Conseil de sécurité: le Sous-Secrétaire général aux opérations de maintien de la paix déplore la montée des violences contre les civils en Côte d’Ivoire

25 mars 2011
CS/10212

Conseil de sécurité: le Sous-Secrétaire général aux opérations de maintien de la paix déplore la montée des violences contre les civils en Côte d’Ivoire

25/03/2011
Conseil de sécurité
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Conseil de sécurité

6506e séance – matin

CONSEIL DE SÉCURITÉ: LE SOUS-SECRÉTAIRE GÉNÉRAL AUX OPÉRATIONS DE MAINTIEN DE LA

PAIX DÉPLORE LA MONTÉE DES VIOLENCES CONTRE LES CIVILS EN CÔTE D’IVOIRE

Le Conseil doit autoriser le recours à la force pour mettre fin à la défiance de

M. Gbagbo à l’égard de la communauté internationale, déclare le représentant ivoirien

Le Conseil de sécurité a examiné, ce matin, la situation en Côte d’Ivoire.  Outre le Sous-Secrétaire général aux opérations de maintien de la paix, le Représentant permanent de la Côte d’Ivoire auprès des Nations Unies, Youssoufou Bamba, a pris la parole pour demander au Conseil, « au nom de l’obligation et de la responsabilité de protéger les civils en situation de danger imminent de violence », d’autoriser le renforcement du mandat de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI). 

Dans son intervention, le Sous-Secrétaire général aux opérations de maintien de la paix, M. Atul Khare, a reconnu d’emblée que, depuis la dernière réunion du Conseil de sécurité consacrée à la Côte d’Ivoire, le 3 mars dernier, la situation sur le terrain n’a pas cessé de se détériorer.  « Les forces de sécurité loyales au Président sortant, M. Laurent Gbagbo, et les Jeunes Patriotes ont tiré à l’arme lourde contre les civils à Abidjan, en particulier dans les quartiers d’Abobo, d’Adjamé, d’Attécoubé, de Koumassi, de Treichville et de Williamsville, qui sont acquis aux partisans du Président Ouattara », a-t-il indiqué.  Après avoir énuméré les incidents survenus dans ces zones depuis le 3 mars et qui ont été marqués par un usage excessif de la force contre les civils, M. Khare s’est attardé sur les conséquences humanitaires de la crise.  « La dégradation de la situation en matière de sécurité et l’usage d’armes lourdes ont fait des ravages dans la population ivoirienne.  En matière de droits de l’homme, le nombre de violations rapportées est important, et la situation est très sérieuse », a-t-il ainsi souligné. 

M. Atul Khare a indiqué que, dans ce contexte, l’ONUCI fait état, à ce stade, de l’assassinat de 462 personnes en Côte d’Ivoire, dont 72 sont des ressortissants de pays de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).  On dénombre aussi au moins 520 arrestations et détentions arbitraires, dont certaines comprennent des actes de torture, et 72 cas de disparitions, a dit M. Khare.  Il a de plus évoqué les répercussions régionales de la situation humanitaire, 93 000 personnes ayant cherché refuge au Libéria voisin.  M. Khara a cité le chiffre d’un million de déplacés internes, dont 300 000 à Abidjan, certains cherchant visiblement à fuir la capitale économique ivoirienne.  Soulignant ensuite qu’il est urgent que les appels de fonds de l’ONU pour la Côte d’Ivoire et le Libéria soient financés, il a insisté sur la nécessité de faciliter l’accès des travailleurs humanitaires aux populations dans le besoin. 

Pour ce qui est des activités de l’ONUCI, Atul Khare a fait observer que les Jeunes Patriotes et les forces de sécurité loyales à M. Gbagbo continuaient d’obstruer l’action de l’ONU en bloquant l’accès des patrouilles onusiennes aux zones troublées.  « En outre, les Jeunes patriotes n’hésitent pas à s’en prendre au personnel onusien », a-t-il déploré.  Il a cependant salué le fait que l’ONUCI continue de faire son possible pour protéger les civils, l’Opération ayant renforcé le nombre de ses patrouilles dans les zones abritant des communautés vulnérables ou dans les quartiers qui font régulièrement l’objet d’attaques.  « L’Opération a conclu des arrangements pour stationner de manière permanente des forces dans le quartier d’Abobo, afin d’y prévenir de nouvelles tueries », a indiqué Atul Khare.

« Une reconnaissance aérienne a été conduite à Abidjan et dans le reste du pays à partir d’hélicoptères de combat temporairement redéployés de la Mission des Nations Unies au Libéria vers l’ONUCI », a-t-il aussi noté, ajoutant que les forces onusiennes étaient désormais en mesure de se rendre sur les sites où auraient été perpétrés des meurtres de masse, notamment dans les villages de la zone de Duékoué.

En conclusion, M. Khare a exprimé sa reconnaissance aux dirigeants de la CEDEAO pour les décisions importantes qu’ils ont prises au cours des deux derniers jours à Abuja.  « La résolution qu’ils ont adoptée condamne vigoureusement les violences en cours contre les civils, déplore le ciblage systématique de ressortissants étrangers, en particulier ceux originaires de pays de la CEDEAO, et les attaques contre les personnels des Nations Unies », a-t-il rappelé.  « En outre, ils reconnaissent de manière très claire que la détérioration de la situation est une conséquence directe du refus du Président sortant, M. Laurent Gbagbo, de céder le pouvoir au vainqueur reconnu de l’élection présidentielle ivoirienne du 28 novembre 2010 ».  « La CEDEAO demande en outre au Conseil de sécurité d’envisager le renforcement du mandat de l’ONUCI et de durcir les sanctions internationales contre M. Gbagbo et son clan. », a-t-il relevé. 

Le représentant de la Côte d’Ivoire, M. Youssoufou Bamba, a appelé, à cette aune, à une plus étroite coopération entre l’ONUCI et la CEDEAO, « pour une protection effective des populations civiles vivant en Côte d’Ivoire, dont plusieurs millions sont originaires des pays de la Communauté ».  « Ces populations sont victimes d’un régime de terreur du fait de la dictature de M. Gbagbo », a-t-il affirmé, assurant que les militants et sympathisants du Président Ouattara étaient « pourchassés, arrêtés, molestés, pour les plus chanceux.  Dans d’autres cas, ils sont simplement battus ou brûlés vifs », a indiqué le représentant.  M. Bamba a ensuite présenté des chiffres en provenance du camp supportant M. Ouattara, estimant que depuis le début de la crise postélectorale du 18 mars, « le bilan de la folie meurtrière de M. Gbagbo » avait fait 859 tués par balles, 1 885 blessés, dont 542 sont dans un état grave, 100 disparus et entrainé l’arrestation de 876 individus. 

Après s’être appesanti sur les propos de M. Khare concernant la dégradation sans précédent de la situation humanitaire en Côte d’Ivoire, « avec une dimension régionale aggravante », M. Bamba a demandé au Conseil de sécurité de prendre, entre autres, les mesures suivantes: la mise en place par l’ONUCI et de la Force Licorne d’un plan global de sécurisation des populations civiles en situation de danger imminent sur l’ensemble du territoire et « la destruction des armes de guerre utilisées par les troupes de M. Gbagbo pour perpétrer des massacres de populations civiles ». 

Sur ce dernier point, le représentant ivoirien a indiqué que les militants du Président sortant « avaient acquis des armes de destruction massive, dont des orgues de Staline de type BM 21 et un hélicoptère Mi 24 mortiers, qu’ils s’apprêtent à utiliser contre la population et qu’ils ont pointé en direction de l’hôtel du Golf, résidence temporaire du Président de la République de Côte d’Ivoire ».  « Ces armes font de plus peser une menace réelle et permanente sur la sécurité personnelle du Président de la République, de son gouvernement et de toutes personnes résidant à l’hôtel du Golf », a assuré M. Bamba.  « Le Conseil de sécurité peut-il se permettre d’être seulement théorique face à l’extermination de plusieurs milliers de personnes vivant en Côte d’Ivoire? », a-t-il demandé.  Les membres du Conseil doivent avoir à l’esprit que M. Gbagbo n’éprouve aucune crainte à l’endroit du Conseil de sécurité, et qu’il pense défier impunément la communauté internationale », a prévenu le représentant.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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