il s’est félicité du bon déroulement des élections, tout en espérant que les procédures institutionnelles seront désormais équitables et transparentes et que la passation de pouvoir au sommet de l’État d’Haïti, qui aura lieu au mois de mai se fera sans difficulté.  

M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a déclaré que son pays avait contribué à la reconstruction d’Haïti à hauteur de 8 millions de dollars, que la Fédération de Russie a principalement versés par l’entremise de fonds et  programmes des Nations Unies.  M. Churkin s’est dit satisfait de la situation relativement calme qui règne actuellement en Haïti, grâce aux efforts combinés de la police haïtienne et des forces de la MINUSTAH.  La Fédération de Russie renouvelle son appui à la Mission de l’ONU, a dit le représentant.  Il s’est en conclusion félicité de la participation des organisations régionales à la reconstruction d’Haïti et des efforts déployés par l’Envoyé spécial de l’ONU, M. Clinton, avant d’ajouter que la Fédération de Russie appuierait le projet de déclaration présidentielle du Conseil de sécurité sur Haïti.

M. IVAN BARBALIĆ (Bosnie-Herzégovine) a estimé que la bonne conclusion de l’élection présidentielle en Haïti et l’établissement d’un gouvernement légitime étaient une composante importante du redressement d’Haïti.  Haïti, a-t-il ajouté, doit renforcer ses structures de gouvernance et établir des services de base afin d’améliorer les conditions de vie de sa population et de soulager les souffrances endurées par le peuple haïtien.  M. Barbalić a donc estimé qu’il était de la « plus haute importance » que tous les acteurs politiques s’unissent pour assurer en Haïti la création d’un pays stable et prospère.  L’instabilité politique, a-t-il averti, risque de divertir le pays de la route qui pourrait le mener vers le redressement et le développement.  Pour le représentant de la Bosnie-Herzégovine, la détermination du Gouvernement haïtien et de son peuple à édifier un « Haïti meilleur » est « l’ingrédient essentiel » à trouver.  Il a également engagé la communauté internationale à coordonner ses activités avec la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti.

M. Barbalić a par ailleurs fait savoir que sa délégation était gravement préoccupée par la situation des personnes déplacées, et il a engagé les autorités nationales d’Haïti à créer, avec leurs partenaires internationaux, un environnement propice à leur réinstallation.  Évoquant le rôle critique de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), il a également appelé au renforcement du partenariat entre l’ONU et le peuple haïtien.

Mme JOY OGWU (Nigéria) a reconnu le potentiel d’Haïti pour la croissance et la stabilité.  Elle a dit que la réussite des récentes élections reflétait la volonté du peuple pour la démocratie et la stabilité.  L’interdépendance entre la paix, la sécurité et le développement devrait être un principe directeur de tous nos efforts, a-t-elle insisté, en souhaitant que l’on mette le processus de relèvement aux mains du peuple haïtien.

La justice et les droits de l’homme doivent être une priorité absolue du nouveau gouvernement, a-t-elle reconnu.  Elle a jugé indispensable que les branches législatives coopèrent de façon positive.  Elle a exhorté le nouveau parlement à procéder aux amendements constitutionnels attendus et à renouveler le mandat de la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti.  Si des fonds urgents sont nécessaires, a-t-elle dit, il faut aussi assurer une bonne coordination de leur distribution sur la base des priorités haïtiennes.  S’inquiétant d’une insécurité persistante, elle a appelé à un renforcement urgent des institutions haïtiennes. 

M. LI BAODONG (Chine) a rappelé que l’an passé, Haïti avait connu un recul économique, social et humain considérable suite au séisme et à l’épidémie de choléra qui ont affecté le pays.  « Notre priorité devrait être de promouvoir le processus politique et de garantir un transfert de pouvoir pacifique et transparent alors qu’un nouveau président vient d’être élu », a déclaré le représentant de la Chine.  Le rythme de la reconstruction demeure trop lent, a-t-il regretté, avant de demander à la communauté internationale d’accorder plus d’attention aux moyens qui permettraient de concrétiser les promesses de contributions faites l’an dernier en faveur d’Haïti lors de la Conférence des donateurs.  La communauté internationale doit également respecter l’autonomie, la souveraineté et le rôle de leadership du Gouvernement d’Haïti, a poursuivi le représentant.  Il s’est félicité, en conclusion, de la contribution faite par la MINUSTAH au relèvement d’Haïti et a souhaité que la Mission continue de s’en tenir à l’exécution stricte du mandat qui lui a été donné et à la mise en place d’un environnement sûr et stable pour la reconstruction future d’Haïti.

M. NAWAF SALAM(Liban) a salué les progrès observés en matière de relèvement et de reconstruction en Haïti et s’est félicité de la réussite de la récente élection présidentielle tenue dans le pays.  Il ne fait aucun doute que les crises économiques et sociales nourrissent les conflits en Haïti, et constituent une menace à la paix et à la sécurité, a-t-il dit.  C’est pourquoi, il a mis l’accent sur l’importance des initiatives prises par l’ONU dans le domaine du développement économique et social.  Mettant en exergue le lien entre démocratie et sécurité, le représentant du Liban a appelé à un déploiement d’efforts conséquents en matière de consolidation de l’état de droit en Haïti.  Notant que l’épidémie de choléra constitue toujours une source de préoccupation, il a estimé indispensable une réponse internationale de grande ampleur pour mettre un terme à ce fléau.  « Tambour emprunté ne fait jamais bien danser », a-t-il dit pour illustrer que l’appropriation par le peuple haïtien du processus de reconstruction et de relèvement d’Haïti était indispensable. 

M. BASO SANGQU(Afrique du Sud) a déclaré que la communauté internationale devrait saisir l’occasion offerte par cette réunion ministérielle pour réaffirmer son soutien à Haïti.  Avec son soutien, ce pays devrait être en mesure de surmonter les défis qui se posent à lui aujourd’hui, a jugé le représentant, qui a expliqué qu’un mécanisme trilatéral avait été conjointement mis en place par l’Afrique du Sud et le Brésil à l’appui de la reconstruction haïtienne.  Il s’est félicité du déroulement pacifique de l’élection présidentielle et a demandé à toutes les parties de respecter la publication des résultats définitifs du scrutin, le 16 avril.  Il a appelé de ses vœux la concrétisation de l’aide promise lors de la Conférence des donateurs de l’an dernier.  Compte tenu de la situation sécuritaire dans les camps de déplacés et de la résurgence des violences sexuelles, le représentant sud-africain a estimé que les effectifs de la MINUSTAH devraient être renforcés afin de mieux stabiliser la situation sur le terrain.

M. HARDEEP SINGH PURI(Inde) s’est félicité de la réussite de la récente élection présidentielle organisée en Haïti, et dont les résultats provisoires semblent désigner M. Michel Martelly comme le futur président du pays.  Le représentant a félicité l’Organisation des États américains (OEA) d’avoir pu résoudre les différends électoraux intervenus à l’issue du premier tour de l’élection haïtienne, alors que le retour d’exil de deux anciens Présidents haïtiens faisait craindre une montée des tensions.  Le représentant de l’Inde a émis l’espoir que le leadership haïtien fera preuve de maturité et sera à la hauteur des attentes du peuple.  Alors que 680 000 personnes vivent encore dans des camps, et que des millions d’autres font face à de terribles difficultés économiques et sociales, il est indispensable d’accélérer les efforts de reconstruction et de relèvement, a-t-il recommandé.  Il faut éviter les doubles emplois et aider directement les secteurs qui en ont le plus besoin, a souligné le représentant de l’Inde en concluant son intervention.

M. PETER WITTIG (Allemagne) a axé son intervention sur trois aspects de la situation en Haïti.  Évoquant tout d’abord les élections, il a indiqué que l’Allemagne souhaitait que le processus électoral s’achève de manière pacifique, crédible et légitime.  Il a donc appelé toutes les parties haïtiennes à assumer dignement leurs responsabilités à cet égard.  Pour M. Wittig, la présence continue de la MINUSTAH sur le terrain demeure une condition sine qua non pour la promotion de la stabilisation et du développement d’Haïti, où l’action de la Mission onusienne fait la différence auprès des communautés et des groupes les plus vulnérables.  Évoquant ensuite les questions conjointes de la reconstruction, du développement et de l’état de droit, le représentant a jugé essentiel pour Haïti de réussir à attirer l’investissement direct étranger (IDE).  Mais pour que le secteur privé revienne en Haïti, il est indispensable que soit pleinement rétabli l’état de droit, a relevé Peter Wittig.  Il faut d’autre part que soient renforcées les capacités institutionnelles du pays, a-t-il souligné.

M. NOËL NELSON MESSONE (Gabon) a formulé le vœu que la fin du processus électoral haïtien débouche sur la mise en place des institutions démocratiques et stables nécessaires au développement du pays.  Il a également encouragé la classe politique et la société civile haïtiennes à unir leurs efforts afin d’accélérer le relèvement global d’Haïti.  M. Messone a par ailleurs constaté que de nombreuses difficultés subsistent dans le domaine sécuritaire, évoquant notamment la collecte de données fiables, les crimes non signalés et la recrudescence des activités des gangs.  Le représentant du Gabon s’est ensuite réjoui de la finalisation du cadre stratégique intégré pour rendre plus cohérente la coordination des activités entre la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) et l’équipe de pays des Nations Unies.

« L’avenir d’Haïti passe par un transfert démocratique réussi et pacifique du pouvoir », a poursuivi M. Messone.  Il a estimé que le ferme soutien de la communauté internationale au nouveau gouvernement d’Haïti serait déterminant dans « cette phase délicate de reconstruction ».  Il a également engagé le nouveau gouvernement à créer les conditions permettant de faciliter le développement économique d’Haïti par la promotion des investissements et la création d’emplois.

M. GÉRARD ARAUD (France) a salué la qualité du rapport du Secrétaire général qui présente les défis humanitaires et économiques auxquels Haïti fait face.  Parmi les problèmes à résoudre, il a cité une crise politique persistante, une reconstruction trop lente, des centaines de milliers de personnes déplacées et la recrudescence des délits, parmi lesquels les violences sexuelles dont sont victimes les femmes et les filles dans les camps de déplacés.  « Si le retard de développement dont souffre Haïti joue un rôle néfaste sur la sécurité, il faut rappeler qu’il ne peut y avoir de développement solide sans stabilité », a noté M. Araud.  Aussi, a-t-il appelé les candidats, la classe politique et toute la population à respecter les résultats de l’élection. 

Haïti a besoin d’un climat politique serein pour résoudre ses problèmes, a souligné le représentant de la France.  Il a dit que la communauté internationale était aux côtés d’Haïti, mais ne pourra rien apporter de durable sans l’appropriation, par les Haïtiens eux-mêmes, du processus de relèvement de leur pays.  Cette appropriation nationale, a-t-il insisté, est particulièrement importante dans le domaine de la construction de l’état de droit.  Les obstacles à la reconstruction doivent être levés en accélérant le déblaiement des débris causés par le tremblement de 2010, a ensuite dit le représentant de la France.  C’est pourquoi, la France vient d’offrir 40 camions spécialisés pour accomplir ce travail de déblaiement.  Par ailleurs, M. Araud a jugé indispensable l’apport d’une expertise technique afin d’appuyer le renforcement des capacités locales.  Il faut d’autre part que l’aide financière promise soit versée, a préconisé le représentant.  M. Araud a précisé que l’assistance financière de la France à Haïti s’élevait à 300 millions d’euros pour la période 2010-2011, dont la moitié a déjà été engagée. 

M. JOSÉ FILIPE MORAES CABRAL (Portugal) a déclaré que la paix et la sécurité en Haïti, ainsi que les efforts de reconstruction nationale et de développement, incombent avant tout au peuple et aux autorités d’Haïti, « pays indépendant et souverain ».  « La communauté internationale ne peut pas remplacer cette volonté souveraine et ne peut agir qu’en appui aux efforts de stabilisation menés par le pays lui-même, a-t-il ajouté.  M. Cabral a ensuite estimé que l’élection présidentielle représentait un pas en avant important dans le processus démocratique haïtien et a salué le rôle de la MINUSTAH et de la Mission d’observation électorale conjointe OEA/CARICOM pour leur appui.  « Il faut désormais conclure le processus électoral, d’une façon crédible et transparente, afin de renforcer la légitimité des institutions. » 

Passant aux conséquences du séisme du 12 janvier 2010, le représentant a appelé à son tour à un renforcement de l’efficacité et de la coordination de l’aide.  Après avoir souligné le soutien de la Mission dans le domaine de la reconstruction, il a indiqué que la MINUSTAH a encore un rôle important à jouer dans celui du développement des institutions, de l’établissement d’un État de droit, de la promotion des droits de l’homme et de la lutte contre la criminalité.  « Nous encourageons la Mission à continuer à œuvrer en ce sens tout en promouvant l’appropriation progressive, par les autorités haïtiennes, de leurs pleines compétences et responsabilités dans tous ces domaines », a-t-il déclaré.

Déclaration présidentielle

Le Conseil de sécurité réaffirme son ferme attachement à la souveraineté, à l’indépendance, à l’intégrité territoriale et à l’unité d’Haïti, et souligne que c’est au Gouvernement et à la population haïtiens qu’il incombe au premier chef d’instaurer la paix et la stabilité et d’œuvrer au relèvement d’Haïti.  Le Conseil salue la contribution apportée par la communauté internationale au processus de stabilisation en Haïti, notamment au renforcement des institutions législatives, judiciaires et exécutives du pays.

Le Conseil prend acte du caractère interdépendant des défis à relever en Haïti et réaffirme que les progrès durables accomplis dans les domaines de la sécurité, du renforcement des institutions et de l’état de droit, ainsi que de la consolidation des structures publiques nationales, de la démocratie, de la promotion et de la protection des droits de l’homme et du développement, se renforcent mutuellement.  Il salue l’action entreprise par le Gouvernement haïtien et la communauté internationale pour relever ces défis. 

Le Conseil se félicite du processus électoral qui se poursuit en Haïti et souligne combien il importe que ce processus soit mené à bien d’une manière pacifique, crédible et légitime afin de contribuer à la consolidation de la démocratie, de faciliter l’achèvement de la réforme constitutionnelle et de constituer une base solide pour la poursuite des activités de relèvement.  Le Conseil prend acte de l’importante contribution de la MINUSTAH, de l’Organisation des États américains et d’autres organisations internationales, régionales et sous-régionales au processus politique.

Le Conseil souligne que la sécurité et le développement sont étroitement liés et interdépendants, et réaffirme que la sécurité doit aller de pair avec le développement économique et social.  À cet égard, le Conseil affirme qu’il est indispensable que des progrès rapides et tangibles soient faits dans le relèvement et la reconstruction d’Haïti pour que le pays connaisse une stabilité durable.

Le Conseil prend acte des divers problèmes auxquels Haïti doit faire face et souligne le rôle fondamental de la MINUSTAH, qui est d’aider les autorités haïtiennes à instaurer un climat de sécurité et de stabilité propice au relèvement économique, notamment en mettant en œuvre des projets à forte intensité de main-d’œuvre, et à assurer les services essentiels en Haïti.

Le Conseil exprime sa préoccupation devant la situation des groupes vulnérables, notamment des personnes déplacées et des enfants victimes de la traite, et devant la montée de la violence sexuelle et sexiste.  À cet égard, il encourage la MINUSTAH et l’équipe de pays des Nations Unies à continuer d’aider le Gouvernement haïtien à offrir une protection adéquate à la population civile, en prêtant tout particulièrement attention aux besoins des déplacés et des autres catégories vulnérables, notamment les femmes et les enfants.

Le Conseil souligne qu’Haïti ne connaîtra pas de stabilité véritable ni de développement durable tant qu’il n’aura pas consolidé ses institutions démocratiques.  À cet égard, le Conseil insiste sur la nécessité de promouvoir l’état de droit en renforçant les institutions haïtiennes.  Le Conseil réaffirme en outre qu’il incombe à la MINUSTAH de soutenir l’État haïtien dans les domaines de l’état de droit, de la bonne gouvernance, de l’extension de l’autorité de l’État ainsi que de la promotion et de la protection des droits de l’homme, conformément à son mandat. 

Le Conseil souligne qu’il importe au plus haut point de renforcer la Police nationale d’Haïti pour lui permettre de lutter contre la violence, en particulier la violence sexuelle et sexiste, ainsi que la violence en bande et la criminalité transnationale organisée.  À cet égard, le Conseil se félicite du soutien que l’Organisation des Nations Unies et la communauté internationale continuent d’apporter aux autorités haïtiennes et demande à la MINUSTAH de continuer d’appuyer l’agrément, l’encadrement et la formation des membres de la Police nationale d’Haïti et du personnel pénitentiaire et d’intensifier la coopération en vue de faire face à ce problème, notamment d’aider aux activités de lutte contre le trafic de stupéfiants et d’assurer la formation aux droits de l’homme. 

Le Conseil estime que le relèvement d’Haïti est un processus à long terme et engage la communauté internationale à continuer d’aider les autorités haïtiennes à faire en sorte que les catégories les plus vulnérables de la population aient accès aux services sociaux de base et à la justice.

Le Conseil salue les efforts déployés par les donateurs et leur demande d’honorer sans tarder tous leurs engagements financiers, y compris ceux qu’ils ont pris à la Conférence internationale des donateurs, tenue le 31 mars 2010 sur le thème « Un nouvel avenir pour Haïti ».  Il se félicite de l’action menée par la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti pour diriger l’aide des donateurs vers les grandes priorités en matière de relèvement, et engage les donateurs et les organisations non gouvernementales et internationales qui soutiennent les activités de reconstruction à continuer d’apporter leur aide par l’intermédiaire de la Commission. 

Le Conseil réaffirme qu’il importe que les États Membres et les autres parties prenantes continuent d’aider les autorités haïtiennes à renforcer les structures de gouvernance de base et à mettre à exécution le Plan d’action national pour le relèvement et le développement d’Haïti, qui est un cadre efficace et cohérent.

Tout en prenant acte de la volonté de la communauté internationale de continuer à aider le Gouvernement haïtien à établir des stratégies de sécurité à long terme et de développement qui s’inscrivent dans un cadre cohérent, le Conseil souligne l’importance d’une action coordonnée et concertée entre le Gouvernement haïtien, l’Organisation des Nations Unies, la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti et les autres parties prenantes afin de produire des résultats durables.

Le Conseil se félicite de la volonté des organisations régionales et sous-régionales de contribuer au processus de stabilisation, de reconstruction et de consolidation de la démocratie qui se poursuit en Haïti.  À cet égard, il demande à la MINUSTAH de continuer à coopérer étroitement avec ces organisations, ainsi qu’avec les institutions financières internationales et les autres parties prenantes, notamment l’Organisation des États américaines (OEA), l’Union européenne (UE), la Communauté des Caraïbes (CARICOM), l’Union des nations de l’Amérique du Sud (UNASUR) et la Banque interaméricaine de développement. 

Le Conseil remercie les États Membres qui soutiennent le processus de relèvement et de stabilisation en Haïti, notamment les pays qui fournissent des contingents et du personnel de police à la MINUSTAH.  Il exprime sa reconnaissance à l’Envoyé spécial du Secrétaire général pour Haïti, l’ancien Président des États-Unis William J. Clinton, et au Représentant spécial du Secrétaire général, l’Ambassadeur Edmond Mulet, ainsi qu’au personnel de la MINUSTAH pour leur dévouement et leur engagement personnel dans l’action de stabilisation et de relèvement qui se poursuit en Haïti, conformément à leurs mandats respectifs et en étroite coordination avec les organismes des Nations Unies et les États Membres.

Suite des déclarations

M. BRUNO RODRIGUEZ PARRILLA, Ministre des affaires étrangères de Cuba, a déclaré que l’évolution de la situation depuis la tenue de la Conférence des donateurs en faveur d’Haïti, il y a tout juste un an, « n’était pas cohérente avec l’esprit qui avait présidé à cette manifestation ».  Depuis, plusieurs des supposés « principaux donateurs » ont dédié des ressources exorbitantes à des guerres et à des interventions militaires, a-t-il dénoncé.  Les sommes promises pour Haïti n’ont toujours pas été versées, la volonté du Gouvernement haïtien n’as pas été respectée et ses priorités ont été ignorées, a-t-il poursuivi.  Cuba partage les préoccupations exprimées par les chefs de gouvernement de la Communauté des Caraïbes (CARICOM) le 26 février dernier, lorsque ceux-ci ont ouvertement critiqué le Fonds pour le relèvement et la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti (CIRH) pour leur manque de respect des priorités du Gouvernement haïtien et l’insuffisance des ressources promises.

Cuba a pour sa part concentré ses efforts en Haïti dans les domaines de la santé publique, afin de répondre à 75% des besoins de la nation haïtienne.  De janvier 2010 jusqu’à présent, près de deux millions de patients ont ainsi été pris en charge, plus de 36 000 opérations chirurgicales et près de 8 500 accouchements ont été menés à bien, a indiqué le Ministre des affaires étrangères de Cuba.  En outre, a indiqué M. Parrilla, plus de 465 000 patients ont reçus des traitements visant à favoriser leur réhabilitation physique.  Outre le Venezuela, qui a fourni une aide considérable, la Namibie, l’Afrique du Sud, l’Australie et l’Espagne ont contribué à hauteur de plus de 3,5 millions de dollars à ces efforts, a précisé M. Parrilla.

Évoquant ensuite le rôle des Nations Unies, le Ministre des affaires étrangères de Cuba a déclaré que les forces de la MINUSTAH avaient été déployées dans le pays avec un mandat spécifique visant à promouvoir la stabilité.  Ce mandat doit être rigoureusement respecté, a-t-il souligné.  La Mission n’a aucune raison d’interférer avec les affaires internes d’Haïti: toute pression sur les autorités souveraines du pays est inacceptable, a insisté M. Parrilla, pour qui la situation humanitaire en Haïti n’est pas une question adéquate pour le Conseil de sécurité.  Elle devrait plutôt être référée à l’Assemblée générale.

M. HÉCTOR MARCOS TIMERMAN, Ministre des affaires étrangères, du commerce international et du culte de l’Argentine, a fait part du ferme engagement de son pays en faveur d’Haïti, soulignant que 70% des Casques bleus argentins travaillaient à la MINUSTAH.  Il a également indiqué que son pays travaillait étroitement avec les autorités haïtiennes pour assurer la fourniture de l’aide humanitaire grâce aux Casques blancs.  Il a également évoqué le programme « Haïti Pro-Huerta » qui promeut la production d’aliments frais dans les ménages, les écoles et les jardins communautaires ainsi que la participation active de l’Argentine dans l’Union des nations de l’Amérique du Sud (UNASUR).

Évoquant l’importance de l’appropriation nationale dans les domaines de la consolidation et du maintien de la paix, le Ministre a par ailleurs estimé qu’il était extrêmement important d’établir « le plus vite possible » un contact direct avec les autorités élues afin de savoir ce qu’elles attendent de la coopération internationale.  Il a fait savoir que plusieurs ministres des affaires étrangères et de la défense d’Amérique latine s’étaient réunis le 10 mars pour réfléchir à cette question. 

Il a précisé qu’un rapport sur la situation en Haïti et son éventuelle coopération avec les pays de la région serait rédigé prochainement.  Il a estimé que les prochains rapport du Secrétaire général et le budget de la MINUSTAH devaient porter une attention particulière au renforcement de l’état de droit et à la reconstruction des institutions en Haïti, à la formation et à l’équipement de la Police nationale haïtienne, entre autres.  Il importe également de garder à l’esprit ce que le contingent militaire de la MINUSTAH peut faire en matière de consolidation de la paix.  M. Timerman a notamment évoqué la possibilité pour les compagnies de génie d’intensifier leurs activités dans le domaine de la reconstruction.

M. ALFREDO MORENO, Ministre des affaires étrangères du Chili, a indiqué que son pays s’est engagé à accompagner Haïti dans son processus de stabilisation politique et sociale et de reconstruction, en se basant sur le principe de l’appropriation nationale.  Les défis à relever sont liés de façon intrinsèque, a observé le Ministre, tout en souhaitant que des progrès soient accomplis dans les domaines de la sécurité, de la démocratie, de l’état de droit, de la reconstruction nationale, des institutions, de la promotion des droits de l’homme et du développement économique et social.  M. Moreno a souhaité que la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) continue le travail qu’elle mène dans ce sens, en renforçant sa collaboration avec les institutions impliquées telles que l’Organisation des États américains (OEA), l’Union européenne (UE), la Communauté des Caraïbes (CARICOM), l’Union des nations de l’Amérique du Sud (UNASUR), la Banque interaméricaine de développement (BID), et les institutions financières internationales. 

Le Ministre des affaires étrangères du Chili a ensuite exprimé la reconnaissance de son pays à toute l’équipe de la Mission d’observation électorale qui a joué un rôle crucial pour assurer le bon déroulement du second tour de l’élection présidentielle en Haïti.  Il a émis l’espoir de voir le transfert de pouvoirs au profit du nouveau président élu démocratiquement s’opérer au mois de mai.  Le Chili est engagé à participer aux efforts de lutte en faveur de l’état de droit en Haïti, a-t-il ajouté, s’inquiétant de l’importance de la criminalité et du trafic de stupéfiants dans le pays.  Il a aussi demandé que la MINUSTAH continue à assurer la protection de la population civile.

M. JOSÉ ANTONIO GARCÍA BELAUNDE, Ministre des affaires étrangères du Pérou, a indiqué que son pays contribue au contingent de la MINUSTAH avec notamment plus de 300 Casques bleus et, prochainement, avec un contingent féminin qui devrait contribuer à combattre la violence contre les femmes et les enfants.  Le Pérou participe en outre au Groupe des amis d’Haïti, au Groupe consultatif spécial sur Haïti du Conseil économique et social (ECOSOC), aux Amis d’Haïti de l’Organisation des États américains (OEA), ainsi qu’au mécanisme de coordination politique d’Amérique latine pour Haïti (Mécanisme 2 x 9).  M. García Belaunde a insisté sur la nécessité pour le Gouvernement d’Haïti de diriger lui-même le processus de reconstruction et de consolidation des institutions, avec le soutien de la communauté internationale et dans la lignée du Plan d’action national pour le développement et le redressement d’Haïti qui est le fruit d’un consensus entre le Gouvernement et les divers secteurs de la société haïtienne.

Le Pérou a déjà contribué à hauteur de 4,5 millions de dollars sur les 10 millions promis lors du Sommet d’UNASUR tenu à Quito en février 2010, à l’initiative du Président péruvien, a indiqué le représentant.  Il a souhaité à cet égard une meilleure coordination entre les différentes institutions qui travaillent sur le terrain.  M. García Belaunde a également salué les efforts menés pour atteindre la stabilité politique dans le pays.  Il a souligné l’importance du maintien de la MINUSTAH dont le mandat devrait selon lui prendre en compte non seulement les priorités nationales, mais aussi celles du nouveau Cadre stratégique intégré des Nations Unies pour Haïti.   

M. CARLOS MORALES TRONCOSO, Ministre des relations extérieures de la République dominicaine, a déclaré que la situation en Haïti illustrait parfaitement la nécessité de créer une stratégie de consolidation de la paix basée sur l’interdépendance entre sécurité et développement, ainsi que les membres du Conseil de sécurité l’avaient souligné lors d’un débat thématique le mois dernier.  La République dominicaine estime qu’au-delà des ravages causés par le séisme et l’épidémie de choléra qui ont frappé Haïti en 2010, l’absence d’opportunités constitue la principale source d’injustice sociale dans le pays, en particulier dans les zones rurales et les quartiers situés aux abords des villes.  Ceci mène à la recrudescence de la criminalité et au mécontentement populaire, a estimé M. Morales Troncoso. 

Le Ministre a également jugé que l’absence de cadre juridique approprié en Haïti constitue un élément qui décourage les apports d’investissement étranger direct dans le pays, qui en a pourtant cruellement besoin.  Pour la République dominicaine, la clef du développement futur d’Haïti réside dans la promotion d’une agriculture dynamique et moderne, qui permettrait au pays de renforcer son autosuffisance sur le plan alimentaire et de réduire sa dépendance à l’importation de produits de première nécessité.  Aussi, un intérêt particulier devrait être accordé à la mise au point de techniques agricoles innovantes et à la réhabilitation des sols, a estimé en conclusion le Ministre des relations extérieures de la République dominicaine.

M. LUIS ALMAGRO, Ministre des affaires étrangères de l’Uruguay, parlant au nom du Groupe des amis d’Haïti, a apporté son soutien le plus ferme à la MINUSTAH et félicité les autorités d’Haïti pour la tenue du second tour des élections présidentielle et législatives.  Il a exhorté les représentants du futur gouvernement d’Haïti à travailler de concert afin de mettre en œuvre les réformes que le peuple haïtien appelle de ses vœux depuis trop longtemps.

Reconnaissant que la situation humanitaire restait critique en Haïti, il a appelé la communauté des donateurs à se montrer à la hauteur des engagements pris dans le cadre de la Conférence internationale des donateurs qui s’est tenue le 31 mars 2010, à New York.  Le Ministre a souligné que les donateurs seront plus enclins à respecter leurs promesses si la communauté internationale parvient à renforcer les institutions et les capacités du pays à mettre en œuvre une stratégie de développement à long terme.

Rappelant l’importance de la promotion de l’état de droit dans l’édification d’une société juste et prospère, il a appelé les nouvelles autorités haïtiennes à redoubler d’efforts dans la mise en place d’un pouvoir judiciaire indépendant, d’un parlement comptable de ses actes devant le peuple et de structures gouvernementales transparentes, efficaces et aptes à répondre aux besoins du peuple haïtien.

Il a estimé que la promotion de cet état de droit devait comprendre la création d’un cadastre et d’un état civil, l’adoption de lois commerciales et d’un code de la construction et de l’édification, enfin, d’un système national de collecte de l’impôt, autant de mesures qui faciliteront le développement économique du pays.

Mme MARIA RUBIALES DE CHAMORRO (Nicaragua) a constaté qu’Haïti continue toujours de faire face aux « démons de son histoire et aux immenses défis de l’élimination de la pauvreté et de la réalisation de son droit au développement ».  Après le stade de l’urgence et de la compassion, on oublie qu’Haïti est toujours en « soins intensifs », a-t-elle dit.  Elle a appelé la communauté internationale à changer radicalement l’approche qu’elle a adoptée en matière d’aide en faveur d’Haïti, en adoptant une nouvelle approche de solidarité internationale qui soit plus holistique.  Mme Rubiales de Chamorro a ainsi invité les délégations à lancer un véritable « Plan Marshall » de reconstruction d’Haïti, en se fondant sur les besoins exprimés par le pays et en respectant pleinement sa souveraineté, et sans que des conditionnalités soient exprimées ou imposées par les donateurs.  Elle a aussi souhaité que soient levés les 14 milliards de dollars qui, d’après la Banque interaméricaine de développement, sont nécessaires pour la reconstruction du pays, soulignant que cela ne représente que 1,45% du coût de la guerre en Iraq.  La coordination des efforts à déployer en faveur d’Haïti doit se faire par le biais de l’Assemblée générale et du Conseil économique et social des Nations Unies, a-t-elle ajouté.  La représentante a ensuite rappelé que son pays a apporté de l’aide à Haïti juste après le séisme, en y envoyant des équipes de défense civile spécialisées dans les soins médicaux en situation d’urgence. 

M. JUAN ANTONIO YÀÑEZ-BARNUEVO, Secrétaire d’État aux affaires étrangères et ibéro-américaines de l’Espagne, a estimé qu’il est très important de soutenir les nouvelles autorités haïtiennes dans l’effort de relèvement du pays qui a été entamé depuis le séisme de janvier 2010.  Il est tout aussi important de maintenir la présence de la MINUSTAH dans le pays, a dit M. Yàñez-Barnuevo.  Pays contributeur de troupes à cette Mission, l’Espagne était déjà présente en Haïti avant le tremblement de terre en tant que troisième plus important donateur bilatéral de l’aide à Haïti, a rappelé le Secrétaire d’État, qui a expliqué que l’Espagne accordait la plus haute importance à l’effort déployé par la communauté internationale pour reconstruire et renforcer les capacités de la nation haïtienne.  M. Yàñez-Barnuevo a rappelé qu’à l’occasion de la Conférence des donateurs du 31 mars 2010, son pays avait promis une aide d’un montant de 346 millions d’euros en faveur d’Haïti pour la période 2010-2013.  Il a ajouté que le succès de la MINUSTAH et des Nations Unies en Haïti dépendrait avant tout de la perception positive que la population haïtienne se ferait de leurs activités.

M. JORGE VALERO BRICEÑO, Vice-Ministre vénézuélien des affaires étrangères pour l’Amérique du Nord, a indiqué qu’au lendemain du séisme survenu le 12 janvier 2010 en Haïti, le Venezuela avait lancé un plan de solidarité d’envergure avec Haïti dans le cadre de l’« Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique – Traité commercial entre les peuples (ALBA-TCP) ».  Il a précisé que ce plan prévoyait des aides significatives dans les domaines de la santé, de l’alimentation, de l’énergie, de l’éducation et de la reconstruction.  « En outre, au titre de cette aide collective, la situation de tous les ressortissants haïtiens vivant dans les pays de l’Alliance a été régularisée », a-t-il noté.  Le représentant a ensuite estimé que les actions destinées à assurer un développement durable à Haïti doivent être menées dans le respect des principes de solidarité, de complémentarité et de réciprocité.  « Il ne peut y avoir de développement sans paix et sans stabilité », a déclaré M. Valero Briceño.  « De même, la paix et la stabilité sont inatteignables tant que la faim, la pauvreté et l’analphabétisme existent », a poursuivi le représentant, qui a conclu son intervention en disant que réaliser la justice sociale et éradiquer la pauvreté sont les principaux défis qui se posent à Haïti à ce moment de son histoire. 

M. ROGELIO GRANGUILLHOME, Chef du Service des relations économiques et de la coopération internationale au Ministère des affaires étrangères du Mexique, a déclaré que son pays, le Mexique, avait mobilisé 15 000 tonnes de matériels humanitaires pour porter secours à Haïti au lendemain du tremblement de terre du 12 janvier 2010.  Le Mexique, qui a beaucoup insisté sur les liens étroits existant entre « développement » et « sécurité », se félicite tout particulièrement de la proposition de déclaration présidentielle soumise par la Colombie, qui vise à renforcer le mandat confié à la MINUSTAH pour compléter son mandat actuel, consacré essentiellement à la sécurité, par un mandat plus axé sur le développement.  Il s’agit d’une opportunité sans précédent de faire avancer la stabilité politique et économique en Haïti en y favorisant un plus grand flux d’échanges commerciaux, a ajouté le représentant du Mexique. 

M. JOSÉ MIGUEL INSULZA, Secrétaire général de l’Organisation des États américains (OEA), a rappelé qu’en août dernier, l’OEA avait dépêché, avec la Communauté des Caraïbes (CARICOM), une mission d’observation électorale conjointe chargé de surveiller le déroulement du processus électoral haïtien dans tous ses aspects.  Après un premier tour de vote dont certaines modalités de déroulement ont été contestées, le second s’est déroulé dans des conditions satisfaisantes, a souligné le Secrétaire général de l’OEA, qui a annoncé que les résultats définitifs du scrutin seraient annoncés le 16 avril prochain. 

Un nouveau chapitre s’ouvre donc pour Haïti, et il ne sera pas facile, a prévenu M. Insulza, pour qui il faudra mettre au point une nouvelle approche de la politique mettant l’accent sur la recherche du compromis et du consensus entre l’exécutif et le législatif et ce, afin de parvenir à la stabilité et au succès de la reconstruction d’Haïti.  M. Insulza a, dans un second temps, évoqué les préoccupations suscitées par les activités de la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti.  Le Secrétaire général de l’OEA a tout d’abord attiré l’attention sur la raréfaction des ressources financières, ainsi que sur le retour à une approche de l’aide qui soit plus bilatérale qu’auparavant.  Cependant, a-t-il prévenu, ce type d’approche n’est pas forcément fait pour répondre aux besoins prioritaires du Gouvernement haïtien.  Peut-être l’élection d’un nouveau président de la République d’Haïti pourrait-elle être l’occasion de revoir les méthodes de travail de la Commission, a suggéré M. Insulza, qui a estimé que cet organe devait pouvoir canaliser l’essentiel des ressources versées en faveur d’Haïti.

M. LUIS ALBERTO MORENO MEJÍA, Président de la Banque interaméricaine de développement (BID), a déclaré que cette Banque souhaitait mobiliser 200 millions de dollars par an pour Haïti au cours des 10 prochaines années, grâce à la contribution des pays d’Amérique latine.  Nous avons créé un groupe d’action comprenant 50 professionnels qui sont présents à Port-au-Prince, a indiqué le Président de la BID.  Il a précisé que la Banque se concentrait sur la promotion des infrastructures, des transports, de l’eau et de l’assainissement, ainsi que sur celle des différents types d’énergie et de l’éducation. 

M. Moreno Mejía a particulièrement salué la vision exposée par le Président Préval pour promouvoir l’éducation pour tous en Haïti.  Il a rappelé qu’en Haïti, un pays où 80% des structures d’enseignement sont aux mains du secteur privé, 1,2 million d’enfants n’ont pas accès à l’éducation.  Il a cité la mise en place d’un programme qui permettra de payer directement les enseignants et leurs prestations et favoriser l’accès à l’éducation, et a rappelé que le tremblement de terre a détruit 50% des écoles haïtiennes.  S’agissant du développement du secteur privé, il a parlé de l’identification d’un site qui abritera un d’un parc industriel dans le nord du pays qui devrait générer 20 000 emplois grâce à l’intervention de la BID, du Gouvernement américain et d’un investisseur coréen.  Il a salué le travail accompli par le Premier Ministre haïtien et l’ex-Président Bill Clinton au sein de la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti pour faire aboutir des projets de développement en Haïti.  

M. PERCIVAL NOEL JAMES PATTERSON, Représentant spécial de la Communauté des Caraïbes (CARICOM) pour Haïti, a indiqué que la CARICOM avait décidé de concentrer son action en Haïti dans le domaine du développement institutionnel, en mettant à la disposition de l’administration publique des personnels expérimentés, en proposant des formations et en aidant à la mise au point des normes de bonne conduite et des règlementations harmonieuses avec le reste des pays de la région.  Selon lui, la MINUSTAH et le système des Nations Unies devraient être guidés par le souci de renforcer la stabilité d’Haïti, ainsi que ses structures et ses capacités.  Dans ce contexte, le mandat actuel de la Mission lui a paru suffisamment souple et flexible pour ne pas avoir besoin d’être modifié. 

M. Patterson s’est dit cependant préoccupé par le fait que les promesses de contribution faites par la communauté internationale n’aient toujours pas été entièrement honorées et que le manque de ressources empêche la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti de faire la différence aux yeux de l’Haïtien ordinaire, alors que la saison des ouragans se rapproche.

M. GERT ROSENTHAL (Guatemala) a dit qu’Haïti avait aujourd’hui la chance unique de prendre un nouveau départ.  C’est parce que le Guatemala partage les mêmes défis et aspirations qu’Haïti que nous avons décidé d’envoyer un contingent important de Casques bleus à la MINUSTAH, a-t-il dit.  Il a appelé à un effort concerté de la communauté internationale qui devra respecter les engagements pris dans ce bâtiment, il y a presque un an.  Il est clair, a-t-il reconnu, qu’il est prématuré d’envisager une stratégie de sortie pour la MINUSTAH, même si nous espérons y arriver le plus vite.  Jugeant ainsi indispensable de maintenir une présence internationale militaire et de police importante sur le terrain, il a dit que le Guatemala prenait note des résultats préliminaires de l’élection présidentielle et attendait avec impatience la promulgation des résultats définitifs.

M. HAIM WAXMAN (Israël) a indiqué qu’immédiatement après le séisme de 2010, son pays s’était résolu à aider Haïti par tous les moyens possibles.  Ainsi, plus de 200 personnels ont été déployés sur place, dont des équipes de secours et des équipes médicales.  Un dispensaire traitant plus de 500 patients par jour a été ouvert à Port-au-Prince.  En outre, l’Agence israélienne de coopération, MASHAV, a, en concertation avec le Gouvernement haïtien, lancé plusieurs projets, dont un la semaine dernière, qui a permis d’entamer la construction d’une nouvelle unité de traumatologie dans la capitale haïtienne.  Israël a également joué un rôle déterminant dans les efforts de maintien de la paix après le séisme, a expliqué le représentant, qui a fait état du déploiement d’une équipe de 14 policiers israéliens spécialisés dans le contrôle des mouvements de foule.

M. KAZUO KODAMA (Japon) a salué les efforts déterminés qu’Haïti a déployés depuis un an pour relever les nombreux défis auxquels ce pays est confronté.  Il a précisé que le Japon a l’intention d’établir une collaboration étroite avec le futur Gouvernement d’Haïti pour accélérer le processus de reconstruction et de relèvement dans ce pays.  Il a félicité la MINUSTAH et les pays contributeurs de troupes pour leurs efforts dans le maintien du calme au cours de la période des élections.  Il s’est dit préoccupé par la hausse des actes de violence sexuelle autour des camps de personnes déplacées et par l’accroissement d’activités de gangs.  « Il convient que l’appropriation par les Haïtiens de leur processus de reconstruction soit assurée pour permettre le renforcement de l’état de droit dans le pays, a dit le représentant.  Il a dit que le Japon attendait avec impatience la publication en mai 2011 du prochain rapport du Secrétaire général sur Haïti, qui fera le point sur les conditions de sécurité dans le pays.  En outre, il a précisé que le Japon a consacré 100 millions de dollars à l’aide à Haïti, dont 30 millions pour le fonds de reconstruction après catastrophe.  

M. DONG-IL SHIN (République de Corée) a jugé que le renforcement de l’état de droit et des institutions était impératif pour la sécurité et le développement à long terme d’Haïti.  En effet, les programmes de reconstruction et les activités humanitaires doivent être menés avec pour double objectif de promouvoir une situation sécuritaire durable et de renforcer le développement économique, social et politique, a estimé le représentant.  Il a rappelé que le Gouvernement de la République de Corée avait contribué à hauteur de plus de 47 millions de dollars à la fourniture d’une aide humanitaire au peuple haïtien.  En outre, la République de Corée a dépêché sur place une équipe de plus de 240 ingénieurs qui coopèrent avec la MINUSTAH, a ajouté le représentant.  Il a enfin appelé la communauté internationale à continuer de faire preuve de vigilance dans la concrétisation des promesses de contribution faites en faveur d’Haïti.

Mme MARY FLORES (Honduras) a expliqué que son pays comprend « le stoïcisme » de la lutte d’Haïti, pays frère, ayant souffert comme lui de maux similaires.  Nous venons aujourd’hui réaffirmer notre soutien moral et notre détermination à aider un peuple qui se bat pour reconstruire son pays, a-t-elle dit.  Alors que le sentiment d’urgence s’affaiblit à mesure que l’on s’éloigne de l’époque du séisme, les Haïtiens font toujours face aux mêmes problèmes et il faut que la communauté internationale continue d’apporter son aide et se concerte dans ses efforts.  Elle a regretté que 75% des sommes nécessaires pour mener à bien les 14 projets de reconstruction n’aient toujours pas été versés.  Elle a aussi appelé les États créanciers à annuler la dette extérieure d’Haïti qui atteint 12% de son PIB. 

M. PEDRO SERRANO, Chef de la délégation de l’Union européenne auprès des Nations Unies, a estimé que stabilité politique, transition pacifique, reconstruction et croissance sont des objectifs liés.  Contribuer à ces efforts est essentiel pour assurer un meilleur avenir aux Haïtiens et ouvrir la voie à un développement économique et social pérenne ainsi qu’au renforcement de la protection des droits de l’homme, a-t-il ajouté.  M. Serrano a regretté la faible participation des femmes à l’élection présidentielle.  Concernant la sécurité, il a noté que, d’après le rapport du Secrétaire général, ce sont les femmes et les enfants qui sont les premières victimes d’une situation rendue plus sensible par l’impact déstabilisateur du séisme. 

Dans ce contexte, les capacités de la police nationale doivent être augmentées afin d’assurer la continuité de l’État et faciliter le fonctionnement du secteur de la justice.  L’UE, a-t-il assuré, appuie pleinement le rôle crucial que joue la MINUSTAH à cette fin.  M. Serrano a, enfin, rappelé que les États membres de l’Union avaient débloqué une aide d’un montant de 350 millions de dollars.  « Nous comptons faire davantage dans le cadre de la stratégie européenne de coopération en Haïti, en axant notre soutien sur l’appui budgétaire, la mise en œuvre des plans de décentralisation, l’initiation de programmes de santé, de développement rural, d’éducation et de consolidation des infrastructures.

M. JOHN MCNEE (Canada) a noté que plus d’un an après le séisme de janvier 2010, Haïti a encore besoin de l’appui international, « à court terme pour répondre aux besoins humanitaires, à long terme pour aider le pays à reconstruire ses infrastructures et ses institutions ».  Il a salué le leadership du Ministère de la santé publique dans la lutte contre le choléra et a jugé que la MINUSTAH « effectue toujours un travail remarquable afin de garantir un environnement sûr et stable en Haïti ».  Sur le mandat de cette dernière, il a estimé que le Conseil de sécurité avait accordé les ressources nécessaires pour qu’elle puisse continuer d’exercer son rôle principal en matière de sécurité et apporter un concours efficace aux efforts humanitaires et de reconstruction.  « La reconstruction et le développement d’Haïti dépendent d’abord et avant tout des Haïtiens, Gouvernement, citoyens, société civile et acteurs économiques ».  « La communauté internationale ne peut que fournir un appui dont l’efficacité passe par la réalisation de la stabilité politique du pays », a-t-il conclu.

Mme PAULETTE BETHEL (Bahamas), s’exprimant au nom du Caucus de la Communauté des Caraïbes (CARICOM) aux Nations Unies, a souligné le rôle crucial de la MINUSTAH, dont les activités sur le terrain couvrent un large éventail.  Elle s’est attardée sur les initiatives prises par la CARICOM afin de s’assurer du développement durable d’Haïti, notamment l’octroi d’une franchise de droits pendant trois ans pour tout bien en provenance d’Haïti dans le marché et économie uniques de la CARICOM.  La pleine intégration d’Haïti à ce marché ne pourra qu’être bénéfique pour toute la Communauté, a-t-elle poursuivi.

Mme Bethel a indiqué que l’approche bilatérale qui semble désormais prévaloir dans la mise en œuvre des projets de développement, au détriment du Fonds pour la reconstruction d’Haïti, n’était pas de bon augure pour les priorités à long terme définies par le Gouvernement haïtien.  Elle a dans ce droit fil plaidé pour un examen des méthodes de travail suivies par la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti afin que lesdites priorités soient considérées avec l’urgence requise.

La représentante a exhorté les donateurs internationaux à faire une plus grande contribution financière et à mieux synchroniser leurs activités avec les priorités du Gouvernement.  La communauté internationale doit, a-t-elle insisté, honorer les engagements financiers pris après le tremblement de terre qui a frappé Haïti.  « Il serait impensable que les promesses ne soient pas tenues, compte tenu des besoins urgents du peuple haïtien. »

M. ANDREW GOLEDZINOWSKI (Australie) a exhorté les donateurs à honorer leurs engagements, la situation en Haïti restant très fragile, avec notamment 800 000 personnes qui continuent de vivre sous des tentes.  Il a plaidé, dans le droit fil du rapport du Secrétaire général, pour le renforcement de l’état de droit en Haïti et pour la poursuite des personnes impliquées dans des agissements criminels contre le peuple haïtien.  Un pouvoir judiciaire indépendant et un Parlement transparent et véritablement représentatif sont indispensables pour la bonne gouvernance du pays, a-t-il poursuivi.

Afin qu’Haïti ne devienne pas dépendant de l’aide étrangère, le Représentant a souligné le rôle central que devaient continuer d’assumer la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti et le Fonds pour la reconstruction d’Haïti, avant d’ajouter que le Gouvernement haïtien et son peuple étaient naturellement les mieux disposés pour dessiner le futur de leur pays.

S’agissant de la MINUSTAH, initialement déployée pour prévenir les risques de guerre civile et dont le mandat s’est depuis transformé pour englober des efforts de reconstruction et d’unification du pays, le représentant de l’Australie a apporté son soutien à l’appel de la Colombie afin que soit conservé le caractère spécifique conféré du mandat de la Mission.

M. MORTEN WETLAND (Norvège) a jugé que l’absence de contrat social, ainsi que la faiblesse des institutions étaient à la base des problèmes auxquels sont confrontés les Haïtiens.  Il a jugé pour sa part que la MINUSTAH devait faire face à de nouvelles responsabilités, et a expliqué qu’Haïti n’était plus dans une situation postconflit qui relèverait du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, et qu’une large présence militaire n’était plus nécessaire sur place.  La Norvège estime que, parallèlement à la réduction des effectifs militaires, la MINUSTAH devrait voir ses capacités civiles augmentées, afin de jouer un rôle central dans les réformes juridiques, ainsi que dans la réforme de la Police nationale haïtienne, a dit M. Wetland.  La lutte contre la criminalité organisée et les violences sexuelles est également un des domaines exigeant une action renforcée de la MINUSTAH en Haïti, ceci en coopération avec le reste du système des Nations Unies, a souligné M. Wetland.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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